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images/icones/carnet.gif  ( 1006025 )"Le Saint-Siège légitime le panenthéisme : une hérésie contre le Créateur" par Vistemboir2 (2026-09-06 16:13:02) 

Traduction de l’article de Gaetano Masciullo paru le 5 septembre 2026 sur The Remnant sous le titre : « The Holy See Legitimizes Panentheism: A Heresy Against the Creator »
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Un nouveau document du Vatican fait l’éloge du panenthéisme, une hérésie qui brouille la distinction essentielle entre le Créateur et la création. Ce glissement théologique, en apparence subtil, s’attaque en réalité aux fondements mêmes de la Création, du péché originel, de la Rédemption et de la nécessité de la Croix du Christ.

Le panenthéisme : quand Dieu et la Création ne sont plus distincts


Le 21 août, la Commission théologique internationale a publié un document [en italien seulement] intitulé Prendre soin de notre maison commune : une réponse responsable et fraternelle au Dieu trinitaire.

Ce document expose le contexte dans lequel des textes théologiques ont été élaborés, du moins au cours des derniers mois. Il présente toutefois de nombreux aspects extrêmement problématiques. L'aspect le plus problématique réside certainement dans l'ouverture à l'acceptation du panthéisme sous sa forme atténuée, à savoir le panenthéisme.

Avant de nous attarder sur ce problème spécifique, toutefois, énumérons brièvement les autres points problématiques du document.

Un document très dangereux

Tout d'abord, le document propose une structuration théologique de la catégorie du « péché contre la Création et contre le Créateur », le définissant comme une désobéissance au mandat divin de prendre soin de la terre.

En réalité, la morale catholique classique considère déjà la cruauté gratuite envers le monde non humain (plantes, animaux) comme un péché grave pouvant revêtir diverses formes et impliquer différents types de péchés : par exemple, si un incendiaire met le feu à une forêt, il commet une série de péchés mortels contre la tempérance et la justice : impiété envers Dieu Créateur (cf. Somme théologique II-II, q. 64-66), atteinte à la propriété privée d'autrui, scandale par mépris de la loi. Et peut-être plus encore.

Par conséquent, la proposition d'un nouveau péché doit être comprise différemment, dans le cadre de ce vaste projet initié par Bergoglio visant à politiser et à séculariser la morale catholique, en déplaçant le centre de gravité du péché personnel et du salut éternel vers des questions de plus en plus sociopolitiques.

En effet, la réflexion de la Commission sur ce « nouveau » péché s'accompagne de références constantes aux données scientifiques sur le climat, à la pollution par les microplastiques et — surtout — aux objectifs écologiques de l'ONU.

Deuxièmement, au paragraphe 107, nous lisons : « L'être humain offre la création à Dieu dans le Christ et, en retour, implore la bénédiction de Dieu dans le Christ pour toutes choses. Le Christ est ainsi l'axe de la maturation du monde. » Dans la note 184, à la fin de ce texte, le document révèle la clé d'interprétation de ces mots. Il y est écrit : « Dans cette perspective, la contribution du Père  Teilhard de Chardin doit être accueillie. »

À savoir, la contribution de l'un des hérésiarques néo‑modernistes les plus constants du siècle dernier. L'idée teilhardienne de la maturation et de la récapitulation du monde dans le Christ est précisément l'une des thèses les plus hérétiques de ce théologien jésuite.

Teilhard de Chardin (1881‑1955) a tenté de concilier la doctrine catholique avec la science moderne, estimant que l'écart entre les deux était alors devenu irréconciliable. Les auteurs du rapport de la Commission sont, en fait, du même avis : « Ces découvertes ont radicalement redéfini les notions de matière, d’énergie, de particules et d’antimatière. Elles remettent en question bon nombre des postulats sur lesquels reposaient aussi bien la conception religieuse que la conception matérialiste de l’univers » (p. 46).

Teilhard de Chardin a reformulé (et nié) des dogmes fondamentaux tels que la création ex nihilo, le monogénisme, la perfection originelle des premiers parents et l'historicité du péché originel. Il a proposé, à la place, une cosmologie immanentiste et panthéiste dans laquelle Dieu s'identifie à l'Univers en évolution, orienté vers une unité totale, collective et consciente de soi de tout ce qui existe. Cette unité est appelée par le penseur jésuite le « Point Oméga ».

Le retour du Christ est donc interprété par Teilhard de Chardin comme l'accession à cette conscience collective suprême qui transformera l'homme en un être « ultra‑humain ».

Par cette référence directe au jésuite néo‑moderniste, les auteurs de la Commission théologique internationale ont clairement cherché à légitimer deux concepts précis. Premièrement, à soutenir l'idée que l'homme, en agissant sur le monde matériel par le travail et la technologie, le transforme en « quelque chose qui dépasse son état naturel, le perfectionnant en poursuivant l'œuvre créatrice de Dieu ». Le travail humain est ainsi élevé au rang de prolongement immanent de l'évolution cosmique.

Deuxièmement, en invoquant Teilhard, le document décrit la création comme un processus évolutif ouvert sur l'avenir. Cela sert à justifier une « ontologie relationnelle » où « tout est lié » et où l'univers est conçu comme un « entrelacement de relations » immanent et comme une « Eucharistie », c'est-à-dire un grand acte d'action de grâce. Cette normalisation de la théologie de Teilhard vise manifestement à soutenir une « conversion écologique » de toute l'Église, une conversion entièrement horizontale et politisée.

Panthéisme ou panenthéisme ?

Le point culminant du document est toutefois atteint lorsqu'il valide ouvertement le panthéisme, sous une version particulière connue sous le nom de panenthéisme.

La différence entre ces deux visions de Dieu peut s'énoncer simplement. Selon le panthéisme, Dieu et l'univers coïncident. Selon le panenthéisme, l'univers fait partie de Dieu, mais Dieu ne se réduit pas à l'univers. Par conséquent, panthéistes et panenthéistes affirment tous deux que l'univers possède une nature divine ou, si l'on préfère, que Dieu n'est pas pur esprit — et donc pas pur acte, comme le soutient la théologie classique. Selon les auteurs du document, le panenthéisme « offre un cadre interprétatif pour comprendre comment Dieu peut être intimement présent dans chaque aspect de la réalité sans la déterminer de manière coercitive » (p. 52). Qui plus est, le document lui-même reconnaît explicitement que cette approche s'inscrit « en contraste avec le théisme classique, qui souligne souvent la distinction entre Dieu et la création ».

