Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=1004302
images/icones/tele.gif  ( 1004302 )La Bataille de Gaulle par Le Chambarand (2026-08-10 20:10:30) 

Que pensez-vous du film (pour ceux qui l'ont vu) ?

Le sujet n'est certes pas lié au forum, mais après tout c'est l'été, on peut aussi parler divertissements.

Personnellement j'ai trouvé intéressant Kassovitz en Darlan, et j'ai été ému par les reconstitutions des batailles de Bir Hakeim et de Ksar Ghilane.

J'ai trouvé en revanche plus léger le traitement de certains épisodes, comme le débarquement, ou de certains personnages, principalement Pétain (le grand absent de l'histoire globalement).

Le but n'est pas de relancer l'éternel débat sur le gaullisme, même si je ne me fais guère d'illusion...
 ( 1004309 )Un film sur 2026 par Roger (2026-08-10 21:52:40) 
[en réponse à 1004302]

Ce film prend de grandes libertés avec l’Histoire. Petain est absent - comme Staline, l’URSS et les FTP(je ne suis pas communiste)

L’amiral d’Argenlieu est présenté positivement même si la scène de De Gaulle au confessionnal est peu crédible

Le secrétaire homosexuel de Moulin a disparu (remplacé par une femme juive!)

La secrétaire (catholique)du général est remplacé par un polonais

Et les Américains n’ont pas le beau rôle !
Tandis que l’empire colonial est très présent (de Félix Eboué au monument aux morts d’Alger!)

Bref les polémiques des années 60 sont oubliées et l’esprit 2026 est bien présent car désormais les usa sont méchants - comme les Russes !
images/icones/carnet.gif  ( 1004379 )Certes par Le Chambarand (2026-08-11 19:48:43) 
[en réponse à 1004309]

Des personnages secondaires ont été modifiés pour les besoins du scénario, mais ça n'est pas très gênant.

Les soviétiques ne sont pas montrés parce qu'ils ne sont pas présents dans les différents théâtres d'opérations des FFL. Par ailleurs, leur cobelligérance avec les anglo-américains est davantage la conséquence d'avoir un ennemi en commun qu'une véritable alliance, comme le montrera la guerre froide sitôt la guerre finie. On pourrait presque faire la comparaison entre l'Allemagne et le Japon.

Les Américains n'ont pas le beau rôle comme vous dites, mais ça correspond à la réalité. De fait, ils ont été très hostiles à de Gaulle et avaient la volonté claire de traiter la France comme un pays conquis et de le satelliser complètement.

Vous remarquez aussi l'importance de l'Empire dans le film, mais là encore, rien de bien surprenant. La France libre s'est principalement incarnée dans les colonies avant le débarquement.

Quant à la remarque sur 2026, j'avoue ne pas bien la saisir, car les États-Unis n'ont pas quitté l'OTAN, que je sache, et soutiennent (plus ou moins selon les caprices de l'homme à la mèche blonde) l'Ukraine contre la Russie.
images/icones/iphone.jpg  ( 1004312 )Très belle fresque par Signo (2026-08-10 22:03:54) 
[en réponse à 1004302]

Qui porte autant sur la personnalité du Général (y compris certains aspects déplaisants qui ne sont pas occultés) que sur la magnifique épopée de la France Libre, cette poignée d’hommes qui ont eu le courage de désobéir à une autorité en faillite et qui ont littéralement reconstruit la France avec leurs mains nues. La tragédie des luttes fratricides entre français, la perfidie ambivalente mêlée d’admiration des Anglais, le drame de Mers-El-Kébir, et l’hostilité constante des Américains apparaissent clairement.

Le fervent gaulliste que je suis a vu dans cette aventure gaullienne (certes romancée par rapport à la réalité historique, ça reste un film) un parallèle avec l’œuvre de résistance de Mgr Lefebvre dans l’Eglise: d’abord seul contre tous, puis rejoint par une petite troupe d’irréductibles, un homme se lève pour oser une parole prophétique, s’opposer à l’auto-démantèlement d’une institution et finalement changer le cours de l’histoire.

Je recommande! C’est un très bon film français qui fera date.
images/icones/carnet.gif  ( 1004318 )Bon film par Germanicus (2026-08-10 22:46:13) 
[en réponse à 1004312]

Qui change des navets habituellement proposés.
Peu importe que certains détails ne soient pas exacts...cela reste du particulier.
images/icones/1e.gif  ( 1004333 )Mgr Lefebvre était par Halbie (2026-08-11 10:51:58) 
[en réponse à 1004312]

Plutôt pétainiste.
images/icones/1w.gif  ( 1004336 )Pardonnez moi d'être un peu abrupt Halbie par Chouan (2026-08-11 11:41:45) 
[en réponse à 1004333]

Mais en tant qu'historien des mentalités de la période 1940-1944 (ma dernière publication en Sorbonne remonte à 2020), la catégorie générique de "pétainiste" ne correspond pas à grand chose au niveau historique. Il y a eu les "maréchalistes" attachés au vainqueur de Verdun et soulagés par sa prise de pouvoir après la Débâcle de Juin 1940. Il y a eu des "vichystes", mais là encore il y eut au moins 3 périodes à Vichy (dont celle décisive de 1942 consécutive au Débarquement allié en Afrique du Nord) donc cette appellation de "vichyste" appelle de nombreuses précisions.
Par ailleurs je ne cesse de m'élever contre l'amalgame grossier fait entre la Collaboration parisienne et Vichy. La Collaboration parisienne vomissait et le Maréchal et Vichy.
images/icones/fleche3.gif  ( 1004340 )Le terme est effectivement galvaudé... par Pétrarque (2026-08-11 12:19:19) 
[en réponse à 1004336]

