Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=604950
images/icones/carnet.gif  ( 604950 )Nouvelles chrétiennes: Liechtenstein, Berlin, Montfermeil (RU 32/2011), par UNEC (2011-08-17 21:19:50) 

LIECHTENSTEIN (ru, 16 août 2011) – Excellente nouvelle venant du Liechtenstein, ce minuscule pays situé entre la Suisse et l’Autriche (pour rappel : 160 km2, 35.000 habitants, monarchie parlementaire, parlement de 25 membres, cabinet de 5 ministres). Le Prince héritier et régent actuel Aloïs du Liechtenstein a déclaré, lors de la fête nationale du 15 août 2011, qu’il s’opposera à tout vote en faveur de l’avortement, y compris et en tout premier lieu des bébés à naître éventuellement diagnostiqués comme handicapés. Il a ajouté ceci : « Jusqu’à présent ce n’est pas l’habitude de notre pays de mépriser les handicapés ! » Cette déclaration vient sur fond de divers mouvements pour introduire l’avortement. En septembre un référendum est prévu à ce sujet. Dès que le Prince oppose son véto, aucune loi entrera en vigueur, votée ou non par le moment. Cette déclaration n’est pas une surprise. La maison princière du Liechtenstein, notamment sous la signature de la Princesse royale Sophie de Bavière qui est l’épouse d’Aloïs du Liechtenstein (mais aussi héritière et première prétendante du trône des Stuarts et des Jacobites), avait établi dès 2006 un bureau d’aide aux femmes et jeunes filles enceintes en détresse. Lors de cette fondation elle avait déclaré (traduction UNEC) : « Aucune femme ne doit se sentir obligée à l’interruption de sa grossesse pour des raisons d’encadrement. Toutes celles qui sont enceintes qui viennent vers nous, seront soutenues par nous, si nécessaire même pour un temps prolongé. Toute femme peut être convaincue que nous ne la laisserons pas seule en cette situation difficile. Nous offrons un service étendu et voulons ainsi contribuer à ce que les femmes, même sous des conditions de vie difficiles, puissent dire OUI à la vie pas encore née. » Elle avait ajouté que, si besoin, elle puiserait dans les caisses de la Principauté qui est connue pour ses richesses. On comprend donc parfaitement les nouvelles déclarations du Prince Aloïs de Liechtenstein. Là où il y a un homme debout, il y a généralement à côté de lui une femme debout. – A la même occasion le Prince s’est plaint de l’annulation de la messe en plein air qui fut habituellement célébrée sur la place du château du Liechtenstein lors de la fête nationale. Cette messe avait été annulée sur ordre de l’archevêque du lieu qui considère qu’une telle messe ne serait plus de mise après le Concile Vatican II qui a voulu séparer l’Eglise et l’Etat. Pourtant les habitants de Liechtenstein sont à 76% catholiques.- Nous voudrions ajouter de notre côté (RU) que ces Messeigneurs ne devraient pas s’étonner que, depuis cette malheureuse séparation de l’Eglise et l’Etat prônée par Vatican II, ça va mal dans le monde : apostasie, avortement, promiscuité, Sida, drogue, homosexualité, gender, montée de l’Islam, tout y va sans aucune opposition effective de l’Eglise cantonnée dans ses bâtiments… Qu’ils nous épargnent donc leurs larmes de crocodile sur des méfaits causés par leurs propres décisions fatales ! En tout cas, bravo au Prince et à la Princesse du Liechtenstein, que Dieu les garde !

