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( 595128 )
INSTRUCTION sur l’application de la Lettre apostolique Summorum par marie-joseph (2011-05-13 12:05:00)
COMMISSION PONTIFICALE ECCLESIA DEI
INSTRUCTION sur l’application de la Lettre apostolique Summorum
Pontificum donnée motu proprio par Sa Sainteté le Pape BENOÎT XVI
I. Introduction
1. La Lettre apostolique Summorum Pontificum, donnée motu proprio par
le Souverain Pontife Benoît XVI le 7 juillet 2007 et entrée en vigueur
le 14 septembre 2007, a rendu plus accessible la richesse de la
liturgie romaine à l’Église universelle.
2. Par ce Motu Proprio, le Souverain Pontife Benoît XVI a promulgué
une loi universelle pour l’Église, avec l’intention de donner un
nouveau cadre normatif à l’usage de la liturgie romaine en vigueur en
1962.
3. Après avoir rappelé la sollicitude des Souverains Pontifes pour la
sainte liturgie et la révision des livres liturgiques, le Saint-Père
reprend le principe traditionnel, reconnu depuis des temps immémoriaux
et à maintenir nécessairement à l’avenir, selon lequel « chaque
Égliseparticulière doit être en accord avec l’Église universelle, non
seulement sur la doctrine de la foi et
sur les signes sacramentels, mais aussi sur les usages reçus
universellement de la tradition apostolique ininterrompue. On doit
les observer non seulement pour éviter les erreurs, mais pour
transmettre l’intégrité de la foi, car la règle de la prière de
l’Église correspond à sa règle de foi1 ».
4. Le Souverain Pontife évoque en outre les Pontifes romains qui se
sont particulièrement donnés à cette tâche, notamment saint Grégoire
le Grand et saint Pie V. Le Pape souligne également que, parmi les
livres liturgiques sacrés, le Missale Romanum a joué un rôle
particulier dans l’histoire et qu’il a connu des mises à jour au cours
des temps jusqu’au bienheureux Pape Jean XXIII. Puis, après la réforme
liturgique qui suivit le Concile Vatican II, le Pape Paul VI
approuva en 1970 pour l’Église de rite latin un nouveau Missel, qui
fut ensuite traduit en différentes langues. Le Pape Jean Paul II en
promulgua une troisième édition en l’an 2000.
5 Plusieurs fidèles, formés à l’esprit des formes liturgiques
antérieures au Concile Vatican II, ont exprimé le vif désir de
conserver la tradition ancienne. C’est pourquoi, avec l’indult spécial
Quattuor abhinc annos publié en 1984 par la Sacrée Congrégation pour
le Culte divin, le Pape Jean Paul II concéda sous certaines conditions
la faculté de reprendre l’usage du Missel romain promulgué par le
bienheureux Pape Jean XXIII. En outre, avec le Motu Proprio Ecclesia
Dei de 1988, le Pape Jean Paul II exhorta les Évêques à concéder
généreusement cette faculté à tous les fidèles qui le demandaient.
C’est dans la même ligne que se situe le Pape Benoît XVI avec le Motu
Proprio Summorum Pontificum, où sont indiqués, pour l’usus antiquior
du rite romain, quelques critères essentiels qu’il est opportun de
rappeler ici.
6 Les textes du Missel romain du Pape Paul VI et de la dernière
édition de celui du Pape Jean XXIII sont deux formes de la liturgie
romaine, respectivement appelées ordinaire et extraordinaire : il
s’agit de deux mises en oeuvre juxtaposées de l’unique rite romain.
L’une et l’autre forme expriment la même lex orandi de l’Église. En
raison de son usage antique et vénérable, la forme extraordinaire doit
être conservée avec l’honneur qui lui est dû.
7. Le Motu Proprio Summorum Pontificum s’accompagne d’une lettre du
Saint-Père aux Évêques, publiée le même jour que lui (7 juillet 2007)
et offrant de plus amples éclaircissements sur l’opportunité et la
nécessité du Motu Proprio lui-même : il s’agissait effectivement de
combler une lacune, en donnant un nouveau cadre normatif à l’usage de
la liturgie romaine en vigueur en 1962.
Ce cadre s’imposait particulièrement du fait qu’au moment de
l’introduction du nouveau missel, il n’avait pas semblé nécessaire de
publier des dispositions destinées à régler l’usage de la liturgie en
vigueur en 1962. En raison de l’augmentation du nombre de ceux qui
demandent à pouvoir user de la forme extraordinaire, il est devenu
nécessaire de donner quelques normes à ce sujet.
Le Pape Benoît XVI affirme notamment : « Il n’y a aucune contradiction
entre l’une et l’autre édition du Missale Romanum. L’histoire de la
liturgie est faite de croissance et de progrès, jamais de rupture. Ce
qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré
pour nous, et ne peut à l’improviste se retrouver totalement interdit,
voire considéré comme néfaste2 ».
8. Le Motu Proprio Summorum Pontificum constitue une expression
remarquable du magistère du Pontife romain et de son munus propre -
régler et ordonner la sainte liturgie de l’Église3 - et il manifeste
sa sollicitude de Vicaire du Christ et de Pasteur de l’Église
universelle4. Il se propose :
a) d’offrir à tous les fidèles la liturgie romaine dans l’usus
antiquior, comme un trésor à conserver précieusement ;
b) de garantir et d’assurer réellement l’usage de la forme
extraordinaire à tous ceux qui le demandent, étant bien entendu que
l’usage de la liturgie latine en vigueur en 1962 est une faculté
donnée pour le bien des fidèles et donc à interpréter en un sens
favorable aux fidèles qui en sont les principaux destinataires ;
c) de favoriser la réconciliation au sein de l’Église.
II. Les missions de la Commission pontificale Ecclesia Dei
9. Le Souverain Pontife a doté la Commission pontificale Ecclesia Dei
d’un pouvoir ordinaire vicaire dans son domaine de compétence, en
particulier pour veiller sur l’observance et l’application des
dispositions du Motu Proprio Summorum Pontificum (cf. art. 12).
10. § 1. La Commission pontificale exerce ce pouvoir, non seulement
grâce aux facultés précédemment concédées par le Pape Jean Paul II et
confirmées par le Pape Benoît XVI (cf. Motu-Proprio Summorum
Pontificum, art. 11-12), mais aussi grâce au pouvoir d’exprimer une
décision, en tant que Supérieur hiérarchique, au sujet des recours qui
lui sont légitimement présentés contre un acte administratif de
l’Ordinaire qui semblerait contraire au Motu Proprio.
§ 2. Les décrets par lesquels la Commission pontificale exprime sa
décision au sujet des recours pourront être attaqués ad normam iuris
devant le Tribunal Suprême de la Signature Apostolique.
11. Après approbation de la Congrégation pour le Culte divin et la
Discipline des sacrements, il revient à la Commission pontificale
Ecclesia Dei de veiller à l’édition éventuelle des textes liturgiques
relatifs à la forme extraordinaire du rite romain.
III.Normes spécifiques
12. À la suite de l’enquête réalisée auprès des Évêques du monde
entier et en vue de garantir une interprétation correcte et une juste
application du Motu Proprio Summorum Pontificum, cette Commission
pontificale, en vertu de l’autorité qui lui a été attribuée et des
facultés dont elle jouit, publie cette Instruction, conformément au
canon 34 du Code de droit canonique.
La compétence des Évêques diocésains
13. D’après le Code de droit canonique5, les Évêques diocésains
doivent veiller à garantir le bien commun en matière liturgique et à
faire en sorte que tout se déroule dignement, pacifiquement et
sereinement dans leur diocèse, toujours en accord avec la mens du
Pontife romain clairement exprimée par le Motu Proprio Summorum
Pontificum6. En cas de litige ou de doute fondé au sujet de la
célébration dans la forme extraordinaire, la Commission pontificale
Ecclesia Dei jugera.
14. Il revient à l’Évêque diocésain de prendre les mesures nécessaires
pour garantir le respect de la forme extraordinaire du rite romain,
conformément au Motu Proprio Summorum Pontificum.
Le coetus fidelium (cf. Motu Proprio Summorum Pontificum, art. 5 § 1)
15. Un coetus fidelium pourra se dire stable (stabiliter exsistens),
au sens où l’entend l’art. 5 § 1 de Summorum Pontificum, s’il est
constitué de personnes issues d’une paroisse donnée qui, même après la
publication du Motu Proprio, se sont réunies à cause de leur
vénération pour la liturgie célébrée dans l’usus antiquior et qui
demandent sa célébration dans l’église paroissiale, un oratoire
ou une chapelle ; ce coetus peut aussi se composer de personnes issues
de paroisses ou de diocèses différents qui se retrouvent à cette fin
dans une église paroissiale donnée, un oratoire ou une chapelle.
16. Si un prêtre se présente occasionnellement avec quelques personnes
