Le Forum Catholique
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L'annonce des sacres à la FSSPX et l'Evangile des pasteurs intrus par Petrus (2026-05-27 14:09:16)
N'est-ce pas un clin d'œil de la Providence que l'annonce par la Maison générale le mardi 26 mai des noms des quatre évêques de la FSSPX qui seront sacrés sans mandat le 1er juillet prochain sur la pelouse d'Ecône se soit faite le jour même (mardi de la Pentecôte) où se lit à la messe l'Evangile des pasteurs intrus ? « En ce temps-là, Jésus dit aux Pharisiens : En vérité. je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans la bergerie des brebis, mais qui y monte par un autre endroit, est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le pasteur des brebis » (Evangile selon saint Jean, chapitre 10, versets 1 et 2).
On prétend que ces sacres sans mandat, c'est-à-dire sauvages, sont faits pour sauvegarder la Tradition et sauver les âmes alors qu'il s'agit bien plus prosaïquement d'assurer la survie d'une structure épiscopalienne, d'un groupement fonctionnant en circuit fermé, comme le font la quasi-totalité des groupes traditionalistes depuis plusieurs années voire plusieurs décennies, qu'ils se réclament de la position de la FSSPX, de la résistance williamsonnienne, du sédéprivationnisme ou du sédévacantisme.
On prétend agir pour la Tradition mais dans quel catéchisme, dans quel manuel de théologie enseigne-t-on que l'on peut sacrer des évêques sans mandat papal et même, pire encore, contre la volonté explicite, publique, plusieurs fois réitérée, de celui que l'on reconnaît publiquement et tous les jours au canon de la messe comme le vicaire du Christ, « le doux Christ sur la terre » comme le dit sainte Catherine de Sienne du Pape ? Quels sont les exemples des saints, des confesseurs de l'Eglise que l'on peut citer, dont on peut se réclamer pour agir ainsi ? Evidemment aucun. Pie XII l'affirme très clairement dans l'encyclique Apostorum principis donnée à Rome le 29 juin 1958, trente ans quasiment jour pour jour avant les sacres sans mandat de Mgr Lefebvre : aucun groupe de clercs ou de fidèles ne peut s'autoriser, quelles que soient les intentions et quelles que soient les circonstances, à sacrer des évêques sans mandat papal. Ainsi le veut la constitution divine de l'Eglise que l'on n'a pas le droit de fouler au pied.
Or, on prend prétexte des scandales publics, certes ô combien réels, que donnent quotidiennement les modernistes qui occupent le Vatican depuis plus de soixante ans, pour se permettre de s'affranchir de la doctrine immuable de l'Eglise. Et c'est d'ailleurs là toute la contradiction et, disons-le, toute l'imposture d'un certain traditionalisme : au nom du désordre actuel qui n'est hélas que trop réel, on se croit tout permis, on dit et on fait n'importe quoi et on ajoute de la confusion à la confusion, du chaos au chaos, de l'anarchie à l'anarchie. On contribue à déchirer un peu plus la tunique du Christ.
On prétend que l'on fait tout cela pour sauver les âmes ou pour sauver l'Eglise. Quelle présomption ! Mais peut-on sauver l'Eglise en s'en prenant à ses fondements, en violant sa divine constitution ? Peut-on sauver les âmes lorsqu'on s'attribue des dignités ecclésiastiques, un ministère sacerdotal ou épiscopal sans y avoir été appelé par l'autorité légitime dans l'Eglise, c'est-à-dire sans entrer par la porte dans la bergerie du Christ ?
Pour rassurer les âmes inquiètes ou hésitantes devant une telle folie — car en plus on est récidiviste ! — on prétend que les évêques sacrés n'auront aucune juridiction et que l'on n'a nulle intention de constituer une Eglise parallèle. Mais il ne suffit pas d'affirmer cela pour que cette affirmation corresponde à la vérité. Que l'on sache, ces quatre évêques vont recevoir chacun une mitre, une crosse et un anneau qui sont objectivement autant de signes de juridiction. Quand ils se promèneront dans le monde entier pour confirmer et ordonner, sans même en référer à ce qu'ils reconnaissent pourtant publiquement comme l'autorité diocésaine légitime, ils auront leur mitre, leur crosse et leur anneau qui sera baisé à genoux par les fidèles. Dans quelle réalité parallèle vivent ces gens ?
La cérémonie des sacres prévoit obligatoirement la lecture du mandat papal, preuve de son importance capitale, de son impérieuse nécessité. Comme les lefebvristes ne l'ont pas, que vont-ils faire ? Vont-ils supprimer cet élément essentiel ou va-t-on plus probablement, comme en 1988, dans une forme de jeu scénique bien peu reluisant et convaincant, s'inventer un mandat fictif, virtuel venant de « la Tradition » ! Cela fait penser à une ancienne publicité pour le saucisson Emile Bridel : la tradition, ça a du bon ! En tout cas, l'usage immodéré de ce mot permet tout, justifie tout à l'avance. On se dit fidèle à la Tradition alors qu'en réalité ces façons de faire sont très modernes, subversives. subjectives et révolutionnaires. Je fais ce que je veux. Comme le disait sans gêne et sans apparent problème de conscience un prêtre lambda de la FSSPX il y a quelques mois : « si le Pape nous donne le mandat, on sacre avec mandat. Si le Pape ne nous le donne pas, on sacre quand même. Si on a un accord avec Rome, tant mieux. Si on ne trouve pas d'accord, tant pis, on sacre quand même, quitte à être excommunié » Ça se passe comme ça, non pas chez Mc Donald's comme dit la pub, mais à la FSSPX ! C'est ce genre de propos ahurissants montrant une totale perte du sens de l'Eglise et de ce qu'est l'Eglise qui sont tenus aujourd'hui sans vergogne par des clercs dits traditionalistes qui sont autant d'aveugles qui conduisent d'autres aveugles dans la fosse. Décidément les temps ont bien changé depuis l'ultramontain Louis Veuillot et depuis saint Pie X qui enseignait que « là où il y a un dissentiment avec le Pape, il n'y a pas de sainteté ».
Car il faut regarder la vérité en face. N'est-ce pas Bossuet qui écrivait qu'il n'est pire dérèglement de l'esprit que de voir la réalité non pas telle qu'elle est mais telle qu'on voudrait qu'elle soit ? Or, n'est-ce pas objectivement constituer une Eglise parallèle que de sacrer des évêques sans mandat, qui sont des astres errants, qui ne détiennent leur mandat d'aucune autorité légitime, qui ne sont pas d'Eglise et qui vont prêcher et conférer les sacrements sur les cinq continents comme s'ils étaient des princes de l'Eglise pourvus d'une véritable autorité ? On vit dans un monde irréel, fabriqué de toutes pièces pour les besoins de la cause. C'est un décor en carton pâte. C'est une illusion, une imposture. un décor Potemkine. On fait semblant. On joue à être évêque comme l'enfant joue aux Playmobil. Car enfin de quoi parle-t-on ? C'est un simple prêtre sans juridiction (l'abbé Pagliarani), sans titre, ordonné sans lettres dimissoriales en 1996 par un évêque (Mgr Fellay), alors officiellement excommunié, à la tête d'une société sacerdotale supprimée canoniquement (officiellement) depuis plus de cinquante ans (le 6 mai 1975) qui décide seul {« j'ai décidé » a-t-il dans son sermon à Flavigny le 2 février dernier) du sacre sans mandat de quatre évêques. Mesure-t-on l'incongruité, l'extravagance de la situation ?
Au nom de la crise de l'Eglise, tout en prêchant aux autres l'humilité, on s'invente une mission. On est les bénis de Dieu, les élus. On prétend sauver l'Eglise alors qu'on contribue à la détruire un peu plus. On se dit catholique romain alors qu'on est là à des années-lumière de toute romanité, de toute soumission filiale et véritable au Siège apostolique. Et le pire, c'est que, tout en faisant cela, on condamne péremptoirement toute forme de sédévacantisme, même à titre d'hypothèse ou d'exploration. Et pour prouver qu'on reconnaît bien Léon XIV comme l'autorité suprême, on publie le 26 mai 2026 un communiqué dans lequel on ose écrire : « Dans une démarche de respect envers l’autorité suprême de l’Église universelle, les dossiers de ces prêtres ont été présentés au Saint-Père, accompagnés de quelques explications requises à la bonne compréhension de cette démarche, dans le contexte très particulier et exceptionnel de ces consécrations épiscopales. » On a déjà décidé des noms et du nombre de ces évêques, de la date et du lieu de la cérémonie, on a fait savoir publiquement à l'autorité que l'on reconnaît comme suprême qu'on refusait d'obéir à sa demande de renoncer ou de surseoir à ces sacres, qu'on les ferait exactement comme, où et quand on l'avait décidé mais, nous dit-on sans rire, nous sommes dans une « démarche de respect envers l'autorité suprême ». Si le sujet n'était pas aussi grave et ses conséquences aussi incommensurables, il y aurait de quoi pouffer de rire. Dans les chapelles et séminaires de la FSSPX on fait chanter lors des saluts du Saint-Sacrement le Tu es Petrus, on y tient beaucoup, on impose avant la cérémonie du sous-diaconat à chaque futur prêtre de reconnaître l'actuel occupant du siège de Pierre comme le vicaire du Christ et de se dire en communion (una cum) avec lui tous les jours dans la partie la plus sacrée de la messe (les rubriques demandent d'ailleurs au célébrant de s'incliner en signe de soumission lorsqu'il cite le nom du Souverain Pontife) et moyennant quoi on lui désobéit publiquement tous les jours que Dieu fait. On devrait jouer Tartuffe de Molière dans tous les séminaires de la FSSPX. Ce serait parfaitement adapté. Ce serait un bon résumé de ce qu'ils font et de ce qu'ils sont.
Et ce sont ces Diafoirus de la religion qui osent dire qu'ils sont les meilleurs des catholiques, le petit reste des catholiques fidèles ! A d'autres ! Il faut dire que Mgr Lefebvre a encouragé lui-même ce genre de dérives sectaires voire illuministes en laissant clairement entendre dans son sermon le jour des sacres, le 30 juin 1988, qu'il était l'évêque dont la Sainte Vierge parlait dans les apparitions de Quito et qui sauverait l'Eglise au vingtième siècle ou en écrivant que le Bon Dieu avait confié l'Arche d'Alliance du Nouveau Testament à la Fraternité Saint-Pie X ! Pas moins ! C'est d'ailleurs une constante de tous ces sacres sans mandat de prétendre qu'ils sont là pour sauver l'Eglise. C'est ce que disait Mgr Carmona en se faisant sacrer par Mgr Thuc en 1981 à Toulon. C'est ce qui était écrit dans Sodalitium. la revue de l'IMBC, lors du sacre de Franco Munari par le Père Guérard en 1987 : « Une chose est la volonté de l'homme. Autre chose la volonté de Dieu ». Autrement dit. à en croire cet institut sédéprivationniste, ce sacre réalisait la volonté de Dieu. Manque de chance : moins de trois ans après son sacre, cet évêque défroquait. On voit mal la volonté de Dieu dans toutes ces réalités sordides. Tous ces sacres sans mandat participent objectivement et puissamment à l'atomisation des groupes traditionalistes qui fonctionnent tous en vase clos, s'excommunient et s'anathématisent entre eux, y compris à coup de vidéos sur YouTube, et qui sont autant de sectes cornaquées par des gourous.
Plus près de nous, sur le plan chronologique, l'abbé Salenave expliquait à la mort de Mgr Williamson lors d'une de ses conférences sur YouTtube que son legs précieux était de nous avoir laissé six évêques. Il faut d'ailleurs préciser : trois évêques sacrés publiquement, trois en secret, mais tous les six sans mandat ! On a pourtant du mal à voir la valeur ajoutée de ces sacres. En tout cas, le 1er juillet à midi, la FSSPX aura égalisé, comme dans un match de football, face à l'équipe williamsonienne : elle aura à son tour six évêques. Six contre six. Y aura-t-il une prolongation pour les départager ? Il se susurre que certains évêques williamsonniens auraient envie de faire des petits. Car il en va des évêques sans mandat comme des lapins d'Australie : ils se multiplient à l'infini. Rien ne les arrête. Ils repoussent sans cesse. Le 1er juillet. si nos comptes sont bons. on sera déjà à quinze évêques sans mandat de la lignée Lefebvre dont trois déjà décédés (Rangel en 2002, Tissier de Mallerais en 2024 et Williamson en 2025) et douze encore en vie. Et ce n'est sans doute pas fini. La lignée Thuc a certes de l'avance mais à ce rythme la mouvance lefebvriste peut nourrir l'espoir d'un jour la rattraper au cours d'une échappée. Il y a match comme disent les commentateurs sportifs.
Ce qui est dramatique dans tout cela, c'est qu'on perd totalement le sens de l'Eglise, l'amour de l'Eglise. On s'invente, on se crée son Eglise pour ses propres besoins, pour son petit confort sacramentel et spirituel. Certes il est très important d'avoir les sacrements mais pas à tout prix, pas à n'importe quel prix. Si le Bon Dieu a permis cette crise d'une gravité inouïe et qui semble s'éterniser, c'est à la fois une punition et une épreuve. Une punition pour avoir fait un tel mésusage des sacrements, pour avoir abusé de ses bienfaits et de sa patience, pour avoir manqué de respect envers les trésors de l'Eglise. Une épreuve pour fortifier notre foi, augmenter notre espérance. dilater notre charité. Les catholiques japonais ont été privés plusieurs siècles durant des sacrements. Ils se sont sanctifiés sans. Ce n'est pas facile sans doute mais avec la grâce de Dieu, une intention droite et une ferme volonté, tout est possible. Mais hélas le monde traditionaliste préfère le consumérisme sacramentel à la doctrine et à l'Eglise du Christ et les délices de Dieu au Dieu des délices.

