Le Forum Catholique

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images/icones/1v.gif  ( 601771 )le 5 mai 1789 par jejomau (2011-07-14 09:17:41) 

La date qui compte. C'est ce jour-là que le Roi convoque les Etats-Généraux . Oui... Mais pourquoi ? Parceque l'endettement de la France est tel que plus aucun créancier ne veut allonger un "kopeck" supplémentaire. Le Roi convoque les Etats-Généraux afin de trouver une solution.

Mais voilà, tout se passe mal pour la bonne raison que les réformes politiques exigées par les représentants de la Nation ne sont pas acceptées.. On connaît la suite...

Aujourd'hui nous savons que le peuple n'a pas fait la Révolution mais la bourgeoisie oui. La bourgeoisie qui travaillait activement au sein de Loges depuis des dizaines d'années déjà pour "prendre le pouvoir"...


ET AUJOURD'HUI ?


Pourquoila France est-elle endettée ? Pourquoi depuis des dizaines d'années la France s'est-elle endettée à ce point ? Qui est derrière les agences de notation ? Qui veut un gouvernemant fédéral européen ? Tant d'autres questions qui se bousculent.......

Quelle révolution est en cours ?


Toute analogie avec des évènements actuels serait fortuite, etc......


images/icones/fleche2.gif  ( 601928 )Très rapidement, quelques remarques. par Scrutator Sapientiæ (2011-07-16 08:15:36) 
[en réponse à 601771]

Bonjour jejomau,

1. Avec la Révolution française, nous sommes en présence d'un processus extrêmement complexe, qui a été préparé puis qui s'est déroulé à cause ou du fait de nombreux acteurs et de plusieurs facteurs ; dans ce contexte, quelques dates comptent davantage que les autres, en ce qu'elles renvoient à des évènements ayant eu plus de portée que d'autres, mais le 5 mai 1789 n'est pas la date de la convocation mais le jour de l'ouverture ou de la réunion des Etats Généraux, ce qui n'est pas tout à fait la même chose, la convocation, elle, semblant dater de janvier 1789.

2. On parle souvent, d'une manière négative, mais pas toujours exactement dans les termes qui suivent, de l'opposition qui a prévalu, dans l'esprit des philosophes des Lumières,

- entre la raison naturelle, supposée éclairante et libératrice,

- et les vertus surnaturelles, supposées aveuglantes et asservissantes.

La Révolution française, sous un angle philosophique et théologique, c'est en effet la conception puis le déploiement d'une volonté d'affranchissement, d'émancipation, des lumières humaines, par rapport à la Lumière divine, le refus de voir qu'il n'y a aucune inerrance dans les lumières humaines, et le refus de voir qu'il y a incarnation, mais seulement en Jésus-Christ et à sa suite, de la Lumière divine.

3. On parle moins souvent, et je le déplore, de la confusion très fréquente, sinon permanente, entre FAIBLESSE et BONTE, qui a caractérisé le comportement de Louis XVI, pendant son règne ; ce comportement a pourtant grandement contribué à l'accélération, à l'alimentation et à l'amplification du processus révolutionnaire, même si Louis XVI est évidemment moins coupable que les révolutionnaires eux-mêmes.

4. Et on parle encore moins souvent de l'obstruction parlementaire qui a fragilisé, puis annihilé l'Ancien Régime, au cours de la deuxième moitié du règne de Louis XV, et tout au long du règne de Louis XVI ; c'est pourtant là qu'il faut chercher l'origine institutionnelle du fait que l'Ancien Régime ne fonctionnait plus, du fait de l'une de ses principales institutions, car les magistrats des Parlements n'étaient plus au service de l'Etat, du Roi, des Français, du Royaume, mais à leur propre service, tout en faisant croire à peu près le contraire.

5. A ce sujet, il y a une date fort peu connue qui, dans le contexte d' l'époque a achevé d'ouvrir les yeux des plus candides : le 23 septembre 1788, sur le conseil de Necker, le Roi rappela le Parlement.

Aveuglés par leur succès, les parlementaires commirent l'erreur d'affirmer que que les Etats Généraux à venir fonctionneraient comme en 1614.

Le grand public, qui jusque là avait pris au sérieux la prétention du Parlement de défendre la liberté contre la tyrannie, se rendit alors compte que ce qu'il entendait par liberté était surtout celle, pour les deux classes privilégiées, de dominer le pouvoir royal.

En se plaçant ainsi du côté du système féodal, le Parlement s'aliénait l'appui de la puissante bourgeoisie et cessait désormais de jouer un rôle dans le déroulement des évènements.

La révolte nobiliaire avait montré ses limites et était à bout de course ; elle allait céder le pas à la révolution bourgeoise.

6. Enfin, voici quelques éléments de réponse à vos questions sur l'actualité immédiate : qu'ont en commun TOUS les Présidents de la République française, depuis 1974 ?

Ils veulent tous que leur politique soit davantage au service des créanciers de la France, qu'à celui des citoyens français, d'où le recours à l'emprunt, et non à l'impôt, pour financer un certain nombre de prestations collectives, ce qui constitue l'endettement public, justificateur de privatisations ultérieures.

Ils sont tous partisans de la construction de l'Union européenne, ce que l'on pourrait appeler le nouveau (dés)ordre européen, et le dernier en date est même partisan du nouvel ordre mondial, ce que l'on pourrait appeler le nouveau (dés)ordre américain.

Allez chercher du côté du FMI, de l'OMC, de la Commission européenne, et vous trouverez la vitrine ; allez chercher du côté du CFR, du Groupe de Bilderberg, de la Commission Trilatérale, et vous trouverez le magasin...

Je vous souhaite une bonne journée.

Scrutator.