Le Forum Catholique
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( 1005753 )
La torture ou le cyanure ? par Chouan (2026-08-31 19:59:50)
Derrière ce titre un peu provocateur (désolé on ne se refait pas surtout à mon âge), je soulève une question de morale (et de casuistique) qui a le mérite d’être concrète.
Premièrement Dieu nous a donné la vie et il n’est pas en notre pouvoir de nous la retirer. C’est une affaire entendue !
Deuxièmement je ne traite pas ici des martyrs de la Foi auxquels Dieu a promis une assistance spéciale.
Mais il y a un cas qui pose problème. Lors de notre discussion sur « le mensonge » nous avons évoqué la 2de Guerre Mondiale et l’Occupation.
Or force est de constater que les réseaux de résistance (spécialement en Zone Nord) ont été démantelés suite, certes à des trahisons, mais surtout par la capture de leurs membres qui soumis à la torture ont fini par dénoncer les membres de leur réseau.
Certaines bonnes âmes pieuses me diront peut-être que la torture offrait une occasion « providentielle » de se conformer à la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ ! Certes, pourquoi pas sur un plan spirituel… mais même si c’est le cas c’est faire fi que la torture dans ce cadre n’avait pas pour but le sadisme (même s’il y en eut) mais de faire « parler » et donner des noms.
Qui d’entre nous aurait la présomption de dire qu’il résisterait à la torture qui se poursuivrait pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines ? C’est pourquoi certains résistants se sont donnés la mort (en se défenestrant comme Brossolette ou en ayant recours au cyanure) de peur de ne pas résister à la torture et de dénoncer leur réseau. Était-ce justifiable d’un point de vue moral ?
J’ajoute qu’il n’y a pas que la torture physique, il y aussi la torture morale. Un cadre militaire des Glières (qui était pourtant un valeureux) a été arrêté lors de l’évacuation du Plateau. Sa femme et ses enfants vivant à Annecy les miliciens lui ont dit : « ou tu parles, ou on viole ta femme et tes deux filles avant de les tuer ! ». Devant ce dilemme diabolique le pauvre homme a craqué et a « balancé » tous ses camarades en fuite, ce qui s’est traduit par des dizaines d’arrestations (suivis d’exécutions et de déportations). Ce fait est évidemment expurgé de la « légende dorée » des Glières N’eût-il pas mieux valu qu’il se donnât la mort avant (s’il l’avait pu)?
Je n’ai pas d’avis définitif sur ce sujet. C’est pourquoi je vous le soumets.

( 1005756 )
Non par Meneau (2026-08-31 20:46:58)
[en réponse à 1005753]
Ce n'est pas justifiable d'un point de vue moral.
Encore une fois, aucune situation ne justifie moralement de commettre directement un acte intrinsèquement mauvais. Le risque de trahir des secrets ne justifie pas de se suicider, compromettant directement son salut éternel, même si "La crainte grave de l'épreuve, de la souffrance ou de la torture peut diminuer la responsabilité du suicidaire " (CEC 2280)
La revue "l'Ami du clergé" avait étudié ce cas. A ceux qui objectaient que la capsule de cyanure prise pour détruire la voix ou la mémoire sans intention de se suicider pouvait rentrer dans le cadre de la moralité des actes à double effet, la réponse de la revue était que, le cyanure causant directement et infailliblement la mort, ce n'était pas justifiable.
Cordialement
Meneau

( 1005757 )
Référence par Meneau (2026-08-31 21:08:44)
[en réponse à 1005756]
Il me semblait bien que ce cas de morale étudié par l'ami du clergé, avait été publié sur le FC, mais je ne l'avais pas retrouvé.
C'est
ICI.
Cordialement
Meneau

