Redemptor Hominis ! - Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 4 mars 1979, premier dimanche du Carême -
Je vous fais part de quelques extraits commentés par mes soins en italique .
Jean-Paul II commence par cette phrase magnifique, extraordinaire, qui devrait toucher tout homme "en quête" : "LE RÉDEMPTEUR DE L'HOMME, Jésus-Christ, est le centre du cosmos et de l'histoire" ........ Jean-Paul II réaffirme que le point central de toute théologie catholique, à savoir que c'est avec la venue du Christ que se réalise "La Fin des Temps" : ... "Dans l'acte même de cette Rédemption, l'histoire de l'homme a atteint son sommet dans le dessein d'amour de Dieu..... «
Heureuse faute qui nous valut un tel et un si grand Rédempteur!»
L'encyclique est divisé en trois grands chapîtres. J'en cite quelques parties, parfois un peu longues, mais nécessaires si l'on veut discerner un pape "amoureux" du genre humain amis "pleinement" catholique (j'ai honte de l'écrire!)!
LE MYSTÈRE DE LA RÉDEMPTION
"C'est précisément ici, Frères, Fils et Filles très chers, que s'impose une réponse fondamentale et essentielle, à savoir:
l'unique orientation de notre esprit, l'unique direction de notre intelligence, de notre volonté et de notre coeur est pour nous le Christ, Rédempteur de l'homme, le Christ, Rédempteur du monde. C'est vers Lui que nous voulons tourner notre regard parce que c'est seulement
en Lui, le Fils de Dieu,
que se trouve le salut, et nous renouvelons la proclamation de Pierre: «
Seigneur, à qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle"....
N'apparaît-il pas clairement, dès les premières phrases que SEUL le Christ sauve et rachète les hommes ? Et jean-Paul II s'enthousiasme :
.... "Le Rédempteur du monde! En Lui s'est révélée, d'une manière nouvelle et plus admirable, la vérité fondamentale sur la création que le livre de la Genèse atteste quand il répète à plusieurs reprises: «
Dieu vit que cela était bon» . Le Bien prend sa source dans la sagesse et dans l'amour. En Jésus-Christ, le monde visible, créé par Dieu pour l'homme -
ce monde qui, lorsque le péché y est entré, a été soumis à la caducité - retrouve de nouveau son lien originaire avec la source divine de la sagesse et de l'amour. En effet, «
Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique» . De même que dans l'homme-Adam ce lien avait été brisé, dans l'Homme-Christ il a été de nouveau renoué "
Vous noterez avec moi qu'il souligne fortement qu'AVANT, le pêché originel avait condamné l'espèce humaine et que c'est l'arrivée du Seigneur qui permet le rachat. MAIS, contrairement à ce qu'on peut affirmer, par exemple: "tous les hommes sont ontologiquement renouvelés en Christ du simple fait de l'incarnation", Jean-Paul II réaffirme AVEC FORCE l'importance des sacrements, condamne le sacrement de pénitence donné collectivement, et rapelle l'importance de la liturgie. ET pour ce faire il vous faut aller directement à la troisième partie de son encyclique (ci-dessous). Mais continuons avec lui à re-découvrir le Christ :
"Jésus-Christ, Fils du Dieu vivant, est devenu notre réconciliation avec le Père .
C'est Lui, et Lui seulement, qui a correspondu pleinement à l'amour éternel du Père, à cette paternité que Dieu a exprimée dès le commencement en créant le monde, en donnant à l'homme toute la richesse de la création, en le faisant «
à peine moindre que les anges» en tant que créé «
à l'image et à la ressemblance de Dieu» . Le Christ a également correspondu pleinement à cette paternité de Dieu et à cet amour, alors que l'homme a rejeté cet amour en rompant la première Alliance et toutes celles que Dieu par la suite a souvent offertes aux hommes . La Rédemption du monde - ce mystère redoutable de l'amour, dans lequel la création est renouvelée - est, dans ses racines les plus profondes, la plénitude de la justice dans un Coeur humain, dans le Coeur du Fils premier-né, afin qu'elle puisse devenir la justice des coeurs de beaucoup d'hommes, qui, dans ce Fils premier-né, ont été prédestinés de toute éternité à devenir fils de Dieu et appelés à la grâce, appelés à l'amour. La croix du Calvaire, sur laquelle Jésus-Christ - Homme, fils de la Vierge Marie, fils putatif de Joseph de Nazareth - «
quitte» ce monde, est en même temps une manifestation nouvelle de la paternité éternelle de Dieu, lequel, dans le Christ, se fait de nouveau proche de l'humanité, de tout homme, en lui donnant «
l'esprit de Vérité» trois fois Saint.
