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images/icones/carnet.gif  ( 1001718 )"Pourquoi la FSSPX est-elle restée si calme ? L'histoire cachée derrière les consécrations épiscopales de 2026" par Vistemboir2 (2026-07-02 12:03:37) 

Traduction de l’article de Robert Morrison paru le 2 juillet 2026 sur The Remnant sous le titre : « Why Was the SSPX So Calm? The Hidden Story Behind the 2026 Bishop Consecrations ».
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Tout le monde l'a remarqué. Rome a émis des avertissements. Les critiques ont prédit un désastre. Pourtant, la Fraternité Saint-Pie X a agi avec un calme remarquable. Pourquoi ? Cette réflexion explore le fondement spirituel des consécrations épiscopales de 2026, en reliant cette sérénité à la confiance inébranlable de Mgr Marcel Lefebvre en la Divine Providence — et en se demandant ce que les événements actuels révèlent sur l'avenir de la Tradition catholique.

Même ceux qui connaissent bien la FSSPX pourraient s’étonner de la confiance sereine dont elle a fait preuve en procédant aux consécrations épiscopales sans l’approbation de Rome. Rorate Caeli, par exemple, a fait le constat suivant le jour même des consécrations :

« En 1988, Mgr Lefebvre, ainsi qu’une grande partie des prêtres, séminaristes et fidèles de la FSSPX — sans oublier la plupart des "communautés amies" (monastères, couvents) — traversaient une véritable angoisse. Les consécrations de 2026, en revanche, ont été marquées par une attitude d’indifférence et entourées d’une atmosphère de fête. C’est le début de quelque chose de nouveau. Nous ne sommes plus en 1988. Nous espérons et prions pour la paix et l’unité. »


Même si l'on peut contester l'idée que l'attitude de la FSSPX témoigne d'une forme d'indifférence, Rorate Caeli a soulevé un point qui pourrait s'avérer plus important qu'il n'y paraît au premier abord. Pourquoi la FSSPX a-t-elle semblé si sereine et si confiante face à une décision d'une telle ampleur ? Pourquoi a-t-elle refusé de dévier de sa trajectoire malgré les critiques virulentes et les menaces graves émanant du Vatican ? Cette confiance repose sur des motifs très solides, que nous pouvons commencer à examiner en évoquant ce que Rorate Caeli a qualifié d' « agonie » de Mgr Marcel Lefebvre au moment de décider, en 1988, de passer à l'acte.

Dans sa biographie de Mgr Lefebvre, le regretté Mgr Bernard Tissier de Mallerais a cité les paroles prononcées par l’archevêque lors d’une retraite à Écône en 1985 :

« S’il nous faut agir, avait-il dit, la Providence nous ménagera les circonstances de telle manière que nos résolutions seront claires, conformes au sensus fidei, au sens de la foi, des fidèles. » (p. 571).


À travers les écrits de Mgr Lefebvre et ceux qui lui sont consacrés, on retrouve de nombreux échos de cet abandon absolu à la Divine Providence. Nous devrions toujours nourrir cette grande confiance en la Providence de Dieu, mais elle semble plus nécessaire aujourd’hui qu’en des temps ordinaires. La crise que traverse l’Église catholique a été engendrée et perpétuée en grande partie parce que ceux qui détiennent le pouvoir ont fait fi de la Divine Providence, cherchant plutôt à satisfaire les désirs d’un monde pécheur. Dès lors, pour ceux qui cherchent véritablement à remédier aux maux de cette crise, il est tout à fait opportun, voire nécessaire, de s’en remettre pleinement à la Providence.

Ailleurs dans la biographie, Mgr Tissier de Mallerais évoque les efforts de Mgr Lefebvre pour discerner la volonté de Dieu :

« Depuis des années, il prie le Saint‑Esprit de l’éclairer, la Sainte Vierge de le guider. En mars 1987, chaque nuit, dans ses insomnies, il se lève pour prier. Il s’excmlame souvent : "Ah ! Si la Sainte Vierge pouvait m’apparaître pour me dicter ce que je dois faire." Mais il en est réduit à sa propre raison éclairée par la foi. » (p. 587).


Il cherchait véritablement à accomplir la volonté de Dieu et, comme le note Mgr Tissier de Mallerais, il n’aurait pas agi ainsi s’il avait eu conscience de commettre un péché (p. 590). La veille des consécrations de 1988, il reçut son ami Jean Guitton :

« Passant outre les injures ou les adjurations […], l’archevêque s’élevait au-dessus des insultes et des supplications [...] Dans l’après-midi, il fait à l’ami Guitton le plaisir de le recevoir, de l’écouter, affable mais inflexible. "J’admire votre calme", dit l’académicien. "Ce qui fait que je suis calme", réplique le prélat, "c’est que jai l’impression d’accomplir la volonté de Dieu. Ce qui importe avant tout. Alors, il arrivera ce qui arrivera. Comme j’ai l’intention de faire la volonté de Dieu et de ne pas me séparer de l’Église de Pierre, je suis en paix." » (p. 592).


