Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=1005970
images/icones/carnet.gif  ( 1005970 )"Léon XIV donne raison aux « prophètes de malheur » : l’Église a‑t‑elle abandonné le règne du Christ ?" par Vistemboir2 (2026-09-05 10:43:16) 

Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 4 septembre 2026 sur The Remnant sous le titre : « Leo XIV Proves the “Prophets of Doom” Correct: Has the Church Abandoned the Reign of Christ? »
-------------------------------
Les « prophètes de malheur » étaient censés avoir tort. Mais, et s'ils avaient vu juste quant à la direction vers laquelle Vatican II entraînait l'Église ? La dernière catéchèse de Léon XIV sur Gaudium et Spes révèle une Église de plus en plus préoccupée par l'eau, la pauvreté, la pollution et la paix terrestre, tandis que l'ancienne proclamation catholique du Christ‑Roi a discrètement disparu.

Le 2 septembre, Léon XIV a entamé son cycle de catéchèses consacré à la Constitution pastorale de Vatican II sur l’Église dans le monde de ce temps, Gaudium et Spes. Curieusement, il a inauguré cet enseignement en rappelant comment Jean XXIII avait réfuté les « prophètes de malheur » :

« Saint Jean XXIII, dès son discours inaugural du 11 octobre 1962, avait tenu à se démarquer des « prophètes de malheur » qui, « bien qu’animés d’un zèle religieux […] ne cessent de répéter que notre époque, comparée aux siècles passés, est bien pire ; et vont jusqu’à se comporter comme s’ils n’avaient rien à apprendre de l’histoire » (Discours Gaudet Mater Ecclesia, 11 octobre 1962, 4.2). D’où la tâche confiée aux Pères conciliaires : « Dans l’état actuel des événements humains, où l’humanité semble entrer dans un nouvel ordre des choses, il faut plutôt y voir les desseins mystérieux de la Divine Providence, qui se réalisent au fil du temps par l’œuvre des hommes, et souvent au-delà de leurs attentes, et qui, dans sa sagesse, dispose de tout, même des événements humains défavorables, pour le bien de l’Église » (Gaudet Mater Ecclesia, 4.4).


Au fil des décennies, la pensée exacte de Jean XXIII a fait l’objet de débats, certains suggérant qu’il rejetait alors les avertissements de Notre‑Dame de Fatima. Quoi qu’il en ait été dans l’esprit de Jean XXIII, le choix singulier de cette citation par Léon XIV vise manifestement les « prophètes de malheur » d’aujourd’hui : les catholiques traditionalistes. En effet, ces paroles de Jean XXIII s’appliquent bien davantage aux catholiques traditionalistes actuels qu’à n’importe quel « prophète de malheur » d’avant le Concile, car notre époque est, de fait, « bien pire » que les siècles passés.

Léon XIV poursuit en exposant l'idée selon laquelle le partage de notre humanité par Notre‑Seigneur est à l'origine de l'appel lancé par Gaudium et Spes à l'Église pour qu'elle partage les sentiments de l'humanité, en particulier ceux des pauvres et des affligés :

« Trois ans plus tard, la promulgation de Gaudium et Spes reconnaissait dans ce discernement un élément essentiel de la nature de l’Église, décrivant son caractère pastoral comme constitutif : d’où la définition de “Constitution pastorale”. Il ne s’agit pas d’un optimisme naïf, mais d’une fidélité renouvelée au Mystère du Christ qui, en s’incarnant, choisit de partager notre vie : il s’est rendu « en tout semblable à ses frères » (Hé 2, 17 ; cf. 4, 15) et a pris sur lui les conséquences du péché, mourant « en rançon pour tous » (1Tm 2, 6). Ce partage avec l’humanité est la voie que le Christ demande à l’Église ; c’est pourquoi la Constitution conciliaire Gaudium et Spes s’ouvre en déclarant que l’Église fait siennes « les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent » (GS 1). »


Comme pour tant d'autres aspects de Vatican II, on laisse entendre à tort que Jean XXIII et son Concile auraient en quelque sorte découvert quelque chose de nouveau et d'essentiel concernant la foi, comme si les générations passées de catholiques n'avaient pas compris le Christ. On pourrait croire que l'Église avait jusqu'alors ignoré la vie des hommes, mais cette rhétorique est aussi fausse qu'offensante.

Léon XIV continue en critiquant ceux qui font preuve de passivité et d'indifférence face à l'actualité :

« C’est un partage qui nous appelle à sortir de toute passivité et indifférence face aux événements qui se produisent, à l’histoire et à la vie des personnes, surtout face au changement rapide et profond que nous vivons aujourd’hui. Il n’est pas possible de rester des spectateurs désintéressés ; il faut au contraire écouter avec le cœur, se laisser interpeller, s’impliquer. Avec le Christ et soutenus par la force de son Esprit, les croyants sont appelés à prendre en charge les difficultés de leurs frères et sœurs, en particulier celles et ceux qui sont écrasés par l’injustice, la discrimination et la violence. En effet, ce n’est que par le partage et l’engagement qu’il est possible de parvenir à des réponses adéquates, toujours soutenues par la certitude « qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous »(Rm 8, 18). En ce sens, la proximité avec l’humanité ouvre la voie à une lecture plus profonde des événements et de la Révélation elle-même ; dans cette même perspective, Gaudium et Spes rappelle le « devoir, à tout moment, de scruter les signes des temps et de les interpréter à la lumière de l’Évangile » (GS 4).