Une stratégie pour normaliser l'hérésie

Le premier concile du Vatican a condamné de manière infaillible le panthéisme et ses formes dérivées. Dans la constitution dogmatique Dei Filius, il est enseigné que Dieu est « éternel (…) infini en intelligence et en volonté et en toute perfection (…) substance spirituelle unique, absolument simple et immuable (…) réellement et par essence distinct du monde (…) indiciblement élevé au-dessus de tout ce qui est et peut se concevoir en dehors de Lui (…) [et qu'Il] a créé de rien, dès le commencement des temps, l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c'est-à-dire l'angélique et celle qui appartient au monde ».

Dans les canons doctrinaux annexés à la constitution susmentionnée, on peut lire : « Si quelqu'un dit qu’il n’y a qu’une seule et même substance ou essence de Dieu et de toutes choses : qu'il soit anathème » ; et encore : « Si quelqu'un dit que (…) la divine essence par la manifestation et l’évolution d’elle-même devient toutes choses (…) : qu'il soit anathème » ; et encore : « Si quelqu'un dit que (…) Dieu est l’Être universel et indéfini qui, en se déterminant lui-même, constitue l'universalité des choses réparties en genres, espèces et individus : qu’il soit anathème. ».

La légitimation du panenthéisme par le Saint-Siège vise à dissoudre la Rédemption dans le panthéisme gnostique et la Grâce dans l’autosuffisance pélagienne.

Par conséquent, tant le panthéisme que ses variantes, telles que le panenthéisme, sont condamnés comme des formes de pensée erronées. Pour la théologie catholique, le théisme classique constitue le seul modèle théologique admissible. Présenter le panenthéisme sous un jour favorable, comme une alternative valable susceptible de corriger ou de compléter les limites du théisme classique, revient à une véritable capitulation doctrinale.

Il convient toutefois, à ce stade, de s'interroger sur la stratégie adoptée par les néo‑modernistes. La distinction entre panthéisme et panenthéisme est une construction artificielle, logiquement fallacieuse en soi, conçue pour rendre acceptable ce que la doctrine catholique a déjà condamné.

On soutient que le panthéisme identifie Dieu au monde, tandis que le panenthéisme inclut ce dernier sans s'y épuiser. Or, cette différence n'est que terminologique : sur le plan ontologique, les deux visions nient la transcendance absolue de Dieu et dissolvent la création ex nihilo dans un processus évolutif immanent. En réalité, le panenthéisme ne corrige pas le panthéisme, il le raffine.

Il en conserve la racine : l'idée que l'univers possède une substance divine. L'ajout d'une « transcendance » formelle ne sauve pas la doctrine, tout simplement parce qu'une transcendance authentique est incompatible avec une immanence substantielle.

La stratégie à l'œuvre est la même que celle utilisée par Bergoglio et ses collaborateurs pour normaliser le socialisme au sein de la doctrine sociale de l'Église, après la condamnation de la théologie de la libération. Au lieu d'en autoriser ouvertement l'acceptation, ils ont décidé d'adopter la « théologie du peuple », cette variante de la théologie de la libération qui en préserve la racine idéologique tout en rejetant ses conséquences politiques extrêmes.

Ainsi, le panenthéisme conserve le postulat panthéiste — la divinité du cosmos — et y adjoint un langage relationnel créant l'illusion de préserver la distinction entre le Créateur et la créature. Dans les deux cas, l'erreur n'est pas corrigée : elle est absorbée et reformulée afin de la rendre compatible avec les sensibilités contemporaines.

Le lien cohérent entre pan(en)théisme, socialisme et écologisme

Le panthéisme est le postulat théologique le plus cohérent avec l'écologisme et le socialisme défendus par la nouvelle doctrine sociale de l'Église telle qu'elle a été façonnée par Bergoglio. À leur tour, le panthéisme et le socialisme constituent deux pierres angulaires de la pensée gnostique dominante dans la modernité. En effet, la gnose repose sur l'affirmation selon laquelle l'homme peut se sauver lui-même par la connaissance, en rejetant les « limites » de sa propre nature ainsi que la Révélation.

Ne croyant ni au péché originel ni à la transcendance absolue de Dieu, l'homme gnostique réduit la connaissance à la finalité ultime de l'existence et finit par identifier la divinité au cosmos lui-même, basculant inévitablement dans le panthéisme. L'univers tout entier se trouve ainsi divinisé et conçu comme un vaste organisme en évolution, où la matière elle-même participe à la substance divine et où toute distinction réelle entre le Créateur et la créature se dissout.

Le socialisme représente la traduction politique directe de cette vision théologique. Si l'univers constitue un « Tout » divin et indifférencié, alors l'individu perd toute centralité et toute dignité ontologique, étant sacrifié au profit de la primauté absolue du collectif.

L'État s'élève au rang de divinité terrestre et d'unique source de moralité, imposant d'en haut une égalité forcée qui vise à affaiblir ou à détruire les trois grands obstacles naturels à sa réalisation : la propriété privée, la famille naturelle et l'Église catholique, lesquelles ont historiquement été les gardiennes de la liberté et de la dignité véritable des êtres humains.

Enfin, l’écologisme contemporain couronne ce système immanentiste en divinisant, de fait, la nature matérielle dans sa totalité — en tant que système (plus précisément : écosystème) — et en la présentant comme un absolu auquel l’être humain doit se soumettre entièrement. Le texte de la Commission propose en effet de considérer « la personne humaine comme (…) la servante de la Création », renversant ainsi la vision traditionnelle selon laquelle l’homme est le sommet et le maître de l’univers créé.

Par ailleurs, le texte qualifie d’« exagérée et déformée » l’interprétation traditionnelle du mandat énoncé dans la Genèse (1, 26-28), affirmant de manière purement idéologique qu’une telle interprétation aurait « conduit les gens à croire que les êtres humains avaient reçu une domination despotique et illimitée sur toute la Création. Nous ne pouvons ignorer, avec honte et repentir, le poids qu’a eu cette déformation du sens profond du texte biblique dans l’exploitation et la maltraitance de la Création. »

Le lien cohérent entre pan(en)théisme et pélagianisme

Selon le document de la Commission, le panenthéisme explique que « le monde existe en Dieu, tandis que Dieu, simultanément, le transcende ». Il convient d’être attentif aux mots. Pour ces théologiens, l’expression « en Dieu » ne revêt donc plus le sens qu’elle a dans la théologie classique. Pour cette dernière, en effet, cette expression désigne une relation de dépendance et de participation.

