Le Forum Catholique

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images/icones/mitre4.png  ( 597219 )"Que votre lumière brille aux yeux des hommes !" (Mgr Bagnard) par Bernard Joustrate (2011-06-02 12:05:27) 

Que votre lumière brille aux yeux des hommes !



La révision des lois sur la bioéthique est en plein débat. Elle se déroule dans une surprenante discrétion, malgré les enjeux considérables qui lui sont liés. Tout se passe comme si, pour accomplir un nouveau pas en avant, il fallait l’envelopper d’un silence protecteur pour mieux le faire aboutir. L’actualité foisonnante lui a volé la vedette, avec le procès de New York, la guerre en Lybie, l’éruption volcanique d’Islande ou la montée en puissance des candidatures aux prochaines élections présidentielles. Après avoir été voté en première lecture à l’Assemblée Nationale, puis "revisité" par le Sénat, le Projet vient d’être déposé sur le Bureau des Députés qui doivent l’examiner en seconde lecture.

Parmi les nombreux problèmes que soulève l’évolution des techniques médicales avec leur puissance d’intervention sur le sources de la vie, il en est un qui reste étrangement irrésolu : quelle est l’identité de l’embryon ? De la réponse que l’on donne à cette question centrale dépend toute la suite des choix et des décisions.

Si, en effet, l’embryon est le début de l’existence d’un être humain qui a déjà en lui-même tout sa carte génétique et donc son unicité inaliénable, il appartient alors forcément à la famille des humains ; on ne peut donc pas le traiter comme du vulgaire matériau. Si, au contraire, on le tient comme une simple "chose", un amas de cellules du genre ovni, alors on se donne toute autorité pour l’exploiter à la manière d’un banal minerai extrait d’une carrière. Parce qu’il n’est "rien" de précis, on peut le soumettre à tout ! L’éliminer comme un simple "déchet", après que l’on ait épuisé sur lui toutes les recherches qu’on avait programmées est le sort logique qu’on lui réserve. Ayons le courage de la vérité : on jette au rebut un être humain !

Répondre avec clarté à cette question met évidemment dans une position délicate. Car reconnaître que l’embryon est un être humain en ses commencements conduit à remettre en cause toute une législation, en vigueur depuis des décennies, en particulier celle concernant l’avortement. Car alors on est contraint d’admettre que l’avortement est un attentat porté contre un être humain, l’être le plus innocent de tous parce que le moins capable de se défendre. Le plus fort exécute le plus faible. La loi de la jungle remplace celle des droits de l’homme. Une civilisation s’enfonce silencieusement dans la barbarie.
Par contre, refuser à l’embryon le statut d’être humain c’est se placer dans une situation insoutenable, car il faut alors répondre à la question subsidiaire qui n’est pas la moindre : s’il n’y a pas trace d’humanité au point de départ, quand pourra-t-on la détecter par la suite ? La science, en effet, enregistre le parfait continuum vital propre au développement de tout vivant. A quelle phase de son développement pourra-t-on dire : avant, il n’y avait rien d’humain ; après, il y a de l’humain ! S’il n’y a rien d’humain au point de départ, il n’y aura rien d’humain au point d’arrivée !

Les promoteurs de la législation en vigueur invoquent le simplisme d’un tel raisonnement et font valoir la multiplicité des éléments à prendre en compte : situations humaines, avancées des sciences, évolution des mentalités, nécessités de la recherche, exigence de ne pas prendre de retard, etc. L’étalement d’une telle complexité fait naître le sentiment d’une disqualification à se prononcer clairement ! C’est comme si on vous transportait dans la région des étangs de la Dombes. à la période des plus épais brouillards ; on ne parvient plus à distinguer l’eau des étangs de la terre ferme. Tout est enfermé dans l’indistinction. La complaisance dans la complexité sert d’écran derrière lequel on s’abrite pour parvenir - sans le dire - au but qu’on s’est fixé ! Jean-Paul II, regardant son époque, écrivait : "la conscience morale semble s’obscurcir terriblement et avoir de plus en plus de difficulté à établir la distinction claire et nette entre le bien et le mal pour ce qui touche à la valeur fondamentale de la vie humaine."

