Le Forum Catholique
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( 1005161 )
Etat de nécessité vs état de nécessité absolue par Chouan (2026-08-23 19:43:50)
Je n'ouvre pas ce fil pour relancer la question largement débattue sur le FC de "l"état de nécessite" qui déterminerait les sacres de juillet 2026. Tous les arguments ont été lus et débattus.
Je rembobine le fil historique pour poser une nouvelle question.
Mgr Lefebvre, en 1984, écrit sa Lettre ouverte aux catholiques perplexes, et termine en disant : « J’espère qu’un évêque se lèvera pour poursuivre l’œuvre que j’ai entreprise et sauver le sacerdoce pour le sacrifice de la messe. ». Or force est de constater qu'AUCUN évêque ne s'est levé (je mets de côté le cas de Mgr Castro Mayer qui à ma connaissance n'ordonnait que pour son diocèse et qui était lui-même âgé). Or Mgr Lefebvre avait comme inspirateur le vénérable François Libermann (1801-1852), refondateur des Pères du Saint-Esprit, dont la devise était : "Ne jamais devancer la Providence".
Mais faisant le constat (a fortiori après le scandale d'Assise (1986)), qu'aucun évêque ne se levait, il prit la décision que l'on connait de procéder aux sacres de 1988. Avec pour conséquences, entre autres, la création d'instituts Ecclesia Dei. Mais comme l'a très bien dit Signo, Mgr Lefebvre était le seul et dernier évêque au monde sur 4126 (!) à ordonner des prêtres pour le VOM. S'il avait retardé sa décision (face aux tergiversations de Rome) et qu'il était mort avant, pour le dire trivialement les carottes étaient cuites et bien cuites ! plus de prêtres VOM ordonnés dans le monde !. Ne pas devancer la Providence certes, mais aussi savoir poser des actes de prudence. J'utilise donc dans ce cas le terme très peu canonique d'"état de nécessité absolue".
Pour en revenir à la situation présente et face à TC, qui nous garantit que l'on ne va pas se retrouver dans ce type de situation ? Après tout les Burke, Schneider, Müller ne sont pas très nombreux et surtout ils ne sont pas immortels ! Certains de mes amis ex ED me disent : "depuis 38 ans on a toujours trouvé un évêque pour ordonner nos prêtres". Certes mais le contexte Jean Paul II et Benoît XVI n'est plus celui de François et Léon XIV post TC. Et on peut se retrouver dans un état de nécessité absolue (qui de mon point de vue légitimerait les sacres de juillet). Il y a une vérité incontournable : "sans évêques pas de prêtres" !

( 1005166 )
"Ne jamais devancer la Providence" par Candidus (2026-08-23 23:16:28)
[en réponse à 1005161]
Au moins jusqu'en 1985, Mgr Lefebvre a soutenu une position qui constituait une paraphrase de la devise épiscopale du fondateur de sa congrégation :
« On écrit aussi qu’après moi mon œuvre disparaîtra, parce qu’il n’y aura pas d’évêque pour me remplacer. Je suis certain du contraire, je n’ai aucune inquiétude. Je peux mourir demain, le Bon Dieu a toutes les solutions. Il se trouvera de par le monde, je le sais, suffisamment d’évêques pour ordonner nos séminaristes. Même s’il se tait aujourd’hui, l’un ou l’autre de ces évêques recevrait du Saint-Esprit le courage de se dresser à son tour. Si mon œuvre est de Dieu, Il saura la garder et la faire servir au bien de l’Église. Notre-Seigneur nous l’a promis : les Portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle. »
Référence : Marcel Lefebvre, Lettre ouverte aux catholiques perplexes, Paris, Albin Michel, 1985, p. 216, conclusion datée du 4 juillet 1984.

( 1005169 )
La Providence par Chouan (2026-08-24 08:08:14)
[en réponse à 1005166]
n'est pas un concept éthéré suspendu au-dessus de nous mais elle se manifeste par des événements et des signes.

( 1005177 )
Le cas de saint Vincent de Paul est très intéressant par Chouan (2026-08-24 10:46:15)
[en réponse à 1005166]
A la fin de sa vie, on lui a demandé comment il avait pu produire autant d’œuvres. Il a eu cette réponse étonnante :"J'ai attendu !". Il a attendu que la Providence lui donne les signes pour agir...

( 1005181 )
Dieu demande notre collaboration par Jean-Paul PARFU (2026-08-24 11:29:16)
[en réponse à 1005166]
L’un des postulats adopté par tous ceux qui contestent le bien-fondé des sacres d’Ecône est le suivant :
-« Nous devons savoir que ce n’est pas nous qui sauvons les âmes. C’est le Christ Seul qui sauve. Nous, nous ne sommes que des instruments entre Ses Mains ».
Ce n’est pas nous qui sauvons l’Eglise, mais c’est l’Eglise qui nous sauve, écrivait déjà l’abbé Bisig. Comme si le Corps mystique du Christ était autre que les membres du Christ … Il y a là une conception de l’Eglise qui tendrait à faire de ses membres de purs instruments inertes, ou de purs spectateurs, et non acteurs, de leur salut.
Luther et Calvin y avaient pensé – mais le concile de Trente (Concile de Trente, session 6 sur la justification, chapitre 11-DS 1536) nous rappelle que Dieu nous invite à faire ce que nous pouvons et à demander ce que nous ne pouvons pas. Et faire ce que nous pouvons, n’est-ce pas contribuer chacun à son niveau, avec les grâces reçues de Dieu, à sauver l’Eglise en sauvant les âmes dans et par l’Eglise ?…" (L'ecclésiologie en trompe l'oeil de la Fraternié St Pierre, La Porte latine, abbé Jean-Mochel Gleize, 13 avtil 2026).

( 1005168 )
Absolu vs relatif par Gaudium (2026-08-24 07:27:26)
[en réponse à 1005161]
« Mgr Lefebvre, en 1984, écrit sa Lettre ouverte aux catholiques perplexes, et termine en disant : "J’espère qu’un évêque se lèvera pour poursuivre l’œuvre que j’ai entreprise et sauver le sacerdoce pour le sacrifice de la messe" ».
Or, le sacerdoce et la messe d'après Vatican II sont évidemment valides. Tout au plus pourrait-on estimer, si l'on suit certains, que le sacerdoce catholique et l'expression du caractère sacrificiel de la messe sont affaiblis.
Dès lors, sur ce point précis du sacerdoce et de la messe, et à supposer que l'intention romaine définitive soit d'éradiquer la messe de Saint Pie V au profit de celle de saint Paul VI, il ne saurait y avoir d'état absolu de nécessité mais seulement relatif (au pire), ce qui pose la question de la nécessité elle-même.
A moins bien sûr de soutenir qu'il n'y a plus ni sacerdoce ni messe avec et depuis la réforme liturgique qui a suivi Vatican II, ce qui revient à considérer qu'il n'y a pratiquement plus d'Église !

( 1005170 )
Cher Monsieur par Chouan (2026-08-24 08:17:40)
[en réponse à 1005168]
Je comprends bien la logique de votre raisonnement.Mais la question que je pose est la suivante: "y aura-t-il à l'avenir, des évêques pour ordonner des prêtres VOM (hors FSSPX) ?" en rappelant qu'il n'y en avait plus qu'1 en 1987-1988? Il y a donc eu un précédent historique...

