Lundi 18 Octobre 2010
S. LUC, ÉVANGÉLISTE
Premier Nocturne
(Du Commun des Évangélistes)
Commencement du livre d’Ézéchiel le Prophète (ch. I)
Leçon i
(vv. 1-4) Or il arriva en la trentième année, au quatrième [mois], au cinquième [jour] du mois, que lorsque j’étais au milieu des captifs, près du fleuve de Chobar, les Cieux furent ouverts, et je vis les visions de Dieu. Le cinquième du mois, c’est la cinquième année de la transmigration du roi Joachim, la parole du Seigneur fut adressée à Ézéchiel, le prêtre, fils de Buzi, dans la terre des Chaldéens, près du fleuve de Chobar, et là fut sur lui la main du Seigneur. Et je vis, et voilà qu’un vent de tourbillon venait de l’aquilon; et une grande nuée, et un feu tournoyant, et une lumière éclatante tout autour, et du milieu, c’est-à-dire du milieu du feu, brillait comme une espèce de succin.
Leçon ii
(vv. 5-9) Et au milieu du feu la ressemblance de quatre animaux, et voici leur aspect: la ressemblance d’un homme. Chacun d’eux avait quatre faces, et chacun d’eux quatre ailes. Leurs pieds étaient droits, et la plante de leurs pieds comme la plante du pied d’un veau, et il sortait d’eux des étincelles ayant l’apparence de l’airain le plus brillant. Et des mains d’hommes étaient sous leurs ailes aux quatre côtés; et ils avaient des faces et des ailes aux quatre côtés. Et les ailes de l’un étaient jointes à celles de l’autre; ils ne se retournaient pas lorsqu’ils marchaient; mais chacun d’eux allait devant sa face.
Leçon iii
(vv. 10-13) Quant à la ressemblance de leur visage, c’était une face d’homme et une face de lion, à la droite des quatre, mais une face de bœuf à la gauche des quatre, et une face d’aigle au-dessus des quatre. Leurs faces et leurs ailes s’étendaient en haut. Ils se tenaient l’un l’autre par deux de leurs ailes, et ils couvraient leur corps par les deux [autres]. Et chacun d’eux marchait devant sa face; là où était l’impétuosité de l’esprit, là ils allaient; et ils ne se retournaient pas lorsqu’ils marchaient.
Deuxième Nocturne
Du livre de saint Jérôme, prêtre, sur les Écrivains ecclésiastiques
(ch. VII:
PL 23, 650-651)
Leçon iv
Luc, médecin d’Antioche, instruit, comme ses écrits l’indiquent, dans la langue grecque, fut le disciple de l’apôtre saint Paul, et son compagnon en ses diverses pérégrinations. Il a écrit un Évangile, et c’est de lui que le même Apôtre dit: «Nous avons envoyé avec lui un de nos frères dont on fait l’éloge, à cause de l’Évangile, dans toutes les Églises» (2
Co 8, 18); et aux Colossiens: «Luc, le médecin bien-aimé, vous salue» (
Col 4, 14); et à Timothée: «Luc est seul avec moi» (2
Tim 4, 11). Il a aussi laissé un autre livre excellent intitulé les
Actes des Apôtres, et qui renferme l’histoire de ces temps-là jusqu’à la seconde année du séjour de Paul à Rome, c’est-à-dire la quatrième de Néron: d’où nous inférons que l’ouvrage fut composé dans cette même ville.
Leçon v
Aussi regardons-nous les voyages de Paul, de Thècle et toute la fable du Lion baptisé, comme des livres apocryphes. Car est-il possible que, parmi tant d’autres choses, un compagnon de l’Apôtre n’ait oublié que celles-là? D’ailleurs Tertullien (
Traité sur le baptême, n. 17), peu éloigné de ces temps-là, rapporte qu’en Asie, un certain prêtre, qui affectionnait l’Apôtre, ayant été convaincu par saint Jean d’être l’auteur de l’ouvrage et ayant avoué qu’il l’avait fait par affection pour saint Paul, fut déposé précisément pour ce sujet-là. Au sentiment de quelques-uns, toutes les fois que Paul, en ses Épîtres, écrit ces mots: «selon mon Évangile» (
Ro 2, 16 et 2
Tim 2, 8), c’est de l’Évangile selon saint Luc qu’il entend parler.