...jusques et y compris, me semble-t-il, par des auteurs faisant profession de références vivantes, tel Laurent Joly, qui, dans son récent Le savoir des victimes que je viens de terminer, le distribue généreusement.
images/icones/carnet.gif  ( 1004344 )Laurent Joly par Chouan (2026-08-11 13:14:11) 
[en réponse à 1004340]

est effectivement une sommité dans son domaine mais il commet à mon humble avis deux péchés d'historien : l'anachronisme et la volonté d'imposer une thèse (par idéologie).
Je vous en donne un (petit) exemple qu'il occulte (ou par ignorance et/ou par biais idéologique) : les maquis du Vercors et des Glières (les seuls que j'ai étudiés) ont été formés intellectuellement et politiquement (en vue de la France post Libération) par des équipes mouvantes d'anciens de l'Ecole des cadres d'Uriage, créée par le régime de Vichy en vue de former ses hauts fonctionnaires. Elle a été dirigée par Pierre Dunoyer de Segonzac et le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'était pas hostile à la Révolution Nationale (jusqu'à sa fermeture en 1943 par Pierre Laval, suite au désaccord croissant avec la collaboration franco-allemande). Ces cadres ont été ensuite intégrés dans la Résistance. Vous pourriez m'objecter que ces cadres en devenant résistants ont peut-être changé d'idéologie politique...Pas vraiment si l'on s'en réfère à leur dernière publication en 1945 ! (qui se paie le luxe, de surcroît de trouver quelques vertus à l'Allemagne hitlérienne !, le nazisme étant bien évidemment aux antipodes de leurs idées).
Tout ça pour dire que le manichéisme n'est pas de mise lorsque l'on traite de cette période...
images/icones/bravo.gif  ( 1004384 )Eh bien... par Pétrarque (2026-08-11 20:12:34) 
[en réponse à 1004344]

...voilà un message auquel je souscris en tous points.

Rien de plus urticant que le manichéisme en Histoire.
images/icones/carnet.gif  ( 1004347 )Je sais par Halbie (2026-08-11 14:06:46) 
[en réponse à 1004336]

Et ce n'était pas un jugement de valeur de ma part. Quelques citations :

"Missionnaire au Gabon, les contacts avec les autorités civiles étaient évidemment plus fréquents que comme vicaire au Marais-de-Lomme dans le diocèse de Lille. Ce temps de mission fut marqué par l’invasion gaulliste ; nous avons pu constater la victoire de la Maçonnerie contre l’ordre catholique de Pétain. C’était l’invasion des Barbares, sans foi ni loi !"


"Réunis autour de votre dépouille mortelle, persuadés que l’ignoble traitement que vous avez subi dans ce lieu de déportation vous a valu, grâce à la miséricorde de Dieu et à votre esprit de foi, d’être en possession du bonheur éternel, nous tenons par notre pèlerinage en ces lieux, à vous rendre hommage, à vous qui avez deux fois sauvé la France, et qui non seulement l’avez sauvée, mais l’avez restaurée spirituellement et moralement, en lui faisant retrouver ses fortes traditions de foi, de travail et d’amour de la famille.

C’est pourquoi, persuadés que vous pouvez désormais intercéder pour nous auprès de Dieu, avec tous les saints et saintes de la patrie, nous vous supplions de venir au secours de la France, que vous avez si bien servie, pour qu’elle retrouve l’esprit dont vous l’avez animée au temps de la grande épreuve.

Quant à nous, il nous incombe de restaurer votre mémoire et de vous rendre l’honneur et la considération qui vous sont dus comme sauveur de la Patrie, dans deux circonstances où son sort était désespéré. Vous avez alors fait preuve d’une vertu et d’un héroïsme exceptionnels qui auraient dû vous valoir le titre de Père de la Patrie.

Nous vous promettons de tout faire pour que justice vous soit rendue et nous continuerons de prier les saints et saintes de France à cette intention. Vive le Maréchal Pétain ! Vive la France !"
images/icones/fleche2.gif  ( 1004352 )Très intéressant ! par Chouan (2026-08-11 14:25:46) 
[en réponse à 1004347]

je vous remercie Halbie !
images/icones/find.gif  ( 1004356 )Ce qu'il faut comprendre par Jean-Paul PARFU (2026-08-11 15:00:44) 
[en réponse à 1004352]

C'est que le général de Gaulle faisait d'abord la guerre à Vichy et à ses concurrents éventuels : Darlan, Giraud, etc ...

En 1940, il a fait attaquer le Gabon tenu par le régime de Vichy. Parmi les forces attaquées, un prêtre nommé Marcel Lefebvre. Ce dernier était en effet encore mobilisable et avait été affecté comme aumônier à la 1ère compagnie du bataillon de tirailleurs du Gabon.

Après la guerre, Léon Blum a déclaré que ce qu'on reprochait au Maréchal Pétain, ce n'était pas la collaboration, mais la Contre-Révolution. Son péché était d'avoir voulu en finir avec la République, la Franc-maçonnerie, etc..

Mais de Gaulle a fondé sa légitimité sur l'illégitimité de celle du Maréchal Pétain. Il a donc expliqué que ceux qui avaient signé l'Armistice étaient des traîtres, alors qu'on ne pouvait pas faire autrement et alors même que c'était la meilleure solution, ce qu'il avouera plus tard à Alain Peyrefitte ("C'était de Gaulle").