dans une église paroissiale ou un oratoire en souhaitant célébrer dans
la forme extraordinaire, comme le prévoient les articles 2 et 4 du
Motu Proprio Summorum Pontificum, le curé, le recteur ou le prêtre
responsable de l’église acceptera cette célébration, tout en tenant
compte des exigences liées aux horaires des célébrations liturgiques
de l’église elle-même.
17. § 1. Dans chaque cas, le curé, le recteur ou le prêtre responsable
de l’église prendra sa décision avec prudence, en se laissant guider
par son zèle pastoral et par un esprit d’accueil généreux.
§ 2. Dans le cas de groupes numériquement moins importants, on
s’adressera à l’Ordinaire du lieu pour trouver une église où ces
fidèles puissent venir assister à ces célébrations, de manière à
faciliter leur participation et une célébration plus digne de la
Sainte Messe.
18. Dans les sanctuaires et les lieux de pèlerinage, on offrira
également la possibilité de célébrer selon la forme extraordinaire aux
groupes de pèlerins qui le demanderaient (cf. Motu Proprio Summorum
Pontificum, art. 5 § 3), s’il y a un prêtre idoine.
19. Les fidèles qui demandent la célébration de la forme
extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des
groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou
des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s’opposent au
Pontife romain comme Pasteur suprême de l’Église universelle.
Le sacerdos idoneus (cf. Motu Proprio Summorum Pontificum, art. 5 § 4)
20. Les conditions requises pour considérer un prêtre comme « idoine »
à la célébration dans la forme extraordinaire s’énoncent comme suit :
a) tout prêtre qui n’est pas empêché par le droit canonique7, doit
être considéré comme idoine à la célébration de la Sainte Messe dans
la forme extraordinaire ;
b) il doit avoir du latin une connaissance de base qui lui permette de
prononcer correctement les mots et d’en comprendre le sens ;
c) la connaissance du déroulement du rite est présumée chez les
prêtres qui se présentent spontanément pour célébrer dans la forme
extraordinaire et qui l’ont déjà célébrée.
21. On demande aux Ordinaires d’offrir au clergé la possibilité
d’acquérir une préparation adéquate aux célébrations dans la forme
extraordinaire. Cela vaut également pour les séminaires, où l’on devra
pourvoir à la formation convenable des futurs prêtres par l’étude du
latin8, et, si les exigences pastorales le suggèrent, offrir la
possibilité d’apprendre la forme extraordinaire du rite.
22. Dans les diocèses sans prêtre idoine, les Évêques diocésains
peuvent demander la collaboration des prêtres des Instituts érigés par
la Commission pontificale Ecclesia Dei, soit pour célébrer, soit même
pour enseigner à le faire.
23. La faculté de célébrer la Messe sine populo (ou avec la
participation du seul ministre) dans la forme extraordinaire du rite
romain est donnée par le Motu Proprio à tout prêtre séculier ou
religieux (cf. Motu Proprio Summorum Pontificum, art. 2). Pour ces
célébrations, les prêtres n’ont donc besoin, selon le Motu Proprio
Summorum Pontificum, d’aucun permis spécial de leur Ordinaire ou de
leur supérieur.
La discipline liturgique et ecclésiastique
24. Les livres liturgiques de la forme extraordinaire seront utilisés
tels qu’ils sont. Tous ceux qui désirent célébrer selon la forme
extraordinaire du rite romain doivent connaître les rubriques prévues
et les suivre fidèlement dans les célébrations.
25. De nouveaux saints et certaines des nouvelles préfaces pourront et
devront être insérés dans le Missel de 19629, selon les normes qui
seront indiquées plus tard.
26. Comme le prévoit le Motu Proprio Summorum Pontificum à l’article
6, les lectures de la Sainte Messe du Missel de 1962 peuvent être
proclamées soit seulement en latin, soit en latin puis dans la langue
du pays, soit même, dans le cas des Messes lues, seulement dans la
langue du pays.
27. En ce qui concerne les normes disciplinaires liées à la
célébration, on appliquera la discipline ecclésiastique définie dans
le Code de droit canonique de 1983.
28. De plus, en vertu de son caractère de loi spéciale, le Motu
Proprio Summorum Pontificum déroge, dans son domaine propre, aux
mesures législatives sur les rites sacrés prises depuis 1962 et
incompatibles avec les rubriques des livres liturgiques en vigueur en
1962.
La Confirmation et l’Ordre sacré
29. La permission d’utiliser la formule ancienne pour le rite de la
confirmation a été reprise par le Motu Proprio Summorum Pontificum
(cf. art. 9 § 2). Dans la forme extraordinaire, il n’est donc pas
nécessaire d’utiliser la formule rénovée du Rituel de la confirmation
promulgué par le Pape Paul VI.
30. Pour la tonsure, les ordres mineurs et le sous-diaconat, le Motu
Proprio Summorum Pontificum n’introduit aucun changement dans la
discipline du Code de droit canonique de 1983 ; par conséquent, dans
les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique qui
dépendent de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le profès de
voeux perpétuels ou celui qui a été définitivement incorporé dans une
société cléricale de vie apostolique est, par l’ordination diaconale,
incardiné comme clerc dans l’Institut ou dans la Société, conformément
au canon 266 § 2 du Code de droit canonique.
31. Seuls les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie
apostolique qui dépendent de la Commission pontificale Ecclesia Dei
ainsi que ceux dans lesquels se maintient l’usage des livres
liturgiques de la forme extraordinaire peuvent utiliser le Pontifical
romain en vigueur en 1962 pour conférer les ordres mineurs et majeurs.
Le Bréviaire romain
32. Les clercs ont la faculté d’utiliser le Bréviaire romain en
vigueur en 1962 dont il est question à l’article 9 § 3 du Motu Proprio
Summorum Pontificum. Celui-ci doit être récité intégralement et en
latin.
Le Triduum sacré
33. S’il y a un prêtre idoine, le coetus fidelium qui adhère à la
tradition liturgique précédente peut aussi célébrer le Triduum sacré
dans la forme extraordinaire. Au cas où il n’y aurait pas d’église ou
d’oratoire exclusivement prévu pour ces célébrations, le curé ou
l’Ordinaire prendront les mesures les plus favorables au bien des
âmes, en accord avec le prêtre, sans exclure la possibilité d’une
répétition des célébrations du Triduum sacré dans la même église.
Les rites des Ordres religieux
34. Il est permis d’utiliser les livres liturgiques propres aux Ordres
religieux et en vigueur en 1962.
Pontifical romain et Rituel romain
35. Conformément au n. 28 de cette Instruction et restant sauf ce qui
est prescrit par le n. 31, l’usage du Pontifical romain et du Rituel
romain, ainsi que celui du Cérémonial des Évêques en vigueur en 1962
sont permis.
Au cours de l’audience du 8 avril 2011 accordée au Cardinal Président
de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le Souverain Pontife Benoît
XVI a approuvé la présente Instruction et en a ordonné la publication.
Donné à Rome, au siège de la Commission pontificale Ecclesia Dei, le
30 avril 2011, en la mémoire de saint Pie V.
William Cardinal Levada Président
Monseigneur Guido Pozzo secrétaire
-----
1 BENOÎT XVI, Motu proprio Summorum Pontificum, art. 1 : AAS 99
(2007), p. 777 ; La Documentation catholique 104 (2007), pp. 702-704 ;
cf. Présentation générale du Missel romain, 3e éd., 2002, n. 397.
2 BENOÎT XVI, Lettre aux Évêques qui accompagne la Lettre apostolique
« motu proprio data » Summorum Pontificum sur l’usage de la liturgie
romaine antérieure à la réforme de 1970 : AAS 99 (2007), p. 798 ; La
Documentation catholique 104 (2007), p. 707.
3 Cf. Code de droit canonique, c. 838, § 1 et § 2.
4 Cf. Code de droit canonique, c. 331.
5 Cf. Code de droit canonique, c. 223 § 2 ; 838 § 1 et § 4.
6 Cf. BENOÎT XVI, Lettre aux Évêques qui accompagne la Lettre
apostolique « motu proprio data » Summorum Pontificum sur l’usage de
la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 : AAS 99 (2007),
p. 799 ; La Documentation catholique 104 (2007), p. 707.
7 Cf. Code de droit canonique, c. 900 § 2.
8 Cf. Code de droit canonique, c. 249 ; CONC. OECUM. VAT. II, Const.
Sacrosanctum Concilium, n. 36 ; Décr. Optatam totius, n. 13.
9 Cf. BENOÎT XVI, Lettre aux Évêques qui accompagne la Lettre
apostolique « motu proprio data » Summorum Pontificum sur l’usage de
la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970 : AAS 99 (2007),
p. 797 ; La Documentation catholique 104, p. 706
( merci à Tradinews )

