Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=593525
images/icones/carnet.gif  ( 593525 )L'abbé Laffargue au sujet de Jean Paul II par XA (2011-04-28 20:04:24) 

Sur le blog de sa paroisse, M. l'abbé Christian Laffargue (présentation ici) évoque la prochaine béatification de Jean Paul II :

Le Pape Jean-Paul II (1920-2005) a été un grand Pape. C'est une fierté pour l'Eglise catholique et pour le monde entier d'ailleurs (représenté au plus haut niveau lors de ses obsèques). De son vivant, comme d'habitude pour les saints, il a été honni par "le monde" et à l'intérieur même de l'Eglise. (cliquer ici pour lire la suite)
images/icones/neutre.gif  ( 593542 )C'est toujours ennuyeux.... par Pol (2011-04-28 21:59:07) 
[en réponse à 593525]

....quand les fideles de la FSSPX sont qualifiés d'integristes. Que veut dire ce mot exactement? J'en appelle aux Catholiques d'autres mouvances de na pas l'employer, s'il vous plait. Ce mot n'est pas convenable. Je vous remercie.
images/icones/vatican.gif  ( 593546 )Mais il a raison ! par Miserere (2011-04-28 22:14:32) 
[en réponse à 593542]

Nous sommes intégralement catholiques ,que cela plaise ou non , notre liturgie tient la route et que dire de la doctrine .

M.l'abbé avec tout le respect , vous avez raison , la France et d'autres pays n'ont jamais été autant catholiques que depuis le pontificat du pape Jean-Paul II .

Rien sur les facéties de la messe NOM , le pape Jean - Paul II avait de grandes qualités humaines , mais il a mis l'Église en souffrance .

Alors laissez nous prier .

Sauf votre respect .

UDP

Miserere
images/icones/2e.gif  ( 593551 )qu'est ce qu'il ne faut pas entendre... par etienne_rg (2011-04-28 22:55:15) 
[en réponse à 593546]

"Il a mis l'Eglise en souffrance"... où ça ?

- Vous a-t-il interdit la forme extraordinaire du rite ? Perso, j'allais à la messe dans cette forme du rite bien avant son décès
- Il a accepté la formation de la FSSP et d'autres fraternités (je ne suis pas expert sur ce sujet...)
- Il a apporté le Christ aux foules...

Avant de critiquer un des princes de notre Eglise, regardons-nous ? Suivons-nous (et je me mets dans le lot) à 100% le message du Christ ? Aimons-nous notre prochain comme nous même ? Là, cela ressemble fort à un règlement de comptes...
images/icones/fleche2.gif  ( 593555 )Nous commettons peut-être presque tous la même erreur de perspective. par Scrutator Sapientiæ (2011-04-29 00:20:16) 
[en réponse à 593525]

Bonsoir XA,

Très brièvement et rapidement, pour une fois.

Il y a un arbre : le Pape.

Il y a une forêt : l'Eglise.

De même que cette forêt n'a pas vocation à empêcher cet arbre d'occuper l'espace qui lui revient de plein droit, de même, cet arbre n'a pas vocation à impulser, à incarner "à lui tout seul" la totalité de la croissance, de l'extension, de cette forêt, même si,

- de par sa fonction, il donne l'impulsion initiale ou principale,

- de par son statut, il exerce une fonction d'incarnation,

au su et au vu de l'Eglise et du monde.

Je m'efforce de n'être ni philo-papiste, ni anti-papiste, notamment parce que je connais suffisamment bien l'histoire de l'Eglise pour savoir que chaque pontificat apporte ou comporte de la lumière rayonnante, souvent ; de la pénombre, sinon des ténèbres, parfois ; de la lumière "en demi-teinte", toujours.

Au surplus, j'aggrave mon cas, en précisant que je ne suis pas non plus "papocentrique" ou "papocentriste", dans ma vision de ce qui est à l'origine de ce qui "bouge" ou "change", dans l'Eglise catholique.

Loin de moi l'intention de dévaloriser ou de marginaliser l'importance et l'influence du Souverain pontife, qui est presque toujours, quel que soit le titulaire de la charge, au centre, au départ ou à l'arrivée de nombreuses pensées, de nombreuses actions, au sein de l'Eglise catholique.

Mais cela se saurait, si le Pape était responsable de tout, qui plus est de tout ce qui se fait de bien, au point de n'être en rien responsable de ce qui se fait de moins bien, ou au risque de ne pas laisser une marge d'initiative ET de responsabilité satisfaisante aux autres évêques, ou aux prêtres, ou aux fidèles laics, etc.