( 999771 )
Merci pour ce point de vue par Adso (2026-05-27 14:24:30)
[en réponse à 999769]
Je ne partage pas tout, mais il pose des questions et rappelle des vérités malgré tout...
Cependant, on a envie aussi de dire ... Alors, que faire ? Parce que votre texte ne donne pas de solution...
Espérons (et la question a été posée à Rome me dit on ) que la situation des uns et des autres, soit clarifiée de manière certaine, si excommunication il y a, comme elle le fut par le motu proprio ED, en levant cette fois les ambiguïtés (pas taper, je ne fais qu'émettre un souhait !)

( 999779 )
Alors que faire ? par Vincent F (2026-05-27 16:30:48)
[en réponse à 999771]
Arrêter de tout voir sous l’angle de l’obéissance perinde ac cadaver qui empoisonne l’Eglise sous l’influence délétère d’une Compagnie qui identifie opportunément la plus grande gloire de Dieu à sa plus grande gloire à elle.

( 999773 )
J’ai une question … par Jean-Gab (2026-05-27 14:32:33)
[en réponse à 999769]
J’ai lu, en partie je le confesse, votre message .. il faudrait aérer, faire des paragraphes s’il vous plait parce que c’est vite fatiguant à lire et soporifique..
Juste une question, vous indiquez « sans mandat papal et même, pire encore, contre la volonté explicite, publique, plusieurs fois réitérée, de celui que l'on reconnaît publiquement et tous les jours au canon de la messe comme le vicaire du Christ ».
Je crains d’avoir manqué quelque chose. Pourriez-vous nous indiquer le texte signé ou l’entretien audio ou vidéo du Saint Père où il exprime publiquement son refus du mandat apostolique ?
Merci beaucoup !

( 999780 )
Et encore par Vincent F (2026-05-27 16:32:49)
[en réponse à 999773]
C’est à l’écrit pas à l’oral.
Parce que c’est fatiguant à lire mais qu’est que ce serait à écouter.

( 999778 )
Ça vient nous parler de sens et d’amour de l’Eglise par Vincent F (2026-05-27 16:26:06)
[en réponse à 999769]
Mais ça prône des théories dont la conséquence est que l’Eglise a disparue et que donc les portes de l’enfer ont prévalu.
Il faut regarder la réalité en face.

( 999782 )
la position de Petrus rejoint paradoxalement par Luc Perrin (2026-05-27 17:25:49)
[en réponse à 999778]
celle des néo-modernistes, qu'il combat et désapprouve hautement, en faisant de la papimanie de l'autre bord si je puis dire.
Voici ce qu'il écrivait le 21 octobre 2015 qui éclaire sa position de 2026.
Je cite un extrait du post :
"C'est vrai, je n'ai aucune estime, je l'avoue, ni pour Mgr Lefebvre ni pour Mgr Fellay. C'est ce qui me distingue de la "résistance", ainsi d'ailleurs que la position à l'égard du sédévacantisme. Je n'en dis pas davantage ici compte tenu des règles du FC.
Mais il n'est rien de pire que de ne pas dire la vérité jusqu'au bout. C'est le principal reproche que l'on peut adresser à la Fraternité Saint-Pie X depuis 45 ans. Et c'est un reproche majeur. Car dans les faits elle aura objectivement servi à canaliser, à neutraliser la résistance catholique à Vatican II et à la conduire dans une impasse.
En s'en prenant par ailleurs au dogme de l'infaillibilité de l'Eglise et du Pape, au dogme de la soumission due au pape, le lefebvrisme sape les fondements mêmes de l'Eglise, ce qui est gravissime. Pour mieux se rallier au final à des hommes en blanc qui sont de fieffés modernistes. Beau travail !"
En 2016, j'avais déjà rapporté ici les propos, pour moi stupéfiants, d'un secrétaire de Dicastère romain dans son allocution d'ouverture d'un colloque énonçant paisiblement que le pape était alors François donc toute vérité est bonne de sa bouche et de sa plume ; si d'aventure avait poursuivi le prélat Benoît XVII lui succédait alors de même tout ce que ce pape énoncera sera pur évangile.
Bref tout et le contraire de tout, peu importe le contenu, si c'est le pape qui énonce 2+2 font 4, 5, 6, 589 à sa guise.

( 999791 )
Le sédévacantisme est une impasse ecclésiologique par Pétrarque (2026-05-27 18:48:06)
[en réponse à 999782]
Pourtant, nous savons combien certains tenants de cette position sont intelligents et cultivés...
Mais, si on les suit, il n'y a plus seulement de pape, il n'y a plus ni évêques en dehors des leurs, ni cardinaux.
S'ils font profession de logique jusqu'au bout, il leur faut donc élire un pape, et sans tarder.
À défaut, ils n'ont pas plus de cohérence que ce qu'ils reprochent à Mgr Lefebvre et à ses successeurs.
Les démarches initiées par le RP Guérard des Lauriers vers 1978-79 en direction du Palmar de Troya, avant son propre sacre, montrent d'ailleurs assez jusqu'où cette impasse pourrait conduire...

( 999796 )
C'est ce que je leur dis toujours... par Candidus (2026-05-27 19:33:27)
[en réponse à 999791]
"S'ils font profession de logique jusqu'au bout, il leur faut donc élire un pape, et sans tarder."
C'est un droit naturel à toute société que de se donner un chef. L'histoire de l'Eglise nous donne un exemple où une majorité de non cardinaux ont élu un pape pour sortir l'Eglise d'une impasse qui durait depuis près de 40 ans, c'était à Constance.
Si l'Eglise est acéphale depuis près de 70 ans, comment justifier cette passivité ? Les SV n'ont aucun argument sérieux pour ne pas mettre un terme à ce qu'ils considèrent pourtant comme un état de violence absolue infligée au corps mystique du Christ. Je vois deux raisons expliquant leur refus de franchir ce Rubicon : la peur du ridicule dans la mesure où ils ne parviendraient jamais à se mettre d'accord sur un candidat, et la fin d'une situation qui permet à chacun de faire ce qu'il lui plaît, sans avoir à en référer à personne.

( 999799 )
Autre raison par Meneau (2026-05-27 19:44:03)
[en réponse à 999796]
Ils ne pensent pas avoir autorité pour déclarer officiellement le siège vacant.
Cordialement
Meneau

( 999803 )
Cela dépend par Candidus (2026-05-27 20:24:16)
[en réponse à 999799]
Les SV "purs jus", les héritiers du Père Barbara 1ère mouture, tel l'abbé Zins, qui récusent avec véhémence la "fou-thèse" guérardienne, ont toujours affirmé la possibilité de conclure avec certitude à la vacance du Siège Apostolique.
Il en va autrement des adeptes de la thèse de Cassiciacum qui, via un épiscopat pléthorique d'origine thuciste, ont fini par s'imposer dans la mouvance située à la droite de la FSSPX. Techniquement, ceux-ci ne sont pas de véritables SV. Pour eux, Léon occupe réellement le Siège, comme un cadavre de pape l'occuperait, c'est un pape privé de toute autorité, mais qui par son occupation matérielle du Siège, empêche une élection.
Le Père Guérard a toujours refusé de se définir comme sédévacantiste. Il serait intéressant de faire la genèse de sa position qui est assez peu édifiante, mais cela nous entraînerait loin du présent sujet.

( 999804 )
Certitude morale vs. autorité par Meneau (2026-05-27 20:35:35)
[en réponse à 999803]
Conclure avec certitude à la vacance du siège, et se soustraire en conséquence à l'autorité de l'occupant apparent du siège, est une chose. Mais cela ne leur donne toujours pas autorité pour convoquer un concile, destituer officielle le pseudo-pape actuel et en nommer un autre à la place. De qui en effet tireraient-ils cette autorité en face de la succession apostolique instituée directement par NSJC ?
Ils sont condamnés à attendre, bientôt sans sacrements, ... je ne sais quel événement qui restaurerait la papauté, et ce dans la fidélité à la Constitution de l'Eglise. Ou la fin du monde.
Cordialement
Meneau

( 999806 )
Comme l’a rappelé Candidus par Vincent F (2026-05-27 21:05:16)
[en réponse à 999804]
Sigismond n’avait aucune autorité pour convoquer le concile de Constance. Concile qui n’avait pas l’autorité pour destituer les deux pseudo-papes et le pape légitime.
S’ils étaient conséquents ils considéreraient que le premier occupant illégitime du trône de Pierre était Martin V. Le problème c’est qu’ils ne pourraient plus s’appuyer sur Vatican I.

( 999810 )
Le Concile de Constance par Meneau (2026-05-27 21:18:52)
[en réponse à 999806]
n'a pas tranché la question de qui était le vrai pape et qui étaient les anti-papes.
Cordialement
Meneau

( 999816 )
Certes par Vincent F (2026-05-27 21:36:59)
[en réponse à 999810]
Mais il a destitué les trois (y compris le vrai) alors qu’il n’avait pas plus l’autorité pour le faire que ne l’ont les évêques SV pour destituer l’actuel.

( 999814 )
C'est le droit naturel qui leur donnerait cette autorité par Candidus (2026-05-27 21:32:11)
[en réponse à 999804]
Toute société doit poursuivre un bien commun.
Une société humaine n’est pas seulement une juxtaposition d’individus : elle existe pour permettre une vie commune ordonnée.
Toute action collective exige un principe d’unité et de décision.
Lorsqu’un groupe agit ensemble, il faut qu’une volonté coordonne les efforts et tranche les désaccords. Sans cela, les volontés particulières se dispersent, les conflits demeurent sans arbitrage, et l’action commune devient impossible.
Donc une société, et l'Église en est une, possède naturellement le droit de se donner un chef.
Puisque l’autorité est nécessaire à la conservation et à l’ordre de la communauté, le pouvoir de choisir ou d’établir un chef découle du droit naturel de la société à se maintenir et à poursuivre le bien commun.
Autrement dit : de même qu’un corps vivant a besoin d’une direction pour agir de façon cohérente, toute société a naturellement le droit de se donner un chef afin d’assurer son unité et son existence même.

( 999817 )
Sauf que l’Eglise par Vincent F (2026-05-27 21:39:00)
[en réponse à 999814]
Avait un chef.

( 999807 )
S’ils faisaient profession de logique par Vincent F (2026-05-27 21:06:54)
[en réponse à 999791]
ils auraient rejoint la communion orthodoxe.

( 999784 )
Sans les sacres de 1988, la tradition aurait disparu... par lumineux (2026-05-27 18:19:35)
[en réponse à 999769]
Tout le monde le reconnaît : il n’y aurait pas de FSSP, et on aurait une FSSPX en voie d’extinction.
Alors, laisser mourir la tradition ou résister ?
Il faut être aveugle pour ne pas voir la volonté manifeste de Rome d’en finir avec la tradition.
Il ne faut pas tomber dans le pharisaïsme… Le salut des âmes prime. La FSSPX et la FSSP accomplissent un apostolat formidable au prix de grandes souffrances.
Les interdictions des rites traditionnels se multiplient, et les rares concessions ne sont accordées que pour limiter l’expansion de la FSSPX.de
C’est vrai : de part et d’autre, certains prêtres ont des attitudes rigides ; mais les fidèles, confrontés au besoin de conserver et de transmettre la foi, n’acceptent plus les divisions néfastes.
Je suis, pour ma part, convaincu du rôle complémentaire de la FSSPX et de la FSSP.

( 999786 )
En tout point d'accord avec vous par Pétrarque (2026-05-27 18:32:58)
[en réponse à 999784]
La division de 88 fut un drame absolu.
Il serait grand temps de le comprendre, plutôt que de refaire les mêmes erreurs, en brandissant les mêmes anathèms.

( 999798 )
Cet argument ne vaut rien... par Candidus (2026-05-27 19:42:57)
[en réponse à 999784]
... quand on croit à la Providence et aux promesses faites par Jésus à Son Église.
Sans compter (sans rentrer dans le fond de la question) qu'on ne peut jamais justifier un mal pour obtenir un bien, parce que le mal, lorsqu'il est permis par Dieu, l'est toujours dans la mesure où Dieu prévoit de l'utiliser comme le moyen de susciter un plus grand bien.

( 999801 )
« Agis comme si tout dépendait de toi, en sachant qu’en réalité tout dépend de Dieu. » par lumineux (2026-05-27 20:03:35)
[en réponse à 999798]
St Ignace de Loyola
Attention au Quiétisme : Cette erreur consiste à attendre que Dieu fasse tout sans que l'homme n'ait à fournir d'effort personnel, sous prétexte de s'abandonner à Sa volonté. L'Église condamne cette passivité paresseuse.
Ce serait une position facile de la FSSPX de ne rien faire disant qu'après tout la providence pourvoira aux besoins des fidèles....