( 595130 )
Merci à Benoit XVI par Polydamas (2011-05-13 12:29:35)
[en réponse à 595128]
Pour cette instruction qui va peut-être permettre de continuer à débloquer les choses...

( 595184 )
Bien d'accord avec vous. par Steve (2011-05-13 15:19:14)
[en réponse à 595130]
Entre les tenants du NOM et du VOM, où était le noeud ?
Il se cachait dans la prétention des premiers à écarter absolument les seconds, sous le prétexte d'appliquer les "ouvertures" de Vatican II. Pour ce faire, par exemple, on a choisi parfois le procédé radical d'ordonner des prêtres occidentaux (!) ignorant le Latin.
Désormais, implicitement mais clairement, cette prétention déplacée est déclarée non conforme au dit Concile. (Art. 3 à 8, si j'ai bien lu.)
Pour le reste...
Faut-il s'escrimer à convaincre ceux (des deux bords) qui se réjouissent de reprendre leur "microtéttrasécateur capillaire longitudinal" et pérenniser les chicanes ?
Je ne crois pas : mieux vaut attendre qu'ils comprennent par eux-mêmes.

( 595132 )
Et sa note de synthèse par CMdelaRocca (2011-05-13 12:31:18)
[en réponse à 595128]
TRADUZIONE IN LINGUA FRANCESE
L’Instruction sur l’application du Motu proprio "Summorum Pontificum" (du 7 juillet 2007, entré en vigueur le 14 septembre 2007) a été approuvée par le Pape Benoît XVI le 8 avril dernier et est datée du 30 avril, mémoire liturgique de Saint Pie V, Pape.
L’Instruction, reprenant les premiers mots du texte latin, s'intitule "Universae Ecclesiae" et émane de la Commission Pontificale "Ecclesia Dei", à qui le Pape avait confié – entre autre – la tâche de veiller sur le respect et l'application du Motu proprio. C'est pourquoi, elle porte la signature de son Président, le Card. William Levada, et de son Secrétaire, Mgr. Guido Pozzo.
Le document a été envoyé à tous les évêques la semaine dernière. Nous rappelons que "les instructions... explicitent les dispositions des lois, expliquent et fixent leurs modalités d’application" (CIC, can. 34). Comme il est dit au n.12, l’Instruction est promulguée "en vue de garantir la correcte interprétation et la juste application" du Motu proprio "Summorum Pontificum".
Il était naturel qu'après la loi contenue dans le Motu Proprio, suive l’Instruction sur son application. Le fait que cela advienne aujourd'hui, plus de trois ans après, s'explique facilement si l'on se souvient que dans la Lettre du Pape accompagnant le Motu Proprio, il disait explicitement aux évêques: "Je vous invite à écrire au Saint-Siège, trois ans après l'entrée en vigueur de ce Motu Proprio. Si de sérieuses difficultés apparaissent vraiment, des voies seront recherchées pour trouver une solution". L’Instruction porte donc aussi en soi le fruit de la vérification triennale de l’application de la loi, qui avait été prévue depuis le début.
Le document est présenté dans un langage simple et de lecture facile. Son Introduction (nn.1-8) rappelle brièvement l'histoire du Missel Romain jusqu'à la dernière édition de Jean XXIII, en 1962, et au nouveau Missel approuvé par Paul VI en 1970, suite à la réforme liturgique du Concile Vatican II, et confirme le principe fondamental selon lequel il s'agit de "deux formes de la Liturgie Romaine, définies respectivement ordinaria et extraordinaria : il s'agit de deux usages du seul Rite romain, qui se placent l'un à côté de l'autre. L’une et l’autre forme sont l'expression de la même lex orandi de l'Eglise. Par son usage vénérable et ancien, la forma extraordinaria doit être conservée avec l'honneur qui lui est dû" (n. 6).
La finalité du Motu proprio est aussi confirmée, s'articulant sur les trois points suivants: a) offrir à tous les fidèles la Liturgie Romaine dans son usage le plus ancien, considérée comme un précieux trésor à conserver; b) garantir et assurer réellement, à ceux qui le demandent, l’usage de la forma extraordinaria; c) favoriser la réconciliation au sein de l'Eglise (cf n. 8).
Une Section du document (nn. 9-11) rappelle brièvement les devoirs et les pouvoirs de la Commission "Ecclesia Dei", à qui le Pape "a conféré le pouvoir ordinaire vicarial" en la matière. Cela implique, entre autre, deux conséquences très importantes. D'abord, celle-ci peut décider des recours qui lui sont présentés contre d'éventuelles mesures d'évêques ou d'autres ordinaires, qui semblent contraires aux dispositions du Motu proprio (avec toujours la possibilité de faire ensuite un recours contre les décisions de la Commission près le Tribunal suprême de la Signature Apostolique). En outre, il revient à la Commission, avec l’approbation de la Congrégation pour le Culte Divin, de s'occuper d'une éventuelle édition des textes liturgiques pour la forma extraordinaria du Rite romain (dans la suite du document on espère, par exemple, l’insertion de nouveaux saints et de nouvelles préfaces).
La partie proprement normative du document (nn. 12-35) contient 23 brefs points sur les différents thèmes.
La compétence des Evêques diocésains est confirmée pour la réalisation du Motu proprio, rappelant qu'en cas de controverses sur la célébration dans la forma extraordinaria, c'est la Commission "Ecclesia Dei" qui tranchera.
Clarification est apportée quant au concept de coetus fidelium (c'est-à-dire "groupe de fidèles") stabiliter existens ("stable") qui désirent de pouvoir assister à la célébration dans sa forma extraordinaria. Laissant toutefois à la sage évaluation des pasteurs le nombre de personnes nécessaires pour le constituer, il est précisé que celui-ci ne doit pas être nécessairement constitué de personnes appartenant à une seule paroisse, mais peut être composé de personnes provenant de différentes paroisses voire de différents diocèses. L’Instruction, tenant toujours compte du respect des exigences pastorales plus larges, propose un esprit d'"accueil généreux" envers les groupes de fidèles qui demandent la forma extraordinaria ou des prêtres qui demandent de célébrer occasionnellement dans cette forme avec quelques fidèles.
Une précision très importante est apportée (n. 19) selon laquelle les fidèles qui demandent la célébration dans sa forma extraordinaria "ne doivent en aucune façon soutenir ou appartenir à des groupes qui se disent contraires à la validité ou légitimité de la forma ordinaria" et/ou à l’autorité du Pape comme Pasteur Suprême de l'Eglise universelle. Cela irait, en effet, en contradiction manifeste avec la finalité de "réconciliation" du Motu proprio lui-même.
D'importantes indications sont aussi données sur le "prêtre idoine" à célébrer dans la forma extraordinaria. Naturellement celui-ci ne doit pas avoir d'empêchement d'un point de vue canonique, suffisamment bien connaître le latin et le rite à célébrer. C'est pourquoi les évêques sont encouragés à permettre, dans les séminaires, une formation adéquate à cette fin, et il est possible de recourir, en cas de manque de prêtres idoines, à la collaboration des prêtres des Instituts érigés par la Commission "Ecclesia Dei" (qui utilisent normalement la forma extraordinaria).
L’Instruction confirme que tout prêtre séculier ou religieux a l'autorisation de célébrer la Messe "sans peuple" dans la forma extraordinaria s'il le souhaite. Ainsi, s'il ne s'agit pas de célébration avec le peuple, les religieux individuels n'ont pas besoin de l'autorisation de leurs supérieurs.
Suivent – toujours en ce qui concerne la forma extraordinaria – des normes relatives aux règles liturgiques et à l’usage des livres liturgiques (comme le Rituel, le Pontifical, le Cérémonial des évêques), à la possibilité d'utiliser la langue locale pour les lectures (en complément de la langue latine, ou aussi comme alternative dans les "Messes lues"), à la possibilité pour les clercs d'utiliser le Bréviaire d'avant la réforme liturgique, à la possibilité de célébrer le Triduum Sacré dans la Semaine Sainte pour les groupes de fidèles demandant l'ancien rite. En ce qui concerne les ordinations sacrées, l’usage des livres liturgiques plus anciens est permis seulement dans les Instituts qui dépendent de la Commission "Ecclesia Dei".
Ce texte, une fois lu, donne l'impression d'un grand équilibre, qui entend favoriser – selon l’intention du Pape – l'usage serein de la liturgie précédant la réforme de la part de prêtres et de fidèles qui en ressentent le sincère désir pour leur bien spirituel; et qui entend garantir la légitimité et l’effectivité d'un tel usage dans la mesure du possible. En même temps, le texte est animé par la confiance en la sagesse pastorale des évêques, et insiste fortement sur l'esprit de communion ecclésiale qui doit être présent chez tous – fidèles, prêtres, évêques – afin que la finalité de réconciliation, ainsi présente dans la décision du Saint-Père, ne soit pas empêchée ou freinée, mais favorisée et atteinte.
[00713-03.02] [Texte original: Italien]

( 595133 )
Nihil novi sub sole par Etienne (2011-05-13 12:34:47)
[en réponse à 595128]
Juste un bon remontage de bretelles pour les évêques récalcitrants, mais pas de changement. Je dirais même que le floue est maintenu sur un certain nombre de points concrets:
- Combien de fidèles faut-il pour constituer un groupe stable?
- Quels sont les recours possibles? Selon quelle procédure?
- Quel est le vrai pouvoir de la commission ED? Peut-elle faire plier les évêques?
- On nous parle de nouveaux saints / nouveaux textes dans le missel, en nous disant qu'ils seront indiqués "plus tard"...???
Une mesure semble élargir Summorum Pontificum (ou interpréter plus généreusement, disons): la faculté accordée aux religieux de célébrer leurs messes privées selon le missel de 1962 sans l'accord de leur supérieur.
Il est par ailleurs clairement précisé que les prêtres FSSPX sont out of scope , et que l'on ne peut en aucun cas faire appel à eux.

( 595136 )
Deo Gratias... par Fabien (2011-05-13 12:38:53)
[en réponse à 595133]
merci Très Saint-Père
Fabien

( 595137 )
Euuuh... par Justin Petipeu (2011-05-13 12:41:22)
[en réponse à 595133]
Moi j'ai l'impression que la commission Ecclesia Dei a tous les pouvoirs, dans l'affaire.
D'autre part, les groupe stable peut se constituer sur plusieurs paroisses, ce qui est un grand progrès, à mon humble avis.

( 595139 )
Certes par Etienne (2011-05-13 12:50:54)
[en réponse à 595137]
Concernant les pouvoirs de la commission, c'est aussi l'impression que j'ai. Mais concrètement, le document n'explique pas quelles sont les procédures, ni quand et comment elle jugera; on parle de marcher sur les pieds des évêques, ce qui n'est pas rien, sans en préciser les modalités. M'est avis que lesdits évêques ne vont pas se laisser faire, et iront jusqu'à contester le pouvoir de la commission. Je trouve juste que la rédaction est un peu... légère.
Concernant le groupe stable, c'est effectivement un progrès. J'ai eu des sueurs froides quand j'ai commencé à lire. Le fait que les fidèles puissent même venir d'un autre diocèse est effectivement un réel progrès qui renvoie l'évêque Nourrichard derrière ses 22.
Mais bon, Merci Très Saint Père!

( 595138 )
En même temps par Polydamas (2011-05-13 12:46:00)
[en réponse à 595133]
le pape peut difficilement affirmer que les évêques doivent répondre à toutes les demandes qui leur sont faites. Le pape affirme sa primauté, il ne peut pas non plus contester que les évêques sont les patrons chez eux.
En revanche, ce que je trouve intéressant, c'est qu'il n'y a plus besoin de réunir des gens d'une paroisse donnée pour faire une demande, il suffit qu'ils soient dans la zone pour être légitime.
Sur le groupe stable, il vaut mieux, pour tout le monde, rester dans le flou, parce que c'est quelque chose qui peut jouer à double sens.
Sur les nouveaux saints, je ne vois pas trop où est le problème, il ne me semble pas illégitime de les introduire dans l'ancien missel.

( 595142 )
Sur le groupe stable, le flou est meilleur conseiller par Athanase (2011-05-13 12:59:31)
[en réponse à 595138]
La première impression m'a conduit à me demander si on ne restait pas dans un silence préjudiciable. Nous voilà repartis comme depuis des années pour des discusssions sans fin sur la portée de tel dispositif...
Mais finalement, il vaut mieux ne pas préciser cette notion. Si, par exemple, on avait quantifié (en donnant un chiffre minimal, donc précis), le nombre de fidèles, des demandeurs auraient été mis en échec au motif qu'ils sont minoritaires... Comme le droit recourt à des fictions (les personnes morales), il n'est pas illégitime que certains textes ecclésiaux soient ambigus, non sur des choses essentielles, mais sur des questions qui se rapportent à la gestion. La notion de "groupe stable" a été introduite pour tenir compte des réticences des évêques, de certaines difficultés.

