Le Forum Catholique

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images/icones/heho.gif  ( 611141 )Les jésuites en France..... par jejomau (2011-10-14 14:30:15) 

Trouvé ces propos sur le site des jésuites.


"Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955) était un grand visionnaire pour son époque. Il était un grand scientifique, paléontologue, géologue et prêtre jésuite. Nous pouvons dire qu’il avait une pensée originale tout en observant ses voeux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. D’ailleurs, ses écrits le traduisent bien. Ils fournissent des clés de lecture pour les événements actuels comme la mondialisation, l’écologie, l’importance du féminin, etc.

En 1927, il y a eu la condamnation de la modernité par le Vatican. Cette condamnation a eu pour objet l’interdiction de la publication de ses écrits, qui à dire vrai, ont tout de même circulé sous le manteau. Ils n’ont été publiés qu’après sa mort, en 1958.

Pourquoi cette interdiction ? Quels sont les valeurs et principes qu’il défendait et qui dérangeaient tant ?

À l’époque il n’était pas de bon ton d’annoncer une unité d’ensemble. En sa qualité de scientifique, il estimait qu’il n’y avait pas d’opposition entre la science et la théologie ; ce que le Vatican n’acceptait pas. Son objectif était de réconcilier science et théologie.

Il a également remis en cause, le péché originel qui, pour lui, n’était qu’un symbole, ce qui fut jugé inadmissible voire inacceptable par le Vatican. Il remettait en cause le fait qu’Adam soit le premier homme sur terre tout en expliquant que l’humain est né d’une succession d’évolutions.

Il a aussi remis en cause des principes de grands philosophes Grecs qui jusqu’alors étaient acquis. Ces principes consistaient en la séparation du corps et de l’esprit. Pour lui, il n’y avait aucune différence entre les deux, c’était un tout, c’était l’esprit-matière. Aujourd’hui, une partie de sa pensée est acceptée par le plus grand nombre. Le concile Vatican II à très certainement contribué à rendre sa pensée acceptable.

Aujourd’hui ses pensées sont acceptées par l’Eglise, pourquoi avoir créé un groupe autour de cet homme ?

Notre objectif est de rendre plus intelligibles ses pensées. Les deux ouvrages de Pierre Teilhard de Chardin « Le phénomène humain » , qui est la base scientifique pour construire son modèle de pensée, ainsi que « Le milieu divin » , qui traite de la spiritualité, sont assez complexes. Notre but à moyen terme est d’écrire un ouvrage traitant des pensées de cet homme de manière plus accessibles.

Nous pensons pouvoir concrétiser ce projet d’ici à deux ans. Ce que nous voulons également faire comprendre, c’est que Pierre Teilhard de Chardin a bâti un mode de pensée qui pousse à la réflexion et aux questionnements. C’est-à-dire qu’il est du rôle de chaque individu d’en tirer ses propres conclusions"


Me voilà troublé :

- Est-ce que Teillard de Chardin est condamné oui ou non ?
- S'il est condamné, comment une Congrégation de l'Eglise catholique peut-elle "glorifier" les écrits de ce prêtre puisque je cite : " Notre objectif est de rendre plus intelligibles ses pensées... Notre but à moyen terme est d’écrire un ouvrage traitant des pensées de cet homme de manière plus accessibles."
- Le pêché originel est-il toujours d'actualité , ou ou non ?

Qu'un groupe de prêtres ou de religieux ou de laïcs soient "à côté de la plaque", soit. Mais comment une Congrégation toute entière peut-elle se dire catholique si elle n'accepte plus le "pêché originel" ? Mais peut-être que je me trompe.. Donc si des liseurs peuvent m'éclairer...
images/icones/1b.gif  ( 611153 )Le péché originel ? Une théologie dépassée... par Aétilius (2011-10-14 15:25:58) 
[en réponse à 611141]

Comme disent nombre de catholiques "engagés" que je peux rencontrer. Conséquence : plus besoin de se confesser, de dire de confiteor, de kyrie...

Pour le reste, j'ai l'impression que le bon teillard de Chardin est l'extrême inverse, du côté évolutionniste, de Fernand Crombette, du côté créationniste.

