Le Forum Catholique
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( 591012 )
La Maison Sainte-Blandine, un an après par Contre Goliath (2011-03-27 20:36:56)
Rencontre avec l'abbé Laurent Spriet, un an après l’ouverture de cette propédeutique pour les jeunes attachés à la forme extraordinaire du rite romain et réfléchissant à une vocation de prêtre diocésain.
lu dans la Newsletter du diocèse de Lyon

( 591093 )
C'est un bon début et l'avenir est prometteur par Nemo (2011-03-28 14:37:13)
[en réponse à 591012]
Je trouve l'article de l'abbé assez effarant. Il a au moins le mérite de la transparence et de l'honnêteté, ce qui a fait parfois défaut dans certaines affaires qui avaient blessé la Fraternité Saint-Pierre à ses débuts.
Je résume en commentant.
Il s'agit donc de recueillir les fruits d'une éducation traditionnaliste, de trouver des vocation dans un terrain fertile, pour alimenter les séminaires diocésains (qui le sont peut-être moins). C'est à dire recueillir majoritairement les fruits des instituts dits Ecclesia Dei ou de la SSPX.
Premier truc énorme, on apprend que moins d'un an après l'ouverture, 84% des candidats ont renoncé. Si Dieu aime les petits nombres, il doit être satisfait de l'Eglise de France qui n'a presque plus de vocations. Nous dire avec de tels chiffres que c'est un bon début et que l'avenir est prometteur me laisse sans voix, on voit bien que l'Eglise de France est totalement déconnectée des réalités humaines. Imaginez un conseil d'administration qui dit dit que tout va bien avec des chiffres pareils ?
Sans parler des ressources mises en place pour une seule personne au niveau national ! Imaginez une grande école créant une filière pour un élève unique ! L'espoir fait vivre.
La seule spécificité de la formation semble être des cours de latin et de grégorien : on apprend donc au passage qu'il n'y en a donc pas pour les autres séminariste et là on reste confondu, il me semblait que Rome souhaitait que ces matières soient étudiées par tous les séminaristes. De même on voit que la messe traditionnelle n'a pas droit de cité au séminaire de Lyon. Enfin je ne savais pas que Solesmes offrait la liturgie traditionnelle.
Etonnement de voir qu'il n'y a pas d'initiative équivalente en France. Il me semblait que Mgr Rey offrait des apostolats de type diocésain dans son diocèse à des prêtres formés chez lui et célébrant la messe traditionnelle.
Enfin je trouve la reflexion finale à double tranchant et assez audacieuse si on la prend au sérieux :
"Une alternative aux divisions actuelles : célébration uniquement en rite ordinaire ou célébration uniquement en rite extraordinaire, opposition des deux formes, exclusivismes de part et d’autre".
Soyons sérieux et transposons :
Lyon va donc certainement proposer aux prêtres issus de la forme ordinaire un enseignement obligatoire de la forme extraordinaire puisque les deux formes du rite romain sont appelés à s’enrichir mutuellement, qu'elles ne sont pas contradictoires. C’est ce que notre pape Benoit XVI nous a rappelé dans son Motu proprio. Ainsi, il est légitime (obligatoire selon certains, et dans un seul sens) de vouloir les célébrer selon les deux formes dans la continuité de la Tradition de l’Eglise, dans l’obéissance et pour servir l’unité.

( 591116 )
Je crois que vous vous égarez par Chevalier du G. (2011-03-28 18:10:08)
[en réponse à 591093]
Concernant votre étonnement quant à
"Premier truc énorme, on apprend que moins d'un an après l'ouverture, 84% des candidats ont renoncé"
il me semble lire plutôt qu'avant que la Maison Sainte Blandine n'ouvre pour les propédeutes, 8 s'étaient manifestés, puis 2.
En fait un seul n'a intégré effectivement au jour de la rentrée. En d'autres termes, il n'y a pas eu de défection au sein de la "MSB".
Le sort des 7 autres a été d'attendre pour certains (type finir leurs études), d'autres ont intégré d'autres séminaires.
Et quant à
"Lyon va donc certainement proposer aux prêtres issus de la forme ordinaire un enseignement obligatoire de la forme extraordinaire puisque les deux formes du rite romain sont appelés à s’enrichir mutuellement, qu'elles ne sont pas contradictoires."
Cela vous parait-il totalement impossible dans le diocèse de Lyon à moyen terme? Aux vues de ce que je constate, la demande en ce sens venant de plusieurs de mes amis et connaissances me laissent supposer qu'on pourrait aller dans ce sens.