( 595143 )
Je ne dis pas que le texte est mauvais... par Etienne (2011-05-13 12:59:55)
[en réponse à 595138]
...je le trouve juste assez flou sur un certain nombre de points. Ce qui peut effectivement être une bonne chose, notamment pour le nombre de fidèles.
L'ajout de nouveaux saints ne me pose pas de problème en soi. Je trouve même la nouvelle plutôt bonne, à un détail prêt : la FSSPX ne suivra pas, ce qui entrainera un petit éloignement en plus. Je trouve seulement que cette annonce :
- est en soi une petite bombe
- précise que la commission ED se déclare compétente en la matière, ce qui me surprend. Je pensais que la Congrégation pour le culte divin était compétente, et non celle du clergé.
- reste très floue par rapport à son importance.

( 595146 )
D'un autre côté, par Justin Petipeu (2011-05-13 13:04:54)
[en réponse à 595143]
une fois qu'on a dit que la messe était libérée pour tous les prêtres et qu'il faut répondre favorablement aux demandes des fidèles...que faire de plus ? Virer les centaines d'évêques récalcitrants ? Quand on n'a même pas le pouvoir d'en nommer des potables, ça ne sert à rien.

( 595147 )
pas loin du statu quo et un recul même sur un point sensible par Luc Perrin (2011-05-13 13:05:15)
[en réponse à 595133]
Très peu d'avancées : le flou, en effet, persiste quant aux recours à la PCED même si on insiste un peu plus sur eux. Une des restrictions sur les groupes stables est levée (origine géographique) mais rien sur le nombre. La levée pour les religieux du veto du supérieur, plus théorique que pratique comme chacun sait ; idem pour les diocésains avec l'art. 23 qui ne fait que confirmer leur droit et réprouver un empiètement des évêques en certains diocèses. La chicane sur la connaissance d'agrégé de lettres classiques du latin est levée également (art. 20) : quelques diocèses anti-tradis fanatiques aux USA avaient usé de ce prétexte.
La grande avancée annoncée, l'enseignement dans les séminaires (art. 21), est annulée par la formule mise en incise : "si les exigences pastorales le suggèrent". Il est facile de deviner qu'en France et de multiples pays sans doute les "exigences pastorales" ne suggéreront rien ...
Et le recul annoncé est bien là : l'ordination des prêtres diocésains est bien exclue par l'article 31
"Seuls les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie
apostolique qui dépendent de la Commission pontificale Ecclesia Dei
ainsi que ceux dans lesquels se maintient l’usage des livres
liturgiques de la forme extraordinaire peuvent utiliser le Pontifical
romain en vigueur en 1962 pour conférer les ordres mineurs et majeurs."
Les ordinations effectuées par Mgr Rey seront donc sans suite, ce qui est très dommageable quant au principe. L'ordination de prêtres diocésains pour la Forme extraordinaire est ainsi découragée.
Le paradoxe est grand d'ailleurs puisqu'on pourra continuer, heureusement, à ordonner des évêques selon la forme de 1962.
En gros le statu quo va continuer à moins que la PCED se mette vraiment à "juger" (art. 13).
On apprend incidemment qu'une "grande enquête" a été réalisée au préalable auprès des évêques dans le monde. Le long délai et le peu de progrès du texte final y trouvent sans doute leur explication ...

( 595148 )
le § 31 pose bien des problèmes: quel attitude pour un évêque qui ordonnerait un diocésain... par Athanase (2011-05-13 13:10:30)
[en réponse à 595147]
... selon l'ancien rite ? Créera-t-il ad hoc un institut de droit diocésain bidon pour ordonner ce prêtre ? Sur ce point, il y a bien un recul de la part de l'instruction.
Les évêques seront-ils dissuadés d'ordonner selon l'ancien rite ou passeront-ils outre ? Le monde moderne a réussi à piéger l'Eglise en l'enfermant dans les maquis procéduraux interminables...

( 595155 )
une solution en effet par Luc Perrin (2011-05-13 13:23:38)
[en réponse à 595148]
mais cet institut devra être parmi ceux qui "maintiennent" l'usage (encore une ambiguïté) ou être approuvé par la PCED donc verrou. D'une certaine façon à Toulon, Mgr Rey a anticipé avec la Société de la Miséricorde.
Il y aura des voies de contournement mais c'est le symbole qui est important. Les Ordinaires s'appuieront sur cet article pervers pour refuser des ministères à des jeunes diocésains évidemment.
En l'état, on voit bien que le texte a été âprement négocié qu'il est ambivalent, les anti-tradis et les pros y ont chacun leurs miettes.
On est loin du texte annoncé en 2008 qui devait aplanir le chemin pour l'application de S.P. La reprise d'influence des anti-tradis se confirme à mon sens, même si elle a été freinée in extremis, la pétition internationale et l'alarme des défenseurs de la liturgie traditionnelle début 2011 n'y sont sûrement pas étrangères.

( 595166 )
Tirons par les cheveux par Vincent F (2011-05-13 14:15:18)
[en réponse à 595155]
Pour trouver un contournement.
La restriction du n31 s'applique à la collation des ordres mineurs et majeurs. Mais si l'évêque l'utilise le Pontifical romain de 1962 que pour les ordres majeurs ?

( 595212 )
je ne saisis pas par Luc Perrin (2011-05-13 18:52:08)
[en réponse à 595166]
le sens de votre remarque. Le texte est clair : la collation est réservée aux candidats des sociétés de prêtres.
Il exclut les diocésains.
Le "et" exclut ordres mineurs "et" majeurs. C'est très injuste et j'ajoute contraire à l'esprit du Motu proprio lui-même que cette Instruction était supposée servir.
On voit nettement dans cette disposition un coup de pied de l'âne destiné à tous les évêques qui seraient par trop généreux et bien disposés à l'égard des séminaristes de sensibilité traditionnelle.
Libre à vous de ne pas savoir lire ... cela semble récurrent chez vous.

( 595445 )
En logique formelle par Vincent F (2011-05-15 14:40:53)
[en réponse à 595212]
On peut interpréter seuls les instituts ED peuvent utiliser le pontifical de 1962 à la fois pour les ordres mineurs et majeurs. Autrement écrit, si Mgr X utilise le pontifical de 1962 uniquement pour les ordres majeurs on ne peut pas dire qu'il l'utilise pour les ordres mineurs et majeurs et il n'est pas dans l'illégalité.
Je vous accorde qu'il faut une certaine dose de mauvaise foi, mais vous m'accorderez que je l'avais dit dans mon précédent message. Donc pour ce si est de ne pas savoir lire, vous n'avez pas de leçon à me donner

( 595200 )
en perspective, des années de litiges jusqu'en cassation chez le card. BURKE par Presbu (2011-05-13 17:41:14)
[en réponse à 595147]
En n'imposant rien de précis aux évêques récalcitrants (ou simplement indifférents, les plus nombreux, ne les jugeons pas si hostiles que cela, mais seulement surchargés d'autres soucis) comme une célébration hebdomadaire à leur cathédrale ou dans une autre église centralement située de leur diocèse, sans parler des grandes fêtes, "Universae Ecclesiae" leur laisse tout le temps de faire la sourde oreille:
___ Six mois pour une "décision implicite de rejet" suite à non-réponse, un an et demi pour un procès en bonne forme par le "groupe stable" devant une PCED surencombrée, un an pour l'appel automatique au Tribunal de la Signature Apostolique par l'évêque moderno désavoué, et encore un an ou deux pour que se constitue et se publie une jurisprudence complète dûment commentée - à supposer que les jugements romains soient suivis d'effet...
---> Les uns et les autres auront le temps de voir arriver le consistoire qui élira le successeur de SS Benoît XVI, lequel remettra tout à plat pour seulement quelques années, et pas forcément dans le bon sens, croyez-moi. C'est seulement avec le successeur de ce futur Pape, vers 2130, que le paysage s'éclaicira. !
=== Hélas, entretemps, nous aurons assisté à l'inévitable scission moralement sanglante d'une partie de la FSSPX avec l'autre partie: d'un côté les "autonomistes durs" (qui continueront à à professer qu'ils ne sont pas schismatiques") et de l'autre les "autonomistes indultés par simple tolérance miséricordieuse", bien mieux traités que les actuels IED, ce qui ne veut pas dir plus nombreux!
---> Tout cela par la faute d'avoir mégoté avec des fidèles de bonne foi, auxquels on aura tout fait pour les priver de leurs simples demandes de liturgie et de pédagogie courantes. (grosse erreur de formulation dans "Summorum Pontificum d'avoir parlé de "forme extraordinaire" au lieu d'un simple "forme plus antique". Demander une liturgie extraordinaire fera toujours désordre pour un clergé qui pense avoir droit à se simplifier le travail ordinaire.

( 595259 )
Je ne comprends pas la scission par Meneau (2011-05-13 22:24:42)
[en réponse à 595200]
Pourquoi y aurait-il scission à la FSSPX, sachant qu'elle est explicitement exclue du périmètre du Motu Proprio par cette nouvelle instruction, et que donc il ne peut y avoir d'"autonomistes indultés" ?
Cordialement
Meneau

( 595366 )
d'ici 2030, petite ou grande, la scission de la FSSPX aura lieu par Presbu (2011-05-14 18:36:02)
[en réponse à 595259]
Cher ami, c'est sans plaisir que je vous projette mes tristes certitudes sur l'avenir: mettons que cette scission n'éclate pas au grand jour avant 2040 et non pas 2030, si vous êtes plus optimiste, mais elle aura lieu: c'est comme pour les dévaluations monétaires et les séismes: on sait bien dans quel sens ils auront lieu, mais pas exactement avec quelle force, et surtout pas à quelle date.
__ Mais au plus tard quand deux évêques de la FSSPX sur les quatre actuels seront décédés ou totalement invalides, il faudra que les deux restants prennent la décision d'ordonner leurs remplaçants (nous ignorons tous le jour et l'heure)... Les discussions doctrinales se seront prolongées , puis prorogées d'année en année aux calendes grecques, toujours "courtoises et franches" bien sû, comme celles entre anglicans traditionnalistes résiduels et la Communion Anglicane.
__À un moment, au plus tard à l'échéance inévitable de ces deux décès épiscopaux, une fraction de la FSSPX se retrouvera en communion complête avec Rome, dans des termes doctrinaux simplifiés honorables, et une fraction "autonomiste dure et remontrante" se pensera obligée de ne pas suivre ces accords imparfaits:
__Comme lyonnais, je vous signale le précédent de notre "Petite Église" dans les années 1880: quatre-vingts ans après la destitution (le couteau de l'Usurpateur sur la gorge) par Pie VII des évêques 'réfractaires' légitimes, les responsables "dissidents" (l'industriel BERLIET en tête) se sont engagés officiellement dans une réconciliation négociée avec le cardinal-archevêque, mais ils ont été désavoués par une 'bronca' des fidèles de base, satisfaits d'avoir eu raison et de poursuivre leur vie pieuse et austère, sans que le clergé concordataire s'en mêle.
__À plus forte raison, il se trouvera des prêtres et au moins un évêque de la FSSPX, illégalement consacré peut-être, qui se sépareront des "conciliants" pour continuer une Fraternité Sacerdotale des "Purs".
__ Je vous le dis sans plaisir, mais l'Ennemi comme l'Esprit-Saint travaillent tous les deux...