C’est ainsi qu’il agit, avec calme et assurance. Pendant ce temps, les opposants à la FSSPX semblaient faire une exception à l’appel de Vatican II en faveur de la liberté religieuse et de l’ouverture œcuménique. Ces partisans des nouveautés de Vatican II, qui accueillaient si volontiers les non‑catholiques, furent prompts à dénoncer avec véhémence les membres et les fidèles de la FSSPX pour avoir suivi leur conscience bien formée. Ces dénonciations se firent certes plus vives et plus virulentes après l’annonce, par l’abbé Pagliarani, du projet de la FSSPX de consacrer des évêques, mais elles ne se sont jamais vraiment apaisées depuis 1988.

Le témoignage de la plus jeune sœur de Mgr Lefebvre, Mme Guy Toulemonde (née Marie‑Thérèse Lefebvre), nous aide à comprendre comment la FSSPX a gardé confiance en la volonté de Dieu malgré les menaces et les insultes venant du Vatican et de tant d’autres :

« Il voulait faire la volonté de Dieu ; il voulait accomplir ce que Dieu attendait de lui. C’est une certitude absolue. Je me souviens qu’un jour, alors qu’il traversait de grandes difficultés avec Rome, je lui ai demandé : "Mais enfin, quand vous ne serez plus là, que se passera-t-il ? Y aura-t-il quelqu’un pour prendre votre relève ? Que deviendra la Fraternité ?" Il a répondu : "Rien de particulier, c’est très simple. Si la Fraternité vient de Dieu, elle perdurera ; si elle ne vient pas de Dieu, elle disparaîtra. C’est tout. Il en sera selon la volonté du Bon Dieu. Quant à moi, cela ne me préoccupe pas le moins du monde." Et, en effet, je suis convaincue que c’était là son désir profond : que la Fraternité accomplisse la volonté de Dieu, et qu’il en fasse autant lui-même. »


L’Archevêque appliquait donc ce critère simple, qui reste valable aujourd’hui : si la FSSPX accomplit la volonté de Dieu, elle perdurera ; dans le cas contraire, elle ne subsistera pas. Pour appliquer ce critère à la situation actuelle, nous pouvons comparer l’évolution de la FSSPX et celle du Vatican depuis 1988 :

FSSPX : Depuis 1988, la FSSPX n’a jamais été « régularisée » par Rome ; toutefois, Benoît XVI a levé les excommunications de 1988, et la FSSPX a rallié de nombreux critiques, tel Mgr Athanasius Schneider. Aujourd’hui, la FSSPX compte quelque 700 prêtres, plusieurs centaines de religieux et tant de fidèles qu’elle ne peut répondre pleinement à toutes les demandes de messes, bien que nombre de ses prêtres en célèbrent régulièrement deux ou plus le dimanche. La FSSPX a non seulement perduré, mais elle a prospéré.

Vatican : Depuis 1988, la situation s’est considérablement dégradée. Si la rencontre de prière d'Assise organisée par Jean‑Paul II en 1986 constituait sans doute le signe le plus scandaleux de la crise à l'époque où Mgr Lefebvre a procédé aux consécrations épiscopales, elle ne figurerait probablement pas dans le « top 10 » des scandales auxquels nous avons assisté depuis que Benoît XVI a renoncé à la papauté. Sous François et désormais sous Léon XIV, nous avons vu apparaître les scandales suivants : Amoris Laetitia, la Pachamama, l'abandon des fidèles durant la crise du COVID, le Synode sur la synodalité, la Déclaration d'Abou Dabi, Fiducia Supplicans et d'innombrables manifestations de folie interreligieuse, comme l'accueil par Léon XIV de "la Très Révérende et Très Honorable Dame Sarah Mullally, archevêque de Cantorbéry" ».

Pour ceux qui sont disposés et capables d'évaluer correctement l’évidente réalité, cette comparaison démontre que la nécessité et la demande concernant la FSSPX sont bien plus grandes aujourd'hui qu'elles ne l'étaient en 1988. Puisque Mgr Lefebvre et la FSSPX ont procédé aux consécrations épiscopales avec calme et assurance en 1988, il y avait encore davantage de raisons de le faire en 2026.

