Thèse n° 1 : l'Esprit souffle où il veut même en dehors de "l'organisme visible qu'est l'Eglise"
Thèse n° 2 : si c'est le cas, alors comment comprendre qu'il faille le baptême pour être sauvé ?
En effet, dans la thèse n°1, si l'Esprit-Saint souffle en celui qui est chaman ou athée... A quoi sert l'Eglise ? Comment peut-il être sauvé ?
Le site
Serviam sus-nommé donne une réponse interressante .
Je voudrai en donner un extrait qui nous interresse sur la question :
"
comment envisager le salut, non seulement des infidèles, mais aussi de tous ceux qui sont en dehors de l'Eglise catholique ?
S'il apparaît clairement que l'appartenance à l'Eglise catholique est nécessaire pour être sauvé,
il existe plusieurs manières d'appartenir à l'Eglise. Sur cette question, nous pouvons constater tout un développement de la théologie et du Magistère depuis Saint Thomas jusqu'à Vatican II.
SAINT THOMAS
A la suite de certains docteurs, Saint Thomas d'Aquin envisage une appartenance spirituelle à l'Eglise par un désir surnaturel. Ainsi dans la Somme théologique (
Ia IIae q89 a5, a6) il expose le cas d'un enfant qui, ayant toujours la tache du péché originel, est confronté à son premier acte moral. C'est alors que se présente une "
grandeur " (traduction du cardinal Journet) qui va le conduire vers le bien, ou s'il refuse, vers le mal. Il va réaliser son premier acte délibéré, premier acte profond et libre de sa conscience.
St Thomas reconnaît ainsi la possibilité d'une grâce qui s'adresse directement à l'enfant, grâce qui ne passe pas obligatoirement par le signe visible du sacrement. Ainsi Saint Thomas admet une action divine pour le salut en dehors des limites visibles de l'Eglise : "
il n'y a pas à en douter, Dieu procurera la connaissance de l'Evangile à ceux que sa miséricorde a résolu d'arracher à la damnation " (
de Veritate q14 a2).
...
Saint Thomas insiste sur une action directe de Dieu envers le païen. Le salut est donc possible par une grâce spéciale "...
Etrangement l'actualité se télescope . Dans son dernier "
commentaire" Mgr Williamson soulève peu ou prou le problème de Benoît XVI : comment concilier l'exigence moderne de la Raison avec une Foi aux Vérités immuables ? MGr Williamson veut montrer que l'herméneutique de continuité ira à un échec car ce qui est ancré dans la Vérité (les vérités immuables de la Foi) ne peut - ainsi que le prétend le Saint-Père - en même temps faire l'objet d'un "processus double de purification et d'enrichissement" au sein de l'histoire.
Pourtant sur le site "Serviam", on constate très bien que la donnée de base dans laquelle s'ancre la Foi fait l'objet d'un enrichissement au cours de siècles ... qui s'il SEMBLE contredire parfois le socle sur lequel repose notre Foi, n'en a en fait que l'apparence !
Ainsi :
"D'une part est affirmé clairement
l'unique salut en Jésus-Christ et l'Eglise : "
Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé ; mais celui qui ne croira pas sera condamné "(
Mc 16 16).
Mais d'autre part, le Magistère EVOLUE en montrant que :
avec Saint Thomas (plusieurs siècles après) : il existe une action directe de Dieu envers le païen
avec Pie IX (plusieurs siècles après) : déclarant "que les païens ne seront pas condamnés pour leur ignorance si elle est invincible".
avec Pie XII : "A partir de cette doctrine du Corps Mystique, on va pouvoir distinguer
différents degrés d'appartenance à l'Eglise".
avec Vatican II : qui ne fait qu'entériner les dévelloppements abordés sur le Salut possible des âmes "en-dehors"de l'Eglise !
Vous voyez bien (l'APPARENTE )contradiction entre cette phrase : "seul
celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé" et Vatican II affirmant : que les païens peuvent être sauvés !.. via Saint Thomas d'Aquin , Pie IX et Pie XII... !
L'herméneutique de la continuité est une réalité . Et elle s'ancre bien dans l'histoire. A mon humble avis. Si elle
semble contredire le Christ, en fait elle participe d'un "
processus double de purification et d'enrichissement"(Benoît XVI). Tout se situe dans la confiance manifestée au Magistère...