( 999811 )
Consécrations de 1988, "felix culpa" ? par Candidus (2026-05-27 21:20:09)
[en réponse à 999801]
Vous voulez justifier les consécrations de 1988 en prétextant que sans elles, cela aurait été la fin de la Tradition. Je vous réponds (sans me prononcer sur le fond, notez bien) que cet argument ne vaut rien parce qu'il suppose que Dieu aurait pu abandonner son Eglise si cet acte n'avait pas été posé.
Cela aurait-il été difficile à Dieu de susciter un Athanasius Schneider trente ans plus tôt, si Mgr Lefebvre était mort sans postérité épiscopale ?
Autrement dit, libre à vous de défendre les consécrations de 1988, mais pas avec cet argument qui n'est pas valide parce qu'il laisse croire que sans la décision de Mgr Lefebvre, la perpétuité de l'Eglise aurait été en péril.
Le fait que la Providence ait utilisé Mgr Lefebvre ne permet pas d'établir la moralité objective de l'acte que celui-ci a posé en 1988, de même que le fait que la Providence ait utilisé l'acte de désobéissance d'Adam et Eve pour mériter aux hommes les bienfaits de l'Incarnation, ne transforme pas le péché originel en acte vertueux.

( 999813 )
La providence utilise des causes secondes par lumineux (2026-05-27 21:31:46)
[en réponse à 999811]
L'indéfectibilité n'exclut pas la coopération humaine
L'Église est certes indéfectible, ce qui signifie qu'elle durera jusqu'à la fin des temps sans que sa constitution essentielle, sa doctrine ou ses sacrements ne puissent périr. Cependant, cette assistance divine ne s'exerce pas par des miracles perpétuels qui suppléeraient à toute défaillance humaine, mais elle passe ordinairement par la correspondance des hommes à la grâce.
Saint Thomas d'Aquin enseigne que la Providence divine n'exclut pas les causes secondes, mais qu'au contraire, elle les ordonne pour l'accomplissement de ses desseins. Dire que « Dieu aurait pourvu d'une autre manière » est une vérité abstraite, mais dans l'ordre concret de l'histoire, Dieu a suscité des instruments pour maintenir la Foi. Affirmer que l'on peut croiser les bras sous prétexte que Dieu sauvera son Église relèverait du péché de présomption, qui consiste à attendre de Dieu un effet sans vouloir utiliser les moyens qu'Il met à notre disposition .

( 999821 )
Vous parlez d'or par Candidus (2026-05-27 21:54:15)
[en réponse à 999813]
Oui, "la providence utilise des causes secondes", mais elle le fait, indépendamment de leur moralité.
La Providence a utilisé Luther et la Révolution de 1789 pour susciter les extraordinaires renaissances catholiques de la Contre-Réforme et du XIXème siècle français.
La Providence a utilisé le concordat scélérat de 1801 pour permettre la reconstruction de l'Église de France, puis Elle a utilisé la Loi de la Séparation pour susciter une extraordinaire moisson missionnaire permise par l'arrivée dans de nombreux pays étrangers de religieux expulsés de France par la République.
Je dirais même qu'en règle générale, Dieu se plaît particulièrement à utiliser les lignes les plus courbes, les plus inadéquates, les plus imparfaites des hommes, pour tracer Ses lignes droites : Dieu aime les causes secondes les plus improbables, les plus cabossées, pour nous montrer que c'est Lui qui est aux commandes, et non pas nos misérables calculs humains.

( 999822 )
Mais les consécrations de 1988 par Jean-Paul PARFU (2026-05-27 21:57:49)
[en réponse à 999821]
Et celles de 2026 étaient et sont parfaitement morales !

( 999827 )
Là n'est pas la question ! par Candidus (2026-05-27 22:27:20)
[en réponse à 999822]
Je veux simplement attirer l'attention sur la faiblesse de l'argument utilisé par certains pour justifier a posteriori les consécrations de 1988 : vous ne pouvez pas prouver la moralité d'une action SIMPLEMENT sur la base des effets positifs qu'elle a eus.
Saint Martin de Porres était le fruit de l'union adultère entre un noble espagnol et une ancienne esclave ; la sainteté de ce dominicain dont toute l'Église a bénéficié, prouve-t-elle que cet adultère n'en était pas un, que c'était un acte vertueux ?

( 999828 )
Et moi je vous réponds par Jean-Paul PARFU (2026-05-27 22:31:33)
[en réponse à 999827]
que je ne justifie pas ces consécrations par les effets heureux qu'elles ont eues, mais parce que rien à l'époque ne permettait d'interdire ces consécrations et mieux tout permettait de les accomplir !

( 999863 )
Le raisonnement est biaisé par Signo (2026-05-28 12:57:50)
[en réponse à 999827]
Un adultère est un mal intrinsèque, un péché quelles que soient les circonstances.
Un sacre contre la volonté romaine n’est pas nécessairement et en soi un acte mauvais, son évaluation morale dépend de nombreux facteurs (contexte, circonstances, intentions, etc).
Ce n’est donc pas comparable.

( 1000006 )
Ce n'est pas une justification a posteriori et vous savez... par lumineux (2026-05-31 08:51:24)
[en réponse à 999827]
Vous avez raison de souligner que la moralité d'un acte ne se juge pas uniquement à ses effets. Le conséquentialisme est une erreur morale condamnée : la moralité d'un acte dépend de son objet, de sa fin et de ses circonstances.
Cependant, il faut distinguer les effets constatés après coup des conséquences raisonnablement prévisibles au moment où la décision est prise. Or les effets négatifs de l'absence de sacres apparaissaient, à vue humaine, comme largement prévisibles : extinction de la FSSPX, impossibilité de créer la FSSP, plus grande facilité pour les autorités romaines d'en finir avec la Tradition, voire mise en œuvre de mesures encore plus restrictives à l'égard de la liturgie traditionnelle.
Une vision trop humaine ? Non, simplement l'exercice de la prudence. Dieu a toujours suscité des instruments pour maintenir la foi et préserver son Église dans les périodes de crise.
Dieu agit ordinairement par des causes secondes. On peut citer sainte Jeanne d'Arc, saint Pie X, mais aussi les exemples que vous avez mentionnés. Comme l'enseigne saint Thomas d'Aquin, « Dieu pourvoit à tout, mais il le fait par le moyen des créatures ». Dès lors, croire que Dieu maintiendra la foi sans que les hommes posent les actes nécessaires pour protéger le dépôt sacré risquerait de relever d'une forme de quiétisme ou de présomption.
La prudence exige précisément de prendre en compte les circonstances concrètes et les conséquences prévisibles des décisions. Si l'extinction de la Tradition et du sacerdoce traditionnel apparaissait comme une conséquence probable, il pouvait alors sembler conforme à ce devoir de prudence de prendre les mesures jugées nécessaires pour en assurer la pérennité.
Autrement dit, l'argument n'est pas que les sacres étaient moralement justifiés parce qu'ils ont produit de bons effets, mais que la préservation de la Tradition et du sacerdoce apparaissait, au moment de la décision, comme un bien grave à protéger face à un risque sérieux et prévisible. La question morale porte donc sur l'appréciation prudentielle des circonstances telles qu'elles se présentaient alors, et non sur la seule constatation des résultats obtenus par la suite.

( 1000007 )
[réponse] par Réginald (2026-05-31 09:12:56)
[en réponse à 1000006]
L'appréciation du danger était-elle suffisamment fondée pour justifier un acte objectivement contraire à l'ordre hiérarchique de l'Église ?
Vous noterez que Mgr Lefebvre a varié sur ce point. Cf. La conclusion de sa
Lettre ouverte aux catholiques perplexes :
« On écrit aussi qu’après moi mon œuvre disparaîtra, parce qu’il n’y aura pas d’évêques pour me remplacer. Je suis certain du contraire, je n’ai aucune inquiétude. Je peux mourir demain, le Bon Dieu a toutes les solutions. Il se trouvera de par le monde, je le sais, suffisamment d’évêques pour ordonner nos séminaristes. Même s’il se tait aujourd’hui, l’un ou l’autre de ces évêques recevrait du Saint-Esprit le courage de se dresser à son tour. Si mon œuvre est de Dieu, il saura la garder et la faire servir au bien de l’Eglise. Notre-Seigneur l’a promis : les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle (cf. Mt 16, 18).

( 1000018 )
Il y a quatre ans entre... par Pétrarque (2026-05-31 21:40:12)
[en réponse à 1000007]
...la Lettre ouverte aux catholiques perplexes et les sacres de 1988.
Et entre les deux, il y a le scandale d'Assise, et l'absence complète de réactions dans l'épiscopat mondial.
Cela fait partie des choses qui ont fait prendre conscience à Mgr Lefebvre de l'urgence de protéger la Tradition.
S'il était mort avant 1988, la FSSPX aurait disparu, car les buts de la Rome conciliaire auraient été atteints.
Les sacres ont bel et bien été l'opération-survie de la Tradition.

( 1000019 )
Deux jugements, deux fondements par Réginald (2026-05-31 21:59:22)
[en réponse à 1000018]
Assise a-t-il modifié le jugement prudentiel de Mgr Lefebvre ? Sans aucun doute : il l'a lui-même expliqué.
Il me semble cependant que les fondements des deux jugements ne sont pas de même nature.
Le premier reposait sur une donnée de foi : l'indéfectibilité de l'Église. Le second reposait sur une appréciation historique : la conviction que la quasi-totalité de l'épiscopat avait perdu la foi catholique, au point qu'aucune solution ne pouvait plus être attendue de quiconque d'autre que lui.
Le premier s'appuyait sur une promesse du Christ ; le second sur un diagnostic personnel porté sur l'état de l'Église en 1988.

( 1000023 )
Le même jugement a pu évoluer par Pétrarque (2026-06-01 07:18:55)
[en réponse à 1000019]
L'indéfectibilité de l'Église pouvant peut-être également s'exprimer par le sursaut d'un pasteur un temps isolé...
L'histoire de l'Église n'en donne-t-elle pas d'autres exemples ?

( 1000024 )
simple question par Réginald (2026-06-01 07:39:45)
[en réponse à 1000007]
Croyez-vous réellement que sans les sacres de 1988 l'Église aurait purement et simplement défailli ?

( 1000025 )
Question simpliste par Semetipsum (2026-06-01 08:47:54)
[en réponse à 1000024]
Je suis avec intérêts ces débats et vos interventions. Ces dernières se terminent le plus souvent par votre "simple question" fermée dans laquelle vous essayez d'enfermer votre contradicteur.
En l’occurrence vous proposez une uchronie qui, comme toutes les uchronie, est impossible à résoudre !

( 1000026 )
[réponse] par Réginald (2026-06-01 09:01:58)
[en réponse à 1000025]
Effectivement, personne ne peut dire avec certitude ce que le Bon Dieu aurait fait si Mgr Lefebvre s'était abstenu. J’essaie simplement de mettre par ma question l’implicite ou la conséquence du raisonnement que l’on m’oppose. Quad les défenseurs des sacres disent qu’il s’agit d'une "opération-survie", ils affirment que sans ces sacres, la Tradition (et donc, selon eux, la foi catholique) aurait disparu. Ma question ne cherche pas à résoudre l'uchronie, mais à demander à mon interlocuteur : sur quelle base affirmez-vous que l'Église était dans une telle impasse qu'elle ne pouvait plus survivre que par l'action de Mgr Lefebvre ? De même sur quoi se fonde-ton pour dire que le Saint-Esprit n'aurait pas pu susciter, au moment opportun, d'autres évêques pour assurer cette transmission ? Il me semble que depuis des évêques en pleine communion, comme Mgr Schneider, ont relevé le flambeau.

( 1000027 )
Quel age avait t il en 88 ? par Semetipsum (2026-06-01 09:46:21)
[en réponse à 1000026]
tout est dans le titre !

( 1000029 )
Pardon, mais vous tombez vous-même... par Pétrarque (2026-06-01 10:23:50)
[en réponse à 1000026]
...dans un travers que vous dénoncez par ailleurs.
Justifier - ou ne pas justifier en l'occurrence - un acte à la lumière de ce qui lui est postérieur.
Il me semble que, depuis, des évêques en pleine communion, comme Mgr Schneider, ont relevé le flambeau.
Peut-être relèvent-ils sur le tard un flambeau que l'héroïsme de Mgr Lefebvre, il y a 36 ans, a empêché de laisser s'éteindre...

( 1000032 )
Ce que mon objection ne prétend pas démontrer par Réginald (2026-06-01 10:46:04)
[en réponse à 1000029]
Je ne prétends pas démontrer, à partir des événements ultérieurs, que les sacres étaient injustifiés. Je conteste uniquement l'affirmation selon laquelle ils constituaient le seul moyen possible d'assurer la transmission de la Tradition.
L'existence ultérieure d'évêques attachés à cette transmission, conjuguée à la certitude, obtenue dans la lumière de la Foi, de l'assistance du Saint-Esprit à son Église, montre au moins que cette nécessité absolue ne va pas de soi. L'appréciation prudente de Mgr Lefebvre, quels que soient ses incontestables mérites, ne garantit pas la certitude de cette proposition.
Ni plus, ni moins.