( 1005171 )
Messe et sacerdoce, de quoi parle-t-on ? par Pétrarque (2026-08-24 08:47:05)
[en réponse à 1005168]
Il suffit de regarder n'importe quelle cérémonie d'ordination sacerdotale ou
eucharistie actuelles pour saisir la profondeur de la question.
Or, le sacerdoce et la messe d'après Vatican II sont évidemment valides. Tout au plus pourrait-on estimer, si l'on suit certains, que le sacerdoce catholique et l'expression du caractère sacrificiel de la messe sont affaiblis.
Votre sens de l'euphémisme est admirable.
à supposer que l'intention romaine définitive soit d'éradiquer la messe de Saint Pie V au profit de celle de saint Paul VI
...
Il est effectivement manifeste que l'intention romaine est de promouvoir la Tradition...
Vous citez Mgr Lefebvre, mais citez-le jusqu'au bout :
Eh bien, justement, l’insistance que mettent ceux qui nous sont envoyés de Rome pour nous demander de changer de rite nous fait réfléchir. Et nous avons la conviction que précisément ce rite nouveau de la messe exprime une nouvelle foi, une foi qui n’est pas la nôtre. Une foi qui n’est pas la foi catholique. Cette nouvelle messe est un symbole, est une expression, est une image d’une foi nouvelle, d’une foi moderniste.
Car si la très Sainte Église a voulu garder tout au cours des siècles ce trésor précieux qu’elle nous a donné, du rite de la Sainte Messe, qui a été canonisé par saint Pie V, ce n’est pas pour rien. C’est parce que dans cette messe, se trouve toute notre foi, toute la foi catholique, la foi dans la Sainte Trinité, la foi dans la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ, la foi dans la Rédemption de Notre Seigneur Jésus-Christ, la foi dans tout le Sang de Notre Seigneur Jésus-Christ qui a coulé pour la rédemption de nos péchés, la foi dans la grâce surnaturelle qui nous vient du Saint Sacrifice de la messe, qui nous vient de la Croix, qui nous vient par tous les sacrements.
Voilà ce que nous croyons en célébrant le Saint Sacrifice de la messe de toujours. Cela est une leçon de foi et en même temps une source de notre foi, indispensable pour nous, en cette époque où notre foi est attaquée de toutes parts. Nous avons besoin de cette messe véritable, de cette messe de toujours, de ce Sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ, pour réellement remplir nos âmes du SaintEsprit et de la force de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Or, il est évident que ce rite nouveau est sous-tendu, si je puis dire, suppose une autre conception de la religion catholique, une autre religion. Ce n’est plus le prêtre qui offre le Saint Sacrifice de la messe. C’est l’Assemblée. Or ceci est tout un programme. Désormais c’est l’assemblée qui remplace aussi l’autorité dans l’Église. C’est l’Assemblée épiscopale qui remplace le pouvoir des évêques. C’est le conseil presbytéral qui remplace le pouvoir de l’évêque dans le diocèse. C’est le nombre qui commande désormais dans la Sainte Église et ceci est exprimé dans la messe précisément, parce que l’assemblée remplace le prêtre, à tel point que maintenant beaucoup de prêtres, ne veulent plus célébrer la Sainte Messe quand il n’y a plus d’assemblée.
Tout doucement, c’est la notion protestante de la messe qui s’introduit dans la Sainte Église. Et ceci est conforme à la mentalité de l’homme moderne, à la mentalité de l’homme moderniste, absolument conforme, car c’est l’idéal démocratique qui est fondamentalement l’idée de l’homme moderne. C’est-à-dire que le pouvoir est dans l’Assemblée, l’autorité est dans les hommes, dans la masse et non pas en Dieu. Et ceci est très grave. Parce que nous croyons que Dieu est tout-puissant ; nous croyons que Dieu a toute autorité ; nous croyons que toute autorité vient de Dieu.

( 1005179 )
Hum ! Et la CSM ? par Roger (2026-08-24 11:22:37)
[en réponse à 1005171]
Vous avez écrit de façon très nette
« Il suffit de regarder n'importe quelle cérémonie d'ordination sacerdotale ou eucharistie actuelles pour saisir la profondeur de la question.«
« N’importe quelle « : cette formule inclut elle les messes célébrées par un prêtre de la communauté Saint Martin?
Et au-delà comment pouvez-vous avoir un avis pertinent sur des messes auxquelles vous n’assistez pas me semble-t-il ?

( 1005185 )
Soutane et latin par MG (2026-08-24 12:27:22)
[en réponse à 1005179]
suffisent au Sieur Roger ! Un léger saupoudrage suffit.
La Communauté St Martin n'a jamais été et n'est pas tradi.

( 1005199 )
Vos réponses sont toujours aussi étincelantes par Pétrarque (2026-08-24 15:49:07)
[en réponse à 1005179]
La CSM n'est pas vraiment l'exemple le plus représentatif en matière de NOM, mais passons.
Quant à connaître le NOM en question et savoir comment il est généralement célébré, non seulement j'y ai grandi, mais j'y assiste encore beaucoup trop souvent par obligation pour en avoir une connaissance plus avisée que la vôtre.
Quant à l'absence de réponse sur le fond, vous connaissant, je ne suis pas déçu.

( 1005221 )
Sur le fond par Roger (2026-08-24 18:58:45)
[en réponse à 1005199]
Vous avez écrit : « Il suffit de regarder n'importe quelle cérémonie d'ordination sacerdotale ou eucharistie actuelles pour saisir la profondeur de la question.«
Il me semble que votre rédaction est exagérément généralisatrice - car il existe, notamment grâce à la CSM, un nombre croissant de Paul VI sérieusement célébré.
Ce qui pose en fait un autre problème : pendant longtemps la condamnation (tout à fait justifiée) des abus observés dans la messe NOM fut le principal argument en défense de la liturgie traditionnelle. Or cet argument est en fait très fragile : il disparaît dès lors que le rite PAUL VI est sérieusement célébré. Nombre de partisans du nouveau missel (le cardinal Roche par exemple) soutiennent que la libéralisation du VOM est inutile puisqu’il suffirait de bien célébrer le NOM pour faire disparaître l’aspiration au VOM.
Je pense donc qu’il vaudrait mieux mettre en avant les qualités intrinsèques du VOM plutôt que d’attaquer le NOM sur un aspect qui le semble aujourd’hui moins attesté qu’il y a quelques temps !

( 1005223 )
Je maintiens, cher Roger... par Pétrarque (2026-08-24 19:17:28)
[en réponse à 1005221]
que la grande majorité des messes NOM est loin de traduire la théologie catholique de la messe telle que définie au concile de Trente, je maintiens que les célébrations traditionnelles de ce rite équivoque sont minoritaires et malheureusement vouées à le rester au vu des orientations romaines réaffirmées depuis sa fabrication, et je maintiens que la défense du VOM doit demeurer assortie de la critique du NOM, et du ferme refus d'y assister habituellement.
Je subis le NOM assez souvent et dans des lieux assez divers pour ne pas m'illusionner.
Autant je peux me montrer très compréhensif sur des préférences de chapelles VOM, autant le NOM reste pour moi une frontière infranchissable, CSM ou pas.
Sans évidemment préjuger de la valeur et de la sainteté des prêtres forcés de le célébrer ni de celles des fidèles qui le subissent.
Veuillez enfin, s'il vous plaît, pardonner l'acidité de mon précédent message à votre endroit.