C'est pour cela que j'ai intitulé ce message : "Nous commettons peut-être presque tous la même erreur de perspective" : aucun pape n'est un surhomme, condamné à toujours convaincre et à ne jamais décevoir, alors qu'il est plus certainement condamné à convaincre les uns et à décevoir les autres, les convaincus d'un jour pouvant très bien se retrouver dans les rangs des déçus du lendemain, et inversement.

Il y a déjà quelques semaines, j'ai rédigé puis adressé "une appréciation nuancée sur un pontificat contrasté" ; avec ce positionnement non partisan, d'aucuns diront, je les comprends, que nous sommes tous bien avancés, mais c'est comme çà, je suis de ceux, plus nombreux qu'on ne le croit, qui n'arrivent pas à tirer parti de tel ou tel évènement ecclésial, y compris, en l'espèce, de la béatification d'un pape, pour succomber à la tentation de s'en prendre, par exemple, à une partie de leurs frères dans la foi catholique, dans quelque sens et en quelques termes que cela soit.

Une dernière remarque, non polémique, pour terminer : quand je lis ce ci : "De son vivant, comme d'habitude pour les saints, il a été honni par "le monde" et à l'intérieur même de l'Eglise", je me demande si nous ne sommes pas en présence d'une illusion rétrospective, Jean-Paul II (je parle ici de sa personne, et non de sa doctrine, ni de sa pastorale), ayant été, le plus souvent, bien apprécié, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Eglise, y compris par les médias audio-visuels, ce qui ne signifie évidemment pas que je laisse entendre qu'il y a eu alliance objective entre les Eglises cathodiques et l'Eglise catholique, mais, peut-être à tort, je n'ai pas conservé le souvenir d'un anti-papisme obsessionnel ou universel, pendant son pontificat.

A contrario, bien entendu, il y a eu, au premier chef, l'attentat auquel il a survécu de justesse, il va y avoir bientôt trente ans.

Mais il me semble que la personne même de Paul VI (qui n'avait pas le même "charisme") a été bien moins appréciée, bien plus rejetée, en un mot : bien moins aimée, par les catholiques comme par les non catholiques, surtout lors de la deuxième partie de son pontificat, de 1969 à 1978.

Bonne fin de soirée et excellente continuation au FC et à XA.

Scrutator.
images/icones/1y.gif  ( 593556 )Honni.... par Pantelemion (2011-04-29 00:27:03) 
[en réponse à 593525]

Il a été honni par le monde.... tellement qu'il a reçu le prix nobel de la paix, qu'il a été accueilli à l'ONU et dans tous les pays avec tous les honneurs!

Alors qu'on ne vienne pas nous dire qu'il a été détesté de par le monde, au contraire!

Même les "intégristes" ne le haïrent pas, et les modernistes se sont fait particulièrement discrets pendant 25 ans....

Mais tous nous savons ce que Jésus a dit des gens ayant reçu leur récompense ici bas!
images/icones/iphone.jpg  ( 593557 )Jean-Paul II par MG (2011-04-29 00:59:58) 
[en réponse à 593556]

N'a jamais reçu le prix Nobel de la paix : soyez sérieux et vérifiez vos sources !
images/icones/1a.gif  ( 593562 )"honni" ou "pas honni" par le monde ? à l'instar de Pie XII alors ... par jejomau (2011-04-29 08:13:57) 
[en réponse à 593557]

De son vivant Pie XII était déjà reconnu comme un grand pape. Surtout après la guerre. Il déplace les foules qui convergent vers Rome et le monde, comme les juifs, s'inclinent devant ce grand pape.

Puis ce sera "l'anathème" et l'hallali...

N'en est-il pas de même pour Jean-Paul II ? Personnellement j'y retrouve un certain parallélisme. Du côté des fidèles de la FRSPX (et d'autres groupes : sédévacantistes, etc..)comme du côté des fidèles d'une église "conciliaire", on le rejette. Pour ces derniers, il suffit d'allet d'aller visiter certains blogs dits "chrétiens". On le condamne aux gémonies pour avoir refusé de serrer la main d'un jésuite acquis à la théologie de la Libération en Amérique latine (sic!); on le vilipende pour n'avoir pas accepté le mariage des prêtres, s'être opposé de toutes ses forces à la culture de mort ou pour avoir donné une nouvelle impulsion à l'Eglise en se "détournant des acquis du Concile"...