Lorsque saint Paul déclare : « C’est en lui en effet que nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17, 28), il ne dit pas que l’humanité possède une substance divine, mais que Dieu maintient continuellement chaque créature dans l’existence. La vie humaine dépend de cet acte permanent de conservation divine, et pourtant la créature demeure ontologiquement distincte du Créateur. Dans ce verset, l’Apôtre affirme la dépendance de toutes choses à l’égard de Dieu tout en rejetant l’idée panthéiste — courante dans certaines philosophies grecques — selon laquelle le monde et Dieu ne feraient qu’un.

Toutefois, comme le montre clairement ce document de la Commission, lorsque ces théologiens au pouvoir utilisent l’expression « en Dieu », ils ne visent pas le sens classique de l’expression, mais son sens panthéiste. Il est intéressant de noter que, dès le début de l’encyclique Magnifica Humanitas de Léon XIV, figure une affirmation théologiquement très erronée : « En Jésus‑Christ, cette humanité dans sa grandeur devient le Chemin, la Vérité et la Vie, ouvrant à chacun de nous la voie pour grandir vers la plénitude. »

Abstraction faite du problème majeur selon lequel l’humanité — entendue comme collectif humain, et non comme nature humaine, ni a fortiori comme nature humaine du Christ — ne saurait être la Voie, la Vérité et la Vie pour chacun d’entre nous, il est manifeste que l’expression « en Jésus‑Christ » est également employée dans un sens panthéiste. Le document de la Commission a désormais clairement établi qu’il s’agissait là de l’interprétation authentique.

En effet, nulle part dans l’encyclique n’est abordée la réalité du péché originel (qui devrait pourtant être centrale compte tenu du sujet) ni la nécessité de la grâce pour le salut.

La grâce est présentée, au contraire, comme une aide extérieure que Dieu nous envoie pour nous améliorer, exactement comme l’enseignait Pélage : « Lorsque nous accueillons la possibilité de nous dépasser avec l’aide de la grâce de Dieu, nous ne renions pas notre nature et nous ne devenons pas moins humains » (p. 128) ; et plus loin, nous lisons : « La mémoire des saints, des justes et de ces artisans de paix trop souvent oubliés nous montre que la grâce n’élimine pas magiquement les conflits, mais qu’elle inspire une résistance active au mal ainsi qu’une créativité étonnante dans l’accomplissement du bien » (p. 211).

Il était inévitable que le Saint‑Siège finisse, tôt ou tard, par légitimer théologiquement le panthéisme, mais je ne pensais pas qu'il le ferait de manière aussi explicite. Cela confirme malheureusement de façon définitive ce que j'avançais à l'époque concernant la matrice néo‑pélagienne de Magnifica Humanitas qui, entre autres, défend explicitement (et de manière cohérente) une vision radicale de l'étatisme.

S'il existe un lien direct entre gnose, panthéisme, écologisme et socialisme, il existe aussi un lien logique profond — bien qu'indirect — entre panthéisme et pélagianisme. Il ne s'agit évidemment pas de la même chose, mais ils partagent une matrice anthropologique et théologique qui les rend compatibles et souvent convergents au sein des dérives doctrinales contemporaines.

Si l'univers est, en fait, ontologiquement divin, alors il est déjà saint et ne nécessite aucune sanctification supplémentaire. Ainsi disparaît la doctrine du péché originel : l'homme n'a plus besoin de rédemption et le Christ est réduit au rang de maître de morale, de modèle par excellence. Dès lors, la finalité de l'Église doit elle aussi être repensée, puisqu'il n'y a plus rien à sauver, tout étant déjà sanctifié par nature. Tout cela s'inscrit également dans le projet culturel poursuivi par certains secteurs du Vatican, visant à « démythologiser » le récit biblique du péché originel.

Il faut donc que les choses soient claires : la légitimation du panenthéisme par le Saint‑Siège ne constitue pas une simple mise à jour pastorale anodine, mais bien l'aboutissement cohérent de cette dérive moderniste séculaire qui vise à dissoudre la Rédemption dans un panthéisme gnostique et la Grâce dans l'autosuffisance pélagienne.

Si le cosmos est déclaré intrinsèquement divin et que l'humanité se rachète elle-même à travers le devenir de l'évolution collective, la Croix perd sa tragique nécessité
et l'Église est réduite au rang de courtisane de l'histoire, une agence de services sociaux inutile, vouée aux agendas du monde.

Face à cette subtile parodie gnostique de la foi — qui déifie la matière uniquement pour occulter la blessure du péché originel et amoindrir la Majesté divine —, les catholiques sont appelés, aujourd'hui plus que jamais, au devoir de résistance.

Il est nécessaire de s'instruire et de réaffirmer avec fermeté la transcendance absolue du Créateur, la réalité dramatique de la Chute et l’adéquation parfaite du Sacrifice du Christ. Ainsi, chaque fidèle peut contribuer à surmonter la grave crise de l'autorité pétrinienne que traverse l'Église aujourd'hui, avec la certitude inébranlable que, malgré les trahisons passagères de sa hiérarchie, les portes de l'Enfer ne prévaudront pas.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006026 )Dieu a créé l'univers par Eti Lène (2026-09-06 16:59:16) 
[en réponse à 1006025]

Et c'est comme si tout en le créant, aucune chose ne sortait de Lui, Lui qui n'est en aucun cas soumis aux changements et infini dans son Être. Il ne laisse pas d'être infini, tout en étant infiniment plus présent aux choses les plus infimes et les plus éloignées dans le temps, que tout ce qui peut être créé, car seul Dieu est nécessaire, tous les autres êtres sont contingents. Il est grand sans quantité, bon sans qualité.
images/icones/1p.gif  ( 1006064 )n'importe quoi par Réginald (2026-09-07 09:43:57) 
[en réponse à 1006025]

The Remnant décontextualise le document de la Commission théologique internationale, et le fait de manière intellectuellement malhonnête.