Il est subtilement suggéré que Gaudium et Spes contrecarre une certaine tendance chez les catholiques à oublier que l'Église doit prêter attention aux préoccupations de l'humanité. Toutefois, cette critique repose généralement sur l'idée que le souci du salut éternel des âmes serait moins important ou moins urgent que la satisfaction des besoins matériels. Ainsi, lorsque Léon XIV affirme que nous ne devons pas « rester des spectateurs désintéressés » face à « l'injustice, la discrimination et la violence », il entend véritablement dire que mettre fin à ces maux est plus important que de répandre la vérité catholique.

Cette approche s'écarte radicalement de la manière dont l'Église envisage réellement les maux de la société. Pour illustrer le véritable enseignement catholique, on peut se référer à l'encyclique de Pie XI de 1937 sur le communisme athée, Divini Redemptoris. Après avoir affirmé que ce grand mal « prétend renverser l'ordre social et saper jusque dans ses fondements la civilisation chrétienne », Pie XI expose la réponse catholique :

« En face d'un pareil danger, l'Eglise Catholique ne pouvait se taire et, en fait, elle n'a pas gardé le silence. Le Siège Apostolique, qui a pour mission spéciale la défense de la vérité, de la justice, de tous les biens éternels niés et combattus, par le communisme, le Siège Apostolique. tout particulièrement, n'a pas manqué d'élever la voix. Depuis l'époque où des groupes intellectuels prétendirent libérer la civilisation humaine des liens de la morale et de la religion, Nos prédécesseurs attirèrent l'attention du monde, d'une façon claire et explicite, sur les conséquences de la déchristianisation de la société humaine. »


On voit ici que l'Église doit combattre les maux de chaque époque en défendant la vérité et en s'opposant à la déchristianisation de la société. Si quelqu'un avait suggéré à Pie XI que la meilleure façon de remédier aux maux de la société était simplement d'encourager les hommes à s'écouter les uns les autres, il aurait sans doute rappelé qu'il serait gravement répréhensible pour l'Église catholique d'apporter des remèdes purement naturels à des problèmes spirituels.

Alors, que nous propose Léon XIV aujourd'hui ? Son intention de prière pour le mois de septembre nous donne un aperçu de la profondeur de sa réflexion et de sa sollicitude :

« Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. Amen. Seigneur de la Vie, Tu nous as fait don de l'eau, source de fécondité, de fraîcheur et d'espérance. Elle étanche la soif, féconde la terre et guérit les blessures. Nous Te rendons grâce, car elle est aussi le symbole de Ta grâce et de Ton amour, qui nous renouvelle par le Baptême. Aujourd'hui, nous Te demandons de nous apprendre à la préserver avec gratitude, justice et responsabilité. Pardonne‑nous de l'avoir transformée en marchandise, oubliant qu'elle est un don universel, un droit sans frontières destiné à tous Tes enfants. Nous voyons avec douleur tant de frères et sœurs privés d'eau potable, parcourant des kilomètres pour en trouver, et tombant malades par manque d’accès. Que Ton Esprit fasse de nous des pèlerins de l'essentiel, capables de vivre avec sobriété, de dénoncer le gaspillage et la pollution, et de défendre le droit de chacun à boire sans crainte et sans inégalité. Que notre soin de l'eau soit un signe d'amour pour le Créateur et un engagement envers la vie des pauvres, en éduquant les nouvelles générations à la valoriser et à la protéger. Amen. »


Qu’en est-il du Christ‑Roi ?

L’Église est confrontée à une apostasie de masse — entraînant des âmes en enfer et offensant Dieu outre mesure — et le successeur apparent de saint Pierre invite tous les catholiques à implorer la grâce de Dieu afin que nous puissions préserver l’eau dans le respect de la justice. Loin de combattre les maux du monde, cette dérision publique de l’autorité morale de l’Église ne fait que les aggraver.

En revenant à la catéchèse de Léon XIV, nous devons reconnaître qu’il n’a pas totalement écarté Dieu. Toutefois, comme le montrent ses propos ci-dessous, son message met l’Évangile au service de l’amélioration des maux matériels plutôt que spirituels :

« Le partage chrétien nous engage à prendre en charge la réalité et aussi à mettre à nu les contradictions qui caractérisent la vie personnelle et sociale du monde contemporain : par exemple, un progrès scientifique et technologique qui offre sans cesse de nouvelles possibilités, mais uniquement à certains, et que l’être humain ne parvient pas toujours à mettre « à son service » ; ou une connaissance plus claire des « lois de la vie sociale », accompagnée toutefois d’incertitudes « quant à la direction à lui donner » ; ou encore, une plus grande disponibilité de « richesses, de possibilités et de puissance économique », qui, malheureusement, aujourd’hui comme à l’époque du Concile, laisse « une grande partie des habitants de la planète […] encore en proie à la faim et à la misère » (GS 4) ; ou encore, une prise de conscience partagée que l’avenir de la planète est en jeu et, en même temps, l’incapacité à renoncer à la consommation égoïste et à l’illusion selon laquelle la guerre serait un moyen efficace de construire la paix.
À une époque marquée par de profonds changements, d’où découlent des déséquilibres préoccupants, l’Église est appelée à servir l’être humain, en écoutant et en accueillant les interrogations les plus profondes de son cœur et les aspirations qui l’habitent, en désignant en Christ « la clé, le centre et la fin de toute l’histoire humaine » (GS 10). C’est pourquoi, dans l’Église, à tous les niveaux et à toutes les époques, doit se réaliser la kénose miséricordieuse du Christ qui « ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, […] devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix » (Ph 2, 6-8).