( 595149 )
Ah bon, ils veulent bien revenir ? par Maïe (2011-05-13 13:11:24)
[en réponse à 595133]
-+IHS+-
Il est par ailleurs clairement précisé que les prêtres FSSPX sont out of scope , et que l'on ne peut en aucun cas faire appel à eux.
Sans doute que je n'ai pas tout compris, ayant lu un peu vite, mais c'est SANSAS ! C'est absolument magnifique ! Quand on pense à ce qu'il lui faut supporter, à ce pauvre Benoît XVI.
Bien entendu, Notre Seigneur l'a assez dit : "engeance de vipères"... Nous devrions l'aider, ce fabuleux petit homme tout blanc, plutôt que de le dénigrer et de lui chercher des poux dans la toison.
Merci très Saint Père !
Dieu vous garde et nous conserve un si précieux pontife !

( 595140 )
Si on lit le § 31, ordinations selon l'ancien rite impossibles hors instituts par Athanase (2011-05-13 12:53:27)
[en réponse à 595128]
31. Seuls les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie
apostolique qui dépendent de la Commission pontificale Ecclesia Dei
ainsi que ceux dans lesquels se maintient l’usage des livres
liturgiques de la forme extraordinaire peuvent utiliser le Pontifical
romain en vigueur en 1962 pour conférer les ordres mineurs et majeurs.
Cela signifie donc que les évêques ne pourront plus ordonner de pretres diocésains selon l'ancien rite ? De telles ordinations ne pourront être effectuées que dans les instituts Ecclesia Dei ?

( 595150 )
exact c'est le grand recul obtenu par Luc Perrin (2011-05-13 13:11:36)
[en réponse à 595140]
par les ennemis farouches de la liturgie traditionnelle qui ont bien manoeuvré au total. Je l'avais souligné dès les rumeurs il y a quelques mois.
Les avancées sont minces et facilement contournables (séminaires). Le recul lui est réel et pèsera bien sûr pour maintenir l'usage de la messe traditionnelle dans le "ghetto" des instituts spécialisés. Indirectement, la perspective du pré-séminaire lyonnais et de "Totus tuus" se trouve mise en danger.
Qui a obtenu ainsi le désaveu du plus ratzingérien des évêques français, Mgr Rey, le seul évêque au monde à avoir pratiqué ces ordinations ?
Je m'interroge gravement ... vraiment il est difficile de trouver une réponse à cette question.

( 595152 )
Les adversaires du MP ont obtenu des concessions sur des questions connexes par Athanase (2011-05-13 13:17:13)
[en réponse à 595150]
mêmes si elles sont importantes. Disons qu'il n'y a pas de recul sur la liberté de célébrer selon l'ancien rite, mais sur des questions connexes l'autorité suprême a transigé. Plutôt que de contester de front, les adversaires du MP ont préféré neutraliser ce qui permettait le déploiement du rite.

( 595156 )
En revanche, le texte pérennise davantage le missel de 1962 et les conditions avant 1964 par Athanase (2011-05-13 13:27:33)
[en réponse à 595150]
Il y a peu de références à la possibilité de mixer les deux formes, si ce n'est pour l'introduction des nouveaux saints dans la forme extraordinaire. Mais des instituts ED le font déjà. En revanche, rien n'est dit sur la possibilité d'utiliser le nouveau calendrier, etc. Le texte gel les conditions de célébration du missel de 1962 en excluant tous les textes qui ont été introduits après cette année. Donc pas de messe face au peuple, pas de limitations des prières au bas de l'autel, pas de servantes d'autel, etc. Sur ce point, le texte est conservateur.
Pour être un peu osé, je dirais même qu'il ne semble pas aller dans une réforme de la réforme, si on entend par elle la possibilité de réviser concomitament les deux formes. Le missel de 19621 est "gelé", tant dans le texte que dans ses conditions.

( 595159 )
et l'article 11 ? par Luc Perrin (2011-05-13 13:37:42)
[en réponse à 595156]
Outre l'introduction des nouveaux saints qui n'est pas un problème c'est certain, il est donné un pouvoir imprécis à la PCED en la matière.
Doit-il se comprendre uniquement avec l'article 25 (nouveaux saints et "nouvelles préfaces") ? Ou a-t-il une portée plus large, faisant de la PCED une sorte d'annexe de la Congrégation du culte divin pour la Forme extraordinaire ?
Va-t-on vers un "missel de Benoît XVI" en Forme extraordinaire ?
L'imprécision du texte laisse ouverte l'évolution.

( 595169 )
question par Alcindor (2011-05-13 14:18:18)
[en réponse à 595150]
Je suis un peu néophyte dans les arcanes de ce sujet qui a produit une littérature abondante... mais je pose naïvement ma question quand même (occasion de m'éclairer) : étant donné que les séminaristes seront formés à la forme extraordinaire du rit romain (et de manière j'imagine plus prononcée s'ils le veulent au séminaire), je ne vois pas pourquoi il serait déplorable que l'on n'ordonne pas spécifiquement un prêtre selon la forme extraordinaire. Ceux qui aiment ce rit auront été formé, non ? Cela évite des ghettoïsations dans un sens ou dans l'autre. Le texte se méfie de ceux qui se jettent sur la forme extraordinaire parce qu'ils mettent en doute la forme ordinaire, ce que Benoit XVI veut éviter. Ordonner un prêtre "pour" une forme spécifique unique recèle ce danger. Je ne pense pas que Mgr Rey se soit pris une claque car il n'était évidemment pas dans cette optique. Merci de m'éclairer.

( 595221 )
réponse d'un vétéran par Luc Perrin (2011-05-13 19:35:13)
[en réponse à 595169]
1) rien ne dit qu'il y aura une formation généralisée : l'article laise libre en fait les Ordinaires de le décider ou non à leur gré.
Nous verrons bien combien de séminaires français se lancent là dedans : pour l'instant le compteur est à zéro. Cela a déjà été fait aux USA localement en revanche. Donc rdv à l'automne pour voir ...
2) "Ordonner un prêtre "pour" une forme spécifique unique recèle ce danger" (Alcindor).
Il faut en effet être "néophyte" pour recycler ici cet "argument" éculé et vite balayé. Savez-vous que dans l'Église romaine il y a des milliers de prêtres "ordonnés pour un rit spécifique unique" ? prêtres des rits orientaux, de rit ambrosien etc.
Tous les prêtres des instituts sont dans ce cas et donc depuis 1988 au moins ... quel "danger" ? Le néo-modernisme est le seul danger qui menace l'Église en profondeur et il est numériquement bien plus présent.
Tremblez plutôt à cause de ce venin et non pour un "danger" imaginaire.
3) Mgr Rey a bel et bien ordonné en Forme extraordinaire au moins un prêtre diocésain (que je connais) pour un ministère dans cette forme rituelle. Je trouve pour ma part que c'est très salutaire et cela ne retire rien aux instituts et le diocèse de Toulon-Fréjus s'en porte très bien. C'est le seul diocèse au monde dans ce cas. Pas de fantasmagorique "danger" à ce propos.

( 595203 )
Cher Luc: le plan optimiste? par Sam Gamegie (2011-05-13 17:53:46)
[en réponse à 595150]
Renforcement et croissances des instituts?

( 595215 )
bien sûr mais par Luc Perrin (2011-05-13 19:16:47)
[en réponse à 595203]
évidemment le renforcement et la croissance des instituts, leur diversification même est excellente. Qui a une inquiétude à ce sujet ?
Mais justement le Motu proprio s'adresse à tous les prêtres de rit latin, pas aux seuls prêtres des instituts et c'est bien pour cela que ce n°31 fait tache, comme je l'avais dit d'ailleurs dès que la rumeur en avait été diffusée, rumeurs qui se révèlent exactes au passage.
Sauf sur l'enseignement obligatoire dans les séminaires qui était beaucoup commenté : il est bien là mais une très grosse échappatoire est en même temps offerte.
La Croix publie ce jour un article dont la dernière colonne est une attaque en règle, particulièrement venimeuse, contre les prêtres diocésains qui ont la folie d'apprendre à célébrer la messe traditionnelle. Ça n'a pas tardé !

( 595162 )
La solution existe déja... par Hélion (2011-05-13 13:53:32)
[en réponse à 595140]
Monseigneur Rey à en effet fondé la Société des missionnaires de la miséricorde divine dont les prêtres et les séminaristes célèbrent ou apprennent le rite extraordinaire.
L'Eveque de Toulon pourra donc sans problèmes ordonner dans l'ancien rite tous les séminaristes concernés et qui seront par la même rattachés à la société ci dessus indiquée.
A charge pour les évèques d'autres régions d'appliquer le même système.
UDP
Hélion

( 595151 )
triste pour mgr Rey par Mandrier (2011-05-13 13:12:46)
[en réponse à 595128]
Il est triste de voir qu'un des seuls évêques à peu près en phase avec le Pape, Mgr Rey, se prenne une véritable claque de la part de celui dans les pas de qui il marche.
Comme quoi mieux vaut suivre la ligne majoritaire vingt troisième...

( 595153 )
en plen accord avec ces derniers commentaires par megnace (2011-05-13 13:18:22)
[en réponse à 595151]
et restant plutôt optimiste, je reste sur ma faim en ce qui concerne un point non abordé :
L'envoi aux évêques a bien du être accompagné d'une lettre circonstanciée, contenant des commentaires, des précisions, quelque glose.
Quelqu'un peut-il en trouver le texte ? Ou bien suis-je insensé de croire que son contenu n'a pas d'intérêt ?

( 595183 )
Au même moment, ordination diaconale le 11 mai... par Escartefigue (2011-05-13 15:18:51)
[en réponse à 595151]
... en la cathédrale de Toulon... dans la forme extraordinaire du rite romain, comme on dit.
C'est un geste fort, non ?

( 595209 )
Ordination d'un diocésain, à Toulon? par Eucher (2011-05-13 18:31:05)
[en réponse à 595183]
Là est la question.(*)
-Eucher.
(*) That is the question.

( 595154 )
Déception par Bénigne (2011-05-13 13:22:44)
[en réponse à 595128]
Quelle déception, au fond. Comme déjà dit par d'autres, rien de précis pour les fidèles vivant dans des diocèses où l'ordinnaire et ses prêtres n'ont pas de pitié pour eux.
Il est tragique de comparer les articles 20a et 22: d'un côté, on apprend que "tout prêtre qui n’est pas empêché par le droit canonique7, doit être considéré comme idoine à la célébration de la Sainte Messe dans la forme extraordinaire", de l'autre on envisage la possitibilité de diocèses "sans prêtre idoine". C'est sans doute involontaire mais reflete le fait de diocèses complètement perdus pour la foi et l'unité ecclesiale en ce contexte, comme les diocèses japonais où les fidèles sont simplement riés au nez quand la messe traditionelle est demandée.
Heureusement que la FSSPX est toujours là. Le fait la FSSPX ne nie pas la validité et la legitimité de la messe moderne (termes juridiques qui ne demandent pas plus) fait aussi que l'on peut continuer à soutenir la fraternité sans se séparer de coetus là où les évêques prennent pitié des fidèles. Car c'est de cela que l'on continue à parler, rien de changé au fond depuis la "Générosité" dont parla le mp ecclesia dei.
Bénigne

( 595160 )
Achtung sur le 20 et 22 par Etienne (2011-05-13 13:41:00)
[en réponse à 595154]
Si j'en crois l'esprit du texte, on peut comprendre en filigrane que:
1) Les évêques ne pourront plus prendre pour prétexte la non disponibilité se leurs prêtres (ou le fait qu'ils ne soient pas idoines sous prétexte qu'ils n'ont pas bac+12 en lettres classiques)
2) A l'extrême, que les évêques pourraient se voir imposer par la commission ED l'accueil d'Instituts dépendant de ladite commission si effectivement il n'y a pas de prêtres disponibles.
Mais, comme je le mentionnait plus haut, le texte restant flou sur les recours et les pouvoir réels d'Ecclesia Dei, on ne peut en être sûr.

( 595163 )
L'art. 16 me semble très intéressant par Leopardi (2011-05-13 13:57:30)
[en réponse à 595128]
16. Si un prêtre se présente occasionnellement avec quelques personnes dans une église paroissiale ou un oratoire en souhaitant célébrer dans la forme extraordinaire, comme le prévoient les articles 2 et 4 du Motu Proprio Summorum Pontificum, le curé, le recteur ou le prêtre responsable de l’église acceptera cette célébration, tout en tenant compte des exigences liées aux horaires des célébrations liturgiques de l’église elle-même.
Est-ce à dire que si je demande à mon curé la permission de faire venir un prêtre pour célébrer une messe particulière dans ma paroisse NOM (genre messe de première communion), il sera tenu d'accepter (avec les formes de courtoisie requises, certes)?.
Je trouve cela une avancée majeure (on m'a déjà refusé une telle demande par le passé sous prétexte de ne pas heurter l'unité des paroissiens..)

( 595214 )
logiquement oui mais par Luc Perrin (2011-05-13 19:07:26)
[en réponse à 595163]
il s'agit de messes privées sans publicité ni régularité.
Il me semble aussi que là, c'est le prêtre qui a l'initiative et non le groupe de "quelques personnes". L'objet est visiblement de permettre aux prêtres de célébrer où ils le peuvent et le veulent sans en être empêché mais pour une circonstance exceptionnelle privée : un prêtre en déplacement est semble-t-il ce qui est visé en 1er.

( 595164 )
§19 et fidélité au combat de la foi par FrédéricW (2011-05-13 14:04:10)
[en réponse à 595128]
Il me semble qu'un paragraphe est soigneusement évité dans les analyses, c'est le §19 :
19. Les fidèles qui demandent la célébration de la forme extraordinaire ne doivent jamais venir en aide ou appartenir à des groupes qui nient la validité ou la légitimité de la Sainte Messe ou des sacrements célébrés selon la forme ordinaire, ou qui s’opposent au Pontife romain comme Pasteur suprême de l’Église universelle. Le sacerdos idoneus (cf. Motu Proprio Summorum Pontificum, art. 5 § 4)
Souscrire à ce motu proprio ce serait donc abandonner le combat de la foi en admettant la légitimité d'une messe qui
«s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe» (Bref examen critique du nouvel Ordo missae)
Voila ce que disait Mgr Lefebvre à ce sujet :
« nous refusons de dire qu'elle [la nouvelle messe] est légitime » (Communicantes, août 1985).
On peut sans doute se réjouir que des prêtres et fidèles qui n'ont pas compris le combat de la foi puisse au moins jouir d'une messe pleinement catholique, mais pour les autres, c'est un piège!

( 595165 )
Le combat de la Foi va très bien, merci par Etienne (2011-05-13 14:14:15)
[en réponse à 595164]
Et j'ai très bien compris le combat de la Foi, merci également.
Je n'ai en revanche aucun problème pour affirmer que la messe de Saint Pie V est légitime, quoi que déficiente (cf. abbé de Tanouarn sur le FC), de même qu'un enfant trisomique peut être un enfant légitime.
J'ai en revanche de plus en plus de doutes sur la compréhension du conbat de la Foi chez certains piédistes, tout crispés qu'ils sont sur des débat sémantiques alors qu'ils auraient tellement mieux à faire et tellement plus à apporter à l'Eglise. Mais c'est un autre débat.

( 595167 )
Lapsus... par Athanasios D. (2011-05-13 14:15:19)
[en réponse à 595165]

( 595171 )
Remarqué aussi par Meneau (2011-05-13 14:23:40)
[en réponse à 595167]
dès la première lecture, sans même encore avoir lu votre post.
Cordialement
Meneau
- qui ne le prend pas personnellement, et ne trouve pas ça révélateur du tout !!! hihi

( 595168 )
Vous vouliez parler de la messe de Paul VI ? par Athanase (2011-05-13 14:16:44)
[en réponse à 595165]
"Je n'ai en revanche aucun problème pour affirmer que la messe de Saint Pie V est légitime, quoi que déficiente (cf. abbé de Tanouarn sur le FC), de même qu'un enfant trisomique peut être un enfant légitime."
Evidemment, c'est la forme extraordinaire qui est dans cette situation. C'est une coquille !

( 595172 )
l'article 31 est bien au contraire un chance pour la Tradition par jejomau (2011-05-13 14:32:56)
[en réponse à 595168]
31. "Seuls les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique qui dépendent de la Commission pontificale Ecclesia Dei ainsi que ceux dans lesquels se maintient l’usage des livres liturgiques de la forme extraordinaire peuvent utiliser le Pontifical romain en vigueur en 1962 pour conférer les ordres mineurs et majeurs."
A l'égard de cet article, je trouve au contraire qu'il est une chance pour l'Eglise catholique.
En effet vous semblez aborder ce nouveau document uniquement sous l'angle liturgique . MAIS la crise de l'Eglise est essentiellement une crise de la Foi . IL s'avère que les sociétés de vie apostolique et les Instituts de vie consacrée dont fait implicitement référence le texte ont fait leur preuve parce que des directeurs de séminaires et des supérieurs juducieusement choisis peuvent cerner très rapidement les "bonnes" vocations et surtout veiller à une Transmission de la Foi correcte dans le droit fil de la vraie Doctrine catholique !
Si une plus grande facilité était donnée au niveau des diocèses : on risquerait finalement de voir le travail accompli depuis des dizaines d'années être remis en cause pas les "loups infiltrés dans la bergerie".
En effet, on pourrait très bien imaginer Mgr Nourrichard ordonner des séminaristes dan sle rit extraordinaire, non ? Qu'on imagine les dégâts !!
Non, bien au contraire, ce texte me semble d'une grande sagesse car tout est verouillé. Il me semble que, derrière l'aspect Liturgique de la question, le Saint-Père a bel et bien DECIDE de revenir à une saine doctrine fondée dans la Tradition !

( 595178 )
Ne vous leurrez pas ! Peu de modernos par Athanase (2011-05-13 14:49:17)
[en réponse à 595172]
éprouveront l'envie d'utiliser l'ancien rite pour les ordinations. Le loup dans la bergerie ? Mais vous imaginez des personnes détestant les sacrements, méprisant l'ancien rite proposer leur assistance pour des ordinations selon l'ancien ? Très franchement, c'est du temps perdu pour elles, outre que cela leur demande de réapprendre l'ancien rite des ordinations.
En revanche, cela peut gêner les évêques qui souhaiteraient ordonner leur diocésain selon l'ancien rite. A moins de recourir à une fiction, voire de tricher (mais il est vrai qu'on le fait).
Je connais peu de modernos qui éprouvent de l'attirance pour une liturgie traditionnelle et qui seraient prêts à l'utiliser. Ce serait un cauchemar ! Ben voyons, ou m'enfin comme dit Gaston LAGAFFE...

( 595173 )
Le labsus du labsus ? par Meneau (2011-05-13 14:40:16)
[en réponse à 595168]
Evidemment, c'est la forme extraordinaire qui est dans cette situation. C'est une coquille !
Même labsus ou bien ?
Cordialement
Meneau

( 595177 )
On omet les 4 premières lettres et tout est réglé ! par Athanase (2011-05-13 14:44:27)
[en réponse à 595168]
Oui, la forme ordinaire est donc légitime mais peut faire l'objet de réserves.

