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images/icones/livre.gif  ( 598714 )Octave Crémazie - Le Drapeau de Carillon par Alonié de Lestre (2011-06-14 16:53:22) 

Le Drapeau de Carillon

Pensez-vous quelquefois à ces temps glorieux
Où seuls, abandonnés par la France leur mère,
Nos aïeux défendaient son nom victorieux
Et voyaient devant eux fuir l'armée étrangère ?
Regrettez-vous encor ces jours de Carillon,
Où, sous le drapeau blanc enchaînant la victoire,
Nos pères se couvraient d'un immortel renom,
Et traçaient de leur glaive une héroïque histoire ?
Regrettez-vous ces jours où, lâchement vendus
Par le faible Bourbon qui régnait sur la France,
Les héros canadiens, trahis, mais non vaincus,
Contre un joug ennemi se trouvaient sans défense ?
D'une grande épopée ô triste et dernier chant
Où la voix de Lévis retentissait sonore,
Plein de hautes leçons ton souvenir touchant
Dans nos coeurs oublieux sait-il régner encore ?
Montcalm était tombé comme tombe un héros,
Enveloppant sa mort dans un rayon de gloire,
Au lieu même où le chef des conquérants nouveaux,
Wolfe, avait rencontré la mort et la victoire.
Dans un effort suprême en vain nos vieux soldats
Cueillaient sous nos remparts des lauriers inutiles ;
Car un roi sans honneur avait livré leurs bras,
Sans donner un regret à leurs plaintes stériles.

De nos bords s'élevaient de longs gémissements,
Comme ceux d'un enfant qu'on arrache à sa mère ;
Et le peuple attendait plein de frémissements,
En implorant le ciel dans sa douleur amère,
Le jour où pour la France et son nom triomphant
Il donnerait encore et son sang et sa vie ;
Car, privé des rayons de ce soleil ardent,
Il était exilé dans sa propre patrie.

Comme au doux souvenir de la sainte Sion
Israël en exil avait brisé sa lyre,
Et, du maître étranger souffrant l'oppression,
Jetait au ciel le cri d'un impuissant délire,
Tous nos fiers paysans de leurs joyeuses voix
N'éveillaient plus l'écho qui dormait sur nos rives ;
Regrettant et pleurant les beaux jours d'autrefois,
Leurs chants ne trouvaient plus que des notes plaintives.

L'intrépide guerrier que l'on vit des lis d'or
Porter à Carillon l'éclatante bannière,
Vivait au milieu d'eux. Il conservait encor
Ce fier drapeau qu'aux jours de la lutte dernière,
On voyait dans sa main briller au premier rang.
Ce glorieux témoin de ses nombreux faits d'armes,
Qu'il avait tant de fois arrosé de son sang,
Il venait chaque soir l'arroser de ses larmes.

Et le dimanche, après qu'aux voûtes du saint lieu
Avaient cessé les chants et l'ardente prière
Que les vieux Canadiens faisaient monter vers Dieu,
On les voyait se rendre à la pauvre chaumière
Où, fidèle gardien, l'héroïque soldat
Cachait comme un trésor cette relique sainte.
Là, des héros tombés dans le dernier combat
On pouvait un instant s'entretenir sans crainte.

De Lévis, de Montcalm on disait les exploits,
On répétait encor leur dernière parole ;
Et quand l'émotion, faisant taire les voix,
Posait sur chaque front une douce auréole,
Le soldat déployait à leurs yeux attendris
L'éclatante blancheur du drapeau de la France ;
Puis chacun retournait à son humble logis,
Emportant dans son coeur la joie et l'espérance.

Un soir que, réunis autour de ce foyer,
Ces hôtes assidus écoutaient en silence
Les longs récits empreints de cet esprit guerrier
Qui seul adoucissait leur amère souffrance ;
Ces récits qui semblaient à leurs coeurs désolés
Plus purs que l'aloès, plus doux que la cinname,
Le soldat, rappelant les beaux jours envolés,
Découvrit le projet que nourrissait son âme.

O mes vieux compagnons de gloire et de malheur,
Vous qu'un même désir autour de moi rassemble,
Ma bouche, répondant au voeu de votre coeur,
Vous dit, comme autrefois nous saurons
/ vaincre ensemble.
À ce grand roi pour qui nous avons combattu,
Racontant les douleurs de notre sacrifice,
J'oserai demander le secours attendu
Qu'à ses fils malheureux doit sa main protectrice.

