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images/icones/fleur.gif  ( 592818 )14 Avril - Le Saint du Jour et sa Pratique par Castille (2011-04-14 00:10:37) 



1404 sur INTROIBO : Jeudi de la Passion

SAINTE LYDWINE de SCHIEDAM
Vierge
(1380-1433)

Issus d'ancêtres nobles, mais tombés dans la pauvreté, les parents de Lydwine n'avaient pas pour cela hésité à élever neuf enfants, huit garçons et une fille. Celle-ci, venue au monde la cinquième, le 18 mars 1380, était une enfant gracieuse et forte, d'une avenante beauté.

Quand, à quinze ans, ses charmes et ses qualités lui attirèrent de nombreuses demandes de mariage, elle dit à ses parents: "Je demanderais plutôt à DIEU de me rendre laide pour repousser les regards des hommes." DIEU la prit au mot.

À la suite d'une chute où elle eut une côte brisée, on la transporta sur son lit; elle ne le quitta plus jusqu'à sa mort. Malgré tous les soins prodigués, le mal ne fit qu'empirer. Un abcès se forma qui ne lui permettait plus de rester ni couchée, ni assise, ni levée; perdant l'usage de ses jambes, elle se traînait sur les genoux, sur les coudes, se cramponnant aux meubles.

Ses pleurs, ses cris, ses gémissements effrayaient et éloignaient tout le monde, sauf ses admirables parents, qui ne cessèrent de la soigner avec amour. Peu à peu il lui devint même impossible de ramper ainsi. Trois plaies profondes s'ouvrirent dans son pauvre corps, dont l'une se remplit de vers, qui y grouillaient en telle quantité qu'on en retirait jusqu'à deux cents en vingt-quatre heures. Comme on soulageait les ulcères, une tumeur lui vint à l'épaule, à laquelle s'ajouta bientôt le "mal des ardents" qui dévora ses chairs jusqu'aux os.

À cette nomenclature incomplète de ses maux, il faut ajouter la torture des remèdes inventés par l'ignorante bonne volonté des médecins, qui ne réussirent guère qu'à remplacer une maladie par une autre.

Ainsi Lydwine était couchée sur le dos, impuissante à se remuer, n'ayant que l'usage de la tête et du bras gauche, torturée sans cesse, perdant son sang, dévorée des vers, et pourtant vivant et gardant assez de forces pour ne pas mourir. Et au milieu de tout cela elle était heureuse, et se disait prête à souffrir ainsi pendant de longues années.

À partir de 1414, jusqu'à sa mort, c'est à dire pendant dix-neuf ans, elle ne se nourrit que de la Sainte Eucharistie. Jusqu'à la fin, ses maux s'aggravèrent; mais ses plaies, ses vomissements n'exhalaient plus que des odeurs suaves et parfumées. Aussi on venait plus volontiers la voir, entretenir et écouter ses pieuses exhortations. Rien de plus ardent que sa charité, toujours au service des malheureux qu'elle secourait malgré son indigente pauvreté, et des affligés qui trouvaient auprès d'elle consolation.

Ce fut le mardi de Pâques 1433 que Lydwine acheva la montée de son Calvaire, qui avait duré trente-sept ans. Aussitôt son pauvre corps exténué, défiguré, reprit ses couleurs, son embonpoint et sa beauté; il exhalait un parfum plus suave que jamais.

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SAINT BENEZET ou BENOIT
Berger
(1165-1184)


Saint Bénézet vint au monde en Savoie, l'an 1165. Il fut élevé sous le toit de chaume de ses parents, qui, pauvres des biens de la terre, mais riches des biens du ciel, lui apprirent de bonne heure à aimer DIEU.

Quand il eut douze ans, sa mère, devenue veuve, l'employa à la garde des troupeaux. Or un jour, dans la campagne, Bénezet entendit trois fois cette parole : « Bénezet, mon fils, écoute la voix de JESUS-CHRIST. — Qui êtes-vous? dit l'enfant; j'entends, mais je ne vois pas. — Je suis JESUS-CHRIST, qui d'une seule parole ai tout créé. — SEIGNEUR, que me voulez-vous? — Je veux que tu laisses ton troupeau et que tu ailles me bâtir un pont sur le Rhône. — Mais, SEIGNEUR,, je ne sais où est le Rhône, et je n'ose abandonner les brebis de ma mère. — Va, je serai avec toi, et tes brebis retourneront à l'étable, et je vais te donner un compagnon qui te conduira. — Mais, SEIGNEUR, je n'ai que trois oboles ; comment pourrai-je construire un pont sur le Rhône? — Va, mon fils, je te donnerai les moyens. »

Et l'enfant laissa sa mère et son troupeau, pour obéir à la voix du Ciel. Un ange, sous la forme d'un pèlerin, vint tout à coup s'offrir pour le conduire. Quand ils arrivèrent au bord du Rhône, Bénézet, saisi de frayeur à la vue de la-largeur du fleuve, s'écria : « II est impossible de faire un pont ici. — Ne crains rien, dit le guide, DIEU sera avec toi : va vers ce batelier, qui te fera passer le fleuve, et tu iras te présenter à l'évêque d'Avignon et à son peuple. »

Et disant cela, l'ange dis­parut. L'enfant se rendit à la cathédrale. L'évêque y parlait à son peuple ; mais Bénézet l'interrompit en disant : "Écoutez-moi ; JESUS-CHRIST m'a envoyé vers vous pour construire un pont sur le Rhône."