( 1005759 )
Merci à vous Meneau par Chouan (2026-08-31 21:49:25)
[en réponse à 1005757]
Vos éclairages sont toujours bienvenus et très précis.
Mais je vous le dit tout net : si j'avais été pris dans une souricière, je me serais battu, aurais essayé de fuir mais certainement pas laisser prendre vivant (au risque de compromettre la vie de 50 ou 80 de mes camarades). Dussé-je mon salut éternel être en jeu ...Il y a un principe aristotélicien-thomiste qui affirme que "le bien du tout est supérieur au bien des parties"

( 1005760 )
Fuir par Meneau (2026-08-31 21:57:03)
[en réponse à 1005759]
tout en sachant qu'ainsi on va à une mort certaine relève par contre de la moralité des actes à double effet, la mort n'étant pas voulu pour elle-même, en tant que moyen, mais étant une conséquence (prévisible)
Cordialement
Meneau

( 1005762 )
La "dernière cartouche" par Chouan (2026-08-31 22:19:11)
[en réponse à 1005760]
Dans l'impossibilité de fuir où vous vous exposez volontairement au feu ennemi (ce qui est une forme de suicide volontaire) ou vous gardez pour vous la "dernière cartouche". C'est ce qui s'est toujours fait...

( 1005786 )
Pour éviter ce genre de dilemme par Eti Lène (2026-09-01 11:40:59)
[en réponse à 1005759]
Il faut prier. Vous n'avez pas le choix. Sans la prière vous ne pouvez vous sortir de ce genre de situation. Dieu qui est meilleur que le plus bon des pères vous secourra sûrement. Désolé d'avoir cette réponse en apparence simpliste, mais au fond nous savons tous que tout, absolument tout, dépend de Dieu. Toute casuistique n'y changera rien.

( 1005763 )
Un cas très concret par Cluny (2026-08-31 22:19:46)
[en réponse à 1005757]
Sur le premier sujet évoqué, un cas très concret à eu lieu en 1995 à Sarajevo.
Le lieutenant B. commandait le peloton blindé français de l’ONU stationné à la caserne de Lukavica, dans la banlieue de Sarajevo, en zone tenue par les Serbes de Bosnie.
Le 26 mai 1995, après les frappes de l’OTAN contre les positions serbes autour de Pale, les forces serbes ont encerclé la caserne. Un officier serbe est venu demander à B. de laisser partir des soldats français vers Pale. Beauregard refusa, conformément à ses ordres. Peu après, les Serbes prirent des positions de combat autour de la caserne et menacèrent les Français avec des armes lourdes et un char.
Vers 19 h 30, un responsable serbe entra dans les installations françaises et annonça à B. et à ses hommes qu'ils étaient désormais considérés comme des prisonniers de guerre de l'armée serbe de Bosnie. Beauregard avait d'abord déclaré qu'il avait reçu l'ordre de ne pas se rendre.
Finalement, après l'encerclement de la caserne, B. dut hisser le drapeau blanc et se rendre avec son unité. Il fut détenu pendant environ une semaine.
Un témoignage publié par Le Monde à son retour est assez révélateur de son état d'esprit. Il reconnaissait avoir vécu la reddition comme « une forme d'humiliation », mais expliquait qu'ils n'avaient pas réellement le choix.
Ils furent finalement libérés et ramenés à Sarajevo au début du mois de juin.
B. n'a pas simplement « capitulé » dès le début de l'affaire. Les documents du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie montrent qu'il a refusé plusieurs demandes de se rendre ou d'envoyer ses hommes à Pale, avant que la situation militaire ne rende la résistance impossible.
B. à en conscience estimé que la mission n'avait plus aucun sens et que ses hommes mourraient pour rien.
Chirac à pourtant humilié cet officier, en mettant parallèlement en avant l'action du capitaine L. Ce dernier a cependant toujours affirmé qu'il aurait fait la même chose que B. Et c'est tout à son honneur.

( 1005764 )
Le lieutenant B. a évidemment bien fait par Chouan (2026-08-31 22:37:49)
[en réponse à 1005763]
Il n'y a rien de plus précieux que la vie de ses hommes quand on est officier...
Mais je me place dans la même perspective en évoquant les réseaux de résistance (et en évoquant leur protection à tout prix...)

