Le Forum Catholique
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( 602562 )
La Fraternité St Pierre a-t-elle un avis sur la future réunion d'Assise ? par XA (2011-07-22 23:09:15)
On ne sait pas encore très bien comment se déroulera la prochaine réunion inter-confessionnelle d'Assise. On sait en revanche que des voix se sont exprimées pour faire preuve de leurs inquiètudes. Nous n'avons a priori écho d'aucune réaction, rassurante ou non.
Deux Instituts majeurs n'ont rien écrit publiquement. Gricigliano a peu de chances de sortir du bois. Personnellement, cela m'est égal, même si en tant que catholique je préfèrerais une voix, sinon une voie, ferme et claire.
Plus importante à mes yeux est la position officielle des Supérieurs de la FSSPierre.
Je serais heureux que les Supérieurs s'osent à une réflexion, quelle qu'elle soit. Pas forcément aujourd'hui là maintenant, mais lorsque nous en saurons plus. Cela se doit à mon avis, néanmoins, d'être préparé dés à présent.
XA

( 602585 )
Je crois que vous pouvez toujours attendre ! par Jean-Paul PARFU (2011-07-23 08:15:46)
[en réponse à 602562]
C'est là, précisément, que l'on comprend les limites du choix "légaliste" de la FSSP (et des autres instituts ED).
Plus aucun mot officiel sur les dires, les écrits et les actions qui émanent de la Rome officielle.
Pour moi, à l'origine, le problème vient d'une mauvaise analyse de la situation : ceux qui allaient devenir les membres de ces instituts (IBP mise à part, puisque sa fondation s'est faite dans des conditions un peu particulières) n'ont pas compris :
- l'ampleur de la crise que nous vivons, qui est apocalyptique, qui touche l'Eglise elle-même et qui ébranle la Foi du Pape et des évêques, comme autrefois celle de Pierre et des Apôtres ;
- que le Pape peut errer, chanceler, tout en restant le Pape, comme St Pierre a erré autrefois lorsqu'il a renié son Maître et que l'on peut s'opposer ouvertement à lui comme l'a fait St Paul, par exemple, tout en demeurant catholique !
Bien entendu, ces instituts ont des circonstances atténuantes, notamment le caractère inédit de cette crise, hormis les exemples cités par moi ci-dessus, et le travail qu'elles accomplissent discrètement au sein de l'institution.
C'est la raison pour laquelle je dis souvent que FSSPX et instituts ED sont complémentaires, avec pour moi, une nette préférence pour la FSSPX !

( 602597 )
oui, mais les exemples cités par vous ci-dessus par le torrentiel (2011-07-23 10:42:53)
[en réponse à 602585]
émanent du temps d'avant la Pentecôte.
La dimension du "rome perdra la Foi" tout en restant à Rome, bien que "rome ne soit plus dans rome", relève à mon avis, soit d'une évolution apocalyptique éventuelle, soit, plus probablement, d'une fantasmagorie liée aux secrets de la salette et autres "ésotérismes" semblables, mo-pique dans lequel il ne faut évidemment pas entendre une quelconque "science sacrée", mais le culte d'une curiosité attisée qui nous empêche d'aller à l'essentiel: moins la critique de l'Eglise que la lecture fervente de la Parole de dieu et des auteurs sacrés.
Bien cordialement
le Torrentiel

( 602599 )
il y a quand même quelque chose qui méchappe totalement par jejomau (2011-07-23 10:53:27)
[en réponse à 602562]
On le découvrira en ouvrant ce
LIEN.
La rencontre qui se fera le 11 septembre, centrée sur le thème «
Voués à vivre ensemble. Religions et cultures en dialogue », se veut une «
rencontre de préparation » à l’évènement convoqué par le pape
à Assise.
L'Eglise catholique organise donc une "rencontre
interreligieuse à laquelle participeront des personnalités religieuses et
politiques d'environ soixante pays du monde ??????? "
Qu'on m'explique ce que viennent faire
le président de la République allemande, Christian Wulff, ainsi que
la chancelière Angela Merkel ?
Pourquoi des politiciens interviennent-ils dans une rencontre - Assise - qui se veut un dialogue entre des religons ???????
De plus en plus curieux.....

( 602706 )
Il y a, Kant m'aime, quelque chose qui m'échappe également. par Scrutator Sapientiæ (2011-07-24 00:33:09)
[en réponse à 602599]
Bonsoir jejomau,
Merci beaucoup pour votre message, grâce auquel je suis "tombé", au même endroit, sur deux autres textes, tout aussi emblématiques ou symptomatiques de ce que j'ai déjà appelé, ici même, la mentalité "ombrio-pérousienne", parce qu'un lecteur s'était élevé contre le fait que nous étions quelques-uns à ne plus échanger que sur l'Es. d'As. Voici de quoi il s'agit exactement :
I. DIALOGUE, PRIÈRE AU COEUR DE LA RENCONTRE D’ASSISE, PAR LE CARDINAL TAURAN
" ROME, Mardi 12 juillet 2011 (ZENIT.org) –Le 25e anniversaire de la première rencontre des représentants des grandes religions à Assise sera célébré et vécu « sous le signe de la réflexion, du dialogue et de la prière », a expliqué le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux.
Le 27 octobre prochain, sur les pas de son prédécesseur Jean-Paul II, Benoît XVI a convoqué une rencontre interreligieuse sur le thème : « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix ».
Dans une réflexion publiée dans L’Osservatore Romano, le cardinal Tauran a souhaité rappeler l’importance de cette invitation pour les Eglises particulières et les communautés du monde entier, elles aussi invitées à s’associer par la prière à cette journée.
Durant cette rencontre, a expliqué le cardinal Tauran, « la réflexion, le silence, la prise de distance » seront « les compagnons nécessaires » à un vrai dialogue : « s’il devait manquer, ce processus risquerait de s’appauvrir et de se réduire à un échange d’idées avec peu ou sans épaisseur spirituelle et intellectuelle ».
« Encore une fois – a-t-il ajouté – nous nous demanderions : pourquoi les chrétiens s’engagent-ils à dialoguer avec des personnes et des communautés d’autres religions ? ».
La première raison : « nous sommes tous des créatures de Dieu, et donc frères et sœurs ». La deuxième réside dans le fait que « Dieu est à l’œuvre en chaque personne humaine qui, déjà à travers l’usage de la raison peut pressentir l’existence du mystère de Dieu et reconnaître les valeurs universelles ». Il existe enfin une troisième raison : « identifier dans les différentes traditions religieuses le patrimoine de valeurs éthiques communes qui permet aux croyants de contribuer, comme tels, à l’affirmation de la justice, de la paix et de l’harmonie dans les sociétés dont ils sont pleinement membres ».
Le cardinal Tauran a rappelé que le dialogue n’était pas « une conversation entre responsables religieux ou croyants de différentes religions » ou « une négociation de type ‘diplomatique’ ». Non, le dialogue véritable « est un espace pour le témoignage réciproque entre croyants appartenant à des religions différentes, pour plus et mieux connaître la religion de l’autre et les comportements éthiques qui en découlent ».
Il a évoqué les 4 manières principales selon lesquelles les croyants sont invités à dialoguer : le dialogue de vie (partage des joies et des épreuves de la vie quotidienne), le dialogue des œuvres (collaboration en vue de la promotion du développement intégral de l’homme) ; le dialogue théologique quand il est possible (compréhension des héritages religieux respectifs) et le dialogue de l’expérience religieuse (partage des richesses spirituelles mutuelles).
Chacun priera selon sa propre tradition religieuse
Le 27 octobre prochain, a-t-il expliqué, « les espaces de dialogue ne manqueront pas, qu’ils soient formels ou informels ». Le premier moment, formel, sera constitué de la commémoration de la rencontre de 1986 comme de celles de 1994 et de 2002 et d’un approfondissement sur le thème de la journée : « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix ».
Outre le pape, des responsables des délégations présentes interviendront. « Un moment de dialogue sera aussi constitué de l’adhésion à l’engagement pris le 24 janvier 2002 en faveur de la paix. Tous renouvelleront les engagements manifestés ce jour-là : ‘Nous nous engageons à…’ », a-t-il expliqué.
Enfin, a-t-il rappelé, la prière sera au cœur de cette rencontre. Elle accompagnera « le début, le déroulement et la conclusion » de chaque moment.
La Journée du 27 octobre comportera « des moments de prière, entendue comme un dialogue de chaque croyant avec Dieu et avec l’Absolu, chacun selon sa propre tradition religieuse ou sa recherche de la vérité ».
« Un moment de prière personnelle et de réflexion suivra le déjeuner partagé sous le signe de la fraternité et de la frugalité », a-t-il conclu. « Le chemin-pèlerinage de l’après-midi en silence vers la basilique Saint-François offrira aussi un espace à la prière et à la méditation personnelle ».
Pour les catholiques, le pape présidera une veillée, le 26 octobre au soir dans la basilique Saint-Pierre à Rome. Une invitation a aussi été lancée aux Eglises particulières et aux communautés du monde entier d’organiser des moments de prière : cela « illustre l’importance de la prière pour cette Journée », a conclu le cardinal Tauran. "
II. RENCONTRE D’ASSISE : UN RENDEZ-VOUS AVEC LES SURPRISES DE L’ESPRIT SAINT Par Maria Voce, présidente du Mouvement des Focolari
" ROME, Jeudi 14 juillet 2011 (ZENIT.org) – 25 ans après la première rencontre des grandes religions organisée à Assise à l'initiative de Jean-Paul II, Maria Voce, présidente du Mouvement des Focolari, s’interroge sur les « nouvelles surprises » que l’Esprit Saint réservera lors de la prochaine rencontre convoquée par Benoît XVI le 27 octobre prochain à Assise.
Dans L’Osservatore Romano, Maria Voce a voulu dire sa « joie » et sa « gratitude » à Benoît XVI pour l’organisation de cette Journée. « C’est la joie qui naît devant une inspiration qui donnera certainement une nouvelle accélération et une profondeur dans la manière de vivre ses propres convictions religieuses au service de la paix », dit-elle.
Maria Voce évoque la paix comme une « urgence » alors que « la peur de la religion » se répand de plus en plus, accusée d’être la cause de « nombreux conflits, tensions,phobies, intolérances et persécutions » dans le monde.
En 2004 à Londres – rappelle Maria Voce – Chiara Lubich, fondatrice du Mouvement des Focolari, s’interrogeait sur l’avenir de nos sociétés multiethniques, multiculturelles et multireligieuses. « Face aux risques de choc des civilisations, elle avait rappelé la vision de saint Augustin au temps de l’écroulement de l’empire romain sous la pression des migrations des peuples : non pas la fin d’une civilisation mais la naissance d’un monde nouveau ».
Il y a 25 ans, « la vision de ce monde nouveau s’est faite expérience durant cette première rencontre historique des chefs religieux du monde à Assise », a estimé Maria Voce. Et aujourd’hui, le pape Benoît XVI « reçoit la consigne de son prédécesseur » qui, alors, invitait à « retrouver et à maintenir toujours vivant l’esprit d’Assise comme motif d’espérance pour l’avenir ».
Durant ces 25 ans, la voie ouverte par le bienheureux Jean-Paul II a fait « un grand chemin grâce à l’action de l’Esprit Saint qui relie de manière admirable l’enseignement et les gestes prophétiques des papes à la vie de nombreux témoins, d’anciens et de nouveaux charismes, d’ordres monastiques et de nouveaux mouvements ecclésiaux, qu’Il a suscités dans l’Eglise catholique et dans d’autres Eglises et communautés ecclésiales ».
C’est l’Esprit-Saint – a-t-elle rappelé – qui « guide l’histoire » pour atteindre « ce grand dessein d’unité » malgré « les nombreuses ombres qui accablent notre planète ».
Aujourd’hui – a ajouté Maria Voce – « le dialogue entre les religions ne peut se limiter aux responsables, aux chercheurs et aux spécialistes ». « Il doit devenir un dialogue du peuple, un dialogue de vie qui se révèle toujours plus indispensable pour une coexistence pacifique dans nos villes et nos pays où nous vivons coude à coude avec des musulmans, des bouddhistes, des hindous et des sikhs. C’est une histoire à découvrir et peut-être à inventer, sans se laisser accabler par la rumeur de l’intolérance et de la violence ».
« Nous avons expérimenté le visage authentique de l’islam et la force de paix du dialogue, même dans des points cruciaux comme en Turquie, en Terre Sainte, au Liban, au Pakistan, aux Etats-Unis, sans parler de l’Europe », a-t-elle conclu. « Partout, nous connaissons des chrétiens et des musulmans qui témoignent que l’on peut passer de la peur de l’autre à la découverte de l’autre, et que cela peut avoir des conséquences sur la coexistence fraternelle dans les villes ».
Evoquant un récent congrès du mouvement des Focolari en Italie, Maria Voce a cité les paroles d’un imam : « J’ai appris à ne pas me rendre à la logique ami-ennemi, à parier sur l’unité de la famille humaine liée par des liens d’interdépendance et de fraternité, à regarder l’autre avec la certitude que j’y trouverai une richesse inconnue ».
« Suivons et prions dès maintenant – a-t-elle invité – pour le grand rendez-vous d’Assise en octobre prochain. Dans l’attente des nouvelles surprises que l’Esprit Saint nous réservera ». "
Par delà le jeu de mot, il faut croire que Kant m'aime un peu, puisqu'il lui arrive de m'inspirer un minimum d'esprit critique, et Dieu sait que je ne suis pas de ceux qui se contentent de recourir à un souci d'analyse critique pour réussir à condamner ce qui est associé au passé, car je m'efforce également d'y recourir pour essayer de comprendre dans quelle mesure des personnalités certainement bien intentionnées se sont mises, au sein ou autour de la tête de l'Eglise, à conjuguer l'utopie à ce qui ressemble fort à de l'impératif présent.
Je vous souhaite une bonne nuit.
Scrutator.