La différence : c'est que l'un, qui fut condamné par le Magistère, est porté sur un piédestal par une grande congrégation catholique (ou qui le fut), et que l'autre et ses fantasmagories, que n'a jamais condamné à ma connaissance le Magistère, en raison je pense de leur côté marginal, ne sont défendus que par quelques laïcs.

Dans les deux cas apparemment : beaucoup de poésie, qui ne peut qu'exalter certains, en mal d'enchantement dans ce monde désenchanté...
images/icones/neutre.gif  ( 611188 )Pour une relecture deTeilhard de Chardin par Castille (2011-10-14 19:36:14) 
[en réponse à 611153]

Non je plaisante.

Teilhard a fini avec un dieu qui se perd dans le Grand Tout, un peu en-dessous de Bouddha, ou à côté, mais en tout cas il ne s'agissait plus de Dieu.

Il vient un moment où l'on dé-pense carrément.
images/icones/fleche2.gif  ( 611210 )Pas une réponse directe par AVV-VVK (2011-10-14 21:40:35) 
[en réponse à 611141]

Je viens de découvrir leur site rénové. Il est plus net.
Concernant les quelques photos du reportage de la visite du [T.R.] Père Général en France on peut se demander qui est (sont) le(s)
vrai(s) jésuite(s): celui au col romain ou ceux en civil...
images/icones/apple2.gif  ( 611216 )Et que pense Paul VI du péché originel ?? par jejomau (2011-10-14 22:34:48) 
[en réponse à 611141]

Puisqu'il est manifeste que le Concile de Trente est "dépassé", et que, paraît-il, le Concile Vatican II supervisé par Sa Sainteté Paul VI, a fait évoluer les choses concernant le péché originel...



Relisons donc la Profession de Foi du Pape Paul VI.... prononcé le 30 juin 1968, après le Concile Vatican II :



"A la gloire du Dieu très saint et de Notre-Seigneur Jésus-Christ, confiant en l’aide de la Très Sainte Vierge Marie et des bienheureux apôtres Pierre et Paul, pour l’utilité et l’édification de l’Église, au nom de tous les pasteurs et de tous les fidèles, Nous prononçons maintenant cette profession de foi, dans la pleine communion spirituelle avec vous tous, chers frères et fils.

UN SEUL DIEU, PÈRE, FILS ET SAINT-ESPRIT.

Nous croyons en un seul Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, Créateur des choses visibles comme ce monde où s’écoule notre vie passagère, des choses invisibles comme les purs esprits qu’on nomme aussi les anges, et Créateur en chaque homme de son âme spirituelle et immortelle. Nous croyons que ce Dieu unique est absolument un dans son essence infiniment sainte comme dans toutes ses perfections, dans sa toute-puissance, dans sa science infinie, dans sa providence, dans sa volonté et dans son amour. Il est Celui qui est, comme il l’a révélé à Moïse ; et il est Amour, comme l’apôtre Jean nous l’enseigne : en sorte que ces deux noms, Etre et Amour, expriment ineffablement la même divine réalité de Celui qui a voulu se faire connaître à nous, et qui, "habitant une lumière inaccessible", est en lui-même au-dessus de tout nom, de toutes choses et de toute intelligence créée. Dieu seul peut nous en donner la connaissance juste et plénière en se révélant comme Père, Fils et Esprit Saint, dont nous sommes par grâce appelés à partager, ici-bas dans l’obscurité de la foi et au-delà de la mort dans la lumière éternelle, l’éternelle vie.

Les liens mutuels constituant éternellement les trois personnes, qui sont chacune le seul et même Être divin, sont la bienheureuse vie intime du Dieu trois fois saint, infiniment au-delà de ce que nous pouvons concevoir à la mesure humaine. Nous rendons grâce cependant à la bonté divine du fait que de très nombreux croyants puissent attester avec Nous devant les hommes l’unité de Dieu, bien qu’ils ne connaissent pas le mystère de la Très Sainte Trinité. Nous croyons donc au Père qui engendre éternellement le Fils, au Fils, Verbe de Dieu, qui est éternellement engendré, au Saint-Esprit, personne incréée qui procède du Père et du Fils comme leur éternel amour. Ainsi en les trois personnes divines, coaeternae sibi et coaequales, surabondent et se consomment, dans la surexcellence et la gloire propres à l’être incréé, la vie et la béatitude de Dieu parfaitement un, et toujours "doit être vénérée l’unité dans la trinité et la trinité dans l’unité".