( 1006010 )
Merci pour ce rappel ! Deux citations à retenir par Athanase (2026-09-06 09:03:43)
[en réponse à 1005757]
Merci pour avoir rappelé le lien de cet article capital qui éclaire bien des choses.
Je retiens deux citations pour nos lecteurs :
Sur la question du « baroud d’honneur »:
Ainsi donc une opération militaire dont l’objet est de gagner la bataille, même avec le risque de morts d’hommes, est légitime. Celle dont l’objet est de sacrifier des hommes pour sauver l’honneur est illégitime. Un général n’a pas le droit de commander un « baroud » d’honneur. Il est fait pour gagner la bataille et sauver la patrie, non pour faire tuer des hommes.
Sur l’absorption de poisons pour ne pas divulguer de secrets :
Dans le cas du prisonnier qui absorbe des cachets de poison afin d’échapper au danger de révéler, sous la torture, des secrets militaires, la mort est-elle voulue comme fin ou moyen, ou bien est-elle simplement une conséquence subie ? Ici encore c’est l’objet de l’acte qu’il faut scruter. Or, l’objet de l’absorption d’un poison c’est de se donner la mort, l’objet de l’ordre d’un chef militaire prescrivant à un prisonnier de prendre des cachets de cyanure de potassium, c’est de faire disparaître un homme. Il est évident que cet objet est immoral, et immoral par le fait même cet ordre.
Donner un tel ordre est interdit par la morale, tout comme l’euthanasie militaire, ce droit qu’aurait un chef de prescrire, en cas de retraite précipitée, d’achever les blessés abandonnés pour leur épargner les tortures infligées par l’ennemi, (Tiberghien, Médecine et morale, p. 155).

( 1006012 )
A nuancer sur le baroud d'honneur par Chouan (2026-09-06 10:59:45)
[en réponse à 1006010]

( 1006013 )
Non par Meneau (2026-09-06 12:23:14)
[en réponse à 1006012]
Non, il n'y a pas à nuancer. Le post que vous citez fait référence à des actes dont le but n'est pas de "sauver l'honneur", mais bel et bien de contribuer à l'effort de guerre.
Gédéon comme Simon de Monfort ne se lancent pas dans la bataille pour l'honneur, mais bel et bien avec l'intention de remporter la victoire. Et ils la remportent.
A Camerone et à Dien Bien Phu, les militaires résistent jusqu'au dernier pour préserver un avantage militaire. Ils ne vont pas au casse-pipe dans le seul but d'être glorifiés pour leur héroïsme.
Le barroud d'honneur, c'est le dernier combat dont le seul enjeu est de sauver l'honneur. C'est immoral.
Cordialement
Meneau

( 1006019 )
Malentendu par Chouan (2026-09-06 14:24:49)
[en réponse à 1006013]
C'est mon titre qui prête à confusion. Mea culpa. J'allais dans votre sens et celui de M. d'André pour appuyer sur le fait que ce qui a pu apparaitre historiquement comme des barouds d'honneur ne l'étaient pas. Le baroud d'honneur est immoral, on est bien d'accord là-dessus...

( 1006033 )
En effet par Cluny (2026-09-06 18:04:31)
[en réponse à 1006019]
A Camerone, le but de la mission était de concentrer les troupes ennemies pour permettre à un convoi de passer sans encombres. Et en focalisant 2000 mexicains pour essayer de réduire l'hacienda défendue par 62 legionnaires, il n'y avait aucun baroud d'honneur.
En revanche, le code d'honneur du légionnaire, après avoir été modifié plusieurs fois, est récemment revenu à son ancienne formation :
"La mission est sacrée. Tu l'exécutes jusqu'au bout, à tout prix".
Ces 3 derniers mots sont assez dangereux.

( 1006048 )
Je suis d’accord par Athanase (2026-09-06 20:39:32)
[en réponse à 1006033]
Le « à tout prix » est dangereux : pour la vie et aussi pour les âmes.

