Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 603181 )Le combat spirituel par le torrentiel (2011-07-28 13:25:07) 


- - La maladie vient du diable, la santé vient de dieu.

- Le malheur vient du diable, le bonheur vient de Dieu.

- Le péché est une réponse au diable, la sainteté est une réponse à dieu.


- C’est pourquoi il existe un raport intime entre santé et sainteté.


Ces propositions sont-elles simplistes ?

Comment s’en tirer du combat contre le diable quand on se sait, en tant qu’homme, sujet de hantise ?

L’une des manières de procéder est de biaiser, de prier pour devenir une forteresse imprenable, de croire que cette prière peut être exhaucée, de ne pus s’occuper du diable et de laisser à la vierge, aux bons anges et au christ Lui-même la garde de notre âme. C’est une manière de faire l’autruche. C’est s’enfouir la tête dans le sable en n’ayant pas même le courage de bâtir sa maison surlui. En n’ayant pas même le courage est le mot, car ceci est un effet de la peur. La peur fait désirer à l’homme d’être son propre rocher.

Mais on peut s’y prendre autrement. On peut se rappeler d’abord que Dieu est notre rocher, que sur Lui Seul, est fondée notre espérance ; et que, sur Lui seul, elle est fondée à être fondée. On peut aussi ne pas se dissimuler l’incohérence qu’il y a à ne pas vouloir être un sujet de hantise, à désirer être une forteresse imprenable tout en gardant un cœur vulnérable. On peut partir de l’idée que l’on nest attaqué par le diable qu’autant et dans la mesure où l’on garde un cœur ouvert, accessible et sensible. Pour que cette vulnérabilité recouvrée ne devienne pas prétexte pathologique à se laisser percer de tous côtés, bien qu’on ait le cœur à vouloir prendre sa croix, on peut se rappeler que nous valons plus que le diable aux yeux de dieu, puisque les anges nous sont soumis et que l’homme est supérieur aux anges, supériorité qui fut même l’occasion de leur révolte contre dieu. Mesurant ce prix que l’homme a aux yeux de dieu, nous pouvons, dès lors, nous engager hardiment dans le combat spirituel avec le christ, les anges et Notre-dame. Nous pouvons, en faisant le sacrifice de notre cœur brisé, mener ce combat spirituel dans notre cœur avec et pour dieu.






images/icones/apple2.gif  ( 603187 )la maladie viendrait du diable ? par jejomau (2011-07-28 13:50:23) 
[en réponse à 603181]

Je veux bien le croire. Mais est-ce si évident ? De même je ne crois pas que la santé vienne toujours de Dieu.

C'est 50/50...
images/icones/1i.gif  ( 603193 )Je comprend Jojemau, par castelrey (2011-07-28 14:41:44) 
[en réponse à 603187]

de même la prière : si vous priez par obéissance à votre directeur spirituel (même occasionnel : par exemple un saint prêtre que vous avez rencontré) alors là, la prière elle est efficace!
images/icones/fleur.gif  ( 603201 )Ste Jeanne de France était bossue, malingre et difforme par Armavir (2011-07-28 15:27:14) 
[en réponse à 603187]

Elle fut humiliée toute sa vie, par son père puis par son mari.

Et elle est une grande sainte.

Ste Cécile était aveugle de naissance

Je n'ai pas le temps de feuilleter les bollandistes, mais les saints malades ou estropiés sont légion.

Sans doute, de par leurs souffrances acceptées et offertes, sont-ils plus près de Dieu que nous les bien-portants.

Que serait-il advenu de St Ignace de Loyola si un boulet de canon ne lui avait défoncé la cuisse au siège de Pamplona ?

Alors, du diable les maladies ?
images/icones/1a.gif  ( 603211 )par l'acceptation de leurs souffrances par jejomau (2011-07-28 16:47:39) 
[en réponse à 603201]

et même l'accroissement de celles-ci du seul fait de leur intense désir de s'unir à celles du Christ ils participent au salut des âmes. L'Eglise appelle celà : la "réversibilité des mérites"

Contrairement à une idée répandue aujourd'hui dans l'Eglise depuis le Concile Vatican II désireux de "s'ouvrir au monde" et (forcément) à sa société de consommation.... Vive le Carême et le jeûne! Vive la pénitence ! Vive la Croix ! Vivie l'ascèse et la mortification !.. En bref : Vive les souffrances et les maladies !

images/icones/croix.gif  ( 603240 )Porter sa croix par Maïe (2011-07-28 23:17:47) 
[en réponse à 603211]

-+IHS+-

En bref : Vive les souffrances et les maladies !



Allons, un peu de compassion : ayez pitié de ceux qui souffrent (la formule peut être mal prise, non ?:).