Emportant avec moi ce drapeau glorieux,
J'irai, pauvre soldat, jusqu'au pied de son trône,
Et lui montrant ici ce joyau radieux
Qu'il a laissé tomber de sa noble couronne,
Ces enfants qui vers Dieu se tournant chaque soir,
Mêlent toujours son nom à leur prière ardente,
Je trouverai peut-être un cri de désespoir
Pour attendrir son coeur et combler votre attente. »

À quelques temps de là, se confiant aux flots,
Le soldat s'éloignait des rives du grand fleuve,
Et dans son coeur, bercé des rêves les plus beaux,
Chantait l'illusion dont tout espoir s'abreuve.
De Saint-Malo bientôt il saluait les tours
Que cherche le marin au milieu de l'orage,
Et, retrouvant l'ardeur de ses premiers beaux jours,
De la vieille patrie il touchait le rivage.

Comme aux jours du Grand Roi, la France n'était plus
Du monde européen la reine et la maîtresse,
Et du vieux sang bourbon les héritiers déchus
L'abaissaient chaque jour par leur lâche faiblesse.
Louis Quinze, cherchant des voluptés à flots,
N'avait pas entendu, dans sa torpeur étrange,
Deux vois qui s'élevaient pleines de longs sanglots,
L'une du Canada, l'autre des bords du Gange.

Sous ce ciel toujours pur où fleurit le lotus,
Où s'élèvent les murs de la riche Golconde,
Dupleix, portant son nom jusqu'aux bords de l'Indus,
A l'étendard français avait conquis un monde.
Le roi n'avait pas d'or pour aider ce héros,
Quand il en trouvait tant pour ses honteuses fêtes.
Abandonné, Dupleix aux mains de ses rivaux
Vit tomber en un jour le fruit de ses conquêtes.

De tout ce que le coeur regarde comme cher,
Des vertus dont le ciel fit le parfum de l'âme,
Voltaire alors riait de son rire d'enfer ;
Et, d'un feu destructeur semant partout la flamme,
Menaçant à la fois et le trône et l'autel,
Il ébranlait le monde en son délire impie ;
Et la cour avec lui, riant de l'Éternel,
N'avait plus d'autre Dieu que le dieu de l'orgie.

Quand le pauvre soldat avec son vieux drapeau
Essaya de franchir les portes de Versailles,
Les lâches courtisans à cet hôte nouveau,
Qui parlait de nos gens, de gloire, de batailles,
D'enfants abandonnés, des nobles sentiments
Que notre coeur bénit et que le ciel protège,
Demandaient, en riant de ses tristes accents,
Ce qu'importaient au roi quelques arpents de neige !

Qu'importaient, en effet, à ce prince avili
Ces neiges où pleuraient, sur les plages lointaines,
Ces fidèles enfants qu'il vouait à l'oubli !...
La Dubarry régnait. De ses honteuses chaînes
Le vieux roi subissait l'ineffaçable affront ;
Lui livrant les secrets de son âme indécise,
Il voyait, sans rougir, rejaillir sur son front
Les éclats de la boue où sa main l'avait prise.

Après de vains efforts, ne pouvant voir son roi,
Le pauvre Canadien perdit toute espérance.
Seuls, quelques vieux soldats des jours de Fontenoi
En pleurant avec lui consolaient sa souffrance.
Ayant bu jusqu'au fond la coupe de douleur,
Enfin il s'éloigna de la France adorée.
Trompé dans son espoir, brisé par le malheur,
Qui dira les tourments de son âme navrée !

Du soldat, poursuivi par un destin fatal,
Le navire sombrait dans la mer en furie,
Au moment où ses yeux voyaient le ciel natal.
Mais, comme à Carillon, risquant encor sa vie,
Il arrachait aux flots son drapeau vénéré,
Et bientôt, retournant à sa demeure agreste,
Pleurant, il déposait cet étendard sacré,
De son espoir déçu touchant et dernier reste.