L’article présente comme une adhésion ce qui est d’abord exposé comme une position parmi d’autres. Le § 52 décrit successivement l’immanentisme, le panthéisme et le panenthéisme, puis le § 53 poursuit avec le déisme et le surnaturalisme. Il s’agit clairement de ce qu’on appelle une doxographie, c’est-à-dire un exposé des différentes opinions en présence. Il est vrai que la Commission ne se contente pas d’en donner une définition : elle reconnaît au panenthéisme un intérêt comme « cadre interprétatif » permettant de penser ensemble immanence et transcendance divines.

Mais cela ne signifie pas qu’elle en adopte l’ontologie. Le § 56 affirme la position propre du document : le monde « dépend ontologiquement de Dieu sans être absorbé en lui », selon une creatio ex nihilo qui exclut précisément « une émanation nécessaire de Dieu ».

Le texte referme donc lui-même la porte que l’article prétend le voir ouvrir.
images/icones/1g.gif  ( 1006065 )Ce n'est pas, hélas la première fois par Adso (2026-09-07 09:47:09) 
[en réponse à 1006064]

même si c'est d'habitude plus subtil !
"he Remnant décontextualise ... et le fait de manière intellectuellement malhonnête."
images/icones/carnet.gif  ( 1006068 )Effectivement par Réginald (2026-09-07 10:18:25) 
[en réponse à 1006065]

Il n’y a pas grand-chose d’autre à attendre d’un journal qui parle de Léon XIV comme du « prétendu » ou du « soi-disant » successeur de saint Pierre. Il est toujours plus facile de combattre une position imaginaire que d’entrer dans les distinctions, les nuances et les subtilités réelles d’un texte.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006076 )Comme d'habitude sur le texte original du Vatican par Eti Lène (2026-09-07 12:46:18) 
[en réponse à 1006064]

Il faut se farcir des pages et des pages de redites des écritures passées, des pères de l'Église, des saints, des précédents conciles etc..., qui sont tout à fait traditionnelles en effet, pour finalement en arriver aux intentions du document même. Comment voulez-vous qu'en tant que simple fidèle, nous trouvions le temps de lire tout ce gloubi-boulga indigeste, qui ne fait que rappeler la Tradition mais introduit d'autres notions. Comme pour le Concile, ce sont ces notions qui finiront par avoir cour et autorité, comme ils ont procédé à Vatican II. "L'histoire se répète toujours deux fois, la première fois comme une tragédie, la deuxième fois comme une farce," disait Karl Marx de sinistre mémoire, mais sur ce point il avait un peu raison.

Ce document frise en effet avec le panéanthisme, qui n'est pas le panthéisme, cela est vrai. Ce document n'affirme absolument pas que l'univers est Dieu lui-même. Le panéanthisme prétend que Dieu est modifié en quelque sorte par l'univers, ce qui en soi est faux. Rien ne peut modifier Dieu, pas même le péché. C'est pour cela qu'on parle de mystère de l'Incarnation, car tout en s'incarnant, le Seigneur ne se retirait rien, Lui qui a dit à Moïse pour se définir: "Je suis."

Le document condamne la bureaucratie écrasante et l'écologisme d'extrême gauche. C'est déjà une bonne chose.

Le péché "originel" (in extenso) n'est pas cité une seule fois dans le document qui le narre ainsi :

2 Pourquoi sommes-nous Infligés d'une violence aussi grave à notre maison commune ? Péché contre la création.

2.1 Transgression du mandat initial (...)



85. [Le dynamique de tentation]. Au moment clé, dans le formulation de la tentation et en ce qui pousse la femme à Ensuite, trois facteurs sont agrégés en même temps que se soutenir et se renforcer mutuellement, plus un quart unifiant le tout.

1) La promesse de connaissance qui nous rendrait semblables à Dieu « en connaissant le bien et le mal » (Genèse 3:5), occupant le la place de Dieu dans le jugement du bien et du mal.

2) Une alimentation vraiment rassasiante et proportionnée à l’être humain. La nourriture, ce que tu peux ou ne peux pas manger, c’est l’un des fils conducteurs fondamentaux de l’intrigue (Genèse 1:29-30 ; 2:5, 7, 9, 16-17 ; 3:2-3.5-6, 11, 14, 17, 19, 22). La tentation il s’agit de ne pas respecter ce que Dieu a établi comme une bonne nourriture pour nous.

3) L’attirance, qui séduit le désir et la cupidité, contient la fausse promesse de l’intelligence du bien et du mal liée à la nourriture, donnant l’impulsion finale (cf. Gen 3:6). L’action Sur cette base de tromperie radicale, l’effet paradoxal de révéler la vulnérabilité essentielle des êtres humains (Cfr. Gen 3:7). Le péché humain a introduit un trouble cosmique (Cfr. Genèse 3:16-17) : nous n’habitons plus le jardin céleste, mais un lieu où nous avec lesquels nous devons vivre avec des catastrophes et la lutte pour la vie entre les différentes espèces.

4) Ève tombe dans la séduction trompeuse qui promet l’immortalité par la langue fourchue du serpent : « Non, tu ne mourras pas » (Genèse 3:4). Le don de l’immortalité est reçu par celui qui est immortel et éternel. Pour cette raison, les Pères de la L’Église parlait de l’Eucharistie comme d’un remède d’immortalité : « phármakon athanasías »,[141] faisant allusion au don de l’immortalité en Christ conféré par le dégustation de ça.

86. [Pause des relations essentielles]. La transgression du plan l’origine, venant de Dieu a pour effet de rompre les trois relations essentiel dans lequel l’être humain déploie son existence : avec Dieu, avec d’autres êtres humains et avec la création, qui inévitablement elles entraînent une détérioration sur les plans personnel, social et cosmique.(...)



Notez le mot "cosmique". Ce dernier est important.

On parle alors de

conversion écologique.