En réalité dans ce passage, le saint-Père, loin de justifier "ontologiquement tous les hommes dans un rachat automatique dans le Christ" rappelle à tous une vérité théologique de fond, à savoir que Jésus-Christ EST le SEUL médiateur ! J'ai souligné son propos pécédemment. C'est très clair : balayé Bouddha, Mahommet oeu je ne sais qui ... Le pape dit bein (et l'écrit): "C'est Lui, et Lui seulement, qui a correspondu pleinement à l'amour éternel du Père". Continuons.
"L'homme ne peut vivre sans amour. Il demeure pour lui-même un être incompréhensible, sa vie est privée de sens s'il ne reçoit pas la révélation de l'amour, s'il ne rencontre pas l'amour, s'il n'en fait pas l'expérience et s'il ne le fait pas sien, s'il n'y participe pas fortement. C'est pourquoi, comme on l'a déjà dit,
le Christ Rédempteur révèle pleinement l'homme à lui-même. Telle est, si l'on peut s'exprimer ainsi, la dimension humaine du mystère de la Rédemption. Dans cette dimension, l'homme retrouve la grandeur, la dignité et la valeur propre de son humanité.....Cette admiration justifie la mission de l'Eglise dans le monde, et même, peut-être plus encore, «
dans le monde contemporain».
Le saint-Père souligne avec délicatesse les conséquences induites par le fait que seul le Christ rachète les hommes : Lui Seul sait aimer, Lui Seul peut nous aimer, et EN LUI seul nous trouverons l'AMOUR... Continuons.
"
Il faut donc que nous tous, disciples du Christ, nous nous rencontrions et nous unissions autour de Lui. Cette union, dans les divers domaines de la vie, de la tradition, des structures et des disciplines de chaque Eglise et Communauté ecclésiale, ne peut se réaliser sans un travail sérieux tendant à la connaissance réciproque et à la suppression des obstacles qui se trouvent sur la voie de l'unité parfaite. Cependant, nous pouvons et nous devons d'ores et déjà parvenir à notre unité et la manifester: en annonçant le mystère du Christ, en montrant la dimension à la fois divine et humaine de la Rédemption, en luttant avec une persévérance inlassable pour cette dignité que chaque homme a atteinte et peut atteindre continuellement dans le Christ et qui est la dignité de la grâce de l'adoption divine et en même temps la dignité de la vérité intérieure de l'humanité"
L'HOMME RACHETÉ ET SA SITUATION DANS LE MONDE CONTEMPORAIN
«par l'Incarnation le Fils de Dieu s'est uni d'une
certaine manière à tout homme»
Il faut souligner le "d'une certaine manière". Charles de Foucauld ne disait pas autre chose . Jésus-Christ est autant parmi ceux qui louent le Seigneur que parmi ceux qui sont possésés par le démon. Allons-y carrément. Ce qui ne veut pas dire que tous seront rachetés : tous PEUVENT l'être à partir du moment où ils le choisissent.. Lui, qui attend.
"Jésus-Christ est la route principale de l'Eglise. Lui-même est notre route vers «
la maison du Père» , et il est aussi la route pour tout homme. Sur cette route qui conduit du Christ à l'homme, sur cette route où le Christ s'unit à chaque homme, l'Eglise ne peut être arrêtée par personne.... Tout homme vient au monde en étant conçu dans le sein de sa mère et en naissant de sa mère, et c'est précisément à cause du mystère de la Rédemption qu'il est confié à la sollicitude de l'Eglise. Cette sollicitude s'étend à l'homme tout entier et est centrée sur lui d'une manière toute particulière. L'objet de cette profonde attention est l'homme dans sa réalité humaine unique et impossible à répéter, dans laquelle demeure intacte l'image et la ressemblance avec Dieu lui-même"
Suit alors dans l'encyclique un panorama assez complet sur l'état du monde et des inquiétudes qui traversent les hommes...