( 1005230 )
Sur le « NOM bien célébré » par Signo (2026-08-24 20:15:43)
[en réponse à 1005223]
Rappelons tout de même quelques faits:
- les célébrations réellement d’esprit traditionnel du NOM sont rarissimes (c’est à dire ad orientem en grégorien); on peut les citer sur les doigts de la main (globalement, Evron mais seulement à la chapelle du séminaire, Flavigny, Villars-les-Dombes de temps en temps, depuis quelques années l’abbaye de la Lucerne, et globalement on a fait le tour)
- certains éléments particulièrement déviants de la nouvelle liturgie, comme le face au peuple, sont devenus structurels au point que même les plus conservateurs ne songent plus à les remettre en cause; le service d’autel réservé aux hommes résiste en certains rares endroits mais la pression pour céder sur point est énorme. Et depuis que les femmes ont officiellement accès à l’acolytat, ces « conservateurs » ne peuvent même plus invoquer le respect des normes…
- la CSM arrive à réinjecter un peu de dignité dans les célébrations paroissiales mais elle ne parvient presque nulle part à rendre ces célébrations réellement traditionnelles; bien souvent elle doit s’adapter à la pastorale diocésaine; elle n’est acceptée dans les diocèses qu’au prix d’énormes concessions par rapport à leurs options liturgiques originelles;
- les jeunes prêtres qui sortent des séminaires, et qui sont d’ailleurs très peu nombreux, sont certes un peu plus « conservateurs » (mais pour conserver quoi?), mais ils sont surtout très mal formés, n’ont pas de repères solides, fonctionnent beaucoup à l’affectif et font généralement la seule chose que le nouveau rite permet vraiment: c’est à dire du bricolage. Un bricolage d’ailleurs très éphémère: il suffit que le curé change et qu’il n’ait pas la même « sensibilité » pour que des années d’efforts soient effacées, parfois en quelques semaines (c’est du vécu).
- enfin, et c’est là un point décisif, n’oublions pas que le synode a demandé de « synodaliser » d’avantage la liturgie, et que les options traditionnelles sont combattues parfois même dans le cadre du NOM. On l’a vu à Toulon, mais aussi à Chicago et à Charlotte: face au peuple obligatoire, interdiction de n’user que du canon romain, parfois interdiction de la communion à genoux, etc. Déjà le nouveau rite pose des problèmes en lui-même, mais ce n’est pas seulement le nouveau rite que l’on veut nous imposer, mais aussi une interprétation de rupture. Et les manières « conservatrices » de célébrer le NOM n’ont jamais été tolérés par les évêques que comme des attrapes-nigauds destinés à maintenir les plus conservateurs dans le « périmètre » de la révolution.

( 1005233 )
Merci Signo par Pétrarque (2026-08-24 20:21:48)
[en réponse à 1005230]
Vous avez très justement dit les choses.

( 1005225 )
Pardon ??? par Meneau (2026-08-24 19:25:35)
[en réponse à 1005221]
la condamnation (tout à fait justifiée) des abus observés dans la messe NOM fut le principal argument en défense de la liturgie traditionnelle
Vous êtes né sur quelle planète ? A croire que vous n'avez jamais écouté aucun tradi ...
Cordialement
Meneau

( 1005228 )
Tranquillement à la maison par MG (2026-08-24 19:49:22)
[en réponse à 1005221]
Faites une étude des deux missels, le propre et l’ordinaire.
Lisez les oraisons des dimanches par exemple et vous verrez, enfin j’espère, que les abus (même s’ils sont dramatiques) sont anecdotiques dans le combat pour la messe traditionnelle.

( 1005244 )
Tout à fait d’accord par Roger (2026-08-24 22:01:57)
[en réponse à 1005228]
Yves Daoudal l’a d’ailleurs très bien démontré sur son site.

( 1005255 )
Mais... par Le Chambarand (2026-08-25 00:20:14)
[en réponse à 1005221]
Ce qui pose en fait un autre problème : pendant longtemps la condamnation (tout à fait justifiée) des abus observés dans la messe NOM fut le principal argument en défense de la liturgie traditionnelle
On n'a jamais dit qu'on déplorait les abus du NOM, on a dit qu'on le rejetait tout entier !
Du reste, les abus lui sont consubstantiels en raison son caractère a-liturgique, de l'esprit révolutionnaire qui le sous-tend depuis ses origines, et de la créativité qu'il encourage par ses multiples options (elles-mêmes dépassables "si on le juge bon"), mais c'est un autre sujet.
Bref, on est ici pour parler des rites (authentiquement) catholiques.

( 1005262 )
Il y a deux "traditionalismes" par Gaudium (2026-08-25 09:13:41)
[en réponse à 1005255]
Il y a un traditionalisme "raisonnable", sensé, qui, conformément au souhait exprimé par Benoît XVI dans sa lettre aux évêques ayant accompagné le motu proprio Summorum pontificum, ne rejette pas "par principe" la messe issue de Vatican II et reconnaît "sa valeur et sa sainteté".
Et il y a un traditionalisme radical, obtus, tournant le dos à cette exigence de Benoît XVI, que votre post incarne hélas parfaitement, qui consiste à dire ou à écrire, comme vous le faites, que vous rejetez "tout entier" le NOM, que le nouveau missel serait "a-liturgique", qu'il est sous-tendu par un "esprit révolutionnaire", qu'il n'est pas "authentiquement catholique".
Au-delà de l'aberration de telles accusations (rappelons que nous en sommes au 6ème pape consécutif qui célèbre quotidiennement selon les nouveaux livres liturgiques ; autrement dit, vos assertions supposent que Paul VI, Jean-Paul Ier, Jean-Paul II, Benoît XVI, François et Léon XIV seraient tous liturgiquement des égarés), ce jusqu'au-boutisme renvoie une image détestable des traditionalistes. Quelle perspective de réconciliation face à une position aussi dure ?

( 1005263 )
Quelles perspectives de réconciliation par Le Chambarand (2026-08-25 09:45:59)
[en réponse à 1005262]
En effet, quand les autorités souhaitent notre mort ? Alors, "l'image" que nous renvoyons... À tout prendre, si c'est celle de combattants, tant mieux.
Le NOM, j'en ai souffert pendant suffisamment d'années avant de sauter le pas du VOM pour savoir de quoi je parle. Dès mes premières messes St Pie V, j'ai compris que la rhétorique ratzingerienne sur les deux formes et l'enrichissement mutuel était vaine.
Les deux rites n'ont en commun que le mot "romain", indûment pris par le second au premier. Je ne remets pas en cause la validité du NOM, bien évidemment, ni le fait qu'il soit un pis-aller permettant à des fidèles qui n'ont rien d'autre ou qui ne connaissent rien d'autre de se sanctifier a minima par la comunion. Mais s'ils gardent intégralement la foi c'est malgré le NOM, certainement pas grâce à lui.
Et quand vous dites que mon raisonnement pousse à considérer que les papes seraient des égarés liturgiquement depuis le NOM, je tiens à vous rassurer : ils sont aussi des égarés doctrinalement depuis Vatican II !

( 1005290 )
Pourtant par Vincent F (2026-08-25 13:58:34)
[en réponse à 1005262]
Même des membres de la commission qui a « créé » le NOM le considéreraient comme du n’importe quoi liturgique.

( 1005178 )
Une nouvelle divinité : la nécessité... par Gladius Verbi (2026-08-24 11:15:39)
[en réponse à 1005161]
A propos de la "nécessité" devenu le passe partout théologique favoris de nos amis, voici des propos dignes d'intérêts, indépendamment des opinions sédévacantistes contestables de son auteur, l'abbé Belmont:
"Il faudrait être sourd et aveugle pour ignorer l’existence d’une campagne active – faite d’écrits et de vidéos largement diffusés – destinée à justifier les sacres épiscopaux que la fraternité Saint-Pie-X s’apprête à perpétrer voire à perpétuer.
Le mot, qui revient à chaque phrase ou à chaque phase d’exposé, sonne comme un mot magique devant lequel toute intelligence doit s’incliner et cesser de fonctionner : la nécessité. Comme ce mot est l’objet de ferventes incantations (favorisées par le flou de ses contours), comme la loi divine la mieux établie doit céder en sa présence, on peut à bon droit qualifier ce que le mot désigne une divinité, une de ces idoles auxquelles Salomon lui-même, en dépit de sa profonde sagesse initiale, a fini par rendre un culte mortifère.
Un petit malin a voulu bichonner cette divinité, la qualifiant d’état de nécessité non démenti. Peut-être a-t-il voulu donner de la consistance à ce qui en manquait cruellement ; peut-être veut-il égarer le badaud pour mieux l’aveugler. Toujours est-il que, en l’absence de mention de quelque source d’où pourrait provenir un démenti, ce qualificatif n’est qu’un cache-misère.
Avant de nous pencher sur la nature et les conséquences de la nécessité, il est salutaire de se référer à la sainte Écriture, dans le seul passage (à ma connaissance) où elle raconte combien la nécessité servant de prétexte à l’usurpation d’un office divin est une calamité.
Il s’agit du péché de Saül et de la déchéance qui en fut la conséquence. I Reg. xiii, 5-14 :
« Les Philistins s’assemblèrent aussi pour combattre contre Israël ; ils avaient trente mille chars, six mille chevaux, et une multitude de fantassins aussi nombreuse que le sable qui est sur le rivage de la mer. Et ils vinrent camper à Machmas, à l’orient de Bethaven. Les Israélites, ayant vu qu’ils étaient comme à l’extrémité (car le peuple était tout abattu), allèrent se cacher dans les cavernes, dans les lieux les plus secrets, dans les rochers, dans les antres et dans les citernes. Les autres Hébreux passèrent le Jourdain, et vinrent au pays de Gad et de Galaad. Saül était encore à Galgala ; mais tout le peuple qui le suivait était dans l’effroi. »
« Il attendit sept jours, comme Samuel le lui avait ordonné. Cependant Samuel ne venait point à Galgala ; et peu à peu tout le peuple abandonnait le roi. Saül dit donc : Amenez-moi l’holocauste et les victimes pacifiques. Et il offrit l’holocauste. Lorsqu’il achevait d’offrir l’holocauste, Samuel arriva. Et Saül alla au-devant de lui pour le saluer. »
« Samuel lui dit : Qu’avez-vous fait ? Saül lui répondit : Voyant que le peuple me quittait l’un après l’autre, que vous n’étiez point venu au jour que vous aviez dit, et que les Philistins s’étaient assemblés à Machmas, j’ai dit en moi-même : Les Philistins vont venir m’attaquer à Galgala, et je n’ai point encore apaisé le Seigneur. Étant donc contraint par cette nécessité, j’ai offert l’holocauste. »
« Samuel dit à Saül : Stulte egisti, vous avez agi follement, et vous n’avez point observé les ordres que le Seigneur votre Dieu vous avait donnés. Si vous n’aviez pas fait cette faute, le Seigneur aurait maintenant affermi à jamais votre règne sur Israël ; mais votre règne ne subsistera pas à l’avenir. Le Seigneur s’est cherché un homme selon son cœur, et il lui a commandé d’être chef de son peuple, parce que vous n’avez point observé ce qu’il vous a ordonné. »
La déchéance de Saül fut effrayante. Lui qui avait commencé comme un jeune homme doué de toutes les qualités et choisi par Dieu pour régner avec éclat sur Israël, a terminé sa vie par un véritable suicide sous forme d’euthanasie réclamée et exigée.
Est dit nécessaire ce qui ne peut pas ne pas être. Nécessaire s’oppose alors à contingent, qui désigne ce qui peut (ou aurait pu) ne pas être.
Dieu seul est absolument nécessaire, nécessaire en lui-même : Dieu ne peut pas ne pas exister (ce que la raison peut démontrer) ; il ne peut pas ne pas être trine, un seul Dieu en trois personnes (ce que la raison ne peut ni connaître ni démontrer, et qui ne nous est connu que par la Révélation divine et la foi). Cette nécessité absolue de Dieu est une nécessité in substantia.
Les autres nécessités sont des nécessités relatives :
soit pour être telle chose : nécessité ad substantiam. Ainsi, pour être un triangle, il est nécessaire qu’une figure géométrique ait trois côtés et pas davantage ;
soit pour atteindre telle fin : nécessité ad finem. Ainsi pour aller au Ciel, il est nécessaire d’être en état de grâce à l’instant de la mort.
Lorsqu’on parle d’une action humaine, on distingue en pratique la nécessité de contrainte – necessitas coactionis – et la nécessité de fin – necessitas finis – (par exemple IIa-IIæ, q. i, a. 6, ad 3).
La nécessité ne saurait par elle-même justifier la transgression d’une loi divine : non seulement celle d’une loi inscrite dans la nature des choses (naturelle ou surnaturelle), mais aussi celle d’une loi simplement positive, dépendante de la seule volonté de Dieu, et partant contingente.
(...)
Une analogie est invoquée çà ou là à titre d’argument, qui est cependant inapte à conclure : Quand les sapeurs-pompiers interviennent pour éteindre un feu ou sauver des blessés, ils peuvent s’affranchir des règles de priorité et de limitation de vitesse : la nécessité les en dispense. Ipsa necessitas dispensationem habet annexam, ajoute-t-on pour faire savant en citant saint Thomas d’Aquin (Ia-IIæ, q. xcvi, a. 6)… toutefois en omettant soigneusement de préciser que l’article cité traite de la loi humaine, — et qu’on ne peut donc l’appliquer à la loi divine. Et encore, toute loi humaine ne supporte pas la dispense, les sapeurs-pompiers ne peuvent pas s’engager sur l’autoroute à contre-sens.
Mais, plus encore que de nécessité, on nous parle d’état de nécessité, sans le définir avec quelque précision. Cette notion est beaucoup plus malléable que celle de nécessité tout court, et peu apte à prendre place dans un raisonnement rigoureux : d’où son succès.
Certes, on ne peut nier qu’il y a un besoin béant des membres de la sainte Église en matière de connaissance de la sainte doctrine et en matière d’accès aux sacrements. On ne peut nier qu’il y a urgence parce que la vie est courte et que les âmes, tout en avançant vers l’éternité, doivent chaque jour persévérer et grandir dans la grâce de Dieu.
Cet état de nécessité qu’on invoque est donc fait de besoin et d’urgence. Mais si pressant qu’il soit, il ne peut faire ignorer ou mépriser des besoins plus vrais et des urgences plus fondamentales.
Le plus nécessaire, pour chaque homme vivant en ce monde, est d’appartenir à la sainte Église catholique, car il n’y a pas de salut en dehors d’elle. Cette appartenance, et la fidélité qu’elle doit susciter, nécessite de ne rien soustraire à l’intégrité de la foi et de n’attenter en rien à l’unité de cette Église.
L’Église catholique, Corps mystique de Jésus-Christ, a reçu – et reçoit à chaque instant – de son fondateur une constitution immuable, placée au-dessus des lois dont certaines (uniquement parmi les lois positives) sont cependant d’application influencée par la contingence dans laquelle se meut sa vie.
Jésus-Christ réclame pour lui-même cette Constitution : Tu es Pierre et sur cette pierre Je bâtirai mon Église ; il la réclame comme immuable et indéfectible : Et les portes de l’Enfer ne prévaudront point ; il la réclame comme étant son œuvre de chaque instant : Voici que je suis avec vous tous les jours ; il la réclame comme étant fondée sur Pierre, unique support de l’ordre hiérarchique qui est l’accomplissement de son unité à travers tous les temps et à l’instant présent.
L’intangibilité de la Constitution de la sainte Église est un enseignement récurrent – parce que capital – du magistère pontifical. La respecter est nécessaire, impératif et salutaire.
(...)
Aucune circonstance, aucun état de nécessité ne peut prévaloir contre cette Constitution proprement divine. Et comme, ainsi que l’enseigne le Pape Léon XIII, « l’ordre épiscopal fait nécessairement partie de la constitution intime de l’Église » (Satis cognitum, 29 juin 1896, § 25), toute usurpation d’un sacre épiscopal est « un attentat contre l’unité de l’Église » (cf. Pie XII, Ad Apostolorum Principis, 29 juin 1958, § 25). Autrement dit, dans le principe même et quelles qu’en soient les circonstances, l’absence de mandat produit dans l’évêque les mêmes effets que le schisme.
À moins de professer implicitement que la nécessité est une sorte de divinité, et que l’état de nécessité – qui en émane – supplante la Constitution de l’Église catholique et bâillonne Jésus-Christ le Verbe éternel de Dieu, rien ne justifie l’usurpation de l’épiscopat.
Et d’ailleurs, en alléguant un état de nécessité pour recourir à des évêques dont l’épiscopat est schismatique, que procure-t-on en définitive ?
La pérennité de l’Église ? Une telle œuvre est totalement hors de la portée des hommes ; elle est une œuvre proprement divine promise par Jésus-Christ et divinement garantie. Dans la vie chrétienne, c’est la chose dont on doit le moins s’inquiéter !
Le bien des âmes ? Il y a là une bonne part d’illusion. « Il est évident, dit Pie XII, qu’on ne pourvoit pas du tout aux besoins spirituels des fidèles en violant les lois de l’Église » (Ad Apostolorum Principis, 29 juin 1958, § 31).
Une illusion dont les effets délétères finiront par dominer ? Il faut grandement le craindre, ne serait-ce que parce qu’on se met dans la nécessité de consentir à une occultation ou à une distorsion de tout un pan de la doctrine de foi."
Ps : extrait de l'article de l'abbé Belmont "
Une nouvelle divinité : la nécessité..." mis en ligne sur son blog quicumque.com

( 1005180 )
Sur la Nécessité en effet, une belle démonstration par Roger (2026-08-24 11:28:16)
[en réponse à 1005178]
C’est en vers mais c’est très bien fait
L’auteur est anonyme helas
Kyrie eleison, tout est nécessité
Quand on veut quelque chose, il suffit d’invoquer
Kyrie eleison, quelle commodité
Le droit canon s’incline devant la nécessité
Au commencement il y avait un problème
Puis quelqu’un déclara d’un ton solennel :
« Frères, ne discutons pas davantage,
L’état de nécessité règle le passage »
Plus besoin de débats ni de consultations
Quand la nécessité fournit les conclusions
On cherche une réponse, on trouve un décret
Qui disait déjà tout avant même le procès
Nécessité, nécessité
Mot magique de la chrétienté
Quand les objections viennent frapper
Nécessité, nécessité
Nécessité, nécessité
Le passe-partout de l’été
Le premier juillet est arrivé
Avec la nécessité
« Pourquoi quatre évêques ? » demande un pèlerin
« Parce que c’est nécessaire », répond un théologien
« Mais qui l’a décidé ? »
« La nécessité. »
« Et qui juge cela ? »
« Toujours la nécessité. »
Les canonistes soupirent dans leur bibliothèque
Pendant que le refrain traverse toute la secte
À chaque question un seul mot est cité
Comme un vieux répons bien mémorisé
Nécessité, nécessité
Mot magique de la chrétienté
Quand les objections viennent frapper
Nécessité, nécessité
Nécessité, nécessité
Le passe-partout de l’été
Le premier juillet est arrivé
Avec la nécessité
Dans les cloîtres, dans les sacristies
On entend monter cette litanie
Plus simple encore que le Credo entier
Trois mots suffisent à tout expliquer
« Pourquoi ceci ? »
« Nécessité. »
« Pourquoi cela ? »
« Nécessité. »
« Et demain ? »
« Nécessité. »
Amen, alléluia, nécessité.
Kyrie eleison, tout est nécessité
Le débat est clos avant d’avoir commencé
Kyrie eleison, quelle commodité
Quand tout devient possible par nécessité

( 1005184 )
Cher Roger par Chouan (2026-08-24 11:59:28)
[en réponse à 1005180]
Vous avez bien compris que l'objet de ce fil ne concernait pas les sacres de la FSSPX ?

( 1005182 )
Fort édifiant par Chouan (2026-08-24 11:34:27)
[en réponse à 1005178]
Mais concrètement on fait comment s'il n'y a plus d'évêques pour ordonner des prêtres VOM (je ne parle pas du cas de la FSSPX qui a résolu à sa manière le problème) ?

( 1005188 )
On ferme les séminaires de Wigratzbad, de Courtalain, ... ? par Chouan (2026-08-24 13:42:46)
[en réponse à 1005161]
pour cause de "chômage technique" en l'absence d'évêques qui ordonnent, ou on attend des jours meilleurs en s'en remettant à la "Providence" ?
Je réitère ma question de manière plus directe et abrupte pour qu'elle soit bien comprise...

( 1005190 )
Polémique par MG (2026-08-24 13:51:10)
[en réponse à 1005188]
vous cherchez à tout prix à créer une polémique et comme vous voyez que la sauce ne prend pas vous rajoutez un peu de vinaigre !

( 1005191 )
Non MG par Chouan (2026-08-24 14:20:58)
[en réponse à 1005190]
J'évoque l'hypothèse probable (suite à TC) que les évêque ordonnateurs vont se raréfier (voire disparaitre). Et je m'appuie sur un exemple historique...
Et cette situation est déjà en germe (cf. les séminaristes de de la Miséricorde Divine dont l'ordination est bloquée depuis plusieurs années).
Je joue peut-être les Cassandre mais il n'y a personne avec qui je souhaite polémiquer...

( 1005192 )
Par contre par Chouan (2026-08-24 14:28:34)
[en réponse à 1005190]
Je m'oppose à la vision surnaturaliste de certains ex ED qui disent "Dieu finira bien par intervenir" en faisant fi des causes secondes...

( 1005193 )
Exactement par Le Chambarand (2026-08-24 14:34:01)
[en réponse à 1005192]
Face à un incendie, on n'attend pas que la Providence l'éteigne, on appelle les pompiers.
"Les hommes combattront et Dieu donnera la victoire" (Jeanne d'Arc)

( 1005194 )
Et j'ajouterai par Chouan (2026-08-24 14:36:36)
[en réponse à 1005193]
"Aide toi et le Ciel t'aidera ! '

( 1005195 )
En fait par MG (2026-08-24 15:13:30)
[en réponse à 1005194]
sans faire le faux c.l vous voulez faire dire à un liseur "les évêques de la FSSPX"interviendront" c'est cela que vous attendez ?

( 1005197 )
Cher MG par Chouan (2026-08-24 15:27:53)
[en réponse à 1005195]
J'ai beaucoup de défauts mais pas celui de "tourner autour du pot" ou "d'être un faux c.l" ! Comme le disait un membre éminent d'un institut ex ED "il nous faut des évêques et si on n'en trouve pas il faudra retourner dans le maquis !". Donc je vous le dis tout net, s'il faut dans le futur trouver des évêques (je ne pense pas que les FSSPX soient en l'état prêts à des accommodements) qui soient validement ordonnés (et "una cum") un deal est toujours possible... mais on n'en est pas là !

( 1005201 )
Vous continuez à tourner autour du pot par MG (2026-08-24 15:54:56)
[en réponse à 1005197]
Des évêques en dehors de la FSSPX et disposés à ordonner (en dehors de ceux que vous avez cités) je n'en vois pas !
A moins de faire dans le bizarre...

( 1005211 )
Les évêques de la FSSPX par Eti Lène (2026-08-24 16:55:24)
[en réponse à 1005201]
Ne veulent pas aider les communautés ex ecclesia Dei, car ce serait "trahir". Quand un prêtre qui a toujours les mêmes idées traditionnelles mais rattaché à un évêque diocésain, veut célébrer la messe de St Pie V dans une de leurs chapelles, c'est radicalement non, comme si ces prêtres tradis étaient plus les ennemis de la FSSPX que les autorités romaines. De facto, les lointains sont plus appréciés que les prochains.
N'accusez pas Chouan d'être faux-c.... Alors là, c'est bien mal le connaître. Il essaie de trouver des solutions, tout comme beaucoup, et pas seulement les laïcs, commencent à y réfléchir. Ce sera vraisemblablement sans la FSSPX.

( 1005212 )
Alors ? par MG (2026-08-24 17:21:32)
[en réponse à 1005211]
Quelles solutions ?
Il semble que les communautés ex ED soient dans une très mauvaise situation.
Il n'y a pas de solutions à vue humaine et je ne crois pas à un "miracle" qui serait que des évêques rejoignent les instituts ex ED.
En clair il faut le dire et l'écrire c'est Mgr Lefebvre qui avait raison. Le piège se referme.

( 1005214 )
Vous avez sans doute noté par Eti Lène (2026-08-24 17:41:28)
[en réponse à 1005212]
Cher MG, que Mgr Lefebvre n'avait pas demandé la levé des excommunications en 1988. Il en fallait, du courage, pour contrevenir aux ordres de Rome à l'époque, avec seulement 200 prêtres, surtout avec tout le passé de Mgr Lefebvre, qui avait connu Pie XII personnellement. Personne d'autre n'a eu ce courage, à tel point que l'abbé Philippe Laguérie a parlé "d'acte le plus magnanime". La situation d'aujourd'hui est bien pire du côté de Rome qu'en 1988; il y a donc une incohérence par rapport à 1988. Car je ne vois pas que des demandes de levée (en soit légitimes) sont encore plus adéquates aujourd'hui qu'hier, alors que Fiducia supplicans ou Amoris laetitia ont été justement publiés.
Les autorités romaines n'ont fait que calquer 1988 sur le décret de 2026 en lui-même, mais sans l'ouverture aux tradis rattachés à Rome cette fois. Mystère des temps, car je m'attendais à ce que ce remake soit fait, mais l'histoire ne repasse pas les plats.
Vous avez raison sur le fait que Mgr Lefebvre avait vu que le Vatican voulait que la Tradition s'éteigne d'elle-même. C'est encore et toujours plus le cas aujourd'hui.
La cause de cette différence semble être dans le fait de la peur supposée ou visible des instances vaticanes concernant l'attirance de plus en plus marquée notamment par les jeunes pour la Tradition. Les autorités freinent ce tsunami qui les dépasse et auquel elle ne s'attendait pas.
Au fond, l'invisible se rend visible. Car St Vincent de Paul a dit "Je n'ai pas connu de pires ennemis de l'Église que les prêtres." Il ne pensait pas seulment à Luther et Calvin. Ou encore un prélat devant Napoléon qui voulait détruire l'Église :"Vous voulez détruire l'Église ? Mais cela fait 1800 ans qu'on essaie de la détruire nous les clercs. Vous n'y arriverez pas vous-même."
Charles Maurras disait que la république gouverne mal mais elle se défend bien. Sans vouloir jouer les cassandre et vue que la démocratie est entrée dans l'Église qui est devenue une pagaille à ciel ouvert, il est possible que ce constat s'applique et que le démon qui montre sa puissance par sa méchanceté (alors que le Seigneur montre sa puissance par sa bonté) fasse ce qu'il faut faire pour empêcher ce retour. Mais le sang du Seigneur crie miséricorde pour ceux qui le veulent, et cela le démon ne peut pas l'enlever, lui qui a été terrassé par la croix au moment de la mort de Notre Seigneur Jésus-Christ. On verra bien.

( 1005229 )
Pour vous répondre par Chouan (2026-08-24 20:05:55)
[en réponse à 1005201]
J'avais excédé mon nombre de messages. Je ne "tourne pas autour du pot".
Je vois deux pistes possibles :
- des évêques à la retraite ou placardisés qui n'auraient plus d'enjeu de carrière
- des ex williamsoniens qui ne doivent pas être débordés par le nombre de leurs fidèles... ni rouler sur l'or... la piste est baroque je le reconnais mais on a vu d'autres retournements "bizarres" (ou intéressés) dans l'histoire de l’Église. On a même connu des ex sédévacantistes se faire les héraults de Vatican II ;-)

( 1005232 )
Evidemment par MG (2026-08-24 20:18:58)
[en réponse à 1005229]
- des ex williamsoniens qui ne doivent pas être débordés par le nombre de leurs fidèles... ni rouler sur l'or... la piste est baroque je le reconnais mais on a vu d'autres retournements "bizarres" (ou intéressés) dans l'histoire de l’Église. On a même connu des ex sédévacantistes se faire les héraults de Vatican II ;-)
Je savais que vous alliez sur ce chemin. Ce n'est absolument pas rassurant. Cela promet des débats infinis sur la validité.

( 1005247 )
Bof par Le Chambarand (2026-08-24 22:24:11)
[en réponse à 1005197]
Comme le disait un membre éminent d'un institut ex ED "il nous faut des évêques et si on n'en trouve pas il faudra retourner dans le maquis !".
On attend toujours leur réaction depuis que TC leur enlève des apostolats. Ont-ils refusé de rendre leurs églises ? Les ont-ils occupées ? Font-ils appel à des évêques qui sont prêts à désobéir pour donner la confirmation à leurs fidèles qui en sont privés ?
Alors prendre le maquis...
Je rêverais d'un grand mouvement d'union des tradis dans ces circonstances là. Mais ce n'est qu'un rêve.

( 1005249 )
Pour l’instant par Signo (2026-08-24 22:51:19)
[en réponse à 1005247]
On est dans un entre-deux: le projet d’annihilation a été exprimé, les restrictions pleuvent, mais on est dans un contexte dans lequel on peut encore espérer un changement de politique.
Il est bien évident que si le projet de TC était confirmé et que les autorités se décidaient à passer la seconde en aggravant les restrictions et surtout à bloquer les ordinations, menaçant les communautés traditionnelles dans leur existence même, le contexte en serait radicalement bouleversé… et alors bien des choses qui nous paraissent impossibles à court ou à moyen terme pourraient redevenir envisageables…

( 1005253 )
Cher Signo par Le Chambarand (2026-08-25 00:01:46)
[en réponse à 1005249]
La guerre nous est déclarée. Il serait peut-être temps que nous ouvrions les yeux, tous.
Des ordinations sont déjà bloquées (MMD), des confirmations sont déjà refusées, des pèlerinages sont déjà interdits, soit d'accès, soit de messe (et pas que ceux de la FSSPX), et j'en passe. Sans compter la rudesse imprévue de la réaction romaine aux sacres.
L'ennemi a exposé son but, il a commencé ses manœuvres, et rien ne semble l'arrêter. Et nous attendrions encore un autre contexte ? Un autre bouleversement ?

( 1005196 )
Pas d'angélisme ! par Jean-Paul PARFU (2026-08-24 15:13:54)
[en réponse à 1005194]
Et pas de surnaturalisme, en effet. Et le "Quiétisme", auquel ressemblent certains arguments développés dans ce cadre, a été condamné par l'Eglise (Innocent XI, bulle "Caelestis Pastor" - le pasteur des cieux - en 1687), sans parler de la dispute entre Bossuet et Fénelon.
Ce que les adversaires des sacres ne veulent pas comprendre, c'est que s'il n'y avait pas eu Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer, et de manière générale, la FSSPX, aucun des évêques qui acceptent d'ordonner prêtres des séminaristes des instituts "ex-Ecclesia Dei" ne l'auraient fait et ne le feraient encore aujourd'hui.
Encore une fois, le rite traditionnel de l'Eglise latine doit disparaître, si l'on en croit "Traditionis custodes," et aucun prêtre n'a été sacré évêque dans et pour le rite traditionnel avec mandat pontifical (hors Mgr Rifan en août 2002), depuis 1970.
Ouvrez les yeux !

( 1005210 )
C'est une évidence ! par Chouan (2026-08-24 16:49:46)
[en réponse à 1005196]
Et je me tue à le dire !

( 1005209 )
Peut-être que par Eti Lène (2026-08-24 16:43:52)
[en réponse à 1005190]
Le "management" des prêtres et des fidèles étant ce qu'il est dans la FSPPX, bien que depuis que l'abbé Pagliarani est en poste il pourrait y avoir des progrès, le souvenir qu'en ont tous les prêtres qui en sont partis ne les poussent pas du tout à y revenir, et que la Providence est appelée à faire appel à d'autres solutions plus humaines. C'est l'idée de Chouan, pas de créer la polémique.
Tout le monde d'un peu sérieux attend, car la situation est intenable si elle perdure.

( 1005213 )
????????? par MG (2026-08-24 17:26:05)
[en réponse à 1005209]
que vous-lez vous dire par "management des fidèles" ? Les prieurs n'ont pas une autorité directe sur les fidèles.