A ces vieux compagnons cachant son désespoir,
Refoulant les sanglots dont son âme était pleine,
Il disait que bientôt leurs yeux allaient revoir
Les soldats des Bourbons mettre un terme à leur peine.
De sa propre douleur il voulut souffrir seul ;
Pour conserver intact le culte de la France,
Jamais sa main n'osa soulever le linceul
Où dormait pour toujours sa dernière espérance.

Pendant que ses amis, ranimés par sa voix,
Pour ce jour préparaient leurs armes en silence
Et retrouvaient encor la valeur d'autrefois
Dans leurs coeurs altérés de gloire et de vengeance,
Disant à son foyer un éternel adieu,
Le soldat disparut emportant sa bannière ;
Et vers lui, revenant au sortir du saint lieu,
Ils frappèrent en vain au seuil de sa chaumière.

Sur les champs refroidis jetant son manteau blanc,
Décembre était venu. Voyageur solitaire,
Un homme s'avançait d'un pas faible et tremblant
Aux bords du lac Champlain. Sur sa figure austère
Une immense douleur avait posé sa main.
Gravissant lentement la route qui s'incline,
De Carillon bientôt il prenait le chemin,
Puis enfin s'arrêtait sur la haute colline.

Là, dans le sol glacé fixant un étendard,
Il déroulait au vent les couleurs de la France ;
Planant sur l'horizon, son triste et long regard
Semblait trouver des lieux chéris de son enfance.
Sombre et silencieux il pleura bien longtemps,
Comme on pleure au tombeau d'une mère adorée,
Puis, à l'écho sonore envoyant ses accents,
Sa voix jeta le cri de son âme éplorée :

« O Carillon, je te revois encore,
Non plus, hélas ! comme en ces jours bénis
Où dans tes murs la trompette sonore
Pour te sauver nous avait réunis.
Je viens à toi, quand mon âme succombe
Et sent déjà son courage faiblir.
Oui, près de toi, venant chercher ma tombe.
Pour mon drapeau je viens ici mourir.

« Mes compagnons, d'une vaine espérance,
Berçant encor leurs coeurs toujours français,
Les yeux tournés du côté de la France,
Diront souvent : reviendront-ils jamais ?
L'illusion consolera leur vie ;
Moi, sans espoir, quand mes jours vont finir,
Et sans entendre une parole amie,
Pour mon drapeau je viens ici mourir.

« Cet étendard qu'au grand jour des batailles,
Noble Montcalm, tu plaças dans ma main,
Cet étendard qu'aux portes de Versailles,
Naguère, hélas ! je déployais en vain,
Je le remets aux champs où de ta gloire
Vivra toujours l'immortel souvenir,
Et, dans ma tombe emportant ta mémoire,
Pour mon drapeau je viens ici mourir.

« Qu'ils sont heureux ceux qui dans la mêlée
Près de Lévis moururent en soldats !
En expirant, leur âme consolée
Voyait la gloire adoucir leur trépas.
Vous qui dormez dans votre froide bière ;
Vous que j'implore à mon dernier soupir,
Réveillez-vous ! Apportant ma bannière,
Sur vos tombeaux, je viens ici mourir. »

À quelques jours de là, passant sur la colline,
À l'heure où le soldat à l'horizon s'incline,
Des paysans trouvaient un cadavre glacé,
Couvert d'un drapeau blanc. Dans sa dernière étreinte
Il pressait sur son coeur cette relique sainte,
Qui nous redit encor la gloire du passé.

O noble et vieux drapeau, dans ce grand jour de fête,
Où, marchant avec toi, tout un peuple s'apprête
À célébrer la France, à nos coeurs attendris
Quand tu viens raconter la valeur de nos pères,
Nos regards savent lire en brillants caractères
L'héroïque poème enfermé dans tes plis.

Quand tu passes ainsi comme un rayon de flamme,
Ton aspect vénéré fait briller dans notre âme
Tout ce monde de gloire où vivaient nos aïeux.
Leurs grands jours de combats, leurs immortels faits d'armes,
Leurs efforts surhumains, leurs malheurs et leurs larmes,
Dans un rêve entrevus, passent devant nos yeux.

O radieux débris d'une grande épopée !
Héroïque bannière au naufrage échappée !
Tu restes sur nos bords comme un témoin vivant
Des glorieux exploits d'une race guerrière ;
Et, sur les jours passés répandant ta lumière,
Tu viens rendre à son nom un hommage éclatant.

