Le Forum Catholique
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( 596612 )
Petit questionnaire : Faites-vous oraison ? par louisdefunes (2011-05-26 09:41:57)
1/ Tous les jours
Si oui :
- 1/4 d'heure
- 1/2 heure ou +
2/ Plutôt :
- le matin avant de rejoindre les activités de la journée
- le soir
- dans la journée
3/ Régulièrement
4/ Rarement
5/ Jamais
6/ Je ne sais pas ce que veut dire faire oraison
7/ Si vous faites oraison, pourquoi pensez-vous que c'est important ?

( 596621 )
Faire oraison ? par Paul R. (2011-05-26 11:08:42)
[en réponse à 596612]
Qu'est-ce que veut dire "faire oraison" ?
Ça veut dire prier, comme dans le temps, invoquer laborieusement le Bon Dieu et tout le tralala, en essayant de se concentrer ?
Alors pourquoi utiliser une expression pédante ?
Pardonnez cette question brutale, mais je ne comprends vraiment pas ce qui est à l'origine de cette jargonie ?
Paul R.

( 596623 )
Voyez cela par louisdefunes (2011-05-26 11:19:38)
[en réponse à 596621]
Comment faire oraison ? par un moine du Barroux
I. Qu’est-ce que l’oraison ?
II. Pourquoi faire oraison ?
III. Comment faire oraison ?
Le recueillement
Les méthodes.
IV. Les fruits de l’ oraison.
V. Le combat de l’oraison.
Les distractions.
L’activisme.
VI. Les fausses techniques de prière.
VII. La Sainte Vierge, Reine de la vie intérieure.
I. Qu’est-ce que l’oraison ?
Qu’est-ce donc que l’oraison ? Disons d’abord qu’elle ne doit pas être confondue avec la méditation, laquelle est une activité de l’esprit préparatoire – mais pas indispensable – de l’oraison. Voici comment Thérèse d’Avila la définit : « L’oraison est un échange d’amitié où l’on s’entretient souvent seul à seul avec Dieu dont on sait qu’il nous aime. » Tout est dit dans cette phrase lapidaire. On remarque que tous ceux qui ont voulu traiter de l’oraison sont tributaires de la grande sainte Thérèse. En particulier pour les trois derniers mots, qui sont essentiels.
Saint François de Sales : « Notre-Seigneur aime d’un amour extrêmement tendre tous ceux qui sont si heureux de s’abandonner totalement à son soin paternel… » « Mon esprit, pourquoi voulez-vous toujours vous empresser comme Marthe au lieu de vous tenir en repos comme Madeleine ? »
Le Curé d’Ars : « La prière n’est autre chose qu’une union avec Dieu. Quand on a le cœur pur et uni à Dieu, on sent en soi un baume, une douceur qui enivre, une lumière qui éblouit. Dans cette union intime, Dieu et l’âme sont comme deux morceaux de cire fondus ensemble ; on ne peut plus les séparer. C’est une chose bien belle que cette union de Dieu avec sa petite créature. C’est un bonheur qu’on ne peut comprendre. »
Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus : « Pour moi, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie ; enfin c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui me dilate l’âme et m’unit à Jésus. »
Et le Père Charles de Foucauld, plus laconique que tous : « Prier, c’est penser à Jésus en l’aimant. »
Mais c’est évidemment Notre-Seigneur dans l’Evangile qui nous donne toute la lumière : « Pour toi, quand tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme la porte sur toi, et prie ton Père dans le secret, et ton Père qui te voit dans le secret t’exaucera. » (Mt 6, 6)
II. Pourquoi faire oraison ?
Parce que, au milieu de cette vie bruyante et agitée du monde actuel, l’habitude de la prière personnelle, ou de la lecture lente, méditée, comportant un examen sur soi-même et une résolution pratique pour la vie, est indispensable. Elle est le seul remède capable de replacer notre âme dans son axe surnaturel, de la délivrer des fumées de l’illusion et du faux-clinquant de l’amour-propre. Elle est le meilleur des remèdes à l’angoisse qui nous guette au détour des chemins.
D’autre part, les âmes éprises de perfection ne pourront jamais dépasser un certain stade sans l’oraison. Sainte Thérèse d’Avila nous avertit : « Si quelqu’un vous indique une autre voie que l’oraison pour arriver à l’union à Dieu, il vous trompe.. » (Vie par elle-même)
Dom Romain Banquet : « Dieu attend l’oraison comme le rendez-vous le plus intime de notre âme avec lui ; il nous attend dans l’oraison. Il demande de nous l’oraison, il en a besoin. Et nous le tenons en échec lorsque nous ne la lui donnons pas, cette oraison qu’il a le droit de nous demander et que nous avons besoin, nous aussi, de faire avec soin et assiduité… Quand on se prive de l’oraison, du même coup on se prive de la vie intérieure. »
Ces lignes à elles seules suffisent à montrer l’importance de l’oraison quotidienne. Si donc vous voulez entrer dans l’intimité de Dieu, écouter ce qu’il veut vous dire au fond du cœur et vivre en sa présence au cours de vos journées, vous savez ce qu’il vous reste à faire !
III. Comment faire oraison ?
Le Père de Foucauld, déjà ermite à Tamanrasset, se mettait à genoux avant l’aube et ouvrait son Evangile en disant : « Seigneur, qu’avez-vous à me dire ? » Puis il lisait lentement le passage marqué la veille. Il s’arrêtait, fermait son Evangile et disait : « Et moi, maintenant, Seigneur, que vous dirai-je ? » Ce doux colloque avec le Maître, c’était toute sa méthode d’oraison, fidèle en cela à la tradition simple et savoureuse des anciens moines.
La meilleure préparation, c’est de commencer par un grand acte de foi : je sais que la lumière de foi infuse, déposée dans mon âme par le sacrement du baptême, est capable de franchir la distance infinie qui sépare la créature de son créateur, et d’atteindre Dieu dans son essence, directement, sans intermédiaire. Telle est la puissance de la vertu théologale de foi. C’est donc cette puissance que je vais mettre en marche au début de l’oraison.
Cette mise en présence de Dieu doit être courte, mais faite avec ardeur et amour, cri invoquant le Saint-Esprit afin qu’il vienne nous aider. « L’Esprit vient au secours de notre faiblesse, car nous ne savons pas prier. » (Rom 8, 2.6). C’est bien le Saint-Esprit qui est l’acteur principal dans notre oraison, il ne faut pas l’oublier ; c’est pourquoi saint Paul disait que « l’Esprit-Saint prie en nous avec des gémissements inénarrables » (ibid.)
Le recueillement
