Le Forum Catholique

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images/icones/ancre2.gif  ( 1000277 )Mon manifeste liturgique par Paterculus (2026-06-08 21:16:22) 

En matière de liturgie, on peut suivre Benoît XVI, qui fut sans doute le plus liturgiste des papes. Il maîtrisait la science liturgique et avait le sens liturgique.

La science liturgique présuppose la connaissance des diverses formes de la liturgie selon les
siècles, les régions et les cultures, mais elle ne se confond pas avec cette connaissance.

La science liturgique présuppose aussi une bonne théologie sacramentaire, mais elle ne se confond pas non plus avec elle.

Elle consiste à expliquer comment les formes liturgiques servent au mieux la participation spirituelle aux mystères ; tous les fidèles en effet doivent participer activement à la liturgie, chacun selon son rang ou son ordre. Mais cette participation active n’est pas d’abord matérielle, elle est essentiellement spirituelle, et la participation physique est au service de la participation spirituelle.

Cela conduit à définir le sens liturgique. Il doit être présent chez tous les fidèles : il consiste à ce que chaque fidèle, selon son ordre ou selon son rang, se mette au service du mystère qu’il célèbre. Pour cela, il faut bien connaître la volonté de l’Eglise, et donc connaître les normes. Cela est valable surtout pour le prêtre : sa volonté d’être au service du mystère célébré par l’Eglise ne peut manquer d’être remarquée par les fidèles, qui en sont touchés et portés à participer de tout leur cœur ; de plus, l’intention de faire ce que fait l’Eglise est dans certains cas le gage de la validité des sacrements, par exemple si le prêtre manque de foi ou est indisposé. Mais si le prêtre n’a pas la volonté de respecter les normes de l’Eglise, on peut douter de sa volonté de faire ce que fait l’Eglise. Enfin, les prêtres sont qualifiés dans la liturgie de serviteurs des saints mystères : ils doivent les servir et non s’en servir !

Pour cette participation spirituelle active, il convient de comprendre ce que sont les symboles. Pour qu’il y ait une relation symbolique entre deux réalités, il faut qu’il y ait analogie entre elles : analogie de comportement intellectuel (penser à l’une d’elles amène à penser à l’autre) ou analogie pratique (on se comporte vis-à-vis de l’une comme vis-à-vis de l’autre).

L’analogie est fondamentale en théologie. On ne peut rien affirmer de Dieu que par analogie. La Bible est pleine d’analogies et de symboles. Les fidèles doivent être formés, dans toute la mesure du possible, à la connaissance de l’analogie.

Le présent texte ne se comprend bien que si l’on voit que le mot latin traditio a deux sens : il peut signifier soit le contenu transmis, soit l’acte de transmettre. Celui-ci doit être en rapport avec celui-là. C’est ainsi que chaque fois que l’Eglise s’est adaptée à de nouvelles cultures, elle a enrichi la tradition au sens de transmission : c’est à ce niveau que la tradition peut être dite changeante. Mais le contenu, lui, est immuable. Simplement les variations de la liturgie de l’Eglise enrichissent ce contenu exprimant toujours mieux l’un ou l’autre aspect.


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Ce texte n'est sans doute pas suffisamment abouti, mais je pense qu'il peut être utile à la réflexion dès maintenant.
Bonne lecture !
Votre dévoué Paterculus
images/icones/carnet.gif  ( 1000281 )[réponse] par Leopardi (2026-06-09 00:26:33) 
[en réponse à 1000277]

Une réforme de la réforme est la solution la plus évidente et la plus souhaitable car elle unira les fidèles des deux rites et harmonisera les lieux de cultes et donc les horaires de célébrations.

Elle n'est cependant pas la plus facile à mettre en oeuvre car elle passera par l'acceptation de "compromis" de part et d'autre et obligera les fidèles à sortir de leur confort d'"entre-soi" à tendance anathématisante.

Par ailleurs, une réforme bien faite ne pourra pas faire l'impasse sur l'énorme écart ecclésiologique qui existe entre l'ancien et le nouveau rite et qui se manifeste dans l'ancien par ses rubriques strictes et par une symbolique très riche, toutes choses que le nouveau rite a évacuées, les rubriques du PGMR étant constamment émaillées de vel, vel, vel.

Cette différence ecclésiologique s'étend d'ailleurs bien au-delà de la Messe et concerne les éléments de notre Foi dont la Messe n'est que le signe visible mais une petite part émergente seulement.

Si on voulait être pragmatique, je dirais que cette réforme peut se faire en deux temps car elle concerne deux populations:

1 - Les fidèles: la grande majorité (excepté les tradis du forum) sont surtout sensibles à l'aspect extérieur de la Messe qui en donne la sacralité, moins au contenu des prières, d'autant qu'elles sont dites à voix basse. Restaurons donc la Messe face à Dieu et le latin au moins dans le kyriale et le canon. Ce sera un choc suffisant pour les fidèles NOM. S'ils survivent à cela, le reste suivra facilement à leur niveau.

2 - Le clergé: c'est la structure et le contenu des prières de la Messe qu'il faudra revoir. Il s'agira ici de questions de fond, théologiques, qui prendront du temps. L'avantage c'est que le clergé aura le temps car une fois le point 1 acté, les fidèles pourront déjà bénéficier d'une Messe plus fidèle à Sacrosanctum Concilium dans ses rites; une Messe "pro liturgia". En cela Denis Crouan n'avait pas tort mais uniquement dans une perspective de rite temporaire en attendant cette réforme.