De Gaulle a expliqué qu'il avait sauvé la France, alors que sans lui, ça n'aurait rien changé ou presque. Les Américains ne pouvaient pas le supporter. Il n'a pas été prévenu du Débarquement en Normandie.

Ce que nous pouvons reprocher à de Gaulle, c'est d'avoir affirmé que ceux qui avaient signé l'Armistice, le 22 juin 1940, et pour justifier sa position, étaient des traîtres. C'est lui qui a lancé ce venin de la guerre civile dans notre pays et totalement détruit, jusqu'à aujourd'hui, la Droite française ;

Ce que nous reprochons à de Gaulle, c'est de s'être allié aux communistes, d'avoir réintégré la Franc-Maçonnerie dans la vie politique française, d'avoir en un mot, remis en selle "La République".

Ce que nous reprochons à de Gaulle, c'est d'avoir donné l'Algérie française au FLN, trahi la population européenne d'Algérie et livré les Harkis aux mains des égorgeurs. C'est son gouvernement qui a signé en décembre 1968 les accords désastreux qui nous lient encore à ce pays.
images/icones/bravo.gif  ( 1004358 )Un point capital par Chouan (2026-08-11 15:09:16) 
[en réponse à 1004356]

sur lequel je vous suis (entre autres) : la nécessité ABSOLUE de l'armistice. La France s'est retrouvée dans un tel état que n'importe quelle personne de sensée (qui a vécu cette période) ne peut prétendre le contraire. D'autant plus que les conditions de l'armistice étaient plutôt favorables et ont fini par piéger les Allemands (ce qu'ils ont reconnu eux-mêmes).
 ( 1004361 )Quel est ce nous? par Roger (2026-08-11 15:41:49) 
[en réponse à 1004356]

Vous employez à plusieurs reprises le pronom « nous »!
Mais qui pouvez-vous donc designer ainsi ?
images/icones/carnet.gif  ( 1004362 )Un exemple de captation gaulliste indue : Tom Morel "le héros des Glières" par Chouan (2026-08-11 15:42:23) 
[en réponse à 1004356]

En faisant mes recherches dans les archives et à ma grande stupéfaction, car cela allait contre la vulgate de l'Association des Glières (et même malheureusement de sa veuve), Tom Morel n'a jamais été gaulliste ! Bien au contraire, il écrivait quatre mois avant sa mort à un camarade prisonnier en Allemagne, qu'il se "méfiait" de De Gaulle qui risquait de compromettre l’œuvre bénéfique de la Révolution Nationale et qu'il accordait plutôt sa confiance au général Giraud. Cela ne plait pas pas à tout le monde (en particulier à Sarkozy qui a essayé de s'approprier les Glières) mais les faits sont les faits.
J'ajoute dans mon Mémoire (que je tiens à la disposition de tous les liseurs intéressés) que la majorité de ses cadres militaires partageaient cet avis. Certes, il intégra des républicains espagnols valeureux (comme Leclerc le fit) mais à ma connaissance ce n'était pas des staliniens mais plutôt des anarchistes heureux de se battre contre les Allemands...
images/icones/fleche3.gif  ( 1004386 )De Gaulle avait un talent suprême entre tous... par Pétrarque (2026-08-11 20:29:13) 
[en réponse à 1004362]

...celui de susciter la détestation.

Il est assez symptomatique que tous les officiers ou presque ayant eu à servir sous ses ordres avant la guerre aient refusé de le suivre en juin 1940.

Une bonne partie de la Résistance s'est faite sans lui, en particulier dans les milieux militaires. Le général Frère, mort en déportation pour faits de résistance, avait même siégé dans le tribunal militaire qui a condamné De Gaulle à mort par contumace.

Quant à l'Algérie, un ancien officier supérieur ayant été proche de De Lattre m'a dit un jour : "S'il avait vécu, jamais De Gaulle ne serait revenu au pouvoir en 58."

Bref, De Gaulle fut un fin politique, machiavélique et rancunier à souhait, mais plutôt un militaire moyen, voire médiocre.

Je n'admire chez lui que sa politique d'indépendance nationale lorsqu'il fut président de la République, et qu'il osa tenir tête aux Américains et aux Anglais.


Mais de là à être gaulliste...

- Alors, Massu ? Toujours aussi con ?

- Toujours gaulliste, Mon général !
images/icones/iphone.jpg  ( 1004390 )De Gaulle haïssable par Signo (2026-08-11 21:17:29) 
[en réponse à 1004386]

Comme tous les Grands hommes. Turenne, Rommel, Napoléon, Churchill étaient également haïs.

Les grands hommes gentils, ça n’existe pas.

De Gaulle a sauvé la France deux fois, pendant la guerre et en 1958. Honte à Vichy, honte éternelle, non à cause de l’armistice mais à cause l’avilissement de la collaboration avec Allemagne. De Gaulle et les Français libres, ainsi que la Résistance qui effectivement s’est constituée sans lui, mais qu’il a fédérée politiquement, ont (presque) réussi à laver l’honneur.

Sans de Gaulle JAMAIS la France n’aurait pu être à la table des vainqueurs en 1945. Ça c’est une certitude.

En 1958 il l’a sauvée une deuxième fois du marécage de la IVe.

Et puis il y a eu la lourde faute de l’Algérie, donnée au FLN, et l’abandon des Harkis. Une politique trahi et une faute grave dont nous payons encore les conséquences aujourd’hui.