Il suffit de se recueillir paisiblement, de s’abstraire et de se dégager plutôt que de se concentrer. Il s’agit surtout de se savoir aimé et écouté par Quelqu’un d’infiniment bon, qui fera en nous plus que ne pourraient faire nos pauvres efforts. C’est le conseil que donne Bossuet : « Il faut s’accoutumer à nourrir son âme d’un simple et amoureux regard en Dieu et en Jésus-Christ, et pour cet effet la séparer doucement du raisonnement du discours et de la multitude d’affections, pour la tenir en simplicité, respect et attention et s’approcher ainsi de plus en plus en Dieu, son unique et souverain bien. » Et voici Fénelon : « Il s’agit de rentrer souvent au-dedans de soi, pour y trouver Dieu, parce que son règne est au-dedans de nous. Il s’agit de parler simplement à Dieu à toute heure, pour lui avouer nos fautes, pour lui représenter nos besoins, et pour prendre avec lui les mesures nécessaires par rapport à la correction de nos défauts. Il s’agit d’écouter Dieu dans le silence intérieur. »
Les méthodes
Lorsque cet apaisement est rendu difficile par les distractions, on peut employer les méthodes d’oraison ; les meilleures sont les plus simples. En voici quelques-unes
- lire lentement un texte de son choix et s’arrêter, puis reprendre doucement la lecture ;
- se redire une prière courte ou une phrase qui nous est familière ;
- se représenter une phase de la vie de Notre-Seigneur, le regarder vivant dans le sanctuaire de notre âme ;
- faire des actes des vertus théologales ; s’attarder sur l’une d’entre elles ;
- chaque lettre du mot ARDOR nous rappelle les grandes intentions de la prière : adorer, remercier, demander, offrir, réparer.
Mais le mot sur lequel s’accordent tous les maîtres spirituels qui traitent de l’oraison, c’est l’union à Dieu, douce, confiante, affectueuse.
IV. Les fruits de l’ oraison
Les âmes d’oraison acquièrent un équilibre de vie, une paix intérieure, un dégagement des passions qu’une ascèse purement volontariste n’obtiendra jamais. Ajouter un bon sens surnaturel qui fait apercevoir toute chose sous la lumière de la foi. Bien au-dessus de la science acquise par le raisonnement, voici quels sont pour saint Bonaventure les fruits de l’oraison : « C’est la meilleure manière de connaître Dieu et d’expérimenter la douceur de son amour. C’est un mode de connaître plus excellent, plus noble et plus délectable que la recherche par voie de raisonnement. »
Laissons maintenant la parole à Dom Romain : « Si l’âme réglait tout son intérieur par l’influence de l’oraison, elle se diviniserait, elle se simplifierait, et elle deviendrait un vrai soldat du Christ. J’en connais qui argumenteraient et raisonneraient un peu moins, économisant temps et peine, et qui verraient plus clair et plus juste. »
« Une âme d’oraison devine la vérité. Elle a l’instinct de la vérité. Quoi d’étonnant ? Elle est en contact avec la vérité même. L’oraison donne le sens des vérités pratiques. L’âme la plus contemplative se trouve la plus pratique dans la vie active, et la plus agissante, la plus féconde. »
« Une âme d’oraison, c’est une âme de Dieu, elle est à Dieu, elle n’est que pour Dieu. »
V. Le combat de l’oraison
Un solitaire de Scété alla voir un ancien et lui demanda : « Père, qu’y a-t-il de plus difficile dans la vie monastique ? » L’ancien lui répondit : « C’est la prière. Car dès qu’un homme se met en prière, une nuée de démons s’approche de lui et tente par tous les moyens de l’en détourner. »
Ceci montre comment l’exercice de l’oraison peut parfois revêtir l’aspect douloureux de ce combat spirituel dont Raimbaud disait qu’il était aussi rude que la bataille d’hommes. Les obstacles que l’on rencontre à l’oraison nécessitent une lutte patiente, réaliste, un effort continu. On peut en dénombrer de trois sortes : les distractions, la fatigue, l’activisme.
Les distractions
Personne n’en est exempt. Il ne faut pas les chasser avec fureur, comme si elles étaient mauvaises en elles-mêmes, mais les écarter doucement en revenant sans cesse au but essentiel que l’on se propose : la vie en Dieu, la paix intérieure.
Quand elles deviennent obsessionnelles, prendre un livre et réorienter la direction de son regard. Renouveler la protestation de saint Pierre : Seigneur, vous savez bien que je vous aime !
On peut parfois « se servir » des distractions en les dirigeant vers Dieu comme on détourne le cours d’une rivière. Exemple : je m’inquiète pour ma mère ou pour un ami ; cette pensée me revient sans cesse. Eh bien, Seigneur, protégez-les, je vous les confie.
Notez qu’une prière où l’on renonce aux distractions en revenant incessamment à l’union d’amour peut être une forme d’oraison très méritoire.
Questionné sur la façon de se débarrasser des distractions, un chartreux nous répondit : « Certaines distractions restent à la surface de l’âme et ne troublent pas vraiment le silence. D’autres (et souvent cela vient d’attaches secrètes à l’objet de la distraction) s’imposent si fortement que le silence est impossible et ne profite plus. Alors il vaut mieux prendre doucement un livre qui vous aide à chasser cette distraction et à vous remettre devant Dieu. Je crois que s’il n’y a pas de distraction, on doit continuer l’oraison sans livre, à condition qu’il y ait toujours une certaine tension de l’âme vers Dieu, je ne sais comment l’exprimer, un certain désir persistant qui empêche de croire que l’on est purement indéterminé. » (Dom Ange Helly, Prieur de Montrieux)
Il y a des moments où l’exercice d’oraison semble impossible : cervelle bourrée d’images, accablement, fatigue nerveuse. On doit alors non pas renoncer à la prière, mais prier autrement, par oraisons jaculatoires (de jacula : javelot), réciter une dizaine de chapelet et se donner un moment de détente. Mais si l’on est toujours fatigué au moment de l’oraison, cela signifie qu’on a choisi une mauvaise heure pour s’y adonner. Il existe aussi une fatigue de l’âme plus dangereuse, c’est le découragement. L’unique remède alors, c’est la persévérance dans l’amour, seul capable de surmonter la tentation d’abandonner l’oraison.
L’activisme