J'en passe et des meilleurs !

Bref, Jean-Paul II et Pie XII.. Même combat !
images/icones/neutre.gif  ( 593566 )Jean Paul II en question par Theonas (2011-04-29 09:12:38) 
[en réponse à 593562]

bonjour jejomau,

ma position n'est pas acquise au sujet de Jean Paul II. Mais je crains qu'il ne porte sa part de responsabilité dans la confusion qui règne chez beaucoup de catholiques. Sur mon blog j'ai mené une réflexion dans le sillage de Johannes Dörmann, qui n'est pas de la FSSPX, sur sa théologie du salut Eschaton


Pour résumer, Jean Paul II semble soutenir que tous les hommes sont ontologiquement renouvelés en Christ du simple fait de l'incarnation; que tous les hommes sont en conséquence justifiés; que la ressemblance divine n'a pas été détruite par le péché; que la foi n'est pas nécessaire au salut; que tous les hommes appartiennent à l'Eglise; que la mission de cette dernière est de faire accéder les hommes à la pleine conscience de l'unité du genre humain subsistant malgré les diverses appartenances religieuses. L'analyse produite par Johannes Dörmann dans son livre la théologie de Jean Paul II et l'esprit d'Assise jette ainsi une lumière très éclairante sur les déclarations et les actes de Jean Paul II et notamment sur la réunion d'Assise au sujet de laquelle Mrg Meija ( vice-président de la commission pontificale Iustitia et Pax, ancien camarade de Jean Paul II à l’Angelicum, aujourd’hui cardinal) déclarait « la présence commune ( des représentants des différentes religions) se fonde, en dernière analyse, sur la reconnaissance et le respect mutule de la voie suivie par chacun , et la religion à laquelle on appartient, comme chemin d’accès à Dieu ».

ESCHATON
images/icones/1a.gif  ( 593577 )qui est Jean-Paul II ? La réponse se trouve dans sa première encyclique par jejomau (2011-04-29 11:38:24) 
[en réponse à 593566]

Redemptor Hominis ! - Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 4 mars 1979, premier dimanche du Carême -


Je vous fais part de quelques extraits commentés par mes soins en italique .

Jean-Paul II commence par cette phrase magnifique, extraordinaire, qui devrait toucher tout homme "en quête" : "LE RÉDEMPTEUR DE L'HOMME, Jésus-Christ, est le centre du cosmos et de l'histoire" ........ Jean-Paul II réaffirme que le point central de toute théologie catholique, à savoir que c'est avec la venue du Christ que se réalise "La Fin des Temps" : ... "Dans l'acte même de cette Rédemption, l'histoire de l'homme a atteint son sommet dans le dessein d'amour de Dieu..... «Heureuse faute qui nous valut un tel et un si grand Rédempteur

L'encyclique est divisé en trois grands chapîtres. J'en cite quelques parties, parfois un peu longues, mais nécessaires si l'on veut discerner un pape "amoureux" du genre humain amis "pleinement" catholique (j'ai honte de l'écrire!)!

LE MYSTÈRE DE LA RÉDEMPTION

"C'est précisément ici, Frères, Fils et Filles très chers, que s'impose une réponse fondamentale et essentielle, à savoir: l'unique orientation de notre esprit, l'unique direction de notre intelligence, de notre volonté et de notre coeur est pour nous le Christ, Rédempteur de l'homme, le Christ, Rédempteur du monde. C'est vers Lui que nous voulons tourner notre regard parce que c'est seulement en Lui, le Fils de Dieu, que se trouve le salut, et nous renouvelons la proclamation de Pierre: «Seigneur, à qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle"....


