Ci-après la traduction d’un article d’Angeline Tan paru le 25 août 2026 sur
The Remnant sous le titre
Lourdes Bans the SSPX: Too Catholic for a Shrine of “Inclusivity”?
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L’évêque de Lourdes a interdit à la Fraternité Saint‑Pie X de célébrer la messe, d’administrer les sacrements et d’organiser des prières publiques au célèbre sanctuaire marial. Pourtant, ce dernier a accueilli des pèlerinages interreligieux réunissant chrétiens et musulmans… La Fraternité Saint‑Pie X a réagi et affirme qu’elle continuera malgré tout à venir à Lourdes.
Le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, longtemps un phare pour les catholiques en quête de guérison et de conversion, a franchi une étape décisive : non pas contre le paganisme ou le modernisme que le pape saint Pie X a si ardemment condamné, mais contre la FSSPX, une confrérie sacerdotale fondée par Mgr Marcel Lefebvre, qui réclamait une clarification doctrinale depuis le concile Vatican II.
Dans une
missive datée du 13 août 2026, Mgr Jean‑Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, a formellement interdit à la FSSPX de célébrer la messe, d’administrer les sacrements ou d’organiser des prières publiques dans l’enceinte du sanctuaire de Lourdes. La justification du prélat est aussi concise qu'éloquente : « À la suite du décret de schisme et d’excommunication publié par le Saint‑Siège, je ne peux pas autoriser la célébration de la messe ni celle des autres sacrements, ni même les prières publiques de la Fraternité Saint‑Pie X à l’intérieur du Sanctuaire. »
Trop « schismatiques » pour prier en public – mais la prière interreligieuse reste la bienvenue ?
Le tapis de bienvenue œcuménique
Il convient de comparer l’attitude de l’évêque envers la FSSPX avec l’accueil qu’il réserve aux adeptes d’autres religions. Lourdes, tout en interdisant les messes de la FSSPX, continue d’accueillir des pèlerinages interreligieux avec des musulmans, des hindous et des bouddhistes. En 2025, un groupe œcuménique nommé
Ensemble avec Marie a organisé un pèlerinage commun catholique‑musulman, avec des prières et des cérémonies partagées qui ont estompé la frontière entre la dévotion catholique et la spiritualité islamique.
Une telle attitude, analysée d’un point de vue catholique, est pour le moins déconcertante. Après les consécrations épiscopales de juillet 2026 à Écône, le Saint‑Siège, sous l’impulsion du cardinal Víctor Manuel Fernández, a déclaré la FSSPX schismatique, entraînant l’excommunication automatique (
latae sententiae) de ses six évêques impliqués dans les consécrations, ainsi que des prêtres et des fidèles laïcs de la FSSPX qui « adhèrent formellement » à la « position schismatique » de la Fraternité. La FSSPX a publiquement contesté le décret du Vatican, affirmant sa fidélité à l’Église catholique et arguant que ses actions étaient justifiées par une « nécessité future » face à la crise qui la traverse. Le 11 juillet 2026, elle a formé un recours canonique préliminaire auprès du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (DDF) contre le décret de schisme et d’excommunication, invoquant la suspension de l’exécution du décret en vertu du droit canonique pendant l’examen de son recours.
Malgré la récente détérioration des relations entre le Vatican et la FSSPX, cette dernière n'a jamais cessé d'offrir le véritable Sacrifice de la Messe (c'est‑à‑dire la Messe traditionnelle en latin), de prêcher les vérités catholiques immuables et d'instruire les âmes selon l'enseignement pérenne de l'Église. Publiquement, la direction de la FSSPX a déclaré ne pas souhaiter se séparer de l'Église, ni en doctrine ni en pratique, mais seulement refuser de se soumettre à l'esprit moderniste. Pourtant, à Lourdes – lieu où la Vierge Marie elle-même a demandé la prière et la pénitence pour les péchés du monde – la FSSPX est désormais considérée comme
persona non grata.
Tout catholique fidèle qui ne vit pas reclus doit alors se poser la question suivante : si la FSSPX est jugée trop « schismatique » pour prier publiquement à Lourdes, quelle étiquette faut-il attribuer aux autorités qui invitent des non‑catholiques à participer à des dévotions mariales présupposant des croyances catholiques telles que l'Incarnation, la Trinité et la maternité divine de Marie – doctrines auxquelles l’islam s’oppose explicitement ? La réponse, semble-t-il, est l’absence totale de condamnation de la part des autorités de Lourdes. Il semblerait que la fidélité aux enseignements traditionnels de la foi catholique soit plus inacceptable pour l’Église synodale actuelle, prônant l’« inclusivité », que l’hérésie ou l’ambiguïté doctrinale, du moins dans le calcul ecclésial de Lourdes.