C’est dans ce contexte de flou entretenu que s’instaure à nouveau le débat sur l’expérimentation sur les cellules embryonnaires. Le débat se ramène à une alternative :
soit refuser le principe de l’expérimentation, mais en permettant toute sorte de dérogations, ce que l’on appelle des exceptions ;
soit accepter le principe, mais en limitant son champ d’application. C’est vers la première solution que l’on s’oriente ; elle a "l’avantage" de sauvegarder officiellement le Principe, tout en reprenant, dans la pratique, ce qu’elle semble avoir accordé dans la théorie. On voit, par expérience, qu’à force de croître et de prospérer, les exceptions deviennent généralement la règle. On assiste à un jeu de cache-cache qui permet d’avancer dissimulé en endormant les consciences. A cet assoupissement savamment guidé, s’ajoutent évidemment les effets d’une guerre d’usure dont le principal moteur est le profit. Ce qui fait dire à l’archevêque de Paris : "Je m’adresse à des consciences humaines et non à des portefeuilles."

Rien d’étonnant, une fois engagé sur cette pente, de continuer à la dévaler. _ Ainsi, pourquoi ne pas faire adopter par les jeunes, les mêmes moyens que ceux mis en pratique chez les adultes. Une société qui a perdu le nord éthique entraîne fatalement dans son sillage toute sa jeunesse. Elle l’invite sans complexe à marcher, comme elle, sans boussole. C’est ainsi qu’après avoir enregistré une recrudescence des avortements chez les jeunes filles mineures, malgré le déploiement impressionnant des moyens mis en œuvre depuis des années : large diffusion d’informations, distribution intense de préservatifs - plus de 700.000 pour la seule Région de Poitou-Charente depuis 2004 - malgré tous ces moyens, les avortements chez les adolescentes ne cessent d’augmenter. L’émoi causé chez les Responsables politiques et civils par ce fléau ne les conduit pourtant pas à modifier les méthodes utilisées jusque là ; on les intensifie plutôt en en facilitant l’emploi.
C’est ainsi que les adolescents des deux sexes pourront entreprendre toutes sortes de démarches psychologiques ou thérapeutiques dans le plus grand secret : personne n’en saura rien pas même le médecin de famille, ni même les parents, les remboursements se faisant automatiquement, à l’abri des regards. L’anonymat des grandes villes s’infiltre jusqu’au coeur des familles.

Le regard, purement sociologique, porté sur ces situations appelle comme seule réponse la mise en œuvre de simples moyens administratifs et techniques. Rien n’est dit sur l’éducation à la maîtrise de soi, sur le respect de son corps et du corps de l’autre, sur le sens de la responsabilité personnelle, sur le sens des liens dans l’amour partagé, sur l’engagement et la prise en compte des actes que l’on pose, sur leur gravité avec les séquelles médicales et psychologiques qui découlent de l’élimination de l’enfant, l’avortement devenant quasi officiellement la plus sûre des méthodes contraceptives.

C’est ainsi que s’ouvre sous nos yeux une impressionnante déstructuration des relations entre filles et garçons, avec ses inévitables retentissements sur le milieu familial et social. En même temps, apparaît de plus en plus manifeste, l’emprise de l’Etat sur les corps et sur les consciences, les familles étant mises hors jeu, les éducateurs hors-circuit.
Ainsi assiste-t-on sans bruit, à une régression sans précédent d’une civilisation qui a mis plusieurs millénaires à se construire. Comment ne pas alerter les esprits sur la gravité de cette logique destructrice mise en marche déjà depuis plusieurs décennies, et qui va s’intensifiant !