N'apparaît-il pas clairement, dès les premières phrases que SEUL le Christ sauve et rachète les hommes ? Et jean-Paul II s'enthousiasme :


.... "Le Rédempteur du monde! En Lui s'est révélée, d'une manière nouvelle et plus admirable, la vérité fondamentale sur la création que le livre de la Genèse atteste quand il répète à plusieurs reprises: «Dieu vit que cela était bon» . Le Bien prend sa source dans la sagesse et dans l'amour. En Jésus-Christ, le monde visible, créé par Dieu pour l'homme - ce monde qui, lorsque le péché y est entré, a été soumis à la caducité - retrouve de nouveau son lien originaire avec la source divine de la sagesse et de l'amour. En effet, «Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique» . De même que dans l'homme-Adam ce lien avait été brisé, dans l'Homme-Christ il a été de nouveau renoué "


Vous noterez avec moi qu'il souligne fortement qu'AVANT, le pêché originel avait condamné l'espèce humaine et que c'est l'arrivée du Seigneur qui permet le rachat. MAIS, contrairement à ce qu'on peut affirmer, par exemple: "tous les hommes sont ontologiquement renouvelés en Christ du simple fait de l'incarnation", Jean-Paul II réaffirme AVEC FORCE l'importance des sacrements, condamne le sacrement de pénitence donné collectivement, et rapelle l'importance de la liturgie. ET pour ce faire il vous faut aller directement à la troisième partie de son encyclique (ci-dessous). Mais continuons avec lui à re-découvrir le Christ :


"Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, est devenu notre réconciliation avec le Père . C'est Lui, et Lui seulement, qui a correspondu pleinement à l'amour éternel du Père, à cette paternité que Dieu a exprimée dès le commencement en créant le monde, en donnant à l'homme toute la richesse de la création, en le faisant «à peine moindre que les anges» en tant que créé «à l'image et à la ressemblance de Dieu» . Le Christ a également correspondu pleinement à cette paternité de Dieu et à cet amour, alors que l'homme a rejeté cet amour en rompant la première Alliance et toutes celles que Dieu par la suite a souvent offertes aux hommes . La Rédemption du monde - ce mystère redoutable de l'amour, dans lequel la création est renouvelée - est, dans ses racines les plus profondes, la plénitude de la justice dans un Coeur humain, dans le Coeur du Fils premier-né, afin qu'elle puisse devenir la justice des coeurs de beaucoup d'hommes, qui, dans ce Fils premier-né, ont été prédestinés de toute éternité à devenir fils de Dieu et appelés à la grâce, appelés à l'amour. La croix du Calvaire, sur laquelle Jésus-Christ - Homme, fils de la Vierge Marie, fils putatif de Joseph de Nazareth - «quitte» ce monde, est en même temps une manifestation nouvelle de la paternité éternelle de Dieu, lequel, dans le Christ, se fait de nouveau proche de l'humanité, de tout homme, en lui donnant «l'esprit de Vérité» trois fois Saint.


En réalité dans ce passage, le saint-Père, loin de justifier "ontologiquement tous les hommes dans un rachat automatique dans le Christ" rappelle à tous une vérité théologique de fond, à savoir que Jésus-Christ EST le SEUL médiateur ! J'ai souligné son propos pécédemment. C'est très clair : balayé Bouddha, Mahommet oeu je ne sais qui ... Le pape dit bein (et l'écrit): "C'est Lui, et Lui seulement, qui a correspondu pleinement à l'amour éternel du Père". Continuons.


"L'homme ne peut vivre sans amour. Il demeure pour lui-même un être incompréhensible, sa vie est privée de sens s'il ne reçoit pas la révélation de l'amour, s'il ne rencontre pas l'amour, s'il n'en fait pas l'expérience et s'il ne le fait pas sien, s'il n'y participe pas fortement. C'est pourquoi, comme on l'a déjà dit, le Christ Rédempteur révèle pleinement l'homme à lui-même. Telle est, si l'on peut s'exprimer ainsi, la dimension humaine du mystère de la Rédemption. Dans cette dimension, l'homme retrouve la grandeur, la dignité et la valeur propre de son humanité.....Cette admiration justifie la mission de l'Eglise dans le monde, et même, peut-être plus encore, «dans le monde contemporain».


Le saint-Père souligne avec délicatesse les conséquences induites par le fait que seul le Christ rachète les hommes : Lui Seul sait aimer, Lui Seul peut nous aimer, et EN LUI seul nous trouverons l'AMOUR... Continuons.


"Il faut donc que nous tous, disciples du Christ, nous nous rencontrions et nous unissions autour de Lui. Cette union, dans les divers domaines de la vie, de la tradition, des structures et des disciplines de chaque Eglise et Communauté ecclésiale, ne peut se réaliser sans un travail sérieux tendant à la connaissance réciproque et à la suppression des obstacles qui se trouvent sur la voie de l'unité parfaite. Cependant, nous pouvons et nous devons d'ores et déjà parvenir à notre unité et la manifester: en annonçant le mystère du Christ, en montrant la dimension à la fois divine et humaine de la Rédemption, en luttant avec une persévérance inlassable pour cette dignité que chaque homme a atteinte et peut atteindre continuellement dans le Christ et qui est la dignité de la grâce de l'adoption divine et en même temps la dignité de la vérité intérieure de l'humanité"

L'HOMME RACHETÉ ET SA SITUATION DANS LE MONDE CONTEMPORAIN

«par l'Incarnation le Fils de Dieu s'est uni d'une certaine manière à tout homme»


Il faut souligner le "d'une certaine manière". Charles de Foucauld ne disait pas autre chose . Jésus-Christ est autant parmi ceux qui louent le Seigneur que parmi ceux qui sont possésés par le démon. Allons-y carrément. Ce qui ne veut pas dire que tous seront rachetés : tous PEUVENT l'être à partir du moment où ils le choisissent.. Lui, qui attend.


"Jésus-Christ est la route principale de l'Eglise. Lui-même est notre route vers «la maison du Père» , et il est aussi la route pour tout homme. Sur cette route qui conduit du Christ à l'homme, sur cette route où le Christ s'unit à chaque homme, l'Eglise ne peut être arrêtée par personne.... Tout homme vient au monde en étant conçu dans le sein de sa mère et en naissant de sa mère, et c'est précisément à cause du mystère de la Rédemption qu'il est confié à la sollicitude de l'Eglise. Cette sollicitude s'étend à l'homme tout entier et est centrée sur lui d'une manière toute particulière. L'objet de cette profonde attention est l'homme dans sa réalité humaine unique et impossible à répéter, dans laquelle demeure intacte l'image et la ressemblance avec Dieu lui-même"



Suit alors dans l'encyclique un panorama assez complet sur l'état du monde et des inquiétudes qui traversent les hommes...


LA MISSION DE L'EGLISE ET LE DESTIN DE L'HOMME

"Si le Christ «s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme» , l'Eglise, en pénétrant dans l'intimité de ce mystère, dans son langage riche et universel, vit aussi plus profondément sa nature et sa mission. Ce n'est pas en vain que l'Apôtre parle du "Corps du Christ" qu'est l'Eglise . Si ce Corps mystique du Christ est le peuple de Dieu - comme dira par la suite le Concile Vatican II en se fondant sur toute la tradition biblique et patristique - cela signifie que tout homme est dans ce Corps pénétré par le souffle de vie qui vient du Christ. En ce sens également se tourner vers l'homme, vers ses problèmes réels, vers ses espérances et ses souffrances, ses conquêtes et ses chutes, fait que l'Eglise elle-même comme corps, comme organisme, comme unité sociale, perçoit les impulsions divines, les lumières et les forces de l'Esprit Saint qui proviennent du Christ crucifié et ressuscité, et c'est là précisément la raison d'être de sa vie. L'Eglise n'a pas d'autre vie que celle que lui donne son Epoux et Seigneur. En effet, parce que le Christ s'est uni à elle dans son ministère de Rédemption, l'Eglise doit être fortement unie à chaque homme."


J'ai souligné le passage ci-dessus car il est profondément mystérieux et en même temps il porte sur le Saint-Esprit dont, d'ailleurs le Saint-Père se met à parler plus intensément. Le problème de fond surtout, c'est qu'un grand nombre d'entre nous ignore le Saint-Esprit et "peu" d'ouvrages existent sur Lui (en comparaison de ce qui a pu être écrit sur le Christ )...


