La fête de saint Philomène, vierge et martyre (11 août) est supprimée de tous les calendriers. Festum autem S. Philumenæ V. et M. (11 augusti) e quolibet calendario expungatur.
Le porte-parole du Vatican expliquait aux journalistes que le motif de cette décision fut le constat qu'aucune sainte de ce nom n'avait jamais existé. Des églises dédicacées à sainte Philomène changèrent de dédicace. À Ars (deuxième sanctuaire de la sainte au monde) les importantes reliques de la collaboratrice du saint curé furent enlevées et sont toujours absentes.
À Rome s'installait déjà le règne du naturalisme et le triomphe du "progrès" sur la tradition, le mépris du passé, le mépris de la dévotion des fidèles (1), voire le dédain du devoir de l'orthodoxie. Vatican II et sa révolution n'étaient pas loin. On peut dire que sainte Philomène en fut en quelque sorte la première victime.
Il est rassurant de voir qu'en dépit de ce décret les divers mouvements de fidélité aux traditions de l'Église essaient de faire amende honorable à la thaumaturge de Mugnano. Des chapelles, des écoles, des revues (2), des religieuses portent son nom (à Trévoux, par exemple, sœur Marie-Philomène de la Sainte-Trinité doit faire sa profession le 8 septembre).
Puisse sainte Philomène, par sa très puissante intercession, délivrer de leurs ténèbres ceux qui osent récuser les preuves toutes surnaturelles et invincibles de son existence, de sa sainteté et de son pouvoir. Et comme jadis les flèches que tiraient contre elle ses bourreaux furent renvoyées contre eux, la laissant intacte, puissent les attaques contemporaines contre elle approcher la chute des forces hostiles à son culte, ajoutant une nouvelle gloire à celle dont elle brille déjà : celle d'avoir obtenu la défaite des ennemis de la tradition, de la foi, du surnaturel et de l'humble dévotion des fidèles.
La décision de préférer la science historique à la crédulité superstitieuse est le signe typique du changement d’esprit du Vatican. C’est là une cause de satisfaction pour les Eglises séparées depuis longtemps.
L'Église est une Mère prudente pour ses enfants. Elle règle avec sûreté ce qui concerne le culte des saints. Elle s'assure d'abord de leur existence et des marques certaines de leur sainteté. Elle est aussi juge de l'opportunité de les présenter ou non à la vénération publique et à l'imitation des fidèles. Pour le moment, l'Église estime préférable de ne pas promouvoir le culte public de sainte Philomène. C'est pourquoi, dans un esprit de filialité, le Sanctuaire d'Ars n'organise pas de célébrations publiques. Ceci est tout spécialement vrai sur le lieu où l'Église nous invite à venir prier le saint Curé et où elle nous le donne comme "patron de tous les curés de l'univers".
Pour autant, les pèlerins d'Ars, comme les chrétiens du monde entier, peuvent librement témoigner de manière privée leur dévotion envers sainte Philomène, et prier Dieu par son intercession. Dieu entend toute prière faite avec foi et exauce la sincérité d'un cœur croyant.
À la demande du Sanctuaire d'Ars, la Congrégation pour le Culte divin a pris en charge le dossier de sainte Philomène, en liaison avec la Congrégation pour la Cause des saints. Nous attendons les conclusions de la Commission ad hoc. D'avance, nous nous en remettons, en toute filialité, au jugement de l'Église concernant l'existence et la vie de sainte Philomène, et à ses sages décisions relativement à son culte.