( 591118 )
Un séminaire, un candidat... par Nemo (2011-03-28 18:32:47)
[en réponse à 591116]
Je ne crois pas tant m'égarer.
Je ne connais aucune institution qui ouvre une filière pour un candidat.
Il serait excessif de comparer cette aventure avec "un semeur qui sème huit graines, une seule tombe et on ne sait si elle est dans la bonne terre et si elle va germer, etc." mais je n'ai pu m'empêcher d'y penser.
Nombre de séminaires diocésains ont fermé bien avant que le nombre de vocations ne tombe à un.
Notre institution Eglise vit encore dans le luxe et surtout dans une autre planête qui n'est pas forcément le Ciel.
L'expérience de Lyon me paraissait vouée à l'échec dès le début et je n'en disais rien. Mais dire froidement :
Mais Dieu aime les petits nombres ! Concrètement, tout se déroule bien et même très bien : c’est un bon début et l’avenir est prometteur.
C'est franchement se foutre du monde ou être complètement aveuglé par son idéologie. Il y a quand même des limites à ne pas franchir. On n'ose imaginer ce que ce serait si ça se déroulait mal. On se demande ce qu'est un avenir sombre pour l'abbé Spriet. Mais on se prend à l'envier, le professeur Perrin a dû lui offrir ses fameuses lunettes roses et il doit fumer beaucoup d'encens.
Quant à voir les évêques demander à TOUS leurs prêtres d'être biformistes pour employer un néologisme, je n'y crois pas une minute.
Croyez-vous aussi qu'ils vont subitement se mettre à réciter leur bréviaire dans la rue comme autrefois, et se remettre en soutane ?
Je sais qu'il y a des diocésains admirables mais il ne faut pas rêver, ce n'est pas la majorité.

( 591121 )
D'accord par Chevalier du G. (2011-03-28 18:45:08)
[en réponse à 591118]
Je reçois bien vos doutes.
Questions subsidiaires à laquelle je n'ai pas de véritables réponses personnellement:
qu'a t'on à perdre en lançant se genre d'initiative au sein des diocèses? Faire de l'ombre aux ED ou FSSPX?
Ou bien cela ne donnerait-il pas des idées dans d'autre diocèses qui "perfectionneront" l'idée? Cela ne semble t'il pas encore envisageable?

( 591123 )
Méconnaissance des demandes des tradis par Nemo (2011-03-28 19:21:05)
[en réponse à 591121]
Je crois que le principal problème de la Conférence des évêques de France, c'est d'avoir voulu faire l'économie du dialogue avec les tradis.
Aucun évêque, à ma connaissance, n'a jamais voulu ouvrir un dialogue décontracté avec les tradis.
Donc ils ne connaissent pas le milieu, ils ne connaissent pas l'historique, ils ne connaissent pas les attentes et ont des réponses toutes faites à ce qu'ils croient être nos questions.
Ils croient que nous sommes tous d'extrême droite, qu'il ne s'agit que de latin, d'encens et de dentelles, ce qu'ils appellent notre sensibilité.
Ils ont des réponses simples à des problèmes qu'ils croient simples.
Mgr Batut par exemple a cru instaurer un biritualisme fondamental auprès des fidèles de Saint-Eugène en leur proposant pendant presque un an des messes de Paul VI en latin avec flaflas, falbalas et dentelles.
Il n'a pas compris pourquoi ça marchait moins bien que les messes basses en latin, pourquoi il n'avait même pas cinq pour cent des choristes qui se déplaçaient.
Et pourtant Mgr Batut, qui ne sait pas toujours écouter, sait quand même reconnaître ses erreurs : en ça il est supérieur à ses confrères et nul doute qu'il n'essayera un jour de comprendre l'échec de Sainte-Blandine et il saura en tirer des conclusions, faute de trouver une solution à sa vision chimérique de l'idéal diocésain.
Hélas les évêques n'ont pas compris que le problème est beaucoup plus grave. Ils n'ont pas compris que la cassure devenait doctrinale. Ils ne veulent pas voir que la majorité de leurs fidèles des messes Paul VI sont pour l'avortement, le mariage des prêtres, que plus personne ne se confesse car plus personne n'y croit. Ca ils ne veulent pas le voir.
Ils n'ont pas compris la différence qu'il y a entre s'habiller en soutane et porter un col romain grisounet recouvert d'un cache col dans le meilleur des cas.
Ils refusent de se rendre compte que les prêtres ne lisent plus le bréviaire.
Ils refusent de réaliser que l'autorité morale du Saint-Père et même des évêques est quasi nulle.
Et quand ils s'extasient de voir qu'un séminariste rentre dans un séminaire en cours particuliers, ils ont vraiment perdu le sens des réalités.
Dans dix ans ils n'auront plus de prêtres, plus d'argent, plus de locaux, plus de fidèles, plus d'auditoire et leurs diocèses seront déclarés en faillite. Pas besoin d'être grand clerc pour ça. Et ils continuent la chasse aux tradis, comme de grands seigneurs féodaux pratiquent la chasse à courre, par habitude...
L'Eglise vit encore comme en mai 1968... L'Eglise qui se veut d'aujourd'hui n'a jamais été si loin de son peuple, et surtout réciproquement.