Certains tempéraments, par une tendance irrépressible, ont du mal à se libérer de l’enchaînement des actions dans la journée. Il faut donc trancher énergiquement et se tailler coûte que coûte un certain temps régulier réservé pour l’oraison. Le meilleur moment semble être le matin, et sans doute il faut un certain courage pour commencer sa journée par du gratuit, quelque chose qui n’a aucune rentabilité. Mais c’est alors que se forge la volonté et que l’oraison devient facteur d’équilibre, capable de soutenir l’âme et de l’orienter pour tout le reste du jour.
VI. Les fausses techniques de prière
Depuis une trentaine d’années, on voit des catholiques, y compris des prêtres et des religieux, se tourner vers les « spiritualités » de l’Orient pour apprendre les « secrets » de la prière. Oubliant ou ignorant nos grands mystiques catholiques (saint Bernard, saint Jean de la Croix, sainte Thérèse d’Avila, saint François de Sales, sainte Thérèse de Lisieux, etc.), ils croient trouver dans toutes ces techniques orientales (yoga, zen…) des méthodes d’oraison.
Consciente de la gravité de cette erreur, la Congrégation pour la doctrine de la Foi écrivit le 15 octobre 1989 à tous les évêques une lettre sur « quelques aspects de la méditation chrétienne » afin de les aider à mettre en garde leurs fidèles contre cette déformation de la prière. Dans cette lettre, le cardinal Ratzinger explique tout d’abord qu’il existe une opposition radicale entre la prière chrétienne et la méditation orientale. « La prière chrétienne est toujours déterminée par la structure de la foi chrétienne, dans laquelle resplendit la vérité même de Dieu et de la créature. C’est pourquoi elle se présente, à proprement parler, comme un dialogue personnel, intime et profond, entre l’homme et Dieu. Elle exprime donc la communion des créatures rachetées à la vie intime des Personnes trinitaires. […] Elle repousse les techniques impersonnelles ou centrées sur le moi, capables de produire des automatismes dans lesquels celui qui prie reste prisonnier d’un spiritualisme intimiste, incapable d’une libre ouverture au Dieu transcendant. »
Le cardinal Ratzinger parle ensuite des dangers inhérents à ces pratiques orientales : « Certains exercices physiques produisent automatiquement des sensations de quiétude et de détente, des sentiments gratifiants, voire même des phénomènes de lumière et de chaleur qui ressemblent à un bien-être spirituel. Les prendre pour d’authentiques consolations de l’Esprit-Saint serait une manière totalement erronée de concevoir le cheminement spirituel. Leur attribuer des significations symboliques typiques de l’expérience mystique, alors que l’attitude morale de l’intéressé ne lui correspond pas, représenterait une sorte de schizophrénie mentale, pouvant même conduire à des troubles psychiques et parfois à des aberrations morales. »
Jean-Paul II, quant à lui, commentant lors d’une homélie (1er novembre 1982) la phrase suivante de sainte Thérèse d’Avila : « L’abandon du mystère du Christ dans la méditation chrétienne est toujours une espèce de "trahison" », rappelle également que l’oraison ne consiste pas à faire un vide mental, mais au contraire à entrer dans une relation plus intime avec le Christ. « Le cri de Thérèse de Jésus en faveur d’une prière toute centrée sur le Christ est valable encore de nos jours, contre certaines méthodes d’oraison qui ne s’inspirent pas de l’Evangile et qui tendent en pratique à se passer du Christ, au profit d’un vide mental sans aucun sens dans le christianisme. Toute méthode d’oraison est valable dans la mesure où elle s’inspire du Christ et conduit au Christ, qui est la Voie, la Vérité et la Vie. » (cf. Jn 14, 6). Deux autres écueils existent dans la manière de faire oraison, l’un consistant à tomber dans une spéculation intellectuelle et l’autre, à l’inverse, à partir dans des rêves sentimentaux.
VII. La Sainte Vierge, Reine de la vie intérieure
Lorsque l’exercice d’oraison devient habituel, il se simplifie au point d’accéder à une vie intérieure profonde, proche de la contemplation. La Très Sainte Vierge se fait depuis le début de notre vie spirituelle notre mère et notre éducatrice. Elle devient alors notre modèle et nous enseigne le recueillement : son calme, son silence intérieur. Car deux fois l’Evangile de saint Luc la dépeint en disant que devant le grand événement de l’Incarnation, « Marie gardait toutes ces choses dans son cœur. » (Lc 2, 19 et 51). Dépassant de loin les phénomènes extatiques qu’éprouvent les mystiques, la Très Sainte Vierge entrait de plus en plus profondément dans la vie intérieure ou vie contemplative. Dieu nous l’a donnée comme le modèle de la prière.
C’est surtout aux saints qui ont eu l’expérience de la contemplation que nous demanderons de la définir :
« Une simple vue et pénétration de la Vérité. » Saint Thomas d’Aquin (Somme théologique)
« Une connaissance amoureuse de Dieu. » Saint Jean de la Croix (Nuit obscure)
« Une amoureuse, simple et permanente attention de l’esprit aux choses divines. » Saint François de Sales (Traité de l’amour de Dieu)
La contemplation peut donc être définie comme étant un simple regard d’amour absorbé en Dieu dans l’immobilité et le silence intérieur de l’âme.
Il n’y a pas de prière plus parfaite, car c’est alors que se réalisent les paroles de saint Paul : « L’Esprit-Saint prie en nous avec des gémissements inénarrables. » (Rom 8, 26)
Cela peut se réaliser sous les apparences les plus simples. On sait comment chaque soir le Curé d’Ars voyait un paysan s’installer au fond de l’église après son travail aux champs et rester là pendant plusieurs heures. Un jour, n’y tenant plus, le saint Curé lui demanda ce qu’il faisait, et le paysan de lui répondre : « Je l’avise et il m’avise. »
Si toute la vie d’oraison tient dans cette fameuse parole de saint Paul « Mihi vivere Christus est (pour moi, vivre c’est le Christ) » (Ph 1, 21), parole qui résume tout ce que les âmes assoiffées de perfection rechercheront jusqu’à la fin des temps, c’est à la Très Sainte Vierge que nous demanderons de nous conduire par la main dans les sentiers de la prière, d’échapper aux pièges de l’illusion comme aux tentations de découragement, et de parvenir enfin au seuil de ces régions mystérieuses mais si désirables qui sont voisines de l’éternité.
source: Salve Regina

