Le Forum Catholique

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images/icones/neutre.gif  ( 596226 )Valeurs partagées entre chértiens et musulmans... par Meneau (2011-05-22 13:21:08) 

CITE DU VATICAN, 20 MAI 2011 (VIS)

Les 18 et 19 mai, l'Institut royal jordanien d'études inter-religieuses et le Conseil pontifical pour le dialogue inter-religieux se sont réunis pour la seconde fois à Rome sous la présidence du Professeur Kamel Abu Jaber et du Cardinal Jean-Louis Tauran pour réfléchir aux valeurs partagées entre musulmans et chrétiens en matière d'éducation.Après une réunion préparatoire, les deux parties se réuniront à nouveau dans deux ans. Voici les points de leur communiqué commun:

"1) Chrétiens et musulmans partagent des valeurs fondamentales comme la sacralité de la vie, la dignité de la personne et ses droits inaliénables.
[En particulier d'ailleurs la dignité de la femme et les droits des catholiques en pays islamique]

2) Certaines valeurs religieuses sont communes aux musulmans et aux chrétiens, d'autres spécifiques à chaque communauté. Il est donc important de souligner les points communs comme les différences. Le respect des différences est d'ailleurs une condition fondamentale pour un dialogue authentique.
[Respect : il conviendrait de préciser. Respect au point d'encourager chacun dans ses erreurs ?]

3) L'éducation, l'éducation religieuse en particulier, ne doit pas pousser à l'antagonisme ou à la violence, mais aider les jeunes à s'enraciner dans leur identité propre tout en s'ouvrant aux autres identités religieuses.

4) Le lieu privilégié de l'éducation est l'enseignement public ou privé, où les jeunes chrétiens et musulmans peuvent étudier ensemble. Il faut conserver cet espace commun qui permet la constitution de solides amitiés".



(Les commentaires en gras italiques ne sont évidemment pas du Cardinal Tauran, ni du Prof Jaber, tout le monde l'aura compris.

Cordialement
Meneau
images/icones/neutre.gif  ( 596227 )"Dialogue irénique entre le Cal. Tauran et le Pr. Jaber" par Meneau (2011-05-22 13:23:39) 
[en réponse à 596226]

Une autre analyse.

En particulier :

Je n’ai, par exemple, pas connaissance d’une seule école chrétienne excitant ses élèves à la haine anti-musulmane. Le cas inverse est, hélas, fréquent.



Cordialement
Meneau
images/icones/mitre4.png  ( 596236 )Faux! par Gentiloup (2011-05-22 15:24:11) 
[en réponse à 596226]

"1) Chrétiens et musulmans partagent des valeurs fondamentales comme la sacralité de la vie, la dignité de la personne et ses droits inaliénables.
Faux! La sacralité de la vie chez les musulmans ne concerne que les musulmans et parmi les musulmans ne sont pas concernés les bébés à naître jusqu'à un mois. Durant cette période d'un mois, les bébés peuvent être avortés en toute quiétude et légalité musulmane. Par ailleurs, et de ce fait, la contraception ne les gêne pas du tout.

Sans compter les droits inaliénables de la personne... Le droit coranique ne connaît pas la notion de "personne", donc il faudrait au préalable s'entendre sur les termes avant d'écrire n'importe quoi pour tromper les pauvres Chrétiens crédules.

Le cardinal Tauran devrait aller demander en Egypte, en Irak, en Arabie, en Indonésie, au Pakistan etc. comment les Droits de la personne sont respectés envers eux...

Alors le cardinal Tauran est-il catholique oui ou non pour affirmer de telles contre-vérités au nom de l'Eglise catholique?

