Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=605519
images/icones/find.gif  ( 605519 )la pensée de Gramsci s'est répandue en Occident par jejomau (2011-08-24 14:37:55) 

Pour Gramsci, le marxisme ne devait pas prendre le pouvoir par la violence, éliminer la propriété privée et gouverner par la terreur, où il finirait par échouer.

C'est en effet de cette manière que "dans la période postérieure à la seconde guerre mondiale, le peuple polonais ratifiera la prédiction de Gramsci. La tyrannie communiste ne fera que renforcer sa dévotion au Christ et à son Eglise. Et ce sera l’Eglise conduite par un pape polonais qui aura finalement raison de ce gouvernement totalitaire."

Gramsci conseille aux marxistes de prendre le pouvoir par les voies démocratiques et d’en user pour détruire l’hégémonie chrétienne. « Le principe de Gramsci est de commencer par influencer la culture, gagner les intellectuels, les enseignants, s’implanter dans la presse, les médias, les maisons d’édition"

Ainsi "Les gauchistes radicaux aux Etats-Unis, en Europe et en Amérique latine, ont adopté les méthodes de Gramsci et se sont consacrés à infiltrer les églises, les universités et les média. Mouvements œcuméniques et Commissions Justice et Paix ont grandi au détriment (parfois) de la doctrine traditionnelle de l’Eglise".

Citons ici Malachi Martin : « La théologie de la libération fut une application parfaitement fidèle des principes de Gramsci… Elle a coupé… tout lien avec la transcendance chrétienne. Elle a enfermé l’individu et sa culture dans la recherche d’un objectif totalement immanent : la lutte des classes en vue de la libération socio-politique. »

Aujourd'hui, Les églises sont vides le dimanche, et le Saint-Père redoute que l’Occident ne plonge dans un nouveau Moyen Age dans lequel l’homme n’existerait que pour l’Etat divinisé et perdrait sa dignité humaine conférée par Dieu.


Pour continuer cet article très interressant de France Catholique, on peut affirmer - bien qu'en l'absence de preuves mais devant la conjonction de facteurs étonnants dans leur coïncidences - que les élites qui nous gouvernent, avec les médias qui leur sont soumis, ont délibérément abandonné leurs peuples. Et ce à partir des années 60. On constate non seulement le désengagement de l'Occident des nombreux territoires où le Christ était annoncé... Mais surtout que celà s'est fait, dans un premier temps au profit de peuples soutenus par l'Internationale Marxiste soviêtique... ET aujourd'hui au profit de l'Islam. Il suffit d'ouvrir les yeux pour constater que dans un premier temps (dans les années 90)on a commencé par donné une vision positive de cette religion sur nos terres chrétiennes . C'est le démarrage de constructions de nombreuses mosquées par exemple. Parallèlement, on a favorisé le renversement du shah d'Iran pour instaurer la première république islamiste. En Europe, on préfèrera démanteler la Serbie chrétienne. Aujourd'hui toutes les soi-disant révolutions arabes sont discrètement menées par des noyaux islamistes, eux-mêmes soutenus par la France ou l'Amérique. La Lybie par exemple, dont la France prétend qu'elle instaurera un Etat laïc démocratique... a inclus dans sa constitution la ... Charia. On voit le marché de dupes !

Cette révolution marxiste "soft" - à la Gramsci - continue donc son oeuvre. D'autant plus facilement que de nombreux médias mentent maintenant sciemment.

Parrallèlement au soutien de cette religion islamique sur un plan mondial, de nombreuses instances - et ce au pus haut sommet avec l'ONU pour commencer - soutiennent la perversion des moeurs : obligation pour les Etats de favoriser le "genre", lancement de Gay-Pride, etc...

On a une tenaille qui cherche à se refermer sur les catholiques et sa religion par les temps qui courent.

images/icones/neutre.gif  ( 605540 )Oui, mais pourquoi ? par le torrentiel (2011-08-24 19:03:57) 
[en réponse à 605519]

Cher Jejomau,

Votre analyse est convaincante, et presque irréfutable à ce qu'il me semble, dans sa partie géopolitique. N'importe que je sois plus réservé sur le constat moral, ce que vous dites se tient aussi, et je l'ai rarement vu aussi clairement exprimé, et avec une concision qui ne gâche rien, même pour le torrentiel.