Il n’en reste pas moins que vous ne trouverez pas de grand homme sans erreur ni sans faute. Vouloir ne voir que le côté négatif c’est déformer la réalité. Sans de Gaulle la France n’existerait plus aujourd’hui.
images/icones/fleur.gif  ( 1004395 )Signo par Chouan (2026-08-11 21:56:40) 
[en réponse à 1004390]

Vous savez que je suis généralement d'accord avec vous sur vos appréciations en matière religieuse (que vous énoncez fort bien, mieux que moi en tout cas).
En dépit des apparences peut-être, je ne suis pas un antigaulliste forcené et je souscris en grande partie à ce que vous énoncez sur De Gaulle. Et j'avoue que Denis Tillinac, dans ses évocations flamboyantes et épiques le soir à Odéon devant un verre (ou deux...) a su me faire vibrer à la geste gaullienne...
Au-delà, en tant qu'historien de la 2eGM j'essaie d'être nuancé et je prends en compte toutes les sources, leurs informations dûssent-elles déplaire...
images/icones/carnet.gif  ( 1004399 )L'Algérie par Candidus (2026-08-11 22:16:59) 
[en réponse à 1004390]

J'ai longtemps partagé votre point de vue sur De Gaulle et l'Algérie, puis en vieillissant et en considérant la dynamique islamique, la situation démographique de la France, et la crise de l'Eglise qui en 1962 était sur le point d'éclater, j'en suis venu à la conclusion que l'abandon de l'Algérie était devenu inévitable voire souhaitable.

L'erreur originelle a été commise par la Monarchie de Juillet et tous les régimes qui ont suivi et se sont opposés à l'évangélisation de l'Algérie à une époque où la France possédait les ressources spirituelles pour le faire. Il aurait fallu commencer par évangéliser les Kabyles, descendants de la chrétienté nord-africaine, puis les Arabes auraient fini pas suivre.

Si l'Algérie était restée française, la France serait devenue inévitablement algérienne, bien plus qu'elle ne l'est aujourd'hui, nous aurions un président de la République algérien et une législation basée sur la Sharia.
images/icones/carnet.gif  ( 1004407 )Quant à Vichy par Chouan (2026-08-11 22:42:13) 
[en réponse à 1004390]

La mésentente dans "nos milieux" vient souvent de la confusion de deux réalités différentes (mais qui se sont téléscopées dans les faits) :
-La Révolution Nationale qui succédait à une 3e République qui était honnie par quasiment tout le monde ( en particulier les catholiques pour les raisons que l'on connait)
- la Collaboration avec l'Allemagne nazie , de plus en plus marquée avec le temps

Quoiqu'il en soit, de toute façon, comme l'a reconnu un jour (je crois que c'était François Brigneau) : "il était impossible et illusoire de faire une Révolution Nationale dans un pays occupé et sous la botte de l'ennemi"
images/icones/bravo.gif  ( 1004409 )cf. le Père Gaston Fessard par Luc Perrin (2026-08-11 22:59:09) 
[en réponse à 1004407]

avec ses écrits clandestins "Au temps du prince esclave".
Sur la détestation de de Gaulle au caractère abrupt, je la conçois, sans parler de la vision affective largement irrationnelle politiquement mais charnelle des tenants "Algérie française".

C'est à équilibrer par l'admiration massive pendant la Guerre des Français, le ralliement qui s'est fait non autour d'un Darlan ou de l'ectoplasme Giraud mais bien du "Général" de brigade à titre temporaire et au-delà de la France, une aura en Asie, Amérique latine, Afrique à une époque où la France existait encore non comme un canton soumis d'un empire américain en perdition.

A aucun moment de Gaulle, même au plus bas en 1969, n'a été aussi peu considéré que la classe politique française et européenne actuelle.
Quant à M. Trump, il est autour de 32-35% de soutien ... lui aussi au tréfonds pour un président américain.

Bref la détestation de certains a été réelle et elle demeure dans une frange mais ce n'est clairement pas le sentiment dominant ni en France ni dans le monde.
images/icones/carnet.gif  ( 1004410 )C'est clair par N.M. (2026-08-11 22:59:16) 
[en réponse à 1004407]

Il était en effet illusoire d'opérer une révolution nationale sous la botte de l'Occupant. Ramener l'Ordre moral ou réaliser la "réforme intellectuelle et morale" sous la botte allemande et nationale-socialiste, c'était le plus sûr moyen de la rendre notamment haïssable par le plus grand nombre de Français.

Pour ce qui est de la politique de collaboration, je veux dire celle de Vichy, qu'on le veuille ou non, elle était inscrite dans la logique même de l'armistice et devait conduire le Maréchal là où, au départ, il ne voulait pas aller. Nous n'avions plus en face de nous le noble empereur Guillaume Ier de 1871, ni même Bismarck, mais le Führer-chancelier Hitler. L'armistice était sans doute inévitable et sans doute nécessaire, mais il était à double tranchant. De la même façon que le régime de Vichy a bien servi de bouclier, mais, par la force des choses, de bouclier de plus en plus troué.

Sans la France libre et la Résistance intérieure, la France aurait été libérée au même moment - l'été 1944 - par les mêmes Alliés et avec le même concours d'une armée d'Afrique guidée par des chefs répétant "Je ne fais pas de politique", mais la France n'aurait pas siégé parmi les vainqueurs et aurait disparu définitivement de la cour des grands. Il fallait donc à la France cette épée-là.
images/icones/fleche2.gif  ( 1004414 )Les grands hommes, cela existe-t-il ? par Pétrarque (2026-08-12 08:39:56) 
[en réponse à 1004390]

La passion n'a guère sa place dans l'analyse historique, et souligner les petitesses d'une idole n'est pas ne voir que le côté négatif.