( 602723 )
Cher scrutator, on aurait tout de même envie de répondre à Maria voce... par le torrentiel (2011-07-24 09:57:43)
[en réponse à 602706]
par une question.
Comment se fait-il que le monde se soit radicalisé depuis et malgré assise, peut-être du fait des résistances à "l'esprit d'assise", je veux bien en émettre l'hypothèse...
Mais enfin, les découvertes individuelles (qu'elle appelle des "surprises de l'esprit-saint") qu'il ne faut pas être altérophobe font peu de poids auprès du contexte de radicalisation civilisationnelle et interreligieuse qui a sévi dans le monde du fait du "cynisme", pour reprendre votre mot d'un message ultérieurement posté par vous et dont je vous remercie, dontont fait preuve des dirigeants politiques sans scrupule engageant les peuples dans des guerres pétrolifères conduisant tout droit au "choc des civilisations" et à la rancune, légitime en matière de politique extérieure de l'Occident, des musulmans contre nous que les plus radicaux d'entre eux appellent des "croisés", d'autant moins respectables que nos motifs ne sont que mercantiles.
Quant au cardinal tauren, malgré le caractère lénifiant de certains de ses propos, il résume en quatre adjectifs les quatre manières de possibles de pratiquer le dialogue interreligieux. Si je les reformule en les développant à ma façon, il s'agit:
-du dialogue de vie (il m'est souvent arrivé de bénéficier de la charité directe de musulmans habitant mon pays);
-du dialogue des oeuvres (par exemple, un catholique ou un musulman peuvent indifféremment apporter leur obole au "secours catholique" ou au "secours islamique" lorsqu'il s'agit d'oeuvrer contre la pauvreté en france ou d'endiguer les récentes inondations pakistanaises, voire de défendre la cause palestinienne: il serait contreproductif d'aider les seuls chrétiens d'Orient);
-le dialogue théologique (le cardinal ajoute: quand c'est possible); à nous, simples laïques, il n'est sans doute guère possible de risquer des formulations doctrinales; pourtant, je reste marqué pour longtemps par certaines nuits radiophoniques passées à écouter faire de l'exégèse ensemble, chacun en exposant sa manière de comprendre les textes sacrés qui ont servi de base commune, des juifs, des chrétiens et des musulmans ouverts à communiquer ce qu'ils découvraient sous ces textes;
-enfin, ce que le cardinal n'appelle pas "le dialogue spirituel", lui préférant l'expression de "dialogue des expériences religieuses". Il n'empêche que comprendre comment un musulman ou un chrétien ont une relation commune à la prière et même à la cantilation est d'un grand intérêt pour essayer de saisir ce que sont les invariants spirituels de l'"animal religieux" humain.
J'espère que mon résumé de ces quatre formes de dialogue ne heurtera pas votre souhait (que je partage) que l'Eglise catholique sache tenir un "discours non agressif, mais offensif et incisif" (...) pour la Gloire de Dieu et le salut du monde, non pour la gloire de l'homme et son bonheur dans le monde.
Mais je crois que tenir un discours qui sait être offensif n'empêche pas d'"avoir des oreilles pour entendre" et des yeux pour voir des réalités qui ne sont pas les nôtres, mais qui peuvent s'en rapprocher, au-delà du contexte géopolitique dans lequel elles sont vécues.
Lorsque vous vous promenez dans le vieux Jérusalem, c'est particulièrement instructif. Malgré la souveraineté (plus ou moins usurpée) de l'Etat d'Israël sur cette ville, le coeur religieux de cette ville est un quartier arabe où le coran est cantilé; vous entendez cette cantilation en vous rendant d'un édifice chrétien à l'autre; cette coexistence est plutôt pacifique quoiqu'entourée de soldats, plutôt destinés à protéger ceux qui se rendent au "mur des lamentations"; les palestiniens musulmans ont le respect des pèlerins chrétiens, pourvu qu'ils ne soient pas américains (propos tenu par l'un d'entre eux à ma belle-soeur).
Ce qui n'empêche pas que, quand vous logez chez les bénédictines du Mont des Oliviers, comme j'en ai eu l'insigne faveur, elles vous disent, à la fois que leurs rapports avec les palestiniens sont excellents dans l'ensemble, mais qu'il n'en va pas de même avec leurs enfants, qui perpètrent souvent des actes de délinquance dans leur jardin, raison pour laquelle elles ont dû s'équiper de quatre chiens à l'air féroce qu'elles détachent la nuit.
Bref, ni "bisounoursisme", pour reprendre un mot en vogue ici et ailleurs, ni fermeture aux contacts que peuvent nous faire nouer la charité et la prière, aspiration vers dieu, que Celui-ci soit le même ou non, question disputée dans laquelle je n'entrerai pas.
Cordialement
le Torrentiel

( 602605 )
La FSSP restera silencieuse ! par Boanergues (2011-07-23 11:56:55)
[en réponse à 602562]
Je n'espère qu'une chose c'est me tromper dans cet avis qui m'est dicté par le fait que j'ai constaté que souvent, dans les situations délicates, elle ne se "mouillait" pas.
Il y a des exceptions bien sûr et peut-être certains, autorisés, auront-ils le courage de répondre à la question !

( 602608 )
Dans d'autres cas , par Philippilus (2011-07-23 12:24:28)
[en réponse à 602562]
comme l'enterrement d'Yves-Saint Laurent, celui de Georges Frêche, la présence de Mgr Nourrichard à une "ordination" féminine, la prédication d'un Rabbin à N.D. de Paris, je n'ai pas eu connaissance d'un avis de la FSSP...
En ce qui concerne la pratique de œcuménisme, du dialogue inter-religieux, je n'ai pas eu connaissance d'un avis de la FSSP.
Jadis, il existait un mouvement laïc dans la mouvance traditionnelle : "les silencieux de l'Eglise". Ils ne sont plus seuls.
Philippilus

( 602615 )
Et bien voilà ! par M (2011-07-23 13:52:39)
[en réponse à 602608]
Ce mouvement reprend des forces !
Parce que entre ceux qui feraient mieux de la fermer et ceux qui ne l'ouvre pas, il y a un juste équilibre !
Et la FSSPX sur Tradiland est en grand déséquilibre !
M...


