Le Forum Catholique

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images/icones/vatican.gif  ( 606519 )Mit brennender Sorge précurseur de Dignitatis Humanae ? par Candidus (2011-09-03 12:52:24) 

Je viens de relire l'encyclique Mit brennender Sorge écrite par Pie XI en 1937 afin de condamner le nazisme. Un passage, que je reproduis ci-dessous, a attiré mon attention. Lorsque Pie XI évoque le droit naturel de "l'homme croyant" à la liberté religieuse, envisage-t-il seulement le droit du catholique ou des croyants en général ? L'expression assez étrange et inhabituelle d'"homme croyant" me semble indiquer que ce sont les personnes de toutes confessions qu'il a en vue, et notamment les juifs. De plus, lorsque le pape évoque la foi des parents, il ne dit pas LA foi mais LEUR foi. J'y vois la volonté d'indiquer que la foi des parents peut ne pas être la foi véritable mais qu'elle n'en possède pas moins le droit d'être professée et vécue librement.

Nous savons que chaque mot d'une encyclique est pesé, réfléchi, soumis à l'examen de différents experts. Si le pape n'avait envisagé que les catholiques dans ce passage, il ne se serait jamais exprimé de cette manière. Je serais curieux de savoir comment ce texte a été interprété lors de sa publication. De nombreux protestants allemands en tout cas, en 1937, se sont considérés englobés dans cet "homme croyant"...

(...) l'homme, en tant que personne, possède des droits qu'il tient de Dieu et qui doivent demeurer vis-à-vis de la collectivité hors de toute atteinte qui tendrait à les nier, à les abolir ou à les négliger.

Mépriser cette vérité, c'est oublier que le véritable bien commun est déterminé et reconnu, en dernière analyse, par la nature de l'homme, qui équilibre harmonieusement droits personnels et obligations sociales, et par le but de la société, déterminé aussi par cette même nature humaine. La société est voulue par le Créateur comme le moyen d'amener à leur plein développement les dispositions individuelles et les avantages sociaux que chacun, donnant et recevant tour à tour, doit faire valoir pour son bien et celui des autres. Quant aux valeurs plus générales et plus hautes, que seule la collectivité, et non plus les individus isolés, peut réaliser, elles aussi en définitive sont, par le Créateur, voulues pour l'homme, pour son plein épanouissement naturel et surnaturel et l'achèvement de sa perfection. S'écarter de cet ordre, c'est ébranler les colonnes sur lesquelles repose la société, et donc compromettre la tranquillité, la sécurité et l'existence même de la société.

L’homme croyant a un droit inaliénable à professer sa foi et à la vivre comme elle veut être vécue. Des lois qui étouffent ou rendent difficile la profession et la pratique de cette foi sont en contradiction avec le droit naturel.

Des parents sérieux, conscients de leur devoir d'éducateurs, ont un droit primordial à régler l'éducation des enfants que Dieu leur a donnés, dans l'esprit de leur foi, en accord avec ses principes et ses prescriptions. Des lois ou d'autres mesures qui éliminent dans les questions scolaires cette libre volonté des parents, fondée sur le Droit Naturel ou qui la rendent inefficace par la menace ou la contrainte, sont en contradiction avec le Droit Naturel et sont foncièrement immorales.
images/icones/livre.gif  ( 606524 )Lettre encyclique : " Mit brennender Sorge " du Pape PieXI par Diafoirus (2011-09-03 13:58:12) 
[en réponse à 606519]

à lire sur le site :http://lesbonstextes.ifastnet.com/pximitbrennendersorge.htm
ICI
images/icones/fleche2.gif  ( 606528 )Interprétation déjà réfutée par Mgr de Castro Mayer par Vianney (2011-09-03 15:17:04) 
[en réponse à 606519]

 
La liberté religieuse : une position claire de Mgr de Castro Mayer

L’évêque brésilien démontre qu’aucun des documents cités par Dignitatis Humanæ à l’appui de sa conception de la liberté religieuse ne l’envisage dans le même sens que Vatican II.

À titre d’exemple, DH préconise le droit à la liberté religieuse pour tous les cultes, qu’ils s’adressent à un Dieu unique ou non (et même pour ceux qui sont éloignés de toute conviction religieuse !). Or, Pie XI fait ici explicitement référence à la “société voulue par le Créateur” “pour l’homme, pour son plein épanouissement naturel et surnaturel et l’achèvement de sa perfection”. Il serait contradictoire que Pie XI englobe les fausses religions en général comme un moyen d’atteindre cet “épanouissement surnaturel”, alors qu’il enseigne le contraire dans Mortalium Animos.

Mais la démonstration de Mgr de Castro Mayer est encore plus frappante avec Léon XIII puisque DH interprète un passage de Libertas dans un sens complètement opposé à ce qu’écrit Léon XIII à un autre endroit de la même encyclique !

V.
images/icones/hein.gif  ( 606531 )voulez vous dire que par jejomau (2011-09-03 16:18:38) 
[en réponse à 606528]

le Magistère s'est contredit ?
images/icones/fleche2.gif  ( 606534 )C’était bien la conclusion... par Vianney (2011-09-03 17:37:53) 
[en réponse à 606531]

 
...à laquelle Mgr de Castro Mayer était parvenu dans ce document : 

Au fil des années a pris corps dans mon esprit la conviction que des actes officiels de Votre Sainteté n’avaient pas la consonance, que de toute mon âme je désirais voir, avec les actes des Pontifes qui Vous ont précédé.


Il soulignait qu’il n’avait rédigé cette étude qu’à la demande du Saint-Siège, et il ajoutait :

De façon spéciale je supplie Votre Sainteté de bien vouloir me communiquer :
a) Si Elle trouve des erreurs dans la doctrine exposée dans les trois études annexes.
b) Si Elle voit dans la position prise dans les études mentionnées au sujet des documents du Magistère Suprême quelque chose qui soit en désaccord avec la révérence qui leur est due de la part d’un Evêque.


Or, ce n’est pas l’aspect le moins curieux de cette controverse que de constater :
– que l’évêque brésilien n’a jamais reçu de réponse de Rome – mis à part un simple accusé de réception – à cette double demande pourtant respectueuse ;
– qu’il a été maintenu à la tête du diocèse de Campos, sans être le moins du monde désavoué, jusqu’à l’automne 1981, c’est-à-dire jusqu’à ce qu’il ait atteint la limite d’âge introduite par la nouvelle réglementation de Paul VI.

V.