Ceci étant dit : oui, la souffrance est rédemptrice, l’Église nous le dit à la suite du Christ en croix qui a tant souffert pour nous sauver.
Pas pour Lui : Il est Dieu.

Tout au long des Évangiles on voit le travail de la souffrance sur les hommes et les femmes, il y en a tant que je n'en ferais pas la liste.

Et puis il y a tous ces saints qui furent de grands malades -pas forcément des malheureux, c'est vrai- : Saint Thérèse de l'Enfant-Jésus, Sainte Bernadette, Padre Pio, etc.

Oui, la souffrance est rédemptrice et en effet, on peut contribuer en offrant ses souffrances à sauver le monde.
Et : oui, c'est une grande consolation...
images/icones/croix.gif  ( 603244 )On devrait vous engager à Rome par Rémi (2011-07-28 23:57:15) 
[en réponse à 603240]

Chère Maïe, si par hasard on était en panne de titres pour les documents magistériels, tant votre inspiration ''la souffrance est rédemptrice'' est tombée très près d' une idée pourtant aussi post-Vatican II ...


Merci à vous.

images/icones/neutre.gif  ( 603272 )Du mal peut naître un bien par le torrentiel (2011-07-29 10:54:10) 
[en réponse à 603211]

Tout est dans le titre.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 603285 )Dieu ne laisse jamais le mal s'il ne porte bien par Glycéra (2011-07-29 12:43:29) 
[en réponse à 603272]

Comme on disait dans les campagnes :

"Le Diable porte pierre"

Dieu ne laisse jamais un mal s'il ne porte un bien meilleur.
On dit aussi que Dieu déteste tant donner les fessées qu'il laisse le Diable s'en charger, et le tient en laisse.

N'est ce pas les pères de l'Eglise qui disaient que "Dieu gouverne le monde à deux mains" ?

Glycéra

qui sait que les ténèbres sont là pour servir d'écrin à la lumière, et a lu que "l'ombre est là pour souligner la place de la lumière"

et rappelle aux enfants le soir que "si j'ouvre la fenêtre, c'est la lumière qui éclaire le jardin, et non la nuit qui remplit la chambre"
images/icones/neutre.gif  ( 603268 )Sainte-cécile était aveugle de naissance? par le torrentiel (2011-07-29 10:37:26) 
[en réponse à 603201]

Ce qui explique qu'elle ait été grande musicienne.


Ce n'est pas seulement un cliché.


Quant aux maladies... C'est le mal... c'est le mal à dire qui fait du mal!


Le diable en est-il à l'origine? Il faut croire que oui, puisque le christ en guérit, de manière significative.


N'oublions pas d'autre part que dieu permet les épreuves, mais Il ne les envoie pas plus que c'est Lui qui nous induit en tentation.


Heureux d'avoir pu susciter votre intérêt, vous qui avez la grâce d'avoir des frères...


qui sont des prêtres de caractère



et sans doute même de saints prêtres.
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 603283 )Maladie... santé... par Glycéra (2011-07-29 12:36:47) 
[en réponse à 603187]

Jésus en a parlé.

Le péché n'est pas automatiquement "converti" en maladie.
Les péchés des parents ne sont pas livrés sous forme de maladies aux enfants.
...

Mais il dit aussi "qu'est-il plus facile : guérir l'âme ou guérir le corps ?"


On retrouve c e que les anciens thérapeutes faisaient, les pères du désert le savaient, Hippocrate l'a formulé ainsi :

"Si tu ne soignes l'âme, tu ne sauras faire guérir ni le corps nui l'esprit"

Je renvoie à ce vieux message
dans les archives, une discussion sur le sujet.


On est malade par
- ingérence externe, accident, coups, ...
- mauvaise hygiène, de pensée, de vie, de moeurs...
- âme tourmentée à tort, ou trop...
- acceptation de maux en sympathie fraternelle
- demande à Dieu de porter les maux de quelqu'un d'autre


Les deux dernières manières sont rares, elles sont celles d'âmes saintes, et ne sont nullement une obligation, même si l'enseignement janséniste a pu le donner à croire.

Jésus, ni sa mère ne furent jamais malade.
La santé vient de Dieu.

Il n'est pas utile de confondre maladie (déraillement de fonctionnement de l'équilibre) et difformité (défaut de conception).