( 1000033 )
Vos interlocuteurs ... par Ion (2026-06-01 11:54:56)
[en réponse à 1000032]
... , cher Réginald, vous ont conduit à modifier progressivement votre question initiale, excellente, à savoir la survie de l'Eglise pour arriver à celle-ci la transmission de la "Tradition". Or, prouver qu'elles sont équivalentes est, si on se réfère au sensus fidelium, plus qu'hasardeux.

( 1000036 )
Vous avez raison, Ion par Pétrarque (2026-06-01 14:14:23)
[en réponse à 1000033]
Dès lors, posons franchement la question :
La survie de l'Eglise peut-elle être envisagée sans la transmission de la Tradition ?
Tradition sans guillemets, au sens : ce que l'Eglise a toujours dit, fait et cru ?

( 1000041 )
Réponse par Ion (2026-06-01 14:54:59)
[en réponse à 1000036]
Non
... au sens : ce que l'Eglise a toujours dit, fait et cru y compris bien sûr jusqu'à aujourd'hui.
(La Tradition, continuant de jaillir tout comme la Sainte Ecriture, (selon Dei Verbum) de l'Unique Source divine de la Révélation qui est La Parole de Dieu)

( 1000069 )
Gnééhéé... par Pétrarque (2026-06-02 08:27:04)
[en réponse à 1000041]
«Lumen Gentium a abandonné la thèse que l’Église catholique serait Église de façon exclusive.»
RP Congar o.p., expert au Concile, fait cardinal par Jean-Paul II
«Il est clair, il serait vain de le cacher, que le décret conciliaire Unitatis Redintegratio dit sur plusieurs points autre chose, que « Hors de l’Église point de salut » au sens où on a entendu, pendant des siècles, cet axiome.»
RP Congar o.p., expert au Concile, fait cardinal par Jean-Paul II
« On ne peut nier que la Déclaration sur la liberté religieuse ne dise matériellement autre chose que le Syllabus de 1864 et même à peu près le contraire »
RP Congar o.p., expert au Concile, fait cardinal par Jean-Paul II
« A la demande du pape, j’ai collaboré aux derniers paragraphes de la Déclaration sur la liberté religieuse : il s’agissait de montrer que le thème de la liberté religieuse apparaissait déjà dans l’Écriture, or il n’y est pas »
RP Congar o.p., expert au Concile, fait cardinal par Jean-Paul II
« Si l’on cherche un diagnostic global du texte [Gaudium et Spes], on pourrait dire qu’il est, en liaison avec les textes sur la liberté religieuse et sur les religions dans le monde, une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-Syllabus (…) Ce texte joue le rôle d’un contre-Syllabus, dans la mesure où il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Église avec le monde tel qu’il était devenu depuis 1789 »
Cardinal Ratzinger, consulteur théologique au Concile, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, élu pape en 2005.
« Je trouvais l’atmosphère de plus en pus effervescente dans l’Église et parmi les théologiens. On avait de plus en plus l’impression que rien n’était stable dans l’Église, que tout était à revoir. Le Concile apparaissait de plus en plus comme un grand parlement d’Églises capable de tout modifier et remodeler à sa manière. Le débat du Concile fut de plus en plus présenté selon le schéma partisan propre au système parlementaire moderne. (…) Mais il existait un processus encore plus profond. Si les évêques de Rome pouvaient changer l’Église, voire la foi (c’est l’impression qu’ils donnaient), pourquoi eux seuls, à vrai dire ? On pouvait ‑ semblait‑il ‑ modifier la foi, contrairement à tout ce que l’on avait pensé jusqu’alors ; elle semblait ne plus se soustraire au pouvoir de décision humain, mais c’est celui‑ci qui paraissait la définir (…) Le credo ne semblait plus infaillible, mais soumis au contrôle des spécialistes (…) Si j’étais rentré dans mon pays encore porté par le sentiment du joyeux renouveau qui régnait partout à la fin de la première session conciliaire, je m’inquiétais aussi du changement de climat de plus en plus flagrant dans l’Église »
Cardinal Ratzinger, consulteur théologique au Concile, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, élu pape en 2005.
« Lefebvre a tout à fait le droit de remettre en cause la Déclaration conciliaire sur la liberté religieuse, parce que sans donner d’explications, Vatican II a complètement renversé la position de Vatican I »
Hans Küng, professeur de Théologie à Tübingen, expert au Concile.
« La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion (car c’en est une) de l’homme qui s’est fait Dieu. Qu’est-il arrivé ? Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver, mais cela n’a pas eu lieu. Une sympathie sans borne a envahi le Concile tout entier (…) Un courant d’affection et d’admiration a débordé du Concile sur le monde humain moderne (…) Toute la richesse doctrinale du Concile ne vise qu’à une chose : servir l’homme (…) La religion catholique et la vie humaine réaffirment ainsi leur alliance, leur convergence vers une seule réalité humaine : la religion catholique est pour l’humanité »
Paul VI, pape canonisé par son successeur François.
« Le Saint-Esprit n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour qu’ils fassent connaître sous sa révélation une nouvelle doctrine »
Concile Vatican I, Constitution Dogmatique Pastor Aeternus
Sur l'infaillibilité et la primauté du pontife romain, 18 juillet 1870.
« A la mission qui nous a été confiée d’en haut de paître le troupeau du Seigneur, Jésus‑Christ a assigné comme premier devoir de garder avec un soin jaloux le dépôt traditionnel de la foi à l’encontre des profanes nouveautés de langage, comme des contradictions de la fausse science »
Pie X, encyclique Pascendi, 8 septembre 1907.

( 1000072 )
Merci pour ces références par Ion (2026-06-02 10:34:17)
[en réponse à 1000069]
La Tradition vivante ne cesse d’approfondir la Révélation afin de la présenter de manière toujours plus riche au Peuple de Dieu. Quand on reprend la formulation ce qui a toujours été dit, fait et cru …, on ne peut pas ne pas inclure ... tout, jusqu’au Magistère actuel (ou alors l'Eglise visible a disparu, mais je ne pense pas que ce soit votre point de vue), et particulièrement d’ailleurs les formulations actuelles de ce magistère, car l’Esprit Saint qui en est l’inspirateur permet ces formulations pour nous et non pour nos prédécesseurs.
Votre principale référence pour essayer de prouver des contradictions est le P. Congar. Vous m’accorderez que ses opinions privées ne sont que cela, des opinions privées, et l’interprétation que vous en faites n’a pas beaucoup de valeur.
Vous citez ensuite des auteurs plus crédibles : le cardinal Ratzinger ou St Paul VI. Avez-vous seulement remarqué que la citation du card Ratzinger utilise systématiquement le concept d’avoir l’impression, de paraître être ! Il ne dit pas rien n’est stable dans l’Eglise, mais on avait l’impression que rien n’était stable. Il savait très bien que ce n’était que cela ... une impression.
Passons bien sûr sur Hans Kung ... (vous avez de curieuses références)
Quant à la citation de St Paul VI, elle est particulièrement juste sur le fond et particulièrement traditionnelle même si la formulation peut surprendre. Cette glorification de l’homme que vous reprochez à St Paul VI est très ancienne, il suffit de se reporter à la fameuse maxime de St Irénée (IIème siècle, excusez du peu en terme d'ancienneté !) pour s’en convaincre et rechercher le sens des formulations du saint Pape qui affirme dès le départ, de manière donc très traditionnelle, cette gloire de l’homme comme étant la conséquence de l’incarnation. Aucun renversement, malgré vos tentatives et celles de certains médiocres théologiens d'en trouver.

( 1000074 )
c'est exactement par Réginald (2026-06-02 10:59:03)
[en réponse à 1000072]
ce qu'écrivait le Cardinal Ratzinger à Mgr Lefebvre
"Les auteurs privés, même s’ils furent experts au Concile (comme le P. Congar et le P. Murray que vous citez) ne sont pas l’autorité chargée de l’interprétation. Seule est authentique et autoritative l’interprétation donnée par le Magistère, qui est ainsi l’interprète de ses propres textes : car les textes conciliaires ne sont pas les écrits de tel ou de tel expert ou de quiconque a pu contribuer à leur genèse, ils sont des documents du Magistère." (lettre du 20 juillet 1983)
Or pour le cas de LG, il me semble que les précisions de la CDF sur le
'subistit in' sont claires. Sur l'histoire de l'expression voir
cet article passionnant: : contrairement à l'idée reçue que ce terme aurait été imposé par une aile « progressiste » pour affaiblir le « est », c'est le RP Tromp, rédacteur de
Mystici Corporis, lui-même qui, en 1964, propose
subsistit pour remplacer
adest (qui avait été introduit par la sous-commission). D'ailleurs, comme le rappelle l'article, le Père Sebastian Tromp, secrétaire de la Commission théologique préparatoire et rédacteur du premier schéma
De Ecclesia, était un opposant acharné à toute forme d'indifférentisme religieux.

( 1000075 )
Des tentatives ? Vous plaisantez, je pense ? par Pétrarque (2026-06-02 11:09:58)
[en réponse à 1000072]
Je ne tente rien du tout.
C'est plutôt vous qui tentez de retomber sur vos pattes dans le sable mouvant d'une réalité que vous ne voyez pas, ou que vous ne voulez pas voir.
Une chose est d'approfondir la doctrine, une autre chose est de la changer. La volonté intrinsèque de Vatican II a été de rapprocher l'Eglise du monde, et le rejet des schémas préparatoires dès la première session scelle cette intention.
Ce qui était parfaitement catholique et traditionnel ne pouvait pas coller à la logique de l'entreprise, telle qu'elle était ourdie depuis plusieurs années.
Ce qu'a dit Dom Lambert Beauduin à la mort de Pie XII le montre assez : "S'ils élisaient Roncalli, tout serait sauvé".
Plusieurs textes de Vatican II, certes minoritaires lorsque l'on examine l'ensemble des documents conciliaires, ouvrent sciemment des portes vers des changements considérables. Ils étaient faits pour ça.
D'autres disent même matériellement le contraire de ce que l'Eglise enseignait auparavant.
Il y a là une réalité difficilement contournable, même si, le Concile répétant par ailleurs ce que l'Eglise a toujours dit, on peut - à l'instar de Mgr Fellay- le dire acceptable à 95%.
Ce que vous appelez "les opinions privées" du Père Congar sont évidemment bien plus que des opinions privées, puisqu'elles sont passées de la théorie à la pratique par l'autorité de l'Eglise elle-même.
Sans cela, il n'aurait jamais été promu cardinal.
Quant à Mgr Ratzinger, vous parlez d'une impression...
On a l'impression que rien n'est plus stable dans l'Eglise ?
On a l'impression que le catéchisme, la messe, les sacrements, la discipline ecclésiastique, les constitutions des congrégations religieuses, l'état du clergé, la christianisation des sociétés ont été bouleversés, défigurés, voire démolis après le Concile ?
Vous avez manifestement perdu, cher Ion, tout contact avec la réalité.
Quant à Hans Küng, je ne l'ai cité que parce qu'il fut expert au Concile.
L'un des tours de magie de Vatican II a été, en effet, de transformer en experts des gens qui, dix ans avant le Concile, étaient des suspects.
Comme Congar ou Lubac, tous deux empourprés vingt ans après, au milieu des fruits aussi abondants qu'enthousiasmants dudit Concile.
C'est d'ailleurs là la moindre de ses transformations.
Quant à la glorification de l'Homme par Paul VI, il est patent une fois de plus que c'est vous qui tentez de prêcher pour votre saint, si vous me passez l'expression...
Lorsque le pape de la religion de l'Homme qui se fait Dieu, vous pensez sérieusement nous faire avaler qu'il parle de saint Irénée ?
Il parle évidemment de la religion de l'Homme-Dieu qui est celle qu'ont répandu deux siècles de culture libérale et sécularisée, dont le cardinal Ratzinger disait explicitement que Vatican II les avait assimilés.

( 1000008 )
Remarquable ! par Meneau (2026-05-31 11:20:31)
[en réponse à 1000006]
Merci pour ce post argumenté et limpide ! J'avais réfléchi à une réponse, mais je ne l'aurais pas mieux exprimé.
Cordialement
Meneau

( 999853 )
Mgr Lefebvre, l'Eglise et votre argument par Capucin (2026-05-28 11:51:47)
[en réponse à 999821]
En s'appuyant sur votre exposé qui est très juste, peut-on donc penser que la Providence ait suscité un Mgr Lefebvre et que par son action inadéquate, cabossée et imparfaite (pour reprendre les termes de votre message), voire immorale en sorte un plus grand bien ?
C'est bien sûr la sainte Église qui jugera dans un temps inconnu si Mgr Lefebvre n'était qu'un simple catholique qui a transmis ce qu'il a reçu (sic) commettant une énorme erreur à la fin de sa vie, ou si, a contrario, il méritera un jour d'être élevé à la gloire des autels car il aurait permis de préserver un trésor dont la sainte Église se ressaisira le jour où elle le souhaitera.
De ce fait, vous ne pouvez pas dire aujourd'hui que Mgr Lefebvre est un saint (même si beaucoup ont un avis dessus), mais vous ne pouvez pas non plus prétendre que l'argument développé par Lumineux soit invalide sur les sacres de 1988 car on peut s'appuyer sur tout votre argumentaire précisément pour justifier leur bien-fondé étant donné qu'on ne sait pas encore comment l’Église jugera l'"Opération survie de la tradition".

( 999815 )
Aucune faute ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-27 21:33:12)
[en réponse à 999811]
Et comparer la faute d'Adam et Eve, même pour illustrer le concept de "felix culpa", avec les consécrations de Mgr Lefebvre, c'est d'abord vraiment insensé et c'est ensuite ne rien comprendre à ce que nous vivons ! !
Dieu a voulu les consécrations de juin 1988 !

( 999825 )
C'est finalement très simple par Candidus (2026-05-27 22:05:05)
[en réponse à 999815]
TOUT est soit VOULU, soit PERMIS par Dieu. Ce qui est voulu c'est le bien, ce qui est permis c'est le mal, mais Dieu permet ce dernier seulement parce qu'il prévoit d'en tirer un plus grand bien.
Et la conclusion c'est que le bien qui procède d'une action antécédente ne permet pas, À LUI SEUL, de juger de la moralité de cette action, parce que, à terme, tout tourne toujours à la plus grande gloire de Dieu et au bien des âmes.

( 999826 )
Non pas ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-27 22:10:46)
[en réponse à 999825]
Les sacres, dont nous parlons, sont un bien et sont simplement voulus par Dieu !
C'est curieux que vous n'arriviez pas à comprendre cela !

( 999830 )
Ce que je n'arrive pas à comprendre... par Candidus (2026-05-27 22:49:38)
[en réponse à 999826]
... c'est que vous vous obstiniez à utiliser ce que les logiciens et les moralistes appellent le "raisonnement conséquentialiste", ou plus simplement, "le sophisme des conséquences".
On ne peut pas juger de la vérité ou de la valeur d’un acte uniquement par ses effets ; ou alors « la fin justifie les moyens ».
La morale catholique a toujours enseigné que la moralité d’un acte ne se réduit pas à ses conséquences. Il faut distinguer :
- l’objet de l’acte,
- l’intention,
- les conséquences.
Vous ne pouvez pas inférer directement la bonté morale d'une action, SEULEMENT (c'est le mot important que vous ne semblez pas vouloir prendre en considération), sur la base de la bonté des deux derniers éléments, qu'en l'occurence je vous concède d'ailleurs sans réserve. Il vous reste à prouver que l'objet de l'acte était bon, vous avez différents moyens pour cela, mais vous ne pouvez pas atteindre ce but simplement en établissant que l'intention et les conséquences étaient bonnes. CELA NE SUFFIT TOUT SIMPLEMENT PAS.

( 999831 )
Euh ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-27 23:04:56)
[en réponse à 999830]
Je viens de vous écrire, un peu plus haut, que je ne raisonnais pas de la manière que vous critiquez !
Par ailleurs, vous faites partie de ces gens qui jouent aux intellectuels, ou ici aux théologiens, voyant prétendument tout de haut, alors que vous vous faites en réalité simplement des noeuds dans la tête.
Par ailleurs, vous n'admettez que les miracles de la Sainte Ecriture, vous contestez l'origine des prières léonines, vous contestez La Salette, vous contestez aussi le "Bref examen critique ..."

( 999844 )
L'argument est valide par Signo (2026-05-28 11:02:35)
[en réponse à 999811]
Votre remarque me fait penser à cette petite
histoire.
Vous semblez exclure que Dieu ait pu se servir de la désobéissance matérielle de Mgr Lefebvre pour maintenir la vie traditionnelle dans l’Eglise.
De fait, remis dans son contexte, le geste se justifie : Mgr Lefebvre était quasiment le seul à avoir refusé la réforme liturgique. La survie de la liturgie latine traditionnelle reposait entièrement sur ses épaules. Avoir confiance en la Providence ne consiste pas à s’asseoir sur une chaise et à attendre passivement que Dieu intervienne miraculeusement pour sauver une situation désespérée. L’esprit de foi consiste à discerner, prier, et agir dans une situation concrète, en prenant en compte l’ensemble des éléments de contexte et non le seul critère d’obéissance. J’espère qu’il n’aura échappé a personne que nous ne sommes plus sous Pie XII et que la crise que nous traversons est d’une nature radicalement inédite.
Je constate une fois de plus une forme d’absolutisation de l’obéissance, comme si cette vertu avait un tel caractère d’absolu qu’elle devait nécessairement écraser toutes les autres. L’histoire regorge pourtant d’exemples de saints qui ont désobéi, même au pape. Cela ne signifie pas, comme je l’ai lu ici, que l’on peut « justifier tout et n’importe quoi ». Sacrer des évêques pour assurer la permanence d’une vie sacramentelle, même en dehors de toute normalité canonique, ce n’est pas faire « n’importe quoi », c’est poser un acte rationnel et ordonné a la fin de l’Eglise.

( 999849 )
[réponse] par Réginald (2026-05-28 11:32:38)
[en réponse à 999844]
Rome avait reconnu le principe d’un évêque dans le protocole du 5 mai 1988. Même si la date du 15 août n'était pas encore entérinée par écrit, elle était l'horizon des discussions. Le drame de cette séquence est que Mgr Lefebvre a choisi de dénoncer les accords dès le lendemain, le 6 mai.
A mon sens, la posture minimale, celle qui aurait offert la plus grande crédibilité à la cause traditionnelle, aurait été d'attendre l'échéance évoquée du 15 août. En dénonçant le protocole sitôt signé, il a privé la Fraternité de la possibilité de mettre Rome devant ses responsabilités, ou de démontrer publiquement sa mauvaise foi au moment où elle aurait été concrètement mise au pied du mur.

( 999856 )
Hum... par Capucin (2026-05-28 12:16:33)
[en réponse à 999849]
L'histoire du protocole d'accord est bien plus complexe que ce que vous dépeignez et remonte bien avant 87-88 si l'on veut voir l'histoire dans l'entièreté de son contexte. C'est toujours bien facile de commenter les faits de l'histoire aujourd'hui avec votre regard actuel dans le contexte de 2026. J'aurais bien voulu vous y voir. Bien malin qui pourrait dire ce qu'il aurait fait à la place de Mgr Lefebvre quand on connaît un peu le parcours de sa vie.
A vous lire, on dirait presque l'acte de refus d'un vieux cacochyme grognant contre l'autorité.
Enfin et plus prosaïquement, le jour où beaucoup de choses dépendront presque entièrement de vous, que vous serez octogénaire et que vous vous saurez atteint d'un cancer incurable, peut-être que vous verrez ce que ça fait d'attendre, attendre, attendre.

( 999861 )
Au-delà du pathos : l'analyse des actes par Réginald (2026-05-28 12:46:47)
[en réponse à 999856]
Votre remarque souligne une dimension humaine incontestable, mais elle ne répond pas à l’enjeu stratégique. Evoquer la santé de Mgr Lefebvre ou la complexité du contexte ne change pas la nature du fait posé : il a signé un protocole, puis l’a dénoncé vingt-quatre heures plus tard.
Le rôle de l’analyse historique n’est pas de “se mettre à la place” des acteurs pour les absoudre, mais d’évaluer la portée de leurs choix. Sinon, il deviendrait impossible d’analyser l’histoire tout court : aucun historien n’a besoin d’avoir été César, Napoléon ou Pie VII pour interroger leurs décisions.
Pour en revenir au fond : la question n’est pas de savoir si Mgr Lefebvre était un “cacochyme grognant” mais si une rupture immédiate, au lendemain même d’un accord reconnaissant le principe d’un évêque, a finalement servi ou desservi la cause qu’il entendait défendre. Il ne s'agit pas ici de mépriser le parcours d'une vie, mais d'interroger la l'opportunité des derniers choix effectués.
Je soutiens pour ma part que dénoncer le protocole vingt-quatre heures après sa signature, alors même qu’il reconnaissait le principe d’un évêque pour la Fraternité, affaiblit sensiblement l’argument d’état de nécessité.

( 999867 )
[réponse] par Signo (2026-05-28 13:50:26)
[en réponse à 999861]
Vous ecrivez:
Evoquer la santé de Mgr Lefebvre ou la complexité du contexte ne change pas la nature du fait posé : il a signé un protocole, puis l’a dénoncé vingt-quatre heures plus tard.
Ben justement si : le fait de dénoncer un accord 24 heures après l’avoir signé aurait été un acte radicalement différent sur le plan moral si Mgr Lefebvre avait eu 40 ans et était en parfaite santé.
La réalité est qu’en plus d’avoir conscience de pouvoir disparaitre du jour au lendemain (83 ans, se sachant atteint d’un cancer incurable…), Mgr Lefebvre n’avait aucune confiance dans les autorités romaines de l’époque, et malheureusement de nombreux faits ayant eu lieu durant les années précédentes (propos scandaleux lors de la visite canonique, hostilité viscérale des évêques de France, rappels constants du caractère obligatoire de la réforme liturgique, forfaiture du séminaire Mater Ecclesia, etc sans compter le regrettable et très récent précédent de Flavigny à qui on a conditionné la régularisation canonique à l’adoption du nouveau rite) pouvaient objectivement justifier cette défiance. Mgr Lefebvre n’étant pas madame Irma, il ne pouvait évidemment pas prévoir en 1988 l’élection de Ratzinger comme pape en 2005 ni le motu proprio de 2007…
De fait, les autorités romaines auraient été stupides d’accorder effectivement en 1988 à Mgr Lefebvre la consécration d’un évêque issu de la FSSPX. C’était se tirer une balle dans le pied, et prolonger indéfiniment un problème épineux alors qu’il aurait suffit d’attendre sa mort pour reprendre un contrôle complet de la situation. Si on analyse rationnellement et le plus objectivement possible (je n’ai pas d’actions sur la vente des bouteilles des sacres du 1er juillet...) le contexte concret de 1988, le retrait de la signature apparait psychologiquement compréhensible. Et la psychologie, cela fait partie du réel, on ne peut pas en faire abstraction comme vous semblez le faire. Alors oui, effectivement il aurait été plus habile d’attendre le 15 aout… N’oublions pas cependant qu’il avait déjà repoussé plusieurs fois les sacres. On ne peut pas l’accuser d’avoir agi à la légère.

( 999870 )
Campos par Halbie (2026-05-28 14:01:32)
[en réponse à 999867]
"De fait, les autorités romaines auraient été stupides d’accorder effectivement en 1988 à Mgr Lefebvre la consécration d’un évêque issu de la FSSPX."
Je ne suis pas du genre à défendre les autorités conciliaires, mais il faut admettre que c'est ce qui a été fait pour le sacre de Mgr Rifan en 2002.

( 999876 )
Certes par Signo (2026-05-28 14:24:39)
[en réponse à 999870]
Effectivement c’est un précédent. A relativiser parce qu’il me semble que le contexte de Campos en 2002 était tout de même différent de celui d’Ecône en 1988. Mgr Rangel avait déjà réintégré la régularité canonique depuis un an et Rome avait peut-être précisément en tête le précédent des sacres illégaux de 1988, qui a pu les inciter à faire preuve de largesse (pure hypothèse de ma part). Aujourd’hui le ministère de Mgr Rifan s’achève, il sera intéressant de voir si un sacre dans le rite traditionnel sera accordé pour Campos ou si la lignée prendra fin… ce sujet sera intéressant pour tester la fiabilité des autorités romaines.
Au passage, ce précédent laisse une lueur d’espoir pour les futurs évêques de la FSSPX. S’il se confirme qu’ils possèdent un profil plus modéré, si des discussions reprennent avec Rome d’ici quelques années, dans un contexte nécessairement plus apaisé (puisque l’avenir de la FSSPX sera assuré pour 30 ans et qu’on peut légitimement espérer que Leon XIV freine les outrances modernistes les plus insupportables tout en œuvrant pour l’unité), on ne peut pas exclure un régularisation au moins partielle, même si les tendances schismatiques internes a la Fraternité rendent cet espoir assez mince.

( 999877 )
Peut-être par Halbie (2026-05-28 14:27:49)
[en réponse à 999876]
Parce que l'enjeu était plus faible (un diocèse Brésilien contre la totalité des pays où la FSSPX était implantée).

( 999878 )
Et surtout par Signo (2026-05-28 14:34:42)
[en réponse à 999877]
Je ne connais pas bien le dossier Campos mais il me semble vu de loin que la nature de la résistance n’était pas exactement la même. La résistance du diocèse de Campos a surtout été liturgique. Celle de la FSSPX était au moins autant doctrinale que liturgique. On a vu que la raison du conflit entre Rome et Menzingen est d’abord doctrinale puisque même Summorum Pontificum n’a pas suffit à une réintégration.
De fait on n’a pas beaucoup entendu Mgr Rangel et Rifan sur les controverses doctrinales après la régularisation canonique.

( 999879 )
Je ne vois pas de différence par Halbie (2026-05-28 14:41:21)
[en réponse à 999878]
Entre le combat de Mgr Castro-Meyer et celui de Mgr Lefebvre. Le premier était même plus radical que son homologue Français.

( 999882 )
Il faut distinguer... par Signo (2026-05-28 14:58:39)
[en réponse à 999879]
Le cas de Mgr de Castro-Mayer et celui du clergé et des fidèles de Campos.
La résistance de ces derniers est nécessairement plus liturgique que doctrinale. Ce que veulent d’abord et avant tout le clergé de base et les fidèles c’est la messe et les sacrements.

