Le Forum Catholique

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images/icones/barbu2.gif  ( 602281 )le "genre" : on commence à en parler beaucoup... par jejomau (2011-07-20 15:11:05) 

Un article qui manque de punch mais plutôt bien étayé vient de sortir dans... "La Croix" ! Cette fois, ce n'est pas nous, les affreux "intégristes" qui le disont ! Les éditeurs, pour "La Croix", ont sorti des "textes foncièrement ambigus sur l'idéologie du genre ".. Par ailleurs, "La Croix" semble reconnaître avec Xavier Lacroix que celle-ci n'est pas une science au sens propre, mais plutôt une discussion à inclure en philosophie... :


Un extrait significatif de l'inquiétude qui se répand :

"Pour le théologien Xavier Lacroix, qui s’est livré
à une étude minutieuse du manuel édité par Hachette, « le texte est foncièrement ambigu. D’un côté, ses affirmations prises à la lettre et une à une sont exactes ; de l’autre, ses silences et ses insistances orientent le texte dans une certaine direction. »

D’autant qu’à la lecture de ces manuels, édités par Bordas, Hatier et Hachette, le terme de « théorie » n’apparaît pas explicitement. « Il ne faut pas faire passer pour vérité scientifique ce qui relève avant tout d’un débat anthropologique, souligne le psychanalyste Jacques Arènes . Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces manuels manquent de précaution. »

Ainsi, pour Xavier Lacroix, « le minimum serait que le professeur de biologie s’entende avec le professeur de philosophie, de lettres, d’éducation civique pour que soient abordées ces graves questions. Il serait bon, aussi, que le professeur ait présent à l’esprit l’arrière-fond global de ce discours ».

S’il reconnaît une influence de la société sur l’identité sexuelle, Mgr Bernard Ginoux, évêque de Montauban, qui avait publié une tribune sur le sujet, se dit « gêné » que cette théorie « laisse penser que l’on peut se choisir en dehors de l’identité sexuelle ».



En outre, trouvera une bonne analyse sur le "genre" et les récents débats sur Généhique. Là également, on y rappelle qu'"Il ne faut pas faire passer pour vérité scientifique ce qui relève avant tout d’un débat anthropologique" et il faut avoir "présent à l’esprit l’arrière fond global" de cette théorie. Ce que "La Croix" met (pour une fois, on les félicitera) aussi en exergue en fin de son article avec les propos révoltés d'un professeur.

Il faut dire que Luc Châtel, son ministre de tutelle, qui semble avoir eu beaucoup de mal à obtenir son Baccalauréat avec 211 points sur 400 et sa mention "passable", n'aide pas beaucoup le Corps Enseignant. Apparement, il fait pour l'instant un blocage sur le "genre" . Pour lui, "masculin", "féminin", "neutre"... Tout celà, c'est "kif-kif bourricot" !

Si maintenant de nombreux parents se mettent à secouer le cocotier à la rentrée auprès des instances diocésaines, des rectorats, etc... On peut penser que notre gouvernement se mette à réfléchir et à peser la balance entre le lobby homosexualiste représentant 1.5 % de la population... et les sus-dits parents ??

ICI
images/icones/radioactif.gif  ( 602335 )Compliqué par PEB (2011-07-20 22:55:56) 
[en réponse à 602281]

Je pense que la théorie du genre relève plus du cour de philosophie (pour mon cousin scientiste athée, domaine des questions mal posées, le reste étant lde la science).

La théorie du genre est une question anthropologique qui, sur une bonne prémisse, en tire des conclusions aberrantes.

L'homme est un animal social doté d'une âme immortelle similaire à celle des anges nous a dit in illo tempore le Maître. A ce titre, il n'est pas limité au seul biologique. Nous ne sommes pas réductibles à notre sexe mais ce dernier est une caractéristique essentielle de notre personne.

La question est qu'un homme et responsable de l'homme qu'il est devenu et une femme de la femme qu'elle a bien voulu, elle aussi, devenir. La masculinité et la féminité sont diverses et plurielles. Elles sont un donné à faire croitre chacun selon nos dons respectifs.

La théorie du genre a péché en poussant ce point à l'extrême bout du cône (comme disait une publicité pour un cornet glacé). Elle en a fait un existentialisme radical, révolutionaire vaguement marxisant, transformant l'égale dignité des genres dans leur dualité en équivalence.

Pour paraphraser Tolkien: "All we have to decide is what to do with the sex that is given us."
images/icones/neutre.gif  ( 602341 )La bonne prémisse par le torrentiel (2011-07-20 23:54:16) 
[en réponse à 602335]

...la distinction entre "identité sexuelle" et "l'"orientation sexuelle", je ne vois pas ce qu'il y a à dire là contre, si ce n'est qu'"orientation sexuelle" est peut-être trop orienté: préférons alors la différence entre "identité sexuelle" et "sexuation", c'est-à-dire appropriation de cette identité sexuelle par la personne concernée.