Comme si l’interdiction de la FSSPX ne suffisait pas, le sanctuaire de Lourdes anticipe également la visite du pape Léon XIV en dissimulant au regard du public les mosaïques controversées du prêtre déchu Marko Rupnik, dans la basilique Notre-Dame du Rosaire. Rupnik, ancien jésuite actuellement jugé au Vatican pour des allégations d’abus sexuels et psychologiques, est l’auteur des mosaïques qui ornent la façade de la basilique.
Dans un entretien accordé le 20 août au quotidien français
La Dépêche du Midi, Mgr Jean‑Marc Micas a déclaré que toutes les mosaïques de Marko Rupnik ornant la façade de la basilique du Rosaire seraient dissimulées et retravaillées avant la visite du pape et qu'elles resteraient ainsi de manière définitive, en signe de solidarité avec les victimes d'abus.
Pourtant, ce même évêque n'hésite pas à interdire aux prêtres de la FSSPX de célébrer la messe à Lourdes.
La clarté doctrinale est devenue plus offensante que la confusion doctrinale, et une identité catholique inébranlable plus problématique que l'ambiguïté interconfessionnelle.
Priorités mal placées
Il semblerait que la priorité de Mgr Micas ne soit pas l'intégrité du culte catholique, mais l'apparence d'inclusion. Si le fait de dissimuler l'œuvre de Rupnik, désormais discréditée, n'est pas une mauvaise initiative en soi (bien qu'elle ait tardé à venir), il convient de tenir compte de la sensibilité des non‑catholiques, tout en négligeant les besoins spirituels des catholiques traditionnels, conformément à la stratégie du prélat.
« Guérison et espoir » ?
Mgr Micas a déclaré que la visite du pape Léon XIV « mettrait en lumière la vie, la guérison et l’espérance ». Pourtant, pour de nombreux catholiques fidèles, l’interdiction des messes de la FSSPX est tout sauf une source de guérison. Elle nous rappelle que, dans le contexte ecclésial actuel, le plus grand scandale n’est pas la confusion doctrinale, mais la clarté doctrinale, et le plus grand affront n’est pas le syncrétisme, mais la fidélité à la doctrine catholique.
Par ailleurs, le fait de recouvrir les mosaïques de Rupnik, bien que compréhensible au vu de la crise des abus sexuels, soulève également des questions. Si l’art associé au scandale doit être dissimulé, qu’en est-il des scandales d’abus liturgiques, d’ambiguïté doctrinale, d’hérésies et de la légalisation de la prière interreligieuse dans les sanctuaires catholiques ? Mgr Micas étouffera-t-il également ces scandales ?
Réponse de la FSSPX : « Notre-Dame ne mérite pas d’être abandonnée »
Le 22 août, le District français de la FSSPX a adressé sa réponse officielle à Mgr Micas, reconnaissant son autorité tout en exprimant sa « tristesse et son incompréhension » face à cette décision.
Le District a assuré Mgr Micas de son « respect et de ses prières, sans ressentiment », tout en exprimant l’espoir qu’il puisse un jour reconnaître les prêtres et les fidèles de la FSSPX non comme des rebelles, mais comme des « fils désireux de vivre et de servir dans l’Église catholique ».
La Fraternité a toutefois précisé que cette interdiction ne mettrait pas fin à sa dévotion à Notre-Dame de Lourdes.
Le District a annoncé que la FSSPX continuerait d’effectuer son pèlerinage annuel à Lourdes. Les fidèles continueront de se rendre à la grotte et à la basilique pour la prière personnelle.
« Notre-Dame ne mérite pas d’être abandonnée malgré les obstacles ! », a déclaré le District.
Le District a également dénoncé ouvertement l'hypocrisie interreligieuse qui règne à Lourdes avec la bénédiction de Mgr Micas, rappelant qu'en octobre 2025, le sanctuaire avait accueilli un pèlerinage de quatre jours réunissant chrétiens et musulmans, avec messe, procession aux flambeaux, prière à la grotte et rencontres interreligieuses.
En résumé, Lourdes a interdit l'accès à la FSSPX, qui a dénoncé le double discours interreligieux, et a simplement déclaré : « Nous continuerons à venir à Notre-Dame. »
L'avenir
Alors que le pape Léon XIV s'apprête à se rendre à Lourdes, le monde entier aura les yeux rivés sur lui. Abordera-t-il la confusion qui a conduit à l'interdiction de la messe tridentine tout en encourageant les cérémonies interreligieuses ?
Pour les catholiques fidèles, la réponse est déjà claire au milieu de toutes ces questions et de cette confusion. Le chemin à suivre n'est pas celui du compromis, mais celui de la fermeté. La FSSPX a beau être interdite de séjour à Lourdes, la doctrine catholique qu'elle défend ne peut être extirpée du cœur des fidèles.
En fin de compte, l'importance de Lourdes ne se mesure pas à ses administrateurs, mais à ses apparitions mariales. En effet, le message de Notre‑Dame de Lourdes reste d'actualité : « Priez, priez, priez. » Et prions pour la Sainte Église, confiants dans le triomphe du Cœur Immaculé de Marie.
Notre-Dame de Lourdes, priez pour nous.