( 602669 )
Méfier vous, par Philippilus (2011-07-23 20:21:13)
[en réponse à 602615]
car à force d'escalader les sastrugi dans le brouillard, et de se promener sous les vents catabatiques, même en étant un virtuose de l'équilibre, on finit bien par risquer de glisser, et il est alors bien difficile de se relever.
pour ce qui est des déséquilibres, ce n'est en effet pas souhaitable, mais pas trop grave si le terrain est bon.
Philippilus

( 602670 )
Aaaaaaaaaaaaaaaaaargh par Philippilus (2011-07-23 20:23:00)
[en réponse à 602669]
Il fallait lire: méfiez-vous.
J'aurais du me méfier.

( 602621 )
On va peut-être se calmer... par BdM (2011-07-23 14:20:19)
[en réponse à 602608]
Vous faites une confusion grave entre un institut clérical et l'AFP !!
Depuis quand les communautés religieuses ont-elles vocation (en tant que telles) à édicter à tout bout de champ sur internet (ou ailleurs) leurs "positions officielles" sur les évènements de l'actualité (y compris religieuse) ?? Vous les prenez pour une antenne locale du Saint-Office ?
Une "société de vie apostolique" (c'est le terme juridique) comme la FSSP est un groupement dont les membres "menant la vie fraternelle en commun, tendent, selon leur mode de vie propre, à la perfection de la charité par l'observation des constitutions" - cf. Canon 731 §1 du CIC).
Je crois que vous êtes complètement à côté de la plaque.
Après, que tel ou tel prêtre donne des explications, commente ou mette en garde ses propres fidèles (dont il a la charge) à propos de ceci ou cela, cela est bien normal et parfaitement dans l'ordre des choses.

( 602625 )
Le problème avec la petite Eglise par M (2011-07-23 14:44:01)
[en réponse à 602621]
c'est que comme elle détient la Vérité, elle ne peut se taire !
Heureusement que des abbés de la petite Eglise rencontrent
des abbés ED !
Cela permet à la Vérité de se répandre ......
Z'maginez Mgr X apprenant que les abbés Z, B, et C rencontrent les z'abbés M, Q, et W ?
Driiiiing !

excusez moi !
Allo .....
...............................
Mais non ! je n'ai rien dit ......
M...


( 602655 )
la "petite église".. c'est çà ? par jejomau (2011-07-23 18:17:36)
[en réponse à 602625]
LIEN
... Enfin, c'est ce qu'un prêtre de la FSSPX m'avait appris étant jeune... Comme quoi tout est relatif et sujet à quiproquo !

( 602657 )
Effectivement ! par M (2011-07-23 18:26:52)
[en réponse à 602655]
Mais quand je parle de la petite Eglise, je parle de celle que certains
pensent avoir fondé sur les traces de Mgr Lefebvre....
Dans chaque grande oeuvre humaine, on ne peut malheureusement éviter les débordements ....
Et même si cette oeuvre est inspirée par le Ciel, comme j'aime à le croire.
Bref, revenons sur terre !
Ca déborde sec !
M...


( 602665 )
Comme vous y allez toujours de bon coeur ! par Miserere (2011-07-23 20:01:16)
[en réponse à 602657]
L'IBP est sûrement la race supérieure .
Maintenant nous sommes réduit à la petite Église , c'est gentil en tant que fidèle d'être traité de Sédévacantiste .
Je ne dit pas que tout est blanc à la FSSPX , elle a aussi ses faiblesses et incompréhensions , mais seulement dirigé par des hommes .
Dans toutes les institutions de chacun , le Bon Dieu sera reconnaitre notre fidélité et ce n'est pas difficile de l'aimer .
La FSSPX a l'habitude des attaques , cela ne date pas d'hier , ses ennemis les plus virulent sont souvent ceux qui l'ont fréquenté .
Dans tous les bouleversements de l’Église , annoncé par le Ciel lui-même , le Bon Dieu sera y mettre de l'ordre .
Mais comme dirait Notre-Seigneur , pour se sauver il faut suivre les commandements , j'avoue que la difficulté est surtout là .
Que chacun trouve sa place qui lui permet de garder la Foi .
Bien à vous .
Miserere

( 602617 )
Avez-vous posé votre question à la Fraternité Saint Pierre ? par Effata (2011-07-23 14:08:03)
[en réponse à 602562]
tout simplement ?

( 602618 )
Non, M'sieur... par XA (2011-07-23 14:13:27)
[en réponse à 602617]
Ce n'est pas une position privée que j'évoque. M'auriez-vous mal compris ?
XA

( 602647 )
Aucun intéret! par Métronome (2011-07-23 17:39:51)
[en réponse à 602618]
Cher XA votre question n'a aucun intérêt sinon celui d'attiser la vindicte d'un certain nombre de liseurs sur ce Forum.
Je regrette votre question.
Est-ce la mission de la FSSP de se poser en censeur de l'Eglise Catholique Romaine?
La Fssp est-elle obligée d'avoir une position sur tout et n'importe quoi qui se passe dans l'Eglise?
Est-il prudent que la FSSP porte un jugement sur un évènement dont personne en fait ne connait le déroulement? A ma connaissance, le seul mot de "Assise" a fait bondir la FSSPX comme une pseudo vierge effarouchée. Et comme toutes les personnes de mauvaise Foi elle s'est empressée de condamner avant de voir de quoi il s'agissait.
Et puis, la FSSP aurait-elle le droit, le cas échéant, d'approuver cet évènement sans encourir l'excommunication latae sententiae de la part de sa sainteté le pape Mgr Fellay?
Vraiment je ne comprends pas votre question!

( 602663 )
Réponse lamentable par Pellicanus (2011-07-23 19:31:11)
[en réponse à 602647]
Monsieur Métronome,
Vous regrettez la question de XA, les liseurs ne peuvent que regretter votre réponse.
Je passerai sur votre propos idiot concernant Monseigneur Fellay, on n'est plus à ça près.
Personne, d'autre part, ne pense se poser en censeur de l'Eglise Catholique Romaine, certainement pas les ratzingériens nomistes qui se sont déjà honorablement manifestés, et certainement pas XA.
Au milieu des remous qui agitent les esprits sur une question qui n'a rien à voir avec "tout et n'importe quoi", comme vous dites si mal, des fidèles de la FSSP (car XA n'est certainement pas le seul) auraient besoin d'entendre une voix venant de leurs pasteurs, et tout ce que vous trouvez à répondre c'est : "RAS, écrase-toi, va jouer !"
J'espère une chose : que votre réponse n'est pas celle de la FSSP.
La question posée par XA est non seulement légitime, elle est importante. La réponse n'est pas formatée à priori, il existe tout une gamme de réponses possibles, et les formes peuvent être diverses aussi.
Mais rien ne peut être plus mal compris que le silence volontaire qui laisse justement penser tout et n'importe quoi.
Si vous êtes à ce point partisan du black-out, vous devriez éviter de répondre, pour ne pas rajouter sur le silence une consigne expresse du silence.
Pellicanus

( 602668 )
Crétin ! par Patapouf (2011-07-23 20:16:21)
[en réponse à 602647]
Crétin! J'adore cette expression apprise chez Suricate
Bien sûr que la FSSP n'a pas pour mission de censurer l'Eglise. Ce n'est pas ce que l'on vous demande.
La Frat Saint Pierre a quand même pour mission de guider ses brebis et de les mener à bon port.
Même les apôtres ont réveillé Notre Seigneur qui dormait pendant la tempête. Ils ont eu la trouille. Si Assise ne vous fout pas la trouille, poser vous des questions, mon vieux.
XA pourrait poser la question en privée à une personne physique, plus ou moins chef de la famille sacerdotale St Pierre, certes, mais encore une fois on s'en fout un peu. La question est
La Fraternité Saint Pierre a-t-elle un avis sur la future réunion. XA n'a pas dit : "Pourquoi qu'y disent rien sur le scandale d'Assise?".
Patapouf, éructeur et roi de l'invective.


( 602671 )
A priori pourquoi ? par Nemo (2011-07-23 20:35:40)
[en réponse à 602562]
A priori je ne vois pas pourquoi l'on doit prendre position en tant qu'Institut tant que l'événement n'a pas eu lieu.
Mais je ne cacherais pas ma déception, ce qui est un mot faible, si la FSSP ne dénonce pas, de façon constructive, un scandale ou même de graves ambiguités s'il y en a, même si la FSSP a plus comme mission de former des prêtres que de se poser en censeur des actes de l'Eglise.

( 602679 )
Est-ce que j'écris en Français ? par XA (2011-07-23 21:20:26)
[en réponse à 602671]
Il semble que certains m'aient lu de travers.
Je n'ai pas évoqué une quelconque urgence. Je me suis contenté de suggérer aux Supérieurs de se préparer, d'une façon ou d'une autre. Point.
Je veux bien que la FssP ne soit qu'un internat. Mais qui paye les études, et qui assure le salaire des employés ? Les élèves ? Les employés ?
La question spécifique d'un rassemblement inter-confessionnel me semble importante. Notamment en tant que père avec des enfants en cours ou en voie d'adolescence. J'aimerais pouvoir leur mettre sous les yeux des propos forts et fermes qui ne laissent pas de place au doute. Car il va sans dire que pour ce qui me concerne personnellement j'ai ma propre idée sur la question. M'est avis que tout le monde s'en fiche. M'est avis que mes enfants le connaissent. Si on pouvait juste montrer qu'il n'est pas relatif, ce serait bien.
XA

( 602694 )
S'alignera-t-elle sur cet axe "Bertone - Levada" ? par Scrutator Sapientiæ (2011-07-23 22:18:49)
[en réponse à 602562]
Bonsoir XA,
Voici :
I. D’Assise 1986 à Assise 2011 - le sens d’un voyage : un article du Cardinal Bertone
Dans cet article paru dans l’Osservatore Romano du 7 mars dernier, et reproduit encore le 4 juillet en première page (via le nouveau portail du Vatican), le Cardinal Tarcisio Bertone revient sur les précédentes rencontres d’Assise, notamment celles de 1986, et celles de 2002 dans le contexte très particulier de l’après 11 septembre.
Avec le souci martelé d’éviter toute interprétation syncrétiste, il explique l’esprit qui a conduit à répéter cette initiative en octobre prochain. On peut légitimement supposer que c’est "la voix du Pape".
" Le 25 Janvier 1986, dans son homélie de la messe célébrée dans la basilique de Saint-Paul hors les Murs, le Bienheureux Jean-Paul II prononça un appel, dans le cadre de l’Année internationale de la paix proclamée par l’ONU, adressé non seulement aux catholiques ou aux croyants dans le Christ, mais aussi à ceux qui appartiennent à différentes religions du monde et à toutes les personnes de bonne volonté afin que de tous soit invoqué du Tout-Puissant le don de la paix. "Le Saint-Siège souhaite contribuer à inspirer un mouvement mondial de prière pour la paix, au-delà des frontières des nations individuelles, et impliquant les croyants de toutes religions, vienne embrasser le monde entier » (Enseignements de Jean-Paul II, 1986, vol . i, p. 198).
Par la même occasion, le Pape annonçait qu’il voulait se faire promoteur d’une rencontre spéciale qui se tiendrait à Assise, qui serait ouverte aux chefs des Églises, des communautés chrétiennes et des grandes religions du monde. Le rassemblement, qui eut lieu le 27 Octobre 1986, trouva un écho très ample parmi les opinions publiques du monde entier.
Ce qui à première vue catalysa l’attention et l’imagination de beaucoup était de voir, peut-être pour la première fois dans l’histoire, de nombreux membres des principales religions réunis. Avec un regard plus attentif, cependant, on pouvait saisir clairement les intentions profondes qui avaient conduit le grand Pontife : en premier lieu, mettre en lumière la dimension intrinsèquement spirituelle de la paix, face à un climat culturel qui tendait à marginaliser le phénomène religieux. Les composantes de la paix sont multiples et sa construction nécessite sans doute l’engagement dans les domaines économique politique, social, par les gouvernements, les organisations internationales, les sociétés civiles. Cependant, il reste vrai que la paix est avant tout et fondamentalement, une réalité qui doit être construite dans le cœur, qui naît des plus hautes aspirations humaines. En second lieu, le rassemblement de dirigeants de religions différentes, plaçait chacune d’elles devant la responsabilité que leurs croyances religieuses se traduisissent, sur le plan personnel et communautaire, dans le sens d’une construction effective de la paix. Il est bien connu, en effet, que dans l’histoire, l’appartenance religieuse a souvent été instrumentalisée comme un élément de confrontation et de conflit.
La rencontre de 1986 valorisa trois éléments spirituels, quoique sous des formes différentes, dans presque toutes les traditions religieuses : la prière, le pèlerinage, le jeûne. Jean-Paul II a clairement expliqué le sens de se rassembler pour prier dans la même ville : « "Le fait que nous soyons venus ici n’implique aucune intention de rechercher un consensus religieux entre nous ou de négocier nos convictions de foi. Cela ne signifie pas que les religions peuvent être se réconcilier au niveau d’un engagement commun dans un projet terrestre qui les surpasserait toutes. Ce n’est pas non plus une concession au relativisme des croyances religieuses »(Enseignements de Jean-Paul II, 1986, t. II, p. 1252.).
Ce dernier point était d’une importance capitale : le relativisme et syncrétisme, en effet, finissent par détruire, plutôt que valoriser, la spécificité de l’expérience religieuse. Sur ce point, on est revenus à plusieurs reprises par la suite, également en raison des interprétations superficielles, qui n’ont pas manqué, cette première rencontre d’Assise. Dans la lettre à l’évêque d’Assise pour le vingtième anniversaire de l’événement, le pape Benoît XVI a rappelé que "il convient d’éviter [...] toute confusion inopportune. Par conséquent, même lorsque nous nous réunissons pour prier pour la paix, cette prière doit être effectué selon les chemins différent qui sont propres aux diverses religions. Tel était le choix de 1986, et ce choix ne peut que rester valable aujourd’hui. La convergence des différences ne doit pas donner le sentiment de céder à ce relativisme qui nie le sens même de la vérité et la possibilité de l’atteindre"(Message à Mgr Domenico Sorrentino, 2 Septembre, 2006, Enseignements de Benoît XVI, 2006, vol. II , p. 190).
Telle est l’interprétation correcte de l ’"esprit d’Assise", souvent invoqué dans le contexte des initiatives de dialogue et de rencontre entre les membres des différentes traditions religieuses, qui se sont multipliées dans les années suivant la rencontre de 1986, lequel reste de son côté un événement en quelque sorte unique : moment fort de partage spirituel, vécu dans la simplicité et la fraternité, attitudes typiques de Saint-François, qu’on peut encore respirer dans sa ville natale.
Il devint donc spontané de regarder de nouveau vers Assise à un moment particulièrement délicat et dramatique de l’histoire récente, celui qui a suivi les attaques terroristes du 11 Septembre 2001. Au début du nouveau millénaire, peut-être juste au moment où, après la division du monde en blocs opposés, l’attente était plus forte pour l’émergence d’une ère de plus grande tranquillité, des nuages menaçants ont soudainement obscurci les espoirs de beaucoup. Jean-Paul II donna alors à rendez-vous dans la ville de saint François aux dirigeants des communautés chrétiennes et des religions du monde, non seulement pour rendre visible la condamnation, par tous les hommes religieux, du terrorisme intégriste, mais aussi pour témoigner que les religions en tant que telles sont engagées à favoriser un climat de paix dans le monde, da justice, de fraternité, et n’entendaient pas être manipulés pour des affrontements entre nations, peuples et cultures.
"Nous voulons nous retrouver ensemble, en particulier chrétiens et musulmans, pour annoncer au monde que la religion ne doit jamais devenir une source de conflit, de haine et de violence" (Angélus du 18 Novembre 2001, Enseignements de Jean-Paul II, 2001, vol. II, p. 757). Le Pape invita à se préparer à cette rencontre par une journée de jeûne, qui, significativement, fut placée dans une période proche de la fin du mois de Ramadan.
La Journée de prière pour la paix mondiale se tint à Assise le 24 Janvier 2002. À cette occasion, par rapport à la prière publique des différentes religions qui distingua la rencontre de 1986, on voulut souligner l’engagement solennel pour la paix. Chaque groupe religieux put prier dans des environnements particuliers à l’intérieur monastère franciscain, tandis que les chrétiens se sont retrouvés dans l’église inférieure. Ces choix dérivaient de la volonté, partagée par tous, de ne pas fournir le prétexte à des interprétations irénistes de la rencontre entre des hommes appartenant à des religions différentes.
Lors de la réunion commune, sur la Piazza San Francesco, on écouta des témoignages en faveur de la paix et dans l’après-midi, fut proclamé un engagement solennel, partagé par tous les présents. C’est un texte qui conserve encore aujourd’hui toute sa valeur : il exprimait la condamnation de la violence et du terrorisme, contrastant avec l’esprit authentique de la religion ; il manifestait la volonté d’éduquer à l’estime et au respect mutuel, de promouvoir une culture de dialogue entre les individus et les peuples, de vivre la confrontation avec les différences des autres comme une opportunité pour une meilleure compréhension mutuelle. Il affirmait la volonté de pardon, l’engagement à surmonter les erreurs et les préjugés du passé ; il faisait sienne la cause des pauvres et des oubliés. Le texte se concluait par un appel aux dirigeants des nations, afin qu’ils mettent tous leurs efforts pour bâtir sur les fondements de la justice, un monde de solidarité et de paix.
La condamnation de la violence et du terrorisme opérés au nom de la religion introduisait dans la rencontre interreligieuse un élément peut-être pas nouveau, mais vécu aujourd’hui avec une intensité particulière : le besoin de purification, dont chaque tradition religieuse doit se charger, face aux autres traditions religieuses et face au monde. La pratique de la religion est elle aussi exposée aux conséquences du mal, du péché, et peut se trouver défiguré. Se réunir ensemble, signifie aussi être disposé à pardonner et à purifier sa propre façon de vivre la dimension religieuse. L’échange de l’étreinte de la paix entre les personnes présentes, qui concluait la journée de 2002, était une expression éloquente de cette volonté.
25 ans se sont écoulés depuis la première rencontre historique à Assise. Le monde a subi de profondes transformations. Pourquoi retourner à nouveau dans la ville du Poverello ?
La réponse est simple : le monde change, mais les aspirations du cœur humain restent, et aujourd’hui plus que jamais, la dimension religieuse se révèle être un élément indispensable pour la défense et la promotion de la paix.
Le pape Benoît XVI donne à nouveau rendez-vous aux dirigeants des Églises, des communautés chrétiennes et des grandes religions du monde, avant tout pour rappeler l’événement de 1986 : celui-ci a vraiment ouvert une nouvelle ère dans les relations entre personnes de religions différentes, il a permis à chacun de réaliser que la confrontation avec l’autre que soi-même est une nécessité qu’aucun homme religieux ne peut ignorer.
Toutefois, naturellement, on ne se rencontre pas seulement pour rappeler le passé, mais aussi pour regarder vers l’avenir. Quels sont les défis auxquels sont confrontés aujourd’hui les hommes croyants par rapport à la construction de la paix ? Quelle contribution chaque personne et chaque tradition religieuse peut-elle offrir à la cause de la justice ? Et, inversement, quel stimulus peut-on recevoir, dans l’effort pour travailler à bâtir une société plus juste et plus solidaire du monde, de ceux qui ont une foi différente de la sienne, et même de ceux qui ne manifestent aucune foi religieuse, mais qui se sentent engagés par cette noble cause ?
Le thème que le pape a indiqué pour la célébration de la journée - "Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix" - montre clairement le sens qu’aura la rencontre du 27 Octobre 2011.
Nous voulons en premier lieu nous reconnaître tous insérés dans ce chemin commun qui est l’histoire humaine. Affirmer être pèlerin signifie admettre que nous n’avons pas encore atteint notre but, ou plutôt, que but nous dépasse toujours, constituant le sens de notre voyage. Chaque homme de bonne volonté se sent "pèlerin de la vérité" : il se sent en chemin parce qu’il est conscient que la vérité le dépasse toujours.
De là le motif d’un choix qualifiant pour la prochaine rencontre, celui d’inviter aussi à Assise des personnalités du monde de la science et la culture qui se définissent non-religieux. Et cela pas seulement pour le fait que la construction de la paix est une responsabilité de tous, croyants et non croyants. Plus profondément, nous sommes convaincus que la position de celui qui ne croit pas, ou a du mal à croire, peut jouer un rôle salutaire pour la religion en tant que telle, par exemple en aidant à mettre en évidence des dégénérescence possible ou l’inauthenticité. Des traces de ces « Lumières » (le mot employé est "illuminisme") correctement comprises sont présentes dans la tradition biblique elle-même, fortement critique envers les modalités de culte qui ne rapprochent pas mais éloignent de Dieu. Comme chrétiens, nous professons avoir reçu dans le Christ la révélation pleine et définitive du visage de Dieu ; nous savons que ce don du salut est pour tous les hommes et nous désirons ardemment que le dessein d’amour du Père se manifeste et se réalise dans son intégralité. Nous savons bien, cependant, que nous ne pouvons jamais épuiser la profondeur du mystère du Christ. Non seulement cela, nous reconnaissons que notre fragilité peut parfois obscurcir la splendeur de ce trésor qui nous a été révélé, et le rendre plus difficile à connaître. Avoir reçu le don de la vérité ne nous empêche donc pas de nous sentir compagnons de voyage de chaque homme et chaque femme.