La question que ce type d'analyses auquel je ne suis pas loin de souscrire, les résultats parlant, m'a toujours posé est la suivante :

Quel intérêt ont les élites à détruire leurs peuples ?


Celui de gouverner tranquilles ?


Mais d'abord, cette tranquillité ne saurait demeurer "une paix perpétuelle" : les peuples se soulèvent, et les révolutions ne peuvent pas toujours être organisées. Elles sont souvent le fruit de la goutte d'eau qui a fait déborder le vase d'exaspération, on n'en est pas loin.


Mais de plus, cette tranquillité hypnotisée des peuples joue contre l'excitation du pouvoir, qui n'est nerveuse que s'il y a contrepouvoir.


Alors, je le répète, pourquoi ? Pour garder l'argent ? Mais l'argent n'a plus une once de réalité et peut n'importe quand faire courir les financiers à leur ruine. Ils le savent tellement bien qu'ils jouent la production et la dette du monde à la roulette de leurs sensations qu'ils appellent leurs actions.


Pourquoi ? Nos élites voudraient-elles s'autodétruire avec les peuples dans une civilisation devenue suicidaire ? Suicidaire, mais consciente ou inconsciente de l'être ? Antiréactionnaire, mais rétrograde dans le progrès technique et incrédule dans les possibilités du génie humain ?


Pourquoi ? Auriez-vous les uns et les autres des réponses à ces questions ?
images/icones/neutre.gif  ( 605542 )L'Education : tout est là par Aigle (2011-08-24 19:34:03) 
[en réponse à 605540]

Je vous remercie de citer Gramsci car je crois que plus que Lénine, Marx ou Freud, il est notre adversaire n°1.

Et d'abord sur le plan de l'Education : en faisant des étudiants les adversaires déclarés de leur propre parent, en refusant de transmettre les traditions (religiuses, patriotiques, culturelles), ils préparent un monde qui a perdu tout sens des valeurs et est prêt à succomber à l'Ennemi.

Dès les années 20, il préparait les années 60 ...

Pourquoi ? parce qu'il fut déçu de voir que les calsses populaires même en France ou en Angleterre n'aspiraient pas à la Révolution et restaient fidèles à la Patrie, à la Foi (voire à la monarchie pour l'Angleterre). Ces classes ayant déçu les intellectuels promoteurs de la révolution, il fallait imaginer une autre méthode - pour détruire la société traditionnelle (même modernisée ou embourgeoisée) imposer de nouveaux dirigeants (ceux de canal plus pour simplifier)...

Soyons conscient du combat qui se livre sur le plan culturel et éducatif...Sarkozy en a parlé en 2007 : attendons ses actes !
images/icones/bravo.gif  ( 605544 )le Torrentiel votre remarque par blamont (2011-08-24 19:58:03) 
[en réponse à 605540]

exprime la problématique (comme on dit chez les savants).
Sauf qu'un terme apparait inadéquat, celui d'élite.

Oligarchie serait meilleur.

On n'a jamais vu des "Importants" aussi nuls, suicidaires, hors de toute moralité et transcendance.

Cette oligarchie au pied d'argile n'est qu'un fétu de paille même pas bonne pour la toiture de Nif-Nif.

Sa seule force est de faire croire qu'elle est une élite, par sa fatuité exposée à ceux dont elle a émasculé la pensée, la volonté, la responsabilité, la propriété, la mémoire.
Qui eût pensé voir l'URSS s'écrouler?
images/icones/1a.gif  ( 605547 )Pour comprendre.. par Caius (2011-08-24 20:45:27) 
[en réponse à 605540]

Les arrière-plans de la destruction telle que programmée et théorisée par Gramsci, il faut lire Joseph de Maistre, il y a un arrière-plan métaphysique à tout cela, l'oeuvre de destruction est ménée de fait par le grand destructeur et tous ces oligarques comme disait de Maistre ne sont que des instruments, nous dirions des pantins!
images/icones/fleche3.gif  ( 605559 )quelques élèments de réflexion concernant la lutte engagée contre l'Eglise par jejomau (2011-08-24 21:53:55) 
[en réponse à 605547]

