
( 598990 )
Je veux dire... par bbdg (2011-06-16 19:42:05)
[en réponse à 598980]
...que le système entretient un conflit à l'intérieur des catégories populaires autour des questions identitaires afin de les empêcher de s'unir contre leur adversaire commun : le libéralisme.
Le libéralisme, dans sa dimension, économique détruit les protections et met en concurrence les travailleurs du monde entier : les immigrés en sont les victimes, au même titre que les ouvriers au chômage des pays d'accueil.
Le libéralisme, dans sa dimension philosophique, détruit les valeurs et met les individus sous l'emprise de la société de consommation. Il détruit les solidarités traditionnelles, à commencer par la famille. Si l'"hyper-classe" a les moyens de s'épanouir dans sa fange, le peuple, lui, est en train d'en crever.
Les catégories populaires auraient donc intérêt à prendre conscience qu'elles ont des intérêts communs à défendre plutôt qu'à s'épuiser en de vaines divisions : "Français de souche" chauffés à blanc par les petites phrases de Guéant, "Français issus de l'immigration" montés contre les précédents par SOS-Racisme.
Je vous renvoie à
ceci, ou
ceci.

( 599016 )
Royauté sociale du Christ et libéralisme par Theonas (2011-06-16 21:29:50)
[en réponse à 598990]
Dans Immortale Dei, Léon XIII écrit " D
ieu a réparti entre le pouvoir ecclésiastique et le pouvoir civil le soin de procurer le bien du genre humain. Il a préposé le premier aux choses divines et le second aux choses humaines. Chacun d’eux, dans son ordre, est souverain ; chacun d’eux est renfermé dans des limites parfaitement déterminées, et tracées en exacte conformité avec sa nature et son principe. Chacun d’eux est donc circonscrit dans une sphère où il peut agir et se mouvoir en vertu des lois qui lui sont propres. »
L'encyclique explique ensuite que ces deux pouvoirs ne sont pas sur le même plan, l’un étant supérieur à l’autre, la cité terrestre ayant des devoirs envers Dieu ( Immortale dei). Elle est en conséquence soumise à l’universelle royauté temporelle du Christ ( Pie XI quas primas), car le Christ en tant qu’homme a reçu de Dieu «
l’empire sur les oeuvres de ses mains » « tout a été mis sous ses pieds »( Heb 2) C’est de lui que tous les pouvoirs tiennent leur autorité. La cité doit donc suivre sa loi et sa morale. L’Etat est bien souverain, mais son domaine est subordonné, de sorte que cette souveraineté n’est pas absolue. Il n’y a qu’une souveraineté universelle et absolue, celle du créateur et celle de l’Eglise est supérieure à celle de l’Etat. Ce qui est à César est à Dieu avant d’être à César.
«
tout pouvoir m’est donné dans les cieux et sur la terre » Mt 28,18. Ainsi ceux qui croient en Christ ne peuvent admettre une séparation radicale de l’Eglise et de l’Etat.
Un glaive est sous l’autre : «
personne ne doit donc s’imaginer que nous prétendons troubler ou diminuer la juridiction de l’illustre roi des Francs, non plus qu’il ne veut et qu’il ne doit empêcher la Nôtre…car nous ne prétendons pas juger du fief, dont le jugement lui appartient,…mais prononcer sur le péché, dont la censure nous appartient sans nul doute, censure que nous pouvons et devons exercer contre qui que ce soit… »(Innocent III aux évêques, 1204). Cette même ratio peccati est invoquée par Innocent IV contre Frédéric II, par Boniface VIII contre Philippe le Bel. C’est là l'unique doctrine sociale de l'Eglise. Elle est immuable : la doctrine des deux glaives de St Bernard est la même que celle du pouvoir indirect de Bellarmin et Suarez, c’est le même enseignement dispensé par Boniface VIII dans la bulle Unam Sanctam et par Léon XIII dans Immortale dei. Il y précise que l'autorité de l'Eglise s'étend aux choses temporelles pour autant qu'elles entrent en rapport avec ce qui touche au salut des âmes et au culte de Dieu. Or la question du libéralisme est centrale puisqu'elle fait de la neutralité axiologique de l'Etat un dogme, donc rejette l’idée qu’il y à promouvoir un ordre particulier, une morale particulière, ordonnée à une métaphysique créationnelle. Il est donc par conséquent le péché par excellence, le principe de propagation même du péché. Il doit donc être combattu par tout chrétien.
la suite sur
ESCHATON
autre article sur le sujet sur ESCHATON :
Libéralisme et catholicisme, l’impossible combinaison

( 599014 )
Leur refus, parfois haineux, souvent joyeux, de servir la vérité et la justice. par Scrutator Sapientiæ (2011-06-16 21:28:43)
[en réponse à 598967]
Bonsoir, bravo et merci à bbdg,
1. Les libéraux de droite et les libéraux de gauche ne veulent ni expliquer de vrais problèmes, ni appliquer de justes solutions ; il est en effet très important que la question culturelle, la question naturelle, la question morale et la question sociale ne soient pas traitées, d'une manière curative, afin que les victimes du grand refus, souvent joyeux, parfois haineux, de traiter le fond même de ses questions, continuent à être de plus en plus
- aveuglées et incultes, ignorantes et insouciantes,
- empoisonnées et intoxiquées au quotidien,
- précarisées, dans l'ordre matériel et social,
- fragilisées, dans l'ordre spirituel et moral.
2. Sous cet angle, il y a là un véritable "commerce triangulaire" entre la classe médiatique, la classe politique, et la catégorie socio-professionnelle des communicants et des publicitaires, et, dans le contexte français, quelques personnalités, qui prospèrent à l'intérieur de ce triangle, incarnent littéralement ce que je suis en train de dénoncer ici : Jacques SEGUELA, à "gauche", Thierry SAUSSEZ, à "droite".
3. Pour faire diversion, mais aussi, par calcul d'opportunité économique et sociétale, ils ont réinventé puis surexploité la question raciale et la question sexuelle, afin que chacune des quatre questions citées au début de mon message soit évoquée, le moins possible, avec effet utile, ou soit placée, le plus possible, à l'arrière-plan des préoccupations individuelles et collectives.
4. Si on essaie de se livrer à une tentative de lecture théologique de cette lame de fond hédoniste libertaire, qui n'a rien de socialiste, mais qui est en revanche libérale dans l'acception "démocrate" nord-américaine contemporaine du terme, on constate ceci : nous sommes en présence du déploiement d'une logique
- de falsifications, dans la réalité morale et spirituelle,
et
- d'inégalités, dans la réalité sociale et matérielle.
5. Mais cette logique, contraire à la vérité et à la justice, ne débouche pas seulement sur l'erreur et sur l'injustice : elle débouche sur le mensonge et sur la violence, ou bien la violence par transgressions symboliques, ou bien la violence par agressions effectives.
6. C'est un peu comme si l'esprit public, devenu la propriété privée du plus petit nombre possible d'actionnaires et d'intervenants, avait décidé de partir en guerre contre le corps social, pour le transformer, d'une manière apparemment permissive et discrètement répressive, en mutant monstrueux, à son insu, et malgré lui.
7. Nous retrouvons ici un problème déjà rencontré dans l'Ancien Testament : le problème de l'idolâtrie et du polythéisme : ce qui fait que le peuple, qui n'est jamais "de droite" ou "de gauche", a tendance à oublier qu'il est soumis à la fois à de l'aliénation intellectuelle et à de l'exploitation économique, au point d'en arriver à oublier son oubli, ce qui fait cela, c'est l'idolâtrie et le polythéisme qui sont servis chaque jour par les médias audio-visuels.
8. A partir de là, la politique n'est plus le service du bien commun, elle est
- la consolidation et la survalorisation de de tout ce qui est "tendance",
- comme la confusion athéocratique hédoniste entre volonté de "liberté" et volonté de licence,
- ou la confusion théocratique islamiste entre volonté de "vérité" et volonté de puissance ;
et
- la fragilisation et la dévalorisation de tout ce qui est "ringard", comme la volonté de faire preuve, dans tous les domaines, d'un sens aigu de la liberté responsable, de la maîtrise de soi, du respect d'autrui, et de la solidarité de proximité non médiatisée.
9. Paradoxalement, j'ai confiance en l'avenir : quand la Création "en aura marre" de voir que nous sommes à la fois de plus en plus pollueurs et pollués, de plus en plus destructeurs et prédateurs, dangereux ou menaçants pour nous mêmes et pour les autres espèces, car, notamment, de plus en plus gros, dans des véhicules de plus en plus gros, la Création sifflera la fin de la partie ; au demeurant, elle a déjà commencé à le faire, dans l'air comme dans l'eau.
10. Alors, pourquoi tout çà ? Parce que
- le respect, le désir et le souci de "l'Homme" pour lui-même est allé jusqu'au mépris puis à l'oubli du seul vrai Dieu, Créateur et Rédempteur, puis de la Création, de la nature, de la vie ;
- l'orgueil et la paresse des créatures humaines ont pris la place de l'humilité et de la sagesse, indispensables à notre subordination, vis-à-vis du seul vrai Dieu, notre Créateur et notre Rédempteur.
Bonne nuit et à bientôt.
Scrutator.