Ci-après la traduction d’un article paru le 17 août 2026 sur
Lifesitenews sous le titre
Latin Mass suppression left this monastery to face ‘sacramental euthanasia’
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Dom Alcuin Reid, prieur fondateur d'un monastère bénédictin traditionnel, a qualifié les restrictions imposées à la messe en latin d'œuvre d'« extrémistes bornés de Vatican I ».
Un monastère bénédictin français a révélé que les restrictions imposées par le pape François sur la messe traditionnelle en latin l'ont privé des ordinations nécessaires à la poursuite de sa vie sacramentelle.
Le 16 août, Ad Vaticanum a publié un entretien avec Dom Alcuin Reid, prieur fondateur du monastère Saint-Benoît en Provence. Mgr Reid y décrit comment les restrictions imposées en 2021 par le pape François à la messe traditionnelle en latin ont affecté sa communauté, précisant que le monastère a finalement accepté des ordinations d'un autre évêque catholique après le blocage des siennes.
« Nous serions un monastère en train de se vider de son sang, et nous ne pouvons tout simplement pas l'accepter », a déclaré Reid, expliquant pourquoi la communauté a continué à vivre sa vie liturgique traditionnelle malgré les restrictions.
Reid a expliqué que
Traditionis Custodes, ainsi que ce qu'il a décrit comme la « persécution continue » de l'évêque fondateur du monastère, Dominique Rey, empêchaient les ordinations dont la communauté avait besoin. Le monastère célèbre les ordinations selon les rites anciens, y compris les ordres mineurs, et il a déclaré que la situation qui en résultait exposait la communauté à « la menace d'une euthanasie sacramentelle ».
« Un monastère sans messe – le cœur même de notre vie – n'est pas un monastère vivant », a ajouté Reid.
Après « prière et consultation », le monastère a donc décidé de recevoir les ordinations d'un autre évêque catholique, selon Reid. Il a reconnu que cette décision avait des « conséquences canoniques », mais a déclaré que la communauté considérait qu'il était préférable de préserver sa vie sacramentelle plutôt que de la laisser mourir involontairement. Il a ajouté que le monastère travaillait avec les autorités compétentes pour régulariser sa situation.
Interrogé sur la possibilité que le pape Léon XIV lève un jour les restrictions imposées par
Traditionis Custodes, Reid a déclaré ne pouvoir prédire « comment, quand ni même si » le pape agirait. Il a toutefois ajouté prier quotidiennement pour le pape et espérer qu’il trouverait une solution à ce qu’il a qualifié de « plaie ouverte dans la vie liturgique de l’Église », héritée de son prédécesseur.
Rappelant la récente déclaration du cardinal Robert Sarah, selon laquelle le
motu proprio du pape François « doit désormais être tout simplement mis de côté », Reid a également qualifié
Traditionis Custodes de « l’une des dernières tentatives désespérées et embarrassantes d’une génération d’extrémistes étroits d’esprit issus de Vatican II ».
Reid a souligné la déclaration antérieure du pape Benoît XVI, selon laquelle ce que les générations précédentes considéraient comme sacré « reste sacré et grand pour nous aussi », ajoutant que Benoît XVI affirmait que l’Église devait préserver les « richesses » développées dans sa foi et sa prière et « leur accorder la place qui leur revient ».
Il a également reconnu que de nombreux catholiques attendaient des mesures concrètes du pape Léon XIV et que ce retard avait conduit certains à critiquer le nouveau pontificat.
Évoquant la réforme liturgique post-conciliaire, Reid a soutenu qu'elle allait bien au-delà des préceptes de
Sacrosanctum Concilium, un point désormais solidement établi par la recherche, selon lui. Tout en réaffirmant les principes authentiques du Concile, il insiste sur le fait que ceux-ci n'ont jamais été correctement mis en œuvre, car le clergé et les fidèles n'avaient pas été préalablement formés à l'esprit de la liturgie, comme l'exigeait le Concile.
La volonté d'innover à tout prix a engendré une rupture entre les intentions du Concile et les réformes adoptées, fragilisant les fondements mêmes des rites modernes. Reid note que les tentatives d'enrichir le
Novus Ordo d'éléments plus traditionnels sont positives, « mais elles ne résolvent pas le problème fondamental », notamment face à la résistance officielle à toute « réforme de la réforme » et à l'affirmation que le rite moderne est la seule forme du rite romain.
Ironiquement, a-t-il ajouté, les principes mêmes de
Sacrosanctum Concilium se réalisent le plus pleinement dans les célébrations de l'ancienne liturgie non réformée, où les fidèles participent profondément et de manière fructueuse, soulevant la question inconfortable de savoir si le changement structurel « massif et disproportionné » apporté à la liturgie après le Concile était vraiment nécessaire.
Au sein même du monastère, explique Reid, la pratique liturgique est restée inchangée. La communauté continue de célébrer intégralement les anciens rites, ce qu'il décrit comme sa raison d'être. Chaque jour, les moines chantent les huit heures traditionnelles de l'Office divin, y compris Prime, et célèbrent la messe conventuelle selon les anciens usages romains et monastiques. La communauté observe également les Quatre Temps et les Rogations, vénère publiquement ses reliques les jours de fête des saints et célèbre la Semaine sainte selon les rites d'avant 1955.
Le monastère fut parmi les premiers à recevoir l'autorisation du Saint‑Siège d'utiliser ces anciens rites de la Semaine sainte. Ses jeunes moines ont également décidé, il y a quelques années, de rétablir le chant des Matines sur des mélodies grégoriennes plutôt que de les réciter sur un ton monotone.
Le monastère fut fondé à l'invitation de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus‑Toulon. Après avoir initialement opéré depuis un presbytère diocésain, la communauté a acquis sa propriété actuelle en 2020 : un domaine de plus de 32 hectares situé près de Brignoles, abritant une église romane du Xᵉ siècle. Selon Reid, les moines collaborent avec les autorités à la « restauration, la préservation et l’agrandissement » de ce site historique.
La communauté suit la Règle de saint Benoît qui enjoint de « ne rien mettre avant l’œuvre de Dieu » et applique à son culte les paroles de saint Thomas d’Aquin :
quantum potes, tantum aude (« ose faire autant que tu peux »).