Et il y aurait encore pas mal à commenter sur l'éducation...
N'importe quoi! Je croyais que ce cardinal était effondré après l'assassinat de son ami le ministre du Pakistan! Etait-ce des larmes de crocodile?
images/icones/mitre4.png  ( 596237 )Censure romaine d’un archevêque libanais par Vianney (2011-05-22 15:25:46) 
[en réponse à 596226]

Du 10 au 24 octobre 2010, le Vatican a organisé à Rome un synode pour le Proche-Orient réunissant des représentants des Églises orientales catholiques (arménienne, chaldéenne, copte, grecque, maronite, syrienne). Malgré la présence d’observateurs juifs et musulmans, ce synode s’est exprimé dans un langage beaucoup moins “œcuménique” que celui auquel nous sommes habitués en Europe. L’archevêque de Tunis Maroun Elias Nimeh Lahham s’est félicité qu’il ait “reflété la vraie situation” des communautés catholiques concernées. Mais en dépit de la prudence des expressions utilisées, l’intervention de Mgr Raboula Antoine Beylouni, archevêque libanais d’Antioche, a visiblement déplu au Secrétariat d’État du Vatican, qui n’en a laissé paraître dans l’Osservatrore Romano qu’une version expurgée. En voici le texte intégral (en gras : les passages censurés à la demande du Vatican) :

Nous avons au Liban un comité national de dialogue islamo-chrétien et cela depuis plusieurs années. Il y avait aussi une commission épiscopale issue de l’Assemblée des Patriarches et Évêques Catholiques au Liban chargée du dialogue islamo-chrétien. Elle a été supprimée pour donner plus d’importance à l’autre comité, d’autant plus qu’il n’y avait pas de résultat sensible.

Il y a parfois des dialogues ici ou là, dans des pays arabes, comme au Qatar, où l’Émir lui-même invite à ses frais, des personnalités de différents pays et des trois religions : chrétienne, musulmane et juive. Au Liban, sur la chaîne Télé-lumière et Noursat, et sur d’autres chaînes de télévision, on donne parfois des programmes de dialogue islamo-chrétien. Souvent on choisit un thème, et chaque parti l’explique ou l’interprète selon sa religion. Ces programmes sont d’ordinaire très instructifs.

J’ai voulu par cette intervention, attirer l’attention sur les points qui rendent ces rencontres ou dialogues difficiles et souvent privés d’effectivité. Il est clair qu’on ne discute pas sur les dogmes. Mais même les autres sujets d’ordre pratique et social sont difficilement abordables lorsque le Coran ou la Sunna les a abordés. Voici quelques difficultés que l’on doit affronter.

Le Coran inculque au musulman la fierté d’avoir la seule religion vraie et complète, religion enseignée par le plus grand prophète, car il est le dernier venu. Le musulman fait partie de la nation privilégiée, et parle la langue de Dieu, la langue du paradis, la langue arabe. C’est pourquoi, il vient au dialogue avec cette supériorité et avec l’assurance d’être victorieux.

Le Coran, supposé écrit par Dieu lui-même d’un bout à l’autre, donne la même valeur à tout ce qui y est écrit : le dogme comme n’importe quelle loi ou pratique.

Dans le Coran, il n’y a pas d’égalité entre l’homme et la femme, ni dans le mariage lui-même où l’homme peut prendre plusieurs femmes et peut en divorcer à sa guise ; ni en matière d’héritage où l’homme a une double part ; ni dans le témoignage devant les juges où la voix de l’homme égale la voix de deux femmes, etc …

Le Coran permet au musulman de cacher la vérité au chrétien et de parler et agir contrairement à ce qu’il pense et croit.

Dans le Coran, il y a des versets contradictoires et des versets annulés par d’autres, ce qui donne au musulman la possibilité d’utiliser l’un ou l’autre selon son avantage et ainsi il peut dire du chrétien qu’il est humble et pieux et croyant en Dieu, comme il peut le traiter d’impie, d’apostat et d’idolâtre.

Le Coran donne au musulman le droit de juger les chrétiens et de les tuer par la djihad (guerre sainte). Il ordonne d’imposer la religion par la force, par l’épée. L’histoire des invasions en est témoin. C’est pourquoi les musulmans ne reconnaissent pas la liberté religieuse, ni pour eux ni pour les autres. Et il n’est pas étonnant de voir tous les pays arabes et musulmans refuser d’appliquer en entier les “Droits de l’homme” institués par les Nations Unies.

