Une fois admis que la Révélation divine était nécessaire, afin que l’homme apprît à connaître les vérités qu’il faut croire et les vertus réelles qu’il faut pratiquer, voyons à quelle religion cette Révélation a été faite. Or, nous prétendons que la seule religion chrétienne a eu cette faveur : d’abord, parce qu’aucune autre religion ne possède la Révélation dans toute son intégrité et toute sa perfection.
Ce ne sont pas assurément les Gentils qui la possèdent ; car, chez eux, ainsi que nous l’avons vu, à peine est-il resté une ombre de la religion naturelle, puisqu’ils adorent plusieurs dieux contrairement aux enseignements de la raison naturelle, et cela, par un culte rempli d’abominables superstitions.
Ce ne sont pas non plus les Mahométans qui la possèdent, attendu que leurs dogmes sont frivoles, ridicules et contradictoires. Ces dogmes sont renfermés, comme on sait, dans le Coran : c’est là que l’impie Mahomet énonce, entre autres, cette erreur, que la félicité du paradis consiste à jouir des plaisirs brutaux de la chair. Il assure en outre que c’est lui qui est le Maître envoyé par Dieu aux Israélites, et que si ces derniers refusent de croire en lui, ils seront condamnés aux plus affreux supplices. Il affirme encore que son chameau ressuscitera, et montera au ciel pour y régner avec lui. Mais il se contredit dans une foule d’endroits : ainsi, dans un passage, il dit que ceux qui se sont écartés de la voie droite, ne recevront jamais leur pardon de Dieu, et dans un autre passage, il assure que les démons se convertiront par son Coran. Dans un endroit, il affirme que tous les morts ressusciteront un jour, et dans un autre, que jamais personne ne ressuscitera. D’un côté, il dit qu’on doit prier pour les incrédules, et d’un autre, il le nie. Mais la plus énorme de ces contradictions consiste à affirmer, d’une part, que Jésus-Christ est un vrai Prophète, qu’il est le vrai Messie promis par Dieu, que son Evangile est la lumière et la confirmation de l’Ancien Testament ; et à nier d’autre part, qu’il soit le Fils de Dieu : ainsi, Mahomet fait de Jésus-Christ un franc imposteur, puisque le Sauveur a déclaré ouvertement et à plusieurs reprises qu’il était réellement Fils de Dieu, ainsi que l’attestent les Evangiles, que Mahomet lui-même appelle Saints.