
( 593721 )
Credo par Non volumus ignorare (2011-04-30 23:00:34)
[en réponse à 593548]
oui j'ai acheté le CD... Pas mal.. si les modernos avaient ça le dimanche ils seraient moins tristes à cotoyer..Cependant je serais heureux d'avoir l'avis des specialistes en chant grégorien sur les interpretations (sur le CD 2) des allongements à l'Asperges, au Vidi Aquam; de la vitesse du Dies irae, du tempo "d'opéra" de l'In Paradisium par exemple..
J'ai trouvé peu d'enthousiasme au Te Deum; Je préfère... et de loin ecouter la pureté de Fontgombault ou de Solesmes sous Dom Gajard..
Sans volonté de polémique, il serait souhaitable que les chevronnés de bon grégorien nous donnent leur avis. Ceci dit, c'est une belle oeuvre, à un prix qui permet à tout un chacun de s'y arrêter
et le livret comporte des lignes qui démontrent que les concepteurs ont voulu cet enregistrement dans le but de rappeler la verité sur le chant grégorien en insistant sur la place qu'il doit avoir dans le rite dit "ordinaire".. Celà ne semble pas avoir été pensé dans un but mercantile...et c'est louable.. Qu'en pensez vous??

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Vous étonnerais-je ? par Balbula (2011-04-30 23:46:45)
[en réponse à 593721]
si je vous dis que je n'ai jamais entendu de vraiment bons enregistrements de chant grégorien ... Solesmes est ennuyeux, souvent trop lent et manque de phrasé, Fontgombault est un peu mieux, mais ça manque de vigueur, les choeurs amateurs ont tendance à découper les notes en tranches de salami, on les chante, mais on ne sent ni l'articulation des neumes, ni le phrasé, ni l'interprétation du texte. Les respirations sont souvent défectueuses, sans parler de la prononciation approximative, escamotant les consonnes qui devraient être projetées et positionnant mal la bouche pour les voyelles, ce qui donne des "a" presque "an", des "i" trop pointus, etc. Le B-A BA du chanteur, quoi.
Pour ce qui est de ce que j'ai pu entendre dans les extraits du disque Credo sur Youtube, le principal reproche serait l'accompagnement qui alourdit le tout, surtout avec des accords de septièmes qui gâchent considérablement le chant modal. Le grégorien devrait, à mon avis et à celui de bien d'autres spécialistes, être chanté a cappella. L'accompagnement à l'orgue sert souvent de béquille et de cache-misère pour éviter de détonner, ce qui est acceptable et même souhaitable quand la foule chante, mais ne l'est plus avec un choeur un tant soit peu solide.
Mais comme vous le faites remarquer, ceci s'adresse au nouveau rite, alors c'est tout de même beaucoup mieux que les "rigaudons pieux" qu'on risque d'y trouver et l'effort en ce sens est fort louable.
Mais je rêve toujours d'un jour où j'entendrai vraiment bien chanter le grégorien !
Union de prières
Balbula

( 593753 )
Point de vue d'un participant par Mérytradi (2011-05-01 10:00:36)
[en réponse à 593729]
J'ai pu faire partie de ce projet, somme toute intéressant car il n'a nullement la prétention de rechercher une école de chant grégorien, mais simplement l'appel à l'apprentissage des fidèles d'un répertoire - j'ose dire - qui n'est pas forcément su même par ceux qui sont attachés à la forme extraordinaire. Cette vocation pédagogique est ainsi d'aider les fidèles à chanter, et je puis vous assurer, il y a du travail!
Vous soulevez le point contestable de la présence de l'orgue; assurément vous avez raison que, par principe il n'a rien à faire dans la pureté de ce chant, néanmoins il est nécessaire de se mettre dans le contexte d'une paroisse (surtout non parisienne)où les chantres -s'il y en a! - sont loin d'avoir la formation idoine. Prenons peut-être l'objet comme départ avant de pouvoir affiner au gré des formations proposées.
Ma réelle restriction vient du clip, était-ce approprié de faire de l'érotisme quelque peu suspect? Libre à vous de me dire si cet esthétisme vous choque ou non.