L'idée générale est que les catholiques devraient imiter le sacrifice de Notre-Seigneur afin de mieux protéger la planète et de bâtir une paix sans Dieu, tout en gardant à l'esprit la nécessité de préserver la pureté de l'eau.

Comme nous l'avons vu plus haut, il s'agit d'un renversement total des idées exposées dans l'encyclique Divini Redemptoris de Pie XI. Cette position s'oppose également de manière fondamentale à l'encyclique Quas Primas, publiée par le même pape en 1925 et consacrée au Christ‑Roi :

« Dans la première Encyclique qu'au début de Notre Pontificat Nous adressions aux évêques du monde entier, Nous recherchions la cause intime des calamités contre lesquelles, sous Nos yeux, se débat, accablé, le genre humain. Or, il Nous en souvient, Nous proclamions ouvertement deux choses: l'une, que ce débordement de maux sur l'univers provenait de ce que la plupart des hommes avaient écarté Jésus-Christ et sa loi très sainte des habitudes de leur vie individuelle aussi bien que de leur vie familiale et de leur vie publique ; l'autre, que jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. C'est pourquoi, après avoir affirmé qu'il fallait chercher la paix du Christ par le règne du Christ, Nous avons déclaré Notre intention d'y travailler dans toute la mesure de Nos forces ; par le règne du Christ, disions-Nous, car, pour ramener et consolider la paix, Nous ne voyions pas de moyen plus efficace que de restaurer la souveraineté de Notre Seigneur.. Depuis, Nous avons clairement pressenti l'approche de temps meilleurs en voyant l'empressement des peuples à se tourner - les uns pour la première fois, les autres avec une ardeur singulièrement accrue - vers le Christ et vers son Eglise, unique dispensatrice du salut: preuve évidente que beaucoup d'hommes, jusque-là exilés, peut-on dire, du royaume du Rédempteur pour avoir méprisé son autorité, préparent heureusement et mènent à son terme leur retour au devoir de l'obéissance. »


Si nous voulons la paix et la fin des maux actuels, nous devons rétablir le règne du Christ-Roi. En se concentrant plutôt sur la propreté et la disponibilité de l'eau, Léon XIV nous indique très clairement que le règne du Christ‑Roi ne l'intéresse pas.

Les « prophètes de malheur » avaient raison


Mais ce serait une erreur de blâmer Léon XIV pour tout cela, car il se comporte en fils fidèle de la révolution de Vatican II. Pour le comprendre, il suffit d'examiner la manière dont le père Yves Congar a décrit le Concile, et notamment la constitution Gaudium et Spes :

« Par la Déclaration sur la liberté religieuse, par la Constitution pastorale Gaudium et Spes — sur l'Église dans le monde de ce temps : quel titre significatif ! — l'Église de Vatican II s'est ouvertement située dans le monde pluraliste d'aujourd'hui ; et, sans rien renier de ce qu'il a pu y avoir de grand, elle a rompu les amarres qui la retenaient aux rives du Moyen Âge. On ne peut rester figé à un moment précis de l'histoire. Mgr Lefebvre parle du "règne de Notre‑Seigneur Jésus‑Christ sur les personnes, sur les familles et sur les sociétés civiles". On aurait cru entendre Pie X ou Pie XI. » (Y. Congar, La crise dans l'Église et Mgr Lefebvre)


Congar a écrit ces mots pour s'opposer à Mgr Marcel Lefebvre qui, bien entendu, tenait à suivre les idées des papes d'avant Vatican II, tels que Pie XI. En effet, dans cette dernière phrase, Congar se moquait de Mgr Lefebvre pour la façon dont il se faisait l'écho de saint Pie X et de Pie XI.

Cela nous ramène à l'idée par laquelle Léon XIV a commencé sa catéchèse. Il n'y avait aucune raison valable pour lui de citer les propos de Jean XXIII sur les « prophètes de malheur » dans un message consacré à Gaudium et Spes. Apparemment, l'objectif était de nous rappeler cette même idée soulignée par Congar il y a cinquante ans : « sans rien renier de ce qu'il a pu y avoir de grand, [l'Église] a rompu les amarres qui la retenaient aux rives du Moyen Âge ». Aux yeux de Léon XIV, il vaut mieux que l'Église se détache de la Tradition catholique, s'éloignant toujours davantage de ce que saint Pie X et Pie XI affirmaient que les catholiques devaient croire. C’est pourquoi Léon XIV ne témoigne que de la bienveillance envers les hérétiques, tout en condamnant la FSSPX de Mgr Lefebvre. Les « prophètes de malheur » avaient vu juste, mais, dans Sa miséricorde aimante, Dieu nous a donné des hommes comme Mgr Lefebvre, qui ont refusé de rompre avec la Tradition catholique.