La Journée d’Assise se déroulera à l’enseigne de ces éléments qui caractérisaient déjà la première rencontre, il y a vingt-cinq ans : la prière, jeûne, le pèlerinage.
La prière sera vécue principalement dans la dimension du silence et du recueillement intérieur, qu’on a voulu privilégier sur les formes publiques de prière de chaque tradition, en continuité avec ce qui s’était déjà passé à la rencontre de 2002. Le souci d’éviter même l’apparence de tout relativisme n’est pas seulement catholique, et il est particulièrement compréhensible dans le contexte culturel d’aujourd’hui, par de nombreux aspects réfractaire à la question de la vérité et donc enclin à une présentation indifférenciée, et finalement sans importance, le phénomène religieux. Cela ne diminue pas la conviction profonde que la prière demeure la contribution essentielle que les personnes religieuses peuvent apporter à la cause de la paix.
Le pape Benoît XVI présidera la nuit précédente, une veillée de prière pour la paix avec les fidèles du diocèse de Rome, invitant à se joindre à lui les évêques et les fidèles du monde entier.
Le second élément de la journée est le jeûne, qui ne sera que partiellement interrompu par un repas frugal, pour exprimer la fraternité entre les personnes présentes. Le jeûne marquera la dimension pénitentielle que la rencontre veut également assumer, la conviction de devoir toujours être prêt à un processus de purification.
Enfin, il y a l’élément du pèlerinage, qui sera symbolisée par le voyage en train des délégations, de Rome à Assise, et dans l’après-midi, la montée de tous les participants, de la Basilique de Sainte Marie des Anges à la place désormais historique qui a également vu la conclusion des rencontres précédentes. Nous marcherons ensemble le long des rues d’Assise, comme nous marchons ensemble tous les jours sur les routes de ce monde, sur les routes de l’histoire. Nous nous reconnaîtrons pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix, nous efforçant d’être les bâtisseurs d’un monde plus juste et plus uni, et conscients du fait que cette tâche échappe à nos pauvres forces et que nous sommes appelés d’en haut. C’est avec ces sentiments que nous nous apprêtons à accepter l’invitation du Pape Benoît XVI et à retourner à Assise. " Tarcisio Bertone
II. RENCONTRE INTERRELIGIEUSE D'ASSISE : RÉFLEXION DU CARDINAL LEVADA
Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi
ROME, Dimanche 10 juillet 2011 (ZENIT.org) - Nous reprenons ci-dessous le texte intégral de la réflexion que le cardinal William Joseph Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, a publiée le 7 juillet dans L'Osservatore Romano en italien. Le cardinal Levada explique pourquoi le pape Benoît XVI a décidé de convoquer une rencontre des représentants des grandes religions, le 27 octobre prochain à Assise, 25 ans après la première rencontre organisée à l'initiative de Jean-Paul II.
Vers la rencontre du 27 octobre à Assise - Les raisons de la paix et l’unique Logos - par le cardinal William Joseph Levada, Cardinal préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi
" L'annonce que, le 27 octobre prochain, Benoît XVI se rendra en pèlerin à Assise pour une «Journée de réflexion, de dialogue et de prière pour la paix et la justice dans le monde » montre que l’expérience religieuse dans ses diverses formes retient l’attention de l’Eglise du troisième millénaire. Face à l’actuelle diffusion de l’athéisme et de l’agnosticisme, il importe d’aider l’homme à préserver et retrouver la conscience du lien élémentaire (re-ligio) qui l’unit à son origine. Cette prise de conscience, qui se fait tout naturellement prière, constitue aussi une condition de la paix et de la justice dans le monde.
Dans son livre entretien de 1994, le bienheureux Jean-Paul II évoque la rencontre d’Assise en 1986, affirmant que cette rencontre, comme aussi les nombreuses visites qu’il effectua dans les pays d’Extrême-Orient, l'avait plus que jamais convaincu que « l’Esprit Saint est déjà efficacement à l’œuvre même en dehors de l’organisme visible de l’Eglise. Néanmoins, bien conscient qu’il s’agissait d’un sujet sensible, peu après cette rencontre, le 7 décembre 1990, il enseignait dans son encyclique Redemptoris missio, que l’Esprit se manifeste d’une manière particulière dans l’Eglise et dans ses membres ; cependant, sa présence et son action sont universelles, sans limites d’espace ou de temps ».
Evoquant le Concile Vatican II, il rappelait « l'œuvre de l’Esprit Saint dans le cœur de tout homme par les “semences du Verbe” (semina Verbi), dans les actions même religieuses, dans les efforts de l’activité humaine qui tendent vers la vérité, vers le bien, vers Dieu », qui les prépare à « leur maturation dans le Christ » (n. 28). Dans la même encyclique, il ne réaffirmait pas seulement la nécessité et l’urgence de l’annonce de la Bonne Nouvelle de Jésus, mais s’élevait fortement contre une « mentalité marquée par l'indifférentisme, malheureusement très répandue parmi les chrétiens, souvent fondée sur des conceptions théologiques inexactes et imprégnée d'un relativisme religieux qui porte à considérer que “toutes les religions se valent” » (n. 36).
En pleine harmonie avec cette préoccupation s’inscrit la réflexion théologique et pastorale de Joseph Ratzinger : dès 1964 il avait manifesté son intention de « définir avec une plus grande précision la position du christianisme dans l’histoire des religions et de conférer ainsi un sens plus concret aux déclarations théologiques sur le caractère unique et absolu du christianisme » (J. Ratzinger, Foi, vérité, tolérance. Le christianisme et les religions du monde , 17).
La Congrégation pour la doctrine de la foi, qu’il présidait alors, reprendra ce thème dans la déclaration Dominus Iesus sur l'unicité et l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de l’Eglise. Le document, publié le 6 août 2000, ne visait pas seulement à réfuter l’idée d’une coexistence interreligieuse dans laquelle les diverses « croyances » seraient reconnues comme des voies complémentaires à celle qui est Jésus-Christ (cf. Jean 14, 6) ; il entendait, plus profondément, jeter les bases doctrinales d’une réflexion sur le rapport entre le christianisme et les religions. Par sa relation unique avec le Père, la personne du Verbe incarné est absolument unique ; l'œuvre salvifique de Jésus-Christ qui se prolonge dans son Corps, l’Eglise, est elle aussi absolument unique dans l’ordre du salut de tous les hommes. Pour accomplir cette œuvre, chez les chrétiens comme chez les non chrétiens, il y a toujours et uniquement l’Esprit du Christ donné par le Père à l’Eglise « sacrement de salut » : il n’existe donc pas, en ce qui concerne le salut, de voies complémentaires à l’unique économie universelle du Fils fait chair, même si en dehors des limites visibles de l’Eglise du Christ on trouve des éléments de vérité et de bonté (cf. Nostra aetate, 2; Ad gentes, 9).
La rencontre d’Assise a connu une seconde édition le 24 janvier 2002. A cette occasion, le cardinal Ratzinger a ressenti le besoin d’en clarifier ultérieurement le sens, se faisant l’interprète de tous ceux qui se posaient d’une manière très sérieuse des questions : « est-ce qu’on peut faire cela ? Ne trompe-t-on pas la grande majorité avec une harmonie qui n’existe pas dans la réalité ? Ne favorise-t-on pas le relativisme – l’opinion selon laquelle, au fond, les différences qui séparent les « religions » ne touchent pas à l’essentiel ? N’affaiblit-on pas le sérieux de la foi et ne nous éloignons-nous pas de Dieu, ce qui renforce notre solitude? » (Foi, Vérité, Tolérance, 111). Le lecteur pourra se référer à ses précisions, qui n’ont rien perdu de leur actualité. Nous préférons ici nous demander : pourquoi donc, s’il était aussi attentif aux éventuels malentendus que pourrait provoquer le geste de son bien-aimé prédécesseur, Benoît XVI a-t-il jugé bon de se rendre comme pèlerin à Assise à l’occasion d’une nouvelle rencontre pour la paix et pour la justice dans le monde ?
Une première indication nous est donnée par l’évocation que fait le cardinal Ratzinger de la rencontre de 2002. Au lendemain du rassemblement, il évoquait la figure du vieil homme vêtu de blanc, qui était avec les autres dans le train en route vers Assise : « Hommes et femmes qui trop souvent dans la vie quotidienne s’affrontent l’un l’autre avec hostilité et semblent séparés par des barrières insurmontables, saluaient le pape qui, par la force de sa personnalité, la profondeur de sa foi, la passion qui en dérive pour la paix et la réconciliation, a comme « tiré » l’impossible, par le charisme de son office : réunir dans un pèlerinage pour la paix des représentants de la chrétienté divisée et des représentants de diverses religions » (30 Giorni, 1/2002).
La religion, loin de nous détourner de l’édification de la cité terrestre, nous pousse au contraire à nous y engager. Pour nous chrétiens, cela signifie tout d’abord intercéder auprès de Dieu, en acceptant que les autres, même dans leur diversité – croyants et non croyants, conviés aussi à la prochaine rencontre d’Assise – s’unissent à nous dans la recherche de la paix et de la justice dans le monde.
Et, ajoutait celui qui était alors cardinal, « si nous, chrétiens, nous entreprenons le chemin de la paix en suivant l’exemple de saint François, nous ne devons pas craindre de perdre notre identité : c’est justement alors que nous la trouvons » (ibidem). Il ne s’agit pas, en somme, de cacher la foi au profit d’une unité superficielle, mais de confesser - comme le firent Jean-Paul II et le patriarche œcuménique – que le Christ est notre paix et que, précisément pour cette raison, le chemin de la paix est le chemin de l’Eglise. Le visage du « Dieu de la paix » (Romains 15, 33), dit encore Joseph Ratzinger, « s’est rendu visible pour nous chrétiens par la foi dans le Christ » (ibidem).
Et cette paix est une plénitude non seulement offerte et transmise (cf. Jean 20, 19), mais depuis toujours déjà accueillie par l'Eglise sainte et immaculée (Ecclesia sancta et immaculata) (Ephésiens5, 27), à la fois comme don et comme devoir à l’égard du monde, qui est le « théâtre où se joue l’histoire du genre humain» (Gaudium et spes, 2).
Le Concile Vatican II nous le rappelle : « obéissant à l’ordre du Christ et mue par la grâce de l’Esprit Saint et la charité, elle (l’Eglise) devient effectivement présente à tous les hommes et à tous les peuples, pour les amener par l’exemple de sa vie, par la prédication, par les sacrements et les autres moyens de grâce, à la foi, à la liberté, à la paix du Christ » (Ad gentes, 5). Puisque « tous les hommes sont appelés à l’unité dans le Christ » (Lumen gentium, 3), l’Eglise doit être le levain de cette unité pour l’humanité tout entière : non seulement à travers l’annonce de la Parole de Dieu, mais par le témoignage vécu de l’union intime des chrétiens avec Dieu. Voici l’authentique chemin de la paix.
Le titre choisi pour la prochaine rencontre d’Assise - Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix - nous offre une seconde indication : pour pouvoir raisonnablement espérer construire ensemble la paix, il faut prendre comme critère la vérité. « L'ethos sans le logos ne tient pas » (J. Ratzinger, Je vous ai appelés mes amis. La compagnie sur le chemin de la foi, 71).
Instruit par les douloureuses expériences des idéologies totalitaires, le pape a en horreur toute forme de subordination de la raison à la pratique. Mais il y a bien plus. Le lien originel entre l’ethos et le logos, et entre religion et raison, s’enracine en définitive dans le Christ, le Logos divin : c’est précisément pour cela que le christianisme est en mesure de restituer au monde ce lien, en participant, comme signe véridique et efficace de Jésus-Christ, à sa mission unique de salut (cf. Lumen gentium, 9). Il convient donc de rejeter fermement « ce relativisme qui affecte plus ou moins clairement la doctrine de la foi et de la profession de foi » (Je vous ai appelés mes amis, 71).
Mais, loin de constituer une sous-estimation des diverses expressions religieuses ou de la dimension éthique, cela la met plutôt en valeur : « Nous devrons chercher à trouver une nouvelle patience - sans indifférence – les uns avec les autres et pour les autres ; une nouvelle capacité de laisser être ce qui est l’autre et l’autre personne ; une nouvelle disponibilité à différencier les plans de l’unité et, donc, à réaliser les éléments d’unité qui sont possibles aujourd’hui » (ibidem). La paix n’est pas possible sans la vérité et inversement : l’aptitude à la paix constitue un authentique « critère de vérité » (J. Ratzinger, Europe. Ses fondements aujourd’hui et demain, 79). " William Joseph Levada
Bonne réception, bonne lecture, bonne nuit.
Scrutator.

