Le Forum Catholique

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images/icones/carnet.gif  ( 605515 )Bilan des JMJ par S.Magister par Jean Kinzler (2011-08-24 13:52:33) 

Après chacun de ses voyages hors d'Italie, Benoît XVI aime à en présenter un bilan à l’occasion de l’audience générale du mercredi qui suit.

C’est ce qu’il avait fait après les Journées Mondiales de la Jeunesse de Cologne, en août 2005 :

> Le message d'espérance des jeunes

En revanche il ne l’avait pas fait trois ans plus tard, à son retour de Sydney, parce que l’on était en juillet, mois pendant lequel les audiences générales sont suspendues. Mais le pape avait commenté ultérieurement son voyage en Australie, lors du discours dans lequel il avait adressé à la curie romaine ses vœux pour Noël 2008, discours reproduit dans ce récent article de www.chiesa :

> Une étoile brille à Madrid

Voici la réflexion que Benoît XVI, de retour de Madrid, a consacrée cette fois-ci, le mercredi 24 août, à ses troisièmes Journées Mondiales de la Jeunesse :

> "Oggi vorrei riandare brevemente con il pensiero..."

Cette réflexion et les précédentes montrent que Benoît XVI considère les Journées Mondiales de la Jeunesse comme un moment important de sa mission de successeur de Pierre.

Un simple examen extérieur de ces rassemblements mondiaux met également en évidence des caractéristiques qui se sont manifestées de manière particulièrement visible à Madrid.


*

La première est le silence.
Un silence prolongé, très intense, qui saisit, aux moments-clés, la marée de jeunes gens qui, un instant plus tôt, explosait de joie dans une atmosphère de fête.

Le chemin de croix est l’un de ces moments-clés. Un autre, encore plus impressionnant, est celui de l’adoration de la sainte hostie, au cours de la veillée nocturne. Un troisième est celui de la communion pendant la messe de clôture.

L'adoration silencieuse de la sainte hostie est une innovation introduite par Benoît XVI aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Le pape s’agenouille et, en même temps que lui, des centaines de milliers de jeunes gens s’agenouillent sur la terre nue. Tous ces jeunes sont tournés non pas vers le pape mais vers "notre pain quotidien" : Jésus.

À Madrid, le violent tonnerre de l’orage qui a précédé l'adoration eucharistique a rendu ce silence encore plus impressionnant. Et il en a été de même le lendemain matin, pendant la messe. L'annulation inattendue de la distribution de la communion – pour des raisons de sécurité qui n’ont pas été précisées – n’a provoqué ni désordre ni distraction dans l’immense foule de jeunes gens mais, au contraire, un silence d’une tenue et d’une intensité surprenantes, une "communion spirituelle" de masse dont il n’y a pas de précédents connus.

*

Une deuxième caractéristique de ces dernières Journées Mondiales de la Jeunesse est l’âge moyen, très bas, des jeunes qui étaient présents : 22 ans.


Cela veut dire que beaucoup d’entre eux y participaient pour la première fois. Leur pape, c’est Benoît XVI, pas Jean-Paul II, qu’il n’ont connu que dans leur enfance. Ils appartiennent à une génération de jeunes et de très jeunes gens qui est très exposée à une culture sécularisée. Mais, en même temps, ils sont le signe que les questions à propos de Dieu et des fins dernières sont vivantes et présentes dans cette génération aussi. Et ce qui fait agir ces jeunes, c’est précisément ces questions, auxquelles un pape comme Benoît XVI apporte des réponses simples tout en étant puissamment exigeantes et attirantes.

Les vétérans des Journées Mondiales de la Jeunesse étaient présents à Madrid. Mais on les trouvait surtout parmi les dizaines de milliers de volontaires qui se sont proposés pour l'organisation. Ou parmi les nombreux prêtres et religieux qui ont accompagné les jeunes et dont les vocations sont nées justement au cours de précédentes Journées Mondiales de la Jeunesse. Il est désormais bien établi que ces rassemblements sont un vivier de futurs leaders des communautés catholiques dans le monde.

*

Une troisième caractéristique est que ces jeunes sont tournés "ad extra". Ils ne sont pas du tout intéressés par les batailles internes à l’Église pour une modernisation qui la mettrait au goût du jour. Ils sont à des années-lumière du "cahier de doléances" de certains de leurs aînés qui demandent le mariage des prêtres, l’ordination des femmes, la communion pour les divorcés remariés, l’élection populaire des évêques, la démocratie dans l’Église, etc.


Pour eux, tout cela est insignifiant. Il leur suffit d’être catholiques comme le pape Benoît le montre et l’explique. Sans détours, sans rabais. Si le prix auquel nous avons été sauvés, le sang du Christ, est élevé, l'offre de vie des vrais chrétiens doit également être élevée.

