Le Forum Catholique

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images/icones/flagIt.gif  ( 1000941 )oberto de Matteo sur lessSacres par Réginald (2026-06-24 15:38:10) 

Roberto de Mattei À propos des consécrations épiscopales du 1er juillet 2026 (traduction automatique) in Corrispondenza romana du 24/06/2026

Que penser et que faire face aux consécrations épiscopales annoncées par la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X à Écône pour le 1er juillet et à l’excommunication latae sententiae qui en découlera et qui sera réaffirmée par le Saint-Siège ?

La première considération à faire est que, si cela devait se produire, nous nous trouverions devant une épreuve douloureuse non seulement pour le monde de la Tradition catholique, dont la Fraternité Saint-Pie X fait partie depuis sa fondation le 1er novembre 1970 par Mgr Marcel Lefebvre, mais aussi pour le pape Léon XIV. En effet, le Pontife a indiqué que la réconciliation interne à l’Église constituait l’un des principaux objectifs de son pontificat, et il se trouverait, à peine plus d’un an après son élection, confronté à une nouvelle déchirure du tissu ecclésial, avec le risque d’aggraver des divisions qui attendent depuis des décennies une solution.

Sur le fond de la controverse, on ne peut manquer de signaler ce qui apparaît comme un véritable paradoxe. Parmi les nombreuses raisons invoquées par Mgr Lefebvre en 1988, et aujourd’hui reprises par la Fraternité Saint-Pie X pour justifier des consécrations épiscopales sans mandat pontifical, celle de l’état de nécessité des fidèles face à la gravité de la crise ecclésiale est à la fois l’argument le plus faible et le plus fort.

L’état de nécessité est en effet, par nature, une condition exceptionnelle qui permet de déroger à l’application ordinaire de certaines normes en vue d’un bien supérieur qui, dans le cas de l’Église, est le salut des âmes. Mais qui possède l’autorité pour constater l’existence d’un tel état et en déterminer le commencement et la fin ? Il est évident qu’une telle évaluation ne peut être laissée au jugement de la seule Fraternité Saint-Pie X. Si tel était le cas, il faudrait conclure que l’état de nécessité cesse lorsque la Fraternité estime qu’il a cessé, ce qui reviendrait à lui attribuer de fait un pouvoir de jugement sur le Saint-Siège incompatible avec la constitution hiérarchique et visible de l’Église. On créerait ainsi une situation dans laquelle un sujet particulier s’érigerait en critère ultime d’évaluation de l’action de l’autorité suprême.

Si le principe de l’état de nécessité était admis comme critère général d’action, tout évêque estimant que l’Église traverse une crise grave pourrait se sentir autorisé, voire moralement obligé, à consacrer d’autres évêques sans mandat pontifical afin d’assurer la continuité de la foi et des sacrements. La conséquence en serait une prolifération de juridictions parallèles et d’episcopi vagantes dispersés à travers le monde, avec les effets inévitables de fragmentation, de désordre et de confusion pour les fidèles eux-mêmes que l’on prétend protéger.

L’existence d’une lignée épiscopale issue de Mgr Richard Williamson, l’un des quatre évêques consacrés par Mgr Lefebvre en 1988 puis éloigné de la Fraternité Saint-Pie X, montre concrètement comment la logique de l’état de nécessité, une fois détachée d’un principe supérieur d’autorité capable de la délimiter et de la réguler, peut engendrer de nouvelles divisions. Il s’agit d’un phénomène qui, indépendamment du jugement porté sur les personnes concernées, manifeste le risque intrinsèque de consécrations épiscopales fondées sur une appréciation subjective de l’état de nécessité.

Et pourtant, cet argument, si fragile sur le plan théologique et canonique, apparaît comme le plus fort sur le plan pastoral. Mgr Lefebvre n’était ni un théologien spéculatif ni un canoniste, mais un missionnaire et un pasteur d’âmes. Dans sa lettre aux prêtres du 27 avril 1987, il écrivait :

« Les fidèles encore catholiques se trouvent en beaucoup d’endroits dans une situation spirituelle désespérée. C’est cet appel que l’Église entend ; c’est pour ces situations qu’elle accorde la juridiction par la loi de suppléance. »

Pour lui, le critère décisif n’était pas l’affirmation d’un droit propre à la Fraternité, mais le besoin spirituel des fidèles. Les consécrations épiscopales de 1988 voulurent être une réponse à cet appel des âmes.