Un penseur de talent, André Glucksmann, a publié, il y a déjà vingt ans, un essai d’une grande hauteur de vue. Réfléchissant sur les deux idéologies athées qui ont traversé le vingtième siècle, il suggérait l’ajout d’un "onzième commandement" au Décalogue biblique ; il en formulait ainsi le contenu : "Que rien de ce qui est inhumain ne te soit étranger." Il expliquait que ce onzième commandement n’exige pas d’abord de se jeter dans l’action, mais avant tout d’ouvrir les yeux sur le mal. Evoquant la grande figure de Soljenitsyne, il expliquait que c’est sa détermination à maintenir sous son regard le mystère du mal - le mal le plus inhumain des goulags - qui "rendit la dissidence inflexible et le mur de Berlin friable".
Et parlant d’Hitler, ce qu’il voulut avant tout supprimer, dit-il, ce sont "les yeux ouverts sur l’inhumain." Choisir de se rendre étranger à l’inhumain est la grande tentation d’aujourd’hui. On y parvient facilement en se voilant la face. Une admirable pensée de Pascal indique le mécanisme par lequel nous succombons : "Nous courons sans souci dans le précipice après que nous avons mis quelque chose devant nous pour nous empêcher de le voir." Si nous voulons éviter de sombrer, il nous faut suivre la règle des règles que Soljenitsyne s’était donné à luimême comme ligne de conduite absolue, et qui résume tous les préceptes de la dissidence :
"NE PAS MENTIR" !

† Père Guy-Marie Bagnard
Evêque de Belley-Ars

Source
images/icones/fleche2.gif  ( 597230 )La démocratie libérale se transforme en despotisme libertaire. par Scrutator Sapientiæ (2011-06-02 16:11:07) 
[en réponse à 597219]

Bonjour,

Vraiment merci beaucoup pour ce texte, dans lequel j'ai trouvé quelques accents de dramatisme prophétique, de pédagogie catholique, sur les dangers et les enjeux, autour d'une question à la fois centrale et cruciale.

Il fut un temps, en philosophie politique, où les choses étaient claires : il y avait, d'un côté, les démocraties libérales, de l'autre, les régimes non démocratiques, car autoritaires ou totalitaires, ou, à l'opposé, anomiques et anarchiques.

Aujourd'hui on constate une atténuation, un effacement des frontières entre démocratie libérale et despotisme libertaire, puisque l'on en vient à prescrire un dispositif qui est situé à la périphérie immédiate de la permissivité généralisée, et à le prescrire, qui plus est, avec toute l'autorité des institutions publiques.

Ce despotisme libertaire, éclairant et libérateur pour les dirigeants et les prescripteurs, aveuglant et asservissant pour les citoyens et pour les élèves, est à la fois permissif et répressif, notamment parce qu'il porte au-dedans et au-devant de lui une apologie radicale en faveur d'une nouvelle vision de l'économie pulsionnelle et d'une nouvelle vision de la normativité comportementale.

A contrario, l'éthique de la maîtrise de soi et du respect d'autrui est hypocritement et subrepticement proscrite, le discours officiel tenu aux jeunes, le message apparemment adressé aux adolescents, étant à peu près le suivant : "soyez donc dans le coup : exprimez vos sentiments en libérant vos sensations, nous ferons en sorte que cela soit sans dangers, sans risques, sans conséquences douloureuses, etc."

Je me demande si le discours effectif qui leur est tenu, le véritable message qui leur est adressé, n'est pas plutôt le suivant : "passez à côté de votre véritable dignité, de votre véritable liberté, le plus tôt possible ; succombez à vos tentations, pour abîmer en vous, pour bousiller en vous, tout ce qui peut contribuer à l'édification de votre vie intérieure, de votre personnalité morale et spirituelle, etc. Ne soyez pas dociles, à l'écoute de l'Esprit de Dieu, mais soyez serviles, à l'école de l'esprit du monde, vous serez ainsi plus aisément manipulables et récupérables, conformément à nos besoins".

La référence à Soljenitsyne est excellente, car c'est bien de ce genre de combattant, exigeant la véritable dignité et la véritable liberté, dont nous avons, plus que jamais, grand besoin aujourd'hui.

Bonne fin d'après-midi.

Scrutator.
images/icones/neutre.gif  ( 597253 )Une régression sans précédent par Meneau (2011-06-02 22:25:03) 
[en réponse à 597219]


Ainsi assiste-t-on sans bruit, à une régression sans précédent d’une civilisation qui a mis plusieurs millénaires à se construire.