Voilà quelques exemples concernant l'ONU

l'Onu se félicite du chaos règant dans le monde

Mgr Aguer accuse l'Onu

le type de relation qui lie l'Onu aux Etats


Concernant "celui" qui est derrière tout celà (avec Joseph de Maistre):

Sur un plan anecdotique : où l'on remarque que les "puissants" se connaissent et se rencontrent


Concernant la réalité de la lutte engagé pour détruire l'Eglise :

un prêtre spécialiste de l'ONU décortiquant l'importance du lobby gay pour abattre l'Eglise

Je vous donne ces élèments un peu en vrac.. étant pris par ailleurs dans l'instant présent pour autre chose !!
images/icones/fleche2.gif  ( 605564 )Néo-libéraux et libertaires détestent la Vérité qui libère. par Scrutator Sapientiæ (2011-08-24 22:49:27) 
[en réponse à 605519]

Bonsoir jejomau,

I. Le combat est mené, par des néo-libéraux et par des libertaires, contre la Vérité qui libère, donc contre l'authentique vérité et contre la véritable liberté.

Leur coup de génie est effectivement d'inspiration gramscienne : il s'est agi pour eux de s'emparer du pouvoir, puis de conserver le pouvoir, et de s'enrichir au pouvoir, non au moyen d'une dictature juridico-politique, mais au moyen d'une hégémonie médiatico-symbolique.

Faire ou laisser prospérer

- ce qui diffère de l'authentique vérité, en matière religieuse, comme l'islam-isme,

- ce qui diffère de l'authentique liberté, en matière morale, comme l'hédonisme,

permet en effet de prendre en tenaille les plus élémentaires exigences de disponibilité ET de responsabilité individuelles en matière de foi et de moeurs.

II. Ce qui est clairement menacé, c'est l'articulation verticale entre la vérité objective et la liberté subjective, ou, si l'on préfère, la subordination non asservissante, mais libératrice, de la liberté subjective à la vérité objective, non seulement dans le domaine de la morale, ce qu'avait fort bien vu le Jean-Paul II de Veritatis Splendor, mais aussi en matière de religion, ce qui a été moins bien vu, à mon sens, par le même Souverain pontife.

III. Par ailleurs, il faut bien voir que la construction de l'Union européenne, surtout à partir du début des années 1980, a été impulsée, non par des démocrates, mais par des oligarques, qui refusent obstinément de considérer cette construction en mettant en forme des analyses et en mettant en oeuvre un pilotage d'inspiration "anthropologico-civilisationnelle".

IV. Plus il y aura d'endettement et de licenciements, de problèmes d'immigration et d'intégration, d'insécurité économique, intellectuelle, axiologique, psychologique, décisionnelle, relationnelle, sentimentale, dans les familles, dans les nations, dans l'entreprise, dans l'éducation, et plus ceux qui dirigent ceux qui nous gouvernent continueront à nous empêcher de prendre conscience d'une grande partie de ce qui est déjà à l'oeuvre, là aussi, surtout à partir du début des années 1980.

V. Comprenez bien ceci : au très grand maximum, quelques centaines d'industriels, dans l'armement et dans le pétrole, et surtout de banquiers spécialisés dans la haute finance mondiale, se sont retrouvés, presque du jour au lendemain, au début de la première guerre mondiale, plus puissants que le chef d'Etat le plus puissant, parce que, presque d'un seul coup, Londres, Paris, puis Washington, ont eu un grand besoin d'eux ; plus puissants, donc, et surtout imbattables aux élections, puisqu'ils n'ont pas besoin ni envie de s'y présenter, ayant d'autant plus de pouvoir effectif qu'ils n'ont pas le pouvoir officiel.

VI. Ces personnes et leurs descendants, toujours présentes dans ces secteurs, mais très présentes, également, dans l'industrie alimentaire, dans l'industrie audio-visuelle, dans l'industrie pharmaceutique, savent bien qu'elles ont tout intérêt à ce que le désordre précède et suscite une demande d'ordre, un ordre qui sera conforme à leurs intérêts, mais pas aux miens ni aux vôtres, et qui sera maquillé, présenté, d'une manière telle que les peuples auront vocation à accepter le NOM, à accepter le Nouvel Ordre Mondial, comme ils ont eu vocation à accepter des slogans aussi trompeurs que : "Acceptez le traité de Maastricht et nous ferons l'Europe sociale tout de suite après" (Jacques DELORS...)