Cœur Immaculé de Marie, priez pour nous !
images/icones/fleche3.gif  ( 1005972 )"Le successeur apparent de saint Pierre" ? Ça devient grave par Gaudium (2026-09-05 11:12:07) 
[en réponse à 1005970]

Combien de temps allez-vous encore nous bassiner avec les articles de ce triste individu au cœur endurci, qui ose parler ainsi du pape, comme s'il n'était qu'en apparence le successeur de Pierre, repeint tout en noir, et consacre manifestement l'essentiel de son temps et de son énergie à dézinguer le Saint-Père ?

Il y a un moment où il faut oser dire que ça suffit. Nous sommes sur un forum catholique, pas schismatique et encore moins sédévacantiste.
images/icones/1q.gif  ( 1005978 )Le successeur visible par Jean-Paul PARFU (2026-09-05 13:12:17) 
[en réponse à 1005972]

"Apparent" est vraisemblablement une mauvaise traduction de l'anglais !

Ne montez pas sur vos grands chevaux de bien-pensant !

Cela me fait penser à un collègue qui avait dit à un autre collègue, d'origine étrangère et anglophone, qu'il était lunatique. L'autre avait compris que le premier l'avait traité de fou et ils en étaient venus aux mains.
images/icones/bravo.gif  ( 1005979 )Oui par Chouan (2026-09-05 13:23:12) 
[en réponse à 1005978]

D'autant plus que The Remnant n'a jamais été sédévacantiste et a même été accusé de naïveté et de complaisance lors des premiers pas de Léon XIV...
images/icones/carnet.gif  ( 1005981 )c'est faux par Réginald (2026-09-05 13:43:58) 
[en réponse à 1005978]

Les grands chevaux de la bien-pensance peuvent rester à l’écurie. Il s’agit ici simplement de vocabulaire anglais.

Or Morrison écrit bien : “the ostensible successor of St. Peter”. Le Cambridge Dictionary définit ostensible ainsi : « appearing or claiming to be one thing when it is really something else », c’est-à-dire; apparaissant ou se présentant comme une chose alors qu’en réalité il peut en aller autrement. Traduire par « visible » serait un contresens qui ferait bondir n'importe quel angliciste.

Et créditons M. Morrison de savoir très bien ce qu’il écrit. Vu le ton de l’article, il serait assez surprenant que ce choix lexical fût parfaitement innocent.
images/icones/1d.gif  ( 1005982 )Votre propos est toujours le même par Jean-Paul PARFU (2026-09-05 14:03:29) 
[en réponse à 1005981]

Si l'on critique le pape, on est un schismatique, un sédévacantiste, ou pire encore. C'est l'argument d'autorité, bête et méchant, qui est immédiatement dégoupillé.

C'est en somme l'équivalent dans le domaine religieux, des insultes politiques du style : fasciste, populiste, extrême-droite, dès que l'on aborde des sujets interdits comme l'immigration, par exemple.

Très honnêtement, il est très invraisemblable que le site en question et son rédacteur en chef soient sédévacantistes.
images/icones/carnet.gif  ( 1005984 )Le dictionnaire suffit par Réginald (2026-09-05 14:17:48) 
[en réponse à 1005982]

S’il y a bien une mauvaise habitude, c’est celle de ne pas répondre à la question posée.

Le débat est pourtant extrêmement simple : que signifie ostensible dans la phrase de Morrison ? Le dictionnaire y répond.

Je n’ai jamais dit que critiquer le pape rendait sédévacantiste. Je dis simplement que, si l’on traduit Morrison, il faut traduire ce qu’il écrit : the ostensible successor of St. Peter se traduit par « le successeur apparent de saint Pierre », voire « le prétendu successeur de saint Pierre ».
images/icones/livre.gif  ( 1005985 )St Thomas sur l'argument d'autorité par Eti Lène (2026-09-05 15:56:40) 
[en réponse à 1005984]

Source

"Prima pars Question 1 Article 8 — Cette doctrine argumente-t-elle ?
Objections :

1. Saint Ambroise dit : “ Rejette les arguments, là où c’est la foi qu’on cherche. ” Or, dans cette doctrine, c’est la foi surtout que l’on cherche : “ Ces choses ont été écrites, dit Saint Jean (20, 31), afin que vous croyiez. ” La doctrine sacrée ne procède donc pas par arguments.

2. Si cette science devait argumenter, ce serait ou par autorité ou par raison. Mais prouver par autorité ne semble pas convenir à sa dignité, car, selon Boèce, l’argument d’autorité est de tous le plus faible. Quant aux preuves rationnelles, elles ne conviennent pas à sa fin, puisque, selon Saint Grégoire, “ la foi n’a pas de mérite, là où la raison procure une connaissance directe ”. Par conséquent la doctrine sacrée n’use pas d’arguments.