87. Pape François (Laudato si', Querida Amazonia, Laudate Deum), en continuité avec ses prédécesseurs,[142] n’a cessé de se référer aux résultats des études Les organismes scientifiques lancent, sur leur base, un appel urgent à Une conversion écologique intégrale, formulée de diverses manières. Dans le êtres humains, dans leur interaction avec le la nature environnante, a été pratiquée à différentes époques et régions une coexistence harmonieuse avec la nature, surtout dans les cultures avec capacités technologiques inférieures et un plus fort sens de la fraternité avec l’environnement. Mais ils interagissaient aussi avec l’environnement par des actions prédateurs et destructeurs, ne respectant donc pas le mandat divin de pour s’occuper de la maison commune. Pour illustrer l’ampleur de cette affaire qui aujourd’hui implique la détérioration de la maison commune, en recourons à Certaines données font l’objet d’un large consensus dans la communauté scientifique. Ce n’est qu’un petit exemple des conséquences sur la Chambre de la prévalence d’un paradigme technocratique, ou de l’utilisation de immodéré et sans contrôle éthique des moyens technologiques modernes (cf. MH 101). [143]



Très, très tordu.

Le paragraphe suivant, prétend que c'est la nourriture qui a été la cause de la chute de nos premiers parents, alors que c'est précisément un péché de l'intelligence qui ressemblait à celui de Lucifer attribuant à Dieu tout le mal de n'avoir pas avoir la connaissance de ce mystère du bien et du mal :"2) Une alimentation vraiment rassasiante et proportionnée à l’être humain. La nourriture, ce que tu peux ou ne peux pas manger, c’est l’un des fils conducteurs fondamentaux de l’intrigue (Genèse 1:29-30 ; 2:5, 7, 9, 16-17 ; 3:2-3.5-6, 11, 14, 17, 19, 22). La tentation il s’agit de ne pas respecter ce que Dieu a établi comme une bonne nourriture pour nous."

D'autres passages sont absolument dingues comme celui-ci :"107. [Illumination eucharistique]. Cette fonction de l’être humain parmi d’autres créatures et l’accomplissement du plan de Dieu trouve son inspiration la plus profonde dans la célébration de l’Eucharistie : l’être humain offre dans le Christ la création à Dieu et, en retour, implore la bénédiction de Dieu dans Christ pour tout. Le Christ est ainsi l’axe de La maturation du monde." Je mets l'original en italien :"Questa funzione dell’essere umano tra le altre creature e il compimento del disegno di Dio trova la sua ispirazione più profonda nella celebrazione dell’Eucarestia: l’essere umano offre in Cristo la creazione a Dio e, in cambio, implora la benedizione di Dio in Cristo per tutte le cose. Cristo è in questo modo l’asse della maturazione del mondo." Le panéanthisme y est clairement affirmé, car non, l'Eucharistie n'a pas pour but d'offrir la création de Dieu à travers le Christ, mais bien le Christ même en propitiation pour nos péchés et pour la création aussi, entre autres, afin que cette dernière ne subisse pas elle aussi les consququences de nos péchés. Vous pourrez lire aussi la bienveillance clairement affichée dans le document vis-à-vis des autres croyances, le confucianisme, le bouddhisme, l'hindouisme, l'Islam. On connaît la chanson. Non The Remnant n'a rien exagéré du tout. Il aurait dû plus citer certains passages pour appuyer son propos.

Trissotin affirmant devant les femmes savantes de Molière sur le dernier sonnet qu'il a pondu :"Hélas ! c’est un enfant tout nouveau né madame ; Son sort assurément a lieu de vous toucher, Et c’est dans votre cour que j’en viens d’accoucher."

L'accouchement s'est mal passé.

Évangile : "Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu." Que l'Église laisse à César le droit régalien qu'il a de régler les échanges commerciaux entre les hommes, étant sauf le commandement "Tu ne voleras pas."

Ou encore Genèse chapitre I, après que l'homme et la femme furent créés :"Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. »
Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. Aux bêtes sauvages, aux oiseaux du ciel, à tout ce qui va et vient sur la terre et qui a souffle de vie, je donne comme nourriture toute herbe verte. » Et ce fut ainsi.
Et Dieu vit tout ce qu’Il avait fait : c’était très bon. Il y eut un soir, il y eut un matin : ce fut le sixième jour.
images/icones/carnet.gif  ( 1006112 )[réponse] par Réginald (2026-09-07 16:38:32) 
[en réponse à 1006076]

Il faut peut-être commencer par rappeler ce qu’est la Commission théologique internationale. Ce n’est ni le Catéchisme, ni un dicastère publiant un document destiné directement à l’ensemble des fidèles. C’est un organisme composé de théologiens, chargé ’étudier des questions doctrinales complexes ou nouvelles et de fournir au Saint-Siège, principalement au Dicastère pour la doctrine de la foi, des instruments de réflexion. Ses textes relèvent donc du travail théologique et sont destinés d’abord au magistère et au débat théologique, non à fournir une synthèse catéchétique au « simple fidèle ».

Quant au § 85, il ne réduit nullement la chute à une simple transgression alimentaire. Il en distingue quatre aspects, et le premier est « la promesse de connaissance qui nous rendrait semblables à Dieu », autrement dit la prétention de prendre la place de Dieu dans le jugement du bien et du mal. Le thème de la nourriture vient ensuite comme traduction concrète, dans le récit de la Genèse, de cette désobéissance spirituelle.
images/icones/carnet.gif  ( 1006120 )autre erreur par Réginald (2026-09-07 17:42:59) 
[en réponse à 1006076]


Vous écriviez : « Le panenthéisme y est clairement affirmé, car non, l’Eucharistie n’a pas pour but d’offrir la création de Dieu à travers le Christ, mais bien le Christ même en propitiation pour nos péchés. »



Mais les deux propositions ne s’excluent nullement.

Le Canon romain dit explicitement : de tuis donis ac datis :— « parmi les biens que vous nous avez donnés » :

« Nous vous présentons, Dieu de gloire et de majesté, cette offrande prélevée sur les biens que vous nous donnez, le sacrifice pur et saint, le sacrifice parfait, pain de la vie éternelle et calice du salut. »

Saint Irénée exprime déjà cette dimension. Dans Contre les hérésies IV, 18, 4, il écrit que l’Église offre à Dieu « les prémices de ses propres créatures » et qu’elle « offre au Créateur, avec action de grâce, les choses prises de sa création ».

Et en IV, 17, 5, il rattache explicitement cela à l’Eucharistie : le Christ prend « cette chose créée, le pain », puis la coupe, elle aussi tirée de la création, et enseigne ainsi « la nouvelle oblation de la nouvelle Alliance ».