La notion de sauvetage de la France est relative, et, de sauveur, il n'y en a de toute façon qu'Un...

De Gaulle a joué un rôle éminent dans l'histoire contemporaine de la France, personne ne peut nier cela.

La France s'est certes retrouvée à la table des vainqueurs grâce à lui, mais l'attitude qu'il a adoptée pendant la guerre vis-à-vis des Français qui ne le suivaient pas est pour le moins discutable.

Quant aux harkis, on se situe indiscutablement dans le registre de l'infâmie.

Aucun grand homme ne mérite d'adhésion inconditionnelle.
images/icones/carnet.gif  ( 1004393 )Puisque vous aimez les verbatim par Chouan (2026-08-11 21:44:26) 
[en réponse à 1004386]

sur De Gaulle je vais vous en donner 2 :
- vous parlez de de Lattre. Ce n'est un secret pour personne que de Lattre ne l'aimait pas au point de le surnommer "le Grand Con"
- oui les militaires n'aimaient pas De Gaulle. Mon arrière-grand père qui l'avait cotoyé à l'Ecole de Guerre le trouvait fort désagréable et méprisant et l'avait surnommé "le débile vaniteux" (j'ajoute que mon arrière-grand père était médecin militaire et qu'il voyait en lui un "cas clinique").

Cela étant, n'étant pas manichéen, je suis d'accord pour dire qu'il a aussi rendu de grands services à la France
images/icones/fleche3.gif  ( 1004396 )Vieilles rancoeurs par N.M. (2026-08-11 22:05:45) 
[en réponse à 1004393]

Personnellement, je n'ai jamais compris cette obstination des antigaullistes de droite à dénigrer éhontément l'objet de leur détestation : si leur adversaire était aussi "con" qu'ils l'assurent, il faut croire qu'ils étaient encore plus "cons" que celui qui, politiquement, n'a fait d'eux qu'une bouchée.

Mon grand-père maternel, qui était dans l'armée d'armistice, a été témoin de l'arrestation de De Lattre par la gendarmerie de Vichy en novembre 1942... Ce n'est pas l'une des pages les plus glorieuses de notre histoire... Mon grand-père avait 21 ans. Il rejoignit plus tard l'Armée secrète et finit la guerre dans la 2e DB.

images/icones/bravo.gif  ( 1004402 )Gloire à lui ! par Chouan (2026-08-11 22:24:24) 
[en réponse à 1004396]

L'AS fut une organisation remarquablement efficace et trop méconnue dans l'historiographie de la Résistance.
Quant à la 2e DB depuis le serment de Koufra quelle épopée !
Leclerc fut un personnage admirable sur tous les plans (dont le plan religieux). La seule tâche sur sa mémoire, de mon humble point de vue, fut l'exécution "expéditive" de jeunes Français de la Division Charlemagne...
images/icones/fleche3.gif  ( 1004405 )Bad Reichenhall par N.M. (2026-08-11 22:40:01) 
[en réponse à 1004402]

Oui, l'affaire de Bad Reichenhall n'est pas à verser au crédit de Leclerc. Il faut bien reconnaître que nos modernes chevaliers pouvaient être passablement sectaires.

Mais il y eut bien pire, en ce temps-là, de l'autre côté du Rhin. Les événements de Freudenstadt ne sont pas particulièrement glorieux dans l'histoire de l'armée d'Afrique...
images/icones/1e.gif  ( 1004365 )Rappelons aussi par Halbie (2026-08-11 16:13:06) 
[en réponse à 1004347]

Que le Père Garrigou-Lagrange affirmait que la dissidence gaulliste était un péché.
images/icones/iphone.jpg  ( 1004391 )Comme quoi par Signo (2026-08-11 21:18:22) 
[en réponse à 1004365]

Personne n’est à l’abri de dire une ânerie, même grand théologien!
images/icones/fleche3.gif  ( 1004385 )A nuancer par N.M. (2026-08-11 20:23:36) 
[en réponse à 1004336]

Permettez-moi de revenir sur votre propos :


"La Collaboration parisienne vomissait et le Maréchal et Vichy."



La chose est avérée, me semble-t-il, au sujet du RNP de Déat. Dans L’Œuvre, Marcel Déat se déchaînait en effet contre les "réactionnaires" et les "cléricaux" de Vichy (la conversion de Déat n'était pas encore à l'ordre du jour !).

En revanche, il me semble que Doriot et le PPF entretenaient une attitude plus ambigüe. Jacques Doriot n'a-t-il pas signé un livre intitulé Je suis un homme du Maréchal ? Du côté du tribun de Saint-Denis, la figure du Maréchal était officiellement respectée. Ce qui ne veut pas dire que le PPF soutenait purement et simplement la politique de Vichy dans tous les domaines.

Par ailleurs, s'il est très exact qu'il ne faut pas confondre Vichy et la Collaboration parisienne, il n'en est pas moins vrai qu'il existait des passerelles.

Fernand de Brinon, figure de la Collaboration dès avant la guerre - via le comité France-Allemagne -, fut le très officiel délégué général du gouvernement (de Vichy) dans les territoires occupés et servit constamment d'interface entre Vichy et la Collaboration parisienne.