( 1006052 )
L'argument par Cluny (2026-09-06 21:25:01)
[en réponse à 1006048]
L'argument du général commandant la Légion, à qui je faisais part de mes interrogations, m'avait répondu que le code était fait pour le simple légionnaire. On lui demande d'exécuter sa mission à tout prix. C'est à son chef en revanche d'évaluer à quel moment cette mission se finit ou s'adapte.
Soit. L'argument est audible.

( 1006056 )
Si vous faites référence par Chouan (2026-09-06 21:52:32)
[en réponse à 1006052]
au dernier général, qui vient de quitter ses fonctions, c'était mon camarade et ami de lycée pendant 3 ans et nous échangions quotidiennement. C'est un homme d'une intégrité morale totale, et d'une foi à toute épreuve. Sa réponse ne m'étonne pas...

( 1005761 )
Suicide en aucun cas par Le Chambarand (2026-08-31 22:11:01)
[en réponse à 1005753]
C'est l'évidence même. C'est notre salut éternel qui est en jeu.
La meilleure solution (dans l'idéal) : mourir les armes à la main plutôt que d'être capturé.

( 1005765 )
Cher ami par Chouan (2026-08-31 23:03:57)
[en réponse à 1005761]
Je vais vous provoquer un peu !
Pendant la guerre 14-18 il y a eu de braves Poilus au front qui ont appris que leurs femmes avaient pris un amant. Ils n'avaient plus qu'une envie, c'était de mourir le plus vite possible. D'où une exposition au feu de l'ennemi totalement téméraire avec la volonté manifeste de se faire tuer... Certes ils sont morts les armes à la main, mais ne peut-on parler de suicides ?

( 1005766 )
En effet... par Le Chambarand (2026-08-31 23:12:30)
[en réponse à 1005765]
Il y a la théorie et la pratique, il y a aussi des cas limites, et de toutes façons personne ne peut dire comment il aurait réagi face à telle ou telle situation. Il faut tout de même rappeler que la culpabilité du péché peut être fortement atténuée par les circonstances, et notamment l'état mental et émotionnel d'une personne au moment de le commettre.
Puissions-nous ne jamais avoir à connaître de nouveau ces situations dramatiques.

( 1005768 )
Très juste ! par Chouan (2026-08-31 23:44:30)
[en réponse à 1005766]
PS. Je viens de vous répondre privatim

( 1005772 )
Il y a aussi le cas par Jean-Paul PARFU (2026-09-01 00:18:34)
[en réponse à 1005768]
D'un chef d'Etat qui ne veut pas tomber entre les mains de ses ennemis.
Le cas s'est présenté. La justification était qu'après une guerre notamment, un chef d'Etat ne peut pas se laisser prendre car il engage aussi l'honneur de son pays.
Bien entendu, beaucoup de chefs d'Etat ont perdu des guerres et ont été faits prisonniers. Je pense à Napoléon III par exemple.

( 1005773 )
Là vous nous entrainez sur un autre terrain par Chouan (2026-09-01 01:32:47)
[en réponse à 1005772]
qui est celui de "la morale de l'honneur" qui eut certes une certaine grandeur (cf. l'éthique des samouraïs) mais qui est aux antipodes de la morale chrétienne. Et qui n'est pas l'objet de ce fil...