( 591132 )
Merci Némo... par Le souricier (2011-03-28 20:32:57)
[en réponse à 591123]
... de ce calme, mais nécessaire rappel !
Moi, je ne suis pas un obsédé des dentelles et fanfreluches, des ors et des décors, des orphéons et pompons...
Pour le moment, sauf exception, dans notre petite chapelle du Mans, dont j'ai le malheur - et même le scandale pour certains - de donner le calendrier des offices, je me contente de messes basses...
Parce que, après avoir été - hélas - baptisé et élevé dans le modernisme, enfant de choeur devenant de moins en moins en moins utile au fur et à mesure que les curés se succèdaient, j'ai perdu la Foi... Enfin presque... Je pourrais raconter, notamment le dernier râtichon pas folichon...
Je ne suis revenu au catholicisme que par la Tradition et sa DOCTRINE ! La
Vérité que les progros et leurs élites mettaient sous le boisseau, contrairement à la Parole de l'Evangile.
Et si ces gens-là nous haïssent, derniers soviets de paroisses désertées, derniers prêtres sans fidèles et derniers épiscopes de diocèses ruinés, ce n'est pas pour la soutane, qui n'est que le symbole de leur détestation, ni pour le latin, qu'ils ne savent même plus, mais parce que nous disons à temps et à contretemps cette Vérité dont ils ont voulu faire tabula rasa.
Mais comme vous dites, dans dix ans, c'est la faillite... Pas faute de les avoir CHARITABLEMENT prévenus.
LS - Peau l'aime hic

( 591124 )
Attendons septembre... par Contre Goliath (2011-03-28 19:28:04)
[en réponse à 591118]
... car si 2011-2012 attire ne serait-ce que 3 candidats, la MSB pourrait justifier une augmentation de ses effectifs de 200%...
Quelle propédeutique pourra alors en dire autant ?
"Si c'est de Dieu, l'affaire poursuivra son chemin.
Si elle vient des hommes, elle sombrera..."
Je trouve pour ma part que c'est une belle initiative à faire connaître à tous ces jeunes qui méritent d'être gardés par les bons bergers désignés par NSJC et par son Eglise, plutôt que d'être systématiquement enseignés en défiance à ceux-ci.

( 591127 )
Il y a quelques années... par XA (2011-03-28 19:42:57)
[en réponse à 591093]
il me semble qu'une promotion de la FSSP Europe avait connu aussi un grand nombre de défections. Mais la boutique tournait, et cela est plus ou moins passé inaperçu.
Je ne suis pas certain que l'on puisse juger le succès sur une seule année, tant il est vrai que les raisons d'abandons sont diverses. Je crois aussi qu'il est préférable qu'une "non vocation" soit découverte vite, en tout cas avant qu'il ne soit trop tard...
XA

( 591103 )
La crise!? ah bon, il y a une crise... par Savonarole (2011-03-28 15:41:35)
[en réponse à 591012]
A lire cet article on retrouve la grande divergence.
La divergence n'est pas liturgique exclusivement(elle serait alors essentiellement sensible.
Elle a été, est et sera (pas trop longtemps nous prions pour cela) DOCTRINALE.
Si la seule différence entre un séminaire diocésain et les séminaires traditionnels était le latin et la liturgie çà se saurait.
Je comprends mieux pourquoi on prend les séminaristes et les pretres ED pour des garçons immatures et capricieux.
A entendre M. l'abbé Spriet, ses anciens frères (rappelez vous la FSSP est une fraternité) fonderait leur désobéissance (au moins jusqu'au MP Summorum Pontificum) sur l'absence de latin et de grégorien.
Les sacres aussi d'ailleurs.
Heureusement pour l'âme de ses prêtres, la foi est eu coeur de leur combat et non une préférence de langue.
On pourrait même dire comme Mgr Ducaud-Bourget : oui à la messe de saint Pie V en vernaculaire plutôt que la nouvelle messe en latin.

( 591125 )
Vous nous expliquez ? par
Le Webmestre (2011-03-28 19:36:42)
[en réponse à 591103]
Je ne comprends pas votre phrase :
A entendre M. l'abbé Spriet, ses anciens frères (rappelez vous la FSSP est une fraternité) fonderait leur désobéissance (au moins jusqu'au MP Summorum Pontificum) sur l'absence de latin et de grégorien.
Problème de syntaxe ?
XA