LA MISSION DE L'EGLISE ET LE DESTIN DE L'HOMME
"Si le Christ «
s'est en quelque sorte uni lui-même à tout homme» , l'Eglise, en pénétrant dans l'intimité de ce mystère, dans son langage riche et universel, vit aussi plus profondément sa nature et sa mission. Ce n'est pas en vain que l'Apôtre parle du "
Corps du Christ" qu'est l'Eglise . Si ce Corps mystique du Christ est le peuple de Dieu - comme dira par la suite le Concile Vatican II en se fondant sur toute la tradition biblique et patristique -
cela signifie que tout homme est dans ce Corps pénétré par le souffle de vie qui vient du Christ. En ce sens également se tourner vers l'homme, vers ses problèmes réels, vers ses espérances et ses souffrances, ses conquêtes et ses chutes, fait que l'Eglise elle-même comme corps, comme organisme, comme unité sociale, perçoit les impulsions divines, les lumières et les forces de l'Esprit Saint qui proviennent du Christ crucifié et ressuscité, et c'est là précisément la raison d'être de sa vie. L'Eglise n'a pas d'autre vie que celle que lui donne son Epoux et Seigneur. En effet, parce que le Christ s'est uni à elle dans son ministère de Rédemption, l'Eglise doit être fortement unie à chaque homme."
J'ai souligné le passage ci-dessus car il est profondément mystérieux et en même temps il porte sur le Saint-Esprit dont, d'ailleurs le Saint-Père se met à parler plus intensément. Le problème de fond surtout, c'est qu'un grand nombre d'entre nous ignore le Saint-Esprit et "peu" d'ouvrages existent sur Lui (en comparaison de ce qui a pu être écrit sur le Christ )...
"Cette union du Christ avec l'homme est en elle-même un mystère dont naît l'«
homme nouveau», appelé à participer à la vie de Dieu , créé à nouveau dans le Christ et élevé à la plénitude de la grâce et de la vérité .
Son union avec le Christ fait la force de l'homme et est la source de cette force, selon l'expression incisive de saint Jean dans le prologue de son Evangile: «
Le Verbe a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu» . Voilà la force qui transforme intérieurement l'homme, comme principe d'une vie nouvelle qui ne disparaît ni ne passe, mais qui dure pour la vie éternelle . Cette vie promise et offerte à chaque homme par le Père en Jésus-Christ, Fils unique et éternel, incarné et né de la Vierge Marie «
quand vint la plénitude du temps» , est l'accomplissement final de la vocation de l'homme. C'est en quelque sorte l'accomplissement de ce «
destin» que Dieu lui a préparé de toute éternité. Ce «
destin divin» suit son cours par-delà toutes les énigmes, les inconnues, les méandres, les détours du «destin humain» dans le monde temporel. Si en effet tout ceci conduit par une nécessité inévitable, malgré la richesse de la vie temporelle, jusqu'aux confins de la mort et à la destruction du corps humain, le Christ nous apparaît au-delà de cette frontière. «
Je suis la résurrection et la vie; celui qui croit en moi... ne mourra pas pour toujours» . En Jésus-Christ crucifié, déposé dans le sépulcre et ensuite ressuscité, «
resplendit pour nous l'espérance de la résurrection bienheureuse..., la promesse de l'immortalité future» , vers laquelle s'en va l'homme à travers la mort du corps, en partageant avec toutes les créatures visibles cette nécessité à la quelle la matière est soumise. Nous cherchons à approfondir toujours davantage le langage de cette vérité que le Rédempteur de l'homme a enfermée dans cette phrase: «
C'est l'Esprit qui donne la vie, la chair ne sert de rien» . Ces paroles, malgré les apparences, expriment la plus haute affirmation de l'homme: l'affirmation du corps, que l'Esprit vivifie....
....
l'Eglise s'unit à l'Esprit du Christ, à cet Esprit Saint que le Rédempteur avait promis, qu'il communique sans cesse et dont la venue, manifestée le jour de la Pentecôte, dure toujours. Ainsi se révèlent dans les hommes les forces de l'Esprit , les dons de l'Esprit , les fruits de l'Esprit Saint . Et l'Eglise de notre temps semble répéter avec une ferveur toujours plus grande et une sainte insistance: «
Viens, Esprit Saint!». Viens! Viens! «
Lave ce qui est souillé! Baigne ce qui est aride! Guéris ce qui est blessé! Assouplis ce qui est raide! Réchauffe ce qui est froid! Rends droit ce qui est faussé!»