In XTO.

( 593920 )
Voici mon humble avis... par Una Voce
France (2011-05-02 16:26:52)
[en réponse à 593465]
Ce double CD bénéficie d’une puissante campagne publicitaire. C’est de nouveau Universal Classics, qui après le succès du CD des « Sœurs » du Barroux qui suivait celui des moines autrichiens de Heiligenkreuz, semble continuer à vouloir surfer sur la vague qui soulève le chant grégorien. Inutile de chercher les motivations réelles et réjouissons-nous de ces incontestables succès populaires.
C’était déjà EMI, ancêtre de l’actuel major qui avait lancé les enregistrements de Silos dans les années soixante-dix.
Le maître d’œuvre – car producteur – de cette présente publication est Max Guazzini, ami intime de la chanteuse Dalida, ancien président du directoire de la radio NRJ et actuel président du Stade Français, un club de rugby.
Il présente son projet sur le livret du disque. Le titre semble accrocheur, « Les Clefs du Royaume des Cieux » mais la pochette représente saint Pierre avec son principal attribut iconographique.issu d’un vitrail de l’église de Jumeaux, à 15 km environ au sud d'Issoire, dans le Puy-de-Dôme. Le texte de M.Guazzini est en tout cas à maints égards fort intéressant.
Citons quelques extraits :
Le projet de l’album CREDO, à savoir réunir les principaux chants populaires grégoriens et latins dans une même œuvre, est né de la constatation, qu’à ma connaissance, cela n’avait jamais été réalisé auparavant de cette manière. Le chant grégorien est l’un des plus anciens, sinon le plus ancien chant connu de nos civilisations. Il appartient non seulement au patrimoine de l’Église mais aussi au patrimoine culturel de l’humanité.
Il est vrai qu’avec la généralisation de l’usage des langues locales dans les manifestations religieuses, le latin, qui est la langue universelle de l’Église catholique romaine, a été un peu oublié.
Et pourtant tous ces chants ne me semblent pas incompatibles avec les offices dans ces mêmes langues locales et nationales.
Maintenant, sous le Pontificat du Pape Benoît XVI, on assiste à un renouveau du latin et cet album trouve son sens dans cette actualité.
Dans ce monde instable et plein de bouleversement, le chant grégorien est aussi l’affirmation d’une tradition et d’une identité, alors que les communautés chrétiennes subissent toujours le martyre.
Cet album se veut un témoignage et un hommage. Il permettra à certains de découvrir ou de redécouvrir ces magnifiques chants et peut-être d’avoir envie de les interpréter. […]
Cet album s’appelle CREDO car, comme l’a dit Padre PIO, « le plus beau CREDO, c’est celui qui, dans le cœur de la tempête, t’élève et te conduit à Dieu ».
Considérons ce que cet homme très médiatique révèle de positif sans retenir ce qu’internet cherche à nous apprendre. L’on sait combien nombre de sites sur la Toile aiment à racler la boue, et comme par hasard, ce sont des médias connus comme anti-chrétiens qui se sont complu à ternir cette entreprise éditoriale.
Écoutons-le plutôt de nouveau répondre à puremedias.com :
- Le grand public ne sait pas que vous avez cette passion…
Mais parce que vous me connaissez mal. Les gens qui me connaissent le savent, ce n’est pas une passion, c’est plus que ça, c’est une foi. Ça fait partie de ma culture, j’ai été élevé dans le chant grégorien, la liturgie latine et ça a toujours été très présent en moi.
- Pour vous, c’est une porte d’entrée, une initiation pour les gens qui ne connaîtraient pas forcément ?
Tout à fait. Tout le monde aime le grégorien mais chantez-le si vous l’aimez tant que ça ! Ces chants font partie du patrimoine de l’église catholique et romaine et c’est vrai qu’ils étaient un peu tombés dans l’oubli même si on constate un retour. On a voulu réunir tous ces chants ensemble pour les faire connaître et reconnaître et pour que les gens aient, pourquoi pas, envie de les rechanter. Ce n’est pas parce qu’on va à la messe en français qu’on ne peut pas de temps en temps chanter en latin. Le latin est la langue universelle de l’église catholique et romaine. Ça s’est fait car j’ai réalisé que ça n’existait pas et je pense que le chant grégorien est le plus vieux chant de l’histoire de l’humanité et il fait partie du patrimoine culturel de l’humanité, point à la ligne.