( 596626 )
et ceci... St François de Sales par Glycéra (2011-05-26 11:27:46)
[en réponse à 596621]
qu'on ne peut accuser de "jargonner" dans ses lettres et dans son petit livre si doux pour ouvrir la voie du Ciel dès la terre...
une idée déjà ?
l’oraison mentale et cordiale….
Celle que je vous conseille…. dit François de Sales, par dessus tout. l’oraison mentale et cordiale…. et particulièrement celle qui se fait autour de la vie et Passion de Notre Seigneur : en le regardant souvent par la méditation, toute votre âme se remplira de lui ; vous apprendrez ses contenances, et formerez vos actions au modèle des siennes.
Il est la lumière du monde c'est donc en lui, par lui et pour lui que nous devons être éclairés et illuminés; c'est l'arbre de désir à l'ombre duquel nous nous devons rafraîchir; c'est la vive fontaine de Jacob pour le lavement de toutes nos souillures.
En fin, les enfants à force d'ouïr leurs mères et de bégayer avec elles, ils apprennent à parler leur langage ; et nous demeurant près du Sauveur par la méditation et observant ses paroles, ses actions et ses affections, nous apprendrons, moyennant sa grâce, à parler, faire et vouloir comme lui.
François de Sales
IVD chapitre 1
IVD = Introduction à la vie dévote
Glycéra
qui vous souhaite d'aimer entrer dans l'oraison