En sens contraire :

L’Apôtre, parlant de l’évêque, dit (Tt 1, 9) : “ Qu’il soit attaché à l’enseignement sûr, conforme à la doctrine ; il doit être capable d’exhorter dans la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs. ”

Réponse :

Les autres sciences n’argumentent pas en vue de démontrer leurs principes ; mais elles argumentent à partir d’eux pour démontrer d’autres vérités comprises dans ces sciences. Ainsi la doctrine sacrée ne prétend pas, au moyen d’une argumentation, prouver ses propres principes, qui sont les vérités de foi ; mais elle les prend comme point d’appui pour manifester quelque autre vérité, comme l’Apôtre (1 Co 15,12) prend appui sur la résurrection du Christ pour prouver la résurrection générale.

Toutefois, il faut considérer ceci. Dans l’ordre des sciences philosophiques, les sciences inférieures non seulement ne prouvent pas leurs principes, mais ne disputent pas contre celui qui les nie, laissant ce soin à une science plus haute ; la plus élevée de toutes, au contraire, qui est la métaphysique, dispute contre celui qui nie ses principes, à supposer que le négateur concède quelque chose ; et, s’il ne concède rien, elle ne peut discuter avec lui, mais elle peut détruire ses arguments. La science sacrée donc, n’ayant pas de supérieure, devra elle aussi disputer contre celui qui nie ses principes. Elle le fera par le moyen d’une argumentation, si l’adversaire concède quelque chose de la révélation divine : c’est ainsi qu’en invoquant les “ autorités ” de la doctrine sacrée, nous disputons contre les hérétiques, utilisant un article de foi pour combattre ceux qui en nient un autre. Mais si l’adversaire ne croit rien des choses révélées, il ne reste plus de moyen pour prouver par la raison les articles de foi ; il est seulement possible de réfuter les raisons qu’il pourrait opposer à la foi. En effet, puisque la foi s’appuie sur la vérité infaillible, et qu’il est impossible de démontrer le contraire du vrai, il est manifeste que les arguments qu’on apporte contre la foi ne sont pas de vraies démonstrations, mais des arguments réfutables.

Solutions :

1. Bien que les arguments de la raison humaine soient impropres à démontrer ce qui est de foi, il reste qu’à partir des articles de foi la doctrine sacrée peut prouver autre chose, comme on vient de le dire.

2. Il est certain que notre doctrine doit user d’arguments d’autorité ; et cela lui est souverainement propre du fait que les principes de la doctrine sacrée nous viennent de la révélation, et qu’ainsi on doit croire à l’autorité de ceux par qui la révélation a été faite. Mais cela ne déroge nullement à sa dignité, car si l’argument d’autorité fondé sur la raison humaine est le plus faible, celui qui est fondé sur la révélation divine est de tous le plus efficace.

Toutefois la doctrine sacrée utilise aussi la raison humaine, non point certes pour prouver la foi, ce qui serait en abolir le mérite, mais pour mettre en lumière certaines autres choses que cette doctrine enseigne. Donc, puisque la grâce ne détruit pas la nature, mais la parfait, c’est un devoir, pour la raison naturelle, de servir la foi, tout comme l’inclination naturelle de la volonté obéit à la charité. Aussi l’Apôtre dit-il (2 Co 10, 5) : “ Nous assujettissons toute pensée pour la faire obéir au Christ. ” De là vient que la doctrine sacrée use aussi des autorités des philosophes, là où, par leur raison naturelle, ils ont pu atteindre le vrai. Saint Paul, dans les Actes (17, 28) rapporte cette sentence d’Aratus : “ Nous sommes de la race de Dieu, ainsi que l’ont affirmé certains de vos poètes. ” Il faut prendre garde cependant que la doctrine sacrée n’emploie ces autorités qu’au titre d’arguments étrangers à sa nature, et n’ayant qu’une valeur de probabilité. Au contraire, c’est un usage propre qu’elle fait des autorités de l’Écriture canonique. Quant aux autorités des autres docteurs de l’Église, elle en use aussi comme arguments propres, mais d’une manière seulement probable. Cela tient à ce que notre foi repose sur la révélation faite aux Apôtres et aux Prophètes, non sur d’autres révélations, s’il en existe, faites à d’autres docteurs. C’est pourquoi, écrivant à Saint Jérôme, Saint Augustin déclare : “ Les livres des Écritures canoniques sont les seuls auxquels j’accorde l’honneur de croire très fermement leurs auteurs incapables d’errer en ce qu’ils écrivent. Les autres, si je les lis, ce n’est point parce qu’ils ont pensé une chose ou l’ont écrite que je l’estime vraie, quelque éminents qu’ils puissent être en sainteté et en doctrine.”"