Devant tous ces interdits et d’autres semblables faut-il supprimer les dialogues ? Non, certainement pas.
Mais il faut choisir les thèmes abordables et des interlocuteurs chrétiens capables et bien formés, courageux et pieux, sages et prudents … qui disent la vérité avec clarté et conviction …

On déplore parfois certains dialogues à la télévision où l’interlocuteur chrétien n’est pas à la hauteur de la tâche et n’arrive pas à donner de la religion chrétienne toute sa beauté et sa spiritualité, ce qui scandalise les auditeurs. Pire encore, il y a parfois des interlocuteurs clercs, qui, dans le dialogue, pour gagner la sympathie du musulman, appellent Mahomet prophète et ajoutent l’invocation musulmane connue et toujours répétée “Salla lahou alayhi wa sallam” (Que la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur lui).

Pour finir je suggère ce qui suit :
Comme le Coran a bien parlé de la Vierge Marie, en insistant sur sa virginité perpétuelle et sa conception miraculeuse et unique en nous donnant le Christ ; comme les musulmans la considèrent beaucoup et demandent son intercession, nous devons recourir à elle dans tout dialogue et dans toute rencontre avec les musulmans. Étant la Mère de tous, elle nous guidera dans nos rapports avec les musulmans pour leur montrer le vrai visage de son Fils Jésus, Rédempteur du genre humain.
Qu’il plaise à Dieu que la fête de l’Annonciation déclarée au Liban fête nationale pour les chrétiens et les musulmans, devienne aussi fête nationale dans d’autres pays arabes.


Source
images/icones/fleche2.gif  ( 596247 )Edifiant! par Romanus (2011-05-22 19:00:57) 
[en réponse à 596237]

Merci Vianney de ce témoignage consternant, qui met à jour une nouvelle fois la falsification de nos autorités romaines.
Malheur à ceux qui s'opposent au religieusement correct, quand bien même ils seraient les seuls à savoir de quoi ils parlent!

Et dire que finalement c'est le modèle libanais que l'on entend nous proposer ici: une France pluraliste et multireligieuse.
La seule différence que j'ai constaté entre ce pays et celui qui est le nôtre, lorque je vivais au pays du Cèdre, c'est que là-bas, les chrétiens ont encore une Foi forte et n'hésitent pas en témoigner au quotidien (nulle trace de "saine laïcité là-bas).
Pour le reste, Jean Paul II a déclaré que le Liban était un "message pour le monde". A part celui de la guerre civile qui nous attend, je ne vois pas trop lequel.
images/icones/1f.gif  ( 596266 )Quel dommage d'avoir ôté le principal du discours...! par Gentiloup (2011-05-22 22:38:41) 
[en réponse à 596237]


il y a parfois des interlocuteurs clercs, qui, dans le dialogue, pour gagner la sympathie du musulman, appellent Mahomet prophète et ajoutent l’invocation musulmane connue et toujours répétée “Salla lahou alayhi wa sallam” (Que la Paix et les Bénédictions de Dieu soient sur lui).



Hélas, oui! C'est devenu banal d'entendre appeler Mahomet "le Prophète" de la part des Chrétiens. C'est pourtant une insulte à Dieu.

Pour le reste, je me demande comment cet évêque et tous les autres évêques doivent vivre les sortes de compromis avec les musulmans, tels que ceux que Meneau nous cite plus haut.