Cette invocation à l'Esprit et par l'Esprit n'est autre qu'une façon constante de pénétrer dans la pleine dimension du mystère de la Rédemption, selon lequel le Christ, uni au Père et avec tout homme, nous communique continuellement cet Esprit qui met en nous les sentiments du Fils et nous tourne vers le Père"
Autre point d'importance sur lequel Jean-Paul II vient d'affirmer un autre dogme de Foi : le catholique croit en UN Dieu Trinitaire composé de trois personnes chacune distincetes, chacune avec des caractéristiques particulières . Un "progressiste" de base, s'il y en a, est K.O d'emblée ! Continuons...
"
Dans le mystère de la Rédemption, c'est-à-dire dans l'oeuvre de salut accomplie par le Christ, l'Eglise ne participe pas seulement à la bonne nouvelle de son Maître par sa fidélité à sa parole et le service de la vérité, mais elle participe également, par sa soumission pleine d'espérance et d'amour,
à la force de son action rédemptrice, qu'il a exprimée et placée dans les sacrements, principalement dans l'Eucharistie .....
C'est on ne peut plus clair. NUl ne peut être sauvé s'il ne va pas aux sacrements de l'Eglise. J'insiste d'ailleurs sur le point mis en exergue par Jean-Paul II. En effet, combien de fois n'a t-on pas entendu moults clercs ou certains journaux dits "chrétiens" que "la Parole" suffisait ? Eh bien non ! Et le Saint-Père dévelloppe :
"
L'Eucharistie est le sacrement le plus parfait de cette union. En célébrant l'Eucharistie et en y participant, nous sommes unis au Christ terrestre et céleste qui intercède pour nous auprès du Père , mais nous ne sommes unis à Lui qu'à travers l'acte rédempteur de son sacrifice par lequel il nous a rachetés de manière telle que nous avons été «
achetés à grand prix» . Le «
grand prix» de notre Rédemption montre tout à la fois la valeur que Dieu lui-même attribue à l'homme et notre dignité dans le Christ. En devenant «
fils de Dieu» , fils adoptifs , nous devenons en même temps à sa ressemblance «
un royaume de prêtres», nous recevons «
le sacerdoce royal» , c'est-à-dire que nous participons à cette unique et irréversible restitution de l'homme et du monde au Père que Lui, à la fois Fils éternel et homme véritable, a accomplie une fois pour toutes. L'Eucharistie est le sacrement dans lequel s'exprime le plus complètement notre être nouveau; en lui aussi le Christ lui-même, continuellement et de façon toujours nouvelle, «
rend témoignage» dans l'Esprit Saint à notre esprit que chacun de nous, en tant que participant au mystère de la Rédemption, a accès aux fruits de la réconciliation filiale avec Dieu qu'Il a lui-même réalisée et qu'il réalise toujours parmi nous par le ministère de l'Eglise."
Maintenant, après avoir parlé magnifiquement de l'Eucharistie, le voilà qui insiste sur un point fondamental de la doctrine catholique (encore un autre). En quelques phrases, il affirme la Transsubstantiation, l'aspect sacrificiel eucharistique et non seulement "une occasion de manifester la fraternité". Celà va à l'encontre de tous ce que disent effrontément nombre de nos prêtres ou évêques ! Hélas... Mais voilà encore de nouveaux dogmes bien assénés par le Vicaire du Christ nouvellement élu...
"Et bien qu'il soit vrai que l'Eucharistie fut toujours et doit être encore la révélation la plus profonde et la célébration la meilleure de la fraternité humaine des disciples du Christ et de ceux qui lui rendent témoignage,
elle ne peut pas être traitée seulement comme une «occasion» de manifester cette fraternité. Dans la célébration du sacrement du Corps et du Sang du Seigneur,
il faut respecter la pleine dimension du mystère divin, le sens plénier de ce signe sacramentel dans lequel le Christ réellement présent est reçu, l'âme est comblée de grâce et le gage de la gloire future nous est donné .
De là découle le devoir d'observer rigoureusement les règles liturgiques et tout ce qui est le témoignage du culte communautaire rendu à Dieu...
Après ce clin d'oeil à la Liturgie, le Saint-Père va maintenant enfoncer le clou en situant le sacrement de Pénitence dans ses perspectives... en dénonçant l'abus des absolutions collectives !
"Le Christ, qui invite au banquet eucharistique, est toujours le Christ qui
exhorte à la pénitence, qui répète: «
Convertissez-vous» .