Effectivement, on se demande où on va. Beau texte de Mgr. Je ne sais pas quel en était l'auditoire prévu, purement laïc, ou plutôt catho, mais dans ce dernier cas il aurait pu peut-être parler un peu de Dieu...

Quoiqu'il en soit, ce texte donne des arguments intéressants, et porte un regard lucide sur la société, que même quelqu'un de non croyant devrait être capable de porter.

Cordialement
Meneau
images/icones/fleche2.gif  ( 597278 )Une régression IMPOSEE et ORCHESTREE sans précédent. par Scrutator Sapientiæ (2011-06-03 11:00:55) 
[en réponse à 597253]

Bonjour Meneau,

Cette régression ne découle pas d'une génération spontanée, je ne suis ni un conspirationniste, ni un contempteur, ni un saint "pur et dur", mais voici quelques réflexions très rapides.

L'humanité ne le sait pas, mais elle est entrée en guerre, contre elle-même, au bénéfice du plus petit nombre possible de dirigeants, et au préjudice du plus grand nombre possible de citoyens.

J'envisage rapidement six "fronts stratégiques" : la culture, la nature, l'histoire, la mémoire, le bien moral, le lien social ; d'une manière générale, au plus tard à compter du début des années 1960, il y a eu insinuation, introduction, d'une manière imposée, non par la contrainte sensible, mais par l'agrément apparent, et orchestrée par les magazines, la publicité, la radio, la télévision, insinuation et introduction, dans les esprits et dans la vie, d'une nouvelle relation à la culture, à la nature, à l'histoire, à la mémoire, au bien moral et au lien social.

Ce qui importe, c'est que nous soyons de plus en plus incultes, pollueurs, ignorants, amnésiques, incohérents et inconséquents, et surtout dés-agrégés, en nous mêmes, et les uns par rapport aux autres.

Pourquoi ? Pour que nous soyons facilement réductibles au rang de consommateurs passifs et d'exécutants sans états d'âme.

Tout ce qui est régression sera donc qualifié de progrès, tout ce qui est asservissement (des âmes) sera donc qualifié de libération (des moeurs), tout ce qui est évanouissement (de l'intelligence disciplinée) sera donc qualifié d'épanouissement (de la créativité authentique, de la spontanéité généreuse).

Par exemple, avant le déclenchement de cette régression imposée et orchestrée, la culture était sysnomyme d'édification en profondeur, non sans efforts, au contact des oeuvres du passé ; après ce déclenchement, la "culture" est devenue synonyme d'émancipation en surface, et sans efforts, vis-à-vis des oeuvres du passé.

Plus nous serons

- cultivés, c'est-à-dire à la fois éduqués et exigeants,

- concrètement respectueux de notre environnement,

- un tant soit peu en mesure de connaître, de comprendre, de préciser et de rappeler notre histoire personnelle et collective,

- un tant soit peu capables de ne pas voir en l'obèse toxico et obsédé l'horizon indépassable de notre espèce,

et moins nous serons facilement gouvernables pas nos véritables dirigeants, qui ne sont plus nos responsables politiques officiels depuis déjà longtemps, disons depuis 1974, dans le contexte français : les lois "fondatrices" de bon nombre des désordres actuels, sur l'avortement, le divorce, le collège unique, la majorité à 18 ans, le regroupement familial, sont très aveuglantes pour les uns, très éclairantes pour les autres, sur ce point.

Le plus extraordinaire est que cette régression volontaire et systémique a été totalement théorisée par l'une des personnes les plus influentes de la planète, évidemment pas un responsable politique officiel : Zbigniew BRZEZINSKI, sous le nom de "tittytainment".

" Le tittytainment est un terme désignant la propagande destinée à protéger les principes capitalistes et néolibéraux qui dirigent la mondialisation.