Nous nous trouvons alors devant le paradoxe. La Fraternité Saint-Pie X, en invoquant l’état de nécessité, fonde une grande partie de sa justification sur la primauté des exigences pastorales sur les considérations strictement juridiques et doctrinales, faisant ainsi sienne cette primauté de la praxis pastorale qui constitue l’un des mandats impératifs du concile Vatican II. À l’inverse, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi se réfère à Vatican II, mais ne reconnaît pas le poids de l’argument pastoral et utilise contre la FSSPX des termes et des concepts de la théologie préconciliaire au nom de l’exigence de la doctrine et du droit.

Dans cette situation confuse, le seul conseil raisonnable que l’on puisse donner aux hésitants est de s’en tenir au principe de la logique et du droit qui affirme :

In dubiis standum est pro statu quo, donec ratio certa contrarium persuadeat

(« Dans les situations douteuses, il faut s’en tenir à l’état actuel des choses jusqu’à ce qu’une preuve certaine démontre le contraire. »)

La raison suggère que chacun demeure à sa place et continue à faire ce qu’il fait déjà, en évitant de se laisser entraîner dans des polémiques stériles et des proclamations émotionnelles, dont le seul résultat est de rouvrir d’anciennes blessures et de verser du vinaigre sur les plaies de l’Église.

Le problème qui se pose aujourd’hui est bien plus vaste que celui, déjà grave, des consécrations épiscopales du 1er juillet et de leurs conséquences canoniques. La question ne se réduit ni au débat sur la liturgie traditionnelle ni à l’interprétation des documents du concile Vatican II. Au cœur de la controverse se trouve le jugement historique et théologique porté sur le XXᵉ siècle, un siècle qui a profondément marqué le destin de l’Église et du monde contemporain.

Il y a un peu plus de cent ans, l’incendie de la Première Guerre mondiale mettait fin à l’ordre international né des siècles chrétiens, tandis que la Révolution bolchevique d’octobre 1917 allumait un feu encore plus vaste dans le monde. Mais cette même année, alors que le bolchevisme s’emparait du pouvoir, la Vierge Marie apparaissait aux trois petits bergers de Fatima, expliquant les véritables causes de la crise du monde moderne et assurant, après les châtiments, les guerres et les persécutions, le triomphe final de son Cœur Immaculé.

Le message de Fatima s’adressait à l’humanité entière, mais de manière particulière aux pasteurs de l’Église, au sein de laquelle le modernisme avait commencé à répandre son poison mortel. Contre ce mal, la Providence suscita saint Pie X. Avec l’encyclique Pascendi Dominici gregis du 8 septembre 1907, dix ans avant les apparitions de Fatima, le grand Pontife dénonça avec une lucidité prophétique le processus d’auto-dissolution qui marquerait les décennies suivantes.

Pascendi et Fatima constituent respectivement le diagnostic doctrinal et la réponse surnaturelle à la crise de la modernité. Ces événements, à leur tour, ne prennent leur véritable signification que replacés dans une perspective plus large permettant de lire l’histoire humaine comme les différentes phases d’un unique combat qui traverse les siècles.

C’est ici que retrouve toute son actualité extraordinaire la vision de Saint Augustin. Dans La Cité de Dieu, le grand Docteur de l’Église interprète l’histoire comme l’affrontement permanent entre ceux qui orientent leur vie vers Dieu et ceux qui refusent l’ordre divin. La tradition augustinienne, par sa capacité à lire les événements historiques à la lumière de la Providence, offre la clé d’interprétation nécessaire pour affronter des questions qui continuent de déterminer le destin de l’Église, avec ses apostasies, ses persécutions et ses héroïsmes.

Le dernier mot, dans cet horizon dramatique, revient à celui qui a reçu le mandat divin de guider l’Église et que la Fraternité Saint-Pie X elle-même reconnaît comme le légitime Vicaire du Christ : le pape régnant aujourd’hui, Léon XIV. Aucune solution véritable et définitive aux graves problèmes qui affligent le Corps mystique du Christ ne pourra être trouvée en dehors du Pontife romain ou contre lui.
images/icones/c_nul.gif  ( 1000943 )Vous ne cesserez donc jamais par Jean-Paul PARFU (2026-06-24 15:42:47) 
[en réponse à 1000941]

De nous proposer la lecture de telles idioties, Réginald ?

Si nous avions obéi aux Papes depuis Paul VI, il n'y aurait plus rien aujourd'hui !
images/icones/carnet.gif  ( 1000945 )Curieux par Réginald (2026-06-24 15:51:36) 
[en réponse à 1000943]

Le moteur de recherche du forum indique que vous avez cité Roberto de Mattei à 48 reprises. Il était donc manifestement une référence lorsqu'il allait dans votre sens. Le voilà soudain promu au rang d'« auteur d'idioties » lorsqu'il pose des questions embarrassantes.
images/icones/fleche2.gif  ( 1000947 )Oberto de Matteo par Jean-Paul PARFU (2026-06-24 16:03:51) 
[en réponse à 1000945]

Ou Roberto de Mattei ?

En tout état de cause, je l'apprécie d'habitude beaucoup, mais cet article "centriste" et soi-disant "dépassionné", vu de haut, est un peu décevant, surtout venant de lui.
images/icones/carnet.gif  ( 1000950 )en progrès par Réginald (2026-06-24 16:09:46) 
[en réponse à 1000947]

Nous sommes donc passés d'« idioties » à « article décevant ». C'est déjà un terrain de discussion plus confortable.
images/icones/carnet.gif  ( 1000955 )Et après par DumVolviturOrbis (2026-06-24 16:24:40) 
[en réponse à 1000950]

ce serait moi qui suis outrancier et je me prends un carton jaune.
Il faut juste être dans le bon camp pour se permettre ce genre de choses.
JDCJDR comme on dirait sur les forums...
images/icones/rose.gif  ( 1000956 )C'est curieux Réginald par Jean-Paul PARFU (2026-06-24 16:26:02) 
[en réponse à 1000950]

Car vous me reprochez le ton de mon post s'agissant de de Mattei, mais vous ne nous proposez jamais, d'habitude, la lecture de ses écrits. Pourquoi donc alors cette fois-ci ?
images/icones/carnet.gif  ( 1000959 )Omne verum a quocumque dicatur par Réginald (2026-06-24 16:36:07) 
[en réponse à 1000956]

Omne verum a quocumque dicatur a Spiritu sancto est.

« Toute vérité, quel que soit celui qui la dit, vient de l’Esprit-Saint » (Saint Thomas, I-II, q. 109, a. 1, ad 1 )
images/icones/5b.gif  ( 1000946 )Permettez-moi... par Athanasios D. (2026-06-24 16:02:49) 
[en réponse à 1000943]

... de vous donner un conseil. S'il est inefficace, en voici un deuxième.

Ath
- de rien
images/icones/iphone.jpg  ( 1000949 )C’est un peu court, jeune homme ! par Adso (2026-06-24 16:06:36) 
[en réponse à 1000943]

En quoi les propos sont idiots … En quoi dire que la notion d’état de nécessité est prise en otage par la FSSPX est idiot ?

Possible, mais il faut argumenter… toujours les mêmes fatwas avec ceux que vous que estimez sacrilèges et blasphémateurs de la Ste Fraternité ( désolé mais vos réactions épidermiques ressemblent à cela)
images/icones/fleche3.gif  ( 1000952 )I love you !!! par Ludwik (2026-06-24 16:11:55) 
[en réponse à 1000943]

Fan je suis.
 ( 1000966 )Argument bizarre par Roger (2026-06-24 17:36:51) 
[en réponse à 1000943]

On peut parfaitement soutenir le contraire et dire que les choses iraient mieux si le clergé traditionnel etait présent en bloc et en force au sein de l’Eglise - et non aux marges.

Il est difficile d’en être certain

Mais il est absurde d afficher votre position avec une fermeté aussi simpliste !
images/icones/nounours.gif  ( 1000967 )Cher ami Roger par Jean-Paul PARFU (2026-06-24 17:51:55) 
[en réponse à 1000966]

La FSSPX n'est pas "aux marges" ! Elle est au coeur !

 ( 1000970 )Mon Dieu ! par Roger (2026-06-24 18:40:49) 
[en réponse à 1000967]

Et que faites vous du pape et des évêques ?

Si ce œuvre Louis Veuillot lisait cela !

Vos quatre évêques sans diocèse seraient donc au cœur de l’Eglise .
images/icones/4b.gif  ( 1000948 )C'est pourtant simple !... par Vistemboir2 (2026-06-24 16:06:05) 
[en réponse à 1000941]

Si Mgr Lefebvre n'avait pas fondé la FSSPX ni sacré 4 évêques, aujourd'hui, il n'y aurait ni communautés Ecclesia Dei ni même célébrations de messes traditionnelles.

Et l'Église catholique ne serait plus qu'une variété de communauté évangélique, avec des "évéquesses" et des pasteurs mariés, voire pacsés, LGBT ou pas.

Donc il faut arrêter avec les subtilités juridiques au sujet du mandat pontifical, la situation actuelle de l'Église est bien trop grave pour réduire l'affaire des consécrations épiscopales au respect ou non de normes disciplinaires...
images/icones/fleche3.gif  ( 1000951 )La théologie est génante, évacuons là par Ludwik (2026-06-24 16:11:03) 
[en réponse à 1000948]

de toute facon, nous sommes sauvés.

