Pschitt aussi

Le Forum Catholique

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Meneau -  2019-06-24 09:44:06

Pschitt aussi

Je vous parle du texte tel qu'il est formulé, vous digressez déjà en cherchant à savoir pourquoi.

Le texte en lui-même et tel qu'il est formulé n'introduit aucune restriction ("ne ... que" ou "si et seulement si" ou "lorsque, et uniquement lorsque").

Donc, ne vous en déplaise, le fait de savoir s'il existe d'autres cas d'infaillibilité que celles énoncées dans Pastor Aeternus reste une question disputée. Voilà pour la logique.

Reste donc à prouver l'assertion gratuite de JPP,

A contrario, cela signifie que lorsque ces conditions ne sont pas remplies, le pape n'est pas infaillible, y compris dans ses fonctions !

et surtout, comme je le disais plus haut, l'ecclésiologie qu'il bâtit là-dessus (en gros, on peut ignorer, ou au moins mettre en doute a priori, l'ensemble du Magistère à partir de Vatican II, et y faire son marché en fonction de sa propre analyse) (*).

Moi je dis : d'une part il faut bien considérer quelles sont les conditions énoncées par Vatican I et ne pas faire de fausse interprétation de ces conditions (par exemple, "ex cathedra" ne veut pas forcément dire jugement solennel), d'autre part il est fort possible que le pape soit quand même infaillible dans d'autre cas, et enfin même s'il n'y a pas infaillibilité au sens strict, il faut faire attention à ne pas classer d'office le "non-infaillible-au-sens-strict" dans la catégorie "facultatif", et cela tous les papes post Vatican I le disent.

Maintenant, si vous voulez mon avis sur le pourquoi des "conditions", la définition de Vatican I intervient à un moment où il n'y a encore rien de défini concernant l'infaillibilité pontificale, et où celle-ci est battue en brèche, notamment par ceux qui affirment que le pape n'est infaillible qu'en vertu du consentement de l'Eglise, ou si et seulement si les Evêques sont consultés et d'accord avec lui. Il fallait donc faire (au moins) cette définition pour rétablir l'autorité de Pierre. Ce n'est pas comme si Vatican I était intervenu à un moment où l'autorité du pape aurait été despotique, où toute une faction de l'Eglise aurait affirmé l'inerrance du pape tout le temps et en toutes choses, et où il aurait fallu la restreindre parce qu'elle aurait été abusivement trop étendue.
D'autre part et dans ce contexte, il était sans doute plus facile de faire admettre cette définition en l'encadrant très précisément, voire en en restreignant volontairement le champ plutôt que de chercher à faire adopter quelque chose de plus vaste qui aurait en quelque sorte menacé l'autorité des Evêques. C'était déjà un grand pas en avant, il n'aurait sans doute pas été opportun de chercher à faire le grand-écart.

Cordialement
Meneau

(*) cette assertion, faite en face de celle de Maxence Hecquard - "puisque le pape est infaillible, dans le cadre de ses fonctions, il ne peut pas être hérétique, sauf comme personne privée" - est d'autant plus ambigüe. "Dans le cadre de ses fonctions... sauf comme personne privée" => on se rapproche fortement des conditions de Vatican I, "ex cathedra", et "hérésie" est à mettre en rapport avec l'objet du Magistère, à savoir la Foi et les moeurs. Autrement dit : un pape peut-il enseigner l'hérésie, non en tant que docteur privé, mais en tant qu'enseignant dans le cadre de ses fonctions à toute l'Eglise ? On n'est pas loin de Pastor Aeternus. Il y manque éventuellement juste une des conditions.
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