Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=610697
images/icones/hein.gif  ( 610697 )Le canon seul par Don Henri (2011-10-10 19:05:21) 

est-il suffisant à ce que la Transubstantiation se réalise? Il parait que les Prêtres internés dans les camps de concentration nazis et les goulags staliniens avaient souvent réduit la Messe au canon uniquement pour courir moins de risques de se faire prendre, et que de telles Messes avaient été jugées valides après coup.

Merci de votre savoir

+Pax et BONUM
images/icones/neutre.gif  ( 610699 )Et même seulement par Yves Daoudal (2011-10-10 19:15:44) 
[en réponse à 610697]

les paroles de la consécration dites en vitesse sur un bout de pain, me semble-t-il.

Le prêtre agit in persona Christi: le Christ n'avait pas dit le canon.

(Sans garantie...)
images/icones/fleche3.gif  ( 610720 )Qui pridie quam pateretur... par Michel (2011-10-10 21:48:05) 
[en réponse à 610699]

Je pense que :
- le Canon seul suffit (mais il faut une très grave nécessité) ;
- par contre, en cas de défaut, (je crois bien que) le prêtre doit reprendre à "Qui pridie...".

En effet, c'est le récit de l'institution (même si cette expression choque nos bons tradis) qui consacre :
Il est nécessaire de préciser qu'on agit au nom de Jésus (avec un minimum de précision : par exemple, la veille de sa passion) :
"Jésus prit du pain, le bénit, le rompit et le donna à ses Apôtres en disant..."
Sinon, "ceci est mon corps", détaché de tout contexte, quelle signification ?...

Faites ceci...
Non, pardon :
"Chaque fois que vous ferez cela, faites-le en mémoire de moi"
En mémoire de moi.
Il faut le préciser...

Par ailleurs, il doit exister un texte officiel qui dit que ce sont toutes ces paroles qui réalisent la transsubstantiation, dont la formule consécratoire est nécessaire.
C'est-à-dire qu'elles ne doivent pas être omises.
Mais elles ne suffisent pas.



images/icones/ancre2.gif  ( 610739 )Au camp de Dora par Paterculus (2011-10-10 23:39:00) 
[en réponse à 610697]

Au terrible camp de Dora (le "Franzosengrube", c'est à dire le tombeau des Français), l'Abbé Jean Renard, du diocèse d'Amiens, avait reçu d'un co-détenu un peu de farine de blé, dont il avait pu confectionner des hosties : il travaillait exclusivement de nuit et dans le bureau d'un ingénieur, sur le radiateur duquel il faisait cuire la pâte obtenue en utilisant l'eau qui suintait sur les parois du tunnel.
Il n'avait pas de vin, donc il ne put consacrer que les hosties, qui furent un grand réconfort pour les croyants auxquels il les distribuait. Après la guerre il ne trouva aucun théologien capable de lui dire s'il avait bien ou mal agi.
Consacrer une seule des deux espèces est interdit. Je doute cependant que cela soit invalide dans de pareilles circonstances. Je pense même que dans le cas de l'Abbé Renard qui risquait la mort s'il était découvert, c'était parfaitement légitime.

Pour ce qui est de la question "canon seul", puisque l'Eglise catholique a reconnu récemment la validité de la prière eucharistique d'Addaï et Mari où ne figure pas le récit de l'institution, on ne devrait pas majorer le problème. Dans le genre de circonstances que vous mentionnez, Ecclesia supplet et toute cette sorte de choses.

Votre dévoué Paterculus

PS L'Abbé Renard fut l'un des pionniers du scoutisme catholique à Strasbourg. Dans les années 1970 pour les actes de résistance qui l'avaient conduit à Dora et pour son soutien moral auprès de ses co-détenus, il fut fait directement commandeur de la Légion d'Honneur (ce fut grâce à l'action de ses camarades qui se rendirent comte un jour qu'il n'avait pas été récompensé, n'ayant rien demandé pour lui-même...)
images/icones/hein.gif  ( 610745 )Excusez... par Nemo (2011-10-11 09:07:40) 
[en réponse à 610739]

Je ne suis pas spécialiste et je me serais abstenu d'écrire mais il y a trop d'erreurs manifestes dans ce fil.

Les réponses sont toutes dans le missel romain :
Site Cérémonaire

La consécration d'une seule espèce est valide et illicite dans tous les cas. Les circonstances même douloureuses n'ont rien à voir avec la validité. C'est valide point.
Dans certaines circonstances de nécessité, on peut faire des choses illicites qui demeurent illicites. (Mgr Lefebvre et ses consécrations, et l'abbé Renard, parfaitement illégitime).

Seule l'Eglise détermine matière et forme des sacrements. Ce qui s'applique à un rite ne s'applique absolument pas à l'autre (pains azime ou pas).

La suppléance du ecclesia supplet ne s'applique qu'aux grâces ou au droit, mariage, absolution etc.
S'il y a irrégularité dans l'intention, la matière ou la forme, l'invalidité demeurera, mais les grâces seront reçues.

C'est une grave erreur de croire que l'Eglise supplée à tout, les bonnes intentions ne suffisent pas.
images/icones/1f.gif  ( 610772 )Peut-on consacrer validement en dehors de la messe ? par N.M. (2011-10-11 12:19:36) 
[en réponse à 610745]

Il me semble que la question posée doit être reformulée. Et reformulée comme suit : peut-on consacrer validement en dehors de la célébration du sacrifice de la messe ?

Pour qu'il y ait messe, il faut et il suffit qu'ait été réalisée la double consécration.


"Pour réaliser le sacrifice, la double consécration est nécessaire, parce que le Christ l'a faite à la dernière Cène. Sans compter l'exemple du Christ, la double consécration est nécessaire pour représenter sacramentellement la séparation réelle du corps et du sang du Christ. [...]

"L'oblation extérieure consiste dans la séparation sacramentelle mystique du corps et du sang du Christ, qui est réalisée ex vi verborum par la double consécration, et qui est une représentation objective de la séparation historique réelle réalisée sur la croix."

Louis Ott, Précis de Théologie dogmatique, 2e éd. fr., pp. 563-564.



En sens contraire ("la séparation mystique du corps et du sang par la double consécration" n'est pas strictement nécessaire à l'oblation, mais doit être regardée "seulement comme une condition de l'oblation"), certains pourraient (à partir de là) soutenir que la seule Présence Réelle déjà réalisée avec la première consécration constitue déjà le Sacrifice (déjà, c'est-à-dire avant la seconde consécration, voire abstraction faite de la seconde consécration).

A ce compte-là, la première consécration suffirait pour qu'il y ait messe. Donc, dans le cas de l'Abbé Renard (au camp de Dora) il y aurait messe et (par conséquent) il n'y aurait pas de question à se poser sur la validité. Mais cela ne tient pas...


"Mais comme il appartient aussi à l'essence du sacrifice cultuel d'être un acte sacrificiel extérieur, dans lequel les sentiments internes de sacrifice ["l'acte intérieur d'oblation du Christ"] sont perceptibles par les sens, il faut considérer comme aussi nécessaire à l'essence du sacrifice de la croix la séparation réelle du corps et du sang du Christ permise par lui avec la plus grande liberté, et comme nécessaire à l'essence du sacrifice de la messe la séparation mystique du corps et du sang du Christ, opérée par la double consécration. Cette dernière n'est pas seulement une condition de l'oblation, mais un élément essentiel du sacrifice."

Id., p. 566.



Et Louis Ott ajoute (ce qui n'est pas sans intérêt) :


"C'est pourquoi les théories du sacrifice de la messe, qui unissent ensemble l'immolation sacramentelle mystique par la double consécration et l'acte intérieur d'oblation du Christ possèdent le plus de vraisemblance (N. Gihr, L. Billot, Fr. Diekamp etc.)."



Donc l'Abbé Renard (au camp de Dora) ne célébrait pas la messe lorsqu'il se contentait de prononcer les paroles "Hoc est enim corpus meum" sur du pain (sans procéder à la seconde consécration).

Etait-ce cependant valide ? C'est-à-dire (retour à la case départ) : peut-on consacrer validement en dehors de la célébration du sacrifice de la messe, c'est-à-dire en dehors de la double consécration ?

Certes, la première consécration n'a pas besoin de la seconde pour être valide. On adore le Corps du Christ aussitôt après l'émission des paroles "Hoc est enim corpus meum" (cf. IIIa, q. 78, a. 6).

Voilà pourquoi, si la messe était interrompue à ce moment précis (cf. les cas envisagés par le De Defectibus), il y aurait bien la Présence Réelle. Cependant le sacrifice de la messe ne serait pas alors réalisé.

Mais il y a et il y aurait Présence Réelle, sans réalisation du Sacrifice, dans le cadre de la messe. Or dans le cas de l'Abbé Renaud, nous ne sommes pas dans le cadre de la messe.

Le prêtre qui célèbre sa messe et a procédé à la première consécration a l'intention de procéder à la deuxième consécration (précisément parce qu'il célèbre et a l'intention de célébrer la messe). Le prêtre qui à ce moment précis est victime d'un malaise (et ne peut continuer à célébrer) avait l'intention de procéder à la deuxième consécration. Rien de tel dans le cas de l'Abbé Renaud.

Donc pour que l'Abbé Renaud ait alors consacré validement, il faudrait que la transsubstantiation puisse être purement et simplement indépendante de la messe... ce qui semble (à tout le moins) une monstruosité, et pour tout dire une impossibilité.






images/icones/bulle.gif  ( 610773 )Erratum par N.M. (2011-10-11 12:21:19) 
[en réponse à 610772]

Il s'agit évidemment de l'Abbé Renard.

images/icones/1a.gif  ( 610774 )Plénitude du sacrifice par Nemo (2011-10-11 12:37:38) 
[en réponse à 610772]

Le sacrifice est complet seulement après la consommation des oblats.
Ca n'empêche pas pour autant la validité de la consécration qui est partie du sacrifice.
Mon opinion, qui n'a que peu de valeur, est que l'intention de l'abbé était celle de l'Eglise, c'est à dire de reproduire le sacrifice de la Croix. Cette intention a été contrecarrée par des événements indépendants de sa volonté, l'absence de vin, mais non intentionnellement absents.
Je pense donc que l'abbé consacrait irrégulièrement, illicitement mais validement et que c'était un saint prêtre.

En règle général, on ne doit pas se laisser troubler par ces cas particuliers qui peuvent tourner au scrupule. Or on sait que le scrupule est d'origine diabolique. Du reste dans le cas de consécration douteuse, on traitera le pain et le vain sans les signes extérieurs d'adoration, mais on attendra la corruption naturelle (qui entraîne la disparition de la présence réelle), on brûlera éventuellement et on conservera les restes dans un lieu digne.

Dans certains cas établir de façon certaine la validité ou l'invalidité est impossible et, même si l'Eglise ne suppléera pas à une consécration défectueuse, on resterait en présence de pain, elle suppléra avec surabondance dans les grâces accordées à l'abbé et à ses fidèles.
images/icones/1a.gif  ( 610784 )Oui et non par N.M. (2011-10-11 15:11:48) 
[en réponse à 610774]

Je présume en effet avec vous que l'Abbé Renard était un bon prêtre placé dans une situation tragique.

Cependant, je ne vois pas que l'on puisse avoir l'intention de l'Eglise si objectivement l'on se propose délibérément de procéder à la consécration de l'une des matières sans l'autre. En effet l'intention de l'Eglise est de faire ce que le Christ a demandé et comme il l'a demandé : il faut donc vouloir procéder à la double consécration.

Sans doute l'Abbé Renard pensait agir conformément à l'intention de l'Eglise. Mais il me semble qu'objectivement tel n'était pas le cas.

Je souscris pleinement à ce que vous écrivez ici :


"même si l'Eglise ne suppléera pas à une consécration défectueuse, on resterait en présence de pain, elle suppléera avec surabondance dans les grâces accordées à l'abbé et à ses fidèles."



Surtout dans de telles conditions...

En revanche, je ne vous suis pas lorsque vous écrivez :


"Le sacrifice est complet seulement après la consommation des oblats. Ca n'empêche pas pour autant la validité de la consécration qui est partie du sacrifice."



Je ne veux pas ici entrer dans la (difficile) controverse théologique autour de l'essence du sacrifice, mais il me semble qu'il apparaît (du moins pour la sanior pars des théologiens) que le sacrifice est réalisé (et donc "complet") avec la double consécration ("séparation sacramentelle mystique du corps et du sang du Christ"). La communion du célébrant est cependant partie intégrante du sacrifice.

Je profite du présent message pour vous remercier pour vos interventions en matière liturgique qui sont d'une grande richesse et d'une grande sûreté.




images/icones/1d.gif  ( 610805 )Mon Dieu que c'est complexe ! par Nemo (2011-10-11 19:24:21) 
[en réponse à 610784]

Nous rentrons en effet dans un domaine difficile qui laisse une certaine place à la discussion, voire à l'incertitude.
Je n'ai dans ce domaine ni la compétence ni l'autorité pour trancher.

Mais j'avoue être perplexe par cette formulation :

...le sacrifice est réalisé (et donc "complet") avec la double consécration (...). La communion du célébrant est cependant partie intégrante du sacrifice.


Je trouve curieux que la consommation soit partie intégrante du sacrifice et que pourtant il puisse être complet sans cette partie intégrante.

Nos discussion ferait hurler de rire certains progressistes de mes amis...
images/icones/hein.gif  ( 610806 )Et l'autre question sous-jacente par Nemo (2011-10-11 19:31:35) 
[en réponse à 610805]

Nous sommes à peu près tous d'accord sur l'extrême irrégularité, la totale illicéité de la consécration de l'abbé Renard.

Egalement daccord sur les bons motifs de son action héroïque.

Pas tous d'accord sur le fait de savoir s'il n'y a pas défaut d'intention.

Mais devait-il, pour le salut des âmes, se lancer dans une telle irrégularité ?

A mon avis non. La fin ne justifie pas les moyens. La communion de désir a autant de valeur dans ces circonstances qu'une communion sacramentelle.

L'argument contraire est celui des pastoraux, qui font primer le coeur sur la raison, et qui ont détruit la liturgie de l'Eglise.
images/icones/1a.gif  ( 610807 )Complexe mais de grand intérêt par N.M. (2011-10-11 19:32:25) 
[en réponse à 610805]

Voici quelques éléments d'explication :


"b) La communion du prêtre ne peut pas non plus être considérée comme acte essentiel du sacrifice. Le repas sacrificiel n’appartient pas à l’essence du sacrifice ; car il y a de vrais sacrifices sans repas sacrificiel, par exemple le sacrifice de la croix. L’absorption de l’aliment sacrificiel suppose précisément l’accomplissement [antérieur] du sacrifice. La communion n’a pas lieu au nom du Christ, le sacrificateur primaire, elle n’a pas pour fin primaire, comme le sacrifice, la gloire de Dieu, mais l’utilité personnelle de celui qui la reçoit et n’est donc pas une représentation appropriée du sacrifice du Christ. Contre la mise en équivalence de la fonction essentielle du sacrifice avec la communion, le concile de Trente a défini : « Si quis dixerit, quod offeri non sit aliud quam nobis Christum ad manducandum dari, A. S. » (D. 948)"

Louis Ott, Précis de Théologie dogmatique,2e éd. fr., pp. 562-563.



Voici la citation (complète) du canon de Trente en question :


« Si quelqu’un dit qu’à la messe on n’offre pas à Dieu un sacrifice véritable et authentique, ou que cette offrande est uniquement dans le fait que le Christ nous est donné en nourriture, qu’il soit anathème. »

Concile de Trente, XXIIe session, Décret sur le saint Sacrifice de la Messe, canon 1.




« c) Ce n’est pas non plus la communion du prêtre en union avec la consécration qui constitue la fonction essentielle du sacrifice, comme l’ont soutenu de nombreux partisans de la théorie de destruction, suivant laquelle une destruction de l’oblation appartient à l’essence du sacrifice (par exemple S. Bellarmin, J. de Lugo). Sans compter que l’hypothèse présentée est très incertaine, il n’y a, en fait, dans la communion, aucune destruction de la victime proprement dite, mais seulement des espèces. Du reste les raisons invoquées au § b) s’opposent à ce point de vue.

« La communion du prêtre n’est pas un élément constitutif, mais elle est toutefois un élément intégrant du sacrifice de la messe, qui comporte la consommation des oblats. »

Louis Ott, p. 563.



images/icones/iphone.jpg  ( 610819 )Et pourtant par Nemo (2011-10-11 21:06:16) 
[en réponse à 610807]

On n'autorise pas un prêtre se trouvant obligé de célébrer en état de péché mortel à se dispenser de celle-la. Il doit bien entendu trouver un confesseur au plus vite après.
Etrange.
images/icones/hein.gif  ( 610828 )Pardonnez-moi par N.M. (2011-10-11 22:31:07) 
[en réponse à 610819]

Pardonnez-moi, mais là je ne vois pas où vous voulez en venir.
images/icones/fleche3.gif  ( 610777 )Sed contra : "De delictis gravioribus" par Michel (2011-10-11 12:53:10) 
[en réponse à 610772]

Le fait que le prêtre ait l'intention de consacrer ensuite le vin ne change pas la validité de la consécration de l'hostie.
Le fait que ce soit en dehors de la Messe aurait pu avoir une incidence, puisque Jésus avait dit : "faites ceci...", il faut donc faire ce que Jésus a fait.

(De même d'ailleurs si la consécration du vin est invalide (omise, oubliée, défectueuse...) : la Mese est invalide, mais la consécration de l'hostie est valide.)


Mais la Lettre De delictis gravioribus du Card. Ratzinger dit clairement :

4° consecratio in sacrilegum finem alterius materiae sine altera in eucharistica celebratione, aut etiam utriusque extra eucharisticam celebrationem;

et semble reconnaître ainsi implicitement la validité, sinon les canonistes et les théologiens auraient utilisé l'idée de tentative de consacrer (comme on parle de tenter de recevoir les ordres sacrés pour une femme).
Bref, c'est interdit (sauf peut-être raison archi-ultra-grave permettant d'invoquer l'épikie ou le c. 1752), mais valide au moins très probablement.

------------
http://fr.wikipedia.org/wiki/De_delictis_gravioribus





images/icones/1f.gif  ( 610781 )Probablement invalide par N.M. (2011-10-11 14:37:54) 
[en réponse à 610777]


Le fait que le prêtre ait l'intention de consacrer ensuite le vin ne change pas la validité de la consécration de l'hostie.



Si la consécration de l'hostie est invalide, l'intention de consacrer ou de ne pas consacrer ensuite le calice ne fait en effet rien à l'affaire.

Si, une fois l'hostie consacrée, le prêtre ne veut plus (changeant d'intention en cours de route) ou ne peut plus (malaise ou autre) procéder à la consécration du calice, cela ne change rien au fait que la première consécration était valide (en effet).

En revanche, si le prêtre se propose "dès le départ" de procéder à la première consécration (et donc avant cette dernière) sans procéder à la seconde, c'est que ce prêtre n'a tout bonnement pas (et dès le départ) l'intention de faire ce que fait l'Eglise (quoi qu'il en soit de ses bonnes intentions par ailleurs). Ce qu'il fait est donc invalide par défaut d'intention. La consécration de l'hostie est donc invalide.


Le fait que ce soit en dehors de la Messe aurait pu avoir une incidence, puisque Jésus avait dit : "faites ceci...", il faut donc faire ce que Jésus a fait.



Non pas "cela aurait pu avoir une incidence", mais "cela a une incidence". Comme vous le dites fort bien, "il faut faire ce que Jésus a fait" et demandé de faire.

Au minimum minimorum, faire ce que Jésus a fait et demandé de faire, c'est procéder à la double consécration (et alors il y a messe).


(De même d'ailleurs si la consécration du vin est invalide (omise, oubliée, défectueuse...) : la Messe est invalide, mais la consécration de l'hostie est valide.)



Tout à fait d'accord. Sauf que nous sommes en train d'essayer de savoir ce qu'il en est dans le cas où un prêtre veut délibérément procéder seulement à la consécration de l'hostie.


Mais la Lettre De delictis gravioribus du Card. Ratzinger dit clairement :

4° consecratio in sacrilegum finem alterius materiae sine altera in eucharistica celebratione, aut etiam utriusque extra eucharisticam celebrationem;

et semble reconnaître ainsi implicitement la validité, sinon les canonistes et les théologiens auraient utilisé l'idée de tentative de consacrer (comme on parle de tenter de recevoir les ordres sacrés pour une femme).



Il semble dites-vous. Je ne suis pas convaincu (cf. infra).


Bref, c'est interdit (sauf peut-être raison archi-ultra-grave permettant d'invoquer l'épikie ou le c. 1752), mais valide au moins très probablement.



Sed contra :


"La consécration à la messe d'une matière sans l'autre, faite volontairement, est toujours défendue sub gravi, même dans le cas d'extrême nécessité (c. 817), et est probablement invalide."

Adrien Cance, Le Code de Droit Canonique, commentaire succinct et pratique, t. II, p. 289.




images/icones/fleche3.gif  ( 610746 )Rappelez-vous que par Jean Ferrand (2011-10-11 09:21:30) 
[en réponse à 610739]

Rappelez-vous que pour les orthodoxes (dont l'eucharistie est valide) ce n'est pas le récit de l'Institution qui réalise l'essentiel du sacrifice eucharistique, mais bien l'épiclèse ou imposition des mains sur les oblats.

L'épiclèse, dans la liturgie byzantine, intervient après le récit de l'Institution.
images/icones/1i.gif  ( 610752 )je découvre le site par jejomau (2011-10-11 09:40:01) 
[en réponse à 610746]

que vous nous fournissez Nemo. J'avoue que comme laïc, j'ignorai totalement tous ces points de détails et j'apprends beaucoup. J'ai été vraiment frappé par ceci :

"Si une mouche, une araignée ou quelque autre chose tombe dans le calice avant la consécration, on jettera le vin dans un lieu décent et le prêtre mettra d’autre vin dans le calice, y mêlera un peu d’eau, fera l’oblation comme ci-dessus et poursuivra la messe. Si c’est après la consécration que la mouche (ou l’autre chose de cette sorte) tombe dans le calice, on la retire et on la lave avec du vin ; la messe achevée, on la brûlera et on jettera dans la piscine le produit de cette combustion et de ce lavage"

J'espère que ça n'est jamais arrivé à aucun prêtre !!!!! Laver une mouche avec du vin ? et jetter ses "cendres" ? Encore une mouche(sic!).... Mais que dire alors d'un puceron !!!!!?

Fabuleux....
images/icones/ancre2.gif  ( 610801 )Est-ce que l'intention de l'Eglise... par Paterculus (2011-10-11 18:48:45) 
[en réponse à 610739]

Est-ce que l'intention de l'Eglise n'est pas, justement, que le Corps du Christ soit donné aux hommes qui en ont besoin ?
VdP
images/icones/fleche2.gif  ( 610817 )Distinguons par N.M. (2011-10-11 20:54:52) 
[en réponse à 610801]

L'intention de l'Eglise est sans doute que "le Corps du Christ soit donné aux hommes qui en ont bensoin", mais relativement à la confection du sacrement de l'Eucharistie l'intention de l'Eglise ne saurait être autre que celle du divin Maître : dans le cadre du sacrifice de la messe (faire ce que le Christ a fait et demandé de faire), ce qui implique (au moins l'intention de procéder à) la double consécration.


images/icones/fleche3.gif  ( 610821 )Canon 927 par Michel (2011-10-11 21:12:39) 
[en réponse à 610817]

Je ne sais plus s'il a été cité ou non :

Can. 927 – Il est absolument interdit [nefas est], même en cas d’urgente et extrême nécessité, de consacrer une matière sans l’autre, ou même les deux en dehors de la célébration eucharistique.

images/icones/1a.gif  ( 885161 )Abbé Jean-Paul Renard par FOX (2020-01-17 11:42:42) 
[en réponse à 610739]

Bonjour,
Je suis le petit neveu de l'abbé Jean-Paul Renard, j'ai lu avec intérêt ces quelques mots à son sujet. Avez-vous d'autres informations le concernant ?
Merci pour votre réponse,
Bien à vous,
Francois.
images/icones/ancre2.gif  ( 885171 )Hommage au Père Jean Renard par Paterculus (2020-01-17 13:55:42) 
[en réponse à 885161]

Cher Fox,
Voici un texte que j'ai écrit à la demande d'un de vos cousins qui m'a contacté en voyant le message qui vous a fait réagir.


Hommage au Père Jean Renard
Prêtre du diocèse d’Amiens


C’est à Amiens en 1974 que j’ai fait la connaissance de l’Abbé Jean Renard. Mon père, militaire, y fut affecté cette année-là : j’y allais pour les vacances. Tout de suite j’ai apprécié les qualités de l’abbé, son indépendance d’esprit lui ayant permis de ne pas succomber à ce qu’on a appelé « l’esprit du Concile » et qui en fait était l’exact opposé de ce que les Pères avaient voté à Vatican II.
Ce que je connais de sa vie avant 1974, c’est par ce qu’il m’en a raconté, sous réserve que je m’en souvienne bien, et sauf exception signalée au passage.

C’est sans doute à sa grand’mère Altmeyer qu’il devait d’avoir étudié à Strasbourg après des études à Fribourg en Suisse. A Strasbourg on se trouvait peu après le rattachement de l’Alsace à la France. Là il fit du scoutisme, et j’apprends par le site « scoutopédia » qu’il « est vraisemblablement le fondateur et scoutmestre de la 1ère Strasbourg des SDF qu'il emmène à Chamarande en 1922. En 1926 il est commissaire provincial assistant pour l'Alsace. » Des critiques s’élevaient alors dans certains milieux catholiques contre le scoutisme, et Rome dut se prononcer. L’évêque de Strasbourg, Mgr Ruch, voulut écrire au Vatican pour soutenir le nouveau mouvement. Il demanda à Jean Renard de lui faire un projet de lettre, et il reprit pratiquement mot pour mot ce que le jeune chef avait proposé. L’Abbé me confia ses regrets de n’avoir pas gardé son brouillon !

Ardent pratiquant de l’eutrapélie, il a conservé de son séjour alsacien un bon nombre de blagues du terroir qu’il racontait volontiers encore longtemps après. Un souvenir de cette époque est aussi cette réunion politique à laquelle il était allé assister en compagnie d’autres étudiants ; ils s’étaient placés au fond de la salle. Arrive un communiste à la tribune, en complet. Il retire sa veste, sa cravate, retrousse ses manches et commence : « Camarades ! » Aussitôt les étudiants se mettent à siffler et à tant chahuter que l’intervention du malheureux s’est terminée là.

Je ne sais pas comment il arriva au diocèse d’Amiens : jeune prêtre, il fut nommé secrétaire particulier de l’évêque. Il m’expliqua que cela lui avait valu d’être marginalisé, car dans ce genre d’emploi on apprend des choses sur certains prêtres qui aimeraient mieux qu’on les ignore. De plus le clergé diocésain n’aime pas voir en son sein des prêtres qu’il n’a pas vu grandir, surtout si ce clergé est d’origine rurale.

A la mobilisation de 1939 il partit, je crois que ce fut comme officier de réserve d’artillerie. Démobilisé, il fut aussitôt résistant. Arrêté en 1942, il resta un certain temps à l’isolement. Pour garder sa santé mentale, il se mit à composer des poèmes. Il devait avoir une forte mémoire, car il put ensuite les écrire, et me disait qu’il butait spécialement aux passages sur lesquels il avait hésité avant d’adopter une version définitive. Au camp de Compiègne, avec quelques confrères, il lança quelques cours de formation religieuse. Le thème retenu fut « le magistère en avance d’un siècle, les cathos en retard d’un siècle. » Je ne sais si ce fut le thème général, ou seulement celui de ses propres interventions, mais c’est tellement dans son style que je ne doute pas qu’il soit pour beaucoup dans ce choix. Il y avait d’autres activités : quelques détenus faisaient de la soupe sous les combles, la faisant chauffer avec des fils électriques dénudés. « Nous croyions naïvement avoir atteint le fond de la misère », commentait-il en se rappelant ce fait. Mais il se rappelait aussi d’avoir été repéré par les communistes.

Arrivé à Dachau, il se déclare comme prêtre lors des formalités d’admission. Un vicaire général lui en fit le reproche, et lui dit qu’ils ont réparé l’erreur dans les papiers : « Heureusement pour vous ! Mais où vous croyez-vous donc ? » Toutefois, sur intervention des communistes il fut envoyé à Dora. Le camp de Dora était certainement l’un des pires, car il était surnommé « Franzosengrube », le tombeau des Français : ceux-ci étaient réputés de constitution trop faible pour y survivre.

Là, nouvel interrogatoire :
- Bonjour ! fait-il.
- Name ? (votre nom ?)
- Bonjour ! reprend-il.
On fait alors appel à l’interprète.
Il décline son identité et toutes sortes de choses qu’on lui demande, parmi lesquelles le nom de sa grand’mère. Il voit que celui qui prend des notes orthographie mal « Altmeyer ».
- Nein, nicht mit A, sondern mit E !
- Aber Sie sprechen deutsch ! Warum haben Sie es nicht gesagt ?
- Sie haben aber es mir nicht gefragt !
(Non, pas avec un A, mais avec un E. – Mais vous parlez allemand ! Pourquoi ne l’avez-vous pas dit ? – Mais vous ne me l’avez pas demandé !)
Cela suffit à calmer le fonctionnaire.
L’entretien se poursuivit donc en allemand. On lui demanda sa profession.
- Vervaltung.
-Welche Vervaltung ?
(Administration – Quelle administration ?)
Là le Père se dit : « Quitte à mourir, autant mourir sous mon drapeau » - et on retrouve là encore un de ses traits de caractère.
- Bischöffliche Verwaltung.
(Administration épiscopale.)
Cela aurait pu le conduire à la mort, mais sans doute avait-il en face de lui des gens pas très motivés par l’idéologie nationale-socialiste, et cela le sauva. On l’affecta non aux travaux manuels, mais comme aide à un ingénieur civil. A ce poste ils étaient deux, et devaient se relayer pour être dans le bureau de jour et de nuit. L’abbé proposa à son compagnon de ne pas changer chaque semaine, afin de prendre un rythme. Le compagnon choisit de travailler de jour et le Père Renard prit l’habitude de travailler la nuit ; encore lorsque je l’ai connu, il me disait que c’était le soir qu’il se sentait en forme pour commencer à travailler.

Il racontait comment les prisonniers russes sabotaient le travail. On fabriquait dans les tunnels de cette ancienne mine les pièces des fusées V1 et V2, qui devaient être assemblées à Peenemünde. Les Russes travaillaient lentement, puis faisaient comprendre que la machine avait besoin d’un sérieux nettoyage. Les Allemands, impressionnés par cette conscience professionnelle, acceptaient. On démontait donc la machine, on la nettoyait, on la remontait en mettant trop d’huile. Il fallait alors la redémonter, la sécher, la remonter et cette fois on veillait à ce qu’il y ait la bonne quantité d’huile. Et enfin la production allait à très grande vitesse, et là encore les Allemands admiraient le zèle des travailleurs. Et puis un beau jour quelqu’un arrivait de Peenemünde, qui disait qu’il fallait cesser la production, car les pièces étaient mal ajustées… au dernier remontage, on avait soigneusement déréglé la machine !
Les conditions de vie étaient cependant extrêmement dures – par exemple on était à deux par paillasse pour dormir. Mais il y avait un paradoxe dans cet enfer : les détenus pouvaient recevoir des colis. Il y avait un paquet de farine dans l’un d’entre eux et son propriétaire en fit don à l’abbé : « Toi, tu sauras en faire bon usage. » Il en confectionna des hosties. Pendant ses veilles de nuit où il était seul dans le bureau, il récupérait de l’eau qui suintait le long des parois du tunnel, faisait de la pâte et l’étalait pour la découper en ronds avec le tuyau d’un stylo. Il les cuisait sur le chauffage de la pièce et les consacrait ensuite. Evidemment après coup on peut se permettre de discuter de la validité de cette consécration, alors qu’en en prononçant les paroles le Père savait pertinemment qu’il n’y aurait pas de consécration du vin. Personnellement je ne peux pas penser que Dieu ne fasse rien en de telles circonstances. Toujours est-il qu’en distribuant ses hosties, il apporta du réconfort à ses compagnons qui le savaient prêtre et venaient se confier à lui. Il avait récupéré une boîte de cirage qu’il avait nettoyée pour s’en servir de ciboire. Il la plaçait dans une poche qu’il avait cousue dans sa veste sous son aisselle, mais contre le bras pour qu’elle ne soit pas décelée à la première fouille. S’il avait été pris, il eût été tué. Pourtant son ministère était connu, car des prêtres belges, internés dans la partie du camp située à l’extérieur de la mine, purent entrer en contact avec lui et lui demander des hosties consacrées : eux-mêmes n’osaient pas en faire.

Le camp fut vidé à l’approche des Russes, les prisonniers épuisés devant marcher… Jusqu’à ce qu’enfin ils soient rejoints par les Soviétiques. L’Abbé Renard disait qu’il avait été libéré deux fois, une fois par les Russes, qui n’avaient pas fait grand-chose pour les détenus, et une deuxième fois par les Américains.
On leur remit des colis de la Croix Rouge. Certains se jetèrent sur les victuailles, ce qui les tua, tant leur organisme était déshabitué d’une nourriture abondante. L’Abbé eut à ce moment encore assez de maîtrise de soi pour ne prendre que de petites doses à chaque fois. Mais dans leurs pérégrinations ils arrivèrent dans un camp abandonné par les SS. Avec quelques camarades, ils allèrent dans la maison du chef de camp, et là, trouvant de la nourriture, ils perdirent le contrôle d’eux-mêmes et se firent un festin. Cela faillit leur être fatal.

C’est donc dans un état lamentable que l’abbé fut rapatrié. Il se souvient d’avoir entendu son père dire à sa mère, croyant qu’il n’entendait pas : « Jean ne nous est revenu que pour mourir. » En lui-même il était peiné d’imposer un travail épuisant à sa mère, qui devait lui faire boire du bouillon toutes les deux heures, de jour comme de nuit.

Ayant repris des forces il fit une tournée de conférences pour témoigner de ce qu’il avait vécu. Il se présentait en douillette, ce manteau ample qui couvre toute la soutane. Et ensuite il retirait la douillette, sous laquelle il était en tenue de bagnard. Un des buts de son témoignage était de contrer la propagande des communistes qui voulaient faire oublier leur collaboration avec les nazis au début de la guerre en affirmant qu’ils étaient « le parti des 70 000 fusillés ». A la fin d’une conférence, quelqu’un proposa de faire une quête pour lui. Flairant un piège – on l’aurait fait passer pour quelqu’un d’intéressé – il refusa en disant : « Je ne vends pas mon sang. »

Quand je fis sa connaissance à Amiens il était en pleine forme. Il était aumônier des malades. Il assurait aussi des permanences de confessions à la cathédrale. Il avait gardé la soutane, ce qui témoigne une fois encore de son courage et de son indépendance d’esprit. Surtout ce qui m’a permis de le connaître fut son engagement auprès des chevaliers de Notre Dame, il était le chapelain du préceptorat d’Amiens. C’est avec les chevaliers qu’il participa à un pèlerinage à Rome pour l’Année Sainte de la Réconciliation (déjà à l’époque on aimait raconter que le chef de nos frères les Anges Séparés était allé voir le Pape pour lui demander si dans le cadre de cette année il ne pourrait pas faire un geste…) Je me souviens que nous avons été reçus par un cardinal. Nous étions debout en cercle tandis que celui-ci parlait, et il était pour nous si impressionnant que nous avions tendance à reculer. Mais plus le cercle s’élargissait, plus l’Abbé Renard se rapprochait du cardinal !

Quand vint pour lui le moment de se retirer, il choisit d’aller à Montireau, à la commanderie des chevaliers de Notre Dame. Il conduisait fort vite, faisant par des petites routes sans gendarmes très rapidement les quarante kilomètres de Montireau à Chartres. Sa voiture étant confortable, on ne souffrait pas des accélérations dans les virages. Au retour d’un chapitre des chevaliers qui avait eu lieu en Allemagne, la voiture où il se trouvait – ce n’était pas lui qui conduisait – eut un accident, il en sortit diminué. Et puis il se reprit. Un jour qu’il s’apitoyait sur son sort, il se dit : « Eh bien non, je ne suis pas fichu ! » Et par un effort de volonté il retrouva entrain et dynamisme. Sa voiture retrouva les moyennes accoutumées, avec toujours la plaque de « grand invalide de guerre ».

Un jour ses anciens compagnons de camp se rendirent compte qu’il n’avait pas reçu de récompense pour ses faits de résistance et sa conduite exemplaire de fraternité pendant son séjour à Dora. Ils firent le nécessaire et le Père Renard fut d’un seul coup promu commandeur de la légion d’honneur.

Je dois dire qu’il m’a beaucoup marqué. Comme séminariste puis jeune prêtre, il fut pour moi un prêtre auquel je souhaitais ressembler.

Abbé Bernard Pellabeuf
images/icones/abbe1.gif  ( 885193 )Merci par Regnum Galliae (2020-01-17 18:49:36) 
[en réponse à 885171]

Merci pour cette belle figure de prêtre que vous nous avez proposée.

Au final, nous ignorons toujours si la consécration du seul pain est valide. Un ancien post parlait des misse nautice, des messes sèches dites sur les bateaux dont le tangage ne permettait pas d'assurer la sécurité du Sang du Christ. La différence est qu'il était au moins possible d'avoir le Saint Sacrément et même de communier, ce qui n'était pas le cas dans un stalag.
images/icones/5b.gif  ( 885194 )[réponse] par Regnum Galliae (2020-01-17 18:50:37) 
[en réponse à 885193]

Saint Sacrement bien sûr. Merci le correcteur automatique du téléphone
images/icones/neutre.gif  ( 907844 )Jean Renard, scout à Strasbourg par Lionel 68610 (2020-12-30 11:22:48) 
[en réponse à 885161]

Bonjour,
Je réalise des recherches sur l'histoire du scoutisme en Alsace. Voici les informations que je possède concernant Jean RENARD :

Jean RENARD (Goupil argenté), fondateur de la 1ère et de la VIIème Strasbourg. Il est le premier Scoutmestre de la 1er Strasbourg. A Pâques 1923, il suit la 1ère formation des Scouts de France à Chamarande. En 1924, membre du Comité directeur des Scouts de France (aussi 1926). En 1926 il est nommé Assistant au Commissaire de Province. Il rentre au Grand séminaire de Nevers en 1929.

Ses frères et soeurs ont également fait du scoutisme à Strasbourg.
Je dois avoir quelques photos.

Cordialement
images/icones/salutscout.gif  ( 907845 )Jean Renard et l'Ordre Scout par Riaumont (2020-12-30 11:51:52) 
[en réponse à 907844]

Il y a un article et son image mortuaire sur cette page de résistants. A noter : il était aussi chapelain de la Militia Sanctae Mariae.

Par ailleurs on trouve dans les archives du procès de béatification du P. Sevin une lettre à un certain "Cher Jean" qui présente son projet d'ordre scout, mais qui n'est pas formellement identifiées (peut-être à Jean Rupp ?). En tout cas les sœurs de la Ste Croix de Jérusalem l'attribue à Jean Renard !
images/icones/neutre.gif  ( 907846 )(suite à propos de cette lettre) par Riaumont (2020-12-30 12:07:59) 
[en réponse à 907845]

Dans les notes du père Sevin concernant l'Ordre Scout il nomme Jean Renard en novembre 1921 comme étant le premier membre. En outre, dans cette lettre, il recommande à Jean les Exercices spirituels avec le père Reinsbach à Strasbourg, ville où Jean Renard est scoutmestre. [C.P. pp. 3483-85].

Cette longue lettre du père Sevin date du 30 septembre 1921 est commence par "Mon Bien cher Jean". Il y explique pour la première fois sa conception de l'Ordre Scout :

- fonder à l'intérieur des Scouts de France une sorte de Tiers Ordre ayant pour but de former des scoutmestres d'élite, la scoutmaîtrise étant œuvre d'apostolat.

- accessible aux hommes mariés, donc deux catégories prévues.

- divers degrés suivant la rigueur des obligations (Promesse ou vœu ) sur quatre vertus : humilité, obéissance, pauvreté, chasteté. - sorte de noviciat ou temps d'essai.

- grande valeur professionnelle dans le scoutisme, vie intérieure profonde, ascétisme chevaleresque.

- pas de nom décidé, mais une certitude sur l'allure et le but : beaucoup de désintéressement, de détachement, de mortification intérieure, pratiques de piété non multipliées, mais sérieuses, de la souplesse dans la rigueur de l'ascétisme, mais de la générosité à plein cœur pour l'amour de Notre-Seigneur, de Notre-Dame et des âmes
d'enfants que nous, chefs, nous devons former...


(J. SEVIN, Lettre à Jean X.., copie des archives de Mgr Jean Rupp).