Ah ! bientôt puissions-nous, ô drapeau de nos pères !
Voir tous les Canadiens, unis comme des frères,
Comme au jour du combat se serrer près de toi !
Puisse des souvenirs la tradition sainte,
En régnant dans leur coeur, garder de toute atteinte
Et leur langue et leur foi !

janvier 1858.
images/icones/coeurbrise.gif  ( 598718 )Vestiges d'un Canada français, catholique et royaliste par Alonié de Lestre (2011-06-14 17:14:18) 
[en réponse à 598714]

Un Canada qui survit dans des vieux livres poussiéreux que les bibliothèques publiques cachent dans leurs réserves fermées. Un Canada qui survit dans des recueils de poésie qu'on n'enseigne plus à l'école. Un Canada qui survit dans les ruines de notre patrimoine religieux. Un Canada qui survit dans les souvenirs que me racontait, feu mon grand-père. Un Canada immortel qui survit dans mon coeur. Un Canada français, catholique et royaliste à redécouvrir.

Merci à tous les liseurs de me laisser vous le partager.



images/icones/fleur.gif  ( 598738 )bien beau texte du genre par blamont (2011-06-14 20:26:44) 
[en réponse à 598718]

hugolien ou le "porte-drapeau" de Daudet.

Vous avez raison de raviver cette période passée au trou de l'Histoire de France.
Et ce texte pourrait s’appliquer à d'autres faits, d'autres drames pour lesquels la France n'eut pas un rôle resplendissant.

Une réserve: A l'époque "on" fut content de conserver les Antilles et de concéder le Canada aux Anglais.

les arpents de neige selon Voltaire, que valaient-ils, à comparer avec les iles à sucre soutirées aux Anglais?
images/icones/bravo.gif  ( 598739 )Très beau poême par remi dec (2011-06-14 20:52:46) 
[en réponse à 598738]

merci cher frère compatriote de me le faire connaître, vive nos ancêtres, vive notre peuple les canadiens français et honte à ce peuple québecois qui rejette la foi de ses pères à l'exemple de sa mère patrie prostituée comme elle aux plaisirs du monde.

Le drapeau original du carillon de 1848



Le 24 juin 1848, lors de la "parade de la St-Jean", une relique bouleverse la foule massée le long des rues de Québec: quelqu'un portait un des vestiges les plus précieux du Régime français, le drapeau du régiment de Carillon, qui avait été témoin de la brillante victoire des 3 500 soldats du général Montcalm contre une armée de 15 000 hommes, le 8 juillet 1758, à Carillon, aujoud'hui Ticonderoga dans l'état de New York. Ce drapeau fleurdelysé, l'ancêtre de l'actuel drapeau du Québec, fut depuis porté avec fierté, protégé dans un cylindre de métal, lors de tous les défilés de la St-Jean jusqu'en 1982, alors qu'il fut confié à l'Institut canadien de conservation, puis au Musée de l'Amérique française.
http://www.claudenadeau.net/saint-jean.html
images/icones/1b.gif  ( 598764 )La Nouvelle-France par Alonié de Lestre (2011-06-15 00:27:59) 
[en réponse à 598738]

Louis XIV fait de la Nouvelle-France, une véritable province du Royaume de France. Il la dote d'une organisation administrative comme celle des autres provinces. Et, contrairement aux Antilles, elle est peuplée majoritairement de Français. De plus, elle rapporte beaucoup au Trésor royal grâce au commerce de pelleteries, aux eaux poissonneuses et autres richesses naturelles.

Nouvelle-France avant le traîté d'Utrecht 1713

images/icones/musique.gif  ( 598740 )Et en chanson ... par Balbula (2011-06-14 20:58:35) 
[en réponse à 598714]


partition et petit extrait
Union de prières
Balbula (toute émue à entendre ces chants patriotiques)
images/icones/bravo.gif  ( 598762 )Très émouvant ! par Alonié de Lestre (2011-06-15 00:03:16) 
[en réponse à 598740]

J'ai entendu cet hymne pour la première fois dans la série Duplessis avec Jean Lapointe. Je le trouve bien plus beau que les « Gens du pays » et autres tentatives « quétaines » de nos poètes modernes.
images/icones/1d.gif  ( 598766 )Même l'hymne national est français, catholique et royaliste ! par Alonié de Lestre (2011-06-15 00:37:56) 
[en réponse à 598714]

Poème Ô Canada dont le premier strophe constitue les paroles de l'hymne national canadien.
Paroles : Adolphe-Basile Routhier Musique : Calixa Lavallée

Ô Canada! Terre de nos aïeux,
Ton front est ceint de fleurons glorieux !
Car ton bras sait porter l'épée,
Il sait porter la croix !
Ton histoire est une épopée
Des plus brillants exploits.
Et ta valeur, de foi trempée,
Protégera nos foyers et nos droits,
Protégera nos foyers et nos droits.

