
( 604536 )
Le désir par le torrentiel (2011-08-11 16:52:18)
Le désir, du latin "desiderium", regret, regret d'un astre, désastre, ce n'est pas nous qui nous faisons les satellites de quelque corps céleste, attirés par la lune, non ! C'est un astre qui tourne autour de nous, attiré par notre lumière orbitale aurique.
- Le désir a cela d'héliocentrique qu'il est égocentré. Ce n'est pas nous qui sommes le satellite du désir, c'est le désir qui fait sa révolution autour de nous et qui, à la fois se tient à distance respectueuse de la puissance d'attraction que nous lui sommes, et ne peut quitter notre orbite.
- - Le désir découvre avec accablement qu'"ego-géo" est plat. Car nous ne manquons certes pas de platitude, et c'est un processus qui tourne à plat que celui où le désir est manque d'un astre qui est lui-même en manque de nous.
- - Le désir manque d'aimant. Et pourtant, rien de plus sagital que le désir ! Par le désir, nous devenons une direction et nous regardons dans celle de ce qui nous manque à jamais.
- - Devenant direction par l'accès de l'être positionnel que nous sommes à l'effigie, est décochée en nous, depuis l'astre à qui nous manquons, la blessure dont l'amour vit d'être incurable.
- - Aimer, ce n'est pas regarder ensemble dans la même direction, c'est découvrir éplorés qu'on ne peut pas être ensemble, qu'on ne peut être que la direction de qui nous aime, comme nous lançons misérablement nos regards dans la direction de qui nous manque.
- - Etre aimé, c'est être une image comme aimer, c'est avoir de l'imagination et céder à un effet d'entraînement.
- - Aimer, c'est ne jamais pouvoir atteindre et c'est enfin ne plus l'attendre. Pécher, c'est "ne pas avoir atteint la cible", dit l'étymologie hébraïque ; comme "être fils", c'est être la cible de son père. Le péché est le contraire de l'amour, mais l'amour ne connaît pas de péché, car l'amour est sans cible.
- - Aimer, c'est avoir été atteint par l'éploration de qui n'a pu arriver jusqu'à nous. Pécher, c'est atteindre et atteindre encore ; aimer, c'est attendre et attendre encore, et finalement désespérer d'atteindre.
- - Aimer, c'est ne pas croire à la possession du but, ni que cette possession soit un bonheur ; pécher, c'est croire en une adéquation possible entre le but et soi : c’est croire qu’on puisse devenir une fin, ou qu’on puisse simplement faire une fin.
Julien weinzaepflen (dit le torrentiel)

( 604538 )
Le sujet par le torrentiel (2011-08-11 17:08:28)
[en réponse à 604536]
- Le sujet est soumis, le sujet est hanté. Le sujet est un à plat théorique hanté en pratique.
- - Le sujet est une hantise. Cette hantise est exprimée par la soumission du sujet : à la vérité dans la philosophie, à dieu dans la théologie, à l'inconscient dans le choix du signifiant de son propre concept. L'Inconscient sémantique a dû opérer ce choix du sujet pour désigner par un mot de soumission fléchie ce qui devait tout contenir en le pensant.
- - Le sujet est une hantise, la conscience en est l'élargissement intro et rétrospectif. Dans la conscience, plane le sujet, et il y fait planer ses fantômes pour être avec eux moins à l'étroit.
- - Le sujet est une courroie, la conscience est sa couronne. Dans l'elliptique orbital de la conscience réflexive, gravite le désir réflexe.
- - Pauvre "sujet" qui se croit de "désir" ! Mais riche sujet, roi du désir comme "mon beau sapin" est "roi des forêts" et à cela près que c'est le roi qui est déterminé par ses sujets comme c'est la fonction qui crée l'organe.
- - C'est la fonction désirante qui détermine, à la limite, jusqu'à l'existence du sujet et ce n'est pas le sujet qui détermine ses désirs. Ce n'est pas le sujet qui habite le désir, c'est le désir qui habite le sujet. Le sujet est le château du désir, tous les châteaux sont hantés.
- - Ce qui fait le bonheur d'un enfant, c'est d'habiter un château ; et encore : ce n'est pas tellement de croire qu'il a désiré sa naissance, c'est de se croire avoir été désiré de ses parents.
- - Ce qui fait le bonheur du désir qui plane dans l'air sans digues, c'est d'avoir trouvé un sujet où se pendre.
- - Le désir suggestionne le sujet que l'inconscient sujétionne et que la conscience surplombe en s'eforçant de tenir tête et terre.
- - Le sujet infère, ingère, digère d'être soumis, devient amer d'être joué à la roulette cosmique, s'altère d'être trahi par des énergies polarisées. Mais la conscience est sa couronne, ça le console et, si le désir ne valait pas le sujet pour se pendre, celui-ci aurait toujours son esprit pour le défendre.
- - Mais peut-être, fais-je ici une allusion laïque au Paraclet, auquel cas Dieu ne nous aurait pas soumis tant que ça ? La prosternation est un anthropologisme religieux du même acabit que la propitiation par le sacrifice.
Julien Weinzaepflen (dit le torrentiel)