CHAPITRE XXIV
LA CONFIRMATION.
Telle est la quatrième vertu à laquelle le Saint-Esprit communique, par la confirmation, une nouvelle énergie. Nous laissons à dire si la tempérance, dans toutes ses applications, est une vertu nécessaire au chrétien moderne, condamné à vivre au milieu d’un monde constitué tout entier sur l’intempérance.
Bien qu’il soit fort difficile, en beaucoup de cas, de distinguer le naturel et le surnaturel, la raison et la grâce, ce double moteur des actes humains, comme parle saint Thomas ; néanmoins la distinction est réelle.
Constamment admise par la théologie catholique, elle est fondée sur le principe incontestable d’une double vie dans le chrétien.
Vie purement naturelle, comme créature, destinée à une fin naturelle, et pourvue des moyens d’y parvenir. Vie surnaturelle, comme fils adoptif de Dieu, destiné à une fin surnaturelle et pourvu des moyens de l’atteindre ; vie surnaturelle, impérieusement obligatoire, pour tous les hommes dans l’ordre actuel de la Providence.
Il en résulte que la prudence, la justice, la force, la tempérance, sont aussi des vertus naturelles infuses ; mais, entre la prudence, la justice, la force, la tempérance surnaturelles, grande est la différence. Différence dans le principe : les premières procèdent de la raison ; les secondes, de la grâce.
Différence dans le but : les premières nous mettent en rapports naturels et purement humains avec leur objet ; les secondes en rapports surnaturels et divins.
Différence dans l’efficacité : les premières sont inutiles au salut ; les secondes nous y conduisent. Différence dans leur dignité : les premières se règlent d’après les lumières de la raison, les secondes d’après les lumières du Saint-Esprit. Les premières font l’honnête homme ; les secondes, le chrétien. Or, entre l’honnête homme et le chrétien, est toute la différence qui sépare l’insecte qui rampe, et l’oiseau qui vole.
Un seul trait nous en fait juger. La tempérance naturelle ou philosophique, par exemple, se borne à réprimer la concupiscence du boire et du manger, de manière à prévenir tout excès capable de nuire à la santé et de troubler la raison ; c’est le terre à terre de la vertu.
La tempérance surnaturelle va plus loin. Elle conduit l’homme à châtier son corps et à le réduire en servitude par l’abstinence du boire, du manger et de ce qui peut flatter les sens.
C’est la vérité de la vertu, l’affermissement de l’ordre, par la subordination complète de la chair à l’esprit, et de l’esprit à Dieu. Il en est de même des autres vertus. (S, Th., 1a, 2ae, q. 63, art. 4, corp).
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde