Le Forum Catholique

http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=1002438
images/icones/marie.gif  ( 1002438 )Rejet de l'accord en 2018 raconté par Mgr Pozzo par Ludwik (2026-07-08 11:02:07) 

Dont les sacres contre la volonté du Pape ne sont que l'une des conséquences logiques.
Le changement de cap lors du chapitre général de 2018 est ici très clair.
Cela pose aussi la question de comment Mgr Fellay a fait pour en arriver là, puisque le chapitre général est essentiellement constitué des supérieurs de districts, de maisons autonomes, de séminaires, etc., nommés par la direction de la FSSPX.

Intéressant entretien avec Mgr Pozzo
images/icones/carnet.gif  ( 1002441 )Merci. On connait enfin ce que Rome proposait par Réginald (2026-07-08 11:15:58) 
[en réponse à 1002438]

Il me semble que le passage le plus intéressant est celui du contenu de l'accord doctrinal.Il résume en effet trois grands axes de la Déclaration doctrinale qui n'a jamais été publiée officiellement.



À cet égard, les principaux points de la Déclaration doctrinale de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, proposée à l'acceptation de la FSSPX, traitaient précisément de ces difficultés et, à mon sens, de manière satisfaisante.

a) Il était demandé à la FSSPX de reconnaître la vérité catholique selon laquelle le Christ Seigneur a confié au Magistère « le dépôt de la foi — c'est-à-dire la Sainte Écriture et la Tradition divine — afin qu'il le conserve, le défende et l'interprète » (Humani Generis, n°18), et que « le Magistère n'est pas au-dessus de la Parole de Dieu, mais à son service, n'enseignant que ce qui a été transmis » (Dei Verbum, n°10).

Le Magistère de l'Église possède en outre l'autorité nécessaire pour expliciter les enseignements antérieurs, y compris ceux du concile Vatican II, conformément aux vérités de la foi catholique et à la lumière de la Tradition vivante, qui progresse dans l'Église avec l'assistance de l'Esprit Saint, non par une nouveauté contraire à la Tradition, mais par une intelligence plus profonde du dépôt de la foi, in eodem scilicet dogmate, eodem sensu eademque sententia (« dans le même dogme, le même sens et la même pensée »).

b) Il était demandé de reconnaître que le concile Vatican II doit être compris à la lumière de toute la Tradition et du Magistère constant de l'Église, tout en laissant la possibilité d'une discussion théologique légitime et d'éclaircissements sur certaines formulations particulières des documents conciliaires ou sur les réformes liturgiques et canoniques qui ont suivi.

c) Il était demandé de reconnaître la validité du rite de la Sainte Messe et des sacrements célébrés légitimement selon les livres liturgiques dans leur editio typica, promulgués par saint Paul VI et saint Jean-Paul II.

Il ne serait cependant pas honnête de traiter des questions relatives à la FSSPX sans reconnaître qu'après le concile Vatican II, et jusqu'à aujourd'hui, le catholicisme traverse une période de profondes turbulences. Celles-ci ne sont certes pas dues à l'enseignement du Concile ni au Magistère postérieur, mais à de nombreux facteurs internes et externes à la communauté ecclésiale.

Cette situation se manifeste par de profondes divisions et des erreurs dans l'Église (mais non de l'Église), touchant la doctrine, l'identité catholique, la pratique pastorale, ainsi que par de nombreuses dérives et ambiguïtés qui sèment la confusion parmi les fidèles.

La critique et la lutte contre ces erreurs et ces dérives sont nécessaires ; mais elles ne peuvent justifier l'acte schismatique consistant à consacrer des évêques sans mandat pontifical. Elles ne peuvent pas davantage justifier la prétention de s'ériger en juge pour affirmer que le Magistère actuel ou celui du Concile serait contraire à la Tradition de l'Église.

Il est certes légitime de demander des clarifications ou des précisions sur certaines formulations ou orientations du Magistère ordinaire non définitif, notamment dans le domaine pastoral, afin d'éviter des interprétations unilatérales ou réductrices

images/icones/fleur.gif  ( 1002490 )Le dernier paragraphe aussi par NLC (2026-07-09 09:11:12) 
[en réponse à 1002441]

est intéressant :

Les Instituts auxquels il est fait référence [les ex-ED NDNLC] sont des réalités vivantes et en constante évolution. Comme l'a enseigné et déclaré le pape Benoît XVI, les deux formes liturgiques, celle du Novus Ordo, qui est la forme commune, habituelle et universelle de la liturgie, et celle du Vetus Ordo pour des groupes particuliers et spécifiques, les pratiques s'enrichissent mutuellement et ne s'opposent pas. Les instituts et les fidèles qui suivent les disciplines liturgiques et spirituelles traditionnelles ne doivent pas être marginalisés ni isolés, mais doivent contribuer, en communion avec les autres réalités ecclésiales, à l'évangélisation et à l'apostolat chrétien. Il me semble urgent de renforcer les communautés ecclésiales et sacerdotales qui vivent fidèlement à la Tradition, à l'intégrité de la foi catholique et à la liturgie sacrée, en pleine communion avec l'ordre épiscopal sub Petro et cum Petro .


(les mises en gras sont de mon fait)

Nous verrons bien si des effets suivent...
images/icones/carnet.gif  ( 1002499 )On connaît déjà le résultat par JFB33 (2026-07-09 11:09:31) 
[en réponse à 1002490]

Il est cité


les pratiques s'enrichissent mutuellement et ne s'opposent pas.



On connaît déjà le résultat : leurs nouveaux sacrements (quand parfois ils n'en sont pas !), leur nouvelle messe, leur nouvelle doctrine n'a en rien enrichi l'Eglise.
On connaît les résultats désastreux.
Bis repetita
images/icones/flagIt.gif  ( 1002505 )Traduction par Alex (2026-07-09 11:30:24) 
[en réponse à 1002490]


Il me semble urgent de renforcer les communautés ecclésiales et sacerdotales qui vivent fidèlement à la Tradition, à l'intégrité de la foi catholique et à la liturgie sacrée, en pleine communion avec l'ordre épiscopal sub Petro et cum Petro .


Il est préférable de traduire par:

Il me semble urgent de renforcer les communautés ecclésiales et sacerdotales qui vivent la (dans la) fidélité à la Tradition, à l'intégrité de la foi catholique et à la liturgie sacrée, en pleine communion avec l'ordre épiscopal sub Petro et cum Petro .
images/icones/fleche2.gif  ( 1002570 )grand merci Ludwik cette interview est à archiver, ceci dit par Luc Perrin (2026-07-09 19:23:48) 
[en réponse à 1002441]

en lisant la traduction donnée par Réginald et l'original italien, je vois surtout dans ce projet de déclaration doctrinale de 2018 une version à la forme développée des articles du Protocole du 5 mai 1988.

On dit plus longuement, avec plus de références à l'appui, les mêmes choses.

Or Mgr Pozzo sait que les discussions doctrinales de 2009-2011 avaient abouti à une formulation de ce type déjà rejetée après consultation des instances internes par Mgr Fellay.

C'est parce que ce type de déclaration générale - bonne en soi, les termes me paraissent des plus mesurés et acceptables à titre personnel mais je ne suis pas partie au débat - est une IMPASSE évidente au vu de l'état d'esprit de la FSSPX en 2011, plus encore en 2018, qu'il faut faire autrement !

La voie minimaliste esquissée en 2012, formule acceptée par Mgr Fellay alors dans le premier semestre contre la bronca de Mgr Williamson et sa "Résistance", contre les très fortes réserves publiques de NNSS Tissier de Mallerais et de Galarreta, cette voie minimale aurait abouti en 2012 si ... le cardinal Levada et Benoît XVI n'avaient reculé devant une bronca cardinalice celle-ci (témoignage du cardinal Koch) et sans doute de pressions des conférences épiscopales hostiles.

Cette voie de 2012 revenait à s'aligner sur la demande faite et acceptée en 2009 pour les catho-anglicans (agréer le Catéchisme de l'Église catholique et faire une démarche de retour à la pleine communion). Il faut penser catho-anglican et chinois pour mesurer les possibles.

Si on pense chinois maintenant, ce que se garde de faire le bon Monsignore, transposons aux catholiques patriotiques une déclaration de même esprit sur le Pontife romain et ses droits relatifs à l'Église catholique qui est en Chine AVANT de traiter du cas des évêques et de tout autre sujet pratique.

Rien n'aurait été possible et le cardinal Parolin n'aurait rien eu.