"Cette union du Christ avec l'homme est en elle-même un mystère dont naît l'«homme nouveau», appelé à participer à la vie de Dieu , créé à nouveau dans le Christ et élevé à la plénitude de la grâce et de la vérité . Son union avec le Christ fait la force de l'homme et est la source de cette force, selon l'expression incisive de saint Jean dans le prologue de son Evangile: «Le Verbe a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu» . Voilà la force qui transforme intérieurement l'homme, comme principe d'une vie nouvelle qui ne disparaît ni ne passe, mais qui dure pour la vie éternelle . Cette vie promise et offerte à chaque homme par le Père en Jésus-Christ, Fils unique et éternel, incarné et né de la Vierge Marie «quand vint la plénitude du temps» , est l'accomplissement final de la vocation de l'homme. C'est en quelque sorte l'accomplissement de ce «destin» que Dieu lui a préparé de toute éternité. Ce «destin divin» suit son cours par-delà toutes les énigmes, les inconnues, les méandres, les détours du «destin humain» dans le monde temporel. Si en effet tout ceci conduit par une nécessité inévitable, malgré la richesse de la vie temporelle, jusqu'aux confins de la mort et à la destruction du corps humain, le Christ nous apparaît au-delà de cette frontière. «Je suis la résurrection et la vie; celui qui croit en moi... ne mourra pas pour toujours» . En Jésus-Christ crucifié, déposé dans le sépulcre et ensuite ressuscité, «resplendit pour nous l'espérance de la résurrection bienheureuse..., la promesse de l'immortalité future» , vers laquelle s'en va l'homme à travers la mort du corps, en partageant avec toutes les créatures visibles cette nécessité à la quelle la matière est soumise. Nous cherchons à approfondir toujours davantage le langage de cette vérité que le Rédempteur de l'homme a enfermée dans cette phrase: «C'est l'Esprit qui donne la vie, la chair ne sert de rien» . Ces paroles, malgré les apparences, expriment la plus haute affirmation de l'homme: l'affirmation du corps, que l'Esprit vivifie....
.... l'Eglise s'unit à l'Esprit du Christ, à cet Esprit Saint que le Rédempteur avait promis, qu'il communique sans cesse et dont la venue, manifestée le jour de la Pentecôte, dure toujours. Ainsi se révèlent dans les hommes les forces de l'Esprit , les dons de l'Esprit , les fruits de l'Esprit Saint . Et l'Eglise de notre temps semble répéter avec une ferveur toujours plus grande et une sainte insistance: «Viens, Esprit Saint!». Viens! Viens! «Lave ce qui est souillé! Baigne ce qui est aride! Guéris ce qui est blessé! Assouplis ce qui est raide! Réchauffe ce qui est froid! Rends droit ce qui est faussé
Cette invocation à l'Esprit et par l'Esprit n'est autre qu'une façon constante de pénétrer dans la pleine dimension du mystère de la Rédemption, selon lequel le Christ, uni au Père et avec tout homme, nous communique continuellement cet Esprit qui met en nous les sentiments du Fils et nous tourne vers le Père"


Autre point d'importance sur lequel Jean-Paul II vient d'affirmer un autre dogme de Foi : le catholique croit en UN Dieu Trinitaire composé de trois personnes chacune distincetes, chacune avec des caractéristiques particulières . Un "progressiste" de base, s'il y en a, est K.O d'emblée ! Continuons...


"Dans le mystère de la Rédemption, c'est-à-dire dans l'oeuvre de salut accomplie par le Christ, l'Eglise ne participe pas seulement à la bonne nouvelle de son Maître par sa fidélité à sa parole et le service de la vérité, mais elle participe également, par sa soumission pleine d'espérance et d'amour, à la force de son action rédemptrice, qu'il a exprimée et placée dans les sacrements, principalement dans l'Eucharistie .....


C'est on ne peut plus clair. NUl ne peut être sauvé s'il ne va pas aux sacrements de l'Eglise. J'insiste d'ailleurs sur le point mis en exergue par Jean-Paul II. En effet, combien de fois n'a t-on pas entendu moults clercs ou certains journaux dits "chrétiens" que "la Parole" suffisait ? Eh bien non ! Et le Saint-Père dévelloppe :


"L'Eucharistie est le sacrement le plus parfait de cette union. En célébrant l'Eucharistie et en y participant, nous sommes unis au Christ terrestre et céleste qui intercède pour nous auprès du Père , mais nous ne sommes unis à Lui qu'à travers l'acte rédempteur de son sacrifice par lequel il nous a rachetés de manière telle que nous avons été «achetés à grand prix» . Le «grand prix» de notre Rédemption montre tout à la fois la valeur que Dieu lui-même attribue à l'homme et notre dignité dans le Christ. En devenant «fils de Dieu» , fils adoptifs , nous devenons en même temps à sa ressemblance «un royaume de prêtres», nous recevons «le sacerdoce royal» , c'est-à-dire que nous participons à cette unique et irréversible restitution de l'homme et du monde au Père que Lui, à la fois Fils éternel et homme véritable, a accomplie une fois pour toutes. L'Eucharistie est le sacrement dans lequel s'exprime le plus complètement notre être nouveau; en lui aussi le Christ lui-même, continuellement et de façon toujours nouvelle, «rend témoignage» dans l'Esprit Saint à notre esprit que chacun de nous, en tant que participant au mystère de la Rédemption, a accès aux fruits de la réconciliation filiale avec Dieu qu'Il a lui-même réalisée et qu'il réalise toujours parmi nous par le ministère de l'Eglise."