BERLIN (ru, 16 août 2011) - Etonnante nouvelle venant de Berlin. Le nouvel archevêque nommé le 2 juillet 2011 par Benoît XVI, Mgr Rainer Maria Woelki, a prêté serment le 16 août à la mairie de Berlin devant le maire Klaus Wowereit. Quel serment ? Eh bien celui prescrit par l’article XVI du Concordat entre le Reich et le Vatican, signé à Rome le 20 juillet 1933 et toujours valide suivant le droit international (traduction UNEC) : « Devant Dieu et sur les Saints Evangiles je jure et promets, comme cela convient à un évêque, d’être fidèle au (Reich et) pays allemands. Je jure et promets de respecter le gouvernement établi conformément à la Constitution et de le faire respecter par mes clercs. Dans le souci obligatoire pour le bien et l’intérêt de l’Etat allemand je m’efforcerai d’éviter, dans l’exercice de la charge spirituelle qui m’est conférée, tout dommage qui pourrait menacer l’Etat. » Ce vœu institué par le Concordat de 1933 implique en fait le retrait pur et simple de l’Eglise et de ses corporations de la vie politique, comme cela a d’ailleurs été expressément spécifié par plusieurs autres articles du traité. Nous y sommes encore aujourd’hui. L’Etat allemand, serait-ce pour ses barbarismes nazi de l’époque, ou alors pour le génocide criminel actuel par l’avortement d’aujourd’hui, jouit imperturbablement du respect – et de l’obéissance ! – des hiérarques de l’Eglise Catholique. L’Evangile a beau prêcher « Donnez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », non, en Allemagne l’Eglise donne TOUT à l’Etat, même ce qui est dû à Dieu comme « le règne social de N.S. Jésus-Christ ». Le cardinal Mindszenty, du fond de sa prison à Budapest, n’avait-il pas parlé, peu d’années plus tard, de l’épiscopat hongrois devenu « la prostituée de l’Etat » ? Un vrai Concordat stipulerait en premier lieu que l’Etat se conforme aux lois et droits de Dieu, tels qu’ils se trouvent dans les 10 commandements ou au moins dans la loi naturelle, ensuite seulement l’Eglise peut jurer fidélité à cet Etat. Ne faire que la 2ème partie constitue une trahison à sa mission reçue de Dieu : « Omnia restaurare in Christo ! » TOUT restaurer dans le Christ !

MONTFERMEIL/France (ru , 16 août 2011) – Et voilà une nouvelle franchement décapante, éclatante de foi catholique et de bon sens. Elle vient de Montfermeil, une commune de la banlieue parisienne. En mai 2011 le maire actuel, Monsieur Xavier Lemoine (50 ans), digne successeur du vaillant maire Michel Bernard qui avait arraché cette commune aux Communistes, a donné une interview à la revue Famille Chrétienne dont nous nous permettons de citer quelques extraits : « L’immigration ? Il n’y a qu’une solution à appliquer et elle est très urgente : l’évangélisation des Musulmans ! » … « Aujourd’hui Montfermeil compte quarante nationalités différentes. Ma ville est l’image de la Seine-Saint-Denis, un département de 1,5 million d’habitants dont le premier tiers est constitué d’étrangers (ayant une carte de séjour), le second de Français sans aucune ascendance française (application du droit du sol et naturalisations), le dernier de Français ayant des ascendances françaises, mais qui vieillissent et qui déménagent. Par ailleurs, les deux premiers tiers ont un taux de natalité deux fois supérieur au dernier. »… « Aujourd’hui nous sommes face à un défi physique et métaphysique. Au –départ il y a une apostasie de la France vis-à-vis de sa vocation, ‘France fille aînée de l’Eglise et éducatrice des peuples’, ce n’est pas pour rien. Que cette vocation nous plaise ou non, elle nous a été donnée. La France l’a oubliée. Mais elle reste. » … « De cette apostasie est née une amnésie culturelle et historique. Au mieux, c’est la méconnaissance de notre propre Histoire ; et au pire, c’est l’esprit de repentance perpétuelle, d’excuse de ce qui fut notre Histoire et de mépris de notre culture, comme si rien de beau n’avait été fait dans notre pays »…Quant à l’immigration, il déclare : « Deux possibilités se présentent : soit la démographie fera inexorablement, par le jeu normal de la démocratie, basculer la France dans une voie qui n’est en rien conforme à son Histoire, à sa culture, à son âme – aujourd’hui, tous les ingrédients sont en place pour ce scénario ; soit on considère que c’est le temps pour les Musulmans en France de découvrir la personne de Jésus-Christ, Fils du Père, vrai Dieu et vrai Homme – auquel cas les choses peuvent tourner d’une tout autre manière. Et c’est déjà ce qu’annonçait le Père Charles de Foucault dans sa lettre à René Bazin »… « Par ailleurs, cette lettre donne une exigence extrêmement forte, car elle rappelle la France à sa vocation d’éducatrice des peuples. Si je me réfère à elle, je dirais que tout le travail de maire que j’ai fait – être présent, actif, au service – était nécessaire, mais que je ne puis en aucun cas me considérer comme quitte. Car il y a un cran à franchir : l’évangélisation. »… « Une révision déchirante est à faire sur la qualité de l’accueil que nous réservons aux personnes issues de l’Islam. Nous serons jugés là-dessus. Les Musulmans ont besoin d’avoir en face d’eux de vrais priants, des adorateurs. Il faut aussi que les Chrétiens sachent que les Musulmans sont des personnes exigeantes sur la pudeur et le respect de la vie ; Nous devons donc être à la hauteur. »… « En conclusion, n’espérez pas échapper à cette mise en présence avec les Musulmans. Diffuser Jésus-Christ est la feuille de route habituelle du Chrétien, où qu’il soit. Mais au regard des enjeux et des confrontations qui se préparent, il y a aujourd’hui une urgence particulière. Nous avons une responsabilité historique, comme Chrétiens, vis-à-vis de nos frères et sœurs éduqués dans l’Islam. Ne la fuyons pas. » - Ajoutons que le seul mouvement politique en France qui inscrit l’évangélisation des Musulmans comme un des objectifs essentiels sur son programme, est AMEN (Arrêtons le Massacre des Enfants à Naître), fondé à Paris en 2008. Vous pouvez y adhérer en versant la cotisation annuelle de 25 Euro à AMEN, BP 70114, 95210 St-Gratien, T/F 0134120268, amen-net@orange.fr , http://amen.net.org

