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( 603399 )
La loi du plus fort par le torrentiel (2011-07-31 11:44:24)
La vie est un rapport de forces. Beaucoup aimeraient qu’elle soit lisse comme un lac. Mais même au bord d’un lac, il y a des roseaux qui plient et ne rompent pas. Même lorsqu’on ouvre une porte, on active une force contre la volonté de la porte. Même dans le plus parfait quiétisme, on se laisse porter par le courant, et l’on se rend compte, quand on est parvenu trop loin du rivage, qu’il faut bien le remonter.
- La vie est un rapport de forces : on s’en aperçoit dans la guerre, mais c’est tout aussi vrai dans la paix.
- - L’homminisation, si tant est que ce terme soit adéquat, ou l’humanisation de l’homme, consiste moins à sortir du rapport de forces, qu’à rendre les forces égales, par la volonté du plus fort. Le plus fort, celui-là même qui sait que le pouvoir ne se donne pas, mais qu’il se prend, détourne la loi du plus fort et renonce à sa force. « La vie est une force qui va », le vivant est une force qui veut. Que la vie cesse d’aller, et la cessation du mouvement de la force vitale entraîne la cessation du rapport de forces qu’est la vie. Que le vivant cesse de vouloir, voire qu’il cesse de vouloir s’opposer à la loi du plus fort pour égaliser les forces ; qu’il cesse de s’inscrire en opposition partielle avec la loi de la vie, et il se rigidifie, il se raidit, son coeur fermente, sa bouche est pleine de calomnies, et il devient comme mort d’amertume. Car il sent dans son palais l’amertume de la mort.
C’est dieu qui paraît avoir créé la loi du plus fort dès avant que l’homme ait péché. Sinon, pourquoi la chaîne alimentaire, où la survie de l’un dépend de son ingestion des espèces inférieures ? Quel amour peut-il régner entre les espèces dans de telles conditions ? Et se peut-il que Dieu se Soit pourtant voulu affranchir de la loi du plus fort ? Y a-t-il dichotomie entre les lois de la nature et les lois de Dieu ? L’hypothèse de teilhard se peut-elle soutenir que Dieu, ayant créé la nature, l’ait laissée se développer dans une direction qu’elle aurait choisi de manière autonome ? Dieu aurait-t-Il tant respecté la nature, comme Il a tant Aimé le monde, qu’Il ne soit pas venu s’imposer exogènement à elle, mais qu’Il l’ait contrebalancée en opposant la Miséricorde à la colonne de sa rigueur ? Qu’est-ce qui permet à la doctrine catholique d’affirmer que la mortalité existait déjà dans la création avant le péché pour les animaux et les plantes, mais n’aurait été imposée comme un châtimentqu’au seul homme ? Les animaux n’ont-ils pas reçu une âme ? Par quel anthropocentrisme ne perdant rien de sa superbe, après avoir affirmé que notre espèce a été placée « au sommet de l’univers », continuons-nous encore à dire que « l’homme est la seule créature que dieu ait voulue pour lui-même » ? Devons-nous entendre par là que ce qu’Il a créé par ailleurs, Dieu n’y aurait accordé aucune attention ? Et n’y aurait-Il donné tant de profusion que pour assurer la subsistance de l’homme et se moquer des autres espèces ? Dieu se moque-t-Il de la vie animale ? A ce compte, pourquoi les a-t-Il voulu toutes réunir dans l’arche de Noé ?
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Le torrentiel

( 603409 )
mais si Dieu leur avait donné par jejomau (2011-07-31 17:34:01)
[en réponse à 603399]
une âme, comment aurait-il pu nous dire (à nous, les hommes) que nous étions "créés à Son image et à Sa ressemblance" ?
Ne croyez-vous pas que c'est là le point fondamental ?
Par ailleurs, comment Dieu aurit-il permis à une "espèce animale" (la nôtre !) de "dominer et de soumettre toute la Création" ?
Au nom de quoi pouvait-il dire celà ... si ce n'est justement parceque nous avions une âme et que nous étions "différents" de toute les autres espèces ?
Ne croyez-vous pas ?
... Le problème, c'est qu'à cause de la pomme nous avons pêché ... Ah ! ces femmes...

( 603446 )
Pourttant le mot animal par le torrentiel (2011-08-01 08:50:22)
[en réponse à 603409]
vient du mot anima.
Je sais bien qu'il y a des degrés dans l'animation.
Je sais bien que l'espèce humaine est la seule à qui Dieu ait insufflé une "âme vivante", ce que nous avons pllus opportunément traduit par "âme spirituelle".
Il n'en reste pas moins... que la chaîne alimentaire, par exemple, est une énigme.
La chaîne alimentaire a précédé le péché d'adam et eve.

( 603466 )
Mais votre difficulté par Jean Ferrand (2011-08-01 12:09:15)
[en réponse à 603399]
Mais votre difficulté, Mr Le Torrentiel, n'en est pas une : Dieu a donné une grande importance au monde végétal et animal en le destinant à servir l'homme, roi de la création, et seul être créé pour lui-même, d'après Vatican II.
C'est un très grand honneur pour un chou que d'être mangé par l'homme. Et l'animal qui broute un chou sera aussi mangé par l'homme.
L'autre difficulté sur la mortalité de l'homme s'évanouit également à l'analyse : l'homme était naturellement mortel, par les seules vertus de sa nature, comme les autres animaux. Mais par grâce, don préternaturel, il était élevé à l'immortalité. Il a perdu cette immortalité par le péché originel. Autrement dit, il est revenu à l'état de nature (comme au jeu de l'oie : case départ), aggravé par les séquelles du péché. Mais avec un espoir de rédemption : être racheté par le Christ, dans lequel il retrouverait son immortalité perdue. En toute franchise, je ne vois rien là que de très simple.
Quand la Bible dit : "Dieu n'a pas fait la mort" (Sg 1,13) il faut comprendre, je crois, que Dieu n'a pas voulu la mort de l'homme, ni physique ni spirituelle ; d'autant plus qu'elle ajoute : "il ne prend pas plaisir à la perte des vivants." (Id.)

( 603472 )
C'est un très grand honneur pour un chou que d'être mangé par l'homme. Et l'animal qui broute un chou sera aussi mangé par l'homme. par le torrentiel (2011-08-01 12:32:08)
[en réponse à 603466]
Une amie musulmane m'a fait la même réponse à propos du mouton égorgé pour l'aïd, réponse qui, à la fois m'a fait sourire et que j'ai trouvée touchante.
Si les choses étaient comme vous le dites, il n'y aurait en effet pas de difficulté.
Mais les choses sont naturellement comme elles se voient.
Si la mortalité de l'homme n'était qu'un recours à la case départ à peine aggravé de quelques séquelles, le péché originel n'aurait pas fait grand mal.
Je crois que les citations scripturaires que vous faites sont à prendre à la lettre. Il n'y est pas fait acception de créatures. On peut y ajouter celle-ci, elle aussi tirée du siracide:
"C'est par l'envie du malin que la mort est entrée dans le monde."
L'envie du malin, rien de moins. Voilà qui éclaire la mort d'un jour terrible et singulier, terriblement obscur et noir:
"Le diable, hommicide depuis le commencement", voilà qui a voulu la mort. Et non seulement la mort de l'homme, mais il "a fait entrer la mort dans le monde". Ce qui sous-entend qu'avant qu'il ne provoque son irruption, elle n'y était pas.
Je sais, ce n'est pas ce qui est affirmé par la doctrine catholique. Mais c'est ce qui ressort de l'analyse des textes. Et, ce qui ne gâche rien, c'est logique.