Si ces évêques ont pu s'exprimer dans un synode, ils ne sont hélas pas ceux qui sont choisis pour conduire les dialogues avec les musulmans, eux qui pourtant seraient les mieux placés!
Dialogues qui doivent ou devraient rester purement politiques...

images/icones/1n.gif  ( 596268 )Oui, mais imaginez que l'on dise Mahomet par Maïe (2011-05-22 22:41:45) 
[en réponse à 596266]

-+IHS+-
ce Ben Laden moyenâgeux...
images/icones/neutre.gif  ( 596239 )L'évêque de Nanterre semble fort ouvert lui aussi! par ptk (2011-05-22 16:52:15) 
[en réponse à 596226]

Quelques extrait du livret de neuvaine pour la Pentecôte du diocèse de Nanterre

Je vous
appelle aussi à prier pour notre diocèse en
demandant au Saint Esprit de nous faire
vivre l’unité dans la diversité au service de
Dieu et de tous dans la société.

Pour que les chrétiens et les musulmans du 92 s’estiment et se
respectent,

Pour que, dans notre diocèse, nous ayons tous conscience de
l'importance de notre parenté spirituelle avec les Juifs,
Pour que tous les chrétiens de toutes les Eglises et communautés
grandissent dans l'unité, telle que le Christ la veut et par les moyens
qu'il veut,


pour les hommes et les femmes engagés devant la société
par une nouvelle union après divorce,



livret de prières Nanterre



Et quelques manifestations épiscopales en faveur de cette unité dans la diversité lorsqu'elle concerne la liturgie catholique non réformée:


L'évêque et la Messe traditionnelle en 2005

Peut-être cependant, depuis 2005, cette diversité est-elle mieux acceptée? Si des catholiques du Diocèse peuvent compléter.....


Wikimissa Nanterre
images/icones/1n.gif  ( 596240 )La fumée... par Miserere (2011-05-22 17:08:44) 
[en réponse à 596239]


Les neuvaines ont beaucoup évolué , je suis vraiment en retard sur la diversité .

Seulement , je ne voit pas où est la prière , cela ressemble plus à un discours politique .

On s'en sortira jamais avec des évêques qui ont fermé la porte au Saint-Esprit .

UDP


Miserere presque désespéré

images/icones/2a.gif  ( 596241 )on aura noté que le cardinal Tauran par jejomau (2011-05-22 17:46:05) 
[en réponse à 596240]

appartient bien à l'église-qui-est-en-france.... Savoir s'il "adhère" en même temps à l'Eglise catholique, çà....
images/icones/barbu2.gif  ( 596249 )Un fait récent signe du dialogue inter-religieux par jejomau (2011-05-22 19:49:32) 
[en réponse à 596241]

Un jeune homme, père de 3 enfants a été assassiné à Kirkouk, au nord de l’Irak. Il s'appelait Ashur Yacob Issa, 29 ans, et avait été enlevé 3 jours plus tôt. Sa famille avait reçu une demande de rançon de 100 000 $, mais les négociations pour sa libération n’avaient pas abouti . Son corps a été retrouvé, décapité, avec des signes de torture. Clairement, c'est un martyr.

Réactions dans le pays:

Mgr Sako, l'archevêque chaldéen catholique de Kirkouk affirme qu'Au cours de toutes ces années, je n'ai jamais entendu parler de la conversion du moindre chrétien à l'Islam, malgré les multiples menaces". En revanche, des musulmans viennent régulièrement dans son église pour se faire baptiser... Hélas, comme par hasard il indique qu'il n'a "pas le droit de les baptiser. Il n'y a pas de liberté de culte !"- je cite ses propos -

Quant à l'archevêque chaldéen catholique d'Erbil, Mgr Bashar Warda, il estime que la décapitation d'un jeune chrétien à Kirkouk le 16 mai... visait à intimider les chrétiens. "Désormais, chacun paiera immédiatement la rançon" exigé par les musulmans..

Il soutient que les musulmans se cachent derrière ce crime, et a appelé les dignitaires musulmans d'Irak à faire comprendre à leurs fidèles qu'un tel meurtre est un crime contre l'humanité et contre la foi. "Il est inconcevable que dans certaines mosquées, la haine contre les fidèles d'autres religions continue d'être prêchée", insiste-t-il.... Il y a comme un abîme entre la profession de foi du Card. Tauran et le quotidien vécu... Non ?