VII. Souvenez-vous de ce que l'on nous a promis en 2007 et surtout en 2008 : "Vous allez voir ce que vous allez voir ! Nous nous engageons à réguler la finance mondiale !" et constatez par vous-même le degré de concrétisation de ce que l'on nous a promis...

VIII. Comme je l'ai déjà écrit ici même, ma conviction est que ces gens là (je pense ici à quelqu'un comme David ROCKEFELLER) avaient tout prévu, je dis bien tout prévu (les bulles financières des années 1980 et 1990, la chute de l'URSS, le 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan et en Irak, la crise financière actuelle, etc.), ce qui ne veut pas dire qu'ils ont tout voulu, décidé, planifié, provoqué, au sens plein de ces termes, mais ce qui veut dire qu'ils avaient intellectuellement tout éventualisé, et ont donc fait faire ou laissé faire le pire, par cynisme autant que par intérêt.

IX. Ils avaient tout prévu, sauf l'absolument imprévisible, aux conséquences planétaires destructrices et douloureuses incalculables, conséquences dont on nous parle, dans les médias, le moins possible...

(Je fais ici allusion à la catastrophe nucléaire du 11 mars 2011)

X. Faute de temps, je n'en dis pas plus, mais j'ai essayé d'insérer la stratégie gramscienne à l'intérieur d'une problématique beaucoup plus vaste, celle de la dissimulation (des acteurs, des actions, des motifs et des ressorts caractéristiques d'une mondialisation néo-libérale quasiment dictatoriale), par la manifestation du divertissement libertaire hégémonique qui tient lieu de culture et de morale à la majorité souhaitée ou supposée de nos contemporains.

Je vous souhaite une bonne fin de soirée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 605574 )pas si sûr par Aigle (2011-08-25 08:38:07) 
[en réponse à 605564]

Merci Scrutator d'élargir le débat. Je ne suis pas certain qu'on puisse mélanger "gramscien " et ce que vous appelez néo-libéraux (qui sont ils ?).

Pour ma part, je crois que la distinction tant en politique qu'en religion entre "traditionalistes" (type Louis Veuillot) et "libéraux" du XIXè siècle (en religion comme en politique : Mgr Duplanloup ou Tocqueville par exemple) ou du XXè (Raymond Aron ou J-F Revel par exemple) recoupe la distinction entre "idéalisme" et "réalisme".

Exemple typique : le drapeau blanc. Les orléanistes ne sont pas nécessairement convaincus de la supériorité ethique du drapeau de Robespierre - mais constatent simplement qu'avec le drapeau blanc la restauration est impossible. C'est la un fait indubitable d'ailleurs ...par idéalisme Chambord renonce au pouvoir, ouvre la voie à la République anticléricale et meurt dans son lit en exil.

Pour pousser plus largement, les libéraux s'inclinent aisément devant la vérité démontrable mais promeuvent la tolérance en ce qui concerne l'indémontrable.

Du côté de Marx ou de Gramsci - malgré un discours qui se prétend scientifique - on en de facto en plein idéalisme puisqu'il est absolument impossible de démontrer aucune thèse. D'ailleurs l'abolition de la propriété privée en URSS (par exemple) ne se traduira aucunement par l'amélioration des conditions de vie des ouvriers (or la nocivité de la propriété privée est au centre l'économie marxienne) ...

Ce discours pose comme un bien en soi la destruction de la société ancienne fondée sur la propriété privée, l'héritage, le patriotisme, la religion, les traditions ...Marx pense que cette destruction résultera de la révolution (et encore elle ne détruira pas la musique classique). Gramsci a compris que la révolution est impossible car le peuple est trop attaché aux valeurs anciennes (comme la Foi) ainsi qu'à la démocratie moderne (le paysan préfère être citoyen plutot que serf). Il propose donc de détruire d'abord la culture : privée de toute colonne vertébrale intime la classe dirigeante s'effondrera, entrainant dan ssa chute les classes dirigées et donnant le pouvoir aux intellectuels de gauche qui l'attendent depuis 1793 ...