L'évêque, indigné, le mit entre les mains de l'autorité civile, devant laquelle il renouvela sa demande avec tant de fermeté, qu'il lui fut dit : « Voici une pierre énorme ; si tu peux la remuer et la porter, nous croirons que tu peux faire le pont. » Et bientôt le petit berger, à la vue de l'évêque et de toute la ville, portait une pierre de trente pieds de longueur sur dix-sept de largeur, que trente hommes n'auraient pu soulever.

On devine l'enthousiasme universel. Cet enthousiasme augmenta encore quand on vit Bénézet, dès ce jour, rendre la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds-muets et la facilité de marcher aux boiteux. L'envoyé de DIEU commença par fonder une corporation d'ouvriers faiseurs de ponts.

Après sept ans de travaux, le pont, d'une longueur immense, n'était pas encore achevé. Bénézet mourut à dix-neuf ans, l'an 1184, vénéré de tous et illustré par sa sainteté extraordinaire et par ses miracles. Sa mémoire est restée en bénédiction.

Pratique. La foi transporte les montagnes ; ayez eu DIEU une foi sans bornes dans tous vos besoins.

INTROIBO : St Justin, martyr

HODIEMECUM : Sainte Lydwine de Schiedam, Vierge

MAGNIFICAT : Sainte Lydwine de Schiedam, Vierge / Saint Bénézet ou Benoît, berger

L'Evangile du Jour sur PerIpsum son Commentaire par Saint Macaire

"Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à Vous"
images/icones/sacrecoeur.gif  ( 592824 )Méditation avec l'Imitation de Jésus-Christ par ami de la Miséricorde (2011-04-14 09:15:19) 
[en réponse à 592818]

Livre II De la joie d'une bonne conscience

3. Il sera aisément en paix et content, celui dont la conscience est pure. Vous n'êtes pas plus saint parce qu'on vous loue, ni plus imparfait parce qu'on vous blâme. Vous êtes ce que vous êtes, et tout ce qu'on pourra dire ne vous fera pas plus grand que vous ne l'êtes aux yeux de Dieu. Si vous considérez bien ce que vous êtes en vous-même, vous vous embarrasserez peu de ce que les hommes disent de vous. L'homme voit le visage, mais Dieu voit le coeur. L'homme regarde les actions; mais Dieu pèse l'intention. Faire toujours bien et s'estimer peu, c'est le signe d'une âme humble. Ne vouloir de consolation d'aucune créature, c'est la marque d'une grande pureté et d'une grande confiance intérieure.

Source : L'Imitation de Jésus-Christ traduit par l'abbé F. de Lamennais, Dijon, Pellion et Marchet Frères, 1870

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
images/icones/neutre.gif  ( 592879 )Justin et l’empereur “philosophe” par Vianney (2011-04-14 21:27:17) 
[en réponse à 592818]


Au IIe siècle, les conférences publiques de Justin avec les adversaires du christianisme remplissaient Rome du bruit de leurs réfutations victorieuses ; ses écrits, qu’il faisait parvenir intrépidement jusqu’au trône impérial, portaient la lumière là même où sa parole n’atteignait pas. Bientôt la hache du licteur, en s’abattant sur la tète de l’apologiste, donna plus de force encore à ses démonstrations que n’avait fait sa logique puissante, lorsqu’une première fois, il avait arrêté la persécution furieuse et dompté l’enfer.

Le monde, en effet, sollicité en sens contraire dans mille écoles célèbres qui semblent prendre à tâche, par leurs contradictions, de rendre la découverte du vrai impossible, le monde, du moins, est en mesure maintenant de savoir où se trouve la sincérité. Marc-Aurèle, qui vient de succéder à Antonin le Pieux, prétend établir la philosophie avec lui sur le trône ; plaçant l’idéal de toute perfection dans la satisfaction de soi et le dédain pour autrui, il part du scepticisme dogmatique pour établir la loi morale, et livre ses Pensées à l’admiration de quelques courtisans, sans se soucier de réformer les mœurs mêmes de son entourage.

Justin, dès son adolescence, a cherché le vrai pour trouver la justice ; sans se laisser décourager par l’inutilité de ses premiers efforts, il n’a point pris prétexte, pour nier la lumière, de ce qu’elle tardait à se montrer ; lorsqu’à l’heure marquée par Dieu la nuit tombe, il dévoue sa vie à la sagesse enfin rencontrée, brûlant de la communiquer à tous, petits et grands, ne comptant pour rien les travaux, les supplices même, qui lui permettront de l’affirmer solennellement à la face de l’univers. Entre le héros chrétien et le sophiste couronné qui l’envoie à la mort, quel homme de bonne foi pourrait hésiter ?


Année liturgique de Dom Guéranger, 14 avril : Saint Justin, martyr.