Maintenant, après avoir parlé magnifiquement de l'Eucharistie, le voilà qui insiste sur un point fondamental de la doctrine catholique (encore un autre). En quelques phrases, il affirme la Transsubstantiation, l'aspect sacrificiel eucharistique et non seulement "une occasion de manifester la fraternité". Celà va à l'encontre de tous ce que disent effrontément nombre de nos prêtres ou évêques ! Hélas... Mais voilà encore de nouveaux dogmes bien assénés par le Vicaire du Christ nouvellement élu...


"Et bien qu'il soit vrai que l'Eucharistie fut toujours et doit être encore la révélation la plus profonde et la célébration la meilleure de la fraternité humaine des disciples du Christ et de ceux qui lui rendent témoignage, elle ne peut pas être traitée seulement comme une «occasion» de manifester cette fraternité. Dans la célébration du sacrement du Corps et du Sang du Seigneur, il faut respecter la pleine dimension du mystère divin, le sens plénier de ce signe sacramentel dans lequel le Christ réellement présent est reçu, l'âme est comblée de grâce et le gage de la gloire future nous est donné . De là découle le devoir d'observer rigoureusement les règles liturgiques et tout ce qui est le témoignage du culte communautaire rendu à Dieu...


Après ce clin d'oeil à la Liturgie, le Saint-Père va maintenant enfoncer le clou en situant le sacrement de Pénitence dans ses perspectives... en dénonçant l'abus des absolutions collectives !


"Le Christ, qui invite au banquet eucharistique, est toujours le Christ qui exhorte à la pénitence, qui répète: «Convertissez-vous» . Sans cet effort constant et toujours repris pour la conversion, la participation à l'Eucharistie serait privée de sa pleine efficacité rédemptrice (rappel catéchétique très "tradi", non?); en elle ferait défaut ou du moins se trouverait affaiblie la disponibilité particulière à offrir à Dieu le sacrifice spirituel dans laquelle s'exprime de manière essentielle et universelle notre participation au sacerdoce du Christ. Dans le Christ, en effet, le sacerdoce est uni à son propre sacrifice avec la donation qu'il fait de lui-même au Père; et cette donation, précisément parce qu'elle est illimitée, fait naître en nous, hommes sujets à de multiples limitations, le besoin de nous tourner vers Dieu d'une manière toujours plus réfléchie, grâce à une conversion constante et toujours plus profonde....
.... On a beaucoup fait, au cours des dernières années, pour mettre en relief, conformément du reste à la tradition la plus ancienne de l'Eglise, l'aspect communautaire de la pénitence, et surtout du sacrement de pénitence dans la pratique ecclésiale. Ces initiatives sont utiles et serviront certainement à enrichir la pratique pénitentielle de l'Eglise contemporaine. Nous ne pouvons pas oublier cependant que la conversion est un acte intérieur d'une profondeur particulière dans lequel l'homme ne peut pas être suppléé par autrui, il ne peut se faire «remplacer» par la communauté. Bien que la communauté fraternelle des fidèles qui participent à la célébration pénitentielle favorise grandement la conversion personnelle, il est cependant nécessaire, en définitive, que cet acte soit une démarche de l'individu lui-même, dans toute la profondeur de sa conscience, avec le sentiment plénier de sa culpabilité et de sa confiance en Dieu, en se mettant en face de Lui comme le psalmiste pour confesser: «J'ai péché contre toi» . C'est pourquoi l'Eglise, observant fidèlement la pratique pluriséculaire du sacrement de pénitence - la pratique de la confession individuelle unie à l'acte personnel de contrition, au propos de se corriger et de réparer - défend le droit particulier de l'âme humaine.."


La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut : la Liberté est de servir le Christ... Doctrine très catholique celle-là :


"A notre époque, on estime parfois de manière erronée que la liberté est à elle-même sa propre fin, que tout homme est libre quand il s'en sert comme il veut, et qu'il est nécessaire de tendre vers ce but dans la vie des individus comme dans la vie des sociétés. La liberté, au contraire, est un grand don seulement quand nous savons en user avec sagesse pour tout ce qui est vraiment bien. Le Christ nous enseigne que le meilleur usage de la liberté est la charité, qui se réalise dans le don et le service. C'est par une telle «liberté que le Christ nous a rendus libres» et qu'il nous libère toujours.