Jacques Benoist-Méchin fut secrétaire d’État dans les gouvernements Darlan (1941-1942) et Laval (1942), au sein desquels il incarna une ligne collaborationniste très avancée, largement aussi avancée que celle de Doriot, de Déat ou de l'équipe de Je suis partout. Une ligne en rupture avec la partie anti-allemande du personnel de Vichy, mais en phase avec l'action de l'amiral Darlan au moment des protocoles de Paris (Darlan évoluera par la suite), puis en contradiction avec la Collaboration de maquignon conduite par Pierre Laval. La lecture de Benoist-Méchin - De la défaite au désastre - est d'un puissant intérêt et nous fait saisir de l'intérieur la complexité de Vichy, qui ne peut être réduit ni à la Collaboration pure et dure, ni aux vichysto-résistants. Je ne parle même pas des thèses de Louis-Dominique Girard destinées à accréditer un dédouanement général... et qui ne résistent pas à pareil témoignage.

Autre personnalité : l'amiral Platon, admirable dans la défense de Dunkerque, ministre de septembre 1940 à mars 1943, et qui fut lui aussi à Vichy le partisan d'une Collaboration très avancée, au point d'entrer lui aussi en conflit avec Laval et de participer, en juillet 1944, à une tentative de renversement de ce dernier de conserve avec Benoist-Méchin et le gratin de la Collaboration parisienne (Brinon, Déat, Luchaire).

Il faudrait tout de même également évoquer Joseph Darnand, qui au départ n'a aucun lien avec la Collaboration parisienne et se trouve être originellement anti-allemand. Lui croyait ardemment dans la Révolution nationale ("Ce ne sont que des mots", ironisait Pierre Laval), au point de constituer au sein de la très conformiste Légion française des combattants le flamboyant Service d'ordre légionnaire qui devait finir comme on le sait, en passant en 1943-1944 par la case Vichy, en force supplétive de l'Occupant et en très officielle officine de guerre civile : la trop fameuse Milice au sein de laquelle furent entraînés non pas seulement des hommes de sac et de corde, mais aussi des idéalistes qui payèrent très cher leur fidélité à la Révolution nationale. La façon dont certains dignitaires vichystes - à commencer par le premier d'entre eux - se sont tardivement désolidarisés de la bien encombrante Milice n'est pas d'une extrême élégance.

images/icones/bravo.gif  ( 1004389 )Vous avez raison par Chouan (2026-08-11 21:09:05) 
[en réponse à 1004385]

de nuancer mon propos que j'ai forcé tellement je suis excédé par l'amalgame grossier fait entre Vichy et la Collaboration parisienne.
J'avais en tête bien sûr Déat mais aussi les éditoriaux vitriolesques de Je Suis Partout.
Parallèlement on ne dit quasiment jamais que Vichy a arrêté et condamné un millier d'espions pro allemands.
Concernant Benoist-Méchin j'ai rappelé dans un post récent, que par une ironie de l'histoire, vivant au Caire et étant proche de Nasser, De Gaulle en avait fait un ambassadeur "officieux" auprès des Pays Arabes pour "régler" la question algérienne...
Quant à Darnand, son cas est évidemment tragique et son abandon final pathétique. D'ailleurs, la problématique de fond de mon dernier Mémoire était, au-delà des Glières (qui ne fut qu'un épiphénomène), pourquoi certaines vallées de Haute-Savoie ont "basculé" dans la Résistance alors que des vallées voisines étaient plutôt "miliciennes", tout l'intérêt de la question tenant à ce que les caractéristiques socio-culturelles (et religieuses) des habitants de ces vallées étaient très proches. Sujet passionnant !
images/icones/fleche3.gif  ( 1004394 )Haute-Savoie par N.M. (2026-08-11 21:45:38) 
[en réponse à 1004389]

Je serais très intéressé de consulter votre mémoire consacré à la Haute-Savoie. Les Glières... les fusillés du Grand-Bornand... Ce qui s'est passé là-bas est tout à fait passionnant. Quelle tragédie ! Qui est encore capable de comprendre qu'une partie des maquisards des Glières et une partie de leurs adversaires miliciens partageaient la même foi et les mêmes principes premiers ?

Connaissez-vous ce documentaire, où l'on trouve notamment le témoignage de l'abbé Greffier : voir ici

Vous évoquiez également Uriage. Il y eut l'époque Dunoyer de Segonzac, avec les itinéraires paradoxaux des cadres qui y furent formés. Il y eut ensuite l'époque milicienne, avec l'étrange Pierre-Louis de La Ney du Vair, bientôt remis à sa place par "Jo le déménageur"...

Vous avez raison de rappeler le rôle joué par Benoist-Méchin lorsque le général de Gaulle voulut, à l'issue de la guerre d'Algérie, renouer les liens avec les pays arabes.

On est loin de l'historiquement correct, mais aussi du petit catéchisme pétaino-tradi (autre forme d'historiquement correct).
images/icones/carnet.gif  ( 1004397 )Oui par Chouan (2026-08-11 22:08:31) 
[en réponse à 1004394]

J'ai vu ce documentaire avec l'abbé Greffier qui, comme vous le savez certainement, a soutenu Mgr Lefebvre. Je n'ai pas eu l'honneur de le rencontrer mais j'en ai parlé longuement avec le sénateur Golliet de Thônes, dont les parents étaient la plaque tournante de la Résistance dans la vallée.
Vous verrez dans mon mémoire que ces jeunes qu'ils soient résistants ou miliciens étaient très "esprit années 30" et qu'ils se rejoignaient dans la détestation commune des "bourgeois" et des "planqués". Comme vous l'écrivez c'est totalement inaudible de nos jours !
Vous pouvez demandez à XA mon mail et je vous enverrai mon travail avec plaisir.
images/icones/fleche3.gif  ( 1004403 )Merci à l'avance par N.M. (2026-08-11 22:30:16) 
[en réponse à 1004397]

Oui, j'ai un ami qui a connu l'abbé Greffier. Une personnalité haute en couleur.