D'ailleurs l'archevêque syro-catholique de Mossoul, Yohanna Petros Mouche contredit cette fois le discours gloubi-boulga de Mgr Tauran : "Les musulmans nous parlent constamment de cohabitation paisible. Mais quelque chose comme ce meurtre arrive, et aucun dignitaire musulman ne le condamne. Que devons-nous en penser?" et un peu plus loin : " Il n'y a pas de dialogue interreligieux. Quand nous voulons parler avec des chefs musulmans, ils viennent, prêchent et repartent. Mais ils ne nous écoutent pas.."... Ah, bon ??

Mgr. Warda enfin en remet une couche en affirmant que certaines mosquées iraquiennes ne prêchent que l'intolérance. Il dit :"Si j'abandonnais le christianisme, personne ne me poursuivrait pour me couper la tête. C'est la différence avec l'Islam."

Bref, Mgr Tauran serait-il contredit par le "peuple de Dieu" persécuté par les musulmans parce que catholiques ?

SOURCE
images/icones/fleche2.gif  ( 596259 )L'altérolâtrie est une idéologie caractérisée. par Scrutator Sapientiæ (2011-05-22 21:23:56) 
[en réponse à 596226]

Bonsoir Meneau,

Une confusion s'est installée, au sein et à la tête de l'Eglise, entre attitude évangélique et comportement altérolâtre.

L'altérolâtrie, l'Eglise catholique "conciliaire" n'en a certes pas le monopole, puisque cette idéologie est également véhiculée par la sphère médiatico-politicienne, mais il va de soi que la soumission, plus ou moins consciente et volontairement, de bon nombre d'hommes d'Eglise, à cette idéologie caractérisée, a aujourd'hui des conséquences désastreuses.

L'altérolâtrie consiste en substance à idéaliser l'autre, le chrétien non catholique, le croyant non chrétien, l'agnostique humaniste, à le voir

- non comme il est, quelqu'un qui ignore involontairement ou refuse volontairement la possibilité de se rendre disponible et responsable, pour faire bon accueil à celui qui est LE Chemin, LA Vérité, et LA Vie ;

- mais comme on voudrait qu'il soit :

- un chrétien non catholique, ayant "certainement" des choses à apprendre aux catholiques sur ce que doit et peut être l'Eglise ;

- un croyant non chrétien, ayant "certainement" des choses à apprendre aux chrétiens sur ce que doit et peut être la "foi" en Dieu ;

- un humain non croyant, ayant "certainement" des choses à apprendre aux croyants sur ce que doit et peut être la "foi" en l'homme.

Le pire ennemi objectif de l'altérolâtre n'est pas le fanatique, le terroriste, de telle ou telle religion non chrétienne, qui n'a pas encore eu, n'est-ce pas, la possibilité d'identifier et de localiser, dans les fondements de sa religion, tout ce qui est, d'une manière quasiment "christique", source d'amour, de bonheur, d'amitié, de liberté, de paix, non seulement pour lui, mais aussi pour les êtres humains qui ne sont pas adeptes de sa religion.

Le pire ennemi objectif de l'altérolâtre, c'est, par exemple

- le catholique modéré qui lui fait remarquer que l'altérolâtrie est à peu près dépourvue de fondements, que ce soit dans l'Ecriture ou dans la Tradition,

ou

- le musulman modéré qui lui fait remarquer que le déploiement, par l'Eglise, de la mystique du dialogue, est

- un formidable risque d'encouragement donné à certains musulmans calculateurs et intolérants, qui ne comprennent souvent que les rapports de force, et qui prennent ce déploiement pour ce qu'il est : un abandon de position face à l'adversaire ;

- une formidable source de découragement donnée à certains musulmans modérés et sincères, qui peuvent avoir des doutes légitimes sur la cohérence et la pertinence de leur religion, qui peuvent aspirer à se convertir sous la conduite et en direction de Jésus-Christ, et qui ont fréquemment l'occasion de ressentir de la perplexité jusqu'à en être démotivés, au contact de telle ou telle "espèce de sortie" épiscopale ou théologienne.