A part ça, "le genre", pas de quoi fouetter une féministe: je suis d'accord avec l'analyse très nuancée faite sur le métablog à ce sujet.


D'autant plus que les adversaires absolus de la théorie du "genre" me semblent pécher par excès de fixisme.


Choisissons mieux nos cibles et ne faisons pas flèche de tout combat, sous peine d'être perçus comme une Eglise sur la défensive, qui broncherait encore, mais qui serait touchée au coeur. Soyons offensifs avec, pour seule arme, le sourire de Marie.


Que Marie protège la féminité et qu'elle nous préserve de la féminisation masculine! Qu'elle aide chacun de nous à s'approprier de son "genre", qui n'est après tout que l'importation d'une catégorie grammaticale dans une vision trop sexuelle de l'identité de l'homme et de la femme, qui ne sont pas qu'un sexe.



Pour une fois que les sciences humaines deviennent moins unisexuelles, ne boudons pas notre plaisir...


En espérant ne pas me tromper


le torrentiel
images/icones/rose.gif  ( 602403 )Le problème par Meneau (2011-07-21 17:58:29) 
[en réponse à 602341]

Le problème n'est pas de vouloir distinguer entre identité sexuelle et orientation sexuelle.

Le problème est qu'on va enseigner à nos enfants comme un dogme, sanctionné par les notes d'un examen, que le genre n'est QUE une affaire de socialisation et ne repose en rien sur le sexe physique.

Vous voyez le genre ? Ne soyons pas naïfs, c'est là qu'est le combat, et celui-ci est mené toujours par les mêmes lobbies pour faire passer tout et n'importe quoi et déformer la conscience de nos enfants.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 602424 )Je crois que vous poussez dans des retranchements où elle ne va pas par le torrentiel (2011-07-21 21:41:56) 
[en réponse à 602403]

la théorie du "genre", qui ne va pas jusqu'à dire que la biologie doit être niée et, parmi ses éléments, le fait que l'on soit né fille ou garçon. Le "genre" ne va pas jusqu'à dire que la sexualisation d'un petit d'homme soit une pure construction culturelle.


A l'inverse, lisant ce jour de manière plus approfondie "Veritatis splendor" (aux paragraphes 45 à 50), j'y découvre Jean-Paul II réfutant le reproche de certains théologiens modernes selon lesquels "la loi naturelle" (toujours elle) serait un pur physiologisme, ne voulant donner aucune part à une "liberté spirituelle" de l'âme, purement formelle d'après Jean-Paul II, avec laquelle l'homme pourrait construire son identité, "livré à son conseil" à partir du "donné toujours disponible" qu'est le physiologique.


Pour le magistère même le plus récent de l'eglise, il ne s'agit pas que l'homme échappe aux strictes limites que le corps impartit à l'âme. Il ne s'agit même pas de reconnaître que "la liberté spirituelle" soit de ses attributs propres à partir desquels elle puisse transcender le physiologique.


Si la théorie du "genre" pèche par excès, m'est avis que le magistère de Jean-Paul II se montre restrictif par défaut.


Enfin, j'ai déjà eu l'occasion d'écrire que la théorie du "genre" n'était qu'un prolongement très édulcoré des présupposés du planning familial. Mais dieu, qu'on en a rabattu depuis sa période triomphante!


A tout prendre, je préfère que l'on reconnaisse cette évidence que l'identité humaine n'est pas que sexuelle, est diversifiée par le "genre" à d'autres dimensions de l'humanité, même si cela peut conduire au choix d'une "orientation sexuelle", que le catholique préfèrera appeler une "tendance" plus ou moins conforme à la "loi naturelle". Je préfère cela à l'idée, somme toute beaucoup plus abrupte, que le corps de la femme appartient à celle-ci et qu'il lui incombe par conséquent à elle seule de décider du droit de naître de l'enfant qui aura été fécondé en elle.


Jejomau nous a déjà fait connaître naguère que, d'après mgr anatrella dont il a peut-être extrapolé la pensée, "le genre" serait "la mort de l'humanité". En toute rigueur de termes, il l'est beaucoup moins que ne saurait l'être une théorie de la propriété du corps de la femme qui empêche qui elle ne veut pas d'accéder à la vie.
images/icones/1e.gif  ( 602391 )ahh par castelrey (2011-07-21 15:05:12) 
[en réponse à 602335]


"All we have to decide is what to do with the sex that is given us."



C'est shakespearien, et that is the question, remplacez le crâne par un joujou à la mode (peint en rose). Quelque chose me dit que beaucoup ont résolu la question du noeud gordien...
images/icones/1e.gif  ( 602349 )Il arrive après la bataille par Maïe (2011-07-21 00:14:37) 
[en réponse à 602281]

-+IHS+-
votre gars!

Le problème n'est pas ce que les gens font de leur... personne, mais enseigner cette pseudo théorie à l'école, c'est n'importe quoi.
Donnons à nos enfants les moyens de se faire leurs propres idées sur toutes les théories possibles et imaginables dès qu'ils en ont les moyens et l'envie. Et basta !