Vous noterez que saint Paul ne nie pas du tout que l'argument d'autorité est le premier; il admet bien que cet argument est le plus faible, la Révélation étant le premier.
images/icones/carnet.gif  ( 1005990 )Pas besoin de la Prima Pars par Réginald (2026-09-05 16:17:38) 
[en réponse à 1005985]

Merci pour saint Thomas, mais il me semble un peu surdimensionné pour établir le sens d’un adjectif anglais. Pour cela, prendre un dictionnaire suffit. A condition, bien entendu, de ne pas le lire à l'envers.

images/icones/1e.gif  ( 1005992 )C'est sûr par Eti Lène (2026-09-05 16:21:48) 
[en réponse à 1005990]

Pas besoin de St Thomas donc en cette matière.
images/icones/carnet.gif  ( 1005995 )oui par Réginald (2026-09-05 16:31:48) 
[en réponse à 1005992]

Reste maintenant à prendre le dictionnaire dans le bon sens.
images/icones/livre.gif  ( 1005986 )Autre traduction du mot ostensible par Eti Lène (2026-09-05 15:59:43) 
[en réponse à 1005984]

"Manifeste, évident". Source
images/icones/carnet.gif  ( 1005987 )Le dictionnaire à l’envers par Réginald (2026-09-05 16:11:06) 
[en réponse à 1005986]

Un dictionnaire bilingue se lit dans les deux sens. Vous avez consulté la page français / anglais, donc vous êtes naturellement retombé sur le français « ostensible ».

Mais Morrison écrit en anglais. Il fallait regarder anglais / français : ostensible y est bien rendu par « apparent », « prétendu ».

Ce n’est donc pas une autre traduction possible. Vous avez simplement pris le dictionnaire dans le mauvais sens.

La rigueur qu’on réclame pour lire un texte pontifical peut aussi servir à lire une URL.
images/icones/fleche3.gif  ( 1005991 )Cherchez la petite bête quand ça vous arrenge par Eti Lène (2026-09-05 16:21:01) 
[en réponse à 1005987]

L'éléphant est déjà là, de plus en plus visible, dans la pièce.

Et vous ne croyez pas que le Seigneur ne le voit pas, cet éléphant ?

Au sujet de la traduction, je maintiens, car cela est vrai, on peut le traduire de deux sortes, même si la deuxième sorte est plus rare j'en conviens.

Quant à ramener les fidèles à la cause de l'eau, Léon XIV ayant déjà béni un glaçon, là question pastorale, le pape a fait très fort. Il va ramener beaucoup beaucoup de monde à l'Église.
images/icones/carnet.gif  ( 1005993 )[réponse] par Réginald (2026-09-05 16:30:16) 
[en réponse à 1005991]

Vous pouvez maintenir ce que vous voulez, mais le problème est très simple : vous avez consulté l’entrée français - anglais de ostensible, alors que Morrison écrit en anglais.
Changez le sens (anglais -français) et vous obtiendrez "prétendu" et "apparent".
images/icones/bravo.gif  ( 1006037 )Entièrement d'accord par Jeanne Smits (2026-09-06 18:54:41) 
[en réponse à 1005981]

Chers liseurs,

Je n'ai pas besoin d'un dictionnaire pour savoir qu'en anglais et dans le contexte donné, « ostensible » est parfaitement traduit par « apparent ».

Je suis donc entièrement d'accord avec Reginald sur ce point.

Le sédévacantisme, ce me semble, se répand dans des milieux et des médias qui en étaient épargnés il y a encore quelques années, sous François…

Amitiés
Jeanne Smits

images/icones/fleche2.gif  ( 1006040 )C'était un adjectif peut-être regrettable par Eti Lène (2026-09-06 19:22:35) 
[en réponse à 1006037]

Madame Smits, mais quand on lit son article du 24 août 2026, il n'est nullement montré de thèses sédévacantistes. C'est à cette lumière que je me bornerai à ne pas croire à son sédévacantisme. Il faudrait pour cela qu'il écrive une analyse entière. Je ne connais pas la subtilité du langage anglais, qui a plus de mots que le français, et de surcroît venant de chroniqueurs qui peuvent avoir quelques tournures qui ne nous sont pas appréhendables.

Plus cela va, et plus les arguments de fond vont prévaloir dans les débats, car n'ayant plus d'autorité nulle part, ni au dessus ni présente, seuls la sainte écriture le Magistère ordinaire universel, extraordinaire, et la Tradition de l'Église, vont nous éclairer. Mgr Lefebvre avait pleinement raison. Il avait tout compris.

Paul VI a commis un abus de droit rien qu'en condamnant de facto (il n'a pas osé le faire par un écrit solennel, mais plutôt par un discours consistorial en 1976) l'ancien missel, de part cette condamnation du saint Concile de Trente : "1759 9. Si quelqu'un dit que le rite de l'Eglise romaine, selon lequel une partie du canon et les paroles de la consécration sont prononcées à voix basse, doit être condamné ; ou que la messe ne doit être célébrée qu'en langue vulgaire ; ou que l'eau ne doit pas être mêlée, dans le calice, au vin que l'on doit offrir, parce que cela est contraire à l'institution du Christ : qu'il soit anathème 1746 ; 1748 ." Source
images/icones/1v.gif  ( 1005980 )"Ce qui est excessif est insignifiant..." par Vistemboir2 (2026-09-05 13:36:18) 
[en réponse à 1005972]

(Tout est dans le titre)
images/icones/carnet.gif  ( 1005974 )Poser la bonne question à Gaudium et Spes par Réginald (2026-09-05 11:21:50) 
[en réponse à 1005970]

L’idée défendue par le pape, dans le sillage du Concile, peut se formuler ainsi : l’Église comprend et accomplit sa mission en partageant réellement la condition et les épreuves de l’humanité, en discernant le monde à la lumière de l’Évangile, et en révélant finalement au monde que son sens ultime se trouve dans le Christ. Encore faut-il savoir lire et vouloir comprendre une thèse avant de la condamner.