( 595187 )
Summorum Pontificum par Marie-France (2011-05-13 15:35:05)
[en réponse à 595177]
Que pense la communauté Saint Martin de l'Instruction sur Summorum Pontificum?Va t'elle oser engager quelques uns de ses prêtres dans ce sens ne serait ce que dans le diocèse de Blois où elle est prépondérante!.

( 595189 )
§ 8. « Offrir à tous les fidèles la liturgie romaine dans l'usus antiquior » par Gaspard (2011-05-13 16:00:41)
[en réponse à 595128]
Cela avait été dit par différents cardinaux et évêques, cela est fortement et clairement redit ici : la messe traditionnelle est pour
tous les fidèles, pas seulement ceux qui la pratiquent déjà ou qui la demandent :
8. Le Motu Proprio Summorum Pontificum constitue une expression remarquable du magistère du Pontife romain et de son munus propre - régler et ordonner la sainte liturgie de l’Église3 - et il manifeste sa sollicitude de Vicaire du Christ et de Pasteur de l’Église universelle. Il se propose :
a) d’offrir à tous les fidèles la liturgie romaine dans l’usus antiquior, comme un trésor à conserver précieusement ;
b) de garantir et d’assurer réellement l’usage de la forme extraordinaire à tous ceux qui le demandent, étant bien entendu que l’usage de la liturgie latine en vigueur en 1962 est une faculté donnée pour le bien des fidèles et donc à interpréter en un sens favorable aux fidèles qui en sont les principaux destinataires ;
c) de favoriser la réconciliation au sein de l’Église.

( 595190 )
La montagne a mis trois ans pour accoucher d'une souris... par Nemo (2011-05-13 16:17:36)
[en réponse à 595128]
Il était une bergère qui allait au marché.
Elle portait sur sa tête trois pommes dans un panier.
Les pommes faisaient rouli roula, les pommes faisaient rouli roula,
Un, deux, trois...
Trois pas en avant, trois pas en arrière, trois pas sur l'côté, trois pas d'l'autre côté...

( 595226 )
Et si la souris c'était par louisdefunes (2011-05-13 20:21:06)
[en réponse à 595190]
vous, dans l'affaire ?

( 595283 )
Argumentez svp par Nemo (2011-05-14 08:11:23)
[en réponse à 595226]
Dans quinze jours on ne parlera plus guère de ce texte flou et mou comme un certain concile.

( 595193 )
Et les autres rites latins? par Baudouin (2011-05-13 16:43:35)
[en réponse à 595128]
Il n'y a pas un seul mot sur les autres rites latins.
Des rumeurs parlaient d'un article concernant la non application du Motu Proprio au rite ambroisien, par exemple, contrairement à ce qui avait été annoncé par le CED.

( 595195 )
Aucune inquiétude à Fréjus-Toulon par Escartefigue (2011-05-13 17:09:13)
[en réponse à 595128]
L'instruction est parvenue aux évêques il y a une semaine, sous embargo.
Mgr Rey a procédé à une ordination diaconale ce mercredi 11 mai, dans la forme extra, à Toulon, dans la cathédrale.
C'est un signe fort, qui va à l'encontre de tous les commentaires catastrophistes que l'on peut lire sur ce forum.

( 595204 )
Quel "statut " pour le sous-diaconat? par Rafikiduroc (2011-05-13 17:59:23)
[en réponse à 595195]
La Croix dans son article sur l'instruction écrit "Ordres mineurs et sous-diaconat sont dès lors assimilés aux ministères institués, et donc séparés du sacrement de l’ordre".
Quel est le vrai statut du sous-diaconat? La promesse du célibat à l'ordination sous-diaconale est-elle reconnue par l'Eglise? Est-ce toujours un ordre majeur?

( 595207 )
Bonne question, statut du sous-diaconat une piste par Escartefigue (2011-05-13 18:16:53)
[en réponse à 595204]
L'abbé Jacques-Yves Pertin a soutenu récemment à Rome un mémoire de droit canonique sur cette question.

( 595208 )
Le regretté Abbé Quoëx lui aussi par Eucher (2011-05-13 18:27:17)
[en réponse à 595207]
avait écrit un article assez fouillé sur la question.
-Eucher.

( 595227 )
Les ordres mineurs et le sous diaconnat, un point principal qui explique sans doute le document d'aujourd'hui par Mandrier (2011-05-13 20:27:30)
[en réponse à 595207]
Cher Escartefigue,
il semble que nous ayons de nombreuses références communes, peut-être même nous connaissons nous.
Vous avec raison, le plus important ici est la reconnaissance ou non des ordres mineurs et du sous diaconat.
Or si l'on en croit l'instruction de ce jour, ils n'existent plus, rien n'a changé depuis le code de 1983. C'est d'ailleurs le point que révèle, exultant, Nicolas Sénèze de La Croix.
L'étude de l'abbé Pertin sur le sous diaconat que vous citez se basait justement sur le fait que le motu proprio de 2007 passait sous silence la condition du sous diaconat, volontairement, c'était la thèse de l'abbé, vis à vis de l'autorisation implicite donnée à l'IBP fondé un auparavant.
Mais l'abbé Pertin reconnaît pour en avoir fait l'expérience, dans son étude, que le Saint Siège continue de ne pas reconnaître cet ordre (il explique qu'essayant d'obtenir une bénédiction pontificale pour un jeune sous diacre, on lui opposa que cet ordre n'existait plus).
L'abbé explique encore que le motu proprio créait une contradiction entre l'acceptation tacite de la coutume pour les instituts ED et son interdiction pour le reste de l'Eglise, acceptable lorsque la survivance de la messe de Saint Pie V était une "indulgence" à ces instituts, gravement problématique, dès lors que cette messe devient le trésor de toute l'Eglise, donc de tous les prêtres, donc susceptible d'être enseignée dans les séminaires.
C'est sans doute la raison qui a fait interdire l'ordination aux évêques diocésains dans leurs séminaire, car après comment justifier auprès de deux camarades de séminaire que l'on confère un ordre valide pour l'un, obsolète pour l'autre.
Bien sûr, il est possible pour les évêques de fonder ou de susciter des instituts, mais il faut que ces évêques soient sacrément favorable à la forme extraordinaire, donc ne risque pas d'être très fréquent ces prochaines années.
Ensuite cela nie l'affirmation du document d'aujourd'hui qui prétend offrir la forme extraordinaire à toute l'Eglise et à tous les prêtres.
De fait, en obligeant les prêtre à recevoir ces ordres dans des instituts, il renforce la séparation entre deux types de prêtres, réduisant la forme extraordinaire à un simple "charisme". Or selon la même étude de l'abbé Pertin que vous citez, "La coutume, dans l’Eglise, n’est pas pour autant uniquement de l’ordre du charisme" elle a besoin d'une approbation de l'autorité (que nous n'aurons donc pas aujourd'hui) pour être vraiment universelle et même légitime.
Pour en revenir à Toulon, vous objectez très justement qu'il existe à Toulon les missionnaires de la Miséricorde de l'abbé Loiseau formés à la Castille et pour la liturgie au Barroux.
Certes, mais sans préjuger de cette communauté, il existe un certain nombre de séminaristes diocésains à Toulon qui n'ont pas choisi de rentrer dans cette communauté et ont décidé avec l'accord de l'évêque d'être ordonnés selon les livres de 1962. Ce fut le cas par exemple de l'abbé de Saint Sernin ou de l'abbé Campos tous deux ordonnés par Mgr Rey.
Il me semble dangereux de continuer à exclure les prêtres ordonnés dans la forme ancienne des autres par cet artifice de l'institut, ce que ne faisait pas l'évêque de Toulon qui les intégrait à la communauté, en faisant un exemple fort pour ses autres séminaristes.
En bref, bien sûr, Mgr Rey trouvera s'il le veut des moyens de contourner ou de ne pas obéir à cette loi, ce que je souhaite, mais il faut avouer que c'est rageant pour ce défenseur inconditionnel de Benoît XVI et de sa ligne de gouvernement. Et surtout, cela n'incitera pas les évêques plus timides ou plus hostile à imiter le prélat des bords de la Méditerranée.
C'est bien dommage. Mais je vous accorde que cet évêque reste avec celui de Bayonne le plus bel espoir de la France et sa détermination ne semble pas entamée comme le prouve l'ordination diaconale du 11 mai (que j'ignorais) et celle (en forme ordinaire) de juin prochain dans laquelle plusieurs séminaristes ne cachent pas leur fort intérêt pour le VOM.
Prions donc les saints Cyprien, Flavien et Mandrier pour l'évêque de Toulon et ses séminaristes.

( 595217 )
Officiellement par Archange (2011-05-13 19:22:00)
[en réponse à 595204]
Le sous-diaconat n'existe plus. Depuis le Motu Proprio de Paul VI
Ministeria Quaedam du 15 août 1975.
Clic

( 595213 )
pourriez-vous préciser ? par Luc Perrin (2011-05-13 19:01:36)
[en réponse à 595195]
Aux termes de l'article 31, rendu public ce jour donc applicable à partir de ce 13 mai et pas avant, Mgr Rey ne pourra plus le faire sauf pour ses séminaristes appartenant à la Société de la Miséricorde ou tout autre société diocésaine.
A moins qu'il ait obtenu un indult spécial de Rome bien sûr mais si vous êtes à Toulon, vous devriez pouvoir nous renseigner.
Il n'y a aucun "commentaire catastrophiste" mais une simple lecture de l'article 31, lecture que je vous conseille.
A moins bien sûr que vous suggériez que l'évêque de Fréjus-Toulon n'applique pas les instructions du Saint-Siège mais personne ne vous croira ...

( 595218 )
Dérogation par Escartefigue (2011-05-13 19:22:47)
[en réponse à 595213]
Les évêques de la trempe de Mgr Rey ne courent pas les rues et ne se bousculent pas au portillon.
Il lui suffira de demander une dérogation auprès de la Commission Ecclesia Dei, c'est du moins ce qui se chuchote à Rome.

