JEAN D’AVILA
Prêtre (1499-1569)
Saint Pierre d'Alcàntara disait que personne ne surpassait Jean d'Avila dans la connaissance des voies spirituelles. Doué de grandes facultés intellectuelles et du discernement des esprits, il faisait autorité dans les domaines mystiques, et sa direction fut très recherchée. Thérèse d'Avila, redoutant d'être le jouet d'illusions, lui demanda son avis et elle reçut approbation et encouragements. Né à Almodovar del Campo (Ciudad Real) de parents ayant une ascendance israélite, Jean étudia le droit à Salamanque, puis la théologie à Alcalà. Ordonné prêtre en 1526, il n'entra dans aucune congrégation religieuse et il passa sa vie à sillonner l'Andalousie pour instruire, prêcher, convertir, en menant une vie de pénitence rigoureuse. Il fut en contact avec les princes et les grands de son temps, mais aussi avec le peuple et surtout avec la jeunesse: l'un de ses objectifs fut d'ouvrir des écoles pour les jeunes et des séminaires pour les clercs, et il fonda au moins quinze collèges. Son rôle fut décisif dans la vocation du duc de Candie, devenu François de Borgia, et dans la conversion de Jean de Dieu, qui fut longtemps son dirigé. Sa correspondance, abondante, porte la marque de sa douceur, de sa prudence et de sa charité. Il écrivit aussi un petit traité, Audi filia et vide, destiné à guider l'âme chrétienne vers le chemin de perfection. On trouve dans ses écrits beaucoup de références érudites mais aussi des conseils pratiques destinés à apprendre à prier et de fréquents appels à l'ascèse. Cependant, «l'oraison est une grâce de Dieu que l'âme doit accueillir avec une attention simple». Le mystère du Christ est au cœur de sa méditation, et la vie de prière, un don total de soi. Lorsqu'il mourut, Thérèse d'Avila s'exclama: « Je pleure parce que l'Église perd une grande colonne. » Il fut béatifié en 1899 et canonisé en 1970.
Fête le 10 mai.
En Galatie et à Corinthe, c’est avec les mêmes ennemis qu’il se mesure. Ils nous sont connus maintenant. Leur but est de réunir Moïse et le Christ dans une conception religieuse qui sauvegarde les privilèges et la situation du peuple autrefois élu de Dieu.
(Dom Delatte, Les épîtres de saint Paul..., t. I, p. 489.)