Il ne s’agit donc nullement de substituer l’offrande de la création au sacrifice du Christ : les dons de la création sont assumés dans l’offrande eucharistique du Christ et, en lui, rapportés au Père. C’est l’inverse du panenthéisme, puisque le Créateur et la création y demeurent nettement distingués.
images/icones/fleche3.gif  ( 1006121 )J'espère juste en vous lisant par Eti Lène (2026-09-07 17:58:53) 
[en réponse à 1006120]

que The Remnant traduit et mis ici par Vistemboir2 régulièrement ne sera pas exclu du Forum catholique, pour suspicion d'hérésie et de schisme, parce qu'il souligne quelques énormités.

À vous lire, ce serait souhaitable, puisque par un seul adjectif anglais ambigü "ostensible" au sujet du pape Léon XIV, The Remnant s'est condamné lui-même dans le sédévacantisme. Mais vous semblez bien plus pointilleux sur un adjectif anglais, que sur des paragraphes entiers dont l'hérésie par omission ne fait pas tellement de doutes.

La messe ne consiste pas à offrir la création, jamais. Sinon cela ruinerait toute la théologie catholique. C'est un non-sens. Seul le Seigneur vrai Dieu et vrai homme qui s'est offert pour nous peut être offert, car étant infiniment au dessus de toute création, c'est seulement Lui que Dieu Notre Père agrée, et c'est seulement de Lui que nous avons tous besoin pour glorifier vraiment, nous purifier, pour rendre vraiment grâces etc.... Avant le Nouveau Testament tous les sacrifices faisaient figuration de cet unique sacrifice sublime du Christ. Non, vous vous trompez, l'un est bien exclusif de l'autre, car l'un et l'autre ne sont pas comparables. Et le Seigneur n'a jamais demandé cela dans le Nouveau Testament. Je vous mets au défi de m'en donner les preuves.
images/icones/carnet.gif  ( 1006124 )[réponse] par Réginald (2026-09-07 18:11:31) 
[en réponse à 1006121]

Vous confondez deux choses. Que le Christ soit l’unique victime propitiatoire de la Messe, je n’en disconviens évidemment pas. Mais il ne s’ensuit nullement que rien d’autre ne puisse être offert à Dieu en lui et par lui.

C’est ce qu’exprime le Canon romain dans : de tuis donis ac datis du Unde et memores. Les dons créés ne constituent pas une seconde victime concurrente du Christ. Ils sont assumés dans son offrande et, en lui, rapportés au Père. Les dons ne restent même pas « autre chose » offert à côté du Christ ; ils deviennent, par la consécration, le Christ lui-même.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006127 )L'eau mêlée au vin par Eti Lène (2026-09-07 18:44:19) 
[en réponse à 1006124]

signifie les mérites des fidèles. Or ces actions/souffrances/acceptations/bonnes œuvres/repentirs des fidèles/prêtres/évêques/pape par la foi l'espérance et la charité infuses, ne sont rien en elles-mêmes sans le sacrifice du Seigneur. Seuls les fidèles de l'Église catholique ou ceux dans l'ignorance invincible, ou ceux que Dieu voit et dont le cœur n'est pas perverti, participent et sont identifiés au sacrifice du Christ, et c'est un don extraordinaire, inimaginable, pas la création par elle-même, qui n'est rien à côté de Dieu. Toute la création est possédée par Dieu et est un néant en face de Lui. Pourquoi offrir la création alors que le Seigneur s'est offert Lui-même ? La création profite indirectement du sacrifice du Christ, mais pas parce qu'elle est offerte. Elle ne l'est jamais. Je vous cite le psaume

Là où il y a un possible glissement vers le panéanthisme est dans cette simple phrase : "l’essere umano offre in Cristo la creazione a Dio e, in cambio, implora la benedizione di Dio in Cristo per tutte le cose" "l’être humain offre dans le Christ la création à Dieu et, en retour, implore la bénédiction de Dieu dans le Christ pour toute chose."

Si, en expliquant l'Eucharistie comme cet article 107 le prétend, on offre la création à travers le Christ, outre le blasphème ostensible, cela induit quelque chose de problématique dans la valeur que l'on attribue aux choses auxquelles on croit. Or Dieu est infiniment au dessus de la création. Offrir le Seigneur même à travers la sainte messe, parce qu'Il nous donne le pouvoir de L'offrir, pourquoi Lui préférer ou au moins mettre à égalité la création ? Ça n'a aucun sens.

Le panenthéisme n'est pas absolument manifeste dans ce texte j'en conviens, mais en voulant expliquer l'Eucharistie, il écrit un truc impossible : "l'être humain (sic) offre la création dans(par) le Christ", ce qui supposerait même, à bien analyser ce texte, que le Christ est certes nécessaire, mais que la création l'est au moins tout autant pour réparer ce qui a été détruit. Mais par quel biais ? Comment concrètement la nature détruite par l'homme peut-elle être réparée par l'Eucharistie si cette dernière consiste à offrir la création à travers le Christ ?

Mais le Seigneur n'a absolument pas besoin de nous ni de tous les êtres créés, pas du tout. C'est nous qui avons infiniment besoin de Lui pour vivre de sa grâce.
images/icones/carnet.gif  ( 1006130 )la création assumée dans le sacrifice du Christ par Réginald (2026-09-07 19:16:08) 
[en réponse à 1006127]

Vous posez encore une alternative qui n’existe pas. Offrir la création dans le Christ ne signifie ni la préférer au Christ ni la mettre à égalité avec lui.

Saint Irénée ,dans le passage que je vous ai cité, écrit : « Nous sommes donc tenus d’offrir à Dieu les prémices de sa création », tout en précisant juste auparavant que Dieu n’a nullement besoin de nos sacrifices.

Et Guérard des Lauriers qu'on ne saurait accuser de moderniste, écrit de son côté : « Ce sacrifice naturel de l’homme n’est pas aboli : il faut qu’il soit restauré [...] : or il ne peut être restauré qu’en devenant le sacrifice du Christ. »

Il résume encore : « Le sacrifice de la messe réalise, en acte, l'unité entre le sacrifice du Christ et le sacrifice de l'homme, en vertu de la « conversion » eucharistique. »

Le mouvement est donc très classique : Dieu crée ; la création — dont le pain et le vin sont ici les prémices offertes — vient de lui ; l’homme la reçoit ; et c’est dans le Christ qu’il la rapporte à son Créateur.