( 1005782 )
Exemple emblématique de ce qu'il ne faut pas faire ! par jl dAndré (2026-09-01 10:27:13)
[en réponse à 1005753]
Un acte ayant une conséquence bonne et une conséquence mauvaise sera moral si :
1 - La conséquence bonne l'emporte sur la conséquence mauvaise.
2 - S'il n'y a pas une autre possibilité d'obtenir la la conséquence bonne en évitant la mauvaise.
3 - Enfin si l'acte lui-même n'est pas intrinsèquement mauvais, autrement dit si la conséquence bonne n'est pas elle-même une conséquence directe de la conséquence mauvaise.
Dans le cas du résistant qui se suicide pour éviter le risque de dénoncer son réseau sous la torture, cette troisième condition n'est évidemment pas remplie : Le suicide est intrinsèquement mauvais et la conséquence bonne est la conséquence directe de la mauvaise, c'est la mort du résistant qui sauve son réseau : s'il rate son suicide, la conséquence bonne n'est pas réalisée.
L'autre exemple est celle du pilote dont l'avion vient d'être abattu par l'ennemi. Il doit aussitôt sauter en parachute pour sauver sa vie. Mais il s'aperçoit que son avion fonce droit sur un village peuplé de nombreux civils. Alors il reste à son poste pour forcer son avion à se crasher au delà du village se condamnant ainsi à une mort certaine.
Dans ce cas cette conduite héroïque est parfaitement légitime car rester à son poste de pilotage n'est pas intrinsèquement mauvais et la conséquence bonne n'est pas la conséquence de la mauvaise : si le pilote n'est pas tué dans le crash de son avion, le sauvetage de la population du village n'est pas remis en cause.

( 1005783 )
De même, un assassinat n'est jamais admissible même pour une bonne fin par Regnum Galliae (2026-09-01 11:07:20)
[en réponse à 1005782]
Exemples : avorter pour sauver la vie de la mère, assassiner un dictateur sanguinaire, etc.

( 1005784 )
Non. Le cas du "tyrannicide" par Chouan (2026-09-01 11:35:44)
[en réponse à 1005783]
est traité par St Thomas. C'est d'ailleurs ce qui avait été utilisé par les avocats lors du procès de l'attentat du Petit Clamart

( 1005787 )
tyrannicidium par Lycobates (2026-09-01 11:48:37)
[en réponse à 1005784]
est traité par St Thomas
et l'avez-vous lu ?

( 1005790 )
Non mais j'en connais les grandes lignes par Chouan (2026-09-01 12:09:43)
[en réponse à 1005787]
Je n'ai pas votre érudition cher ami !
St Thomas privilégie la voie publique et communautaire pour éviter le chaos
Une démarche publique : le tyrannicide ou la destitution doit émaner d'une autorité publique ou d'une initiative collective de la communauté (le peuple qui a institué le pouvoir), et non d'une initiative individuelle (pour éviter les assassinats politiques arbitraires ou les vengeances privées)
L'injustice manifeste : l'excès de tyrannie doit être intolérable et évident pour tous
L'évitement d'un mal pire : le remède ne doit pas apporter de désordre supérieur à la tyrannie elle-même (le soulèvement ne doit pas plonger le pays dans une anarchie ou une guerre civile plus dommageable)

( 1005785 )
Vous avez des saintes par Eti Lène (2026-09-01 11:36:44)
[en réponse à 1005753]
Qui ont préféré se défenestrer plutôt que de se faire violer, tant les conséquences pouvaient être néfastes pour leur âme. Sainte Eusébie, mère abbesse d'un couvent à Marseille au VIIème siècle, voyant les musulmans arriver pour les violer a fait prier toute sa communauté pour savoir ce qu'il convenait de faire. Elle a compris, après la prière, qu'il fallait alors qu'elle se taillade le visage et ses sœurs religieuses avec, pour être laides, méconnaissables, et ainsi plutôt se faire tuer tout de suite plutôt que de se faire violer. Elle l'a fait avec toutes ses sœurs. Les musulmans quand ils sont arrivés, ne les ont pas violées, mais grâce à ce subterfuge, les ont toutes tuées.
Un autre cas où une femme se sent incapable de supporter la torture parce qu'elle ne veut pas renier le Christ. Elle supplie Dieu de l'aider. Avant le supplice elle meurt d'une crise cardiaque.
C'est de là qu'on peut avoir le principe général en morale : "In media stat virtus." Mais l'amour de Dieu est bien supérieur à ce principe. Ces canonisations le montrent.

