Le Forum Catholique

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images/icones/hein.gif  ( 611055 )A propos de l'Emmanuel et de Pierre Goursat par Aétilius (2011-10-13 19:36:05) 

Toujours à propos de ce dernier numéro de "Famille chrétienne", le sujet de cette semaine est la communauté de l'Emmanuel, présentée très positivement.

Un article dévoile un peu la figure du fondateur, et futur saint à en croire les aficionados de la communauté, Pierre Goursat.

Y a-t-il comme cela des précédents dans l'Eglise de personnes qui seraient restés des laïcs tout en fondant une communauté prospère ? J'avoue que je ne comprends pas, quand on mène une vie quasi monacale, que l'on reste laïc, alors qu'on a ce qui ressemble à la vocation...

Pour le reste, que penser de l'Emmanuel, cette communauté issue de Vatican II qui semble apporter du bien dans l'Eglise moribonde ? Les fruits sont-ils si bons et prospères ? Ou n'est-ce qu'un écran de fumée, comme l'ont été les légionnaires du Christ, au fondateur si peu saint apparemment, ce qui est un peu gênant ?

Pour moi, un des critères d'un mouvement authentiquement "catholique", c'est-à-dire destinés "à tous" (sens du mot en grec) est qu'il touche tous les milieux, en particulier populaires.

Or, l'Emmanuel recrute surtout dans les milieux favorisés et un peu "bobos" de droite, constitués de cadres, d'expatriés, cas aussi des légionnaires du Christ (moins bobos et plus classiques)...

PS : pour ceux qui voudraient me tomber dessus pour anti-emmanuelisme, je précise que je suis assez proche de cette communauté, dont j'apprécie beaucoup d'aspects, ce qui ne m'empêche pas d'en voir les points gênants...
images/icones/fleche3.gif  ( 611058 )Un point de détail : le mot catholique par Michel (2011-10-13 20:21:37) 
[en réponse à 611055]

Il veut dire universel, certes.
Mais dire qu'un mouvement est catholique, cela signifie qu'il est en communion avec l'Eglise (universelle).
Il n'est pas nécessaire que chaque catholique ou chaque mouvement soit lui même universel.
L'association catholique des veuves bretonnes n'est pas universelle, mais elle est catholique (toute ressemblance serait fortuite).

L'Ordre bénédictin n'est pas universel en ce sens que des tas de gens ne sont pas appelés à en faire partie (déjà engagés ailleurs, trop âgés, etc.).
images/icones/1a.gif  ( 611067 )Remarque pertinente, par Aétilius (2011-10-13 21:07:21) 
[en réponse à 611058]

Cher Michel...

Ce que je veux dire est que j'ai toujours été gêné par le fait aujourd'hui que le catholicisme, du moins en France, n'attire plus, dans ses parties les plus vivantes, que les milieux en gros plus favorisés que la moyenne.

Le cas de l'Emmanuel est emblématique, de même que l'Opus Dei, les Légionnaires du Christ, voire même les communautés Ecclesia Dei.

La seule exception (à ma courte vue) : la FSPPX, qui quant à elle recrute dans tous les milieux (mais canoniquement, tout n'est pas tout à fait dans les règles...).

Ce que je voulais donc dire est que je rêve d'une Eglise où tous les hommes de bonne volonté se retrouvaient, et non pas seulement quelques happy fews...
images/icones/neutre.gif  ( 611077 )question fondamentale par Aigle (2011-10-13 21:53:45) 
[en réponse à 611067]

Le désintérêt contemporain des classes populaires (en particulier jeunes et masculines) pour l'Eglise est un phénomène d'autant plus navrant que la volonté de conserver ou de regagner ces milieux se trouve au centre du projet pastoral de Paul VI et a justifié bien des réformes conciliaires et post conciliaires ....Et sans aucune autocritique de la part des dirigeants de l'Eglise "qui est en France".

Aujourd'hui on se rend compte que les milieux populaires (surtout en province il est vrai) étaient souvent restés nettement plus attachés à l'Eglise qu'on ne l'a cru à l'époque (à cause du terrible livre "France pays de mission" fondé sur l'exemple de la banlieue rouge de Paris).

Tout cela aboutit aujourd'hui à une Eglise relativement élitiste - ce qui permet au moins de démontrer aux intellos de gauche que la catholicisme n'est pas une superstition de gens incultes !!!
images/icones/info2.gif  ( 611079 )Sociologie du catholicisme français, cf cette étude IFOP de 2009 par Effata (2011-10-13 21:55:27) 
[en réponse à 611067]

Pour vous faire un point de vue objectif, veuillez trouver ici une analyse du catholicisme français datant de 2009. Voyez notamment la page 13 pour la répartition en catégories socioprofessionnelles.
images/icones/neutre.gif  ( 611081 )un extrait par Aigle (2011-10-13 22:04:26) 
[en réponse à 611079]

Si l’on considère maintenant les catholiques qui se déclarent eux-mêmes « pratiquants »
(« régulièrement » ou « occasionnellement » soit un quart des catholiques, c’est-à-dire le
noyau dur assez en prise avec l’Église, tout en étant néanmoins un segment plus large que
les stricts « messalisants » qui ne représentent plus que 7% des catholiques), les écarts
soulignés précédemment sont nettement plus marqués. On compte ainsi 16% de moins de 35
ans et 65% de 50 ans et plus parmi ces pratiquants, les femmes représentent 61% des
pratiquants. Notons enfin que les ouvriers et employés constituent 18% des pratiquants
contre 32% des Français.
images/icones/1a.gif  ( 611113 )Donc, par 8Charly (2011-10-14 10:45:29) 
[en réponse à 611081]

Donc, si l'on comprend bien l'étude, être catholique est une question de génération plus qu'une question d'origine sociale.

Cela rend d'autant plus interessante l'action de l'Emmanuel auprès des jeunes et des familles (cf Paray le Monial)


Mais d'où vient l'idée répandue que l'Eglise est aujourd'hui un truc de bourgeois "bobos" pour les "nomistes" ou d'aristos "fauchés" pour les tradis ?
images/icones/fleur.gif  ( 611122 )A 8Charly par Aétilius (2011-10-14 11:47:15) 
[en réponse à 611113]

Quand je parle de "catholiques", je comprends quand à moi les derniers des pratiquants (soit entre 2 et 4 % de la population actuelle du pays), qui déjà sont souvent bien hérésisants pour une part, ou du moins tièdes.

Les milieux donc où l'Eglise est relativement vivante, avec des familles avec enfants, l'avenir donc de l'Eglise, sont donc très marqués sociologiquement, réalité qu'il faut regarder en face.

La question qui se pose alors est que tout l'après-concile était destiné à ramener le peuple dans les églises : comment se fait-il que les réformes n'aient fait qu'accélérer le mouvement ?

Une des réponses est que on a rendu hyper intellectuelle la foi, et sensible, avec une liturgie où ça parle, ça parle, avec des tas de gens qui jouent comme une sorte de rôle sur scène, ce qui ne peut que faire fuir l'immense majorité...
images/icones/fleur.gif  ( 611135 )Ca parle ça parle.... par 8Charly (2011-10-14 13:35:10) 
[en réponse à 611122]

Bon, bref ça parle.

Je suppose que le "ça parle" concerne essentiellement la partie : 2 lectures + psaumes+ Evangile + sermon qui concentrent environ 25 mns du temps de la messe. (NOM)

C'est sur que cela prend du temps et s'adresse essentiellement à l'intelligence et non directement à l'âme.

Il est par ailleurs certain que cette approche intellectuelle ne peut convenir à tout le monde si elle n'est pas équilibrée par une vie sacramentelle importante. On risquerait là un déséquilibre dangereux (ce qui est apparu bien souvent)

Mais de ce que je comprend de l'enseignement des derniers papes c'est qu'il existe un lien intime entre intelligence et foi.

Et donc l'interet de l'Eglise n'est pas tant de moins parler mais de plus prier en insistant plus fortement sur la liturgie sacramentelle.

images/icones/bravo.gif  ( 611195 )Vous faites bien d'ajouter par Vincent F (2011-10-14 20:22:54) 
[en réponse à 611067]

Il se trouve qu'à Madrid pour les JMJ j'ai été logé, entre autres dans une institution tenue par l'Opus Dei. Et ce qui est frappant c'est qu'alors que l'Espagne est au moins aussi sécularisée que la France, l'Opus Dei là-bas touche toutes les couches de la population.
images/icones/fleche2.gif  ( 611093 )"Introduction de la cause" : ...? par Michel (2011-10-13 23:17:07) 
[en réponse à 611055]

wiki dit :
Avec l’accord du cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, la cause de béatification du Serviteur de Dieu Pierre Goursat a été officiellement introduite le jeudi 7 janvier 2010 en l'église de la Sainte Trinité (Paris 9e).


J'aimerais en savoir plus sur la notion d' "introduction de la cause".

Merci.


P.S.: L'Emmanuel a fourni un certain nombre d'évêques à l'Eglise.





images/icones/neutre.gif  ( 611105 )Laïc et grand réformateur ? par Steve (2011-10-14 10:00:28) 
[en réponse à 611055]

Pour essayer de répondre à cette question, Aetilius :

"Y a-t-il comme cela des précédents dans l'Eglise de personnes qui seraient restés des laïcs tout en fondant une communauté prospère ? J'avoue que je ne comprends pas, quand on mène une vie quasi monacale, que l'on reste laïc, alors qu'on a ce qui ressemble à la vocation..."

Il me semble que saint François d'Assise n'a pas été ordonné prêtre.
Cependant, sa vocation de restaurer l'Eglise n'est pas contestable.

Quelqu'un de plus versé en la matière peut-il confirmer ou infirmer ? Merci.
images/icones/1a.gif  ( 611118 )Saint François d'Assise pas prêtre par Aétilius (2011-10-14 11:28:39) 
[en réponse à 611105]

Certes, mais religieux, avec un habit religieux...
images/icones/neutre.gif  ( 611146 )Nous sommes donc du même avis ? par Steve (2011-10-14 14:52:19) 
[en réponse à 611118]

Selon... Wikipédia.

"En 2009, la communauté (Emmanuel) comptait plus de 8000 membres dans 57 pays, dont la moitié en France. L'association comprend des membres de divers états de vie (célibataires, couples, prêtres, frères et sœurs consacré(e)s dans le célibat). Parmi ceux-ci, 233 prêtres, une centaine de séminaristes, 170 sœurs et 25 frères consacrés dans le célibat."

Sur base de ce bon début, on dirait que la comparaison reste à peu près pertinente.
Ceci dit, votre question a peut-être été mal comprise.


images/icones/livre.gif  ( 611167 )mais diacre par PEB (2011-10-14 16:41:43) 
[en réponse à 611118]

En tant que diacre, il avait reçu le pouvoir de prêcher.

Sans prendre en compte ses voeux religieux, le povorello était donc clerc et ministre ordonné.
images/icones/hein.gif  ( 611173 )Saint François diacre... par Aétilius (2011-10-14 17:22:43) 
[en réponse à 611167]

(Le bientôt saint ?) Pierre Goursat et saint François d'Assise ne peuvent donc pas être comparés de ce côté-là.

Je repose donc ma question : comment se fait-il que le fondateur de l'Emmanuel n'ait pas fait de voeux religieux, alors que toute sa vie semble avoir été celle d'un moine ?

De grands hommes d'état ont montré une grande piété (je pense à saint Louis, entre autres), qui ne pouvaient rentrer dans les ordres, en raison de leurs obligations d'état. Quid donc pour Pierre Goursat ?

J'ajoute que j'ai toujours été gêné par cette figure de fondateur, qui met un peu en arrière la figure du prêtre ou du religieux, mis dans la vie communautaire sur un pied d'égalité avec le laïc...

Mais encore une fois, peut-être y a-t-il des précédents dans l'histoire de l'Eglise ?
images/icones/fleche2.gif  ( 611193 )Je ne sais s'il y a eu des précédents par Vincent F (2011-10-14 20:19:28) 
[en réponse à 611173]

Mais avant la fondation des franciscains et des dominicains, il n'y avait pas eu de précédent à l'existence d'ordres mendiants.

Pour Pierre Goursat la question qui se pose est aussi : les vœux religieux étaient ils sa vocation ?
images/icones/musique.gif  ( 611199 )Où voulez-vous aller ? par Steve (2011-10-14 20:55:39) 
[en réponse à 611173]

1.
"De grands hommes d'état ont montré une grande piété (je pense à saint Louis, entre autres), qui ne pouvaient rentrer dans les ordres, en raison de leurs obligations d'état."

S'il s'agit de distinguer entre ce qu'on doit rendre à Dieu d'une part, et à César d'autre part… On a toujours rencontré mille et une difficultés. Par exemple.
- Le Concile de Nicée a été convoqué par Constantin.
- En France, assez tôt, la désignation des rois a bénéficié d'un sacre, à la limite du sacrement.
- L'inquisition condamne Jeanne d'Arc, future sainte, et le bras séculier exécute la condamnation.
Etc.

2.
"J'ajoute que j'ai toujours été gêné par cette figure de fondateur, qui met un peu en arrière la figure du prêtre ou du religieux, mis dans la vie communautaire sur un pied d'égalité avec le laïc..."

Ici, serait-ce une simple question de prestige dans la vie communautaire ?
Cette "rivalité" entre l'état du clerc et celui du laïc (me) paraît un vrai "faux problème". Parce que…
Un clerc, c'est un chrétien ordonné, attaché spécialement à son évêque (ou à son supérieur), pour annoncer l'Evangile, donner certains sacrements, veiller à l'unité des croyants.
Imaginons qu'un laïc chrétien, privé de certaines grâces d'état spécifiques, se révèle néanmoins pertinent et productif.
En quoi notre mère la sainte Eglise et ses serviteurs ordonnés seraient-ils gênés par les talents d'un simple fidèle ?
Dans la liturgie, très souvent, seul le prêtre peut agir en lieu et place du Christ. Mais dans la vie, en général ?

3.
"Mais encore une fois, peut-être y a-t-il des précédents dans l'histoire de l'Eglise ?"

Et si on ne trouvait pas de précédent, on aurait la chance d'innover.
`
Bonne fin de soirée.
images/icones/ancre2.gif  ( 611256 )De même saint Benoît ? Et tant d'autres, notamment des femmes par Paterculus (2011-10-15 12:46:06) 
[en réponse à 611105]

On n'est pas sûr non plus que Saint Benoît lui-même ait été prêtre.

Mais quand on voit le nombre de femmes qui ont redressé l'Eglise en leurs temps (je pense à Sainte Catherine de Sienne, par exemple), on voit bien qu'il n'est pas nécessaire d'être prêtre pour lancer quelque chose d'important et de durable.

C'est un mouvement profond depuis des siècles que de simples laïcs soient appelés à la sainteté, sans être ni prêtres ni religieux comme la plupart des saints du Moyen-Âge. Saint François de Sales l'avait déjà bien compris. Et c'est un des aspects positifs de Vatican II d'avoir rappelé la vocation de tous à la sainteté.

Votre dévoué Paterculus