( 602705 )
le cardinal Bertone, Assise et le 11 septembre par le torrentiel (2011-07-24 00:29:40)
[en réponse à 602694]
La lecture de la contribution du secrétaire d'Etat du Vatican sur Assise (III) me porte aux quelques réflexions suivantes.
1. Qui aurait pu penser que le cardinal Bertone deviendrait un jour secrétaire d'Etat? Bernard billaud, dans son livre sur Jacques chirac, rapporte ce trait, que celui qui n'était alors que membre de la curie romaine, avec lequel lui-même et le cardinal Lustiger étaient au mieux, aurait dit à l'archevêque de Paris qu'il nourrissait grandes craintes pour l'âme de Jacques chirac, dont il craignait fort qu'elle ne fût damnée. Le cardinal Lustiger prit très à coeur cet avertissement du cardinal bertone; et autant il n'hésita jamais à se rendre aux invitations quasi hebdomadaires que lui faisait françois Mitterrand pour lui parler de la politique et de son âme en privé et comme en catimini à l'elysée, autant il incitait Bernard billaud à se méfier de Jacques chirac, un homme qui se croyait un destin (il y était favorisé, disait Billaud, par les gages que ui en donnait Jean guitton), et qui avait tout intérêt à prendre garde, s'y abandonnant, que son âme ne connût la damnation, comme le lui avait d'ailleurs fait entendre un mage africain:
"Tu échoueras deux fois à devenir Président de la République française; mais, quand tu le deviendras, ce seras pour ton malheur" (cet épisode a été narré par Jacques chirac au cours même de la campagne de l'élection présidentielle de 1995 auprès de Daniel Bilalian sur la toute nouvelle "france II).
J'ai la faiblesse de croire que Tarcisio bertone et Jacques Chirac avaient une personnalité trop proche du point de vue du carriérisme pour qu'elles ne se reconnussent point. Je gage, mais peut-être est-ce gratuit de ma part, que le cardinal bertone savait ou avait envie de "faire un pas dans la carrière" et n'était pas fâché, quoique cela vînt à un âge où il n'était plus de première jeunesse, que benoît XVI l'eût nommé secrétaire d'Etat.
2. Il est aisément concevable qu'Assise puisse choquer, non seulement des traditionalistes, mais des esprits religieux. dans le contexte de l'ancien Testament dont nous sommes tributaires, rien n'était plus opposé à l'ancien Testament que d'oser rendre un culte aux "idoles" pour imiter "les nations" qui étaient en "abomination" à Yahvé à cause de ce culte. Rien ne pouvait plussûrement briser l'Unité de ce peuple avec le créateur et, mêmement, le "verus Israel" ne devait pas douter qu'il ne pourrait "servir deux maîtres". Il n'était pas question d'envisager un instant de commettre avec les faux dieux.
Assise a pu être interprétée comme une telle compromission, il est difficile que cette interprétation soit dénuée de tout fondement théologique ou religieux.
3. D'autant qu'on n'a cessé d'en rabattre sur la manière d'organiser la réunion: alors que toutes les autorités religieuses coucouraient naguère pour prier en un lieu unique, courant jusqu'au risque d'idolâtrie la ferveur d'embrasser l'élément "sacré" de la religion des autres, la dimension de se retrouver "ensemble pour prier" tend à s'évanouir de plus en plus: on se trouve dans la même ville pour prier; on manifeste un souci commun de la paix; mais pour le reste, chacun chez soi ou, faute de mieux, , chacun dans l'édifice qui lui serait affecté pour prier son dieu, sous réserve de cette prémisse que "rien n'est plus contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme que la violence" (benoît XVI, Discours de Ratisbonne)!
4. L'eglise, en guerre contre le relativisme, ne peut guère adhérer à une telle intuition, qui pourtant émana du très féru d'histoire polonaise et du viscéralement nationaliste Jean-Paul II:
"La convergence des différences ne doit pas donner le sentiment de céder à ce relativisme qui nie le sens même de la vérité et la possibilité de l’atteindre"( Message à Mgr Domenico Sorrentino, 2 Septembre, 2006, Enseignements de Benoît XVI, 2006, vol. II , p. 190).
"La convergence des différences", c'est moins philosophique et beaucoup plus relativiste en matière d'"unions des contraires" que "la paix vers la vérité". Jean-Paul II, l'apôtre national, avait une fibre humanitaire de toute évidence BEAUCOUP plus développée que benoît XVI qui se méfiat de la dérive humanitariste dès sa première encyclique: "Deus charitas est". De la dérive humanitaire, mais pas du Nouvel Ordre Mondial (cf "charitas inveritate".
5. D'autant que l'on s'étonne de voir le deuxième Assise apporter sa caution religieuse à la condamnation d'un "terrorisme", qui peut aussi être perçu comme une réaction face à l'injustice de l'"Ordre Mondial". Il m'avait semblé percevoir un infléchissement dans la diplomatie vaticane entre la première et la seconde guerre du golfe. A l'angélus de septembre 2001, les Etats-unis d'amérique n'avaient pas encore affrété leurs blinders vers l'afghanistan, et surtout leurs pilotes, que la réaction contre le terrorisme était présentée par le Vatican comme mondialement justifiée. Après que Jean-Paul II eut franchement récusé la première "guerre du golfe", après qu'il eut été plus directement concerné par les guerres balkaniques, voici qu'à quatre ans de sa mort, sa condamnation unilatérale du terrorisme talibanesque a l'air de sonner le glas du premier pacifisme de son pontificat et de justifier ce qui était alors en train de se préparer: "la guerre préemptive contre l'ennemi invisible qu'était le terrorisme", la "guerre mondiale contre le terrorisme".
"Religieux de tous les pays, réunissez-vous pour remettre de l'ordre dans les manifestations désordonnées et spectaculaires qui font trembler l'ordre mondial.".
De fait, on a l'impression que ce "second assise" renoue, tous anachronismes étant inégaux par ailleurs, avec un certain césaropapisme, pour autant que l'on reconnaisse que Jean-Paul II avait cessé d'avoir la haute main sur sa diplomatie, et que le tournant marqué par benoît XVI, après les relations tendues que Jean-Paul II n'avait pas craint d'avoir sur le sol des Etats-Unis avec Bil clinton, semblait être à l'apaisement avec la puissance censée dominer le monde encore pour un certain temps. Cela non sans que le nouveau pape régnant ne ménage la puissance chinoise, cherchant à trouver des accommodements pour régulariser les évêques de l'"eglise patriotique", illicitement sacrés et sur l'illicéité des sacres desquels Rome, dès l'entrée en fonction de Benoît XVI? semblA prête à passer l'éponge, la réconciliation du Vatican avec la chine ayant été l'une des priorités de Benoît XVI, comme si le nouveau pape voulait avoir plusieurs fers aux feux, et comme s'il eût anticipé l'arrivée de la crise, qui ferait edes etats-Unis les vassaux financiers de la chine, capable de les mettre en faillite quand elle le voudrait!
6. Assise III ssemble enfin davantage être marqué par l'association à une réflexion des politiques et des "intellectuels" de la planète (reconquête culturelle façon "parvis des gentis") que par une volonté de se rassembler pour prier en une même cité (ous dépendance romaine) des autorités religieuses du monde. Le vatican n'a pas renoncé à cette initiative d'Assise, parce qu'il est le seul à pouvoir y appeler et à faire confluer vers une ville de la romanité l'ensemble des religieux de la planète. Mais on sent que, ce qui meut son secrétaire d'Etat et, sans doute, à travers lui, le souverain pontife, c'est bien davantage une volonté de faire se rencontrer les personnalités du monde temporel et culturel qu'une volonté d'organiser une prière en commun façon Lansa del vasto. De la prière en commun, semble ne subsister que le jeûne en commun. Mais c'est à quoi semble avoir à se réduire sous benoît XVI la démarche spirituelle d'assise. Les traditionalistes devraient ressentir que leurs revendications ont été largement prises en compte.
Julien weinzaepflen (dit le torrentiel)

