La religion Chrétienne :
Le christianisme n'a jamais eu de position très nette vis à vis du tatouage, un premier concile en 787 sous le pape ADRIEN 1er interdit les tatouages d'inspiration païenne. Ce concile a été par la suite annulé par celui de NICEE. Cette prise de position peu nette est explicable par l'existence irréfutable de tatouages religieux chez les premiers Chrétiens: signe du poisson, agneau ou ancre sur le bras. Les croisades furent une période faste pour les tatouages religieux. Il était en effet chose habituelle de partir avec une croix tatouée afin d'être en cas de malheur être enseveli en bon Chrétien sur le territoire Musulman. Au moyen âge, les pèlerinages à Jérusalem étaient l'occasion de tatouages religieux et ceci malgré l'avis défavorable de l'Eglise Catholique. Les Chrétiens orthodoxes. Arméniens, les Chrétiens Coptes Egyptiens ont volontiers une croix tatouée à la face interne du poignet droit. Chez les Chrétiens de la Bosnie-Herzégovine les jeunes filles furent tatouées à la puberté sur le thorax et les mains pour éviter leur conception ultérieure à l'Islam et ce jusqu'à la fin du XIX ème siècle.
Le corps, qui a l’âme pour principe vital, lui sert aussi d’instrument. Il apporte à celle-ci la connaissance sensible du monde extérieur et lui permet de s’exprimer, Ce jeu d’interdépendance, dont l’existence est une donnée bien établie par l’expérience, constitue à lui seul un grand problème et un sujet qui a passionné les chercheurs au cours des siècles.
La grandeur de la pensée chrétienne sur le corps tient en ce qu’affirme saint Paul aux fidèles de Corinthe pour les arracher à l’ambiance pervertie de cette ville cosmopolite: «le corps n’est pas fait pour la fornication, il est pour le Seigneur». Le corps doit ressusciter comme le Seigneur; il est membre du Christ, temple du Saint-Esprit (cf. 1 Cor. 6, 13-20). Il faut donc glorifier Dieu dans son corps. Aussi bien l’incomparable dignité du corps humain tient à ce qu’il n’est pas ensemble de chair et d’os, mais enveloppe de l’âme et, par la grâce, habitacle du Saint-Esprit. Destiné à grandir, à s’épanouir dans sa beauté fonctionnelle, à être pour l’âme un indispensable compagnon malgré les blessures du péché, le corps doit passer par la destruction avant de se retrouver, après la résurrection finale, dans le rayonnement de la gloire de l’âme.
On voit bien dès lors que les chrétiens ne sauraient faire leur une doctrine manichéenne d’un corps mauvais et d’une âme bonne. Ils ne peuvent pas non plus, à l’inverse, avoir une conception purement biologique et hygiénique du corps. Celui-ci n’a pas sa fin en lui-même, il est ordonné à une destinée, lié à l’âme, qui le dépasse et lui procure sa plénitude dans la résurrection, irradiation béatifiante de la gloire de l’âme dans le Seigneur Jésus.
Ainsi s’explique l’attitude du chrétien vis-à-vis du corps. Elle est, certes, recherche de la santé et du plein épanouissement; elle favorise le développement harmonieux de toutes les virtualités physiques, mais elle est aussi maîtrise de soi et ascèse.
Que de réflexions salutaires trouveraient place dans ces perspectives! Et c’est précisément là que se situe la profession médicale avec son utilité et sa grandeur. C’est là que vos efforts et vos recherches trouvent leur plus haute valeur: favoriser de toutes manières le développement et la sauvegarde du corps; retarder son vieillissement et sa destruction, afin qu’il soit plus dispos au service de Dieu et des hommes.