Sous l'œil de Dieu, près du fleuve géant,
Le Canadien grandit en espérant,
Il est né d'une race fière,
Béni fut son berceau ;
Le ciel a marqué sa carrière
Dans ce monde nouveau.
Toujours guidé par Sa lumière,
Il gardera l'honneur de son drapeau,
Il gardera l'honneur de son drapeau.

De son patron, précurseur du vrai Dieu
Il porte au front l'auréole de feu ;
Ennemi de la tyrannie,
Mais plein de loyauté,
Il veut garder dans l'harmonie
Sa fière liberté.
Et par l'effort de son génie,
Sur notre Sol asseoir la vérité,
Sur notre Sol asseoir la vérité !

Amour sacré du trône et de l'autel
Remplis nos cœurs de ton souffle immortel.
Parmi les races étrangères
Notre guide est la foi ;
Sachons être un peuple de frères,
Sous le jouge de la loi ;
Et répétons comme nos pères
Le cri vainqueur: «Pour le Christ et le Roi»
Le cri vainqueur: «Pour le Christ et le Roi».



images/icones/livre.gif  ( 598769 )Des Canadiens font parvenir une pétition à Napoléon 1er par Alonié de Lestre (2011-06-15 01:26:02) 
[en réponse à 598714]

À Saint-Constant, le 1er mars 1805, douze habitants dont l’âge varie de 50 à 70 ans, signent une pétition à « Sa Majesté l’Empereur des Français, Napoléon premier ».

Sire, écrivent-ils, deux de nos compatriotes, Jean-Baptiste Norau, âgé de soixante-quatre ans, et Jean-Baptiste Norau, son fils, âgé de vingt-deux ans, se rendent en France pour faire connaître à Votre Majesté par l’organe de ses ministres les intentions bien prononcées du peuple canadien de retourner sous l’Empire de la France et de porter de nouveau le nom glorieux de Français. Nous avions projeté, Sire, de secouer le joug des Anglais ; nous attendions des fusils pour nous armer et frapper un coup sûr. Mais notre espoir a été trompé. La surveillance des Milords, des Lords et des salariés de tout genre échouerait contre notre réunion et nos efforts, sous un bon général français, pénétré de ses devoirs et guidé par l’honneur. Nous assurons Votre Majesté que nous sommes disposés à subvenir aux frais que cette entreprise exigera. [...] Sire, nous attendons de votre sollicitude paternelle que la paix ne se fera pas, sans que nous ayons repris le nom de Français Canadiens. Nous sommes prêts à tout entreprendre à la première vue des Français que nous regardons toujours comme nos frères. Agréez, Sire, les vœux ardents que nous adressons au ciel pour le long règne de Votre Majesté. Recevez l’assurance de l’admiration que nous cause votre gloire et daignez accueillir l’hommage du dévouement sincère et du profond respect du peuple canadien.

Les signataires de cette pétition sont Pierre Trudeau et André Norau, de Longueuil ; Jean Lefevre, Charles Labarge, Préjean et Ebrum, de Châteauguay ; Louis Laplante et Dauphin Dupuy, de Saint-Constant, Eustache Martin, de Saint-Philippe ; Antoine Giraut, de Beloeil, et Jean Léveillé, de Mascouche.

Source :
Histoire populaire du Québec T2 p.84-85
Jacques Lacoursière
images/icones/bravo.gif  ( 598917 )Parfait !... par origenius (2011-06-16 13:02:36) 
[en réponse à 598714]



Mon cher Alonié de Lestre,

Si vous avez d'autres idées dans votre bécosse de ce style, surtout n'hésitez pas...

Cordialement

Origenius

PS : Un petit bonjour à Balbula et remi dec