( 596629 )
le ... latin simplement M. Paul R. par Luc Perrin (2011-05-26 11:31:50)
[en réponse à 596621]
Cette "jargonie" (sic) vient du latin comme une majorité de mots français, orant, oratoire, oraison.
Peut-être être vous baptisé d'avant-hier et encore ignorant du vocabulaire banal du catholicisme, et même du christianisme car les autres confessions chrétiennes usent de ces mots ?
Mais il n'y a pas lieu de "s'indigner" de l'emploi de mots justes et précis, mieux vaut s'instruire et les apprendre ...
nb. en littérature spirituelle, vous trouverez des tonnes d'ouvrages usant du mot oraison : ex. Traité de l'oraison, du jeûne et de l'aumône de Louis de Grenade paru au XVIe et réédité en 2004 au Cerf.

( 596630 )
Non M. Perrin par Paul R. (2011-05-26 11:59:50)
[en réponse à 596629]
Je n'ai malheureusement pas été baptisé la veille et je me paye le luxe, l'orgueil, de pester contre cette expression qui m'a toujours profondément énervé. Non qu'elle soit un néologisme pédant comme vous avez tous raison de le rappeler, mais elle constitue un refrain maniaque de berger pour groupe de prière, des écoles d'oraison, et des Editions du triomphe, les meringues et les Carricks, sans compter les repos dans l'esprit, Famille Chrétienne et l'odeur innommable des monospaces familiales, sans oublier la rue de Poissy, l'ancien archevêque de Paris, les kapla, Pierre Joubert, Goursat, l'iphone du prêtre des Yvelines et la poubelle en métal, etc etc, tout cela bouillonne sans distinction de race et avec acception des personnes dans mon jeune cerveau misologue, pour former la jolie coulée de la rébellion :
PLOUF !