Voilà enfin le passage le plus beau : c'est le passage où il loue la Sainte Vierge PAR QUI toute action doit se faire CONFORMEMENT aux volontés du Seigneur...


"Marie est Mère de l'Eglise parce que, en vertu de l'élection ineffable du Père éternel lui-même et sous l'action particulière de l'Esprit d'Amour , elle a donné la vie humaine au Fils de Dieu, «pour qui et par qui existent toutes choses» , et dont le peuple de Dieu tout entier reçoit la grâce et la dignité de son élection. Son propre Fils a voulu explicitement étendre la maternité de sa Mère - et l'étendre d'une manière facilement accessible à toutes les âmes et à tous les coeurs - en lui donnant du haut de la croix son disciple bien-aimé pour fils . L'Esprit-Saint lui suggéra de demeurer elle aussi au Cénacle après l'Ascension de Notre-Seigneur, recueillie dans la prière et dans l'attente avec les Apôtres jusqu'au jour de la Pentecôte, jour où l'Eglise, sortant de l'obscurité, devait naître visiblement . Et depuis, toutes les générations des disciples et de tous ceux qui rendent témoignage au Christ et qui l'aiment, comme l'apôtre Jean, accueillirent spirituellement dans leurs maisons cette Mère qui se trouve ainsi depuis le commencement, c'est-à-dire depuis le moment de l'Annonciation, insérée dans l'histoire du salut et dans la mission de l'Eglise. C'est pourquoi nous tous qui formons la génération actuelle des disciples du Christ, nous désirons nous unir à Elle d'une manière particulière. Nous le faisons avec tout notre attachement à la tradition ancienne et, en même temps, avec beaucoup de respect et d'amour pour les membres de toutes les communautés chrétiennes..... Marie doit se trouver sur tous les chemins de la vie quotidienne de l'Eglise".


images/icones/neutre.gif  ( 593579 )Bien sûr par Maïe (2011-04-29 11:59:57) 
[en réponse à 593577]

-+IHS+-
mais n'empêche...
Ce ne sont pas les écrits ni les discours de Jean-Paul II qui permettront d'y voir clair sur l'Islam, par exemple. C'est dommage, il était pape.
De ce point de vue, la douceur obstinée de Benoît XVI a quelque chose de moins flamboyant, certes, mais de plus exact, de plus précis, de plus juste pour tout dire.
Il est possible que Jean-Paul II ait eu raison de dire que catholiques et musulmans adorent le même Dieu... Sait-on jamais, au fond ?
Dans le jardin d’Éden, le diable n'a pas dit que Dieu n'existait pas, il a seulement dit qu'il était cruel et même injuste, car privant les hommes de la connaissance.
C'est donc bien le même Dieu.
Le problème est ailleurs ; et ce ne sont pas des discours tautologiques d'un pape qui résoudront ce problème-là, bien au contraire.

En l'espèce, "le côté obscure de la Force", c'est assez bien trouvé (pour détendre l'atmosphère).
images/icones/1a.gif  ( 593583 )Ce qui est certain par 8Charly (2011-04-29 13:03:28) 
[en réponse à 593579]

Ce qui est certain c'est que JP II animé de cette foi, en tous points conforme à la tradition de l'Eglise, peut aller où bon lui semble à la rencontre des hommes et des autres religions.

C'est comme cela qu'il faut prendre ses nombreuses initiatives: un témoin du Christ au milieu des pécheurs, annonçant par sa présence, la bonne nouvelle !

Après les pécheurs en font ce qu'ils en veullent : l'Eglise n'a pas une obligation de résultat !

Le résultat véritable est souvent caché aux yeux des hommes.
images/icones/neutre.gif  ( 593599 )Maïe... par etienne_rg (2011-04-29 17:47:22) 
[en réponse à 593579]

le rôle du pape n'est-il pas de nous affermir dans notre foi, de nous faire grandir dans celle-ci, de nous tirer vers Dieu ???
L'Islam, son explication, n'est qu'une partie très... marginale de son ministère...

Ceci est une question...
images/icones/coeurbrise.gif  ( 593603 )Yes par Maïe (2011-04-29 18:35:41) 
[en réponse à 593599]

-+IHS+-
That is the question,
Royal wedding oblige !