Le chef de chœur qui dirige ces 46 chants « populaires, latins et grégoriens »* est Philippe Nikolov. Une page du livret lui est accordée. Il expose un court historique du chant grégorien jusqu’à Dom Guéranger. Il rappelle opportunément qu’il reste « le chant propre de la liturgie romaine » (De Sacra Liturgia 1963) et cite l’Exhortation apostolique Verbum Domini du pape Benoît XVI en 2010.
M. Nicolov avoue selon une autre source, être un élève d’une discipline de Dom Gajard, maître de chœur de Solesmes. Et cela s’entend à l’écoute.
Que dire de cette interprétation ? C’est très variable. Certaines voix, surtout féminines, sans doute professionnelles, sont très…. opératiques. Certaines viendraient de Radio France ou de l’Opéra de Paris ! La « disciple de Dom Gajard » aurait sans doute trouvé que cela manquait d’homogénéité et que, dans telle pièce, les finales auraient gagné à être adoucies ou qu’il manquait là de…legato.
Il convient de se limiter à ce que cherche ce double album : faire découvrir à un grand public un répertoire qu’il ne connaît plus par manque de pratique ou pire, n’a jamais connu ! Et là, c’est une réussite ! L’ambiance « paroissiale » est admirablement restituée, fût-ce avec les quelques défauts inhérents à ce type de chants que l’assemblée interprète avec tout son cœur . Écoutez l’Asperges ou le Vidi aquam, plages 1 et 2 du CD2, on est vraiment au début de la messe dominicale, et le prêtre passe avec son goupillon. Suit le Kyrie de la messe des Anges, même ambiance. Et, petit clin d’œil à la forme dite extraordinaire, nous avons les 3 Kyrie, 3 Christe…Merci Summorum Pontificum et son auteur inspiré !
Ne cherchez pas un ordre liturgique dans le déroulement des 46 plages. Non plus le nom des pièces (hymnes, antiennes, motets, etc.) Mais la date de composition et le nom de l’auteur sont précisés, même si cela reste toujours bien difficile, et une note préliminaire l’annonce honnêtement.
Bref, grands puristes, s’abstenir. Mais pour la majorité, c’est à écouter…sans modération !
Patrick Banken
* Voici la liste des 46 chants. Ils sont comme vous le constatez très variés, mais principalement populaires. Ce que tout chrétien savait encore naguère par cœur. Ils sont tous à UNE voix, avec le plus souvent alternance des pupitres masculin et féminin, sauf quand il s’agit de reproduire le chant de la foule des fidèles. Une exception plage 21 du CD2 : le Panis Angelicus est une libre adaptation, en polyphonie, de la célèbre œuvre de César Franck assurée, semble-t-il, par le chef de la Schola.
CD1
Veni Creator
Magnificat
Omni Die
Salve Regina
Puer Natus
Tantum Ergo
Pater Noster
Salve Mater Misericordiae
O Salutaris Hostia
Alma Redemptoris Mater
Credo III
Ave Regina Caelorum
Lucis Creator Optime
O Filii et Filiae
Inviolata
Victimae Pascali
Creator Alme Siderum
Ubi Caritas
Adeste Fideles
Adorote Devote
Gloria Laus
Regina Caeli
Te Deum
CD2
Asperges Me
Vidi Aquam
Kyrie (de Angelis)
Gloria (de Angelis)
Sanctus (de Angelis)
Agnus Dei (de Angelis)
Attende Domine
Ave Maris Stella
Magnificat
Rorate Caeli
Ave Verum
Salve Fiesta Dies
Vexilla Regis
Ave Maria (du Rosaire)
Libera Me
Stabat Mater
De Profundis
Dies Irae
In Paradisum
Veni Sancte Spiritus
Panis Angelicus
Oremus Pro Pontifice
Tu es Petrus