( 596632 )
de gustibus et coloribus par Luc Perrin (2011-05-26 12:08:17)
[en réponse à 596630]
non est disputandum.
moi j'aime bien ce mot ancré dans la Tradition et illustré par tant de saints et d'auteurs admirables et qui sonne bien à l'oreille.

( 596703 )
Et comment voulez-vous nommer cela alors? par Leopardi (2011-05-27 08:48:56)
[en réponse à 596630]
L'oraison est une forme définie de prière, il n'est pas la prière en général.
De même, si j'utilise le terme "jaculatoire", qui est une autre forme de prière, allez-vous bondir!
Vous pouvez être (comme moi) allergique à la panoplie socio-culturelle tradi mais ne la confondez pas avec ce qui relève de la tradition spirituelle la plus ancienne et la plus large et qui existait avant Patapon.

( 596636 )
Ce qu'il fait "dans" l'oraison... par Glycéra (2011-05-26 13:22:02)
[en réponse à 596621]
La prière selon St François de Sales
Sieur Paul R,
Est-ce juste sur le "faire oraison" sans article dans l'expression qui vous génère de l'urticaire ?
Désiriez-vous faire une oraison, entrer dans l'oraison, que faire dans l'oraison ?
Je n'avais pas pensé à cette raison, très épidermique, de votre remarque.
Epidermique ne veut pas dire non fondé, c'est par la douleur de l'épiderme qu'on retire la main pour lui épargner une brûlure...
Avec mes bonnes salutations
Glycéra

( 596649 )
Cher Glycéra par Paul R. (2011-05-26 15:58:00)
[en réponse à 596636]
Voilà une attention que ma révolte ne mérite pas, c'est très aimable de votre part.
L'expression "faire oraison" ne me semble pas blâmable sur le plan linguistique, mais elle décrit une pratique qui a l'air très particulière, réservée à un groupe d'individus qui la maîtrisent - après l'avoir apprise dans des écoles d'oraison, comble de l'infamie. Je ne veux pas dire pour autant que les disciples n'ont pas eu raison de demander "apprends-nous à prier", mais je ne pense pas non plus qu'on doive remplacer ce que la Tradition du prie-Dieu - proche de celle du comptoir il est vrai, ce qui la rend sainte, mais grossière aux yeux des mystiques, qui pullulent dans nos paroisses - a toujours nommé la prière du matin et la prière du soir (ouvrez votre livret bleu, vous pourrez vérifier) par cette préciosité, fut-elle "dans le texte". Demandez à un quidam ce que veut dire "faire oraison", il ne saura pas forcément, en revanche, "prier", quand bien même il n'aurait jamais mis les pieds dans une église, il sait ce dont il s'agit.
Quant aux distinctions de laborantins de l'âme, s'il s'agit d'une opération mentale qui nécessite une αφαίρεσις (dégagement des images) puis une αγνοσια (dégagement du concept), puis je ne sais quoi encore je ne suis pas spécialiste es extases, ce qui limite, de toute évidence, mon propos de banc de communion, mais à lire votre Monsieur de Sales, ce n'est pas nécessaire.
Bien à vous
Paul R.
Qui s'adresse (parfois) au bon Jésus, sans décoller, sans nager dans le nuage de l'Inconnaissance, avec ces deux revolvers qui sont en gras