( 1005215 )
C'est malheureux comme expression par Eti Lène (2026-08-24 17:45:13)
[en réponse à 1005213]
En effet. Je dirais par management des fidèles certains sermons ou certaines confessions, pleines de zèle amer, comme si les prêtres n'avaient pas péché eux-mêmes et pleins d'indignation pour les fidèles, indignation que le Seigneur n'a montré qu'aux âmes vraiment perverses, comme les riches religieux qui oppressaient le peuple. Certains prêtres, plutôt que d'être des agneaux au confessionnal et des lions en chair, sont devenus des lions au confessionnal et des agneaux en chair. De facto, certains prêtres font fuir les fidèles, mais pas du tout de la même manière que les progressistes. C'est en s'opposant à son ennemi qu'on finit par lui ressembler.

( 1005219 )
Cas particuliers par MG (2026-08-24 18:04:44)
[en réponse à 1005215]
Ne faites pas de cas particuliers un loi générale !
Des confesseurs maladroits ces existent partout, des prédicateurs un peu pénibles aussi.

( 1005202 )
Ceci dit sans animosité, par Adso (2026-08-24 15:56:20)
[en réponse à 1005188]
vous cultivez une admiration certaine pour Cassandre, vous cultivez le pessimisme, une inquiétude de nature chevillée au corps ?
ESPERANCE : L'espérance est la confiance filiale par laquelle l'homme s'appuie sur Dieu, certain que celui-ci lui donnera les secours nécessaires pour atteindre le bonheur éternel.

( 1005204 )
mauvais choix en référence Adso car par Luc Perrin (2026-08-24 16:11:34)
[en réponse à 1005202]
Cassandre avait toujours raison dans ses prévisions.
Quant à l'espérance certes, mais en théologie elle n'a pas, comme nous autres, dotés d'un corps mortel qui peut n'être plus de prime jeunesse et en pleine santé, une date de validité à court terme.
Elle peut être lue sur du très long terme et même relative au salut ultime. Je peux et j'espère que je rendrai mon dernier soupir ... dans l'espérance de la Résurrection comme le dit la néo-liturgie.
Bref le quiétisme, condamné comme cela a été rappelé au XVIIe siècle, qui se cache derrière l'appel à une espérance qui agirait comme un deus ex machina d'une pièce classique, relève plus de l'idéalisation de l'autruche.
Je n'ai pas encore trouvé cet animal présenté comme modèle dans les Saintes Écritures cher ami.

( 1005236 )
De la à tout noircir systématiquement par Adso (2026-08-24 20:49:54)
[en réponse à 1005204]
Un peu plus d’optimisme !!!

( 1005238 )
Cher Adso par Chouan (2026-08-24 21:18:18)
[en réponse à 1005202]
Rassurez -vous je ne suis ni un bilieux ni un dépressif, mais d'un tempérament plutôt joyeux ! Nonobstant Traditioni Custodes nous plonge dans une situation inédite depuis le pontificat de Paul VI et, en bon pragmatique que suis, j'en explore tous les possibles (y compris les plus pénibles à envisager...). Il vaut mieux prévenir que guérir comme dit le dicton. Cela étant j'espère comme vous une issue positive. Dieu écrit droit avec des lignes courbes ;-)

( 1005203 )
la question théorique, en l'état, posée par Chouan est légitime, j'en ajoute une par Luc Perrin (2026-08-24 16:01:28)
[en réponse à 1005161]
Pour le moment, T.C. n'a pas été appliqué "à la rigueur" pour reprendre la formule de Louvois appliquée à l'édit de Nantes dans la phase qui a précédé son abolition par Louis XIV. T.C. est en substance comparable à cette politique d'étouffement progressif.
Mais ce jour peut venir par ex. si Mgr Viola succède comme il en est fortement question au cardinal Roche et que rien au plan canonique n'a changé.
Ma propre question par curiosité, pas simple au vu de la dispersion des maisons de formation ex-ED mais il me semble qu'il y a un vivier limité d'évêques qui procèdent aux ordinations (à tous les stades, ordres mineurs et majeurs).
Combien d'évêques ont procédé aux ordinations pour les différents instituts sacerdotaux en pleine communion avec le Saint-Siège depuis 1988 ? (certains cardinaux sont intervenus, de mémoire le cardinal Castrillon Hoyos+ pour la FSSP).
Je pense à Mgr Haas mais a-t-on une liste ou peut-on en élaborer une, notamment pour l'ICR-SP et le séminaire FSSP du Nebraska (Mgr Bruskewitz l'a fait), cela vaut pour la FSVF.
Il serait intéressant de voir le nombre d'évêques/archevêques/cardinaux volontaires sur les 38 dernières années.

( 1005220 )
Bonne question par Signo (2026-08-24 18:06:47)
[en réponse à 1005203]
En réalité même actuellement le nombre d’évêques qui acceptent de procéder à des ordinations au profit des instituts traditionnels est extrêmement restreint, et se comptent sur les doigts de la main: Mgr Castet, Mgr Aillet, Mgr Haas, le cardinal Müller, Mgr Schneider… curieusement j’ai l’impression que le cardinal Sarah ordonne assez peu. A-t’on d’autres noms?
Pas beaucoup à mon avis. Ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent chaque année. Ça ne fait pas beaucoup sur la totalité de l’épiscopat mondial. Six ou sept à mon avis, pas beaucoup plus. Et qu’en sera-t’il demain?
Et si Rome interdit de procéder aux ordinations dans l’ancien rite, combien désobéiraient? Aucun probablement.
Donc si les évêques de la FSSPX ne viennent pas à leur secours (et il y a motif d’être pessimiste sur ce point), les communautés ex ED sont piégées comme des rats.…
Concrètement Rome a les moyens de nous faire disparaître et je pense que tôt ou tard cela arrivera.
En créant par les sanctions sévères un fossé infranchissable entre la FSSPX et les communautés en régularité canonique, Rome a réussi à aggraver les divisions entre traditionalistes pour ensuite nous vaincre par morceaux: annihilation pour ceux de l’intérieur, « schismatisation » pour ceux de l’extérieur.
Et les ultras de la FSSPX, en refusant que les évêques de la Fraternité jouent le rôle historique que nous serions en droit d’attendre d’eux, se montrent les idiots utiles du système post-conciliaire… mais les ex ED qui fustigent la FSSPX ne sont guère plus intelligents…

( 1005245 )
Question par Sopotec (2026-08-24 22:08:29)
[en réponse à 1005220]
Je comprends votre inquiétude mais votre scénario de demander des ordinations aux évêques de la FSSPX par défaut n'est-il pas complètement irréaliste ?
Sauf retournement total de situation, les évêques en poste ne pourraient évidemment pas tolérer de fonctionner avec des prêtres qui seraient ordonnés dans ces conditions. Or, sauf erreur de ma part, la plus part sont affectés dans des églises qui relèvent du diocèse et se retrouveraient donc sans affectation, voire même tout simplement exclus de facto canoniquement.
Un institut ex-ED qui procéderait de cette manière se mettrait dans la situation de devoir fonctionner en irrégularité canonique avec toutes les conséquences pratiques (plus d'églises, etc). Bref de suivre peu ou prou le même chemin que la FSSPX.
C'est pourquoi je ne comprends pas très bien votre raisonnement qui me parait plus une construction intellectuelle un peu hors sol. Et encore moins pourquoi vous fustigez des ultras FSSPX ou des ex-ED "guère plus intelligents" qui refuseraient un scénario pour lequel personne n'a émis le moindre souhait dans un sens ou dans un autre.