Dans cet article, Morrison caricature cette position en affirmant, en substance, que le pape remplacerait le Christ par les problèmes sociaux. C’est évidemment plus facile à réfuter ainsi. On substitue à la thèse réelle une version sommaire, puis on triomphe de la caricature que l’on vient soi-même de fabriquer.

Si l’on veut vraiment en discuter, il faut poser la question correctement, c’est-à-dire demander : dans cette manière de partir de l’homme et de sa condition pour aller vers le Christ, la finalité surnaturelle de l’Église reste-t-elle suffisamment première et explicite ?

C’est une question beaucoup plus exigeante, car il ne s’agit plus de dénoncer une opposition que le texte ne pose pas, mais d’examiner la hiérarchie réelle des fins et l’ordination des moyens à celles-ci. La polémique y perd sans doute en facilité mais la discussion théologique, elle, y gagne beaucoup.
images/icones/carnet.gif  ( 1005976 )Vous posez la vraie question par Chouan (2026-09-05 12:07:39) 
[en réponse à 1005974]

"dans cette manière de partir de l’homme et de sa condition pour aller vers le Christ, la finalité surnaturelle de l’Église reste-t-elle suffisamment première et explicite ?"
J'allais vous dire pour affiner "partir de l'homme et de sa condition" l'apologétique l' a toujours fait. Mais part-on de l'homme blessé par le péché dont le Christ est le seul moyen de salut ou d'une humanité, confrontée certes aux difficultés, mais en marche vers le Progrès et l'unité ?
images/icones/carnet.gif  ( 1006008 )à nuancer par Réginald (2026-09-06 07:20:31) 
[en réponse à 1005976]

Gaudium et spes ne part pas simplement d’une humanité en marche vers le Progrès et l’unité. Le § 13 est tout de même extrêmement net : l’homme, créé dans la justice, s’est détourné de Dieu, a brisé l’ordre qui l’orientait vers sa fin dernière, se découvre intérieurement divisé et « incapable par lui-même de vaincre effectivement les assauts du mal ». C’est le Christ qui vient le délivrer de l’esclavage du péché et le restaurer.

On ne peut donc pas dire que l’anthropologie du Concile ferait abstraction de l’homme blessé et de la nécessité du salut.

En revanche, votre question demeure pertinente si on la déplace légèrement. Ce diagnostic très fort de GS 13 reste-t-il suffisamment structurant lorsque, plus loin, le Concile parle des aspirations de l’homme moderne, du développement de sa personnalité, des droits, de l’unité du genre humain, de la socialisation, etc. ?

C’est peut-être moins une question de doctrine explicitement professée qu’une question d’accent et d’équilibre dans la présentation.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006029 )N'est-ce pas là tout le problème du Concile? par Cluny (2026-09-06 17:36:35) 
[en réponse à 1006008]

On trouvera toujours des passages orthodoxes dans chaque document de ce Concile. Et aussi malheureusement des passages plus ambiguës susceptibles de mille interprétations.
Et on sait que certaines furent posées là à dessein. La lecture de "Vatican II, l'histoire qu'il fallait écrire" l'illustre assez bien.

N'est ce pas ainsi que St Pie X décrivait les Modernistes :

« Ils ne présentent pas leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais les éparpillent et les fragmentent, de façon à les faire paraître moins suspectes. »



Ou encore :


"Et comme une tactique des modernistes […] est de ne jamais exposer leurs doctrines méthodiquement et dans leur ensemble, mais de les fragmenter en quelque sorte et de les éparpiller çà et là, ce qui prête à les faire juger ondoyants et indécis, quand leurs idées, au contraire, sont parfaitement arrêtées et consistantes..."


images/icones/carnet.gif  ( 1006034 )Rupture ou réforme par Réginald (2026-09-06 18:13:39) 
[en réponse à 1006029]

L’histoire de la rédaction des textes est fort intéressante, et le livre de Roberto de Mattei apporte beaucoup de matériaux. Mais une formule de compromis volontairement ouverte et la dissimulation calculée d’une doctrine moderniste sont deux choses différentes. Curieusement, de Mattei rejoint d’ailleurs, quoique pour en tirer une conclusion exactement inverse, l’école de Bologne sur un point essentiel : l’idée que Vatican II constitue historiquement un événement de rupture. Les deux camps ont besoin de la rupture, l'un pour s'en réjouir comme d'une libération par rapport à un catholicisme figé, l'autre pour la dénoncer comme une trahison. Mais cette convergence structurelle entre extrêmes opposés n'est pas une preuve de leur justesse commune...

Or la clef de lecture du Concile ne peut précisément pas être celle d’une rupture supposée d’avance. Elle doit être celle indiquée par Benoît XVI : non pas « l’herméneutique de la discontinuité et de la rupture », mais « l’herméneutique de la réforme », c’est-à-dire du renouveau dans la continuité de l’unique sujet-Église. C’est une exigence ecclésiologique fondamentale. Si l’Église d’après Vatican II n’était plus substantiellement la même que celle d’avant Vatican II, c’est l’identité même de l’Église qui serait mise en cause.