PS: avec des arguments pareils, on peut tout aussi bien détruire le secret de la confession. La nécessité vous dis-je, la nécessité !
images/icones/fleche2.gif  ( 1000981 )Qui peut décréter l'état de nécessité ? par lumineux (2026-06-24 21:05:01) 
[en réponse à 1000951]

Il est crucial de préciser que l'état de nécessité n'est pas une "déclaration" administrative que l'on vote ou que l'on décrète par une autorité humaine. C'est une constatation de fait.


La nature du fait : L'état de nécessité est une réalité objective. Si les sacrements sont altérés, si la doctrine est obscurcie et si la discipline est ruinée, l'état de nécessité existe par le simple fait de cette crise. Il ne dépend pas de la volonté d'un évêque ou d'un supérieur pour exister.

Les évêques et les prêtres, en vertu de leur mission de pasteurs, ont le devoir de constater cette nécessité pour protéger le troupeau. Comme l'enseignait le Pape Pie XII, le pasteur doit veiller à ce que le troupeau ne soit pas exposé à des pâturages empoisonnés.

La responsabilité des fidèles : Le fidèle, bien qu'il ne soit pas législateur, a le droit et le devoir de protéger sa foi. Le Code de Droit Canonique de 1917 reconnaît que, dans des cas de nécessité extrême, les lois ecclésiastiques cessent d'obliger si leur observation met en péril la foi ou le salut.


Je pense que Roberto de Mattei suivra le exemple de Madiran et finira par dire comme Madiran à propos de la décision de Mgr Lefebvre de procéder aux sacres« Moi, à l’époque, je n’étais pas capable de porter un jugement. Aujourd’hui, il m’est difficile de trouver qu’il ait eu tort. »
La Porte Latine +1
images/icones/carnet.gif  ( 1000953 )C'est la réponse à toute attaque.... par Pol (2026-06-24 16:17:56) 
[en réponse à 1000948]

....des 'adversaires' de la Fsspx. Bravo et merci. La lutte se pursuit inlassablement sur tous les fronts.
images/icones/4a.gif  ( 1000972 )Je crois que vous vous trompez : c'est anti FSSPX par Aliocha (2026-06-24 18:46:29) 
[en réponse à 1000953]

Nécessité ! Nécessité !

C'est plus ravageur que tous les raisonnements de la FSSP.
Si vous en doutez, notez bien la phrase où il est question de "la secte"
images/icones/carnet.gif  ( 1000980 )On poursuit .... par Pol (2026-06-24 21:00:47) 
[en réponse à 1000972]

....la lutte comme déjà dit.
images/icones/3c.gif  ( 1000989 )Pour poursuivre la lutte par DumVolviturOrbis (2026-06-24 22:15:29) 
[en réponse à 1000980]

pensez à bien prendre une bouteille d'eau dans le cagnard du 1er juillet, autrement vous endurerez les souffrances de vos camarades.

Non, mais sérieux ? Vous vous rendez compte de ce que vous dites ?
Vous allez finir par nous chanter l'Internationale...
 ( 1000971 )Vous n’en savez rien par Roger (2026-06-24 18:42:50) 
[en réponse à 1000948]

On peut parfaitement soutenir au contraire que si les prêtres les plus traditionnels étaient restés dans l’Eglise leur influence aurait été plus forte

Je n’en ai pas la preuve mais vous ne pouvez pas non plus affirmer le contraire
images/icones/1n.gif  ( 1001078 )Quel âge avez-vous ? par Justin Petipeu (2026-06-25 22:35:27) 
[en réponse à 1000971]

Il faut être timbré pour croire que sans les sacres de 1988, il resterait quoique ce soit des tradis. Vous n'avez sans doute pas connu cette époque où l'aumônier du lycée venait vous voir rouge de colère pour vous dire que s'il vous voyait encore faire une génuflexion, vous seriez interdit de service de messe.
images/icones/1d.gif  ( 1001085 )Ah ? Vous aussi ? par Pétrarque (2026-06-26 07:30:10) 
[en réponse à 1001078]

J'ai eu à peu près la même chose quand j'étais au lycée...

Sauf que moi, ce n'était pas vraiment un aumônier, c'était une vieille refoulée.

Et à la retraite du Bac, un couple composé d'un jésuite progressiste et d'une religieuse en civil qui nous interdisaient de nous agenouiller dans la chapelle "pour pas abîmer la moquette"...

Immunisation à vie.