Ce n’est pas la réorganisation interne de l’Église mais la passion pour l'évangélisation du monde qui fait agir ces jeunes. Le pape allait le leur dire en ces termes, dans son discours qui a été interrompu par l’orage :

"Chers amis, qu’aucune adversité ne vous paralyse. N’ayez pas peur du monde, ni de l’avenir, ni de votre faiblesse. Le Seigneur vous a donné de vivre en ce moment de l’histoire, pour que, grâce à votre foi, son Nom retentisse sur toute la terre".

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Un nouveau docteur de l'Église. Et dix-sept autres en attente


VATICAN, le 21 août 2011 – Saint Jean d'Avila (1499-1569) sera le 34e docteur à être proclamé par l'Église catholique, le premier du pontificat de Benoît XVI.

Le pape l'a annoncé à la fin de la messe célébrée le matin du samedi 20 août à la cathédrale de Madrid, devant les séminaristes qui y étaient rassemblés pour les Journées Mondiales de la Jeunesse.

Le titre de docteur de l'Église est ainsi donné de nouveau à un homme, après l'avoir été, trois fois de suite, à des femmes, les premières dans l'Histoire : Paul VI l'avait attribué à sainte Thérèse d'Avila et à sainte Catherine de Sienne en 1970, Jean-Paul II à sainte Thérèse de Lisieux en 1997.

Actuellement les dossiers concernant les nouveaux docteurs de l'Église sont examinés conjointement par la congrégation pour la cause des saints et par celle pour la doctrine de la foi.

Il n'y a, à ce sujet, pas beaucoup d'informations officielles. Certaines ont été fournies par le jésuite Giandomenico Mucci dans l'article "Le titre de docteur de l'Église" qui a été publié dans le dernier numéro de 1997 de la revue "La Civiltà Cattolica".

Dans cet article, Mucci, reprenant des thèses formulées par le franciscain Umberto Betti (créé cardinal par Benoît XVI en 2007 et mort deux ans plus tard), se déclarait en faveur de l'attribution du titre de docteur aux martyrs mais pas aux papes.

"Le titre de docteur de l'Église – écrivait-il – étant fondé spécifiquement sur la 'eminens doctrina', il ne peut être caché sous aucun autre don de sainteté possédé par le candidat au titre de docteur. Par conséquent un martyr, en qui l'Église reconnaît la 'eminens doctrina' (Ignace, Irénée, Cyprien) peut aussi être élevé au rang de docteur, bien qu'historiquement il n'en ait pas été ainsi".

En revanche, "il paraît problématique – ajoutait Mucci – d'attribuer le titre de docteur de l'Église universelle à un saint qui a été pontife romain. En effet les documents de son magistère font autorité non pas du fait de la 'eminens doctrina' qu'il possède comme don de grâce personnel, mais en vertu de la charge qui a fait de lui le suprême pasteur et docteur de tous les fidèles".

Dans le même article, Mucci donnait la liste des saints et bienheureux en attente du titre de docteur de l'Église.

Il y a six femmes : sainte Véronique Giuliani, sainte Hildegarde de Bingen, sainte Gertrude de Helfta, sainte Brigitte de Suède, sainte Marguerite-Marie Alacoque et la bienheureuse Julienne de Norwich.

Et douze hommes : en plus de saint Jean d'Avila, saint Grégoire de Narek, saint Jean Bosco, saints Cyrille et Méthode, saint Laurent Giustiniani, saint Antonin de Florence, saint Thomas de Villeneuve, saint Ignace de Loyola, saint Vincent de Paul, saint Louis-Marie Grignion de Montfort, saint Bernardin de Sienne.


En ce qui concerne ce dernier – soulignait Mucci – il manque "seulement l'acte final, réservé au Saint Père". Acte qui, jusqu'à présent, n'est pas encore arrivé.

source
images/icones/bravo.gif  ( 605520 )Excellente analyse par Sam Gamegie (2011-08-24 14:39:51) 
[en réponse à 605515]

Je retiens surtout:



L'adoration silencieuse de la sainte hostie est une innovation introduite par Benoît XVI aux Journées Mondiales de la Jeunesse. Le pape s’agenouille et, en même temps que lui, des centaines de milliers de jeunes gens s’agenouillent sur la terre nue. Tous ces jeunes sont tournés non pas vers le pape mais vers "notre pain quotidien" : Jésus.



Cela était vrai pour le salut au St Sacrement, mais aussi la messe.

Voir l'analyse de Christophe Mahieu dans Minute.

Sam
images/icones/neutre.gif  ( 605543 )Comparons par Aigle (2011-08-24 19:39:50) 
[en réponse à 605520]

Ne peut on pas noter une évolution des priorités des papes successifs ?

Benoît XVI insiste sur la liturgie, l'eucharistie, sur les exigences dogmatiques et spirituelles. Il place la prière et l'humilité au centre de ses actes publics.

Jean-Paul II centrait son enseignement sur la morale (notamment conjugale) et privilégiait une pastorale fondée sur la catéchèse et un eliturgie fondée sur la personnalité du célébrant.

Paul VI plaçait l'écoute du monde et l'engagement des fidèles dans le monde au premier plan de son enseignement.