IRLANDE (ru, 16 août 2011) - En complément à l’article paru dans notre dernier RU, nous annonçons qu’une belle vidéo (12 minutes) sur le pèlerinage de l’UNEC en Irlande en été 2011 est visible ici: www.kizoa.fr/diaporama/d1889382k5787509o1/p%c3%a8lerinage-unec-en-irlande-2011


- O.A.M.D.G. –
images/icones/neutre.gif  ( 604989 )CQFD - Vatican II et la liberté religieuse par Meneau (2011-08-18 09:32:49) 
[en réponse à 604950]


Cette messe avait été annulée sur ordre de l’archevêque du lieu qui considère qu’une telle messe ne serait plus de mise après le Concile Vatican II qui a voulu séparer l’Eglise et l’Etat. Pourtant les habitants de Liechtenstein sont à 76% catholiques.



Si cette info est exacte (des précisions ou sources seraient les bienvenues) on a là un bel exemple de ce que DH a pu faire comme mal, que ce soit dans son contenu ou dans son interprétation.

Cordialement
Meneau
images/icones/4b.gif  ( 605068 )Contre-sens par PEB (2011-08-19 08:03:47) 
[en réponse à 604989]

J'y vois plutôt un contre-sens sur DH.

DH n'interdit pas l'existence de régime politique dont le catholicisme est la religion publique (je n'ose dire de l'Etat).

La liberté de conscience est la condition nécessaire de la liberté de l'Eglise dans ce monde moderne.

En revanche, la manifestation publique d'un culte catholique national n'est pas attentoire aux droits civiques. Rien n'oblige les infidèles de ne pas y aller.
images/icones/iphone.jpg  ( 605070 )Cher Meneau par Anton (2011-08-19 08:33:58) 
[en réponse à 604989]

Vous avez ici tendance à faire confiance à un évêque qui semble avoir son interprétation personelle de Vatican II. En quoi le fait de prendre prétexte du concile pour ne pas célébrer une messe exprimerait le sens d'un texte conciliaire? N'est ce pas ici plutôt l'expression de l'esprit du concile au delà des textes?
images/icones/neutre.gif  ( 605085 )C'est pour cela que j'ai précisé par Meneau (2011-08-19 13:46:34) 
[en réponse à 605070]

..."ou son interprétation".