Ce que vous m'écrivez de ces fiers jeunes gens est tout à fait exemplaire.

Un grand-oncle, qui en ce temps-là préparait son premier bac à la jésuitière de Sarlat, me racontait que dans sa promotion il y avait une majorité de jeunes gens "de bonne famille" qui souhaitaient surtout passer entre les gouttes et se préparer à une lucrative carrière. Il appartenait à la petite minorité qui rêvait d'en découdre et d'effacer l'humiliation de 1940. Les uns et les autres firent le mur. Les uns pour intégrer la Milice, les autres pour gagner le maquis. Mon grand-oncle eut beaucoup de mal à trouver en Périgord un maquis qui ne fût pas communiste. De retour chez ses parents après la Libération, son père, ancien de Verdun et fidèle au Maréchal, lui administra une gifle retentissante. Cette affaire était aussi souvent un conflit de générations !

Son désir de revanche le conduisit à Coëtquidan et en Indochine, où il connut aux premières loges un autre désastre national et fit plus ample connaissance avec le communisme dans les camps du Viêt Minh.
images/icones/carnet.gif  ( 1004443 )Une autre vidéo où l'on retrouve l'abbé Greffier par Chouan (2026-08-12 15:54:23) 
[en réponse à 1004394]

Résistance en Haute Savoie
images/icones/idee.gif  ( 1004445 )Vidéo tout à fait passionnante par Chouan (2026-08-12 16:18:43) 
[en réponse à 1004443]

dont je n'avais pas la connaissance à l'époque de mon Mémoire. En plus de l'abbé Greffier il y a notamment le témoignage à visage découvert d'un milicien qui reflète bien toute la complexité de l'époque et des engagements
images/icones/1n.gif  ( 1004455 )Erratum par Chouan (2026-08-12 20:24:50) 
[en réponse à 1004445]

C'est la même vidéo que votre lien NM mais avec un code différent. Mea culpa !
images/icones/bravo.gif  ( 1004406 )oui particulièrement la seconde partie par Luc Perrin (2026-08-11 22:40:15) 
[en réponse à 1004312]

La première partie fait des coupes qui gênent car faussent la compréhension historique.

Je comprends qu'il faille couper faute de pouvoir faire 10 parties mais si on ne sait pas que de Gaulle et Churchill se connaissaient, on manque un point important.

La seconde partie coupe l'affaire de la sous-préfecture de Bayeux en 1944 mais elle place une scène avec les faux billets américains de l'AMGOT en substitution ce qui est acceptable.
Leclerc est mis en avant et très bien joué : chaque fois que je passe place Broglie (Strasbourg), je pense à son épopée.

On voit bien, j'ai été très agréablement surpris, la haine américaine de Roosevelt et la volonté d'abaisser la France qui sont décrites sans fard. Une carte de l'Europe rêvée en 1943-1943 est montrée et ô stupeur, on voit la zone européenne de l'OTAN-UE actuelle couverte de la rayure du drapeau américain.
Le rêve de Roosevelt, cauchemar de de Gaulle, est réalisé. Jean Monet, l'agent américain, penseur de la CECA-CEE, et le général Giraud tout en servilité envers les USA, sont bien montrés de même.

Après tant d'héroïsme rappelé, le spectateur sort avec un goût amer en portant un regard sur la classe politique Epstein (tous partis représentés au Parlement confondus) d'aujourd'hui. Ce fut du moins mon sentiment.

images/icones/carnet.gif  ( 1004412 )J'ai profité des vacances pour aller le voir par N.M. (2026-08-11 23:56:00) 
[en réponse à 1004312]

Je n'ai pas été déçu. Même si j'ai des critiques à formuler. Les acteurs s'en sortent bien. Le souffle épique est au rendez-vous. Il n'est pas si facile que cela d'incarner des personnages historiques à l'écran, et notamment le général de Gaulle. Personnellement, j'avais apprécié la prestation de Bernard Farcy à la télévision (Le Grand Charles, en 2006), dans un registre beaucoup moins épique (et il y eut aussi Pierre Vernier, en 2009, dans l'assez drolatique Adieu De Gaulle).

Ce qui est tout particulièrement bien rendu, me semble-t-il, c'est en effet le souffle épique de la France libre, le fait que De Gaulle et ses premiers compagnons sont partis de rien, certes avec l'aide britannique, mais de rien quand même, d'un point de vue français. La scène du recrutement de René Pleven, finalement convaincu par l'arrivée des marins de l'île de Sein, est admirable. Koenig et Leclerc crèvent littéralement l'écran. Churchill et Eden sont bien campés. Le bras de fer avec Roosevelt nous donne à comprendre que notre pays a failli passer d'une occupation l'autre et d'une collaboration l'autre.

Parmi les points négatifs, je relèverais les suivants.

On passe directement de Montcornet à l'envol pour Londres depuis Mérignac, sans donner à voir comment, en Touraine, durant l'exode qui conduit le gouvernement Reynaud à Bordeaux, s'est nouée la relation entre Churchill et De Gaulle.

L'image donnée de Vichy est complètement surréaliste. On voit évoluer Pétain et Darlan dans un décorum digne du Berghof, alors que le Vichy des ministères improvisés dans des hôtels de curistes était passablement chaotique, ainsi que l'ont bien rendu Costa-Gavras et Jean Marboeuf respectivement dans Section spéciale (1975) et Pétain (1993). Je ne suis d'ailleurs pas du tout convaincu par la prestation de Kassovitz dans le rôle de Darlan.