Il ne s’agit pas de « la création ou le Christ », mais de la création et de l’offrande humaine assumées dans l’unique sacrifice du Christ.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006144 )Saint Irénée par Eti Lène (2026-09-08 07:12:31) 
[en réponse à 1006130]

dans son ensemble et quand vous lisez tout le texte, parle des "prémices" de la création, car il faut en effet d'abord purifier nos cœurs par le pardon aux autres, avant d'offrir l'unique sacrifice saint: c'est ce que veut dire l'évangile et saint Irénée explique ce terme de prémices. Les prémices ici s'entendent aussi du sacrifice d'Abel qui a préféré les plus belle bêtes de ses troupeaux pour les offrir à Dieu plutôt que les plus viles, contrairement à Caïn. Ça a coûté à Abel et c'est ce qui a plu à Dieu.

Quant au père Guérard des Lauriers c'est en effet, on ne peut plus catholique, car l'homme a une tendance naturelle au sacrifice à Dieu pour s'en attirer les grâces.

Le document récent du Vatican ne parle pas de prémices ni de sacrifice naturel qui avec et par la foi sans laquelle il est impossible de plaire à Dieu, et avec nos tout petits mérites joints au sacrifice de la nouvelle Alliance devient l'unique sacrifice du Christ, mais d'offrir la création dans le Christ, ce qui est très différent.

C'est à ce point si vrai que la création ne doit pas être offerte que Saint Irénée dans le chapitre 17 cite le Seigneur :

Il parle encore plus clairement de ces choses dans le cinquantième Psaume : Car si Tu avais désiré un sacrifice, je l’aurais donné : Tu ne te réjouiras pas des holocaustes. Le sacrifice de Dieu est un esprit brisé ; un cœur brisé et contrit que le Seigneur ne méprisera pas. Parce que, donc, Dieu n’a besoin de rien, Il déclare dans le Psaume précédent : Je ne prendrai ni veaux de ta maison, ni de boucs de ton giron. Car à moi sont toutes les bêtes de la terre, les troupeaux et les bœufs sur les montagnes : je connais tous les oiseaux du ciel, et les diverses tribus des champs sont à moi. Si j’avais faim, je ne vous le dirais pas : car le monde est à moi, et sa plénitude. Dois-je manger la chair de taureau ou boire le sang de chèvres ?

images/icones/carnet.gif  ( 1006148 )Ni deux sacrifices, ni deux offrandes : une seule, assumée dans le Christ par Réginald (2026-09-08 08:28:29) 
[en réponse à 1006144]

Vous insistez sur « Dieu n’a besoin de rien » et sur la disposition du cœur, alors que ces éléments ne suppriment nullement l’offrande des réalités créées.

Dans IV, 18, 1, Irénée cite d’abord Matthieu sur la réconciliation, puis enchaîne directement : « Nous sommes donc tenus d’offrir à Dieu les prémices de sa création ». Le « donc » relie les deux propositions. Ce n’est donc pas : « purifiez votre cœur au lieu d’offrir la création », mais : « réconciliez-vous, puis offrez les prémices de sa création ». La disposition intérieure est la condition de l’offrande, non son remplacement. Et le texte dit bien « de sa création », non « de vos mérites ».

Quant à Caïn et Abel, vous avez raison sur un point. Irénée explique que l’offrande d’Abel est agréée en raison de la droiture de celui qui offre : « Dieu agréa les présents d’Abel, parce qu’il les offrait avec simplicité de cœur et justice ; mais il n’agréa pas l’offrande de Caïn, parce que son cœur était partagé. » Mais cela confirme mon propos. Abel et Caïn offrent tous deux des réalités créées. La différence ne porte donc pas sur le fait d’offrir ou non des réalités créées, mais sur la manière de les offrir.

Enfin, le psaume cité par Irénée établit que Dieu n’a besoin de rien. Je n’ai jamais soutenu le contraire. Mais Irénée n’en conclut nullement qu’il ne faut rien lui offrir de créé. Au contraire, en IV, 17, 5, il écrit que le Christ « prit cette chose créée qu’est le pain, rendit grâce et dit : “Ceci est mon corps” », puis la coupe, elle aussi « partie de cette création dont nous faisons nous-mêmes partie », et enseigna ainsi « la nouvelle oblation de la nouvelle Alliance ».
Saint Irénée n’est d’ailleurs pas isolé. Quelques décennies plus tôt, saint Justin explique déjà que le pain de l’Eucharistie est offert tandis que nous rendons grâce à Dieu « d’avoir créé le monde avec tout ce qu’il contient » (Dialogue avec Tryphon, 41). Origène tient ensuite le même langage : « Nous avons dans le pain qu’on nomme eucharistie un symbole de cette reconnaissance que nous devons à Dieu », précise-t-il, avant d’ajouter que nous recevons les choses créées avec action de grâce envers le Créateur, à qui seul nous « offrons les prémices » (Contre Celse, VIII, 33-34).

Avec ustin, Irénée, Origène nous avons trois grands témoins de l’Église ancienne, et la même structure. Les dons de la création sont reçus du Créateur ; ils lui sont rendus dans l’action de grâce ; et, dans l’Eucharistie, cette offrande trouve son accomplissement dans l’unique sacrifice du Christ.

C’est d’ailleurs exactement l’enseignement du Catéchisme. Il cite saint Irénée : « Cette oblation, l’Église seule l’offre, pure, au Créateur, en lui offrant avec action de grâce ce qui provient de sa création » (Adv. haer. IV, 18, 4). Puis le Catéchisme précise : « La présentation des oblats à l’autel assume le geste de Melchisédech et confie les dons du Créateur entre les mains du Christ. C’est Lui qui, dans Son sacrifice, mène à la perfection toutes les tentatives humaines d’offrir des sacrifices » (CEC 1350).