L'immigration/islamisation trouve parfaitement sa place dans ce programme de destruction des traditions occidentales (même si Gramsci ne l'avait pas prévu en 1920).De même que la pornographie, la drogue, et autres plaisirs vénéneux - et évidemment toutes les réformes opérées dan sl'éducation nationale depuis 1968 (et même 1945).

Les libéraux - plus encore que les tradis - sont donc les ennemis de ce programme gramsciens car en bons réalistes ils en mesurent mieux la nocivité et le but final...

Il y a donc convergence de fait entre tarditionnalistes (qui sont des conseravteurs idéalistes) et libéraux (qui sont des conservateurs réalistes) sur ces thèmes. Et opposition entre libéraux et libertaires (qui sont des révolutionnaires idéalistes).

Quant aux entreprises elles gagnent de l'argent comme elles peuvent dans le cadre des lois en viguur - et sans vraiment d'éthique ni d'idéologie ...Hollywood fait du cinéma patriotique non parce qu'il combat Gramsci mais parce qu'il écoute le peuple américain (son client).


images/icones/fleche2.gif  ( 605579 )Je distingue entre théorie de Gramsci et stratégie "gramscienne". par Scrutator Sapientiæ (2011-08-25 10:21:17) 
[en réponse à 605574]

Bonjour et merci à Aigle,

1. Il y a le contenu de la théorie de Gramsci, le marxisme spécifique à Gramsci, le marxisme étant quelque peu singulier, chez Gramsci.

2. Et il y a la conception puis le déploiement d'une stratégie "gramscienne",

- non communiste, ni socialiste,

- ni même humaniste libérale (à la fois conservatrice et réformatrice)

- mais à la fois hédoniste libertaire ET néolibérale ou plutôt ultralibérale, non pas libératrice de la culture populaire, mais dominatrice, par la culture des élites, et à la fois conquérante et subversive, dans le domaine de la culture, au sens large.

3. Il n'est pas dans mon intention de faire parler les morts, comme Raymond ARON et Jean-François REVEL ; pour autant, ayant lu quasiment tous les livres de Raymond ARON et quelques livres de Jean-François REVEL, si je ne sais évidemment pas ce qu'ils diraient aujourd'hui, je sais ce qu'ils ne diraient certainement pas aujourd'hui, au contact de la crise (re)commencée en 2007.

4. Mais il est dans mon intention de laisser parler les vivants, et ils sont innombrables, les chroniqueurs, les ministres, les professeurs : écoutons-les, ceux qui nous disent que c'est du courage, et non de la lâcheté, de combiner en permanence privatisation des gains, au bénéfice du plus petit nombre possible, et socialisation des pertes, au préjudice du plus grand nombre possible ; ils ne nous le disent évidemment pas comme cela, mais ce qu'ils préconisent ou réalisent revient exactement à cela.

5. Donc, à mes yeux, de même qu'il y a une différence entre la théorie de Gramsci, et une stratégie "gramscienne" (une stratégie propice à une emprise culturelle), il y a une différence entre libéralisme et ultra-libéralisme.

6. Voici donc la tentative de formulation de cette deuxième distinction à laquelle je pense.

- Le libéral entend oeuvrer en faveur de tout ce qu'il est raisonnable et responsable (car humainement possible) de libéraliser, mais entend aussi en afficher le principe, et en assumer les conséquences.

- L'ultra-libéral entend oeuvrer, en apparence, dans la même direction, en réalité, également en faveur de tout ce qu'il est déraisonnable et irresponsable (mais techniquement possible) de libéraliser, de marchandiser, de privatiser, et entend peut-être bien en afficher le principe (d'une manière quelque peu fallacieuse ou mensongère), mais n'entend sûrement pas en assumer les conséquences.

7. On peut être libéral, l'afficher et l'assumer, et dire, comme Jacques MARSEILLE, peu de temps avant sa mort, que les Etats n'ont pas à voler au secours de banques privées menacées par la faillite, du fait d'errements et de manquements privés, par ce qu'il n'est absolument responsabilisant, pour des acteurs économiques, que l'Etat assume à leur place les conséquences de leur défaut d'intégrité.

8. Et on peut être ultra-libéral, ne pas l'afficher et ne pas l'assumer, mais dire ce que les uns et les autres ont osé dire, jusqu'en 2007 et en 2008, voire après, pour certains d'entre eux.

Le bêtiser de la crise.

9. En définitive, voici le slogan qui est commun aux néolibéraux, ou plutôt aux ultralibéraux, et aux hédonistes libertaires :

NO LIMIT !

Sauf pour les autres, bien sûr, c'est-à-dire pour tous ceux qui n'ont pas leurs moyens matériels, ou qui n'ont pas leurs motifs "culturels".

Je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de préciser mon propos, et je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 605598 )Economie et culture par Aigle (2011-08-25 13:29:55) 
[en réponse à 605579]

Pardonnez moi Scrutator mais je vous avais mal compris et m'étais placé exclusivement sur le plan culturel - d'où ma référence aux ennemis de l'esprit 68 qu'étaient indiscutablement ARON et REVEL (tout en étant des libéraux au sens classique du terme).

Je trouve intéressante votre idée de transposer la subversion gramscienne au monde économique - elle peut expliquer le parcours de certains gauchistes des barricades de 68 vers les salles des conseils d'administration. le parcours de CONBENDIT s'en approche aussi.

Cela dit le vocabulaire est oeut-être mal choisi et "ultra-libéral" n'est peut-être pas adapté pour définir les défenseurs de la privatisation des gains et de la socialisation des pertes (qui est la négation de la responsabilité impliquée par le libéralisme). Peut-être "opportuniste" serait il mieux choisi ?Merci en tout cas de votre précision intellectuelle sur le fond et votre clarté sur la forme.

Bonne journée.
images/icones/neutre.gif  ( 605674 )Les libéraux ne sont pas généreux par le torrentiel (2011-08-25 23:14:49) 
[en réponse à 605598]

(je parle, cela va sans dire, des libéraux économiques).


Mais maintenant qu'on a trouvé des riches qui aiment les contributions...


Enfin, à de multiples conditions...
images/icones/neutre.gif  ( 605670 )En partie HS : la subversion et la diversité culturelles par le torrentiel (2011-08-25 22:41:07) 
[en réponse à 605579]

autrement dit la révolution culturelle, ont abouti, en proportion inverse des champs d'application de la culture, de la diversification des disciplines culturelles appelée interdisciplinarité, triste dérive pour désigner l'antique érudition polymorphe de "l'honnête homme", à l'uniformité et à l'univocité culturelle, physiquement résumée par la compression des objets et administrativement, burreaucratiquement et symboliquement confiée au milieu du "spectacle", lequel se plaint d'être rongé par l'intermittence, non pas "les intermittences du coeur", mais les intermittences du cerveau.
images/icones/neutre.gif  ( 605588 )Le Protocole Sigma par Meneau (2011-08-25 12:05:15) 
[en réponse à 605564]

Ce que vous décrivez là me rappelle un roman que j'ai lu il n'y a pas longtemps. Voir titre du post. R.Ludlum y décrit une sorte de société secrète composée au lendemain de la guerre par de riches industriels et autres hommes influents, et qui continue à subsister au travers de ses descendants de nos jours, calculant et organisant à peu près tout ce qui se passe dans le monde, du Plan Marshall à la guerre en Irak.

Amusant.
Cordialement
Meneau
images/icones/info2.gif  ( 605591 )Votre description ressemble à celle d’un historien par Vianney (2011-08-25 12:29:19) 
[en réponse à 605564]


Comme je l'ai déjà écrit ici même, ma conviction est que ces gens là (je pense ici à quelqu'un comme David ROCKEFELLER) avaient tout prévu, je dis bien tout prévu (les bulles financières des années 1980 et 1990, la chute de l'URSS, le 11 septembre 2001, les guerres en Afghanistan et en Irak, la crise financière actuelle, etc.), ce qui ne veut pas dire qu'ils ont tout voulu, décidé, planifié, provoqué, au sens plein de ces termes, mais ce qui veut dire qu'ils avaient intellectuellement tout éventualisé, et ont donc fait faire ou laissé faire le pire, par cynisme autant que par intérêt.