( 596657 )
10 000 fleurs dans un jardin, 10 000 ingrédients dans les menus... par Glycéra (2011-05-26 16:55:13)
[en réponse à 596649]
et 10000 manières dans les prières :
Méditation, contemplation, adoration demande, supplication, louange, office, messe, oraison, récitation, liturgies diverses (chapelet, bréviaire, ...), et autres exercices.
Oraison : (os, oris, la bouche) est la prière qui vient au matin :
"Seigneur, ouvre mes lèvres et ma bouche dira ta louange"
C'est la prière silencieuse.
(Ceux qui disent "mentale peuvent induire en erreur, car il est nocif de mentaliser pour l'oraison)
Parfois elle fait murmurer les lèvres, mais en général le coeur chante en silence son Dieu.
"Introduction à la prière" de Romano Guardini donne bien les différentes sortes de prières, depuis l'oraison jaculatoire jusqu'aux grandes liturgies de foule.
"Comment prier de Jean Daujat" est très bon aussi.
Ces deux ouvrages sont bien accessible à la jeunesse ou aux débutants.
J'y ajoute volontiers les petits manuels de St Alphonse de Liguori :
Manière de converser avec Dieu
volonté de Dieu
...
L'oraison n'est vraiment pas la plus technique, la plus méthodologique.
Là encore, loin des exercices de composition de lieu, de mise en présence, et de résoluations ciblées de ce soldat St Ignace, il faut lire St François de Sales.
"Quittez donc votre manuel.
S'il est utile à des âmes qui ne savent marcher, vous obliger à ces pas codifiés bloquera au sol l'oiseau de votre âme."
En d'autres termes : si votre âme est libre devant Dieu, de vouloir voler ci et là vers Lui, comme un volatile heureux, ne l'obligez point à descendre reprendre les béquilles qui ont servi à rééduquer le boiteux...
"Je l'avise, et Il m'avise"
" Seigneur, me voici devant Vous, faites en mon âme ce que vous voulez"
sont deux formes d'oraison, pour les âmes simples, pour les gens sans méthodes, et pour tous ceux dont le coeur veut battre pour Dieu, sans connaitre les calculs de viscosité ou de pression des artères avant de vivre des bienfaits de leur sang chaleureux quand il est envoyé par Dieu.
En vous souhaitant cette belle liberté là, et en espérant pour vous tout le bonheur que j'ai reçu de ce grand saint des âmes dans le siècle... St François de Sales, et sa belle (1) manière d'aimer Dieu
Glycéra
à l'opposé des jansénistes...
Voir la prière après al communion de St Bonaventure pour rester dans le même ton...

( 596699 )
Si écrire et parler français ne vous convient pas .... parlerz latin ! par Vulpus (2011-05-27 08:08:46)
[en réponse à 596621]
m'enfin !
Il est vrai que le vocabulaire moyen d'un français issu de l'éducation nationale doit tourner autour de 300 mots, alors...
Je ferai donc oraison pour que l'usage de notre belle langue vous comble de plaisir .
Peut-être vais-je passer pour un cuistre !

( 596627 )
[réponse] par etga (2011-05-26 11:30:06)
[en réponse à 596612]
C'est drôlement personnel comme question !
Mais bon...
L’Église conseille de commencer par faire 1/4 d'heure d'oraison par jour, puis d'augmenter petit à petit.
En ce qui me concerne, j'essaie de m'astreindre à 20/25 minutes par jour, plutôt le soir en rentrant du travail, dans une église. On va dire que j'y arrive 2 jours sur 3 !
L'oraison est une réelle école de sainteté qui a gouverné la vie de tous les saints.

( 596639 )
mais c'est anonyme ! par louisdefunes (2011-05-26 14:05:02)
[en réponse à 596627]
Et puis, cela peut aider tel ou tel à s'enraciner davantage dans l'oraison...

( 596647 )
Apparemment mon questionnaire est décalé par louisdefunes (2011-05-26 15:20:22)
[en réponse à 596612]
avec les préoccupations du moment...