Le même Catéchisme ajoute : « Nous offrons au Père ce qu’il nous a lui-même donné : les dons de sa création, le pain et le vin, devenus […] le Corps et le Sang du Christ » (CEC 1357) ; et encore : « Dans le sacrifice eucharistique, toute la création aimée de Dieu est présentée au Père à travers la mort et la Résurrection du Christ » (CEC 1359). Tout cela est déjà d'ailleurs exprimé dans le Canon romain. Dans le Supra quae, l’Église demande à Dieu d’agréer l’offrande eucharistique « comme » il agréa les présents d’Abel, le sacrifice d’Abraham et l’offrande de Melchisédech.

L’alternative que vous posez entre l’offrande du Christ et l’offrande des réalités créées n’est donc pas celle de la tradition catholique . Celles-ci sont offertes au Créateur et trouvent leur accomplissement dans l’unique sacrifice du Christ.

images/icones/fleche2.gif  ( 1006151 )L'Eucharistie par Eti Lène (2026-09-08 09:30:43) 
[en réponse à 1006148]

en Elle-même n'est plus du pain, mais le Seigneur même. On n'offre pas du pain et du vin lors de la sainte messe, on offre le sacrifice du Seigneur physiquement et réellement présent, avec son corps son âme son sang et sa divinité. On n'offre donc rien de "créé" par Dieu même, et c'est en cela un grand mystère, puisque la transsubstantiation qui est dogme de foi nous révèle que le pain et le vin n'existent plus. Seuls les accidents restent. Or si Dieu est réellement dans ces apparents accidents, Lui qui est incréé, c'est que Lui seul a de la valeur au yeux de Lui-même pour nous appliquer ses mérites par son amour.

On a glissé du document du Vatican qui affirme que "l'on offre la création en Christ" (création qui en fait sans le Seigneur même n'a absolument aucune valeur Dieu ayant une valeur infiniment supérieure) à "on offre les prémices de la création" ce qui avec le Lévitique qui éclairé par le Nouveau Testament prend tout son sens, car les prémices sont les premiers-nés, ou ce qu'il y a de plus précieux. Mais si comme dit le Seigneur dans l'évangile "nous valons beaucoup plus que beaucoup de moineaux", pourquoi Lui offrir alors la création ? Ce sont plutôt nos dispositions de cœur et nos bonnes œuvres qui par la foi l'espérance et la charité sont identifiées et mêlées au sacrifice du Seigneur Jésus. Le sens de ces prémices n'est pas autre. Ces deux affirmations ne sont pas du tout les mêmes. Or Saint Irénée parle des prémices uniquement en termes de la disposition du cœur, car c'est le Christ qui accomplit la loi parce que nous sommes incapables de l'accomplir parfaitement, avec notre coopération, par son sacrifice.


1651
1. Si quelqu'un dit que dans le très saint sacrement de l'eucharistie ne sont pas contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang en même temps que l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus Christ et, en conséquence, le Christ tout entier, mais dit qu'ils n'y sont qu'en tant que dans un signe ou en figure ou virtuellement qu'il soit anathème 1636 ; 1640 .

1652
2. Si quelqu'un dit que, dans le très saint sacrement de l'eucharistie, la substance du pain et du vin demeure avec le Corps et le Sang de notre Seigneur Jésus Christ, et s'il nie ce changement admirable et unique de toute la substance du pain en son Corps et de toute la substance du vin en son Sang, alors que demeurent les espèces du pain et du vin, changement que l'Eglise catholique appelle d'une manière très appropriée transsubstantiation : qu'il soit anathème 1642 .

Source

Une proposition janséniste avait été condamnée alors qu'elle paraissait totalement orthodoxe, parce qu'elle omettait le terme transsubstantiation. Nous ne sommes plus dans l'Ancien testament. Les anciens sacrifices étaient des figures admirables de l'unique sacrifice du Christ. Origène, qui est un père de l'Église non canonisé, ce qui est compréhensible, parle de symbole, ce qui est regrettable. Après la transsubstantiation il n'y a plus de pain, il n'y a plus vin, il n'y a que le corps le sang l'âme et la divinité du Seigneur. Et ce dernier point est un dogme de foi. Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus soutenait que la foi dans l'Eucharistie était peut-être celui auquel il fallait attacher une très grande, voire la plus grande importance.
images/icones/carnet.gif  ( 1006152 )mais c'estce que fait l offertoire par Réginald (2026-09-08 09:37:19) 
[en réponse à 1006151]

Que, par la consécration, la substance du pain et du vin cesse d’exister ne signifie pas qu’ils n’ont pas été offerts auparavant comme dons de la création. C’est précisément ce que fait l’offertoire. La consécration n’annule pas cette offrande ; elle la conduit à son accomplissement dans l’unique sacrifice du Christ.

cf S Robert Bellarmin « Cette première oblation [celle de l’offertoire] est une préparation de la seconde oblation [celle de la consécration], en laquelle, à proprement parler, consiste le sacrifice. C’est pourquoi on a raison de dire : “sacrifice préparé”, lorsque la matière qui doit être consacrée à Dieu lui a été dédiée par une certaine oblation. […] Il n’y a donc pas deux sacrifices mais un seul, qui est l’offrande du pain transformé dans le corps du Seigneur, ou l’offrande du corps du Seigneur sous les espèces du pain. Ainsi, à la messe on n’offre pas le pain comme un sacrifice parfait, mais comme un sacrifice inchoatif et perfectible. »
— Saint Robert Bellarmin, De Missa, II, 17 et I, 27.
images/icones/carnet.gif  ( 1006150 )voici le texte de saint Irénée par Réginald (2026-09-08 09:00:17) 
[en réponse à 1006144]

« Car il nous faut présenter une offrande à Dieu et témoigner en tout notre reconnaissance au Créateur, en lui offrant [...] les prémices de ses propres créatures.
Et cette oblation, l'Église seule l'offre, pure, au Créateur, en lui offrant avec action de grâces ce qui provient de sa création. [...]
Pour nous, notre façon de penser s'accorde avec l'eucharistie, et l'eucharistie en retour confirme notre façon de penser. Car nous lui offrons ce qui est sien [...].
Nous lui offrons, en effet, non comme à quelqu'un qui serait dans le besoin, mais pour lui rendre grâces à l'aide de ses dons et sanctifier la création. Car, de même que Dieu n'a pas besoin de ce qui vient de nous, de même nous avons besoin d'offrir quelque chose à Dieu. »
Saint Irénée, Contre les hérésies, IV, 18, 4-6.