Un historien américain que j’ai déjà cité, Caroll Quigley, aboutissait dès les années 70 à peu près à la même analyse que vous. Mais il faisait remonter l’origine de ce projet beaucoup plus loin dans le temps, au moins à l’époque de la fondation de la Banque d’Angleterre (1694). Derrière le paravent des “droits de l’homme”, nous serions en fait gouvernés par un groupe de grands féodaux de la haute finance. Quigley – qui, détail amusant, fut le professeur d’un certain Bill Clinton – paraissait s’en féliciter, ne comprenant pas pourquoi ces adorateurs de Mammon, qu’il appréciait, s’obstinaient à concocter leurs plans à l’abri des regards indiscrets.

V.
images/icones/fleche2.gif  ( 605603 )Pour Meneau et Vianney : très rapidement, une précision. par Scrutator Sapientiæ (2011-08-25 13:57:02) 
[en réponse à 605591]

Bonjour ou rebonjour à tous les deux.

1. Ni scepticisme, ni soupçonnite, ou, si vous préférez, ni attentisme dans l'ignorance, ni complotisme chercheur de conspirations : telle est, d'une manière modeste et prudente, ma position de principe sur cette question.

2. Parmi d'autres ouvrages, en voici quelques-uns, qui ne sont pas amusants, car ce ne sont pas des romans, et dont j'ai déjà lu de longs extraits :

- Les secrets de la Réserve Fédérale, Eustace Mullins, Editeur : Le retour aux sources

- Pétrole, une guerre d'un siècle : L'ordre mondial anglo-américain, William Engdahl, Editeur : Jean-Cyrille Godefroy

3. Je vous suggère de vous intéresser au CFR, au Groupe Bilderberg, à la Commission Trilatérale, non en allant sur des blogs plus ou moins farfelus (le meilleur, un peu, y côtoie le pire, beaucoup), mais en commençant par lire les notices consacrées à ces trois organismes, sur Wikipédia.

4. A partir de là, se posent deux questions : face à cela, d'une part, que peut-on faire ? ; d'autre part, quel regard chrétien peut-on avoir ?

- Ce que l'on peut faire : presque rien ! Il ne nous reste presque plus qu'à prier, pour que tout cela finisse par se fracasser, au contact du réel, sans qu'il y ait trop de dégâts collatéraux ; et le processus qui doit pouvoir aboutir à ce collapsus est probablement en cours...

- Ce que l'on peut en penser : presque tout !

- D'une part, cela laisse songeur sur la cohérence ou la sincérité des élites qui ont promu les idéaux démocratiques, les valeurs républicaines, les droits de l'homme, etc.

- D'autre part, cela laisse tout aussi songeur sur ceux qui écrivent sur l'histoire contemporaine, voire sur la théologie de l'histoire, et qui font l'impasse sur la conduite et sur les dirigeants des "structures de péché" qui ont piloté l'ensemble du XX° siècle, alors que ces dirigeants ne tiennent pas particulièrement à laisser leurs places à d'autres acteurs, non plus américains, ni européens, mais, par exemple, et pourquoi pas, chinois.

Or, que valent une narration de l'histoire contemporaine, une théologie chrétienne de l'histoire, si elles ne s'intéressent pas un tant soit peu à cet aspect là, peu connu, parce que peu montré, de "l'agir concret des êtres concrets" ?

Bon après-midi.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 605678 )Les révolutions produisent toujours des aristocraties par le torrentiel (2011-08-25 23:49:23) 
[en réponse à 605603]

et les révolutions mondiales produisent des oligarchies, en vertu de la force d'inertie qui suit le soulèvement des masses.


Que ces oligarchies veuillent organiser de nouvelles révolutions pour prendre le contrôle de l'élan épars des peuples dispersés du monde, il est fatal qu'elles y échoueront.


S'il n'y a pas de sens de l'histoire, il y a un mouvement de l'histoire, qui me semble être toujours le même.