( 602711 )
C'est torrentiel, mais c'est excellent par endroits. par Scrutator Sapientiæ (2011-07-24 01:30:50)
[en réponse à 602705]
Bonsoir,
1. La candeur des hommes d'Eglise sur les ressorts sectoriels (bien plus importants et influents que les acteurs étatiques) de la politique étrangère comme de la politique intérieure, est à peine moins grande que le cynisme, absolu, éhonté, de nos dirigeants économiques, qui sont les employeurs ou les supérieurs des chefs des Etats et des gouvernements.
2. Considérez les intersections washingtoniennes, londoniennes, newyorkaises et otaniennes, entre les mondes de l'armement, de la finance, du pétrole, et vous comprendrez presque toute l'histoire économique et diplomatique contemporaine, disons depuis 1945.
Quand on pense, en particulier, au comportement des dirigeants américains, avec l'Irak et avec l'Iran, depuis 1979, on se dit qu'il y a du génie dans tout çà, mais il s'agit d'un génie bien malfaisant, y compris vis-à-vis du peuple américain, ou plutôt "états-unien".
3. Je n'irai pas jusqu'à dire que l'Eglise catholique est philo-mondialiste, mais je vais jusqu'à dire qu'elle se trompe, grandement et gravement, quand elle considère, comme le fait, je le crois, Benoit XVI, dans CIV, que la mondialisation est une donnée historique factuelle et objective, qui s'impose à tout le monde, alors que la mondialisation, ultralibérale par intention et non par accident, a été voulue, par le plus petit nombre possible, et s'est déployée, à partir du début des années 1980, contre les intérêts les plus essentiels, fondamentaux et légitimes du plus grand nombre possible, ce qui n'a absolument pas contrarié, bien au contraire, les principaux donneurs d'ordres, dans le domaine alimentaire, en matière pharmaceutique, et dans le domaine de l'audiovisuel.
4. Compte tenu de ma vision non "conspirationniste", mais "intentionnaliste", de l'histoire contemporaine, vous comprendrez pour quelle raison je suis non seulement réservé car sceptique, mais aussi opposé car critique, à la réunion de prière pour la paix qui aura lieu à Assise fin octobre : ce n'est pas une réunion de ce type qui permettra à l'opinion publique mondiale de prendre connaissance des raisons profondes et des effets durables de la domination économique et intellectuelle, matérielle et culturelle, qu'elle subit de plus en plus.
5. L'opinion publique mondiale, on veut bien qu'elle existe pour adorer telle ou telle star du cinéma, de la musique, du sport, ou telle ou telle icône ou idole telle que Lady Diana ou Michael Jackson ; on veut bien qu'elle existe pour s'impliquer, s'investir, dans l'humanitaire, notamment à l'occasion d'une catastrophe naturelle, mais on veut beaucoup moins qu'elle existe, au point de commencer à comprendre à cause de quoi et du fait de quoi nous en sommes là où nous en sommes aujourd'hui, tous plus ou moins victimes consentantes d'un libéralisme devenu liberticide et d'une mondialisation mondanisatrice et déshumanisatrice des êtres humains et de l'agir humain.
6. C'est à l'Eglise catholique qu'il devrait pouvoir incomber de tenir enfin un discours non agressif, mais néanmoins offensif, car éclairant et incisif, un discours libérateur et responsabilisant, mais dans le Christ, au bénéfice et à destination des individus et des communautés, et non un discours apaisant mais lénifiant, qui ne met en danger ni ceux qui nous gouvernent ni ceux qui les gouvernent.
7. Le "dramatisme prophétique" que j'appelle de mes voeux (non parce que j'aime bien me faire peur et faire peur aux autres, mais parce que je sais qu'un certain type de crainte est le commencement, et non la contrefaçon, mais plutôt la contrepartie, d'un début de sagesse), je ne l'ai trouvé, sous la plume des deux derniers pontifes, que par intermittences, comme dans le dernier chapitre de la lettre encyclique CIV de Benoît XVI ; c'est mieux que rien, mais voilà : que voulez-vous, il va falloir, dans l'espoir d'un sursaut, se (re)mettre à dire aux hommes et aux femmes de ce temps non ce qu'ils ont envie d'entendre, mais ce qu'ils ont besoin d'écouter, aux antipodes, en un sens, de l'esprit d'Assise.
8. En d'autres termes, conclusifs, si l'on considère que l'angélisme, l'irénisme, l'utopisme, sous l'angle du style magistériel, constituent la ligne éditoriale inhérente à la mentalité conciliaire, ce que j'appelle de mes voeux, avec une candeur encore plus grande que celle des hommes d'Eglise, c'est la réhabilitation, si j'ose dire, devant Dieu et devant les hommes, du caractère contrariant et dérangeant du christianisme, pour la gloire de Dieu et le salut du monde, et non pour la "gloire" de l'homme et son "bonheur" dans le monde.
Bonne nuit, et mille excuses pour la longueur de ce message.
Scrutator.

( 602699 )
Difficile par Maïe (2011-07-23 22:48:25)
[en réponse à 602562]
-+IHS+-
d'émettre un avis sur un truc qui n'a pas eu lieu, non ?
Peut-être peuvent-ils nous appeler à prier pour que cette fois-ci tout se passe correctement, ça oui.

( 602703 )
L'Alpha et l'Oméga OU l'Alpha et l'Omerta. par Scrutator Sapientiæ (2011-07-24 00:04:02)
[en réponse à 602699]
Bonsoir Maie,
A. J'ai essayé, au moyen du jeu de mot qui annonce ce message, de résumer les deux branches de l'alternative face à laquelle l'Eglise elle-même s'est mise :
- voir en Assise une occasion de dire le Christ,
ou
- voir en Assise un prétexte pour taire le Christ,
en tant que Fils unique du seul vrai Dieu, dont l'autorité surnaturelle, je n'ai pas dit coercitive, a vocation à animer, éclairer, inspirer, orienter, unifier, l'agir humain de tous les humains, mais d'une manière implicante et théologale, et non d'une manière implicite et subliminale.
B. Les plus pessimistes d'entre nous, si tant est que ce soit une question de pessimisme, auront peut-être une raison de dire : " voyez,
- l'Eglise n'est plus "une, sainte, catholique et apostolique" que quand elle parle d'elle-même en son propre sein ;
- l'Eglise est désormais devenue consensuelle, sympathique, dialogante, oecuméniste, quand elle se donne à voir et à entendre, au bénéfice et à destination de tous les hommes de bonne volonté, c'est-à-dire, dans l'absolu ou en puissance, de tous les hommes. "
C. Quant aux plus optimistes, ils auront peut-être une raison de dire :
" voyez, il n'y a que l'Eglise qui est capable d'organiser ce type de réunion (ce qui n'est pas vrai), c'est bien la preuve que toute cette démarche est inspirée par l'esprit de paix qu'est l'Esprit Saint. "
D. Moins optimiste que pessimiste, mais doté du pessimisme des prophètes de malheur, qui espèrent se tromper, je me risque par ailleurs à deux hypothèses de travail, que je sais très acides, mais que je crois un peu lucides :
1- d'une part, nous sommes en présence d'une Eglise institutionnellement catholique, mais intellectuellement conciliaire, qui n'en finit pas, depuis bientôt un demi-siècle, de s'auto-célébrer, et de s'auto-célébrer, qui plus est, sous la lumière des projecteurs médiatico-audiovisuels :
- c'est le culte de l'autre (altérolâtrie),
- c'est le culte de l'homme (anthropolâtrie),
- mais c'est aussi, un peu, quand même, le culte auto-centré que l'Eglise n'en finit pas de rendre au Concile, aux intuitions et aux pontifes du Concile et de l'après-Concile ;
2- d'autre part, il est souvent question de l'esprit d'Assise, en tant que mise en application et en continuation, dans le prolongement de l'esprit du Concile ; je me demande ce soir, mais il se fait tard, et j'enfonce peut-être une porte ouverte, s'il ne s'agit pas plutôt de ce que je suis tenté d'appeler l'esprit de Bergame, en pensant ici à la ville natale du futur Jean XXIII.
L'esprit de Bergame, c'est l'esprit d'Assise avant la lettre, non seulement tout au long du pontificat de Jean XXIII, mais aussi au cours d'une grande partie de la vie du futur "bon pape Jean" : je me réfère ici à la biographie que nous en a donné Peter HEBBLETHWAITE.
Je vous prie de bien vouloir m'excuser pour la tonalité quelque peu désespérée de ce message, et je vous souhaite une bonne nuit ; pour ma part, je maintiens que c'était bien la peine de s'en prendre à "HK" et à ses continuateurs, artisans et partisans de la théologie du pluralisme religieux, de l'évolution culturelle et de la convergence spirituelle, si c'était pour commencer à s'avancer à l'intérieur du corridor qui mène, à peu près, plus ou moins, jusqu'à l'éthique mondiale qu'il appelle de ses voeux, l'éclectisme fédéraliste, sur la forme, étant extrêmement dissociable du pacifisme régnocentrique, sur le fond.
Scrutator.