C'est une forme qualifiée de censure, propagande et désinformation dont l'objectif fondamental consiste à minimiser, aux yeux des citoyens des pays démocratiques occidentaux, les effets nocifs que le type particulier de mondialisation qui est développé dans le monde était en train de causer, dans la majeure partie de la population mondiale, ainsi que dans l'écosystème, toujours selon le point de vue des altermondialistes et les membres des divers mouvements antimondialisation.

Le mot tittytainment fut utilisé en 1995 par l'idéologue néolibéral Zbigniew Brzezinski, membre de la commission trilatérale et ex-conseiller du Président des États-Unis Jimmy Carter, pendant la conclusion du premier "State Of The World Forum", dans l'Hôtel Fairmont de la ville de San Francisco. L'objectif de la rencontre était de déterminer l'état du monde, de suggérer des objectifs et des objectifs désirables et proposer des principes d'activité pour les atteindre, et d'établir des politiques globales pour obtenir sa mise en œuvre.

Les chefs réunis à San Francisco (Mikhaïl Gorbatchev, George Bush, Margaret Thatcher, Vaclav Havel, Bill Gates, Ted Turner, etc..) sont arrivés à la conclusion que l'arrivée de la dénommée Société 20:80 est inévitable, celle dans laquelle le travail de 20% de la population mondiale sera suffisant pour soutenir la totalité de l'appareil économique de la planète. 80% de la population restante ainsi s'avérera superflu, ne disposera pas de travail ni d'occasions d'aucun type et nourrira une frustration croissante.

C'est ici qu'est entré en jeu le concept proposé par Brzezinski. Brzezinski a proposé le tittytainment, un mélange d'aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait leurs frustrations et leurs protestations prévisibles. Le même Brzezinski explique l'origine du terme tittytainment, comme une combinaison des mots anglais "tit" ("sein" en anglais) et "entertainment" qui, dans aucun cas, ne doit être compris avec des connotations sexuelles, mais au contraire, comme allusif à l'effet endormant et léthargique que l'allaitement maternel produit chez le bébé quand il boit.

Voici un extrait du livre Le piège de la mondialisation :

« L’avenir, les pragmatiques du Fairmont le résument en une fraction et un concept : « Deux dixièmes » et « tittytainment ».
Dans le siècle à venir, deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale. « On n’aura pas besoin de plus de main d’œuvre », estime le magnat Washington Sycip. Un cinquième des demandeurs d’emploi suffira à produire toutes les marchandises et à fournir les prestations de services de haute valeur que peut s’offrir la société mondiale. Ces deux dixièmes de la population participeront ainsi activement à la vie, aux revenus et à la consommation – dans quelque pays que ce soit. Il est possible que ce chiffre s’élève encore d’un ou deux pour cent, admettent les débatteurs, par exemple en y ajoutant les héritiers fortunés.

Mais pour le reste ? Peut-on envisager que 80 % des personnes souhaitant travailler se retrouvent sans emploi ? « Il est sûr, dit l’auteur américain Jeremy Rifkin, qui a écrit le livre La Fin du travail, que les 80 % restants vont avoir des problèmes considérables. » Le manager de Sun, John Gage, reprend la parole et cite le directeur de son entreprise, Scott McNealy : à l’avenir, dit-il, la question sera « to have lunch or be lunch » : avoir à manger ou être dévoré.

Cet aréopage de haut niveau qui était censé travailler sur « l’avenir du travail » se consacre ensuite exclusivement à ceux qui n’en auront plus. Les participants en sont convaincus : parmi ces innombrables nouveaux chômeurs répartis dans le monde entier, on trouvera des dizaines de millions de personnes qui, jusqu’ici, avaient plus d’accointances avec la vie quotidienne confortable des environs de la baie de San Francisco qu’avec la lutte quotidienne pour le survie à laquelle doivent se livrer les titulaires d’emplois précaires. C’est un nouvel ordre social que l’on dessine au Fairmont, un univers de pays riches sans classe moyenne digne de ce nom – et personne n’y apporte de démenti.