Ma conviction est que, plus les hommes sont en mesure de communiquer entre eux et de se véhiculer les uns vers les autres, plus les révolutions se massifient et se mondialisent ; mais paradoxalement, plus l'histoire s'accélère, drainant avec son accélération celle de la révolution des transports, plus la massification des révolutions devient complexe et plus elle ralentit.


Si j'inscris cette description dans ma question du "pourquoi", à laquelle j'ai bien entendu qu'on me répondait par des raisons métaphysiques (mais il faut des oligarques pour incarner cette métaphysique), j'aurai envie d'ajouter deux "pourquoi" aux précédents:


pourquoi la répétitivité de ce cycle historique entre stabilité et révolutions ?


Et pourquoi ceux qui gouvernent les peuples sont-ils incapables de lui faire aimer la stabilité, à moins que ce ne soit dans sa nature de ne pas l'aimer ?


Le problème de la décérébration oligarchique, qui est plus indifférente qu'une destruction programmée des peuples, est qu'elle accouche déjà sous nos yeux d'un pouvoir indifférent.


Or, tant que le corps social (même si c'est un corps social mondial) aura des nerfs, il résistera dans un dernier sursaut.


Le fait estque la nature est inouïe d'une telle révolution par ultime sursaut d'un corps qui devra, dans un même mouvement, se ressaisir et se rassembler, se désatomiser à l'occasion de cette révolution restauratrice,où nous devons chercher qui sont nos alliés.


Et nos alliés ne sont probablement pas ceux que nous avons pris pour habitude de vilipender.
images/icones/neutre.gif  ( 605576 )Lénine avant Gramsci et la maçonnerie avant Lénine par Theonas (2011-08-25 08:40:59) 
[en réponse à 605519]

Lénine avant Gramsci avait conçu une stratégie de révolution culturelle « elle fut peut-être plus nocive à la civilisation occidentale que la révolution bolchévique elle-même. » écrit à son sujet Ralph de Tolenado(L’école de Frankfurt, de Ralph de Toledano.) Pour en définir le concept, il convoqua une réunion à Moscou à l’institut Marx-Engels fin 1922. Etait notamment présent Georg Lukacs, le père de l’Ecole de Francfort qui popularisera le thème de la révolution sexuelle dans tout l’occident.

Lénine selon Toledano avait déjà expérimenté que le renversement du tsarisme ne s’était pas produit à la suite d’un mouvement de masse, mais d’une désintégration de la classe dirigeante qui avait perdu le sens de sa vocation dirigeante. L’idée était de transposer cela aux élites bourgeoises d’occident. "une stratégie qui pourrait entrainer une telle désintégration, une telle corruption, une telle érosion à l’ouest, autrement dit la révolution culturelle, pourrait seule créer les conditions préalables de la révolution communiste.
L’obstacle, c’est la civilisation occidentale elle-même et la culture qu’elle engendre(…). La civilisation occidentale a beaucoup de places fortes qui constituent autant d’obstacles: la morale qui découle de la religion, la famille, l’attention au passé comme guide pour l’avenir, la maîtrise des instincts primaires de l’homme, et une organisation sociale et politique qui garantisse la liberté sans inviter à la licence. De tous ces obstacles, les deux plus grands sont Dieu immanent ( toujours présent) et la famille. C’était le message de Marx en 1843, avant qu’il ne se lance dans une histoire économique pseudo-scientifique. Il invitait alors à une critique impitoyable de tout ce qui existe, mais plus spécialement de la religion, de la science et de la famille (…) quand l’homme occidental serait libéré de son humanité, et plongerait ses racines dans la boue, la nouvelle société politique correcte pourrait s’élever.
» (Ralph de Toldedano)

On retrouve donc ici, point par point, le programme maçonnique tel qu’il est exprimé par les textes de membres de la Haute Vente italienne. Dans les courriers saisis déjà évoqués, on pouvait notamment lire : "pour propager la lumière, il a été jugé bon et utile de donner le branle à tout ce qui aspire à remuer. L’essentiel est d’isoler l’homme de sa famille, de lui en faire perdre les mœurs ".

ici l'intégralité de l'article dont est extrait ce passage. Un autre article ici qui en fait état

ESCHATON