( 595225 )
Je confirme par Philippe P (2011-05-13 20:15:37)
[en réponse à 595218]
... ce qu'écrit Escarteffigue et que je tiens moi-même de première main d'un chef ED. Je ne peux pas en dire davantage.

( 595210 )
La reforme du missel est annoncé ! par Archange (2011-05-13 18:35:41)
[en réponse à 595128]
Mais celui de 1962... Avec l'adjonction des préfaces... C'est un début, mais le reste suivra. Et certains osent encore écrire que l'histoire ne repasse pas les plats !

( 595230 )
Ils ont mis trois ans par Nemo (2011-05-13 20:40:41)
[en réponse à 595210]
Ils ont mis trois ans pour écrire un texte débile alors avant qu'ils écrivent une préface on sera tous morts. Mais reconnaissez Archange que nous manquons cruellement de préfaces et que là est bien la raison principale de la disparition de la foi catholique.

( 595233 )
J'espère qu'avec un peu de chance par Archange (2011-05-13 20:48:28)
[en réponse à 595230]
Rome autorisera l'usage des Prières Eucharistiques du Missel Romain.

( 595234 )
Némo par louisdefunes (2011-05-13 20:48:55)
[en réponse à 595230]
Riche en némotion...
Il semble que vous ne soyez pas concerné par cette instruction, alors, pourquoi vous acharner dessus ?

( 595243 )
Pourquoi ce fatalisme ? par Marieke (2011-05-13 21:30:06)
[en réponse à 595210]
Tradition n'est pas synonyme de fixisme.
Nous sommes bloqués au rite de 1962 par "accident", oserais-je dire ; alors que l'histoire de la liturgie est faite d'évolutions (entendons-nous : je ne parle pas de ras-de-marée, comme ce fut le cas avec la promulgation du missel de Paul VI).
Ajouter quelques saints au calendrier traditionnel (la fête d'un St Padre Pio, par exemple) serait aussi, et surtout, le signe que la liturgie traditionnelle reprend un développement organique , laissé en plan depuis quarante ans. Ceci conforterait la légitimité et la pérennité de la forme extraordinaire.
Mais je suis probablement trop bisounours. Ou pas assez pessimiste, c'est selon.

( 595364 )
non votre remarque est logique par Luc Perrin (2011-05-14 18:20:33)
[en réponse à 595243]
"Nous sommes bloqués au rite de 1962 par "accident", oserais-je dire ; alors que l'histoire de la liturgie est faite d'évolutions (entendons-nous : je ne parle pas de ras-de-marée, comme ce fut le cas avec la promulgation du missel de Paul VI)." (Marieke)
D'ailleurs, c'est déjà oublié, Benoît XVI a déjà modifié très légèrement le missel pour la prière sur les juifs du Samedi saint.
Des retouches minimes, quand elles sont rendues nécessaires (ex. les saints), sont acceptables et ne poseront pas de vrai problème de "réception" parmi les fidèles.
Interrogeons nous toutefois sur le besoin réel de modifications en une époque de grande instabilité. Le cardinal Ratzinger lui-même avait émis des réserves sur le prurit de changement, même bien intentionné dans son livre L'esprit de la liturgie. La constitution de Vatican II, méprisée par le Consilium sur ce chapitre et d'autres, engageait à ne lancer que les révisions strictement requises, à faire preuve d'une grande prudence. Prudence n'est pas fixisme et cela vaut pour les deux Formes, surtout l'ordinaire à mon sens qui a vraiment besoin d'un ravalement.
Il en irait tout autrement si certains se mettent en tête, cela a été proposé il y a quelques années déjà, d'expérimenter en quelque sorte un missel romain idéal (en théorie) sur le dos des fidèles de Forme extraordinaire faute d'avoir le courage de s'attaquer aux "invraisemblables faiblesses" (Louis Bouyer) du missel de Paul VI-Jean-Paul II.
Ce serait alors remettre la division et la suspicion et faire voler en éclat toute la confiance péniblement recherchée depuis quelques décennies. Rappelons que le danger existe : Mgr Garnier (la "parenthèse miséricordieuse") et le futur cardinal Re (lettre à M. de Saventhem publiée dans la D.C. en 1995) avaient, dès 1993-1994, annoncé urbi et orbi que l'indult et le motu proprio devaient simplement être provisoires et faciliter le passage au ... Novus Ordo.
Leurs propos doivent être encore accessibles sur le net si vous ne me croyez pas sur parole. Tout le monde n'a pas oublié ...

( 595223 )
La croix est contente par Mandrier (2011-05-13 19:51:40)
[en réponse à 595128]
Je vous invite à aller voir deux articles de la Croix qui font l'analyse de l'instruction parue aujourd'hui.
Le premier, déjà cité sur les prêtres qui apprennent la messe de Saint Pie V est incroyablement à charge (j'ai cru qu'il s'agissait d'une tribune libre). Toutes les personnes interrogées voient la chose négativement, de l'Assomptionniste qui trouve la forme de la messe "très chargée" (oui plus c'est sur que les messes sans kyrie, gloria ni lecture), à ce vicaire episcopal des Charentes-Maritimes qui nous explique qu'il "y a des choses tellement plus importantes" qu'un groupe de vieillards "nostalgiques" sans doute à l'odeur nauséabonde?.
Bien sûr, on a la ritournelle du gentil prêtre rejeté par les tradis qui guettaient son moindre faux pas, et le sous-titre le plus révélateur de cette enquête objective en gras : "pas un enjeu prioritaire".
La Croix nous explique en gros que l'Eglise de France veut bien passer ce petit caprice du Pape, mais qu'il ne faudrait pas qu'il récidive, de peur de transformer "l'Eglise en supermarché" (quand on lit ça et qu'on a déjà assisté à la messe Paul VI à divers endroits, il y a vraiment de quoi rigoler).
Mais le pire est sans doute l'article d'aujourd'hui qui "décortique" avec une lecture bien sûr aussi objective que le précédent l'instruction.
http://www.la-croix.com/Religion/Urbi-Orbi/Rome/Rome-precise-l-application-du-motu-proprio-Summorum-Pontificum-_NG_-2011-05-13-615202
Nicolas Sénèze dont on connaît le penchant pour la dentelle semble être satisfait (ce qui est vraiment inquiétant) et ne retient (proprement hallucinant) du document que :
- la fsspx est (selon sa lecture du document) exclue et ses fidèles n'ont pas le droit de profiter des dispositions.
- les évêques sont soulagés car il pourront continuer à apprendre à leurs séminaristes qu'avant c'était pas bien
contrairement aux craintes de certains évêques, il n’y a aucune obligation d’enseigner la forme extraordinaire dans les séminaires,
- Enfin que les ordres mineurs et le sous diaconats sont toujours
supprimés!
Voilà donc la lecture par la voix de l'Eglise de France de ce document tant attendu. Circulez y a rien à voir.
Stupéfiant de voir d'ailleurs comment est traitée au-dessus la "théologie de la libération en actes" qui va sauver le christianisme.

( 595245 )
Le paragraphe 19 relève du non-sens ! par Chouan (2011-05-13 21:41:38)
[en réponse à 595128]
Tiré d'un commentaire d'un blog anglo saxon bien connu
"Para 19 is simply nonsensical. How does one know if one's affiliation is with such a group, and how does one obtain pastoral care if he cannot ask for the Mass?"
Traduit par mes médiocres soins ça donne :
"Le paragraphe 19 est simplement un non-sens. Comment peut on déterminer s'il y a affiliation à un tel groupe (et oui...sur quels critères objectifs??NDA)et comment peut-on obtenir un soin pastoral si on ne peut demander la messe ?"
A méditer non ?

( 595246 )
Non, non... par Michel (2011-05-13 21:46:09)
[en réponse à 595245]
Le Droit canonique comporte parfois le rappel d'un principe, rappel utile même si l'application concrète en est limitée à de rares cas relevant de la notoriété publique.

( 595254 )
La loi des suspects par Chouan (2011-05-13 22:18:53)
[en réponse à 595246]
Cher Michel, vous parlez de "notoriété publique"...mais il ne me semble pas que vous voyez concrètement l'application de cet article : demandera-on demain aux "demandeurs" de la forme extra une déclaration sur l'honneur stipulant qu'ils n'ont jamais assisté à une messe dite par un prêtre de la FSSPX ??... Attention à "la loi des suspects" (et je ne suis pas parano !)

( 595285 )
La Croix n'a pas tort finalement par jejomau (2011-05-14 08:42:54)
[en réponse à 595254]
Quand Mr Mounier écrit que les diocèses vont pouvoir continuer à ordonner comme avant, il fait référence à l'article 31 finalement. Article dont je pense justement qu'il
VERROUILLE bien les choses ! Donc on peut lui retourner l'argument qui est tout bénéfice pour les Tradis, ainsi que je le
soulignai ici .
Maintenant, quand on voit la charge du journal... On saisit surtout que Benoît XVI a bien joué ! Et qu'il y a "des grincements des dents" !

( 595286 )
Cher Chouan... par Michel (2011-05-14 09:23:55)
[en réponse à 595254]
Non, on peut tout au plus demander au demandeur de confirmer oralement qu'il ne rejette pas la nouvelle messe comme illégitime. Point.
Le passé ne peut pas faire l'objet d'enquêtes (sauf cas de notoriété publique, par exemple si toute la presse en avait parlé, cas totalement théorique).
Et de toutes façon, ordinairement, cette question ne sera même pas soulevée, car on sait que les pidistes ont d'autres soucis en tête que de venir quémander une messe aux diocésains ; sauf dans le cas d'un pélerinage par exemple, genre Pontmain ou Lisieux (ce qui relève de la notoriété publique, ut supra).

( 595356 )
Un coup d'épée dans l'eau par Eti Lène (2011-05-14 16:39:54)
[en réponse à 595128]
Du moins pour la France très probablement.
Il est permis en outre de célébrer la messe de St Pie V en français. Un non-sens.
Dernier espoir la commission Ecclesia Dei qui pourrait ou non forcer les évêques à accepter.
A force de vouloir satisfaire tout le monde on finira par ne satisfaire personne. On ne peut pas réconcilier la Tradition avec Vatican II.

( 595458 )
De nombreux commentaires en anglais par Jean Kinzler (2011-05-15 16:55:25)
[en réponse à 595356]