( 1005788 )
Sainte-Eusébie, légende ou réalité ? par Tonailys (2026-09-01 11:49:05)
[en réponse à 1005785]
Avez-vous des sources fiables concernant cette Sainte Eusébie ? Les dates relativement peu cohérentes avec le parcours des sarrasins et le manque d’informations me font douter de cette histoire.

( 1005792 )
Les petits bollandistes par Eti Lène (2026-09-01 13:06:13)
[en réponse à 1005788]
écrits vers les années 1860/1870 par des moines et qui décrivent la vie des saints (dont j'ai chez moi l'intégrale des dix-sept tomes) font état des reliques de sainte Eusébie morte en 730, deux ans avant que Charles Martel n'écrase les maures à Poitiers.
Sa fête est le 11 octobre. Une inscription était gravée sur son tombeau dans la crypte de l'abbaye saint Victor à Marseille faisant éloge de la sainte en latin "hic requiescet in pace Eusebia religiosa magna ancella domini Qui in saeculo ab heneunte aetae sua vixit Secolares annus XIIII et ubi a Domino Electa est in monestario S. C. S Cyrici Servivet annus Quinquaginta recesset sub Die pridie kall. octobris, indione sexta." Tel quel je précise.
Voici la traduction en français :
"Ici repose en paix Eusébie religieuse Grande Servante du Seigneur Qui passa depuis sa naissance Quatorze ans dans le monde, et y fut choisie de Dieu Pour le monastère de st Cassien et de Saint Cyrice. Elle y servit Dieu pendant cinquante ans, elle mourût la veille des kalendes d'octobre, indiction sixième."
Voici ce qu'en ont écrit les moines sans autre précision sur les reliques qui sont à jamais perdues :"Les cendres d'Eusébie et de ses compagnes ont été jetées au vent, son tombeau arraché des lieux qu'il occupait. La pierre tumulaire même n'a pas été respectée, elle orne aujourd'hui le musée de Marseille."
De fait, cette plaque avec cette inscrition existe toujours, et je crois bien qu'elle n'est pas retournée à l'abbaye saint Victor mais est dans le musée archéologique de Marseille. Malheureusement aucune photo n'est disponible sur le net.
J'ai tendance à plus croire ces faits venant de bollandistes, que les chasseurs de "superstitions" qui ont détruit les autels les statues et les ornements dans l'après Concile Vatican II, imitant en cela les protestants qui ont brûlé le manteau de st Martin à l'abbaye de Solignac, entre autres. Au moins, ces chasseurs de "superstitions" ne se sont pas attaqué physiquement à la plus insigne des reliques : Le Saint Suaire. Si évidemment le corps n'est plus, plus de preuves non plus. Quand on croit, on en sait plus sur toute l'histoire du monde que tous les érudits. Et je crois que sur ce point Eusébie a vraiment existé, qu'elle a vraiment accompli avec ses quarante sœurs cet acte héroïque qui lui a valu d'être canonisée. Nos ancêtres savaient plus combien le commandement "Tu ne mentiras pas" devait être honoré et combien ils devaient rendre des comptes là-dessus. Au fond, les remises en causes de la véracité des reliques (et je ne parle pas de celles incertaines mais celles transmises par nos pères comme fiables et dignes de foi) ont été une gigantesque projection psychologique sur les propres mensonges des réformistes soixantuitards, car ne pouvant dire le vrai, ils ont décrit comme faux des faits bien établis par l'Église; si elle a été canonisée et reconnue martyre, ce n'est pas basé sur des faits inventés, sinon notre Mère l'Église nous aurait menti. Mais non.
Extraits intéressants des bollandistes :"Lorsqu'(Eusébie) fut chargée du gouvernement de son monastère, les temps étaient bien difficiles. Le nom chrétien avait perdu son éclat. Nos princes ne présentaient plus ni talents, ni vigueur, ni courage, et se laissaient, presque sans combattre, arracher leur couronne, enlever leurs peuples."
"Il vaut mieux mourir en aimant Dieu que vivre en l'offensant: c'est là l'épreuve du véritable amour" St Bonaventure