Bien entendu, il y a des ambiguïtés, des maladresses ou des équilibres discutables dans certains textes. Si l’on veut être un peu provocateur, on pourrait d’ailleurs faire une remarque analogue à propos de Vatican I. Isolées de l’ensemble de l’ecclésiologie catholique et poussées dans un sens maximaliste, certaines de ses affirmations sur la primauté et l’infaillibilité pontificales ont pu nourrir une forme de papolâtrie qui mène sédévacantisme. Cf. Adrien Abauzit.

A Vatican II, Gaudium et spes est sans doute l’un des meilleurs exemples de texte dont certains équilibres peuvent être discutés. Ratzinger lui-même qualifiait le schéma XIII de « Sorgenkind des Konzils », l’« enfant à problèmes » du Concile, et ses réserves à son égard furent réelles et durables. Ses réserves portaient surtout sur l'anthropologie du chapitre I et sur une certaine confiance dans l'autonomie des réalités terrestres qui, selon lui, risquait de sous-estimer la portée du péché et de verser dans un optimisme historique difficilement tenable après 1968.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006035 )Vous oubliez une troisième par Cluny (2026-09-06 18:35:38) 
[en réponse à 1006034]

Il n'y a pas que l'école de Bologne ou le mouvement traditionaliste qui soit en faveur de la thèse de la rupture.
Il y a aussi la réalité quotidienne. Que n'a-t-on entendu depuis de la part de prêtres, de prélat, et même de papes? Des choses parfois inouïes et qui laissent perplexe tout chrétien tant soit peu formé.

C'est le mystère de Dieu, mais on ne peut nier la vraie rupture. Impossible d'imaginer il y a encore peu des textes comme Amoris laetitia, et tant d'autres.
La philosophie personnaliste (un sujet insuffisamment traité) n'a pas fini de faire des ravages.
Et je termine encore avec Saint Pie X:


« Or, c'est d'une alliance de la fausse philosophie avec la foi qu'est né, pétri d'erreurs, leur système. »

images/icones/carnet.gif  ( 1006038 )un problème de méthode par Réginald (2026-09-06 19:05:05) 
[en réponse à 1006035]

Vous passez de la constatation d'une crise à l'affirmation d'une « vraie rupture » doctrinale, sans montrer où celle-ci se trouverait dans les textes mêmes du Concile. Ce passage ne va pas de soi. Une crise de réception peut avoir bien d'autres causes qu'une rupture logée dans les documents conciliaires eux-mêmes.

Amoris laetitia, du reste, date de 2016, plus de cinquante ans après la clôture du Concile. Il est tout à fait légitime de discuter certains de ses passages ou de leurs interprétations (c’est mon cas) sans en faire rétroactivement la preuve que les textes de 1962-1965 auraient rompu avec la Tradition. Les critiques adressées à Amoris laetitia viennent d'ailleurs aussi bien de personnes qui reçoivent pleinement le Concile que de ses adversaires. Le clivage sur ce texte ne recoupe pas celui sur Vatican II.

De même, affirmer que « le personnalisme a fait des ravages » est un jugement général, pas encore une démonstration. Il faudrait indiquer précisément quelle thèse personnaliste aurait été introduite par le Concile lui-même, dans quel texte, et en quoi elle serait incompatible avec l'enseignement antérieur, plutôt que de pointer une atmosphère intellectuelle diffuse.

Bref, je ne conteste pas la réalité de la crise postconciliaire. Je conteste le raisonnement qui part de cette crise pour conclure que la rupture doctrinale se trouve nécessairement dans le Concile lui-même. La charge de la preuve revient à celui qui affirme cette rupture . Il lui appartient de désigner, dans tel texte conciliaire, la proposition précise qui contredirait un enseignement antérieur de l'Église et ne pourrait être comprise comme un développement doctrinal homogène ou légitime de celui-ci. A défaut, on remonte des dérives constatées à une cause textuelle que l'on suppose, mais que l'on n'a pas démontrée.

PS : Pascendi (1907) vise une configuration philosophique très précise : un agnosticisme qui enferme la raison dans l’ordre des phénomènes et lui interdit de s’élever rationnellement jusqu’à Dieu, combiné à la théorie de l’« immanence vitale », qui cherche l’origine de la religion dans le besoin du divin et le sentiment religieux intérieur. De là découlent notamment le symbolisme et l’évolutionnisme du dogme que Pie X condamne. Si vous invoquez Pascendi, il faut donc montrer quelle proposition du Concile relève de cet agnosticisme ou de cette immanence vitale. A défaut, la citation établit ce que saint Pie X condamne, non que Vatican II l’enseigne.
images/icones/fleche2.gif  ( 1006051 )des passages plus ambiguës par AVV-VVK (2026-09-06 21:11:31) 
[en réponse à 1006029]

Lesquels exactement? A partir de quel mot, de quel numéro, avec quel mot, après quelle virgule, etc.
Lisez les documents eux-mêmes, relisez-les dans un esprit sans parti pris. Le reste ne m' intéresse pas.

images/icones/tele.gif  ( 1005975 )Vidéo intégrale de l'audience de Léon XIV par Eti Lène (2026-09-05 11:56:20) 
[en réponse à 1005970]

du 2 septembre 2026 sur KTO