Si les altérolâtres ont le droit de dire que l'islamisme n'a rien à voir avec l'Islam, ce dont on peut douter à juste titre, j'estime que nous avons le droit de dire qu'un comportement altérolâtre n'a rien à voir avec une attitude évangélique.

Je l'ai déjà écrit, il y a, dans l'Evangile, un potentiel de dissensus, qui est situé aux antipodes de la tendance contemporaine à la confusion entre consensus sympathique (mais imposé ou orchestré), et vérité salutaire (mais privée de sa force contrariante et dérangeante), notamment en matière interreligieuse.

J'irai un peu plus loin ce soir, en précisant ou en rappelant qu'il y a, dans l'Evangile, une âpreté chrétienne, non une intolérance, vis-vis des personnes dans l'erreur, mais une intransigeance, vis-à-vis des doctrines et pratiques erronées, y compris en matière religieuse.

Et c'est ici, je crois, que nous pouvons dénoncer les deux piliers constitutifs de l'altérolâtrie : la suspension du jugement critique (l'épochê), à l'égard des dif-errantes religions non chrétiennes, dans un désir et un souci d'équité (l'épikiê) vis-à-vis des adeptes de ces dif-errantes religions.

C'est, en deux mots, cette combinaison ou interaction tendancieuse entre épochê entre épikiê qui constitue à mon sens le ressort de l'altérolâtrie contemporaine, qui consiste à taire à ceux qui se trompent le fait qu'ils sont dans l'erreur, non parce qu'il est faux qu'ils le soient, mais parce que ce n'est pas "charitable", "chaleureux", "fraternel", "sympathique", de le leur dire.

Ce fraternitarisme humanitariste n'est pas une explicitation, mais une édulcoration de l'Evangile, lequel est exigeant, et n'est pas indulgent, à un point qui consisterait, par négligence ou par réticence, à taire, et à taire ad extra, ce que l'on a, au contraire, vocation à dire.

Si je ne l'ai déjà fait, je recommande la lecture du livre du Père Antoine MESSALI "Judaisme, Christianisme et Islam - étude comparée", livre paru aux Editions de Paris, dans lequel il explique que le préalable à toute tentative de dialogue, avec les Musulmans, n'est autre que la prise de conscience du fait que quand nous employons, en apparence, les mêmes mots, eux et nous, eux attribuent rarement le même sens que nous à chacun de ses mots, apparemment évocateurs de "valeurs communes".

Bonne fin de dimanche et bon début de semaine à Meneau, et aux autres liseurs également, bien sûr.

Scrutator.

PS : Ne nous y trompons pas : il s'agit bien d'une idéologie, qui dispose de relais conscients, mais qui dispose aussi d'idiots utiles, les uns et les autres pouvant très bien finir par procéder à de véritables "excommunications intellectuelles", au sein même de l'Eglise, non en jetant dehors, mais en taisant dedans, toute prise de position à la fois argumentée, documentée, dissidente et réaliste.
images/icones/1b.gif  ( 596272 )Merci et... par Meneau (2011-05-22 23:57:29) 
[en réponse à 596259]

Merci de votre commentaire tout à fait pertinent, comme souvent (pour ne pas dire comme toujours, histoire de ménager vos chevilles).


C'est, en deux mots, cette combinaison ou interaction tendancieuse entre épochê entre épikiê qui constitue à mon sens le ressort de l'altérolâtrie contemporaine, qui consiste à taire à ceux qui se trompent le fait qu'ils sont dans l'erreur, non parce qu'il est faux qu'ils le soient, mais parce que ce n'est pas "charitable", "chaleureux", "fraternel", "sympathique", de le leur dire.



Comme toujours la charité sans la vérité n'est que façade.

Et pour finir : ne serait-ce pas plutôt Moussali que Messali ?

Cordialement
Meneau