( 602713 )
Ne vous excusez-pas par Maïe (2011-07-24 02:19:20)
[en réponse à 602703]
-+IHS+-
votre pessimisme n'est que trop légitime, ce n'est pas celui d'un oiseau de mauvais augure.
Ce n'est même pas du pessimisme, c'est de la lucidité. Il faut voir les choses comme elles sont, surtout si nous voulons annoncer le Christ au monde entier comme vous l'écrivez
en tant que Fils unique du seul vrai Dieu, dont l'autorité surnaturelle, je n'ai pas dit coercitive, a vocation à animer, éclairer, inspirer, orienter, unifier, l'agir humain de tous les humains, mais d'une manière implicante et théologale, et non d'une manière implicite et subliminale.
Lucides, nous devons garder confiance. "La foi, l'espérance et la Charité" : ce n'est pas facultatif, comme dirait mon amie.
Confiance en Dieu, pas dans ces gens qui -même pape-, sont comme nous-mêmes des hommes : faibles.
Confiance en Dieu, en l'institution divine "une Église institutionnellement catholique", mais ni "consensuelle, sympathique, dialogante, oecuméniste", ni "intellectuellement conciliaire".
Ceci dit :
Partant du principe que la date est fixée, que la salle est retenue, et que notre poids est négligeable comparé à celui des organisateurs et de ceux qui les organisent... que pouvons nous faire d'autre que prier ?
Ce que Jejumeau met en ligne est intéressant (y compris pour les suites que vous trouvez à son lien) car cela met en évidence l'utilisation que certains font des annonces.
Nos amis allemands -cette fois comme pour de sombres affaires de sacrement des ordres conférés à des femmes et autres mariage des prêtres-, se dépêchent d'organiser des réunions très importantes, réunissant le ban, l'arrière ban et même les forbans ! pour faire pression sur le Saint Père. Le papier que vous publiez sur les Focolari est significatif, non ?
François Mitterrand était un spécialiste de ce genre de choses, ça ne lui a pas trop mal réussi.
Le 11 septembre... Mgr Marx...
D'ici le 11 septembre, et même jusqu’au 27 octobre, nous pouvons prier.
C'est tout ce que nous pouvons faire : quoique nous fassions ou disions nous ferons du tord.
Mais la prière peut tout, puisque c'est Dieu qui donne la victoire.
Bon dimanche à vous.
Que Dieu vous garde.
Masques et bergamasques, la gavotte : la musique de Gabriel Fauré, les peintures de Jean-Antoine Watteau.

( 602722 )
Benoît XVI ne cherche-t-il pas justement à "inventer" un nouveau Assise ? par jejomau (2011-07-24 09:30:01)
[en réponse à 602703]
Comme le montre les posts précédents :
ICI, ou
ICI, le sens donné à Assise depuis 1986 est celui d'une rencontre "
célébré et vécu « sous le signe de la réflexion, du dialogue et de la prière" (Mgr Tauran). Les grands chefs religieux (retenons cette expression), et seulement les chefs religieux y ont participé.
La curiosité présente pour ce Assise III réside dans la participation de chefs politiques (une soixantaine) lors d'une réunion préparatoire qui aura lieu un mois avant. J'ignore encore si ceux-ci seront de la partie également pour le 22 octobre à Assise même.
Mais c'est un changement notable.
Comment voir la chose ? IL y a deux solutions.
La première pourrait-être de "changer" Assise et son esprit de telle sorte que désormais il ne puisse plus y avoir cette critique sous-jacente du syncrétisme religieux. En y mélant d'autres acteurs de la vie, on passe désormais à une forme de rencontres informelles (
le terme est d'ailleurs utilisé dans le programme défini et mis en place pour Assise) qui, ma foi, ne font pas de mal. Ce serait un coup de maître de Benoît XVI qui, sentant le danger de ces "Assise" dénoncés par un courant dans l'Eglise, transforme l'essai et retourne la situation de façon à écarter définitivement tout risque doctrinal. Le courant "progressiste" est content. Mais Benoît XVI a retourné sans bruit la situation à l'avantage de l'Eglise catholique et romaine pour le futur.
La deuxième solution serait un signe précurseur d'une religion future religion mondialiste avec l'unité désirée et recherchée dans le futur entre le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel, chose qui avait été séparée en son temps par le Christ . L'avenir le dira : on comprend le danger que je sous-entend sans le nommer tant il est.. énorme.. par sa venue prémonitoire.
On retiendra avec profit ces quelques articles issus du Concile de Trente -
Concile non sujet à l'erreur -
qui peuvent être justement des points à propos desquels Assise PEUT troubler et dont il faudra absolument avoir sans cesse la présence à l'esprit pour éviter l'erreur :
1551. "Si quelqu'un dit que l'homme peut être justifié devant Dieu
par ses oeuvres (
ex : jeûne et prière à Assise) - que celles-ci soient accomplies par les forces de la nature humaine ou par l'enseignement de la loi - sans la grâce divine venant par Jésus Christ :
qu'il soit anathème"
1560. Si quelqu'un dit que les hommes sont justifiés
sans la justice du Christ, par laquelle il a mérité pour nous, ou qu'ils sont formellement justes par cette justice :
qu'il soit anathème
1562. Si quelqu'un dit que la foi qui justifie n'est rien d'autre que la confiance en la miséricorde divine, qui remet les péchés à cause du Christ, ou que c'est par cette seule confiance que nous sommes justifiés :
qu'il soit anathème
1571. Si quelqu'un dit que le Christ Jésus a été donné par Dieu aux hommes comme rédempteur, en qui se confier,
et non pas aussi comme législateur à qui obéir :
qu'il soit anathème

( 602726 )
Orthopraxie humaniste et valeurs christiques. par Scrutator Sapientiæ (2011-07-24 10:12:45)
[en réponse à 602722]
Rebonjour à jejomau,
Pour des raisons évidentes, je suis contraint d'être bref ; à mes yeux, nous sommes en présence,
- d'une part, d'une orthopraxie humaniste, en lieu et place de l'orthodoxie catholique,
- d'autre part, de valeurs christiques, en lieu et place des vertus chrétiennes.
Si l'on veut aller jusqu'au bout de la sécularisation de l'esprit d'Assise, il ne faut pas hésiter à en externaliser l'organisation, en la confiant à l'UNESCO, comme je l'ai déjà suggéré sur le Forum Catholique.
Si l'on veut aller jusqu'au bout de la spiritualisation de l'esprit d'Assise, il ne faut pas hésiter à faire en sorte que la mentalité qui préside à ce type de réunions devienne LE diapason de la vie sacramentelle, de la vie spirituelle, de la liturgie et des sacrements, dans la vie intérieure et quotidienne de toute l'Eglise catholique.
Si c'est cette deuxième branche de l'alternative qui se concrétise, les théologiens institutionnellement catholiques qui considèrent "en conscience" (inerrante ?) que la théologie du dialoguisme et du pluralisme religieux a vocation à inspirer toutes les autres composantes de la théologie, la théologie fondamentale, la théologie sacramentelle, la théologie morale, n'auront même pas besoin d'un Concile Vatican III pour que leurs vues deviennent celles de l'Eglise.
Par ailleurs, puisque l'Eglise est pour la paix, elle est contre la guerre, contre toute forme de guerre, y compris contre la guerre déclarée contre le Christ, par les principaux responsables de l'esprit public et du corps social, sinon par tous les non chrétiens, qui ne sont pas seulement indifférents, mais qui sont également explicitement et spécifiquement déchristianisateurs des coeurs et des moeurs.
J'avoue avoir du mal à envisager la dénonciation, par le Saint Père, de cette guerre là, dans le cadre de la prochaine réunion qui se tiendra à Assise.
En définitive, la question est celle de la visée théorique et de la portée pratique d'une radicalité sanctificatrice, qui serait éventuellement présente dans l'esprit d'Assise.
Je vous souhaite un bon dimanche, en partageant avec vous une dernière question : qu'en pensent les Musulmans qui se convertissent au christianisme catholique ?
Scrutator.

( 602729 )
Un peu de mémoire par Maïe (2011-07-24 11:13:34)
[en réponse à 602726]
-+IHS+-
J'avoue avoir du mal à envisager la dénonciation, par le Saint Père, de cette guerre là, dans le cadre de la prochaine réunion qui se tiendra à Assise
Pourtant, lors du dernier
synode des évêques du Proche Orient, cela a été fait, et bien plus encore. Même les Coptes non catholiques avaient alors salué l'action du Saint-Père qui est bien le seul à s’inquiéter de leur sort.