( 596652 )
Questionnaire décalé ? Il est vrai… par Véronique (Lala) (2011-05-26 16:12:51)
[en réponse à 596647]
… que c’est une question assez personnelle je pense.
Chacun sait le temps qu’il donne à Dieu afin de trouver un moment intime avec Lui, voir plusieurs dans une journée.
Les réponses seront de toute façon différentes car nous n’avons pas tous les mêmes occupations quotidiennes, ni la même vie intérieure, ni le même niveau spirituel, ni le même zèle de la foi...
Aussi, certains travaillent, d’autres pas, d’autres encore sont malades…
Une âme remplie de Dieu ne vous dira pas ces choses- là (sa vie d'oraison par exemple) car c’est de sa vie intime avec Lui dont il s’agit et elle aura également peur de tomber dans l’orgueil spirituel, elle trouvera certainement qu’elle n’en fait pas assez pour Dieu alors qu’elle est déjà toute tournée vers Lui… sans oublier de ne pas susciter de jalousie spirituelle chez les autres âmes.
Ne culpabilisez pas, votre question a certainement permis à des âmes de se demander si elles faisaient oraison, et dans le cas contraire, cela leur aura donné l’occasion d’y penser voir d’y remédier.
Fraternellement
Véronique

( 596658 )
merci par louisdefunes (2011-05-26 16:57:44)
[en réponse à 596652]
de votre gentille réponse !

( 596667 )
On fait c'qu'on peut , oui ... par Rémi (2011-05-26 19:33:40)
[en réponse à 596612]
Mais sans minimiser, loin de là au contraire l'importance et les fruits de l'oraison dans la vie spirituelle, permettez-moi de proposer un
autre éclairage sur votre question.
Cordialement.

( 596678 )
Eclairage du siècle, bien électrique... par Glycéra (2011-05-26 21:33:35)
[en réponse à 596667]
Ste Thérèse, comme Maître Eckhart, St François de Sales, St Jean de la Croix, St Vincent de Paul,le Curé d'Ars... était d'un siècle où les âmes pieuses, non distraites de ciné, de foot, de 40 heures, ou de débats politiques imbuvables et bavards, rappelaient que la règle "prière d'abord, Messire Dieu premier servi" tombait quand une nécessité (réelle) venait sonner. Cela ne se produisait pas beaucoup. La précision de la grande Ste Thérèse était juste de lever les scrupules de qui hésitait à interrompre l'office à Dieu.
Notre siècle est autre : on nous a assez rebattu les oreilles et les discours de l'action essentielle, de l'apostolat généreux, de se laisser manger par autrui. Nous savons tous combien les prêtres des 40 dernières années ont inversé leur temps à Dieu pour finir par cesser de prier ou presque. Ceux qui prient ont des liturgies "habitées" de Dieu... Cela se sent, cela se vit.
Savez-vous que le chantre si loué pour sa charité fraternelle, "Monsieur Vincent", priait 4 à 5 heures par jour ?
Savez-vous que les petites soeurs de Mère Térésa en font presque autant, contenant une heure d'adoration ? et qu'au lieu de dire "Nous fondons une maison des pauvres", elles disent "Nous installons un tabernacle". Qui le raconte ?
Donc, éclairage, certes, mais à remettre dans la lumière artificielle de notre temps débilité.
La prière est première.
Les dispenses existent, mais elles ne sont que dispenses, donc rares.
Dieu premier.
A l'heure de la prière, Il est là, en RV avec nous.
Si c'est Dieu qui sonne, allons ouvrir, mais Il fait peut souvent ce genre de choses... si nous examinons bien les faits.
Glycéra

( 596679 )
Alors j'ai tout faux par castelrey (2011-05-26 21:44:59)
[en réponse à 596678]
entendant (mal-entendant) "tabernacle", je pensais à ce qu'il y a de l'autre côté du tabernacle pas à la prière, je pensais donc à la mort pas à la vie (enfin ça dépend)!

( 596681 )
Associer tabernacle et mort ? par Glycéra (2011-05-26 22:04:52)
[en réponse à 596679]
Là je ne comprend pas.
Pour moi tabernacle, qui veut dire "tente", est le nom de l'abri qu'on a construit à Jésus caché dans l'Hostie, pour conserver la Sainte réserve.
Je n'y vois pas de côté, ni de mort.
Voulez-vous expliquer votre rapprochement ?
Merci d'avance à vous.
Glycéra

( 596695 )
On dit par castelrey (2011-05-27 03:52:02)
[en réponse à 596681]
usuellement en parlant de l'au-delà : "de ce qu'il y a de l'autre côté du tabernacle". c'est tout.
Bien sûr le pain de vie n'est pas synonyme de mort!!

( 596739 )
D'où vient l'expression que vous citez ? par Glycéra (2011-05-27 12:15:08)
[en réponse à 596695]
Tout est dans ma question

( 596756 )
D'un ami guérisseur par castelrey (2011-05-27 15:02:28)
[en réponse à 596739]
Tout est dans le titre.