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( 1001064 )
Propos diplomatiques du Cal Aveline sur la liturgie et la FSSPX par Aliocha (2026-06-25 18:16:00)
Entretien du cardinal Aveline avec Jean-Marie Guénois, Figaro24 juin 2026
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JM Guénois - Un autre sujet délicat pourrait s’inviter lors du voyage du pape en France, avec les traditionalistes qui attendent de Rome un assouplissement des mesures prises par François à leur encontre. Léon XIV pourrait-il leur apporter des réponses avant de venir ou pendant ce voyage ?
Cardinal Aveline - Je recommande fortement la lecture des méditations que le Pape vient de consacrer, au cours des Audiences générales, au document de Vatican II traitant de la liturgie. Dans la deuxième, il rappelait l’intention des Pères conciliaires : « maintenir la saine tradition et s’ouvrir au progrès légitime » (Sacrosanctum concilium, 23). Et il commentait : « Le pape Benoît XVI a perçu dans cette déclaration d’intentions le “programme de réforme ” des Pères conciliaires, “en équilibre avec la grande tradition liturgique du passé et de l’avenir”, notant que “bien souvent, on oppose maladroitement tradition et progrès”, alors que, “en réalité, les deux concepts s’intègrent : la tradition inclut en quelque sorte le progrès. En d’autres termes, le fleuve de la tradition porte en lui également sa source et tend vers l’embouchure” ». Pour ma part, je viens de terminer la lecture des trois imposants volumes de Joseph-André Jungmann, Missarum solemnia, publiés quelques années avant le concile Vatican II, qui fournissent une « Explication génétique de la messe romaine », très utile pour suivre les méandres du « grand fleuve de la tradition liturgique» et les particularités de notre situation aujourd’hui. J’en recommande la lecture, faisant mienne l’exhortation de Léon XIV « à toujours garder ce respect des textes et des dispositions de la liturgie […] en manifestant de l’humilité devant sa grandeur et une fidélité sincère à la communion ecclésiale ». Ce qui préoccupe le plus le Pape, dans les débats que vous évoquez dans votre question, c’est donc de préserver la communion ecclésiale par une juste compréhension de ce qu’est la tradition
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JM Guénois - Dans moins d’une semaine, le 1er juillet, la Fraternité sacerdotale Saint Pie X (FSSPX) procédera à l’ordination d’évêques contre l’avis du pape. Une procédure d’excommunication semble enclenchée. Léon XIV a-t-il raison de sanctionner ?
Cardinal Aveline - Le Pape n’a pas caché sa grande tristesse, car on ne peut se satisfaire de l’aggravation d’ une telle déchirure dans le corps ecclésial. Pourtant, le cardinal Ratzinger, alors préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avait tout fait pour tenter d’éviter les ordinations de 1988. En 2007, par le Motu proprio Summorum Pontificum, il avait largement ouvert la possibilité de célébrer selon le rite romain tel qu’il figure dans les livres liturgiques antérieurs à la réforme de Vatican II. En 2009, il avait même levé les excommunications des évêques consacrés par Mgr Lefebvre et engagé des discussions doctrinales approfondies avec la Fraternité. Mais rien n’y fit !
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À ce jour, il me semble que le plus important n’est pas de tenter de parvenir à un accord doctrinal, auquel Benoît XVI lui-même avait fini par renoncer. Il s’agit plutôt de prier pour qu’advienne un changement d’état d’esprit, en s’inspirant de ces réflexions de Mgr Fellay , successeur de Mgr Lefebvre à la tête de la FSSPX : « L’un des dangers majeurs[pour la Fraternité, NDLR] est de finir par inventer une idée de l’Église qui paraît idéale, mais qui ne se trouve pas en fait dans l’histoire réelle de l’Église. Certains prétendent que pour travailler “en sécurité” dans l’Église, il faut préalablement qu’elle soit nettoyée de toute erreur. […] Or les saints réformateurs ne l’ont pas quittée pour combattre ces erreurs » (7 juin 2012). Il n’est donc pas interdit d’espérer, à condition que, des deux côtés, l’on ne cherche pas tant à défendre des positions qu’à entrer humblement dans une démarche d’écoute, de dialogue, de conversion et de quête de vérité devant Dieu.

( 1001075 )
Tout ce qui est dit là me paraît mesuré et intelligent par Justin Petipeu (2026-06-25 21:56:22)
[en réponse à 1001064]
Les sacres sont un problème mais la sanction paraît hallucinante par rapport à ce qu'on peut voir ailleurs, chez des gens qui n'ont même pas eu un rappel à l'ordre.
Enfin, voir le cardinal Aveline citer Mgr Fellay fort à propos ne manque pas de sel. Il y a beaucoup de bon sens dans cet entretien. Et il me semble qu'il est un peu une leçon aux deux parties.

