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images/icones/fleur.gif  ( 600539 )30 Juin - Le Saint du Jour et sa Pratique : Saint Paul, Apôtre des Gentils par Castille (2011-06-30 12:36:50) 


La fête de la Conversion de Saint Paul (25 janvier) nous a donné lieu de connaître l'histoire de la conversion merveilleuse de ce grand apôtre.

Il faudrait rappeler en ce jour les courses de son apostolat, les succès de ses prédications, les enseignements sublimes de ses épitres, ses emprisonnements, ses souffrances, son martyre. Qui mieux que lui a résumé tout cela dans cette belle page de sa deuxième épître aux Corinthiens, où il venge sa mission divine attaquée par de faux frères?

« Pour JESUS-CHRIST, j'ai supporté de nombreux travaux, subi souvent la prison, souffert les coups de mes ennemis, couru fréquemment le danger de mort; j'ai reçu des Juifs, à cinq différentes fois, trente-neuf coups de fouet ; j'ai été battu trois fois de verges par les impies ; j'ai été lapidé une fois, j'ai fait trois fois naufrage ; j'ai passé un jour et une nuit au fond de la mer; j'ai multiplié mes rades et fatigants voyages ; j'ai failli bien des fois périr sur les rivières, ou de la main des voleurs, ou devenir victime, tantôt de la haine des Juifs, tantôt de la fureur des Gentils ; j'ai trouvé des dangers au milieu des villes, dans les déserts, sur la mer, dit auprès de faux frères ; j'ai passé bien des années dans les labeurs, dans les tristesses, dans les veilles, dans la faim et la soif, dans les jeûnes, le froid, la nudité. Outre ces maux extérieurs, que de peines m'a causées ma sollicitude quotidienne de tant d'églises que j'ai fondées ! Qui souffre sans que je souffre avec lui ? Qui menace de se perdre sans que je me consume de douleur?... »

Si Paul est admirable dans ses travaux apostoliques, il ne l'est pas moins dans ses sublimes épîtres, où nous apparaît, avec la substance du christianisme, la grande âme tout entière et l'amour incomparable de cet apôtre si extraordinaire.

De tous les personnages du premier âge de l'Église, Saint Paul est celui que nous connaissons le mieux. Il était de taille médiocre. « II avait trois coudées, dit Saint Jean Chrysostome, et pourtant il touchait le ciel. » — " Saint Paul, nous dit l'historien Nicéphore d'après une tradition authentique, était petit de taille ; son visage pâle, sa longue barbe blanchissante, son crâne presque chauve, l'eussent fait croire plus vieux qu'il ne l'était en réalité."

Sous cette frêle enveloppe se cachait une âme vaillante, un esprit magnanime, un cœur invincible que le danger n'étonnait ni n'épouvantait jamais. Vrai modèle de l'apôtre, il se fit tout à tous, sut se plier aux circonstances, acquit une influence étonnante sur les peuples qu'il prêcha ; sa personne et sa vie rappelleront toujours les plus grandes merveilles que la Providence ait opérées pour l'extension de l'Évangile et du règne de JESUS-CHRIST.

Pratique. Ne cherchez que la gloire de DIEU, consacrez-lui; toutes les ressources que DIEU vous a données.

INTROIBO : Commémoraison de St Paul, apôtre (et mémoire de Saint Pierre)

HODIEMECUM : Saint Paul, l'Apôtre des Gentils, martyr. 66.

MAGNIFICAT : Saint Paul, Apôtre des Gentils

L'Evangile du Jour sur PerIpsum son Commentaire par Saint Jean Chrysostome

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"
images/icones/bible.gif  ( 600547 )En quoi saint Paul est-il un apôtre ? par Vianney (2011-06-30 13:15:28) 
[en réponse à 600539]

Il s’en explique lui-même dans la première partie de sa lettre aux Galates (en particulier : I, 11-24). Voici le commentaire qu’en donne Dom Paul Delatte (Les Epîtres de saint Paul replacées dans le milieu historique des Actes des Apôtres, t. Ier, p. 497-498) :

Tout ce qui suit dans les deux premiers chapitres cesse d’être une apologie personnelle, pour se borner à un exposé historique, dans le dessein de montrer l’originalité divine de son enseignement et la fermeté qu’il a apportée à maintenir cette liberté évangélique que les mosaïstes menacent aujourd’hui.

Voici, dit l’Apôtre, pourquoi la doctrine que je vous ai enseignée ne peut subir ni retouches, ni achèvements. Elle ne le pourrait que si elle venait de l’homme. Venant de Dieu, elle est consacrée, elle est immuable. Et elle vient de Dieu. Je ne l’ai reçue d’aucun homme, je ne l’ai apprise à l’école d’aucun maître, je la tiens de Notre-Seigneur Jésus-Christ seul. Et en vérité, il a fallu la vocation de Dieu, et une sorte de coup d’état pour faire de moi le prédicateur de la liberté évangélique. Vous n’ignorez pas, dit-il, ce que j’ai été autrefois. Ma naissance et mon éducation ne m’avaient pas préparé à ma mission d’aujourd’hui. Je ne savais que le mosaïsme. Mon attachement à la loi m’a même fait persécuter avec violence l’Eglise de Dieu, et semer la mort parmi les chrétiens. Je dépassais en fanatisme judaïque tous ceux de mon âge, et défendais avec plus d’énergie que personne les traditions qui nous viennent de nos ancêtres Juifs. Comment un adepte si fervent de la loi de Moïse y eût-il renoncé, et renoncé à ce point, si le Seigneur n’y avait mis la main ?
Une heure vint, où il plut à Dieu, après l’avoir prédestiné et l’avoir appelé dans sa toute gracieuse charité, de révéler à l’Apôtre le mystère de son Fils, avec mission de le dire aux nations (II Cor., IV, 6). La pensée de l’Apôtre aurait pu être alors de s’attacher à ceux de son sang et de sa race, de se rendre à Jérusalem auprès des Douze qui l’avaient précédé dans l’apostolat. On l’eût reçu avec joie : il aurait eu l’occasion de recueillir leur doctrine. Au lieu de prendre ce parti, il sort de Damas et se retire dans l’Arabie Nabatéenne ; puis il retourne à Damas, d’où il est contraint de s’enfuir bientôt pour échapper à la persécution des Juifs. Ce n’est qu’après trois ans écoulés depuis sa conversion qu’il revient à Jérusalem, pour faire connaissance avec Pierre et s’entretenir avec lui une quinzaine de jours. Tout ce détail montre que sa formation apostolique est de Dieu : il a enseigné au lendemain même de sa conversion, n’a vu saint Pierre que plus tard, n’est demeuré avec lui que peu de temps, n’a pas eu le loisir de se mettre à l’école d’un maître.


Paul ne devait pas avoir de successeur dans sa mission extraordinaire ; mais l’élément qu’il venait déposer dans l’Église mère et maîtresse représentait une telle valeur que, dans tous les siècles, on entendra les pontifes romains, héritiers du pouvoir monarchique de Pierre, faire appel encore à un autre souvenir, et commander au nom des « bienheureux Apôtres Pierre et Paul ». (Année liturgique, Commémoration de saint Paul, apôtre.)