Dans ces conditions, il n’est guère surprenant que la FSSPX n’ait manifesté ni hésitation ni inquiétude face au refus de Rome d’autoriser les consécrations épiscopales de 2026. La volonté de Dieu leur apparaissait clairement. Et, comme l’a exprimé l’abbé Pagliarani avec une si sainte sagesse lors de son sermon pour les consécrations, la FSSPX ne manquera jamais de rien tant qu’elle cherchera à accomplir la volonté de Dieu :

« En 1988, ceux qui condamnaient la Fraternité prévoyaient sa dissolution. La Providence avait un autre projet. Pourquoi la Providence avait-elle un autre projet ? Votre présence ici aujourd’hui le manifeste. Dieu ne nous a pas abandonnés et Dieu ne va pas nous abandonner. Toutes ces années l’ont montré, et ces sacres le montrent encore. Mais pourquoi Dieu ne peut-Il pas nous abandonner ? La réponse est très simple. Dieu n’a qu’une idée, n’a qu’un désir, n’a qu’une volonté : c’est de sauver les âmes. S’il y a quelqu’un qui applique à la lettre le principe selon lequel la loi suprême est le salut des âmes, c’est Dieu Lui‑même. C’est Sa loi, et Il l’applique à la lettre, toujours. C’est pour cela que, contre toute imagination, toute prévision humaine, pour sauver les âmes, Il a envoyé Son Fils. Il a demandé à Son Fils de S’incarner et de mourir sur la Croix. Pourquoi ? Parce que la loi suprême, la loi de Dieu, est le salut des âmes. C’est pour cela que Dieu ne nous a pas abandonnés et ne va pas nous abandonner, il nous fournira toujours des moyens proportionnés à nos besoins. Si l’œuvre de la Rédemption peut connaître des obstacles de la part des hommes, jamais elle ne connaîtra d’obstacles de la part de Dieu. Mais plus l’on souffre, plus l’on lutte, plus on essaie de Lui être fidèle, plus Il est avec nous, Il nous le manifeste. Nous chancelons parfois, nous pouvons avoir des doutes, nous pouvons connaître des découragements. Mais les promesses de Notre‑Seigneur sont toutes infaillibles, Il les garde toujours. Et aujourd’hui, il nous en donne une preuve. Si nous continuons à chercher la volonté de Dieu, le bien des âmes, coûte que coûte, rien, jamais, ne nous manquera. »


Telle est la confiance de celui qui s’en remet humblement à Dieu et à Sa Providence aimante. Cela n’a rien à voir avec l’arrogance blasphématoire de ceux qui cherchent à modifier la religion catholique pour la rendre conforme au monde et complaire aux ennemis de l’Église. Cela n’a rien à voir non plus avec l’attitude timorée de ceux qui désapprouvent les scandales venant de Rome, mais estiment qu’il vaut mieux « faire profil bas pour ne pas faire de vagues ».

La FSSPX puise également une grande confiance dans une autre source : sa véritable dévotion envers la Bienheureuse Vierge Marie et le Rosaire. Comme on le sait, la FSSPX s’est fermement opposée au document Mater Populi Fidelis du cardinal Víctor Manuel « Tucho » Fernández, dans lequel son Dicastère pour la doctrine de la foi rejetait deux titres traditionnels de Notre-Dame : Médiatrice de toutes les grâces et Corédemptrice. La FSSPX a en effet reconnu la nécessité impérieuse de réparer cette offense :

« Profondément indignés et désireux de réparer publiquement un tel préjudice, les prêtres de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X invitent tous les prêtres amis et les fidèles à se joindre à leur prière, le dimanche 16 novembre. À toutes les messes publiques qu’ils célébreront ce jour-là, ils ajouteront une intention de réparation de l’outrage et du scandale commis. Et chaque messe sera suivie du chant ou de la récitation des litanies de la sainte Vierge et du Stabat Mater.


L’insulte gratuite de « Tucho » envers Notre‑Dame — que Léon XIV n’a jamais corrigée — a semblé être un signe du Ciel indiquant que la FSSPX ne devait pas abandonner sa voie pour entamer un dialogue stérile avec le Vatican. C’est tout naturellement que la prière de la FSSPX pour les futurs évêques a débuté le 8 mai 2026, fête de Notre‑Dame Médiatrice de toutes les grâces, en s’ouvrant par cette supplique :

« Dieu éternel et tout-puissant, qui voulez que tous les hommes parviennent au salut et à la connaissance de la vérité, Vous dont l’Esprit sanctifie et dirige tout le Corps de l’Église, nous Vous demandons humblement, par l’intercession de Notre-Dame Médiatrice de toutes les grâces, de pourvoir aux besoins de votre Église en répandant sur Vos élus l’abondance de Votre grâce. »


Cette confiance en Dieu et en l’intercession de Notre‑Dame, Médiatrice de toutes les grâces, s’est également manifestée de manière plus subtile lors des consécrations, alors que les orages annoncés ont fini par éclater à Écône juste avant la distribution de la communion. Ne souhaitant pas distribuer la communion en plein air sous l’orage, la FSSPX a décidé d’interrompre la cérémonie pour chanter les mystères glorieux du Rosaire en latin, en attendant que l’averse passe. Cette attitude reflète la manière dont la FSSPX a affronté les épreuves tout au long de son existence. Les tempêtes et les épreuves surviennent au fil des jours, mais il n’y a aucune raison de fuir ou de céder à l’inquiétude tant que nous recourons avec confiance à Notre‑Seigneur et à Sa Mère.

Notre‑Dame, Médiatrice de toutes les grâces, priez pour nous !