( 999880 )
prudence stratégique? par Réginald (2026-05-28 14:43:07)
[en réponse à 999867]
Que la méfiance de Mgr Lefebvre ait eu des causes profondes, et qu’elle soit humainement intelligible, je le concède volontiers. Mais là n’est pas la question.
Si Mgr Lefebvre était le fin tacticien que ses partisans décrivent, n’aurait-il pas dû précisément “jouer le jeu” jusqu’au bout ? En dénonçant l’accord au lendemain même de sa signature, il a offert sur un plateau d’argent à ses adversaires les plus résolus le moyen de le désigner comme l’unique responsable de l’échec.
A l’inverse, s’il avait attendu l’échéance évoquée du 15 août, Rome aurait été contrainte de se découvrir : soit en procédant effectivement au sacre, soit en démontrant publiquement qu’on ne pouvait pas lui faire confiance.
On peut donc soutenir qu’une véritable prudence politique commandait précisément de ne pas faire immédiatement ce qu’attendaient ses adversaires. Beaucoup voyaient alors dans ces sacres l’occasion idéale de marginaliser durablement la cause traditionnelle.Si Mgr Lefebvre était parvenu à entraîner tout le monde dans cette rupture, il n'y aurait jamais eu de Fraternité Saint-Pierre, et la liturgie traditionnelle serait restée, en dehors de toute structure ecclésiale reconnue, une réalité totalement marginalisée et étrangère à la vie de l'Église.
Ma thèse n’est pas que Mgr Lefebvre ait agi à la légère, mais que sa lecture de la situation l’a conduit à une impasse tactique : privilégier une logique de survie immédiate plutôt qu’une manœuvre susceptible de transformer cette survie en reconnaissance durable.
Enfin, une autre imprudence me paraît souvent laissée de côté : celle de créer une structure s’habituant progressivement à vivre en marge de la communion et d’enraciner chez les fidèles l’idée que toute déviance supposée de l’autorité peut finir par justifier une rupture pratique. La suite de l’histoire l’a montré : en consacrant lui-même des évêques contre l’avis de la Fraternité, Richard Williamson n’a, au fond, fait qu’appliquer le principe qu’il avait reçu.

( 999881 )
Co-consécrateurs ? par Halbie (2026-05-28 14:48:59)
[en réponse à 999880]
Est-ce qu'on sait qui auraient été les co-consécrateurs dans le cadre de l'accord du 5 mai ?

( 999883 )
en 1988 par Réginald (2026-05-28 15:03:08)
[en réponse à 999881]
Mgr Lefebvre avait encore des partisans dans la Curie romaine. Je pense notamment aux cardinaux Oddi ou Palazzini, qui étaient amis de l'ancienne liturgie et avaient d'ailleurs été sacrés évêques dans l'ancien rite.

( 999885 )
Je relisais le Protocole par Halbie (2026-05-28 15:05:36)
[en réponse à 999883]
Et il n'est fait aucune mention de Campos. Curieux.

( 999887 )
non le Protocole ne concerne que les parties signataires FSSPX-Saint-Siège par Luc Perrin (2026-05-28 15:59:11)
[en réponse à 999885]
l'Union Saint-Jean-Marie Vianney, son nom alors, et Mgr de Castro Mayer n'ont pas été parties prenantes, officiellement du moins, à la négociation d'avril-mai 1988.
Je ne sais pas quelle était la position de Mgr de Castro Mayer, évêque émérite de Campos à cette période.
Ont-ils été consultés par Mgr Lefebvre en coulisse ? Étaient-ils contre la démarche ? A quel moment exact l'évêque brésilien accepte-t-il d'être co-consécrateur ?
J'avoue mon ignorance sur ce point et si quelqu'un sait avec des références, je suis preneur. Le versant Campos est resté dans l'ombre avant le 30 juin. On sait qu'après la mort de l'évêque en 1991, trois des évêques du 30 juin 1988 vont à Campos pour consacrer Mgr Rangel pour lui succéder et garantir la pérennité de son oeuvre.
La question des sacres de 1988 a un rebond en 1991.

( 999892 )
Yves Chiron par Halbie (2026-05-28 17:46:38)
[en réponse à 999887]
N'en parle pas.

( 999893 )
Rectification par Halbie (2026-05-28 17:49:24)
[en réponse à 999887]
Il le mentionne au passage :
"La cérémonie des sacres se déroula à Écône le jeudi 30 juin 1988. Comme il s’y était engagé plusieurs mois plus tôt, Mgr de Castro Mayer était venu du Brésil pour assister Mgr Lefebvre comme évêque co-consécrateur."

( 999896 )
cela ne nous dit pas sa position lors des négociations ni sur le Protocole par Luc Perrin (2026-05-28 18:22:04)
[en réponse à 999893]
La date du 30 juin 1988 avait été annoncée longtemps en amont et il est clair que l'évêque émérite de Campos y serait mais voyait-il le Protocole d'un bon oeil ?
Il faudrait des sources brésiliennes de l'Union Saint-Jean Marie Vianney et éventuellement si quelqu'un a écrit une biographie de Mgr de Castro Mayer, possible en portugais qu'hélas je ne maîtrise pas...
Peut-être la FSSPX a-t-elle une correspondance entre les deux prélats à ce moment ?
Merci en tout cas d'avoir cherché.

( 999900 )
La gueule du lion par Halbie (2026-05-28 20:11:26)
[en réponse à 999896]
Dans sa biographie de Mgr Castro-Mayer, David Allen White n'en dit rien non plus.

( 999886 )
une précision-rectification historique sur les "24 heures" par Luc Perrin (2026-05-28 15:48:00)
[en réponse à 999880]
J'ai longtemps cru à cette version "enjolivée" de la rupture (partielle) de mai-juin 1988.
Après avoir lu le (très défectueux dans l'ensemble) livre de feu Philippe Levillain, Rome n'est plus dans Rome. Mgr Lefebvre et son église (sic sans majuscule), Perrin, 2010, j'ai révisé ma lecture des événements.
Dans son chapitre "le schisme" (resic), p. 317 sq., il donne le détail des relations Rome-FSSPX entre 1986 et avril 1988, début de la négociation qui aboutit au protocole du 5 mai.
Mais il reproduit la correspondance Lefebvre-Ratzinger/Ratzinger-Lefebvre en mai et juin. Cette correspondance permet de nuancer et même d'infirmer la vision des 24h. Tout n'est pas décidé le 6 mai, c'est un processus où la défiance initiale de Mgr Lefebvre - il avait de quoi être méfiant objectivement - va crescendo et les réponses en forme d'atermoiement le plus souvent ou de rappel à la Fernandez du cardinal Ratzinger ne font rien pour rassurer le vieil archevêque, au contraire.
Mgr Lefebvre fait peu à peu monter les "enchères" à mesure que le Cardinal use de faux-fuyant.
La lettre du 6 mai 1988 de Mgr Lefebvre en réponse à une missive romaine qui ne fixait aucune date pour la consécration prévue n'est nullement une rupture. Au contraire, elle a pour unique objet la fixation de la date si possible au 30 juin comme prévu et indique qu'un dossier a été remis à Rome pour les candidats possibles, qu'une procédure d'examen en vue de délivrer le mandat papal à la mi-juin est possible en version un peu accélérée.
Il souligne son inquiétude quant à l'absence de date retenue du côté romain. Je cite :
"Les réticences exprimées au sujet de la consécration épiscopale d'un membre de la Fraternité, soit par écrit, soit de vive voix [? a-t-il été contacté par des évêques et si oui lesquels ? Sont-ce les déclarations publiques nombreuses à l'époque ?] me font légitimement craindre les délais."
Après 24 heures, le protocole au vu de cette lettre n'est pas rompu du tout, c'est la date de la consécration, unique encore, qui est pomme de discorde. Or la réponse du Cardinal le même jour est évasive.
Même la lettre du 24 mai, beaucoup plus dure et qui met en avant en outre 3 évêques et la majorité dans la commission d'application prévue, laisse encore la porte entrouverte.
Elle a une saveur d'ultimatum et diffère notablement dans le ton de celle du 6 mai, reflet de la déception de Mgr Lefebvre et du sentiment assez net qu'on lui a tendu une sorte de piège (mes mots).
Le 6 mai marque donc non la rupture mais une fissure qui devient brèche puis fracture dans les semaines qui suivent jusqu'au 30 juin.
Il aurait été très facile de colmater la fissure le 6 mai pour le cardinal Ratzinger mais il l'a au contraire élargie.
Peut-être, c'est une hypothèse plausible, avait-il été mis en garde négativement à Rome et devait-il lui-même faire face à une opposition. Mgr Corecco en 1988 après l'été a fait état de critiques à l'égard du Protocole du 5 mai où le cardinal Ratzinger serait allé trop loin dans les concessions.
Plusieurs épiscopats étaient vent debout contre ce Protocole et si Mgr Lefebvre avait encore des amis à la Curie romaine, il y comptait bien plus d'ennemis. Chacun sait que le cardinal Lustiger était froid pour une réconciliation, des prélats britanniques, allemands et suisses autant.
La réponse alambiquée et insatisfaisante du Cardinal le 6 mai est peut-être le reflet de ce rapport de force interne à Rome et à plusieurs épiscopats.

( 999908 )
Merci à Luc Perrin pour ce rappel contextuel par Capucin (2026-05-29 03:17:45)
[en réponse à 999886]
C’est très intelligible et d’une grande clarté. Force est de constater qu’on l’oublie souvent ce cher bon vieux contexte, adjuvant pourtant nécessaire pour bien comprendre - sincèrement - les choses. Merci beaucoup.
Un de mes professeurs linguistes nous disait qu’à l’ère de la grande communication : « on n’essaye plus de comprendre, on essaye d’avoir compris ».
Tout le monde a un avis sur tout et surtout un avis à l’aune de sa propre équation personnelle car tous ces actes manqués nous touchent et nous attristent tous (pour la plupart). Ces faits sont à décortiquer et disséquer de manière froide pour comprendre vraiment le contexte.

( 999916 )
Le sentiment d’un gâchis par Réginald (2026-05-29 09:01:56)
[en réponse à 999886]
Merci, cher Luc, pour cette précision historique.
J'ai pris la peine de relire l'ensemble de la correspondance de 1988 mise en ligne sur le site de la FSSPX, et je vous rejoins sur un point : la formule des « vingt-quatre heures » simplifie excessivement une séquence qui fut en réalité beaucoup plus progressive.
Cette correspondance est d'ailleurs ce qui nourrit mon interrogation. Car, même après le 6 mai, les choses me paraissent encore ouvertes. La lettre du cardinal Ratzinger du 30 mai, réaffirmant la disposition du Saint-Père à nommer un évêque de la Fraternité et à accélérer la procédure en vue d'une consécration le 15 août, montre que la porte n'était pas encore fermée.
A la lecture de ces échanges, j'ai surtout le sentiment d'assister à une montée progressive de la défiance. Les réticences de Mgr Lefebvre me paraissent compréhensibles ; les hésitations romaines le sont parfois moins. Mais ce qui me frappe surtout, c'est l'impression que les résistances présentes dans les entourages respectifs ont peu à peu rendu l'accord impossible.
C'est d'ailleurs ce qui me trouble lorsque je relis également la séquence de 2012. Là encore, l'accord semblait proche avant d'échouer dans un climat de méfiance croissante.
A chaque fois que je relis ces épisodes, j'en retire surtout un sentiment de gâchis. L'impression qu'à plusieurs reprises une porte est restée entrouverte suffisamment longtemps pour permettre un accord, avant que les logiques de défiance ne finissent par l'emporter.

( 999956 )
Porte Latine par Halbie (2026-05-29 20:24:58)
[en réponse à 999916]
On peut d'ailleurs saluer l'honnêteté intellectuelle de ce site qui met en ligne la documentation des deux parties.

( 999957 )
Mgr Fellay par Halbie (2026-05-29 20:27:28)
[en réponse à 999916]
Il me semble que sa position était beaucoup plus faible en interne ; les trois autres évêques étaient contre et une partie substantielle (un tiers, la moitié ?) des prêtres l'étaient aussi.

( 999858 )
Rome attendait que Mgr Lefebvre meure par Pétrarque (2026-05-28 12:25:41)
[en réponse à 999849]
Celui-ci l'avait compris, et je crois qu'il avait entièrement raison.
Rome voulait - et beaucoup, à Rome et dans l'Eglise continuent de le vouloir - la disparition de la messe traditionnelle.
Les promesses n'engagent que ceux qui les croient, jusques et y compris dans la portion humaine de la Sainte Eglise.
L'actualité des dernières années le montre amplement.

( 999862 )
Si Rome voulait gagner du temps, il fallait la laisser se dédire par Réginald (2026-05-28 12:53:21)
[en réponse à 999858]
D’abord, cela reste discutable. On peut au moins créditer le cardinal Ratzinger qui a suivi de près le dossier d’une absence de cynisme : son attitude ultérieure à l’égard de la messe traditionnelle l’a suffisamment montré.
Ensuite, même en admettant votre hypothèse, si Rome voulait réellement enterrer la Tradition en gagnant du temps jusqu’à la mort de Mgr Lefebvre, alors il fallait précisément la laisser se dédire publiquement, et attendre pour cela l’échéance évoquée du 15 août. En dénonçant l'accord immédiatement, Mgr Lefebvre a, selon moi, "offert" à ses opposants à Rome l'argument dont ils avaient besoin pour justifier la radicalité de leur position.

( 999894 )
C'est précisément ce qu'il se passe depuis 2021 par Pétrarque (2026-05-28 18:17:38)
[en réponse à 999862]
Ensuite, même en admettant votre hypothèse, si Rome voulait réellement enterrer la Tradition en gagnant du temps jusqu’à la mort de Mgr Lefebvre, alors il fallait précisément la laisser se dédire publiquement
Rome a mis du temps à se dédire, mais elle l'a fait en publiant
Traditionis Custodes, et elle continue en maintenant ce texte en vigueur.
C'est, j'en suis persuadé - sans même évoquer l'âge de ses évêques ou les fins de non-recevoir opposées jusqu'à maintenant aux demandes de la FSSPX depuis deux ans - ce qui a porté celle-ci à préparer de nouvelles consécrations épiscopales.
L'abbé de Lacoste a d'ailleurs dit, je crois, dans un sermon prononcé à Ecône juste après l'annonce officielle des sacres que le sort actuellement fait aux instituts ex-ED dans le sillage de
TC entrait en ligne de compte dans leur prise en compte de la situation.
Si la volonté du Saint Père est de conserver la messe traditionnelle et d'assurer les droits de la Tradition dans l'Eglise, il est donc plus que temps de le montrer.
C'est loin d'être trop tard.

( 999906 )
Leçon de 1988 et réalité du présent par Réginald (2026-05-28 23:14:17)
[en réponse à 999894]
Cher Pétrarque,
Votre analyse de Traditionis Custodes décrit bien le climat actuel, mais elle me paraît anachronique. Justifier l’acte de 1988 par les événements de 2021 revient à relire le passé à la lumière d’un traumatisme postérieur. La rupture de 1988 s’est faite dans un contexte profondément différent, et TC ne peut pas servir rétroactivement de preuve que toute autre voie était impossible.
Par ailleurs, TC ne semble pas avoir traduit un consensus épiscopal mondial contre la liturgie traditionnelle ; les retours faits après SP montraient plutôt une situation globalement apaisée. TC apparaît davantage comme le produit d’un moment politique particulier et de l’influence d’un courant très hostile à la liturgie traditionnelle auprès du pape François.
Enfin, les rencontres récentes du pape avec le cardinal Burke, Mgr Schneider ou des universitaires comme Stephen Bullivant, ayant travaillé sur la liturgie traditionelle, montrent que Rome cherche aujourd’hui une voie de sortie et non une logique d’affrontement permanent.
C’est d’ailleurs ce qui rend les développements actuels autour des sacres de 2026 si pénibles : ils rappellent tragiquement 1988. On assiste au même durcissement réciproque : d’un côté, une communication parfois maladroite de la FSSPX — la profession de foi de l’abbé Pagliarani ayant donné la désagréable impression d’une leçon adressée au pape — et, de l’autre, une réponse du cardinal Fernandez qui, par sa raideur juridique, semble vouloir fermer les portes plutôt que les ouvrir.
A nouveau, nous avons le sentiment amer d’une occasion manquée, où la méfiance mutuelle risque de transformer une crise conjoncturelle en rupture durable, alors même qu’un espace de dialogue, fragile mais réel, semblait s’ouvrir.

( 999911 )
Pardon, cher Réginald mais... par Pétrarque (2026-05-29 07:04:20)
[en réponse à 999906]
...je ne renverse pas la chronologie.
C'est précisément ce que je reproche à DumVolviturOrbis dans son fil sur Madiran.
Je n'ai pas eu le temps de préciser hier soir ; je ne voulais pas dire que TC était la preuve qu'il fallait sacrer en 1988, je voulais plutôt dire que Mgr Lefebvre n'avait pas besoin d'attendre le 15 août pour être fixé quant aux intentions de Rome.
Le 15 août avait rapidement été repoussé à la rentrée, puis à Noël, sous le prétexte qu'il fallait à Rome "le temps d'étudier les dossiers."
Il est manifeste que la volonté profonde de Rome - ou en tout cas des Romains qui gouvernent - est d'en finir avec la messe traditionnelle.
Ce dont disposent les instituts ex-ED relève de la parenthèse miséricordieuse, et TC et son maintien achèvent de le prouver.
Quant au raidissement que vous évoquez, je ne crois pas qu'on puisse en trouver trace dans la déclaration de l'abbé Pagliarani.
Au plan doctrinal, il serait pour le moins gênant que les autorités n'y souscrivent pas.

( 999915 )
[réponse] par Réginald (2026-05-29 07:51:33)
[en réponse à 999911]
Cher Pétrarque,
C'est précisément sur ce point que je demeure perplexe.
Le 30 mai 1988, soit après la dénonciation du protocole, le cardinal Ratzinger écrivait encore à Mgr Lefebvre :
« Le Saint-Père confirme [...] qu’il est disposé à nommer un évêque membre de la Fraternité [...] de manière à ce que la consécration puisse avoir lieu pour la clôture de l’Année mariale le 15 août prochain. »
C'est cette perche que je regrette de ne pas avoir vu saisie.
Quant à la déclaration de l’abbé Pagliarani, ma réserve ne porte pas sur les vérités de foi qu’elle rappelle, mais sur leur usage. Chaque article semble sélectionné, formulé et accentué en vue de justifier une décision déjà arrêtée. Certaines questions théologiques complexes — comme l’axiome « hors de l’Église point de salut » — sont présentées dans une formulation extrêmement abrupte, sans les distinctions habituellement apportées par le magistère. Cela donne davantage l'impression d'un texte de légitimation que d'un texte de clarification doctrinale.

( 999917 )
Mgr Lefebvre s'est clairement expliqué là-dessus ! par Pétrarque (2026-05-29 11:00:42)
[en réponse à 999915]
Conférence de presse du 15 juin 1988 à Ecône :
J’ai toujours éprouvé un sentiment de méfiance et je dois avouer que j’ai toujours pensé que tout ce qu’ils faisaient, c’était pour parvenir à nous réduire, à accepter le Concile et les réformes post-conciliaires.
Ils ne peuvent admettre, et d’ailleurs le cardinal l’a dit récemment dans une interview à un journal allemand: « Nous ne pouvons pas accepter qu’il y ait des groupes, après le Concile, qui n’admettent pas le Concile et les réformes qui ont été faites après le Concile. Nous ne pouvons pas admettre çà ».
Plus loin, il ajoute :
Bien. Malgré tout, j’ai signé, j’ai essayé de montrer de la bonne volonté mais dès le jour même où nous avons décidé de signer, à propos de l’évêque j’ai demandé au cardinal Ratzinger : «Alors, maintenant, nous allons signer le protocole, est-ce que vous pourriez déjà nous donner la date pour la consécration de l’évêque ? » (c’était le 4 mai) « Vous avez le temps d’ici le 30 juin de me donner le mandat pour l’évêque. J’ai moi-même participé à la présentation des évêques quand j’étais délégué apostolique, pour trente-sept évêques, je sais comment cela se fait. » J’avais présenté les noms. Les noms étaient déjà sur le bureau du Vatican, trois noms, c’est ce qu’on appelle la terna. C’est un terme classique à Rome pour dire les trois noms des évêques qui sont proposés, et le Saint-Siège choisit parmi ces trois noms. J’ai donc donné trois noms. « D’ici le 30 juin vous avez le temps de préparer, de faire une enquête et de me donner le mandat ».
« Ah! non, non, non, c’est impossible; le 30 juin, impossible. – Alors quand ? Le 15 août ? A la fin de l’année mariale ? Ah! non, non, non, Monseigneur. Vous savez bien, le 15 août à Rome il n’y a plus personne. Du 15 juillet au 15 septembre ce sont les vacances, il ne faut pas compter sur le 15 août, ce n’est pas possible. – Alors disons le 1er novembre, la Toussaint ? – Ah ! je ne sais pas, je ne peux pas vous le dire. – Pour Noël ? – Je ne peux pas vous le dire ».
J’ai dit ; c’est fini, j’ai compris. On veut nous mener en bateau, c’est terminé, c’est fini, je n’ai plus confiance. J’avais bien raison de ne pas avoir confiance, on est en train de nous jouer. J’ai perdu confiance complètement.
Je crois donc, pour terminer sur ce point, que les choses ont toujours été parfaitement claires, en tout cas du côté de Mgr Lefebvre.
Et il est difficile, en examinant les jalons chronologiques suivants, de ne pas voir combien il fut clairvoyant.
Quant à la bonne volonté de Benoît XVI, qui concéda la messe traditionnelle à tout prêtre avec
Summorum Pontificum, rappelons qu'elle était assortie d'un rappel de la nécessité d'accepter la réforme.
Je maintiens que l'idée de Rome est d'en finir avec la messe traditionnelle.
Les plus extrémistes sont partisans de trancher dans le vif, les plus conservateurs préfèrent ménager des parenthèses et des sas pour y parvenir, quant aux tenants de la réforme de la réforme par l'herméneutique de la continuité, ils ont cru pouvoir jouer la carte de l'interpénétration des deux rites, mais cette formule a fait long feu.
Ils ont été rappelés par la patrouille... Pas touche à la
messe du Concile !
On ne rend pas traditionnel pas ce qui est intrinsèquement novateur ; on ne mélange pas l'eau et l'huile.

( 999919 )
J'ajoute un point au calendrier... par Pétrarque (2026-05-29 11:11:39)
[en réponse à 999917]
...puisque Mgr Lefebvre ne fait pas explicitement référence à la lettre du 30 mai que vous citez.
Dans une conférence prononcée bien après les sacres mais que je ne parviens malheureusement pas à retrouver, Mgr Lefebvre évoquait le fameux évêque - que les ex-ED attendent toujours, 36 ans plus tard - en indiquant que Rome lui avait fait savoir que le profil attendu devait correspondre "au profil des accords".
Il citait même un nom.
Ce fameux évêque s'est finalement révélé en 2002 en la personne de Mgr Rifan...
Est-il besoin de préciser à quel point ce dernier collait "au profil des accords" ?
On a, là encore, le signe évident que le profil des accords, c'est, in fine, la nouvelle messe et tout ce qui va avec.
Inutile d'aller chercher plus loin les raisons de la FSSPX dans la situation actuelle.

( 999927 )
Retour sur les sources par Réginald (2026-05-29 13:09:00)
[en réponse à 999919]
Que Rome ait souhaité un évêque « au profil des accords », je vous le concède. Le contraire eût été étonnant : lorsqu'un accord est signé, chacun espère naturellement que ses dispositions seront respectées.
Mais mon interrogation porte sur un point plus précis : l'offre elle-même était-elle sincère ou non ? Car si l'on admet que le cardinal Ratzinger réaffirme encore le 30 mai la possibilité d'une consécration le 15 août, alors il devient plus difficile de soutenir que Rome cherchait uniquement à gagner du temps sans intention de donner un évêque.
J'ai le sentiment que votre raisonnement suppose comme acquis ce qui demeure précisément en discussion : que l'offre romaine n'était qu'un leurre. Or c'est justement ce point que les documents de mai 1988 ne me paraissent pas établir avec évidence et que Mgr Lefebvre aurait pu montrer s'il avait attendu le 15 août.
Il me semble que nous avons désormais fait le tour des arguments. Je vous laisse volontiers le dernier mot si vous le souhaitez.

( 999931 )
Je vous remercie, cher Réginald... par Pétrarque (2026-05-29 13:49:45)
[en réponse à 999927]
...mais je conviens volontiers que personne ne peut être assuré d'avoir un quelconque dernier mot dans une situation proprement inédite, où jamais l'Eglise n'eut à traverser une crise et des doutes aussi graves sur elle-même.
Je ne peux que considérer a posteriori que tout ce qui s'est passé depuis 1988, et quoi que l'on pense de sa décision alors, donne entièrement raison à Mgr Lefebvre.
L'évolution d'un Jean Madiran, qui s'exprimait pourtant dix ans avant Traditionis Custodes, fut, pour ce qui me concerne, assez confortante.
Mais le débat reste ouvert.

( 999802 )
La Providence est une chose par Jean-Paul PARFU (2026-05-27 20:23:35)
[en réponse à 999798]
Candidus, le Quiétisme voire l'Angélisme, c'est autre chose !
Dieu a permis et même voulu permettre, notamment la situation que nous connaissons aujourd'hui dans l'Eglise, parce que le Corps mystique doit suivre, à sa manière, dans l'espace et dans le temps, sa Tête, le Christ ! Les disciples, en effet, ne sont pas au-dessus du Maître. Aujourd'hui, l'Eglise vit sa Passion avec des autorités déstabilisées, perdues, comme ce fut le cas de St Pierre et de presque tous les Apôtres, pendant la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Dieu aveugle "Rome" et a permis le nouveau rite, parce que ce rite signifie l'entrée de l'Eglise dans sa propre Passion. Elle signifie l'éclipse de l'Eglise et la disparition du Sacrifice. A partir du dimanche de la Passion, les statues sont voilées de violet et le Vendredi-Saint, l'Eglise ne célèbre plus le Saint Sacrifice de la Messe.
Dans ce contexte, Dieu permet aussi le maintien de l'Eglise de toujours, de son Sacrifice, de sa foi, de ses ornements, de ses fidèles, mais, depuis la fin du Concile (le soir du Jeudi-Saint) à la marge, comme dans de petites chapelles adjacentes. Et Il le permet en suscitant les hommes et les vocations qui agissent donc pour ce faire dans le cadre de Sa Providence surnaturelle !

( 999852 )
Et l'indéfectibilité de l'Eglise ? par Fenestri (2026-05-28 11:50:27)
[en réponse à 999802]
Dans ce contexte, Dieu permet aussi le maintien de l'Eglise de toujours, de son Sacrifice, de sa foi, de ses ornements, de ses fidèles, mais, depuis la fin du Concile (le soir du Jeudi-Saint) à la marge, comme dans de petites chapelles adjacentes.
J'imagine que vous ne me répondrez pas, ou me direz que "il n'y a pas d'un côté les ... et de l'autre les ... !", néanmoins, j'ai une question : comment articulez-vous la promesse d'indéfectibilité du Christ à son Eglise et le fait que, selon vous, la quasi-totalité des 1,4 milliard de catholiques dans le monde sont privés de la messe, puisqu'assistant à des non-messes ? Après tout, vous dites que "le Sacrifice" n'est maintenu qu'à "la marge".
Je crois vous l'avoir déjà dit, mais votre état d'esprit est, de fait, assez proche des sédévacantistes.

( 999857 )
L'indéfectibilité de l'Eglise est sauve par Pétrarque (2026-05-28 12:20:23)
[en réponse à 999852]
On ne peut pas affirmer, et Maître Parfu n'affirme d'ailleurs pas, je crois, que la quasi-totalité des 1,4 milliard de catholiques dans le monde sont privés de la messe, puisqu'assistant à des non-messes.
Il s'agit seulement de constater que les fruits d'une réforme biaisée dans ses fondements par une fausse vision oecuménique, bâclée dans sa fabrication, et - circonstance encore aggravante - appliquée quasi systématiquement dans un état d'esprit révolutionnaire, donne concrètement et globalement, sauves les intentions du Pape qui a cru devoir la promulguer, des résultats catastrophiques, qui mettent l'Eglise - certainement avec d'autres causes - dans un danger absolument inédit.
Mgr Lefebvre, par une grâce insigne, a très tôt compris où mènerait tout cela, et il a, en conscience et devant Dieu, décidé de prendre les moyens dont il disposait pour conjurer ce danger, et il l'a fait jusqu'au bout.
Cela ne rend pas le Concile à 100% mauvais, ni le nouveau rite invalide par lui-même, mais cela obture évidemment les effets bénéfiques que ce dernier aurait pu avoir s'il avait été amené à maturité par un développement homogène de l'ancien, dans une dynamique marquée par la piété et non par un élan de rupture d'essence proprement acatholique, qui, à moins d'atteindre le fond de la malhonnêteté ou de l'inconscience, ne peut guère être contesté.
Je crois, et je ne suis pas le seul, que Dieu a voulu que le rite traditionnel soit maintenu, et avec lui la doctrine et toutes les pédagogies traditionnelles de la foi, et qu'il s'est choisi Mgr Lefebvre pour être l'instrument de cette volonté.
Les sacres de 1988 ont donc été, par voie de conséquence, un acte d'une extrême gravité, non tant seulement sous l'angle du droit canonique ou de la constitution divine de l'Eglise, mais :
- d'une part par la situation d'extrême gravité, évidemment inédite, dans laquelle se trouvait déjà, il y a 36 ans, la Sainte Eglise, et où il est bien difficile de voir clair,
- d'autre part parce que, devant Dieu et devant les hommes, la responsabilité de Mgr Lefebvre fut absolument extraordinaire, que l'on condamne son geste ou qu'on le soutienne, qu'on le voie comme un saint aux vertus héroïques ou comme un champion d'une bonne cause dévoyée à terme.
Voilà, je crois, ce que nous sommes assez nombreux à penser, sans nier ou diminuer aucunement le fait que, dans de telles circonstances, le jugement des uns et des autres puisse différer, voire s'opposer totalement.
L'Eglise clarifiera tout cela en un temps que Dieu seul connaît, et chacun rendra compte devant Lui de ce qu'il aura choisi de faire et de qui il aura soutenu dans une telle éclipse.
Mgr Lefebvre est, lui, déjà jugé.
Il me semble que l'ensemble de son oeuvre, et que le travail de ses fils, qu'ils soient restés fidèles à la FSSPX ou qu'ils aient choisi d'en sortir, doive nous rendre plutôt optimistes (pour ne pas dire plus ni anticiper le jugement de l'Eglise) quant à son salut.

( 999869 )
Je maintiens par Fenestri (2026-05-28 13:57:39)
[en réponse à 999857]
Vous dites :
On ne peut pas affirmer, et Maître Parfu n'affirme d'ailleurs pas, je crois, que la quasi-totalité des 1,4 milliard de catholiques dans le monde sont privés de la messe, puisqu'assistant à des non-messes.
Or c'est pourtant ce qui semble être affirmé quand on lit :
Dieu aveugle "Rome" et a permis le nouveau rite, parce que ce rite signifie l'entrée de l'Eglise dans sa propre Passion. Elle signifie l'éclipse de l'Eglise et la disparition du Sacrifice. [...] le Vendredi-Saint, l'Eglise ne célèbre plus le Saint Sacrifice de la Messe.
En effet, j'en déduis que nous en sommes au Vendredi Saint, puisque le Concile est le Jeudi Saint et que l'Eglise "ne célèbre plus le Saint Sacrifice de la Messe".
Si le Sacrifice disparaît car nous sommes le Vendredi-Saint, alors les messes célébrées ne sont pas des messes, en-dehors des chapelles traditionnelles, "à la marge". Au passage, le raisonnement serait alors curieux, puisque l'Eglise ne célèbrerait plus le Saint-Sacrifice de la Messe, sauf dans les chapelles tradies. Ce serait donc un "Vendredi Saint" relatif, pour ne pas dire contradictoire.
Pour le reste, merci pour votre message, auquel je souscris sur plusieurs points. Ma seule objection portait sur l'idée d'une disparition généralisée de la messe dans une proportion telle (car les tradis ne représentent qu'une goutte d'eau d'un point de vue numérique) qu'elle me semble remettre en cause l'indéfectibilité de l'Eglise, le Bon Pasteur ayant abandonné ses brebis avec (ou à) un simulacre de messe.

( 999890 )
Oui merci Pétrarque par Jean-Paul PARFU (2026-05-28 16:53:33)
[en réponse à 999857]
Tout est dans le titre !

( 999785 )
Hum ! par Jean-Paul PARFU (2026-05-27 18:21:27)
[en réponse à 999769]
Le texte de l'évangile cité par Petrus :
1) fait d'abord clairement référence à des "mercenaires", à des "loups déguisés en agneaux" (St Jean, 10-11) ;
2) fait ensuite plus largement écho à l'affirmation du Christ selon lequel Il est "le chemin, la vérité, et la vie" et que nul ne vient au Père que par Lui. (St Jean 14-6). "... car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés." (Actes des Apôtres 4-12).
En un mot, il a trait à "l'unicité et à l'universalité salvifique de Jésus-Christ et de l'Église". Il signifie : "Extra Ecclesiam nulla salus" (« Hors de l'Église, point de salut ») qui est une expression de St Cyprien de Carthage (200-258).
En un mot, il ne concerne pas les sacres sans mandat ou sans l'accord explicite ou contre l'accord du pape, surtout dans le contexte actuel de la crise de l'Eglise.

( 999788 )
Détente par Dam (2026-05-27 18:41:16)
[en réponse à 999769]
Pour détendre l'atmosphère :
Je tiens à préciser que ma famille est pour les sacres, activement, moi-même je trouve ça bien, mais sans participer activement, je vais à la messe à ND des Armées à Versailles et suis plutôt FSSP.
Donc pas d'arrières pensées négatives.
Source : trouvé sur X

( 999793 )
Merci pour le partage par Carillon 1758 (2026-05-27 18:56:19)
[en réponse à 999788]
Vous m'avez fait bien rire!

( 999794 )
Excellent ! par Fennec (2026-05-27 19:09:23)
[en réponse à 999788]
J'ai bien ri aussi...
Pas sûr que ce soit du goût de tout le monde sur ce forum...

( 999820 )
Merci ! par Chataigne (2026-05-27 21:47:54)
[en réponse à 999788]
Bon humour, qui va enchanter mes enfants !... (famille favorable aux sacres...)

( 999800 )
Que pensez-vous par Halbie (2026-05-27 19:57:10)
[en réponse à 999769]
De l'idée de concile général imparfait de Mgr Roy ?

( 999805 )
Un concile général imparfait par Réginald (2026-05-27 20:51:52)
[en réponse à 999800]
organisé par des groupes incapables de s’accorder entre eux : pour une fois, au moins, le qualificatif "d'imparfait" paraît difficilement contestable.

( 999809 )
À l’image de Constance par Vincent F (2026-05-27 21:11:38)
[en réponse à 999805]
Vous voulez dire ?

( 999812 )
On attend juste de savoir par Réginald (2026-05-27 21:28:55)
[en réponse à 999809]
qui, parmi les candidats actuels, a le charisme de l’empereur Sigismond pour forcer tout le monde à s’entendre.

( 999818 )
Charisme ? par Vincent F (2026-05-27 21:42:27)
[en réponse à 999812]
C’est une façon voir les choses.
A la tête de la plus grande force armée, tout le monde a du charisme.

( 999819 )
[réponse] par Réginald (2026-05-27 21:44:47)
[en réponse à 999818]
Je vois que le second degré est aussi rare que l'unanimité épiscopale.

( 999808 )
Excellent texte par Lenormand (2026-05-27 21:08:05)
[en réponse à 999769]
qui a le mérite de mettre les points sur les i.
Sait-on quels sont les études des futurs évêque de la FSSPX ? Diplômes offciels et non pas internes.

( 999834 )
Néant par DumVolviturOrbis (2026-05-28 09:42:36)
[en réponse à 999808]
C'est un très bon point, que j'ai soulevé ici (
https://www.leforumcatholique.org/message.php?num=999680) et qu'on m'a reproché de soulever.
Il n'y a rien. De purs produits du sérail sans aucune expérience ni formation en dehors du cursus parfait des générations Y et Z au sein de la Fraternité.

( 999859 )
Taisez-vous par JFB33 (2026-05-28 12:34:00)
[en réponse à 999834]
Lorsque vous n'en savez rien. C'est mieux pour tout le monde et çà évite de parler inutilement.
Où alors versez votre paranoïa ailleurs !

( 999829 )
Mathieu 16:22 par Carillon 1758 (2026-05-27 22:43:28)
[en réponse à 999769]
22"Et Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, disant : À Dieu ne plaise, Seigneur, cela ne t’arrivera certainement pas. 23 Mais lui, s’étant tourné, dit à Pierre : Va arrière de moi, Satan, tu m’es en scandale, parce que tu ne penses pas les choses qui sont de Dieu, mais celles qui sont des hommes."

( 999964 )
Comment sait-on que mgr Munari a défroqué ? par Jerailu (2026-05-29 22:21:42)
[en réponse à 999769]
Et sait-on pourquoi ?
In Christo,
Jerailu.

( 1000054 )
Cher Petrus par Marco Antonio (2026-06-01 17:31:01)
[en réponse à 999769]
Cher Petrus,
Je partage avec vous que la posture et les idées de la FSSPX face à la crise sont monstrueuses, mais je considère qu'il est grave de qualifier de sordide, et d'assimiler à cette organisation, au moins des organisations telles que l'IMBC (Institut Mater Boni Consilii) ou l'ICR (Institut Catholique Romain).
Chacun sait que ce n'est pas pertinente reprocher à ceux qui ne reconnaissent pas d'autorité à la "hiérarchie de Vatican II" de "se créer son Eglise pour ses propres besoins, pour son petit confort sacramentel et spirituel", car c'est notoire que dans la communion avec ladite hiérarchie on peut faire tout ce que l'on veut, sauf que pratiquer la religion catholique. Ce qui n'est pas proprement un 'besoin' ou un 'confort' qu'on ait la possibilité de nier.
Ça c'est bien connu par toute sorte de "ralliés" ou semblables (FSSP, FSVF, etc.) qui, oui, célèbrent dans de belles églises, jouissent d'une relative tranquillité (chacune de ces réalités, oui, en cultivant son petit jardin), mais précisément parce qu' ils ont renoncé objectivement à la foi, soit directement par l'acceptation formelle obligée de toutes erreurs de Vatican II et du successif (supposé) Magistère Ordinaire Universel, des rites nouveaux (même si non pas pratiqués), du Code et des lois disciplinaires de la même hiérarchie, soit indirectement par le fait même de la communion avec ceux qui détruisent l'Église et veulent de-christianiser la société.
Il m'est difficile de croire que lorsque vous dites « Les catholiques japonais ont été privés plusieurs siècles durant des sacrements. Ils se sont sanctifiés sans », vous comprenez pleinement ce que vous dites.
Bien cordialement