CHAPITRE XXIV
LA CONFIRMATION.
La troisième vertu cardinale, c’est la force. Sans elle la prudence et la justice seraient des lettres mortes. Ce n’est pas assez d’avoir la connaissance du bien, ni même la volonté, il faut en avoir le courage.
Le courage est fils de la force. La force est une vertu qui tient l’âme en équilibre entre l’audace et la crainte. L’audacieux pèche par excès, le méticuleux par défaut, le fort tient le milieu entre l’un et l’autre (Apud Ferraris, Biblioth., etc., art. Virtus, n. 120).
La force a un double rôle, actif et passif. Actif, en face du devoir elle brave les dangers ; passif, à l’adversité elle oppose la patience. La magnanimité ou la grandeur d’âme, la confiance, le sang-froid, la constance, la persévérance, la résignation, l’activité, sont filles de la force.
Toute cette famille, surnaturalisée par la grâce, élève le caractère de l’homme à son plus haut degré de noblesse, en même temps qu’elle enfante dans la vie privée, comme dans la vie publique, les actes admirables qu’on cesse d’admirer depuis que le Saint-Esprit, répandu sur le monde, les a rendus si communs.
Est-il besoin d’ajouter que, à raison des circonstances présentes, la force doit être la grande vertu des chrétiens ? force pour mettre par le nombre, la grandeur et la sainteté de leurs œuvres, un contrepoids aux iniquités du monde ; force héroïque pour résister aux attaques exceptionnelles dont ils sont l’objet ; force pour souffrir les outrages inouïs, prodigués à tout ce qu’ils ont de plus sacré et de plus cher.
La quatrième vertu cardinale est la tempérance. C’est une vertu qui règle l’usage du boire et du manger, qui réprime la concupiscence, et modère les plaisirs des sens (Ferraris, ubi suprà, n. 130).
Comme ses trois sœurs, la tempérance est mère d’une noble et nombreuse famille. La sobriété, l’abstinence, la chasteté, la continence, la virginité, la pudeur, la modestie, la clémence, l’humilité, l’amabilité, sont ses filles. Qu’elles vivent dans un homme, et cet homme devient le type du beau moral, la personnification de l’ordre.
Éclairée par la prudence, réglée par la justice, soutenue par la force, l’âme commande au corps, et son commandement, exécuté avec exactitude, éloigne tout ce qui dégrade la nature humaine.
Loin de l’homme tempérant, la gourmandise, l’ivrognerie, la crapule, l’impureté, la folle prodigalité, le luxe ruineux, les plaisirs séducteurs ; en un mot, le honteux esclavage de l’esprit sous le despotisme de la chair.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde