Le Forum Catholique
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=1001074

( 1001074 )
[Sedes Sapientiae] Le séparatisme n’est pas une solution catholique par DumVolviturOrbis (2026-06-25 21:38:11)
Je signale cet article du P. Louis-Marie de Blignières, qui mérite vraiment d'être lu :
Le séparatisme n’est pas une solution catholique
Je voudrais surtout attirer l'attention sur
la note 45.
Il y a quelques semaines,
lorsque j'avais fait remarquer que le documentaire sur Jean Madiran donnait une image incomplète de sa pensée sur les sacres de 1988, cher Pr. Perrin vous m'avez répondu que je parlais de « phrases tronquées » sans pouvoir les produire, et que je ne devais pas « tronquer » moi-même.
Or voici ce que l'on lit dans cette note :
À propos d'un prétendu changement de position de Jean Madiran sur les sacres (...), Béatrice Doyer, qui fut très proche de Jean Madiran à la fin de sa vie et organisa ses obsèques, écrit le 26 mars 2022 :
« Qu'il s'agisse des événements de 1988, de ses prises de position, de son analyse dans les années qui ont suivi ces événements, Jean a toujours été très clair sur ce sujet des sacres et, pour moi, il n'a jamais changé. Le documentaire reprenait, à mon sens, des phrases sorties de leur contexte. »
Il me semble que cette note répond précisément à la question qui m'avait été posée.
Je ne prétends pas que ce témoignage clôt définitivement le débat. En revanche, il me paraît désormais difficile d'affirmer, comme si c'était une évidence historique, que Jean Madiran aurait finalement approuvé les sacres de 1988. L'affaire est manifestement plus nuancée, et le moins que l'on puisse faire est de tenir compte de ce témoignage avant d'utiliser Madiran comme argument d'autorité. Et il faut reconnaître qu'il y a une guerre de communication depuis quelques mois qui est menée par FSSPX.news en tronquant des citations de personnalités (Madiran, le Cal Sarah, Mgr Schneider, ce prêtre canoniste en Espagne, etc.) et en les diffusant très largement pour essayer de faire croire à des ralliements à leur cause et surtout pour semer la zizanie.

( 1001089 )
sur cette note 45 et le témoignage succinct de Mme Doyer très postérieur (2022) par Luc Perrin (2026-06-26 09:34:28)
[en réponse à 1001074]
Il importe de bien lire un texte pour pouvoir le commenter avec justesse et surtout peser le document original (le documentaire qui relève de l'archive audiovisuelle et qui n'est pas "tronqué" du tout dans l'échange qui est retenu) et un témoignage quel qu'il soit.
Spécialiste d'histoire contemporaine, j'ai pratiqué l'enquête auprès des témoins toute ma vie, j'ai enseigné la méthodologie de l'enquête aux étudiants de maîtrise/master/doctorat.
En histoire, comme pour la justice humaine, le témoignage est à la fois important et sujet à précaution. Police et justice retiennent l'empreinte digitale, l'enregistrement d'une conversation, une vidéo, une trace ADN plus qu'un témoignage humain énoncé ...longtemps après : onze ans après l'interview !
J'ai moi-même interrogé des curés de paroisse et leur mémoire était très flottante sur les faits à longue distance ; plusieurs m'ont dit si vous me dîtes que j'ai fait changer l'autel en 1966 ce doit être vrai, je me souviens uniquement que l'autel a été changé pendant mon temps comme curé. J'avais moi le document d'archives ou de presse qui donnait l'information exacte, datée, avec photos.
Au demeurant, Mme Doyer limite elle-même très étroitement la valeur de son témoignage qui est un avis en fait comme celui de Rémi Fontaine :
- et, pour moi, il n'a jamais changé.
- Le documentaire reprenait, à mon sens,.
Nous avons une opinion personnelle, délibérément personnelle, donnée onze ans après les faits (entretien de 2011). En bon français, "pour moi" et "à mon sens" impliquent que B. Doyer n'était pas présente lors de l'entretien et qu'elle ne "témoigne" pas directement de ce qu'elle a entendu en 2011 mais que J. Madiran n'aurait pas évolué, sauf pour cette interview. Selon elle. Elle n'apporte pas de preuve pour contredire le document d'archive mais donne son sentiment personnel comme tout un chacun.
Il se trouve que j'ai été comme Jean Madiran, peut-être plus longuement que lui, interrogé pour ce documentaire. Une très longue interview qui a été évidemment coupée pour n'en retenir que quelques segments, c'est la règle dans un documentaire ce que J-R. du Cray explique très bien dans la vidéo.
Je puis attester ici et pour la postérité que le documentaire ne donne pas une version fausse des mes propos et que les extraits retenus correspondent rigoureusement à ce que j'ai dit, évidemment il y a la preuve audiovisuelle, mais que je ne dis pas autre chose qui soit contraire dans le reste de l'entretien qui n'a pas été choisi.
J'atteste pour ce qui me concerne de la rigueur de l'interviewer Jacques-Régis du Cray publiquement.
J'ai trouvé pour ma part blessante à l'égard de Jacques-Régis du Cray cette polémique artificielle fondée sur des suppositions malveillantes face à une document d'archive indiscutable. A moins que Mme Doyer et R. Fontaine aient assisté à l'entretien et aient pu fournir ces fameuses phrases manquantes où Madiran reviendrait sur ses dires devant caméra.
Au demeurant, la position de Madiran en 2011 est subtile : il se borne à dire qu'en 1988 il suspendait son jugement mais que des développements ultérieurs positifs se sont produits. Il ne dit pas devant caméra formellement qu'il approuve en 2011 les sacres de 1988 dont il redit que c'était "l'acte le plus grave". Il insiste sur le bon fruit qui en est issu.
Le contexte de 2011 est aussi, il le rappelle, celui de la levée des excommunications en 2009 par Benoît XVI.
Bref ces phrases manquantes qui seraient contraires à celles enregistrées, Mme Doyer ne les produit pas ni Rémi Fontaine ni vous-même.
En dehors de cette note 45, la réflexion est solide ... au plan théorique celui auquel son fort savant auteur se place en bon thomiste.
J'ai longuement exposé que la vie de l'Église ne procède pas uniquement, tant s'en faut, de la théorie. "L'huile", les considérations politiques diverses, le salut des âmes jugé prioritaire suivant les circonstances ou pas, tout cela pèse parfois davantage comme le démontre la "solution chinoise" et une myriade d'autres exemples. L'historien que je suis est plus porté à observer ces méandres et contorsions de la vie ecclésiale que la seule rectitude des lignes, si importante soit-elle.
Mgr Doré, théologien, archevêque émérite de Strasbourg se plaisait à rappeler ce proverbe : Dieu écrit droit avec des lignes courbes.

( 1001090 )
D'accord en tous points avec vous, cher Luc par Pétrarque (2026-06-26 10:16:57)
[en réponse à 1001089]
Jean Madiran prononce librement les paroles qu'on l'entend prononcer.
Même si elles sont nécessairement amputées au montage, les phrases qu'il prononce sont dénuées d'ambiguïté :
"La plus grave décision, c'est, en 88, d'ordonner quatre évêques non pas sans l'autorisation du Pape, mais à l'encontre d'une interdiction du Pape qui lui [à Mgr Lefebvre] était personnellement adressée de faire ces quatre ordinations-là.
[Long silence]
Moi, à l'époque, je n'étais pas capable de porter un jugement.
Aujourd'hui, il m'est difficile de trouver qu'il [Mgr Lefebvre] a eu tort."
Et de répéter enfin, un peu plus tard :
"Et donc, c'est pour ça que je dis : à l'époque, moi, j'ai refusé de porter un jugement ; aujourd'hui je peux dire [...qu'] il est difficile de trouver qu'il ait eu tort à 100%. Ou même à 50%".
C'est assez clair, et je ne vois vraiment pas la nécessité de remettre tout cela sur le tapis...

( 1001094 )
Sur l'entretien de Madiran par Ennemond (2026-06-26 12:02:21)
[en réponse à 1001089]
Je peux confirmer que le jour de l'entretien, en février 2011, n'étaient présents que :
- Jean Madiran
- son épouse
- le caméraman
- moi-même
Mme Doyer ou le père de Blignières n'étaient pas présents. Et leurs interventions sur le sujet sont de toute façon antérieures à la publication par le site de la FSSPX de l'intégralité du passage sur les sacres. Maintenant, il y aura sans doute des personnes pour dire que l'intelligence artificielle avait peut-être déjà ses prémices en 2011 et que nous avons réalisé un faux entretien.
Pour ma part, j'ai revu Jean Madiran après la sortie du film. Pas un instant, il ne m'a reproché d'avoir falsifié sa pensée. Je peux confirmer que je voulais éviter la question des sacres et que c'est Jean Madiran qui a délibérément voulu aborder cette question, tel qu'il l'a fait.

( 1001097 )
Un grand merci par Capucin (2026-06-26 12:45:28)
[en réponse à 1001094]
pour votre objectivité et la qualité de ce travail. Il m'a personnellement apporté beaucoup.

( 1001102 )
Je vous remercie .... par Pol (2026-06-26 16:17:09)
[en réponse à 1001094]
...pour cette information très utile.

( 1001092 )
Comme toujours Dum par MG (2026-06-26 10:28:24)
[en réponse à 1001074]
vous vous discréditez : que vous soyez contre les sacres comme certains ici c'est une position qui s'admet. Votre problème c'est que donnez l'impression de régler des comptes personnels avec la la FSSPX. Je cite vos derniers mots
surtout pour semer la zizanie.
. Le R.P. de Blignières n'en vient pas du tout à cette conclusion dans le numéro 176 de Sedes Sapientiae.
Vous faites des sacres un règlement de compte personnel et vous attaquez le FSSPX en posant des questions dont vous connaissez les réponses. Vous savez très bien qu'il est quasiment impossible à un prêtres de cette Fraternité (actuellement) d'obtenir des grades et diplômes des universités pontificales.

( 1001099 )
Vous venez de vous décrédibiliser complètement par Semetipsum (2026-06-26 14:12:04)
[en réponse à 1001074]
au regard des interventions précédentes d'Ennemond et du Pr Perrin.