Quelle évolution depuis 1963 ...
images/icones/neutre.gif  ( 605550 )La raison de l'annulation de la distribution de la communion par Vincent F (2011-08-24 20:53:34) 
[en réponse à 605515]

a été annoncée avant la messe : Les tentes devant servir d'abri aux hosties consacrées pour la messe on été détruites par l'orage. Par respect pour le Saint Sacrement, Celui-ci ne pouvait plus y être conservé. Les hosties on donc été transférée dans les paroisses madrilènes, la distribution de la communion devenant de ce fait impossible.
images/icones/neutre.gif  ( 605560 )erreur par Contre Goliath (2011-08-24 22:27:34) 
[en réponse à 605550]

selon mes souvenirs, les hosties n'étaient pas consacrées pendant la veillée mais devaient l'être au lever du soleil dominical.
images/icones/carnet.gif  ( 605567 )Les hosties n'étaient pas encore consacrées. par La Favillana (2011-08-24 23:39:56) 
[en réponse à 605550]


A lire sur le Swiss romain

Le vent supprimera la sainte communion du dimanche

17 tentes d'adoration étaient montées au coeur même dans la foule, afin de donner la communion de façon capillaire le dimanche matin. Une messe par tente était prévue pour consacrer les hosties vers 6h00 du matin. Or les forces de l'ordre ont dû couper en deux les structures des tentes pour qu'elles ne s'envolent pas. Quelques unes furent d'ailleurs endommagées, en faisant hélas 6 blessés (2 jambes cassées).

Aussi, toute la fine organisation pour donner la sainte communion fut simplement balayée. Face à cette situation, par grand respect envers le Saint Sacrement, les organisateurs, à grand regret, ont dû sacrifier le coeur de la célébration et prendre la décision de demander aux jeunes de faire une communion spirituelle, en offrant ce sacrifice aux intentions du Pape; mais dès que possible, les jeunes pourraient recevoir la communion dans des églises de Madrid. Situation paradoxale, dire que c'était pourtant ce même vent et cette même pluie qui furent les artisans d'une profonde rencontre entre le Pape et les jeunes.

images/icones/croix_byzantine.png  ( 605593 )Sur les hosties et la manière de donner la communion. par Sam Gamegie (2011-08-25 12:46:28) 
[en réponse à 605567]

les hosties n'étaient pas consacrées.

On remarquera que les JMJ 2011 allaient demander aux fidèles de recevoir la communion dans des petites chapelles sous forme de tente. C'est ici l'affirmation que le fidèle doit venir à Dieu et à ses ministres pour recevoir les sacrements. Au JMJ à Paris de 1997, la communion étaient distribuées par des fidèles... J'en ai vu certains sauter au dessus des pèlerins, ciboire à la main pour se frayer un chemin.... A Madrid, rien de tout cela.! Seuls les prêtres devaient donner la communion et dans des espaces consacrés. En effet les tentes en questions devaient aussi servir de lieu d'adoration pendant la nuit pour les fidèles qui le souhaitaient.

Sam
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 605653 )Ce qui a été dit sur place par Vincent F (2011-08-25 20:10:41) 
[en réponse à 605593]

est bien que les hosties ont été déplacées vers les paroisses madrilènes par respect pour le Saint Sacrement. De plus, les pèlerins ont été invités à rejoindre ces paroisse pour communier après la cérémonie.
images/icones/bravo.gif  ( 605654 )Parfaitement ! par M (2011-08-25 20:19:34) 
[en réponse à 605653]

Et merci de le rappeler


M...
images/icones/neutre.gif  ( 605672 )En somme, des tentes de la rencontre. par le torrentiel (2011-08-25 23:03:59) 
[en réponse à 605593]

Magnifique démarche à faire faire à des jeunes !


Au passage, avez-vous remarqué que Benoît XVI met publiquement l'accent sur l'adoration eucharistique, tandis que Jean-Paul II se concentrait davantage sur l'ancrage de la dévotion du rosaire ?


Evidemment, les deux ne sont pas exclusifs, mais complémentaires.


Pourtant, je sens qu'entre les deux, il y a comme une différence qualitative, qui n'est pas que d'intériorité, et je n'arrive pas à me faire une idée plus précise de ce qu'il faut comprendre derrière cette différence.
images/icones/fsspx.gif  ( 605785 )merci par Igor (2011-08-26 23:57:54) 
[en réponse à 605593]

pour ces détails capitaux.
C'est une de ces raisons pour laquelle que je pouvais revenir aux JMJ

Pê qu'avec la technique du saucisson de NTSP, nous allons arriver à la proposition de Nemo : plus de mégamesse, mais des petites messes par chapitre.

D'ailleurs, comme à Fontgombault à 7h du matin où la nef brûle de tous les côtés par la célébration de la Sainte Messe

Cela résonne pour moi avec le fait que NSJC n'a pas instauré la Divine liturgie sur la montagne avec la foule, mais au deuxième étage dans un lieu clos à "taille humaine"