En quoi le fait de prendre prétexte du concile pour ne pas célébrer une messe exprimerait le sens d'un texte conciliaire?


Cela exprime au moins le sens du texte tel qu'il a été reçu par la personne en question.

S'il peut être reçu ainsi par cet évêque - il l'est hélas également par beaucoup d'autres - c'est que le texte est au moins ambigü, et que l'ambigüité n'a pas été levée par le Magistère, ou que si des tentatives de clarification ont été faites (?), ces clarification n'ont pas été reçues.

Si DH n'avait pas été ce qu'elle a été, mais si on s'en était tenu au texte préparé par la Commission théologique (dont c'était le domaine de compétence), de telles interprétations ne seraient pas possibles.

Ce texte, dont je recopie l'intégralité ci-dessous, dit entre autre :

Ces hommages dus à la majesté divine doivent être rendus non seulement par les citoyens pris individuellement, mais également par les pouvoirs publics qui représentent la société civile dans les actes publics. Dieu, en effet, est l’auteur de la société civile et la source de tous les biens qui sont répandus par elle sur ses membres. La société civile doit donc honorer et vénérer Dieu [15]. Quant à la manière selon laquelle Dieu doit être honoré, dans l’économie présente, elle ne peut être que celle-là même dont Dieu a déterminé d’user dans la véritable Eglise du Christ. Par conséquent, l’Etat doit s’associer au culte public célébré par l’Eglise, non seulement par l’intermédiaire des citoyens, mais aussi par celui des hommes qui, préposés à l’exercice du pouvoir, représentent la société civile [16].



Impossible d'annuler ladite messe en prenant prétexte d'un tel texte.

Cordialement
Meneau



Texte préparaé par la Commission théologique, traduction Abbé Claude Barthe :

Les relations entre l’Eglise et l’Etat et la tolérance religieuse


1. Le principe de distinction entre l’Eglise et la société civile et de subordination de la fin de l’Etat à la fin de l’Eglise

L’homme, destiné par Dieu à une fin surnaturelle, a besoin tant de l’Eglise que de la société civile pour parvenir à la perfection. C’est le propre de la société civile, à laquelle l’homme appartient en raison de sa nature sociale, d’atteindre, en tant qu’elle est dirigée vers les biens terrestres, cette fin grâce à laquelle les citoyens peuvent mener sur la terre « une vie calme et paisible » (1 Tm 2, 2). Quant à l’Eglise, à laquelle l’homme doit s’incorporer en vertu de sa vocation surnaturelle, elle a été fondée par Dieu pour que, croissant toujours davantage, elle conduise les fidèles à leur fin éternelle par sa doctrine, par ses sacrements, par sa prière et par ses lois [2]. Chacune de ces sociétés est dotée des moyens nécessaires au bon accomplissement de sa mission : aussi bien, l’une et l’autre sont parfaites, ce qui veut dire que chacune d’elles, dans son ordre respectif, est souveraine, et par conséquent non soumise à une autre, pourvue du pouvoir législatif, du pouvoir judiciaire et du pouvoir exécutif [3]. La distinction entre ces deux Cités repose, comme le veut une tradition constante, sur les paroles du Seigneur : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt 22, 21).

Mais lorsque ces deux sociétés exercent leurs pouvoirs sur les mêmes personnes, voire à l’égard du même objet, il ne leur est pas permis de s’ignorer, et il convient même au plus haut point qu’elles agissent de concert, pour leur plus grand profit et pour le plus grand profit de leurs membres [4].