LE CHRIST, DIEU FAIT HOMME

Nous croyons en Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est le Fils de Dieu. Il est le Verbe éternel, né du Père avant tous les siècles et consubstantiel au Père, homoousios to Patri, et par lui tout a été fait. Il s’est incarné par l’œuvre du Saint-Esprit dans le sein de la Vierge Marie et s’est fait homme : égal donc au Père selon la divinité, et inférieur au Père selon l’humanité et un lui-même, non par quelque impossible confusion des natures mais par l’unité de la personne. Il a habité parmi nous, plein de grâce et de vérité. Il a annoncé et instauré le Royaume de Dieu et nous a fait en lui connaître le Père. Il nous a donné son commandement nouveau de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Il nous a enseigné la voie des béatitudes de l’Evangile : pauvreté en esprit, douleur supportée dans la patience, soif de la justice, miséricorde, pureté du cœur, volonté de paix, persécution endurée pour la justice. Il a souffert sous Ponce Pilate, Agneau de Dieu portant sur lui les péchés du monde, et il est mort pour nous sur la croix, nous sauvant par son sang rédempteur. Il a été enseveli et, de son propre pouvoir, il est ressuscité le troisième jour, nous élevant par sa résurrection à ce partage de la vie divine qu’est la vie de la grâce. Il est monté au ciel et il viendra de nouveau, en gloire cette fois, pour juger les vivants et les morts : chacun selon ses mérites - ceux qui ont répondu à l’amour et à la pitié de Dieu allant à la vie éternelle, ceux qui les ont refusés jusqu’au bout allant au feu qui ne s’éteint pas. Et son règne n’aura pas de fin.

L’ESPRIT SAINT ET LA VIERGE MARIE.

Nous croyons en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie, qui est adoré et glorifié avec le Père et le Fils. Il nous a parlé par les Prophètes, il nous a été envoyé par le Christ après sa Résurrection et son Ascension auprès du Père ; il illumine, vivifie, protège et conduit l’Église ; il en purifie les membres s’ils ne se dérobent pas à la grâce. Son action qui pénètre au plus intime de l’âme, rend l’homme capable de répondre à l’appel de Jésus : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait" (Mt. V, 48). Nous croyons que Marie est la Mère demeurée toujours vierge du Verbe incarné, notre Dieu et Sauveur Jésus-Christ, et qu’en raison de cette élection singulière elle a été, en considération des mérites de son Fils, rachetée d’une manière plus éminente, préservée de toute souillure du péché originel et comblée du don de la grâce plus que toutes les autres créatures. Associée par un lien étroit et indissoluble aux mystères de l’Incarnation et de la Rédemption, la Très Sainte Vierge, l’Immaculée, a été, au terme de sa vie terrestre, élevée en corps et en âme à la gloire céleste et configurée à son Fils ressuscité en anticipation du sort futur de tous les justes ; et Nous croyons que la Très Sainte Mère de Dieu, nouvelle Ève, mère de l’Église, continue au ciel son rôle maternel à l’égard des membres du Christ, en coopérant à la naissance et au développement de la vie divine dans les âmes des rachetés.

LE PÉCHÉ, LA CROIX ET LE BAPTÊME.

Nous croyons qu’en Adam tous ont péché, ce qui signifie que la faute originelle commise par lui a fait tomber la nature humaine, commune à tous les hommes, dans un état où elle porte les conséquences de cette faute et qui n’est pas celui où elle se trouvait d’abord dans nos premiers parents, constitués dans la sainteté et la justice, et où l’homme ne connaissait ni le mal ni la mort. C’est la nature humaine ainsi tombée, dépouillée de la grâce qui la revêtait, blessée dans ses propres forces naturelles et soumise à l’empire de la mort, qui est transmise à tous les hommes et c’est en ce sens que chaque homme naît dans le péché. Nous tenons donc, avec le Concile de Trente, que le péché originel est transmis avec la nature humaine, "non par imitation, mais par propagation", et qu’il est ainsi "propre à chacun". Nous croyons que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par le sacrifice de la croix, nous a rachetés du péché originel et de tous les péchés personnels commis par chacun de nous, en sorte que, selon la parole de l’Apôtre, "là où le péché avait abondé, la grâce a surabondé". Nous croyons à un seul baptême institué par Notre-Seigneur Jésus-Christ pour la rémission des péchés. Le baptême doit être administré même aux petits enfants qui n’ont pu encore se rendre coupables d’aucun péché personnel, afin que, nés privés de la grâce surnaturelle, ils renaissent "de l’eau et de l’Esprit Saint" à la vie divine dans le Christ Jésus.


L’ÉGLISE, ÉDIFIÉE PAR JÉSUS-CHRIST

Nous croyons à l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique, édifiée par Jésus-Christ sur cette pierre qui est Pierre. Elle est le corps mystique du Christ, à la fois société visible instituée avec des organes hiérarchiques et communauté spirituelle, l’Eglise terrestre ; elle est le peuple de Dieu pérégrinant ici-bas et l’Eglise comblée des biens célestes ; elle est le germe et les prémices du Royaume de Dieu, par lequel se continuent, au long de l’histoire humaine, l’œuvre et les douleurs de la Rédemption et qui aspire à son accomplissement parfait au-delà du temps dans la gloire. Au cours du temps, le Seigneur Jésus forme son Eglise par les sacrements qui émanent de sa plénitude. C’est par eux qu’elle rend ses membres participants au mystère de la mort et de la résurrection du Christ, dans la grâce du Saint-Esprit qui lui donne vie et action. Elle est donc sainte tout en comprenant en son sein des pécheurs, parce qu’elle n’a elle-même d’autre vie que celle de la grâce : c’est en vivant de sa vie que ses membres se sanctifient ; c’est en se soustrayant à sa vie qu’ils tombent dans les péchés et les désordres qui empêchent le rayonnement de sa sainteté. C’est pourquoi elle souffre et fait pénitence pour ses fautes, dont elle a le pouvoir de guérir ses enfants par le sang du Christ et le don de l’Esprit Saint. Héritière des divines promesses et fille d’Abraham selon l’Esprit, par cet Israël dont elle garde avec amour les Écritures et dont elle vénère les patriarches et les prophètes ; fondée sur les apôtres et transmettant de siècle en siècle leur parole toujours vivante et leurs pouvoirs de pasteur dans le successeur de Pierre et les évêques en communion avec lui ; perpétuellement assistée par le Saint-Esprit, elle a charge de garder, enseigner, expliquer et répandre la vérité que Dieu a révélée d’une manière encore voilée par les prophètes et pleinement par le Seigneur Jésus. Nous croyons tout ce qui est contenu dans la parole de Dieu, écrite ou transmise, et que l’Eglise propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel. Nous croyons à l’infaillibilité dont jouit le successeur de Pierre quand il enseigne ex cathedra comme pasteur et docteur de tous les fidèles, et dont est assuré aussi le corps des évêques lorsqu’il exerce avec lui le magistère suprême.

L’UNITÉ ET LA CATHOLICITÉ DE L’ÉGLISE

Nous croyons que l’Église, fondée par Jésus-Christ et pour laquelle il a prié, est indéfectiblement une dans la foi, le culte et le lien de la communion hiérarchique. Au sein de cette Église, la riche variété des rites liturgiques et la légitime diversité des patrimoines théologiques et spirituels et des disciplines particulières, loin de nuire à son unité, la manifestent davantage. Reconnaissant aussi l’existence, en dehors de l’organisme de l’Église du Christ, de nombreux éléments de vérité et de sanctification qui lui appartiennent en propre et tendent à l’unité catholique, et croyant à l’action du Saint-Esprit qui suscite au cœur des disciples du Christ l’amour de cette unité, Nous avons l’espérance que les chrétiens qui ne sont pas encore dans la pleine communion de l’unique Église se réuniront un jour en un seul troupeau avec un seul pasteur. Nous croyons que l’Église est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie de salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l’Église. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes ; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l’Evangile du Christ et son Église mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l’influence de la grâce, s’efforcent d’accomplir sa volonté reconnue par les injonctions de leur conscience, ceux-là, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut.

LE CORPS ET LE SANG DU SEIGNEUR

Nous croyons que la messe célébrée par le prêtre représentant la personne du Christ en vertu du pouvoir reçu par le sacrement de l’ordre, et offerte par lui au nom du Christ et des membres de son Corps mystique, est le sacrifice du calvaire rendu sacramentellement présent sur nos autels. Nous croyons que, comme le pain et le vin consacrés par le Seigneur à la Sainte Cène ont été changés en son Corps et son Sang qui allaient être offerts pour nous sur la croix, de même le pain et le vin consacrés par le prêtre sont changés au corps et au sang du Christ glorieux siégeant au ciel, et Nous croyons que la mystérieuse présence du Seigneur, sous ce qui continue d’apparaître à nos sens de la même façon qu’auparavant, est une présence vraie, réelle et substantielle. Le Christ ne peut être ainsi présent en ce sacrement autrement que par le changement en son corps de la réalité elle-même du pain et par le changement en son sang de la réalité elle-même du vin, seules demeurant inchangées les propriétés du pain et du vin que nos sens perçoivent. Ce changement mystérieux, l’Église l’appelle d’une manière très appropriée transsubstantiation. Toute explication théologique, cherchant quelque intelligence de ce mystère, doit pour être en accord avec la foi catholique, maintenir que, dans la réalité elle-même, indépendante de notre esprit, le pain et le vin ont cessé d’exister après la consécration, en sorte que c’est le corps et le sang adorables du Seigneur Jésus qui dès lors sont réellement devant nous sous les espèces sacramentelles du pain et du vin, comme le Seigneur l’a voulu, pour se donner à nous en nourriture et pour nous associer à l’unité de son Corps mystique. L’unique et indivisible existence du Seigneur glorieux au ciel n’est pas multipliée, elle est rendue présente par le sacrement dans les multiples lieux de la terre où la messe est célébrée. Et elle demeure présente, après le sacrifice, dans le Saint Sacrement, qui est, au tabernacle, le cœur vivant de chacune de nos églises. Et c’est pour nous un devoir très doux d’honorer et d’adorer dans la sainte hostie, que nos yeux voient, le Verbe incarné qu’ils ne peuvent pas voir et qui, sans quitter le ciel, s’est rendu présent devant nous.

ROYAUME DE DIEU ET CIVILISATION.

Nous confessons que le royaume de Dieu commencé ici-bas en l’Église du Christ n’est pas de ce monde, dont la figure passe, et que sa croissance propre ne peut se confondre avec le progrès de la civilisation, de la science ou de la technique humaines, mais qu’elle consiste à connaître toujours plus profondément les insondables richesses du Christ, à espérer toujours plus fortement les biens éternels, à répondre toujours plus ardemment à l’amour de Dieu, à dispenser toujours plus largement la grâce et la sainteté parmi les hommes. Mais c’est ce même amour qui porte l’Église à se soucier constamment du vrai bien temporel des hommes. Ne cessant de rappeler à ses enfants qu’ils n’ont pas ici-bas de demeure permanente, elle les presse aussi de contribuer, chacun selon sa vocation et ses moyens, au bien de leur cité terrestre, de promouvoir la justice, la paix et la fraternité entre les hommes, de prodiguer leur aide à leurs frères, surtout aux plus pauvres et aux plus malheureux. L’intense sollicitude de l’Église, épouse du Christ, pour les nécessités des hommes, leurs joies et leurs espoirs, leurs peines et leurs efforts, n’est donc rien d’autre que son grand désir de leur être présente pour les illuminer de la lumière du Christ et les rassembler tous en lui, leur unique Sauveur. Elle ne peut signifier jamais que l’Eglise se conforme elle-même aux choses de ce monde, ni que diminue l’ardeur de l’attente de son Seigneur et du royaume éternel.

LES VIVANTS ET LES MORTS

Nous croyons à la vie éternelle. Nous croyons que les âmes de tous ceux qui meurent dans la grâce du Christ, soit qu’elles aient encore à être purifiées au purgatoire, soit que dès l’instant où elles quittent leur corps, Jésus les prenne au paradis comme il a fait pour le bon larron, sont le peuple de Dieu dans l’au-delà de la mort, laquelle sera définitivement vaincue le jour de la résurrection où ces âmes seront réunies à leur corps. Nous croyons que la multitude de celles qui sont rassemblées autour de Jésus et de Marie au paradis forme l’Église du ciel, où dans l’éternelle béatitude elles voient Dieu tel qu’il est et où elles sont aussi, à des degrés divers, associées avec les saints anges au gouvernement divin exercé par le Christ en gloire, en intercédant pour nous et en aidant notre faiblesse par leur sollicitude fraternelle.

Nous croyons à la communion de tous les fidèles du Christ, de ceux qui sont pèlerins sur la terre, des défunts qui achèvent leur purification, des bienheureux du ciel, tous ensemble formant une seule Église, et Nous croyons que dans cette communion l’amour miséricordieux de Dieu et de ses saints est toujours à l’écoute de nos prières, comme Jésus nous l’a dit : Demandez et vous recevrez. Aussi est-ce avec foi et dans l’espérance que Nous attendons la résurrection des morts et la vie du monde à venir."

Béni soit le Dieu trois fois saint. Amen.

images/icones/neutre.gif  ( 611245 )hélas la Société "de Jésus" l'est de moins en moins par Luc Perrin (2011-10-15 11:55:14) 
[en réponse à 611141]

Voici depuis quelques décades qu'elle a substitué l'arrupisme à la doctrine catholique dans son allégeance intellectuelle. Cela vaut quelque soit le pays : lisez les textes issus des "congrégations générales" qui sont les temps forts de la Compagnie. Ce qui est sorti de celle de 2008 est spécialement affligeant.

Teilhard n'a pas été formellement "condamné", le mot est un peu fort : en revanche, le Saint-Siège a mis en garde contre certaines de ses thèses par une Note encore sous Jean XXIII, si je me souviens bien.
L'optimisme béat et le teilhardisme sont allés de pair, avec une vraie teilhardomania dans les années 1960.
Aujourd'hui, cela reste une caractéristique des catholiques néo-libéraux et néo-modernistes, ce qui définit en gros la ligne des néo-jésuites arrupiens avec comme seul héritage de leur intégralisme d'antan, un souci de justice sociale. La Société arrupienne est un bon exemple de ces produits de décomposition du catholicisme intransigeant et intégral évoqués par Emile Poulat à plusieurs reprises.
Benoît XVI a voulu s'appuyer à nouveau sur une Compagnie arrupienne inchangée ce qui, à mon sens, est une grosse erreur pratique et tactique. A cet égard, Jean-Paul II avait été plus clairvoyant même si l'alternative qu'il avait soutenue, les Légionnaires du Christ, se sont révélés fragiles du fait d'un fondateur profondément corrompu, le mot est faible. La non réforme des grands ordres sous Jean-Paul II et actuellement constitue l'autre facette de la crise de l'Église.

nb. il y a quelques jésuites ignatiens qui "subsistit in" la Société arrupienne parce qu'ils n'osent pas créer autre chose et que la branche ignatienne projetée vers 1970-1975 n'a pas été soutenue par Paul VI hélas. Ces rares jésuites authentiques, type Père Fessio, sont largement marginalisés au sein de la Compagnie.
images/icones/fleche2.gif  ( 611271 )Quelques articles sur internet, à toutes fins utiles. par Scrutator Sapientiæ (2011-10-15 14:38:04) 
[en réponse à 611245]

Bonjour Luc Perrin,

Merci beaucoup pour votre message, qui m'a donné l'envie et l'idée d'en savoir un peu plus.