L'année 1941 passe à l'as. Et pourtant... 1941, c'est l'ouverture capitale du front de l'Est, la "belle et bonne alliance" de revers de De Gaulle avec l'URSS, qui lui permet de se déprendre quelque peu de la seule alliance britannique, l'escadrille Normandie-Niémen, mais aussi la tragique guerre franco-française de Syrie. Rien de cela n'est même évoqué.

Bonnier de La Chapelle apparaît comme un tueur isolé. Les frères d'Astier, l'abbé Cordier et bien sûr le comte de Paris passent à la trappe.

La Résistance intérieure est seulement esquissée. Jean Moulin fédère et rallie les mouvements autour du général de Gaulle. Mais à part Bidault, on ne sait pas qui il fédère. Henri Frenay est absent. Claude Bourdet est absent. Emmanuel d'Astier est absent. Jean-Pierre Lévy est absent. Pierre Brossolette est absent.

Autre grande absente : l'armée d'Afrique. Elle est complètement éclipsée. Juin et De Lattre brillent par leur absence. Monte Cassino, l'entrée des Français dans Rome en juin 1944 et De Gaulle visitant le front italien ou encore le pape Pie XII dans Rome libérée : rien de tout cela n'est là encore ne serait-ce qu'évoqué.

L'entrée du général de Gaulle dans Bayeux, le 14 juin 1944, est elle aussi étrangement négligée. Alors que cette prise de possession de la première parcelle du territoire continental est capitale.

Bien sûr, j'ai bien conscience que tout ne peut pas être traité ou même évoqué dans un tel format, mais il y a là cependant des oublis fâcheux et quelques-uns qui semblent devoir faire sens : un sens pas particulièrement ragoutant.
images/icones/bravo.gif  ( 1004413 )La messe est dite ! par Chouan (2026-08-12 00:28:03) 
[en réponse à 1004412]

Si la Résistance de l'Intérieur à savoir le grand Frenay de Combat, d'Astier, Lévy et Brossolette sont absents + l'armée d'Afrique qui fut décisive, je n'irai pas dépenser mon argent pour voir ce film, tout épique fût-il ! Autant le donner aux bonnes œuvres qui sont utiles...
Merci pour cette recension complète qui me confirme que vous êtes au moins aussi expert que moi (si ce n'est plus !) sur le sujet.
images/icones/fleche3.gif  ( 1004416 )Et Weygand ? par Pétrarque (2026-08-12 08:49:09) 
[en réponse à 1004412]

Parle-t-on de Weygand ?

Il y aurait pourtant beaucoup à en dire.
images/icones/find.gif  ( 1004313 )Je n'ai pas vu le film par Jean-Paul PARFU (2026-08-10 22:07:41) 
[en réponse à 1004302]

1) S'agissant de "Bir Hakeim", bataille qui se déroule du 27 mai au 11 juin 1942, il ne s'agit pas d'une victoire, à proprement parler, mais de ce qu'on appelle "un fait d'armes", les troupes françaises réussissant à bloquer les Allemands pendant 15 jours.

La défense tenace des "Français libres" commandés par le général Koenig va permettre aux Britanniques d'échapper à l'encerclement et de préparer les positions défensives qui conduiront à une victoire stratégique lors de la première bataille d'"El Alamein" en juillet 1942.

2) Lors de "Ksar Ghilane" le 10 mars 1943, les troupes du général Leclerc font, depuis février 1943, partie de l'Armée d'Afrique. Cette armée est commandée par le général Juin. Elle a été constituée par le Gouvernement de Vichy, et est restée sous son autorité jusqu'à l'occupation de la zone sud par les Allemands le 11 novembre 1942, suite au débarquement américain en Afrique du Nord, et à l'assassinat de l'amiral Darlan la veille de Noël 1942.

Ces troupes sont enfin placées sous le commandement opérationnel des Anglais ; elles sont également composées d'Anglais et de Grecs et largement soutenues par la "Royal Air Force", sans laquelle la résistance aux divisions allemandes n'aurait pas été possible.
images/icones/1e.gif  ( 1004317 )Une anecdote par Jean-Paul PARFU (2026-08-10 22:45:10) 
[en réponse à 1004302]

qu'aimait raconter ma mère. L'une de ses collègues de travail, une Roumaine d'origine noble, très anti-communiste, expliquait dans les années cinquante, lorsqu'on lui parlait de Leclerc en Afrique du Nord : "Leclerc, Leclerc : il courait après les Italiens et les Italiens couraient tellement vite qu'il n'arrivait même pas à les rattraper !"
images/icones/idee.gif  ( 1004320 )Epstein, le Bon, pas le Mauvais ! par Chouan (2026-08-10 23:09:58) 
[en réponse à 1004302]

Je n'ai pas encore vu le film.
Mais je profite de ce fil pour vous conseiller fortement la lecture du livre majeur de Simon Epstein ( de l'université de Tel Aviv) paru en 2008 chez Albin Michel intitulé "Un paradoxe français... Antiracistes dans la Collaboration, antisémites dans la Résistance".
Ce livre fortement documenté a fait l'effet d'une bombe tellement il bousculait les idées reçues et véhiculées par la gauche...
J’ajoute, pour faire le lien avec le film que les cas de De Gaulle et Leclerc (parmi des dizaines d'autres) sont traités par l'auteur.