Le Saint Concile, voulant donc enseigner quelles relations doivent exister entre les deux pouvoirs en raison de leur nature, déclare tout d’abord que l’on doit tenir fermement que tant l’Eglise que la société civile ont été établies au bénéfice de l’homme [5], encore qu’il ne lui serve à rien de jouir de la félicité temporelle, que le pouvoir civil doit assurer, s’il vient à perdre son âme (Mt 16, 26 ; Mc 8, 36 ; Lc 9, 25). C’est pourquoi la fin de la société civile ne doit jamais être recherchée à l’exclusion ou au détriment de la fin dernière [6], à savoir du salut éternel.


2. Le pouvoir de l’Eglise, ses limites et les fonctions que l’Eglise remplit vis-à-vis du pouvoir civil

Alors que le pouvoir de l’Eglise s’étend à tout ce par quoi les hommes atteignent le salut éternel, ce qui ressortit seulement à la félicité temporelle relève comme tel de l’autorité civile. Il s’ensuit que l’Eglise ne s’occupe pas des réalités temporelles, sauf en tant qu’elles seraient ordonnées à la fin surnaturelle. Mais dans ce qui est ordonné tant à la fin de l’Eglise qu’à celle de l’Etat, comme par exemple le mariage et l’éducation des enfants, les droits du pouvoir civil ont à s’exercer de telle sorte que les biens supérieurs de l’ordre surnaturel ne souffrent aucun dommage, ce dont l’Eglise est juge. Mais pour autant l’Eglise ne s’immisce d’aucune manière dans les autres affaires temporelles, qui, étant sauve la loi divine, peuvent légitimement s’organiser de diverses manières. Gardienne de son propre droit, très respectueuse de celui d’autrui, l’Eglise estime spécialement qu’il ne lui appartient pas de déterminer quelle forme constitutionnelle convient le mieux au gouvernement des nations chrétiennes : elle ne donne sa préférence à aucune sorte d’organisation de l’Etat parmi celles qui existent, dès l’instant que la religion et la morale sont sauves [7]. Elle empêche d’autant moins le pouvoir civil d’user librement de ses droits et de ses lois, qu’elle revendique pour elle la liberté [8].

Les gouvernants ne doivent pas ignorer combien nombreux sont les bienfaits que l’Eglise procure à la société civile en accomplissant sa mission [9]. C’est l’Eglise même qui contribue à faire que les citoyens soient de bons citoyens en leur inculquant la vertu et la piété chrétiennes, de sorte que le salut de l’Etat sera solidement assuré, comme le remarque S. Augustin, dans la mesure où ils sont tels que le leur prescrit la doctrine chrétienne [10]. Elle exige également des citoyens qu’ils obéissent aux prescriptions légitimes qui leur sont faites « non seulement par crainte du châtiment, mais en conscience » (Rm 13, 5) [11]. Elle enjoint par ailleurs à ceux auxquels est confié le gouvernement de l’Etat, de ne pas exercer leur charge pour assouvir un appétit de pouvoir, mais pour le bien des citoyens, et comme devant rendre des comptes à Dieu (He 13, 17) au sujet de ce pouvoir qu’ils ont reçu de sa main [12]. Elle inculque le respect religieux de la loi naturelle et de la loi surnaturelle, par lesquelles doit être organisé dans la paix et la justice l’ensemble de l’ordre social aussi bien entre les citoyens qu’entre les nations [13].


3. Les devoirs religieux du pouvoir civil

Le pouvoir civil ne peut se montrer indifférent vis-à-vis de la religion. Puisqu’il est institué par Dieu pour aider les hommes à acquérir une perfection qui soit vraiment humaine, il doit non seulement offrir aux citoyens la faculté de se procurer les biens temporels tant matériels que culturels, mais il doit faire en sorte qu’ils puissent avoir aisément et en abondance les biens spirituels qui leur sont nécessaires pour mener religieusement leur existence humaine. Parmi ces biens, aucun n’est plus important que celui de connaître Dieu, de le reconnaître comme tel, et de remplir les devoirs qui lui sont dus : tel est, en effet, le fondement de toute vertu privée et plus encore de toute vertu publique [14].

Ces hommages dus à la majesté divine doivent être rendus non seulement par les citoyens pris individuellement, mais également par les pouvoirs publics qui représentent la société civile dans les actes publics. Dieu, en effet, est l’auteur de la société civile et la source de tous les biens qui sont répandus par elle sur ses membres. La société civile doit donc honorer et vénérer Dieu [15]. Quant à la manière selon laquelle Dieu doit être honoré, dans l’économie présente, elle ne peut être que celle-là même dont Dieu a déterminé d’user dans la véritable Eglise du Christ. Par conséquent, l’Etat doit s’associer au culte public célébré par l’Eglise, non seulement par l’intermédiaire des citoyens, mais aussi par celui des hommes qui, préposés à l’exercice du pouvoir, représentent la société civile [16].

Il ressort des signes manifestes dont l’Eglise a été dotée par son divin fondateur en ce qui concerne son institution divine et sa mission, que le pouvoir civil a la possibilité de connaître la véritable Eglise du Christ [17]. De sorte que le devoir de recevoir la révélation proposée par l’Eglise n’incombe pas seulement aux citoyens en particulier, mais au pouvoir civil. Ainsi, dans les lois qu’il lui revient d’édicter, il doit se conformer aux préceptes de la loi naturelle et tenir compte comme il se doit des lois positives, tant divines qu’ecclésiastiques, par lesquelles les hommes sont guidés vers la béatitude éternelle [18].

Mais de même qu’aucun homme ne peut honorer Dieu de la façon établie par le Christ s’il ne reconnaît qu’il nous a parlé en Jésus-Christ [19], la société civile ne le peut que dans la mesure où les citoyens, et la puissance civile en tant qu’elle représente le peuple, sont assurés du fait de la révélation.

La puissance civile doit spécialement garantir à l’Eglise une liberté pleine et complète, et ne l’empêcher en aucune manière de pouvoir remplir son entière mission : exercer son magistère sacré, régler et célébrer le culte divin, administrer les sacrements et prendre soin des fidèles. La liberté de l’Eglise doit être reconnue par le pouvoir civil dans tout ce qui se rapporte à sa mission, qu’il s’agisse particulièrement du recrutement et de la formation des séminaristes, de la nomination des évêques, de la libre et mutuelle communication entre le Pontife Romain, les évêques et les fidèles, qu’il s’agisse de l’institution et du gouvernement de la vie religieuse, de la publication et la diffusion d’écrits, de la possession et de l’administration de biens matériels, et d’une manière générale de toutes ces activités que l’Eglise, en tenant compte des droits civils, estime bien adaptées pour conduire les hommes vers leur salut éternel, sans oublier l’enseignement profane, les œuvres sociales, et quantité d’autres moyens [20].

Enfin incombe au pouvoir civil le grave devoir d’exclure de la législation, du gouvernement et de l’activité publique, tout ce par quoi l’Eglise estimerait que la poursuite de la fin ultime est entravée ; par dessus tout, il doit faire en sorte que soit facilitée la vie reposant sur les principes chrétiens, existence la plus conforme à cette fin ultime pour laquelle Dieu a créé les hommes [21].


4. Principe général d’application de la doctrine exposée
L’Eglise a toujours reconnu que le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil ont des rapports mutuels différents selon que la puissance civile, agissant au nom du peuple, connaît ou non le Christ, et par lui l’Eglise qu’il a fondée.


5. Application pour l’Etat catholique

La doctrine exposée plus haut par le Saint Concile ne peut être appliquée dans son intégrité que dans la Cité au sein de laquelle les citoyens, non seulement sont baptisés, mais font profession de foi catholique. Dans cette situation, ce sont les citoyens eux-mêmes qui décident librement que la vie sociale sera informée par les principes catholiques, de telle sorte que, comme le disait S. Grégoire le Grand, « la voie du ciel s’ouvre plus largement » [22].

Mais, même dans ces conditions favorables, aucun motif n’autorise le pouvoir civil à contraindre les consciences d’accepter la foi divinement révélée. En effet, la foi est libre par essence, et elle ne peut faire l’objet d’aucune contrainte, comme l’enseigne l’Eglise en disant : « Personne ne peut être contraint, malgré lui, à embrasser la foi catholique » [23].

Mais cela n’empêche en rien que le pouvoir civil se doive de procurer les conditions intellectuelles, sociales et morales, grâce auxquelles les fidèles, y compris ceux qui n’ont pas de grandes connaissances, puissent facilement persévérer dans la foi qu’ils ont reçue. C’est pourquoi, de même que le pouvoir civil estime qu’il lui revient de prendre soin de la moralité publique, de même, afin de garder les citoyens des séductions de l’erreur et pour que l’Etat soit conservé dans l’unité de la foi, ce qui est le bien suprême et la source d’une multitude de bienfaits y compris dans l’ordre temporel, le pouvoir civil peut de lui-même régler les manifestations publiques des autres cultes, et défendre ses citoyens contre la diffusion des fausses doctrines par lesquelles, au jugement de l’Eglise, leur salut éternel est mis en péril [24].


6. La tolérance religieuse dans l’Etat catholique

Parce qu’on doit agir dans le cadre de la préservation de la vraie foi selon les exigences de la charité chrétienne et de la prudence, il faut faire en sorte que les dissidents ne soient pas repoussés, mais bien plutôt qu’ils soient attirés vers l’Eglise, et que ni l’Etat, ni l’Eglise ne souffrent de dommage. De telle sorte qu’on doit toujours avoir présent à l’esprit le bien commun de l’Eglise et celui de l’Etat, pour la réalisation desquels le pouvoir civil, en fonction des circonstances, peut être tenu de mettre en œuvre une juste tolérance. Celle-ci doit d’ailleurs être consacrée par la loi. Le pouvoir civil y sera tenu, soit pour éviter de plus grands maux, tels que scandale, troubles civils, obstacle à la conversion, et autres de ce type, soit pour procurer un plus grand bien, comme la collaboration sociale, une vie commune pacifique entre des concitoyens qui divergent entre eux par la religion, une plus grande liberté de l’Eglise, un accomplissement plus efficace de sa mission surnaturelle et autres bénéfices semblables [25]. En cela, on doit tenir compte, non seulement du bien concernant l’ordre national, mais aussi du bien de l’Eglise universelle et du bien commun international [26]. Par sa tolérance, le pouvoir civil catholique imite l’exemple de la divine Providence, qui n’empêche pas les maux dont elle peut tirer de plus grands biens [27]. Cela doit être tout spécialement observé dans les endroits où, depuis des siècles, vivent des communautés non catholiques [28].


7. Application pour l’Etat non catholique

Dans les Etats, dans lesquels la majeure partie des citoyens ne professent pas la foi catholique, ou bien ne connaissent pas le fait de la révélation, le pouvoir civil non catholique, en matière religieuse, doit au moins se conformer aux préceptes de la loi naturelle [29]. Dans ce contexte, la liberté civile doit être concédée par ce pouvoir non catholique à tous les cultes non opposés à la religion naturelle. Mais cette liberté ne s’oppose alors pas aux principes catholiques, puisqu’elle est conforme tant au bien de l’Eglise qu’à celui de l’Etat. Dans de tels Etats, dans lesquels le pouvoir ne professe pas la foi catholique, il incombe particulièrement aux citoyens catholiques d’obtenir, grâce aux vertus et aux activités civiques par lesquelles ils promeuvent, en union avec leurs concitoyens, le bien commun de l’Etat, qu’une pleine liberté soit concédée à l’Eglise pour l’accomplissement de sa mission divine [30]. En effet, même l’Etat non catholique ne souffre aucun dommage de la libre activité de l’Eglise, et il en retire au contraire de nombreux et remarquables avantages. De sorte que les citoyens catholiques doivent faire en sorte que l’Eglise et le pouvoir civil, bien qu’encore juridiquement séparés, se prêtent volontiers une mutuelle assistance.

Afin que les citoyens catholiques, agissant pour la défense des droits de l’Eglise, ne nuisent pas à l’Eglise, et moins encore à l’Etat, que ce soit par leur inertie, ou bien en déployant un zèle indiscret, il faut qu’ils se soumettent au jugement de l’autorité ecclésiastique, laquelle a compétence pour juger, en fonction des circonstances, de tout ce qui concerne le bien de l’Eglise [31] et pour diriger l’action que déploient les citoyens catholiques pour la défense de l’autel [32].


8. Conclusion

Le Saint Concile, sachant bien que les principes concernant les relations mutuelles entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil n’ont à être appliqués que si le gouvernement répond à ce qui a été exposé plus haut, ne peut cependant permettre qu’ils soient voilés par le biais d’un laïcisme erroné, voire même sous prétexte de sauvegarde du bien commun. Ils s’appuient en effet sur les droits inébranlables de Dieu, sur la constitution et la mission immuables de l’Eglise, aussi bien que sur la nature sociale de l’homme qui, demeurant identique en tous temps, spécifie la fin essentielle de la société civile, nonobstant les diversités des régimes politiques et la variété des situations historiques [33].



images/icones/iphone.jpg  ( 605173 )Pardonnez par Anton (2011-08-20 23:50:19) 
[en réponse à 605085]


Ma réponse tardive.
En fait ce qui me dérange, je n'arrive pas à faire le lien entre une interprétation correcte ou incorrecte des textes du concile et le fait que l'on puisse faire valoir un texte quelconque pour prétendre dans un pays Catholique ne pas pouvoir célébrer une messe? Le Saint Sacrifice peut-il être inféodé, n'est il pas premier surtout comme dans le cas présent ou il semble y avoir eu une tradition nationale? La population de cet état étant catholique pourquoi lui refuser cette pratique régulière?
Comment même une mauvaise interprétation peut elle conduire a cela?

Cordialement
images/icones/neutre.gif  ( 605089 )Et après cardinal et évêque donnent dans la grande naïveté ? par Meneau (2011-08-19 15:45:46) 
[en réponse à 604989]

24 Juillet 2011 : Le 57° pèlerinage islamo-chrétien célèbre la fraternité universelle !

D'abord Messe "présidée" par Mgr Moutel en présence du Cal Barbarin, et ensuite :


Sur les traces du grand orientaliste, chrétiens et musulmans se sont retrouvés au pied de la fontaine du Stivel pour écouter la lecture de la Sourate 18 qui, comme la gwers bretonne, raconte le miracle des sept dormants d'Ephèse. Ils ont ensuite partagé le lait et les dattes, signe de bienvenue et d'acceptation de l'autre dans ses différences. C'est ce thème, au travers de « La fratenité universelle », qui la veille avait aussi été au centre d'un colloque entre les représentants des deux cultures."

Ouest France

La Sourate 18... un modèle d'acceptation des chrétiens par les musulmans !!!


1. Louange à Allah qui a fait descendre sur Son serviteur (Muhammad), le Livre, et n'y a point introduit de tortuosité (ambiguïté)!

2. [Un livre] d'une parfaite droiture pour avertir d'une sévère punition venant de Sa part et pour annoncer aux croyants qui font de bonnes oeuvres qu'il y aura pour eux une belle récompense.

3. où ils demeureront éternellement,

4. et pour avertir ceux qui disent : "Allah S'est attribué un enfant."

5. Ni eux ni leurs ancêtres n'en savent rien. Quelle monstrueuse parole que celle qui sort de leurs bouches! Ce qu'ils disent n'est que mensonge.


...


(Voir toute la sourate !)

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 605090 )Post mal placé par Meneau (2011-08-19 15:52:02) 
[en réponse à 605089]

C'était pour le fil sur le SRI.

Cordialement
Meneau