Quelqu'un comme l'apôtre des lépreux montre bien que ce n'est pas automatique de "tomber" malade en présence de tel ou tel microbe. La conception automatiquement mécaniste de Pasteur est erronée. Mais le Père Damien est tout de même mort de la lèpre, après avoir, en conscience choisi de donner ses forces et souffrances années à les sauver, à enseigner leur âme et à leur redonner dignité d'homme saints. Pourquoi a-t-il contracté la lèpre ? Quand son organisme, fatigué a succombé ? Quand il a pris sur lui les mêmes souffrances que ses pénitents, car Dieu a plus parlé par son acceptation que par sa résistance ? Très certainement oui, et pour les deux raisons qui sont concomitantes. Il est heureux qu'il fut un jour mort, qu'il change de lieu de vie, et qu'il accède enfin au Ciel.


Il est loisible et bon de demander la santé "si cela est utile à votre Service, Seigneur" et mauvaisement orgueilleux de l'exiger sur le champ...


Sain et Saint ont la même origine : c'est divin !
C'est ainsi que nous devons aider à soigner nos frères et nos enfants.


Glycéra
repartie sur son "dada"
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 603294 )SOmmes-nous chargés de combattre le Diable ? par Glycéra (2011-07-29 16:14:29) 
[en réponse à 603181]

La liturgie est remplie d'appels à Dieu, à ses saints, et surtout à ses anges (bons et saints) pour combattre.

Nous n'avons pas le rôle de combattre le Diable.
Même un exorciste ne le combat pas.
Il est rare que Dieu donne à un homme la tâche de lutter contre un ange (même mauvais) !

Défendre quelqu'un est une chose, aller combattre une autre.

Appeler Dieu à l'aide, ou Marie, la reine des anges, donc des démons est notre seule arme.

Même Saint Michel n'a pas combattu sans avoir l'arme que Dieu lui a confiée. Seul il ne pouvait rien : il est venu proposer à Dieu de servir, et Dieu lui a donné les moyens.

Seul l'appel à Dieu est de notre ressort ?
Et la liturgie est notre vivier, notre armurerie, notre organisation pour poser les bombes que Dieu allumera contre le Diable.


N'est-ce pas plus humble et plus confiant en la miséricorde de Dieu que de dire que c'est à nous petits hommes ridicules de lutter contre ces légions d'un tout autre ordre intemporel ?

Glycéra
qui se sent à l'abri avec les murailles des prières de la liturgie ancienne...

images/icones/marie.gif  ( 603295 )Raisonnement restreint... je ne vous suis pas par Glycéra (2011-07-29 16:54:22) 
[en réponse à 603181]

Si vous dites qu'un coeur ouvert, sensible, accueillant est forcément hôte du Diable ; si vous dites que chercher à se "réfugier" dans les prières pour laisser Dieu faire à notre place... Je vous contredis.

Marie n'est-elle pas le modèle des coeurs ouverts, sensibles accueillants ? Et le Diable n'y entra jamais.
Pas par ses combats, mais par grâce de Dieu.

Elle n'alla jamais au combat, Dieu a protégé sa fille si chérie, sa mère si tendre, et interdit au Diable de rôder par chez elle, ce qui a mis le Diable en rage.

Elle a vaincu le Diable, mais ne l'a pas combattu au sens des luttes de choc que nous entendons. Elle est sa reine, et il en est fou de sale colère !

Elle est forte, la plus forte des femmes jamais vivante !
Elle est sensible, la plus fine de toutes les mères jamais nées.

Elle a su entendre Dieu en elle, à chaque action, à chaque respiration, elle est sous la brise douce de Dieu, et le sert avec paix.

Si c'est l'heure de lutter luttons, contre nos tendances, nos faiblesses, et à fuir les tentations, à repousser les idées insidieuses. Nous luttons en nous, pas contre le Diable.

Padre Pio, le curé d'Ars ont bagarré, mais nous en sommes dispensés, trop faibles. Dieu envoie ses hélicoptères dès que nous L'en prions !

Glycéra
images/icones/neutre.gif  ( 603301 )Le coeur ouvert, par le torrentiel (2011-07-29 18:45:24) 
[en réponse à 603295]

dans mon raisonnement, est une consolation d'être sujet de hantise, c'est-à-dire, non pas une conscience imperméable à des interventions extérieures, mais possiblement hantée, tentée, attaquée, infestée par le diable et ses légions de démons.


Cette formule, "sujet de hantise", que j'ai trouvée, au hasard de l'échafaudage ou de la fabrication d'un aphorisme, m'amènne à faire un excursus sur l'emploi du terme "sujet" par "la philosophie du sujet", qui voit dans celui-ci, depuis le "cogito" cartésien, une espèce de souverain qui déduit tout à partir de sa conscience, voire qui crée ce qui ne se déduit pas de soi-même, mais dont il souhaite l'existence de la réalité.


Le "sujet passant en souverain, voilà l'un de ces retournements conceptuels opéré par ce que j'aime appeler "l'inconscient sémantique", qui nous renseigne sur la véracité ou la fausseté des concepts.