Sans cet effort constant et toujours repris pour la conversion, la participation à l'Eucharistie serait privée de sa pleine efficacité rédemptrice (
rappel catéchétique très "tradi", non?); en elle ferait défaut ou du moins se trouverait affaiblie la disponibilité particulière à offrir à Dieu le sacrifice spirituel dans laquelle s'exprime de manière essentielle et universelle notre participation au sacerdoce du Christ. Dans le Christ, en effet, le sacerdoce est uni à son propre sacrifice avec la donation qu'il fait de lui-même au Père; et cette donation, précisément parce qu'elle est illimitée, fait naître en nous, hommes sujets à de multiples limitations, le besoin de nous tourner vers Dieu d'une manière toujours plus réfléchie, grâce à une conversion constante et toujours plus profonde....
.... On a beaucoup fait, au cours des dernières années, pour mettre en relief, conformément du reste à la tradition la plus ancienne de l'Eglise, l'aspect communautaire de la pénitence, et surtout du sacrement de pénitence dans la pratique ecclésiale. Ces initiatives sont utiles et serviront certainement à enrichir la pratique pénitentielle de l'Eglise contemporaine.
Nous ne pouvons pas oublier cependant que la conversion est un acte intérieur d'une profondeur particulière dans lequel l'homme ne peut pas être suppléé par autrui, il ne peut se faire «
remplacer» par la communauté. Bien que la communauté fraternelle des fidèles qui participent à la célébration pénitentielle favorise grandement la conversion personnelle,
il est cependant nécessaire, en définitive, que cet acte soit une démarche de l'individu lui-même, dans toute la profondeur de sa conscience, avec le sentiment plénier de sa culpabilité et de sa confiance en Dieu, en se mettant en face de Lui comme le psalmiste pour confesser: «
J'ai péché contre toi» . C'est pourquoi l'Eglise, observant fidèlement la pratique pluriséculaire du sacrement de pénitence -
la pratique de la confession individuelle unie à l'acte personnel de contrition, au propos de se corriger et de réparer - défend le droit particulier de l'âme humaine.."
La liberté n'est pas de faire ce que l'on veut : la Liberté est de servir le Christ... Doctrine très catholique celle-là :
"A notre époque, on estime parfois de manière erronée que la liberté est à elle-même sa propre fin, que tout homme est libre quand il s'en sert comme il veut, et qu'il est nécessaire de tendre vers ce but dans la vie des individus comme dans la vie des sociétés.
La liberté, au contraire, est un grand don seulement quand nous savons en user avec sagesse pour tout ce qui est vraiment bien. Le Christ nous enseigne que le meilleur usage de la liberté est la charité, qui se réalise dans le don et le service. C'est par une telle «
liberté que le Christ nous a rendus libres» et qu'il nous libère toujours.
Voilà enfin le passage le plus beau : c'est le passage où il loue la Sainte Vierge PAR QUI toute action doit se faire CONFORMEMENT aux volontés du Seigneur...
"Marie est Mère de l'Eglise parce que, en vertu de l'élection ineffable du Père éternel lui-même et sous l'action particulière de l'Esprit d'Amour , elle a donné la vie humaine au Fils de Dieu, «
pour qui et par qui existent toutes choses» , et dont le peuple de Dieu tout entier reçoit la grâce et la dignité de son élection. Son propre Fils a voulu explicitement étendre la maternité de sa Mère - et l'étendre d'une manière facilement accessible à toutes les âmes et à tous les coeurs - en lui donnant du haut de la croix son disciple bien-aimé pour fils . L'Esprit-Saint lui suggéra de demeurer elle aussi au Cénacle après l'Ascension de Notre-Seigneur, recueillie dans la prière et dans l'attente avec les Apôtres jusqu'au jour de la Pentecôte, jour où l'Eglise, sortant de l'obscurité, devait naître visiblement .
Et depuis, toutes les générations des disciples et de tous ceux qui rendent témoignage au Christ et qui l'aiment, comme l'apôtre Jean, accueillirent spirituellement dans leurs maisons cette Mère qui se trouve ainsi depuis le commencement, c'est-à-dire depuis le moment de l'Annonciation, insérée dans l'histoire du salut et dans la mission de l'Eglise. C'est pourquoi nous tous qui formons la génération actuelle des disciples du Christ, nous désirons nous unir à Elle d'une manière particulière. Nous le faisons avec tout notre attachement à la tradition ancienne et, en même temps, avec beaucoup de respect et d'amour pour les membres de toutes les communautés chrétiennes.....
Marie doit se trouver sur tous les chemins de la vie quotidienne de l'Eglise".