L’expression « tittytainment », proposée par Zbigniew Brzezinski, fait en revanche carrière. Ce natif juif de Pologne a été quatre années durant conseiller pour la Sécurité nationale auprès du président américain Jimmy Carter. Depuis, il se consacre aux questions géostratégiques. Tittytainment, selon Brzezinski, est une combinaison des mots entertainment et tits, le terme d’argot américain pour désigner les seins. Brzezinski pense moins au sexe, en l’occurrence, qu’au lait qui coule de la poitrine d’une mère qui allaite. Un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettrait selon lui de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète. »

(Hans-Peter Martin et Harald Schumann, Le piège de la mondialisation, Solin Actes Sud, page 12) "

Source : Wikipédia, mais j'ai le livre de ces deux journalistes allemands, et c'est bien de cela dont il est question ci-dessus.

Bonne journée malgré tout, et résistons, résistons dans le Christ, au point de faire remarquer à nos évêques qu'il est grand temps qu'il pointent du doigt le caractère intrinsèquement pervers du NOM, je veux dire du Nouvel Ordre Mondial, l'impérialisme financier et hédoniste, qui n'est pas moins dominateur et pervertisseur que l'impérialisme qu'a été, au vingtième siècle, le communisme soviétique.

Scrutator.
images/icones/1b.gif  ( 597337 )Le caractère intrinsèquement pervers du NOM ? par Meneau (2011-06-03 21:36:59) 
[en réponse à 597278]


Bonne journée malgré tout, et résistons, résistons dans le Christ, au point de faire remarquer à nos évêques qu'il est grand temps qu'il pointent du doigt le caractère intrinsèquement pervers du NOM



Faites attention, vous allez vous faire lyncher !

Cordialement
Meneau
PS : j'espère que mon titre aura fait lire votre intéressante contribution
images/icones/fleche2.gif  ( 597369 )"Ingénierie sociale et Mondialisation." par Scrutator Sapientiæ (2011-06-04 09:53:13) 
[en réponse à 597337]

Bonjour Meneau,

D'une part, merci beaucoup pour votre humour ; il y a vraiment une coincidence orthographique entre le Novus Ordo Missae et le Nouvel Ordre Mondial, mais il s'agit uniquement d'une coincidence orthographique.

D'autre part, il y a un lien consubstantiel entre pensée unique et ordre mondial depuis bien plus longtemps qu'on ne le croit : l'Empire britannique, a été laisser-fairiste et libre-échangiste, dans le monde entier, entre 1815 et 1914,

- tant que cela a rapporté avant tout aux dirigeants britanniques, et non avant tout au peuple britannique ;

- tant qu'il n'y a eu aucun empire concurrent, aucune puissance rivale, car la concurrence dangereuse, la rivalité menaçante, est la chose que les libre-échangistes détestent le plus.

Depuis 1919, et surtout depuis 1945, l'Empire américain s'est substitué à l'Empire britannique,

- avec davantage de recours à la main-mise agréable, endormante, mensongère, sur les populations, par l'occupation "culturelle" des mentalités,

- que de recours à la main-mise contraignante, douloureuse, violente, sur les populations, par l'occupation militaire des territoires.

A ce sujet, je vous recommande la lecture de ce document :

Ingénierie sociale et Mondialisation.

Je me souviens qu'un jour, à la télévision, un journaliste a demandé à Jacques DELORS, à l'occasion de la parution de ses Mémoires, comment, il pouvait, en une seule expression, préciser le sens de son action.

Voici quelle a été, en substance, sa réponse : "j'ai été avant tout un ingénieur social"...

Compte tenu de ce qu'a toujours été la construction européenne, mais aussi et surtout compte tenu de ce qu'elle est devenue, à partir son arrivée à la tête de la Commission, on appréciera la formulation.

Il reste aux chrétiens à montrer à leurs contemporains que nous ne sommes pas uniquement en présence d'une mondialisation synonyme d'inégalités économiques et sociales, mais que nous sommes également en présence d'une mondialisation synonyme de falsifications intellectuelles et morales.

Bonne réception, bonne lecture, bonne journée, vraiment merci beaucoup pour l'attention et l'intérêt que vous voulez bien accorder à mes messages.

Scrutator.