J'ai donc trouvé

- d'abord ceci

Teilhard de Chardin

- ensuite ceci

Pedro Arrupe

- et encore ceci

www.jesuites.com/compagnons/35cg/index.html

J'ai commencé à lire les articles consacrés à Pedro ARRUPE, et je comprends davantage pourquoi vous parlez "d'allégeance intellectuelle".

Je me permets quelques questions :

- Pedro ARRUPE était-il lui-même plus ou moins teilhardien ?

- Cette allégeance intellectuelle n'a-t-elle pas une part d'allégeance sentimentale ?

- Cette allégeance intellectuelle est-elle vraiment "incurable" ?

- Est-on en présence d'une allégeance intellectuelle de même nature et de même dimension chez les Dominicains, et vis-à-vis de quel(s) glorieux aîné(s) ?

Merci beaucoup pour toute réponse et à bientôt.

Scrutator.
images/icones/1z.gif  ( 611268 )Teilhard ? par Introibo (2011-10-15 14:17:20) 
[en réponse à 611141]

Ce n'était pas un scientifique. Ses travaux de paléontologie sont inconsistants. Quant à ses théories religieuses, c'est hérétique.

S'il a été réhabilité, c'est bien au moment où les libéraux ont pris le contrôle de l'Eglise.

On a vanté son "obéissance" (sic !). Mais ses écrits circulaient quand même. Un homme obéissant aurait détruit ses oeuvres.
images/icones/2a.gif  ( 611269 )Les jésuites en France ou ailleurs par Halleluia (2011-10-15 14:23:37) 
[en réponse à 611141]

ne sont pas plus jésuites que moi je suis la Reine d'Angleterre !

Ils n'ont plus la foi catholique mais la foi moderniste ! Autant dire qu'ils vont à l'encontre du Syllabus!!

images/icones/fleche3.gif  ( 611283 )le New Age .. ou un parfum d'hérésie chez les jésuites.. par jejomau (2011-10-15 15:16:45) 
[en réponse à 611269]

1)Qu'est-ce que le New Age ?

J'invite d'abord à vous pencher sur une réflexion du "Conseil Pontifical de la Culture" concernant le New Age. Voici une première approche :

"Pour beaucoup, le terme Nouvel Âge indique clairement un tournant majeur dans l'histoire. D'après les astrologues, nous sommes actuellement dans l'ère des Poissons, qui a été dominée par le christianisme. Mais l'ère des Poissons est sur le point de faire place à la nouvelle ère (en anglais New Age) du Verseau, en ce début du troisième millénaire. Si l'ère du Verseau jouit d'un tel prestige dans le mouvement Nouvel Âge, cela est dû en grande partie à l'influence de la théosophie, du spiritisme, de l'anthroposophie et de leurs prédécesseurs ésotériques. Ceux qui mettent l'accent sur l'imminence d'un changement au niveau mondial expriment souvent le souhait d'un tel changement, et cela non pas tant dans le monde que dans notre culture, dans notre façon de nous rapporter au monde. Cela est particulièrement évident chez ceux qui avancent l'idée d'un Nouveau Paradigme de vie. Cette approche est attrayante, car dans certaines de ses expressions, les hommes ne se contentent pas d'observer passivement, mais contribuent effectivement à changer la culture et à faire apparaître une nouvelle conscience spirituelle. Dans d'autres expressions, l'accent est mis plutôt sur la progression inexorable des cycles naturels. Quoi qu'il en soit, l'ère du Verseau n'est pas une théorie, mais une vision. Le Nouvel Âge est une tradition très vaste qui incorpore toute sorte d'idées n'ayant pas de lien direct avec le passage de l'ère des Poissons à celle du Verseau. On y trouve des visions modérées et plutôt générales d'un futur où la spiritualité planétaire côtoiera des religions séparées, où des institutions politiques planétaires similaires compléteront les institutions plus locales, avec des entités économiques globales jugées plus participatives et démocratiques, une plus grande place donnée à la communication et à l'éducation, une approche mixte à la santé combinant la médecine officielle et l'auto-guérison, une perception plus androgyne de soi-même ("le genre"??), et des systèmes intégrant la science, le mysticisme, la technologie et l'écologie. Encore une fois, tout cela révèle une aspiration profonde à une vie plus pleine et plus saine pour les hommes et pour la planète. Parmi les traditions qui confluent dans le Nouvel Âge, on peut citer, entre autres, les pratiques occultes de l'Égypte ancienne, la kabbale, le gnosticisme des premiers siècles du christianisme, le soufisme, le savoir druidique, le christianisme celtique, l'alchimie médiévale, l'hermétisme de la Renaissance, le bouddhisme zen et le yoga, etc.

Voici la « nouveauté » du Nouvel Âge: c'est un « syncrétisme d'éléments ésotériques et séculiers », qui convergent dans la perception très répandue que le moment est venu d'un changement radical des individus, de la société et du monde. Il existe diverses expressions de ce besoin de changement:

De la physique mécanique newtonienne à la physique quantique;

De l'exaltation moderne de la raison à la valorisation des sentiments, des émotions et des expériences (en passant de la pensée rationnelle 'de l'hémisphère gauche' du cerveau à la pensée intuitive 'de l'hémisphère droit');

De la prédominance des valeurs viriles et patriarcales à la célébration des valeurs féminines, dans l'individu comme dans la société.

Dans cette perspective, le terme de «changement de paradigme» est souvent employé. Certains vont même jusqu'à suggérer qu'un tel changement n'est pas seulement souhaitable, mais inéluctable. Le rejet de la modernité qui est à l'origine de ce désir de changement n'est pas nouveau, mais peut être décrit comme une «résurgence moderne des religions païennes influencée par les religions orientales, la psychologie, la philosophie, la science, et la contre-culture répandue dans les années 1950 et 1960 ». En fait, si le Nouvel Âge est bien le signe d'une révolution culturelle et d'un rejet des idées et des valeurs de la culture occidentale, son criticisme idéaliste est lui-même paradoxalement typique des cultures qu'il condamne"

2 )Quel rapport lie le New Age à Teilhard de Chardin ?

À la fin de 1977, Marilyn Ferguson envoya un questionnaire à 210 « personnes engagées dans la transformation sociale», qu'elle appela "Conspirateurs du Verseau". La question suivante est intéressante: « Lorsqu'on a demandé aux personnes interrogées de citer des individus dont les idées les ont influencées, soit à travers un contact personnel, soit par leurs écrits, ceux qui furent le plus souvent nommés, dans l'ordre de fréquence, furent Pierre Teilhard de Chardin, C.G. Jung, Abraham Maslow, Carl Rogers, Aldous Huxley, Robert Assagioli, et J. Krishnamurti. Parmi les autres noms souvent mentionnés: Paul Tillich, Hermann Hesse, Alfred North Whitehead, Martin Buber, Ruth Benedict, Margaret Mead, Gregory Bateson, Tarthang Tulku, Alan Watts, Sri Aurobindo, Swami Muktananda, D.T. Suzuki, Thomas Merton, Willis Harman, Kenneth Boulding, Elise Boulding, Erich Fromm, Marshall McLuhan, Buckminster Fuller, Frederic Spiegelberg, Alfred Korzybski, Heinz von Foerster, John Lilly, Werner Erhard, Oscar Ichazo, Maharishi Mahesh Yogi, Joseph Chilton Pearce, Karl Pribram, Gardner Murphy, et Albert Einstein ».

Interressant, non? Tout arbre produit des fruits. Ceux du jésuite Teilhard de Chardin sentent le soufre..... Après une recherche sur Internet, il s'avère que Teilhard de Chardin n'a effectivement pas été mis à l'index . En réalité il n'a pas été autorisé de son vivant à publier ses écrits autres que ses travaux scientifiques. "Le Phénomène humain" et "le Milieu divin, essai de vie intérieure" ont été publiés respectivement en 1955 et 1957. Après s'être opposée à son poste de professeur au Collège de France, lui avoir interdit de publier ses ouvrages théologiques, l'Eglise catholique a lancé en 1962 une mise en garde après la publication posthume de ses livres!.