( 1005248 )
Vous avez raison par Signo (2026-08-24 22:46:36)
[en réponse à 1005245]
Recevoir les ordres des évêques de la FSSPX supposerait de retourner à une forme de résistance ou semi clandestinité comme les plus anciens d’entre nous ont pu connaître dans les années 1970-80: occupations d’églises paroissiales, célébrations dans des salles, des maisons ou bâtiments privés, voire constructions de nos propres églises…
N’oublions pas que quand le Barroux a commencé les travaux du monastère provençal ils étaient en parfaite irrégularité, recevaient les ordres de Mgr Lefebvre et finançaient les travaux avec des dons privés…
Le contexte n’est plus le même que dans les années 1970 mais certaines évolutions pourraient presque nous faciliter la tache. Sur le terrain les rapports de force ne sont plus les mêmes: les structures officielles diocésaines ont fondu depuis quarante ans, beaucoup d’églises, de couvents etc sont désaffectées, et le monde tradi est solide (associations de fidèles, communautés, monastères, chapelles) et dispose de moyens financiers non négligeables. Matériellement il serait presque plus facile d’entrer en résistance qu’à l’époque des pionniers, car on ne part pas de zéro, ce qui risque de faire défaut c’est la motivation et l’état d’esprit… les communautés ED se sont beaucoup embourgeoisées et ramollies, il faut l’avouer. Et le bourgeois n’aime pas être en froid avec les autorités, ça compromet ses dîners en ville.
Mais de toute façon Rome ne nous donnera peut-être pas le choix… le mouvement traditionaliste ne disparaîtra pas tout seul, il faudra bien l’euthanasier à un moment ou à un autre, soit par sédation profonde, soit en cessant de l’alimenter via les ordinations… mis dos au mur et sommés de disparaître, il faudra bien faire des choix…
Je pense que vos doutes viennent du fait qu’au fond de vous vous n’arrivez pas à croire à la radicalité du projet de nos adversaires, et pourtant vous savez lire comme moi, je n’invente rien…

( 1005256 )
Faire des choix, oui mais... par Le Chambarand (2026-08-25 00:46:08)
[en réponse à 1005248]
Lesquels ? Les milieux ex-Ecclesia Dei ne sont pas homogènes. J'observe trois tendances en leur sein.
Premier groupe, ceux pour qui la messe traditionnelle n'est qu'une préférence, une esthétique. Pas un combat, pas une question de foi, pas un problème doctrinal. Ils sont facilement biritualistes, et passeraient sans problème au NOM en latin si on les y forçait.
Deuxième groupe, ceux que j'appellerai les fidèles "absolus". Pour eux il n'y a que leur institut qui compte : ils renvoient dos à dos le NOM et la FSSPX. S'ils se retrouvent dos au mur tel que vous le suggérez, leur monde s'écroule.
Troisième groupe, ceux dont l'attachement à la messe traditionnelle est essentiellement doctrinal, qui pour cette raison n'accepteront jamais le NOM, et pour qui il existe une certaine porosité au sein de la tradition entre ex-Ecclesia Dei et FSSPX. Ceux-là feront le bon choix.

( 1005258 )
Je comprends mieux par Sopotec (2026-08-25 07:46:36)
[en réponse à 1005248]
Et je ne peux que souscrire à votre affirmation suivante :
"Matériellement il serait presque plus facile d’entrer en résistance qu’à l’époque des pionniers, car on ne part pas de zéro, ce qui risque de faire défaut c’est la motivation et l’état d’esprit… les communautés ED se sont beaucoup embourgeoisées et ramollies, il faut l’avouer. Et le bourgeois n’aime pas être en froid avec les autorités, ça compromet ses dîners en ville. "
Personnellement je suis un fidèle de la Fraternité Saint Pie X. Je la soutiens justement car je considère que c'est l’œuvre la plus pérenne et qu'elle a saisi que le problème de fond dépassait le seul point de la messe traditionnelle.
Mes doutes ne venaient donc pas de la radicalité de nos adversaires romains : il semble que je sois actuellement excommunié, encore que cette excommunication semble plus médiatique qu'autre chose pour le moment :).
La ou j'ai des doutes, c'est sur la capacité des supérieurs des différents instituts à faire le choix d'aller demander des ordinations à la Fraternité Saint Pie X. Tout cela me parait très hypothétique.

( 1005280 )
Oui vous avez raison par Chouan (2026-08-25 12:32:22)
[en réponse à 1005258]
J'ai ouvert ce fil en poussant jusqu'aux extrêmes conséquences les dispositions de TC. Pas par goût de la dystopie mais parce qu'il y a eu dans le passé le cas historique de Mgr Lefebvre qui était le DERNIER sur plus de 4000 évêques à ordonner pour le rite traditionnel.
Donc ce cas n'est pas qu'hypothétique. La FSSPX s'étant prémuni c'est évidemment les instituts ex ED qui sont menacés.
Je vous suis quand vous écrivez : "La ou j'ai des doutes, c'est sur la capacité des supérieurs des différents instituts à faire le choix d'aller demander des ordinations à la Fraternité Saint Pie X. Tout cela me parait très hypothétique."
En l'état actuel des choses bien évidemment. Mais la situation peut basculer brutalement comme cela fut le cas avec Paul VI. Et je ne doute pas que certains (pas tous) ne se laisseront tondre la laine sur le dos (ou égorger) sans réagir.

( 1005207 )
Merci Chouan par Signo (2026-08-24 16:36:18)
[en réponse à 1005161]
Vous êtes quasiment le seul ici avec Luc Perrin à avoir les pieds sur terre et à poser de manière réaliste les éléments du problème insoluble auxquels nous sommes confrontés.
Ceux qui souhaitent maquiller leur anesthésie morale et spirituelle sous un faux discours de fausse piété (« il faut faire confiance à l’Eglise » comme si nous n’étions pas membres de l’Eglise, « il faut s’abandonner à Providence qui pourvoira » comme si la Providence ne passait jamais par des médiations humaines, « agir soi-même c’est manquer d’espérance » etc) feraient bien de méditer cette petite
parabole.
Il est pourtant clair que pour les dirigeants actuels de l’Eglise le rite traditionnel a vocation à disparaître et qu’il n’y aura pas de retour à SP.
Il n’y a pas besoin que la succession apostolique et des sacrements valides risquent de disparaître pour créer un état de nécessité. La disparition programmée d’un rite traditionnel est largement suffisante, à partir du moment où l’on admet que ce rite nourrit la vie intérieure de centaines de milliers de fidèles aujourd’hui et que sa disparition rendrait impossible toute correction sérieuse ultérieure des invraisemblables déficiences du nouveau rite.
Nous sommes tellement habitués dans notre monde occidental à ce que l’autorité se permette de refondre la liturgie que nous avons perdu tout bon sens à ce sujet. Aucune Église apostolique n’aurait accepté que l’on jette à la poubelle son rite traditionnel pour le remplacer par un rite fabriqué. En dehors du monde occidental et de sa papolâtrie pathologique ça n’existe pas. Il faut vraiment se décentrer et se replacer à l’échelle de l’ensemble du monde chrétien apostolique pour réaliser à quel point nous sommes, nous occidentaux, devenus complètement fous…

( 1005241 )
C'est moi qui vous remercie Signo par Chouan (2026-08-24 21:50:50)
[en réponse à 1005207]
Car, par la qualité de vos interventions, vous avez grandement contribué à clarifier mes propres positions sur des sujets que je maîtrise moins bien que vous...

( 1005252 )
Vouas avez totalement raison sur ce point du décentrage par Chouan (2026-08-24 23:45:30)
[en réponse à 1005207]
Nous sommes tellement habitués dans notre monde occidental à ce que l’autorité se permette de refondre la liturgie que nous avons perdu tout bon sens à ce sujet. Aucune Église apostolique n’aurait accepté que l’on jette à la poubelle son rite traditionnel pour le remplacer par un rite fabriqué. En dehors du monde occidental et de sa papolâtrie pathologique ça n’existe pas. Il faut vraiment se décentrer et se replacer à l’échelle de l’ensemble du monde chrétien apostolique pour réaliser à quel point nous sommes, nous occidentaux, devenus complètement fous…
Pour avoir eu la grâce de rencontrer des capucins coptes en Égypte il y a quelques années, ils n'avaient pas changer un iota de leur liturgie millénaire. Et chose très émouvante, ils fabriquaient des chapelets avec du modeste papier journal transformé en boulettes puis en grains. Quel exemple !