Leçon vi
Et ce n’est pas seulement de l’Apôtre saint Paul, qui n’avait point été avec le Seigneur au temps de sa vie mortelle, mais encore des autres apôtres, que saint Luc recueillit les récits de son Évangile. C’est ce qu’il déclare lui-même au commencement de son livre, en ces termes: «Suivant que ces choses nous ont été transmises par ceux qui, dès le commencement, les ont eux-mêmes vues, et qui ont été les ministres de la parole» (
Lc 1, 2). Ainsi donc, il a rédigé son Évangile sur le rapport d’autrui, et les Actes des Apôtres, d’après ce qu’il avait vu lui-même. Il vécut quatre-vingt-quatre ans et ne fut point marié; on l’ensevelit à Constantinople, ses ossements y ayant été transportés d’Achaïe, avec les reliques de l’apôtre saint André, l’an vingtième de Constantin.
Troisième Nocturne
(Du Commun des Évangélistes)
Lecture du saint Évangile selon saint Luc
(ch. X, 1-9.
Version du
Lectionnaire de 1964-65)
Leçon vii
En ce temps-là,
le Seigneur désigna aussi soixante-douze disciples,
et il les envoya deux par deux devant lui,
dans toutes les villes et dans tous les lieux
où lui-même devait aller.
Il leur disait: «La moisson est abondante,
mais les ouvriers peu nombreux;
priez donc le Maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers à sa moisson.
Allez, voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu de loups.
N’emportez ni bourse, ni besace, ni chaussures,
ne saluez personne en chemin.
Dans chaque maison où vous entrez, dites d’abord:
‘Paix à cette maison!’
S’il y a là un fils de la paix, votre paix reposera sur lui;
sinon, elle reviendra sur vous.
Restez dans cette maison, mangeant ce qu’on vous donne,
car l’ouvrier mérite son salaire;
ne passez pas de maison en maison.
Dans chaque ville où vous entrez et où l’on vous reçoit,
mangez ce qu’on vous sert;
guérissez les malades qui sont là, et dites aux gens:
‘Le Royaume de Dieu est arrivé chez vous.’»
Homélie de saint Grégoire, pape
(
Homélies sur les Évangiles, 17, nn. 1-2.
Texte latin et autre traduction française:
SC 485, 364-367)
Notre Seigneur et Sauvenr nous instruit, mes bien-aimés frères, tantôt par ses paroles, et tantôt par ses œuvres. Ses œuvres elles-mêmes sont des préceptes, et qnand il agit, même sans rien dire, il nous apprend ce que nous avons à faire. Voilà donc que le Seigneur envoie ses disciples prêcher; il les envoie deux à deux, parce qu’il y a deux préceptes de la charité : l’amour de Dieu et l’amour du prochain, et qu’il faut être au moins deux pour qu’il y ait lieu de pratiquer la charité. Car, à proprement parler, on n’exerce pas la charité envers soi-même; mais l’amour, pour devenir charité, doit avoir pour objet une autre personne.
Leçon viii
Voilà donc que le Seigneur envoie ses disciples deux à deux pour prêcher; il nous fait ainsi tacitement comprendre que celui qui n’a point de charité envers le prochain ne doit en aucune manière se charger du ministère de la prédication. C’est avec raison que le Seigneur dit qu’il a envoyé ses disciples devant lui, dans toutes les villes et tous les lieux où il devait venir lui-même. Le Seigneur suit ceux qui l’annoncent. La prédication a lieu d’abord; et le Seigneur vient établir sa demeure dans nos âmes, quand les paroles de ceux qui nous exhortent l’ont devancé, et qn’ainsi la vérité a été reçue par notre esprit.
Leçon ix
Voilà pourquoi Isaïe a dit aux mêmes prédicateurs: «Préparez la voie du Seigneur; rendez droits les sentiers de notre Dieu» (
Is 40, 3). A son tour le Psalmiste dit aux enfants de Dieu: «Faites un chemin à celui qui monte au-dessus du couchant» (
Ps 67, 5). Le Seigneur est en effet monté au-dessus du couchant; car plus il s’est abaissé dans sa passion, plus il a manifesté sa gloire en sa résurrection. Il est vraiment monté au-dessus du couchant: car, en ressuscitant, il a foulé aux pieds la mort qu’il avait endurée. Nous préparons donc le chemin à Celui qui est monté au-dessus du couchant quand nous vous prêchons sa gloire, afin que lui-même, venant ensuite, éclaire vos âmes par sa présence et son amour
Padoue, basilique Ste-Justine, reconnaissance des reliques de s. Luc