Dans un dialogue, si on ne prend pas en compte le point de vue de l'autre (Chine, FSSPX etc.) suffisamment, si on ne mesure pas la marge de manoeuvre - large ou étroite - très étroite avec la Chine et Menzingen, on va à l'échec.

C'est ce qui est arrivé en 2011-2012 et à nouveau en 2018 pour la FSSPX.

Plus fin diplomate, le cardinal Parolin a mesuré les possibles et obtenu le mieux qu'il pouvait escompter en 2018 en tablant que l'avenir apporterait d'autres briques - en vain jusqu'à présent.

De même le cardinal Consalvi et Pie VII en position d'extrême faiblesse ont consenti à un médiocre concordat en 1801, très peu favorable à l'Église y compris par rapport à la Constitution civile du clergé, et ont fait le gros dos en grommelant face aux raides Articles organiques ajoutés par le Premier Consul en 1802.
Consalvi a bien jaugé les possibles en 1801.

Imaginer que les mêmes causes vont produire à quelques années de distance des effets différents alors que le contexte est dégradé, c'est la méthode Trump-Rutte-Ursula von der Leyen. L'échec assuré.

Peut-être que la secrétairerie d'État est mieux outillée, à plus d'expérience pour traiter un dossier type FSSPX que le DDF.
Les experts du Dicastère pour la promotion de l'Unité des chrétiens pourraient apporter leurs talents si l'on veut vraiment aboutir en pensant "hors de la boîte" (out of the box) comme disent les anglophones.

Just saying...

images/icones/iphone.jpg  ( 1002534 )Comment Mgr Fellay a fait pour en arriver là ? par Vincent F (2026-07-09 13:15:46) 
[en réponse à 1002438]

Comme j’écrivais plus tôt, au début des années 2000 à épuré la FSSPX de tous ceux qui étaient plus modérés que lui et pesaient un certain poids dans la FSSPX abbés Aulagnier, Laguérie, Héry, de Tanoüarn ….)
Dans le même temps un nombre non négligeable de membres modérés de la FSSPX, constatant un raidissement sont partis d’eux mêmes.

Bilan : il s’est retrouvé isolé.
images/icones/bravo.gif  ( 1002543 )Oui et non par Chouan (2026-07-09 13:50:00) 
[en réponse à 1002534]

Je ne dirais pas qu'ils étaient plus "modérés" au sens doctrinal, mais ils étaient plus "indépendants" face à l'autoritarisme et plus conscients, par zèle apostolique, de se "greffer" a minima à Rome
images/icones/iphone.jpg  ( 1002546 )Par « modérés » par Vincent F (2026-07-09 14:07:18) 
[en réponse à 1002543]

J’entends « favorables à un accord pratique avec Rome ». C’est le motif de l’expulsion de l’abbé Aulagnier. Pour l’abbé Laguérie, le motif est autre. Mais pour convaincre les fidèles de ne pas le suivre, le fait qu’il était favorable à un accord pratique était souvent invoqué.
images/icones/carnet.gif  ( 1002550 )Vous avez raison... par Chouan (2026-07-09 14:39:36) 
[en réponse à 1002546]

mais la "crise des séminaires" était bien le fond cette affaire (que soit pour les abbés Laguérie, Aulagnier, de Tanoüarn et Héry) car elle mettait en jeu l'avenir de la Tradition
 ( 1002544 )Nul n’est parfait par Roger (2026-07-09 13:57:50) 
[en réponse à 1002534]

Mgr Fellay etait jeune et naturellement méfiant à l’égard de prêtres qui bénéficiaient d’un grand prestige dans les milieux traditionnels depuis longtemps.
Pour les contrôler il s’est appuyé sur son aile la plus rigide - avant d’en devenir l’otage et d’être finalement mis à l’écart !
L’histoire n’était pas écrite d’avance car un hyper rigide comme Mgr Williamson n’est pas resté
images/icones/1b.gif  ( 1002548 )Le paradoxe par Chouan (2026-07-09 14:29:53) 
[en réponse à 1002544]

est que ces futurs fondateurs de l'IBP étaient williamsoniens vs Fellay à l'époque de la réelection de Mgr Fellay (sans parler du fait que Mgr Williamson était intervenu en leur faveur lors de "la crise des séminaires")