( 1001096 )
en effet je partage votre impression, sagesse et bienveillance par Luc Perrin (2026-06-26 12:26:27)
[en réponse à 1001075]
Je retiens plutôt ces citations :
- "car on ne peut se satisfaire de l’aggravation d’ une telle déchirure dans le corps ecclésial. Pourtant, le cardinal Ratzinger, alors préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, avait tout fait pour tenter d’éviter les ordinations de 1988" (cardinal Aveline)
Il semble que la plupart dans la Hiérarchie se satisfassent de cette "déchirure". Le Cardinal souligne la grande différence entre 1988 et 2026 "avait tout fait pour éviter les ordinations" (il en acceptait même une via le Protocole du 5 mai 1988). Rien de tel hélas en 2026 du côté romain, la proposition Fernandez est très en-deçà de ce qu'avait accompli le cardinal Ratzinger.
- "Il n’est donc pas interdit d’espérer, à condition que, des deux côtés, l’on ne cherche pas tant à défendre des positions qu’à entrer humblement dans une démarche d’écoute, de dialogue, de conversion et de quête de vérité devant Dieu" (cardinal Aveline)
Cette incise "des deux côtés" est un appel clair tant à Rome qu'à Menzingen de faire un geste.
Puisse-t-il être entendu.

( 1001087 )
Jungmann par MDK (2026-06-26 08:23:50)
[en réponse à 1001064]
On en est pas sorti… Il serait peu être temps d’actualiser un peu. Je me demande ce qu’il a lu au séminaire en liturgie?

( 1001091 )
[réponse] par Réginald (2026-06-26 10:21:17)
[en réponse à 1001087]
Un ouvrage peut être ancien sans être périmé, que l'on partage ou non ses conclusions. Nous continuons bien à lire Dom Guéranger ou Louis Bouyer. Par curiosité, lequel des ouvrages de Jungmann avez-vous lu ?

( 1001095 )
Non, vous devez jeter tous vos vieux livres. par MDK (2026-06-26 12:16:05)
[en réponse à 1001091]
Le problème, c'est lorsqu'un ouvrage synthétique devient la référence privilégiée du séminaire. On demande à un non-spécialiste de faire le cours « pour rendre service », faute de moyens, et on répète les mêmes conclusions douteuses en permanence. Je ne connais pas assez les séminaires ED pour savoir si cela marche aussi avec dom Guéranger.

( 1001098 )
l'ouvrage de 1948 reste une référence par Luc Perrin (2026-06-26 12:48:00)
[en réponse à 1001087]
bien que complété par beaucoup d'autres et affiné sur bien des points, par des études archéologiques et autres postérieures.
De même que l'histoire du concile Vatican II d'Alberigo et alii demeure une référence.
Qu'on partage ou pas les conclusions et la ligne interprétative ne change rien à l'affaire.
Entre un néo-liturge contemporain pétri d'idéologie radicale et Jungmann mieux vaut encore le vieil ouvrage du Jésuite allemand.
Je crois que le choix du Cardinal ici, au-delà de l'anecdote sur ses lectures par temps de canicule, c'est de justifier la notion de "Tradition vivante" incluant des réformes.
Bien sûr, en dehors des fixistes obtus - il y en a très peu in fine -, chacun sait cela.
La vraie question n'est pas l'existence d'évolutions au fil du temps mais le fait qu'elles s'inscrivent ou pas dans la règle absolue pour le coup rappelée par S.C. au n°23 :
"Enfin, on ne fera des innovations que si l’utilité de l’Église les exige vraiment et certainement, et après s’être bien assuré que les formes nouvelles sortent des formes déjà existantes par un développement en quelque sorte organique."
Le problème est là et pour cela, Jungmann ne nous est pas utile puisqu'il ne traite pas de la rupture que représente le Novus Ordo. Rupture exaltée par beaucoup dont Son Éminence Arthur cardinal Roche.

( 1001100 )
Commentaire du Père Gy par MDK (2026-06-26 14:16:26)
[en réponse à 1001098]
Avec son humour habituel : « Le livre indispensable à la fois pour étudier l’histoire de la liturgie de la messe en Occident, pour mesurer la connaissance par l’Eglise catholique de sa propre tradition au milieu du XXeme et pour comprendre l’ordo missae de Paul VI »