l’alliance de Dieu avec le peuple d’Israël a une valeur permanente
de telle sorte que [...] les juifs n’aient pas l’impression que leur religion est considérée par les chrétiens comme dépassée
, le cardinal renonce a tout apostolat et renie de ce fait même sa mission de successeur des apôtres, il se coupe de cette longue succession apostolique, il devient schismatique.
La religion juive est dépassée si elle reste vétérotestamentaire, mais si elle s'ouvre au nouveau testament elle n'est pas dépassée, mais accomplie
Dans ce contexte, il me semble effectivement important de faire en sorte que "les juifs n’aient pas l’impression que leur religion est considérée par les chrétiens comme dépassée".
"Je ne pense absolument pas que les juifs aient à percevoir la croix comme nous chrétiens pour pouvoir prendre avec nous le chemin d’Assise. [...] Il n’est donc pas question de remplacer le Yom Kippour juif par la croix du Christ, même si les chrétiens voient dans la croix 'le Yom Kippour permanent et universel'.
On touche ici au point fondamental, très délicat, du dialogue judéo-catholique, c’est-à-dire à la question de savoir comment on peut concilier la conviction, contraignante pour les chrétiens aussi, que l’alliance de Dieu avec le peuple d’Israël a une valeur permanente, avec la foi chrétienne en la rédemption universelle en Jésus-Christ, de telle sorte que, d’une part, les juifs n’aient pas l’impression que leur religion est considérée par les chrétiens comme dépassée et, d’autre part, que les chrétiens n’aient à renoncer à aucun des aspects de leur foi. Il est certain que cette question fondamentale occupera encore longtemps le dialogue judéo-chrétien".
L’Évêque de Rome, Successeur de saint Pierre, possède en tant que tel l’autorité suprême dans l’Église ; les évêques, comme successeurs des autres Apôtres, ont une autorité subordonnée à la sienne. Ni lui ni eux n’ont cependant hérité des Pouvoirs nécessaires à la fondation de l’Église ; la chose est faite, une fois pour toutes. Leur mission est de conserver l’Église, c’est déjà lourd, et ils ont hérité pour cela de Pouvoirs ordinaires, transmissibles, et déjà considérables.
Or voici une distinction capitale : certains de ces pouvoirs sont infaillibles, les autres ne le sont pas ; ils sont donc... faillibles. Pour que l’Église ait une base certaine, une continuité et une perpétuelle unité dans la fidélité au Seigneur Jésus-Christ, il fallait que les actes essentiels des Pasteurs de l’Église soient nécessairement et indubitablement efficaces, suivis de leurs effets divins. Ces actes relèvent de Pouvoirs infaillibles, assistés inconditionnellement par l’Esprit-Saint. Les autres présentent une grande contingence et dépendent aussi bien de la fragilité de l’homme que de l’assistance de l’Esprit de Dieu ; ils émanent de Pouvoirs moindres, où doit s’opérer un discernement. Allons de l’infaillible au faillible, du certain à l’incertain, de l’indiscutable au discutable...
1) LE POUVOIR D’ORDRE
Nous tenons ce Pouvoir, de célébrer le Saint-Sacrifice et de donner la grâce par les autres sacrements, du Christ par succession apostolique, intégralement. (...) Cette efficacité pleine et entière des rites sacramentels a toujours été reconnue dans l’Église. C’est là notre grandeur, à nous prêtres, dans ce ministère qui nous fait les instruments de la grâce divine. C’est l’essentiel de la vie de l’Église et de la croissance de la charité qui est ainsi assuré, infailliblement.
2) LE POUVOIR D’ENSEIGNEMENT
Il est lui aussi infaillible, mais en partie seulement. Et là, je me permets de présenter la doctrine commune de l’Église d’une manière un peu neuve, pour la rendre accessible à la compréhension de tous. Les théologiens auront intérêt à lire G. Thils, L’infaillibilité Pontificale (Duculot, 1968) ; en particulier le chapitre consacré à l’étude de L’Infaillibilité du Pape dans son Magistère ordinaire (p. 176-185), et aussi Dom Nau, Le Magistère pontifical ordinaire, Lieu théologique (Abbaye de Solesmes). La question est complexe.
a) L’Église en sa croyance unanime est infaillible.
En vertu de sa dignité d’Épouse du Christ, l’Église participe à sa connaissance infaillible de la Vérité. Ce que tous les fidèles de l’Église croient ensemble, unanimement, comme de révélation divine, est infailliblement vrai. Pourquoi ? Parce que si toute l’Église, même à un seul instant de son histoire, était toute entière dans l’erreur, fût-ce sur un seul point dogmatique ou moral, l’Enfer l’aurait emporté à l’encontre des promesses du Christ.
(...)
b) Le Magistère ordinaire est conditionnellement infaillible.
Si l’on veut bien considérer comme caractéristique de cet enseignement autorisé, qu’on appelle magistère commun ou ordinaire, d’être en tout l’écho de la tradition unanime de l’Église, il paraît bien qu’il jouit, lui aussi et de ce fait, de l’infaillibilité. Quand le Pape, ou quelque évêque, ou quelque curé même, enseigne ce que l’Église a toujours et universellement tenu pour certain, il dit vrai nécessairement et infailliblement. (...)
En revanche, s’il advient que le Pape ou les Évêques, même dans leur enseignement “ authentique ”, enseignement donné par eux en vertu de leur fonction, avec l’autorité de leur rang, en viennent à proférer quelque nouveauté ou quelque opinion discutée, pareille doctrine ne peut être considérée comme relevant du Magistère ordinaire. Elle ne présente alors aucune garantie d’infaillibilité. Et c’est la grande infirmité de ce magistère ordinaire de n’être pas séparé par une frontière nette et incontestable du royaume des opinions humaines.
c) Le Magistère extraordinaire ou solennel est, de lui-même, strictement et pleinement infaillible.
Et c’est une nécessité pour l’Église. S’il advient que sur tel point de doctrine la tradition ne soit pas claire ni unanime, si une croyance commune est soudain contestée ou même rejetée par certains, alors ceux qui ont tout pouvoir pour conserver et défendre la dépôt de la Révélation seront amenés à trancher la question définitivement par une proclamation en forme indiscutable de la Vérité. L’assistance du Saint-Esprit leur est promise pour de telles décisions. C’est l’infaillibilité du Pape et du Concile dite solennelle, ou encore “ ex cathedra ”.
(...)
d) L’enseignement faillible de l’homme privé.
Reste que les personnes constituées en dignité, gardent la liberté marginale d’enseigner sous leur responsabilité personnelle, comme “ théologiens privés ”, des théories et opinions qui leur sont propres et ne valent que par leur force démonstrative intrinsèque. (...) Mais si quelque prétention à imposer leur doctrine les fait couvrir celle-ci de toutes les marques extérieures d’un enseignement authentique, tendant à en faire un acte de magistère ordinaire ecclésiastique, le désordre sera grand. Ce qui vient des hommes paraîtra venir de Dieu. (...) L’infaillibilité attribuée inconsidérément à tout acte du Magistère peut devenir une arme terrible aux mains des pervers. Il suffirait alors au diable pour dominer toute l’Église et y imposer les pires erreurs, d’arriver à placer aux plus hauts sommets de la Hiérarchie des êtres perdus tout gagnés à sa cause. C’est le plan, cent fois exprimé, de la Franc-Maçonnerie. Il faut savoir qu’une telle inversion de l’ordre établi par le Christ pour le salut de tous peut se rencontrer parfois dans l’Église, pour la ruine et la perdition de la multitude égarée par ses Pasteurs.
§ 3070 : Car le Saint-Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu'ils fassent connaître sous sa révélation une nouvelle doctrine, mais pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les apôtres, c'est-à-dire le dépôt de la foi. Leur doctrine apostolique a été reçue par tous les vénérables pères, vénérée et suivie par les saints docteurs orthodoxes ; ils savaient parfaitement que ce siège de Pierre demeurerait pur de toute erreur, aux termes de la promesse divine de notre Seigneur et Sauveur au chef de ses disciples : "J'ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille pas ; et quand tu seras revenu, affermis tes frères" (Lc 22,32).
La CRC doit savoir d'ailleurs qu'un souverain pontife, aussi malfaisant qu'il puisse être par ailleurs ne diffusera jamais d'erreurs étant assuré tout spécialement par l'Esprit-Saint.
de laisser au temps le temps de se sédimenter
La sédimentation permet justement de faire tomber les erreurs au fond de la rivière laissant l'eau pure. Contre cela, l'agitation trouble le liquide et empêche le temps de faire son oeuvre.
Le Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Église (cf. Ap 13, 8) selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal (cf. Ap 20, 7-10) qui fera descendre du Ciel son Épouse (cf. Ap 21, 2-4).
il ne faut pas espérer une Chrétienté imaginaire mais un enracinement des fidèles dans la volonté du Père
-+IHS+-comme un seul homme, toujours, je crois, d'après Saint Paul.