CHAPITRE XXIV
LA CONFIRMATION.
La vertu est une habitude essentiellement bonne (Id., q. 55, art. 4 et 3, corp). Cette définition montre toute la différence qui existe entre l’habitude proprement dite et la vertu. La première est bonne ou mauvaise et porte au bien ou au mal. La seconde est essentiellement bonne et ne peut porter qu’au bien. De là, cette autre définition de saint Augustin : « La vertu est une bonne qualité ou habitude de l’âme qui fait vivre bien, que nul ne peut employer à mal, et que Dieu a mise en nous, sans nous» (De lib. arbit., lib. XI, c. XVIII).
Dans l’ordre purement naturel, on distingue les vertus infuses et les vertus acquises. Les premières, comme dit saint Augustin, sont en nous, sans nous ; mais il est évident que par les actes souvent réitérés, ces bonnes qualités acquièrent à la longue une grande énergie.
Ainsi développées, elles s’appellent vertus acquises. Pas plus ici qu’ailleurs, l’homme ne doit s’attribuer ce qui appartient à Dieu. Dans l’ordre naturel, comme dans l’ordre surnaturel, c’est toujours sur un fond divin qu’il travaille. Les semences des vertus acquises sont en lui, sans lui.
Son seul mérite est dans la culture qu’il donne aux dons du Créateur. Et encore les actes qui résultent de sa coopération n’atteignent jamais la perfection du principe d’où ils émanent : semblables au ruisseau dont l’eau est toujours moins pure que celle de la source même. (S. Th., 1a, 2ae, q. 63, art. 4, corp. ; et art. 4, ad 3. 2).
Procédant de principes purement naturels, c’est-à-dire n’étant que l’épanouissement de la vie humaine, les vertus naturelles infuses ou acquises ont pour terme la perfection naturelle. Leur demander d’élever l’homme à une fin surnaturelle, c’est-à-dire de le conduire à la perfection de sa vie divine, serait absurde.
La raison en est claire comme le jour. En toutes choses, les moyens doivent être proportionnés à la fin ; donc le naturel ne peut produire le surnaturel. Cependant le surnaturel est la fin pour laquelle l’homme a été créé. Comment y parviendra-t-il ? Avec sa lucidité ordinaire saint Thomas va nous donner la réponse.
« Il y a dans l’homme, dit le Docteur angélique, deux principes moteurs : l’un intérieur, c’est la raison ; l’autre extérieur, c’est Dieu (1a 2ae, q. 63, art. 4, corp). Le premier, générateur des vertus purement humaines, met l’homme en état d’agir, dans bien des cas, conformément à la droiture et à l’équité naturelle. Mais cela ne suffit pas ; l’homme est appelé à vivre d’une vie divine.
De cette seconde vie, le Saint-Esprit lui-même est le principe. La grâce qu’il répand dans l’âme, au moment du baptême, est un élément divin, d’où procèdent des vertus surnaturelles, comme les vertus naturelles procèdent de la raison ou de l’élément humain. Ces vertus prennent le nom de vertus surnaturelles infuses. Elles ne sont pas la grâce, pas plus que les vertus naturelles ne sont la raison, pas plus que l’acte n’est la puissance : pas plus que l’effet n’est la cause» (S. Th., 1a, 2ae, q. 110, art. 3, ad 3).
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde